lundi 3 août 2009
Peu de posts
vendredi 31 juillet 2009
lundi 27 juillet 2009
vendredi 24 juillet 2009
jeudi 23 juillet 2009
Post-It
The Economist évalue les dommages que la crise a infligé à la théorie économique. Verdict: les économistes doivent remettre leur ouvrage sur le métier pour se reconstituer une crédibilité. En vérité selon le Blogo, la crise n'a fait que valider le B-A BA de la théorie économique: une politique monétaire laxiste conduit à une "asset bubble". Cela n'a rien de particulièrement étonnant. On nous fait croire que tout est remis en cause mais il n'en est rien. Il suffirait que les économistes soient indépendants pour qu'ils percent ces mystères à jour en deux temps trois mouvements. La vérité est très simple: les universités, les journaux et les spécialistes de l'économie sont contrôlés d'une manière ou d'une autre par des intérêts qui s'efforcent de cantonner le discours à une approche naïve de l'économie. L'économie est supposément livrée à des forces indomptables qui comme les caprices de la météo ne peuvent réellement être maîtrisées.
La théorie économique ne pourra être complète et utile tant que l'on se s'autorisera pas à examiner la présence de comportements évidemment délictueux et de manipulations grotesques au plus haut niveau. Tant que cela ne fera pas partie du champ de l'envisageable et du questionnement, l'analyse des phénomènes économiques que nous traversons restera toujours aussi indigente que le coyote face au road runner. Que le discours sur l'économie soit contrôlé par ceux qui contrôlent l'économie est une évidence qui n'est jamais apparue aussi clairement que dans la période récente. Tant que cela ne sera pas reconnu, analysé et qu'il n'y sera pas remédié par des citoyens soucieux de contrôler leur destinée, les mêmes phénomènes ridicules seront voués à se reproduire à l'infini. Prenez 100 esprits brillants et donnez leur les moyens d'être indépendants d'une université, d'un Etat ou d'une banque et ils auront vite fait de résoudre le problème de ces afflictions récurrentes de nos économies. Le pouvoir qu'ils auront dès lors rendu aux citoyens, il est certain qu'ils l'auront enlevé quelque part.
Les nouvelles vont rarement dans ce sens alors il faut le souligner: Obama a gagné le combat pour limiter le nombre de F22 dans l'armée de l'air US. Il s'agit du "nouveau" (guillemets car le programme a commencé il y a bien longtemps) chasseur américain hors de prix adapté à la guerre froide et qui n'a été utilisé ni en Irak, ni en Afghanistan (selon Robert Gates). C'est une victoire contre le complexe militaro-industriel même si le budget va supposément aller à des avions plus petits.
Glenn Greenwald essaye toujours de sauver l'âme américaine avec son blog. More power to him!
There are few instances where the establishment media reveals more transparently what they are and what they do than when they demand that high-level Bush officials be endowed with immunity from the consequences of their crimes. Le Blogo est avec toi, Glenn.
Myles Spicer du Daily Kos pensait bien connaître la politique américaine. Il pensait que dans son Etat du Minnessota, il y avait environ quelques lobbyists en costume sombre qui dépensaient quelques centaines de milliers de dollars pour influencer les législations. Il a été surpris de constater qu'il y avait 1400 lobbyists qui avaient dépensé l'an dernier $61 millions. $300000 par législateur pour un état de 5 millions d'habitants. En 2006 à Washington (dernière année "on record"), c'était 15000 personnes pour $2.85 milliards. Il dit que cette enquête commencé presque sans qu'il le veuille et qu'elle a été une révélation pour lui.
Marrant. Un blogueur crée un post relatant le projet de reprise du Treasury Department par Goldman Sachs.
La nouvelle comission "Pecora" sur la crise économique va être presque certainement un coup d'épée dans l'eau selon TPM.
Vous souvenez vous de Maiden lane? Ces loans de garantie ont été faits à Bear Stearns pour les I et II et à AIG pour le III. $25 milliards à chaque fois sur le bilan de la FED (en gros). Il semble que au moins pour le III, l'essentiel va partir en fumée. Qui l'eût cru?
Ne pas perdre de vus le caractère régional extrêmement marqué de la crise de l'immobilier. Les 10 états les plus touchés représentent 75% des expropriations (foreclosures). Les 10 Etats les plus peuplés seulement 53% de la population.
