dimanche 14 décembre 2008

Glenn goes mainstream

Glenn Greenwald (déjà évoqué ici) attaque frontalement l'administration Bush dans l'interview ci-dessous. Cela fait partie des contre-coups de l'élection d'Obama: on n'aurait pas vu sur PBS un avocat constitutionaliste expliquer qu'il faut envoyer un gros pan de l'administration Bush en prison (et des démocrates également pour faire bonne mesure en raison de leur complicité). Les temps changent. Ne comptez pas pour autant sur l'establishment US pour affréter les charters qui les enverront tous à Guantanamo. Obama va adopter une posture magnanime vis à vis des pratiques illégales de l'ère Bush qui arrangera tout le monde (not "divisive"). Il n'empêche qu'on entend Glenn Greenwald dans le mainstream ce qui est quand même un progrès.

Pour tous ceux qui s'intéressent à une perspective juridique sur les crimes des politiciens américains depuis 6 ans (à l'aune de leur propre constitution), Greenwald est le "one stop shop". Durant les 22 minutes de cette interview en 3 parties, il s'avère aussi clair, précis et implacable à l'oral qu'à l'écrit (pour ceux qui n'ont pas le temps, vous pouvez regarder seulement la partie 2). Vous pouvez avoir ses impressions d'interviewé ici. Il a fait également cette même semaine une première interview pour la nouvelle passionaria de la gauche américaine, Rachel Maddow sur MSNBC.

Enfin, j'imagine que certains se demandent comment, dans un bel ensemble, les élites dirigeantes américaines peuvent s'exonérer de leurs turpitudes et qui doutent du coup que les crimes soient véritablement constitués. Ma réponse est que cela s'appelle le pouvoir et qu'il est de la responsabilité du citoyen de s'y opposer quand il est dévoyé. L'argument essentiel de Greenwald étant que si on ne juge pas les responsables qui ont enfreint la loi aujourd'hui, on donne de fait un pouvoir illimité à l'exécutif dans le futur et il est difficile de lui donner tort.
Part 1

Part 2

Part 3

J'aime bien

Je viens de tomber sur cette citation de John K. Galbraith qui est complètement dans l'air du temps:
"Recessions catch what the auditors miss."
Traduction du blogo: "Les récessions mettent à jour ce que les auditeurs ont raté."

Dommage que cette récession ait été si longue à venir car les auditeurs ne servent à rien depuis longtemps déjà.

samedi 13 décembre 2008

Madoff

Le problème "Madoff" (dirigeant de Hedge Fund qui a fait perdre $50 milliards à ses investisseurs) a déjà été traité dans son principe sur El Blogo (ici).

Juste pour le souvenir, j'aime bien cette phrase de la dépêche Bloomberg qui explique la réalité économique masquée de nombreux hedge funds:
"He had paid investors for years out of principal from other investors."

La seule manière d'empêcher cela serait de forcer les hedge funds à liquider toutes leur poses périodiquement et à rembourser tous leurs investisseurs d'un coup en les laissant réinvestir ensuite. Là, on serait sûr que l'argent est bien là et que les performances annoncées ne sont pas du flan. Evidemment, ça n'est pas vraiment réalisable en pratique et c'est pour ça que cette industrie est DOA (dead on arrival - morte). Sinon, tant qu'on attire des capitaux, on peut pipauter n'importe quoi et rembourser les quelques investisseurs qui ont besoin de cash ou qui doutent.

D'une certaine manière, les gens qui ont confié l'argent au hedge fund sont complices: ils ont intérêt à croire à la réalité des gains car cela rejaillit sur eux de manière positive (bonus pour tous les ronds de cuir de la finance qui investissaient l'argent de leurs institutions et illusion de richesse pour ceux qui investissent leur propre argent )...

Non, la finance n'a vraiment rien de compliqué.

vendredi 12 décembre 2008

Judgment day is coming

Pour ceux qui parlent anglais et qui ont le coeur bien accroché, une bonne compilation du barrage de propagande "bullish" qui a planté les Etats-Unis. Il y a plus corrompu que le système politique US, c'est le commentariat économique (c'est pas mieux chez nous sauf que chez nous c'est provincial et donc "inconsequential", plus imbécile que malicieux). Via Papy G.

