samedi 3 octobre 2009

Comment les "Senior Administration Officials" menacent la démocratie

Le débat avant la guerre en Irak a été alimenté de manière massive par des déclarations anonymes provenant de "Senior Administration Officials". Sous couvert d'anonymat, des officiels américains ont pu diffuser tous les mensonges les plus ahurissants sur l'Irak sans jamais en endosser la responsabilité.

Ce type de désinformation est extrêmement toxique pour la démocratie. Elle exige qu'un "press corps" complice marche dans la combine. Il est détestable qu'on puisse conférer à un discours la force d'un discours officiel sans que personne n'en réponde en cas de mensonge. Talk about "accountability"!

A nouveau, sur Qom, les "senior administration officials" le disputent aux "senior White House officials". Ce discours sans responsabilité pour nos dirigeants est inacceptable (je n'ai pas d'exemple spécifique mais j'imagine que la France n'est pas épargnée).

Messieurs les journalistes: soit votre source officielle est prête à mettre sa tête sur le billot pour son information, soit vous ne devez en aucune façon la qualifier d' "officielle". Une "source officielle anonyme" est un oxymoron, ça n'existe pas. Les citer en permanence crée un climat détestable d'irresponsabilité des dirigeants qui est favorable à la diffusion de rumeurs inexactes dans le but de déclencher des guerres d'agression sur des bases mensongères. Who would want that? Alors s'il vous plaît: Stop! (in the name of love).

Le débat sur l'illégalité de Qom (suite)

Rappel (Previously on: "Débat sur l'illégalité de Qom"): Scott Ritter dit qu'Obama est "technically and legally wrong" en déclarant que l'Iran n'a pas respecté ses engagements sur Qom. James Acton et El Baradei disent que l'Iran est en infraction. Le reste de la planète se satisfait sans broncher des éructations* du trio Brown-Obama-Sarkozy à l'exception également notable de Gareth Porter qui semble déterminé à aller "to the bottom of it".

Il a publié un nouvel article qui fait le point et qui dit que de nouveaux éléments font pencher la balance vers l'absence d'infraction iranienne.

Les iraniens ont notamment déclaré avoir commencé les travaux sur ce site à des fins d'enrichissement en 2008. Si c'est vrai, cela coupe l'herbe sous le pied des "senior administration officials" qui disaient dans la presse que la construction de ce site (dans l'idée d'en faire un site du programme nucléaire) avait commencé avant mars 2007, date à laquelle l'Iran se disait contrainte par le "supplementary agreement". L'administration américaine refuse de son côté de répondre à la question du moment précis auquel elle évalue que la construction "à but nucléaire" a commencé.

Porter cite également le commentaire d'un responsable de l'AIEA de mars 2009, Johan Rautenbach, concernant la question de la légalité du retrait unilatéral de l'Iran du Supplementary Agreement en mars 2007. Le fait que cette évaluation date d'une période où le sujet n'était pas au coeur de la fournaise de l'actualité politique la rend évidemment extrêmement intéressante. A n'en pas douter, son discours serait plus contraint aujourd'hui:

In March 2009, the director of the IAEA Office of Legal Affairs, Johan Rautenbach, called Iran's reversion to implementation of the earlier version of the Code 3.1 "inconsistent with its obligations under the Subsidiary Arrangements".

But he went on to say that it was "difficult to conclude that providing information in accordance with the earlier formulation in itself constitutes non-compliance with, or a breach of, the Safeguards Agreement as such."

The Safeguards Agreement itself clearly forbids unilateral "modification" of a Subsidiary Arrangement, but it says nothing about withdrawal from such an agreement, which is what Iran is asserting it did in March 2007.

The distinction between "modification" and "withdrawal" from provisions of an international agreement is well established in the Vienna Convention on the Law of Treaties.

Unilateral withdrawal is permitted under that Convention, provided that the provision in question is separable from the remainder of the agreement, is not the essential basis of consent by the other party and continued performance of the remainder of the agreement would not be "unjust".

The head of the IAEA Legal Department appears to have accepted that those three conditions applied to the case of Iran's "Modified Code 3.1" agreement.

Porter dit aussi:
Although it has remained unreported in the news media, however, Iran has a legal case that it has remained in compliance with its Safeguards Agreement.

Pourquoi les médias du monde entier ne sont pas tous braqués sur la solidité des déclarations Brown-Obama-Sarkozy? Ca dépasse l'entendement.

Pour ceux qui veulent les épisodes précédents:
Episode 1
Episode 2

* Je dis "éructations" car j'estime désormais clair, non pas que l'Iran a respecté ses engagements, mais qu'il existe un débat juridique assez substantiel pour que les formules péremptoires comme celles utilisées lors du G20 soient considérées comme excessives. D'où le choix du terme "éructation".