A noter, la californie...
mercredi 22 juillet 2009
Le post "Big Picture"
J'avais cité dans le blogo le chiffre de David Brooks qui disait que depuis 1957, le taux de leverage global de l'économie américaine était passé de 150% à 350%. Comme je le supposais mais je n'avais pas cherché le chiffre, il fallait revenir beaucoup moins loin dans le temps pour que le chiffre soit vraiment impressionnant: on le voit à la période en gros stable entre 1957 et 1980. C'est vraiment en 25 ans qu'on est passé de 175% à 350%.
Il s'agit ici des taxes retenues à la source sur les salaires par les Etats américains. C'est l'effet ciseaux des budgets publics partout dans le monde: beaucoup plus de dépenses au nom de "la relance" et parallèlement des recettes en chute libre.
La sales tax nous montre que le même effet ciseau est à l'oeuvre pour toutes les recettes fiscales "across the board".
Parler de rebond dans le housing est très prématuré comme on le voit avec les ventes de maisons neuves depuis le haut du marché (division par 4. On s'approche du fond effectivement puisqu'on s'approche de zéro mais c'est à peu près tout.
Projection du budget américain. Comme déjà dénoncé, le retour à l'équilibre extrêmement rapide projeté par Obama est une blague. Selon toute probabilité, 2009 n'est que le début d'une cloche inversée qui ne trouvera son plus bas que dans deux ou trois ans (si la crise ne met pas un stop brutal à la capacité d'endettement américaine ce qui n'est pas l'hypothèse privilégiée par le blogo qui voit les Etats-Unis devant faire face à des restrictions de financement "IMF style" sauf qu'elles ne seront pas implémentées par le FMI mais par les marchés qui demanderont à être mieux rémunérés sur le risque US).
Le "posturing" mou d'Obama et de Summers
Obama:
“The problem that I’ve seen, at least, is you don’t get a sense that folks on Wall Street feel any remorse for taking all these risks,” Obama said in an interview today on public television’s “The NewsHour with Jim Lehrer.” “You don’t get a sense that there’s been a change of culture and behavior as a consequence of what has happened.”
How weak...
Summers:
White House National Economic Council Director Lawrence Summers chastised some banks thatreceived government aid for not doing enough to reduce foreclosures, while declaring that next year’s economic growth pace is “in doubt.”
“Prudent financial institutions will recognize that the profits they’re enjoying are in part a reflection of the commitment government and the broader society have made to the financial system that has enabled them to enjoy those profits,” Summers said in an interview with Bloomberg News yesterday in Washington.
"Les banques prudentes reconnaîtront que leurs profits sont liés aux efforts du gouvernement et de la société dans son ensemble". Peut-on imaginer prise de position plus molle? Autrement dit, "si elles choisissent d'être prudentes", les banques reconnaîtront les efforts du contribuable...
Les contribuables américains saignés à blanc seront probablement ravis que leurs efforts soient "reconnus" (dans un futur hypothétique où l'augmentation de la dette finirait par se traduire par des hausses d'impôts - la fin du Ponzi scheme US autrement dit) et encore seulement si ces banques ont le bon goût de choisir d'être "prudentes". Ouch! That's gotta hurt!
He said financial companies have benefited from an “aura of government support,” as well as programs to guarantee debt,backstop commercial-paper issuance and “support weaker financial institutions that were their counterparties.”
Summers veut-il se faire respecter en rappelant l'arnaque AIG-Goldman ($13 milliards)? Un bon moyen pour lui d'avoir un peu de crédibilité aurait été de ne pas passer par la case départ en touchant "20000 francs" de Merrill Lynch pour une conférence alors qu'il était clair qu'il deviendrait conseiller économique (12 novembre 2008 - en avril 2008, il touchait $135000 de GS pour une intervention).
Quand Summers et Obama font une concession en fronçant les sourcils devant les banquiers pour calmer une opinion publique de toute façon amorphe et "brain dead".
Pendant ce temps-là, Spitzer essaye de sortir du trou dans lequel l'a placé son affaire de prostitution:
Spitzer said new rules proposed by President Barack Obama’s administration are irrelevant because regulators failed to enforce existing regulations.
“Regulatory agencies already had the power to do everything they needed to do,” he said. “They just affirmatively chose not to do it.”