Friday Plane Blogging

mercredi 10 décembre 2008

Le Blogo sur Blago

J'ai été enjoint de commenter les facéties de Blago sur le Blogo par un lecteur qui m'a également suggéré le titre du post (difficile de résister).

C'est la deuxième fois que l'Attorney General Patrick Fitzgerald (fils d'un doorman à Manhattan qui a réussi à faire Harvard Law) fait parler de lui en dehors des frontières des Etats-Unis. La dernière fois, c'est quand il a mis en prison un de ces personnages peu savoureux de l'administration Bush, ami personnel de Judith Miller (journaliste du NYT également envoyée en prison par ses soins), Lewis "Scooter" Libby.

Vous pouvez lire le communiqué de presse de Fitzgerald ici. Il semble que Blago ait le pouvoir, en tant que gouverneur de l'Illinois, de nommer le sénateur qui remplace Barack Obama et qu'il ait voulu monnayer cette nomination contre de l'argent/de l'influence. Ca n'est qu'une des deux charges que je trouve un peu faible car en politique, il est assez courant de rendre des services en échange d'autres services.

Obama voulait nommer une aide de campagne (Valérie Jarett) mais ne proposait rien en échange au grand désespoir de Blago qui se vengeait avec une énorme densité de "fuck" ou "fucking" à l'endroit d'Obama dans ses discussions avec ses conseillers (il a été écouté et Fitzgerald a publié les transcripts dans l'inculpation).

Il semble donc qu'Obama soit relativement protégé dans cette affaire. Rahm Emanuel (l'homme au 18 millions de dollar en deux ans de banking) semble possiblement en difficulté car il avait remplacé Blago à la chambre des représentants et il est donc familier du personnage. D'ailleurs, il semble que le bruit ait d'abord couru que Rahm avait vendu Blago en participant à l'enquète ce qui semblait une tentative de prise de distance. Les conseillers de Rahm qui avaient probablement initié cette rumeur se sont ensuite inscrits en faux. Ont-ils eu peur de représailles de Blago?

On dit que la politique à Chicago est très corrompue... Le problème ne se limite malheureusement pas aux rives du lac Michigan mais on voit au passage qu'Obama n'a pas fait ses armes dans un monastère. Blago a d'ailleurs des liens avec Tony Rezko, personnage sulfureux qui a lui-même des liens de longue date avec Obama...

lundi 8 décembre 2008

Faillites dans la presse aux US

La "Tribune Company", maison mère du Chicago Tribune et du Los Angeles Times, vient de faire faillite. Je ne savais pas que ces deux publications avaient le même actionnaire. Un élément de plus pour témoigner du caractère oligopolistique des médias aux Etats-Unis. La crise va sûrement accélérer le processus de modernisation des médias.

C'est d'ailleurs à ça que servent les crises: quand elles ne sont pas trop violentes, elles permettent de purger de l'économie les structures devenues trop faibles. Dans une certaine mesure, on peut regretter que Greenspan ait interrompu la récession de 2001 en descendant les taux à 1% car une récession "normale" aurait sans doute mis à jour les faiblesses structurelles de certains produits financiers comme les prêts "subprime". Au lieu de ça, on a versé de l'engrais sur de la mauvaise herbe.

Réflexion

Perdre son emploi aux Etats-Unis signifie également perdre sa couverture maladie.

vendredi 5 décembre 2008

Le 787, nouveau symbole de l'économie américaine

C'est Friday, c'est du Plane et c'est du Blogging mais ça n'est pas le "Friday Plane Blogging". Pour les afficionados (and those who love to hate it), il faut aller . Non c'est l'annonce d'un post sur le programme 787 comme allégorie des nombreux travers de l'économie américaine de ces dernières années. Un succès commercial sans précédent basé sur un abus de crédibilité et le mensonge continuel de Boeing à ses futurs clients depuis le début du programme qui est devenu une pantalonnade. Cela vous rappelle-t-il le subprime?
Cette photo est le mensonge le plus spectaculaire de Boeing. Pour des raisons de relations publiques (et de communication financière bien entendu), il a été décidé de procéder au roll-out du nouvel appareil le 7/8/7 (8 juillet 2007 en date US). Or le roll-out se fait quand l'avion est prêt à voler ou à peu près (pour l'A380, il a eu lieu 2 mois avant le premier vol). C'était il y a 18 mois et le 787 n'a toujours pas volé et Boeing vient d'annoncer encore un nouveau délai. Ils ont présenté ce jour là au public (et aux investisseurs) une coquille vide dans ce qui a été décrit dans un document interne d'Airbus comme un "Potemkine roll-out". La suite plus tard...