Post perdu

Je croyais avoir posté cette vidéo en début de semaine mais je ne la retrouve pas sur le blog. C'est Glenn Greenwald face à Arianna Huffington et d'autres sur l'Iran. Noter les images de missiles quand Greenwald s'exprime.Des lecteurs se souviennent-ils de ce post? J'ai dû l'effacer par erreur... Par principe je n'efface jamais de posts. J'ai l'impression que c'est une règle non-écrite que respectent tous les bloggers que je consulte.

vendredi 2 octobre 2009

Atrios parle d'or...

Atrios:
I do think a fundamental issue that isn't being grappled with is that our banking system failed completely in its purpose of allocating credit efficiently. Propping up that failed system in the short term may have been necessary, but longer term that failure needs to be addressed.

L'idée selon laquelle nous sommes remontés sur notre cheval en abolissant la réalité économique dans laquelle évolue les banques est complètement fascinante. Il fallait refonder le système financier. L'occasion est passée jusqu'à la prochaine rechute. Il a fallu 4 ans pour que les Etats-Unis se mettent dans un mode réformateur dans les années 30. Si on supposait que septembre 2008 = octobre 1929 et que les deux crises vont suivre un cours similaire, les réformes durables ne commenceraient qu'en 2012.

Dollars are forever (2)

Geithner toujours. Décidément ça ne va pas de soi car il en parle beaucoup! Hier:

"A strong dollar is very important to this country, I mean that, and it's very important that people recognize it,"

Questions have been raised about whether the world will be willing to keep financing huge American debts forever or whether they might seek an alternate reserve currency.

"It does bring special responsibilities and burdens on the United States and it's very important that we make not just Americans but make the world understand that we are going to go back to living within our means," he said. (NDLR: zero burden, zero responsibility)

Geithner added, "And we are going to make sure that our independent Federal Reserve keeps inflation low and stable over time...and we are going to run fiscal policy in this country consistent with that basic objective of going back to living within our means." (NDLR: my ass!)

"There was a long period where monetary policy around the world was very, very loose and accommodative," Geithner said, adding that allowed risk-taking to become excessive.

"You had a huge boom in wealth outside the United States and that money was looking for a home and it created huge demand progressively for what proved to be very risk types of financial assets," Geithner said, adding that government "failed the test" of preventing the buildup in risk. (NDLR: Pourquoi es-tu toujours là? Pauvre abruti...)

Tic tac, tic tac...
Note: via Naked Capitalisme qui titre le post "Talk will only get you so far". Indeed.

Friday Plane Blogging

(Cliquez pour agrandir)

"Wipe Israel of the map"

"Rayer Israël de la carte." Combien de fois avez-vous entendu cette expression ces dernières années? Les barbus de Téhéran seraient arc-boutés sur cette idée et feraient "tourner leurs centrifugeuses" dans le but ultime de faire une bombe, de l'envoyer immédiatement sur Tel Aviv pour voir leur pays réduit en cendres en retour. Voilà un plan machiavélique digne d'un personnage de Tex Avery. Il paraît que les américains à une époque s'opposaient à ce que les chinois possèdent la bombe car ils considéraient qu'ils n'étaient "pas rationnels". Racisme ordinaire.*

Le problème, c'est qu'Ahmadinejad n'a littéralement pas dit qu'il voulait "rayer Israël de la carte". C'est un idiome qui n'existe pas en persan. Juan Cole, qui parle le farsi, a "débunké" cette histoire il y a longtemps. Je reproduis la version courte de l'explication qu'il a écrite hier dans le cadre de "10 idées reçues sur l'Iran" que je vous recommande (sauf si vous préférez garder vos idées reçues). Il avait fourni une explication plus approfondie ici.

Belief: Iran has threatened to attack Israel militarily and to "wipe it off the map."

Reality: No Iranian leader in the executive has threatened an aggressive act of war on Israel, since this would contradict the doctrine of 'no first strike' to which the country has adhered. The Iranian president has explicitly said that Iran is not a threat to any country, including Israel.

Belief: But didn't President Mahmoud Ahmadinejad threaten to 'wipe Israel off the map?'

Reality: President Mahmoud Ahmadinejad did quote Ayatollah Khomeini to the effect that "this Occupation regime over Jerusalem must vanish from the page of time" (in rezhim-e eshghalgar-i Qods bayad as safheh-e ruzgar mahv shavad). This was not a pledge to roll tanks and invade or to launch missiles, however. It is the expression of a hope that the regime will collapse, just as the Soviet Union did. It is not a threat to kill anyone at all.

On se focalise également sur cette phrase mal traduite alors que d'autres déclarations plus modérées ne sont jamais mises en avant. Ahmadinejad n'est de plus pas commandant en chef des armées et son pouvoir est généralement beaucoup plus limité que ne le laisserait penser son statut de "Saddam Hussein bis" dans la psyché occidentale.