“You don’t need new regs to do it, you just need the will to do what they were supposed to do,” he said.
Mitterrand et la licence globale
Avis défavorable [à la participation de 2€], ont répondu le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et le rapporteur du texte Franck Riester (UMP). "C'est le retour de la licence globale qui a la vie dure. Les artistes n'en n'ont pas voulu", a déclaré M. Mitterrand.
On sait maintenant pour qui le gouvernement légifère exclusivement: "les artistes". Ils ont un droit de véto sur les dispositions de l'Hadopi. Et cela ne veut pas dire les citoyens qui entreprennent des activités artistiques évidemment. Il s'agit de la petite caste de ceux qui en vivent largement au moyen d'un système de distribution obsolète. Espérons que tous ceux qui n'appartiennent pas à cette caste se souviendront qu'on a légiféré exclusivement au profit de celle-ci et au mépris du bien commun (libertés individuelles et avancée globale de la société) au moment de voter.
mardi 21 juillet 2009
Le "brouillon de l'histoire" massacré
"Both banks received billions in government TARP loans last year but the funds were recently repaid." Les deux banques ont reçu de l'argent du TARP mais elles l'on remboursé récemment.
Fermez le ban.
JP et GS ont croqué de l'aide gouvernementale mais c'est bien fini. Sous-entendu: on ne peut pas leur reprocher dans le cadre de leurs annonces de résultats mirifiques. Quelle énormité! Quand on voit le "free pass" avec lequel les banques font avaler toutes les couleuvres à l'opinion, on se demande vraiment si ce qu'on a appris sur les crises passées a le moindre rapport avec ce qu'il s'est vraiment passé. Juste pour mémoire (au lecteur occasionel): toutes les banques doivent aujourd'hui leurs survies aux décisions du gouvernement et des banques centrales. C'est vrai depuis septembre et c'est toujours le cas aujourd'hui: si les banques centrales normalisaient leurs pratiques et les Etats supprimaient leurs garanties, tous les banquiers du monde pourraient éteindre leurs ordinateurs et rentrer chez eux dans la minute. Derrière les Etats, il y a les citoyens et surtout les contribuables. Les banquiers, non contents d'avoir planté leurs concitoyens une première fois en soudoyant les hommes politiques pour qu'ils autorisent des pratiques grotesquement frauduleuses, passent une seconde couche en leur extorquant des fonds publics pour pouvoir continuer à réaliser des profits factices. C'est sans conteste, de très très très très loin, le transfert de richesse le plus choquant de l'histoire et cela n'émeut pas plus que cela les journalistes des vieux médias...
Les invités de Charlie Rose sont cette fois Floyd Norris du New York Times et Dennis Berman du Wall Street Journal qui s'acquittent tous deux fort bien du cirage du pompe au système bancaire qui est ce pour quoi ils sont payés. Jusqu'à Berman qui finit par dire quelque chose dans le goût: on a tellement joué de malchance que là, vraiment, il serait normal que quelques choses aillent un peu mieux quelques temps (autour de la 22ème minute). Evidemment, la malchance n'a rien à voir à l'affaire. On ne sait pas s'il est vraiment idiot ou simplement menteur. A noter que Floyd Norris semble s'être abonné à la newsletter de Nouriel Roubini puisqu'il mentionne l'information selon laquelle la production d'électricité baisse en Chine et pas la croissance (vue dans le dernier "Post-It"). Ces hommes liges des banques commencent donc à s'informer sur les blogs et les sites sans légitimité historique, avant d'être balayés (espérons-le) par cette nouvelle concurrence.
Pour finir en apothéose, regardez la dernière minute où ces trois abrutis se donnent des airs importants en faisant des allusions au fait que "si vous voulez survivre dans le monde d'aujourd'hui, il faut avoir des contreparties importantes" (wink wink - clin d'oeil entendu). Ils font clairement allusion à la différence de traitement entre AIG et CIT, l'un ayant bénéficié d'être une contrepartie essentielle de GS. C'est effectivement intéressant mais pourquoi ces clins d'oeil entendus sans même citer les noms des sociétés dont ils parlent? C'est comme s'ils nous disaient: nous savons bien que le système est complètement pourri mais nous ne pouvons pas en parler et ça nous fait bien rigoler. WTF?