Le NFP ou "how low can you go?"

Ca va mal aux Etats-Unis. Les Non Farm Payrolls sont très mauvais ce mois-ci -325 000 attendus et c'est finalement moins -533 000. On rentre dans le vif du sujet.

La bonne nouvelle c'est que je suis maintenant certain d'avoir gagné un pari avec un thuriféraire de la puissance américaine. Il se reconnaîtra.

La lutte des classes aux Etats-Unis selon Buffett


“There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.”

Warren Buffett, 26 novembre 2006

Traduction du blogo:
"Il y a une lutte des classes aux Etats-Unis, bien sûr, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous gagnons."
(voir New York Times, November 26, 2006 et CNN Interview, May 25 2005)

J'ai pensé à cette citation de Warren Buffett en lisant ce commentaire (d'un anonyme, trouvé de manière surprenante par une recherche sur Google News) sur la manière dont les automakers sont traités dans la presse US. Il dit en résumé que les constructeurs automobiles américains sont moins performants car ils doivent payer énormément d'argent aux systèmes sociaux et notamment aux retraites des anciens de leur industrie. Les nouveaux acteurs (ou étrangers) n'ont pas de charges aussi lourdes et ont donc des coûts bien plus bas. C'est limpide. C'est évident. Ca montre bien les limites d'un modèle où les sociétés accumulent un passif social jusqu'à ce qu'elles ne soient plus compétitives et ferment finalement plutôt que de payer cette dette (la crise détruit également le modèle des fonds de pensions entre autre pans du modèle économique néolibéral qui reposait sur l'idée qu' "à long terme on ne peut que gagner en bourse").

Le fait que les politiciens américains n'aient pas mis leur population à l'abri de phénomènes aussi prévisibles, aussi mécaniques est une expression de ce que Warren Buffett condamne. Les médias défendent becs et ongles un système financier corrompu et laissent littéralement "crever" tous les anciens d'une industrie sans ciller. C'est la violence sociale standard aux Etats-Unis. Il vaut mieux être du côté du manche, sinon on est vaporisé dans l'indifférence générale et d'abord celle des médias.

Il y a d'autres exemples de cette violence. Les tax cuts de Bush qui ont favorisé de manière inqualifiable (j'essayais de qualifier cette manière et je ne trouvais pas alors j'ai finalement trouvé "inqualifiable"!) les américains les plus aisés (voir notamment l'interview de Buffett du NYT plus haut sur l'Estate Tax). Mais également les lois passée en 2005 sur la personal bankruptcy qui rendaient beaucoup plus dures les conditions de faillites personnelles (juste avant le retournement du cycle du crédit), par exemple, l'ordre chirographaire fait maintenant passer les Credit Cards Company avant les pensions alimentaires en cas de faillite personnelle (les banquiers en ont rêvé, le système politique corrompu des Etats-Unis l'a fait, j'y reviens dans un prochain post sur une interview de Chris Dodd, Chairman of the Senate Banking Committee). On peut aussi rappeler que 40 millions de gens sans couverture maladie, dont 8.3 millions d'enfants. Pour que ce soit clair, si vous avez un enfant qui a un cancer et que vous n'êtes pas couvert, votre enfant n'est pas soigné. Combien de fois ai-je entendu des américains faire référence à leur pays en utilisant des formules comme "Greatest Nation on Earth"...

NB: Vécu. Je me suis senti obligé de préciser à mon neveu pendant Spiderman 3, alors que le profil psychologique du méchant (sa méchanceté...) était expliqué par le fait qu'il n'avait pas pu payer pour les frais médicaux de son enfant, qu'il vivait dans un pays civilisé et que cela ne pouvait pas arriver chez lui.

Selon que vous serez banquier ou automaker...

Les médias US traitent les automakers comme des moins que rien (leurs dirigeants mais aussi les ouvriers: on répète à l'envie qu'ils gagnent $73 de l'heure ce qui est inexact etc...). C'est un véritable déchaînement. Ca ne me pose pas de problème de principe (même si mettre en cause de façon répétée leur "mauvaise gestion depuis des années" semble un peu ridicule au regard d'une baisse des ventes de 40% comme souligné ici). Non, ce qui me choque c'est que si les automakers en sont là, c'est à cause des banquiers et de leur crise financière et qu'eux sont très largement épargnés par les médias (ils n'ont pas eu à quémander de l'aide dans des hearings au congrès, personne ne leur demande d'abandonner leurs jets privés etc...).

Tout cela est bien résumé ici (en anglais).

Aussi, comme il est suggéré , d'un point de vue macro-économique et dans un contexte où il n'est pas évident pour tous les nouveaux convertis à la "relance" de trouver des moyens de dépenser l'argent du contribuable efficacement et instantanément, il semble qu'aider l'industrie automobile à court terme soit un no brainer (une évidence). Imaginez le temps (et l'argent) qu'il faudrait pour mettre en place une structure avec une utilité sociale identifiable capable d'employer des millions de personnes... Il faut sauver l'industrie automobile US, ne serait-ce que dans le cadre d'une politique de relance à court terme. Cela représente au passage un coût bien inférieur au hold up réalisé par les banques. Le fait que cela soit discuté beaucoup plus âprement que pour les banques est une pièce de plus (superfétatoire, certes) à mettre au dossier du biais pro-banque du commentariat économique américain (ou pro General Electric by the way, actionnaire majoritaire de NBC et MSNBC qui se retrouve comme par hasard aidé par le gouvernement - investir dans une chaîne de télé est une pochette surprise, on ne sait jamais combien ça va rapporter mais dans un contexte où le lobbying et l'influence se mettent à être rétribués directement par du cash, c'était clairement une bonne idée).

Les constructeurs automobiles apparaîssent comme les ploucs de service qui n'ont pas eu le bon goût d'avoir acheté des chaînes de télé pendant les années fastes pour permettre aux élites de se trouver belles en leur mirroir. Il faut bien dire qu'ils ne l'ont pas fait parce qu'ils étaient fauchés. S'ils avaient gagné de l'argent, vous pouvez être sûr que les médias auraient réussi à trouver du "glam" et des dirigeants "stellaires", même à Detroit.

Friday Plane Blogging

A380.
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le Friday Plane Blogging.

mercredi 3 décembre 2008

Apply now!

De Vanity Fair (Bruce Feirstein) via The Big Picture (vous pouvez agrandir en cliquant dessus). Désolé pour ceux qui ne parlent pas anglais, il s'agit d'une parodie de formulaire de candidature pour le bailout plan.

lundi 1 décembre 2008

Récession! (ou le retour de Robert)

Robert, du NBER (organisme qui date le début et la fin des récessions aux Etats-Unis), qui déclarait début octobre avoir toutes les peines du monde à interpréter les statistiques que lui fournissait le gouvernement américain s'est finalement réveillé!

(BN) *NBER SAYS U.S. RECESSION STARTED IN DECEMBER 2007
(Titre d'une news toute fraîche de Bloomberg envoyé par W. Il n'y a qu'un titre car la news n'est pas encore développée. Quand il y aura un article, je mettrai le lien. Voici le lien)

Je pense qu'il lit El Blogo et que ça lui a permis de clarifier ses réflexions. Bravo Robert! Toutes les félicitations du Blogo. Et en anglais aussi: We félicite you big time Robert!

La reprise au coin de la rue?

Si le champagne n'a pas le vent en poupe, je peux en revanche vous dire que la boutique Nespresso près de chez moi était bondée dès 11H00 ce matin. J'ai encore dû repousser mon réapprovisionnement. En attendant, je bois du thé.

Ce qui pose la question: si le champagne nous a poussé dans la crise, le café nous permettra-t-il d'en sortir?

Trois scènes de crime, c'est trois fois plus d'indices

Comme je le notais , le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Irlande ont reproduit le modèle américain de croissance factice durant ces dernières années.

J'entends sur France Infos que le marché de l'auto a baissé de -17% en Europe. En Espagne et en Grande-Bretagne, c'est -40% et -50% (ils n'ont pas dit le chiffre pour l'Irlande ni si les chiffres étaient d'une année sur l'autre, bien qu'on puisse le supposer).