Et c'est le meilleur talk show aux US... A noter que l'émission est sponsorisée par Bloomberg et accessoirement tournée dans la tour Bloomberg à Manhattan. Il y défile à peu près tous ceux qui comptent dans la société américaine (et de temps en temps quelques étrangers, j'y ai vu Villepin, Sarkozy avant son élection et BHL par exemple). C'est le porte-voix des élites et il est donc normal que quand les élites faillisent collectivement, le show en pâtisse. Charlie Rose ne laisse pas transpirer ses inclinations politiques mais après des années de visionnage soutenu, j'ai échaffaudé qu'il était à la gauche du centre (!). Comme tout bon journaliste des vieux médias, il semble avoir une conscience très vive du côté sur lequel sa tartine est beurrée et il ne commet jamais d'impair. Les invités sont très respectueux, certains avouent: "je n'en reviens pas d'avoir été invité chez vous". En retour, ils ne sont jamais mis en difficulté. Tout cela reste toujours très civil, un talk-show entre "gens de bien". Quand une partie des "gens de bien" se met à voler et à tuer impunément, c'est un peu court.
vendredi 17 juillet 2009
Post-It
Glenn Greenwald célèbre les profits énormes de Goldman Sachs avec une sélection d'extraits d'articles depuis septembre 2008. C'est cinglant comme toujours. Vous verrez beaucoup de choses qui ont été citées dans le blogo. La démonstration de la corruption totale de la première puissance mondiale. Ame sensible s'abstenir. A noter que même Greenwald ne semblait pas avoir noté initialement que c'est le programme de prêts de la FED qui a été l'élément le plus important du sauvetage des banques et donc aussi de Goldman Sachs, $2 trillion ont été utilisés sur lesquels le public ne sait rien. $1 trillion est peut-être allé directement chez GS pour "spieler", impossible de savoir.
Le mécanisme est de fournir de l'argent frais en échange d'un collatéral pourri - comme ça, la baisse de valeur des obligations que les banques détiennent ne les empêche pas de se financer (la BCE et la FED l'ont fait plus que de raison dans une très grande opacité). C'est entre autre pour ça que le blogo ne cesse de répéter que TOUTES les banques américaines et la plupart des banques dans le monde ont fait faillite et sont en "life support" depuis septembre 2008.
Je ne peux pas "linker" car ce sont des pubs qui vont et viennent mais je tombe très fréquemment en ce moment sur des pubs pour la scientologie dans des sites d'information US très mainstream...
Jusqu'à la fin 2008, la production d'électricité en Chine était très corrélée avec la croissance économique. Ca n'est plus le cas depuis le dernier trimestre 2008 selon Adam Wolfe et Rachel Ziemba (via RGE Monitor) avec une baisse de 6% puis 4,3% en Q4 et Q1 alors que la croissance restait supérieure à 6% ces deux trimestres. Cela pose la question de la fiabilité des statistiques chinoises en général et il semble que cela soit un vaste sujet à en croire les nombreux sceptiques qui s'expriment sur la question. J'ai vu un autre commentateur qui semblait être à son affaire et parler mandarin (sur RGE monitor) se demandait si l'endettement de l'Etat chinois était de 50% du GDP ou 70%. N'y a-t-il pas des stats officielles? La Chine m'apparaît de plus en plus comme la boîte noire de l'économie mondiale. Un peu comme si le "financeur" en dernier ressort des Etats-Unis avait des choses à cacher. La Chine est les Etats-Unis vont-ils devenir un autre couple célèbre comme Enron et Arthur Andersen, les banques et les agences de notation ou Madoff et son auditeur employant 3 personnes? J'y reviendrai.
Blair Président de l'Union Européenne?
Espérons que l'enquête au Royaume-Uni sur la participation à l'invasion de l'Irak mettra fin à ces élucubrations. Rien que le fait que l'hypothèse soit émise est choquant.
mercredi 15 juillet 2009
Bullshit détecteur du blogo dans le rouge
Après 5 ans d'exposition intensive à la propagande bushiste, j'ai développé un "bullshit detector" extrêmement efficace dont l'aiguille s'est immédiatement mise à tressauter furieusement. Cela me vaut de grands moments de solitude car quelqu'un d'averti se sent extrêmement seul devant la capacité de ses contemporains à avaler sans broncher la propagande du jour quand le sujet tourne autour du supposé "clash de civilisations".
Rapide recherche sur internet. L'histoire serait adaptée d'un rapport d'Amnesty International de 1996 qui semble faire état d'une instance "au moins" où la dernière phalange d'un pouce d'une femme afghane aurait été coupée en raison de l'application de vernis à ongles. Alastair Campbell (propagandiste de Blair) a semble-t-il commandé une étude sur les exactions talibanes et a placé cette mutilation en avant dans le cadre d'une opération de propagande qui a été relayée par les épouses respectives de Blair et de Bush en 2001 (la cause des femmes musulmanes est un axe important pour gagner le sexe supposément le moins belliqueux à l'idée de la guerre d'autant qu'il a des fondements bien réels. L'idée que "l'ennemi" couperait de manière routinière les mains de "petites" filles portant du vernis à ongle semble en revanche n'en avoir aucun).
La généralisation de Sarkozy est donc inacceptable vu la faiblesse des preuves factuelles sur lesquelles elle repose (en plus d'être factuellement fausse - couper les mains n'est pas la même chose que couper une phallange même si le blogo ne défend ni l'un ni l'autre). Il est courant dans les pays totalitaires de stigmatiser l'adversaire en présentant des faits isolés comme la "vraie nature" de l'ennemi. Les iraniens ont dit le mois dernier aux Etats-Unis qu'ils n'avaient rien à reprocher aux iraniens sur le traitement des émeutes récentes en raison des évènements de Waco au Texas par exemple. A quand les accusations sur les français "congeleurs de bébés"?
L'idée que les Talibans coupent systématiquement les mains aux ongles vernis est donc un élément maladroit de propagande qui affaiblit considérablement le discours présidentiel. Ce genre de déclaration ne s'adresse pas à notre intelligence mais à notre cerveau reptilien et nous rappelle les heures les plus noires de la propagande bushiste/blairiste. Si on prend ce discours au mot, on a envie de prendre son fusil et d'aller dégommer du Taliban. Cela ressemble un peu aux "deux minutes de la haine" dans 1984. Plus généralement, le doute ou la gêne qu'on peut ressentir en imaginant des drones terroriser des populations civiles en notre nom à l'autre bout de la planète sont complètement éradiqués: plus de doute, plus de réflexion, plus de mesure! La vie est belle.
Rien ne me fait plus froid dans le dos que ces discours de haine (car la déshumanisation de l'adversaire prépare le terrain à son extermination - toujours un risque vu le rapport de force) semblant nous intimer de laisser notre sens critique au vestiaire et nous enjoindre d'acquiescer à toutes les décisions de notre bienveillant leader qui veut débarrasser le monde d'un mal absolu et qui a besoin pour ce faire de pouvoirs non moins absolus (cf Bush, George W.).
Sarkozy ment-il? A-t-il été simplement victime (comme nous tous) de dizaines d'années de désinformation** et en a-t-il gardé cet exemple précis comme un élément structurant de sa pensée sur les talibans? Le problème est qu'il n'est pas au café du commerce et que quand on est président on ne peut pas faire des déclarations incendiaires galvanisant l'opinion sans un minimum de "fact checking". Surtout quand il s'agit de guerre et de paix.
La vérité est que personne ne sait ce que nous faisons en Afghanistan et qu'il est plus facile de recourir à ce genre d'arguments que d'essayer d'expliquer une stratégie inexistante. Ce n'est pas vrai, il est plus juste de dire qu'il y a bien une stratégie mais qu'elle n'a rien de militaire: elle est de faire plaisir à Obama sur ce plan en espérant s'y retrouver sur d'autres plans politiques (j'espère que ce n'est pas seulement contre un sourire, merveilleux il est vrai).
*Combien s'étonnent de voir sur les ondes une jeune iranienne agonisant alors que des scènes de ce type au moins aussi horribles sont tournées tous les jours dans toutes les zones de conflit du monde et qu'elles sont systématiquement occultées de nos journaux télévisés? (cette scène est passée en boucle aux Etats Unis en tout cas, je ne suis pas sûr pour la France) Le simple fait de demander qu'on applique les principes de rationalité, d'objectivité et d'égalité de traitement (supposément à la base de nos sociétés) à ces sujets fait froncer des sourcils.
** Vous souvenez-vous des irakiens qui enlevaient les incubateurs dans les cliniques en arrivant au Koweit? C'était une invention du Rendon Group, fournisseur du pentagon en opération de "relations publiques".