On voit là un phénomène qui je l'espère (pour la zone Euro) va s'accentuer au fil des mois: une meilleure résistance du modèle économique continental par rapport à l'effondrement de ceux qui mettent de la nytroglycérine dans le moteur depuis des années (EU, RU, Espagne, Irlande). Ca semblerait juste mais la justice ne préside malheureusement pas nécessairement aux destinées économiques.

Toujours est-il que ces trois pays nous offrent un sujet d'étude exceptionnel pour comprendre les errements américains. Par exemple, l'Espagne fait partie de la zone Euro donc on voit là qu'il était possible d'aller trop loin dans l'octroi de crédits et de créer une bulle immobilière indépendamment de la politique monétaire. On peut aussi probablement identifier ce qui a permis un développement plus rapide de la titrisation en Espagne et au Royaume-Uni. Est-ce qu'elle y a été encouragé par des législations spécifiques? Si oui, de quand datent-elles? Est-ce l'absence de législation? Ce marché est-il né de choix d'organismes privés qui auraient pu tout aussi bien développer ces produits en France, en Italie ou en Allemagne s'ils l'avaient jugé stratégique? Il y a également eu de la titrisation aux Pays-Bas et en Italie mais dans une moindre mesure. Pousser par quelles banques? Qui a fait du lobbying auprès de qui pour que cela soit possible? Où?

La diffusion (ou non) du modèle américain de croissance factice dans les économies européennes peut permettre d'en expliquer la nature, les ressorts et les mécanismes. Cette étude comparée est essentielle au "reverse engineering" de la crise qui nous permettra d'en sanctionner les responsables mais surtout d'éviter la prochaine.

La crise au coin de la rue

Le "Nicolas" près de chez moi à une nouvelle banderolle de deux mètres de large au-dessus de l'entrée: "CHAMPAGNES -20%". Il n'y a pas que le temps qui soit gloomy...

dimanche 30 novembre 2008

Je veux ma part du bailout plan!

Il paraît que le bailout plan a déclenché un "mad scramble" (branle-bas de combat) chez les lobbyists de Washington. Ceux qui avaient droit à des fonds se sont demandés comment en avoir le plus possible. Ceux qui n'y avaient pas droit se sont demandés comment y avoir droit. Tous se sont demandés comment limiter au maximum ce qu'ils auraient à faire en échange de cet argent. Illustration ci-dessous (Wikipedia: In politics, "gravy train" refers to a depraved gorging on luxuries, since someone else foots the bill.):

La crise, au lieu de remettre en cause le rôle du lobbying dans la politique américaine l'a pour l'instant démultiplié: le lobbying n'achète plus des lois mais permet désormais de puiser directement dans les caisses de l'Etat (stade ultime?). Plus qu'une nouvelle ère, on a l'impression qu'il s'agit de la dernière phase de décomposition d'un système. Le citoyen devrait quand même finir par percuter et se rendre compte que sa démocratie n'en est plus une. Ca devient désormais trop criant. Revolution anyone?

Qu'est-ce que l'internet a fait à Sarkozy?

Pauvre Nicolas. Comme il aimerait que les médias se limitent à TF1 et Europe 1 et que Christian Clavier et Carla puissent être rémunérés comme par le passé...

La France est sur le point d'adopter la législation la plus rétrograde du monde occidental (au moins) en matière d'internet et cela semble dû uniquement au fait que notre président compte des amis dans les professions du spectacle. Le copinage qui stopperait le progrès humain... Non seulement cette mesure va échouer mais j'espère que Sarkozy va payer au passage un prix politique exhorbitant pour cette erreur de jugement et de vision. Elle laissera aussi une marque déplorable dans l'histoire: confronté à la plus grande mutation des médias depuis Gutenberg, Sarkozy aura été le seul dirigeant occidental à y avoir répondu avec l'agilité intellectuelle et la hauteur de vue d'un adjudant chef. Les intérêts égoïstes d'une petite clique l'emportent sur les intérêts d'une multitude? On se croirait aux Etats-Unis!

Nicolas, si tu lis El Blogo, mets fin à cette imbécilité! (inspiré de Reagan: "Mr Gorbatchev, if you read El Blogo, tear down this wall!").