Note 1: Si quelqu'un a des informations spécifiques sur des mains coupées à cause de vernis à ongle, le blogo fera une correction.
Note 2: Je pense que cette note n'est pas utile pour les lecteurs fidèles mais elle peut l'être pour quelqu'un qui tomberait sur ce post de manière isolée. Le propos du blogo n'est pas ici d'exonérer les talibans ou d'expliquer que les difficultés des femmes talibanes sont en réalité de l'ordre de celles dénoncées par Cookie Dingler. Il s'agit de tirer les leçons de l'Amérique bushiste et d'adopter une politique de tolérance zéro devant des embryons de dérive similaire.
Et tant qu'on est sur Cookie Dingler:
Guaino découvre l'Amérique
“The question now is whether we decide to do something to fix that,” Guaino said today in an interview on France2 television. “No one in the U.S. or elsewhere can tolerate such a situation. Goldman Sachs wouldn’t exist had American taxpayers not come to its aid. To be drowning in dollars and bonus money today is utterly scandalous. It’s a problem the G-20 will have to deal with. Political leaders around the world are at the foot of a gigantic moral problem.”
Failure to act on bankers’ pay and bonuses could lead to “major political problems,” Guaino said.
“On the one hand, there’s this explosion in unemployment and social disintegration, and on the other, this perfectly indecent conduct continues,” Guaino said in the interview. “It’s the job of politicians to put an end to it."
Quand va-t-on commencer à s'interroger sur les causes structurelles de ces dérives? Pourquoi s'indigner seulement maintenant? Tout est normal pendant qu'on crée les conditions des abus et quand les abus se produisent, c'est l'indignation? Il faut quand même se réjouir de ces éructations Guainoesques: c'est beaucoup mieux que rien. Le blob de la corruption américaine recouvre désormais tellement le pays que même les observateurs étrangers ne peuvent plus faire semblant de ne pas le voir!
Note: cette dépêche bloomberg n'est plus mise en avant sur le site de bloomberg, son passage en "une" aura été remarquablement court.
lundi 13 juillet 2009
L'art du sauvetage des banques
Ce sauvetage des banques me pose beaucoup de problème car j'aime bien les analogies un peu fumeuses et je trouve difficile d'en trouver sur ce sujet. C'est pour ça que j'aime bien ce dessin qui a un peu une qualité "Alice au pays des merveilles". (via TBP)
samedi 11 juillet 2009
Post-It
Si vous voulez savoir ce que donne l' "exact opposite" du discours du Blogo, c'est ici dans cet autre édito du NYT. En gros: la crise est la faute des régulateurs et il ne faut rien changer au système bancaire. Posner a été interviewé en juin par Charlie Rose. Il semble sucrer les fraises mais nous donne l'essence de son message à la fin de l'interview: "le plus dangereux est la précipitation dans la rerégulation". T'as raison, je suis terrifié.
Le wapo dans une nouvelle affaire. Ils proposaient d'organiser des rencontres entre lobbyists et responsables officiels au sujet du plan santé Obama. Des journalistes du Wapo devaient animer mais il était entendu que tout serait "off". Les vieux médias à leur meilleur!
Un grand nombre des programmes mis en place par la FED à l'automne 2008 pour sauver Wall Street ont été redimensionnés à la baisse fin juin suite à la normalisation des marchés. Alphabet soup anyone? AMLF, ABCP, CPPF, TSLF, TAF, TALF, currency swaps...
Le FMI veut vendre 12% de ses réserves d'or à partir du quatrième trimestre. 400 tonnes.
Deux pontes se prononcent contre l'extension des pouvoirs de la FED soutenue par l'oligarchie bancaire (qui contrôle la FED).
Les banques préparent une campagne publicitaire contre le projet d'Obama d'avoir une agence de protection des consommateurs sur les produits financiers. Le modèle est "Harry and Louise" utilisé en 1994 contre le plan santé des Clintons: le gouvernement veut décider à votre place. They have no shame.
Les SIVs ne sont plus selon le FT. RIP 2009.
Peter Schiff raconte son histoire et ses rapports avec les vieux médias
(Le lien est réparé suite à une remarque de W. Il faut descendre un peu dans le texte pour voir la vidéo. L'article est probablement intéressant mais je ne l'ai pas lu pour le moment.)