Alors Amahdinejad joue effectivement avec le feu en faisant du révisionnisme (bien qu'il ait mis de l'eau dans son vin récemment lors de son passage à New York avec Katie Couric puis Charlie Rose). On dit aussi que son discours à l'ONU était antisémite (je ne l'ai pas lu). C'est inexcusable. Je ne sais pas quels calculs politiques se cache derrière ces prises de positions outrancières. Cela ne peut cependant pas justifier le bombardement d'un pays. Les protestations et l'isolation de l'Iran semblent être des réactions appropriées. Ahmadinejad n'écrit pas nos livres d'histoire. Et quand bien même on intègrerait cela à un plaidoyer pour le bombardement, il faut quand même se rappeler que le peuple iranien vient de passer à deux doigts de se débarrasser de cet homme et qu'ils y parviendront sans doute aux prochaines élections. Justifier en partie le bombardement de l'Iran à cause des positions d'un dirigeant contesté et au pouvoir limité est complètement délirant.

Note: A part cela, El Baradei dit que l'Iran est en infraction à ses obligations avec la non déclaration de la centrale de Qom dès la décision de construire (question qui n'intéresse que le blogo). Il dit en revanche qu'il n'y a pas de preuve tangible d'un programme nucléaire militaire en Iran.

* (Sur le racisme ordinaire que constitue la notion que certains peuples seraient dangereux avec la bombe.) Comprenez-moi bien: plus le club nucléaire est petit, mieux on se porte. Je ne vais pas dire le contraire. Mais considérer que des cultures ou des races feraient n'importe quoi avec la bombe... Essayons déjà, pour ceux qui l'ont, de ne pas faire n'importe quoi avec avant de la ramener (cf la crise de Cuba).

jeudi 1 octobre 2009

Nowhere to hide

L'affaire iranienne nous permet de cartographier le paysage médiatique américain. Sans surprise, les vieux médias se retrouvent peu ou prou là où ils étaient avant la guerre en Irak: ils n'ont pas renouvelé leur personnel, ils n'ont jamais reconnu s'être trompés sérieusement lors de la guerre en Irak et ils ont toujours soutenu les dernier développements guerriers alors même que la population prenait position de plus en plus fermement contre les interventions extérieures. Ils en payent le prix et sont devenus un sujet de blagues parmi les citoyens éclairés, en train de devenir la majorité. Pas de surprise donc de ce côté là: la discussion porte en gros sur le type de bombe qu'il faut envoyer sur l'Iran.

La blogospère de droite a sans doute quelques personnalités anti-guerres mais elles ne sont pas légion (on peut regarder du côté du magazine "The American Conservative" qui publie traditionnellement certaines de ces voix). Dans la blogosphère de gauche (le seul endroit où la question se pose réellement), c'est plus intéressant. Beaucoup se retrouvaient sur une ligne critique envers la guerre en Irak et là, c'est la surprise. Alors qu'on pouvait s'attendre à un mouvement puissant contre l'hystérie sur l'Iran (fort de l'expérience de 2003), la prudence semble pour l'instant être un refuge pour beaucoup en raison de ce que je crois être un "effet Obama" (qui réussit décidément à vendre à peu près n'importe quoi à une population américaine subjuguée). Le côté spectaculaire des révélations sur la centrale de Qom a sans doute un peu douché l'enthousiasme des "usual suspects". J'imagine que les langues se délieront quand le site de Qom aura été inspecté en fonction du résultat. Je diviserais les intervenants en trois catégories:

Les inflexibles: Glenn Greenwald, Juan Cole, Jeremy Scahill, Scott Ritter, Justin Raimondo... Animés d'une "righteous anger", ces outsiders aussi éloignés qu'on peut l'être des leviers du pouvoir à Washington sont prêts à confondre les tartuffes pro-guerres et à démonter leur propagande transparente.

Les prudents: certains ont fortement protesté contre la guerre en Irak mais ils sont très prudents sur l'Iran: Atrios, Josh Marshall et Daily Kos. C'est l'effet Obama: leur lectorat soutient Obama et une position dure pourrait les mettre en porte-à-faux. C'est la guerre comme test du bois dans lequel vous êtes fait. Si Bush était aux commandes, leurs positions seraient sans doute claires mais puisque c'est Obama, ils ne la ramènent pas. Leur solution peu glorieuse: ils en parlent très peu. Ils devraient in fine rejoindre les inflexibles (sauf peut-être Kos qui a fait au moins un post inquiétant qui répétait en l'amplifiant l'argumentaire des trois du G20, s'il finissait dans la dernière catégorie ci-dessous, cela serait vraiment un tremblement de terre).

Les traîtres: ils ont surfé sur le sentiment anti-guerre des américains depuis des années et ils rejoignent sans hésiter les légions des vieux médias incitant à l'hystérie guerrière. Arianna Huffington: elle est arrivée sur l'internet avec des fonds massifs, elle attire le chaland avec des articles aguicheurs sur les ragots salaces d'Hollywood. Son poids est massif et elle retombe lourdement dans le camp pro-guerre. Andrew Sullivan: il a soutenu la guerre en Irak, il a retourné sa veste pour suivre l'ère du temps et s'est presque fait pardonner mais sur l'Iran, il reprend les bonnes habitudes.

Les traîtres sont essentiels au dispositif pro-guerre. C'est en se couchant que le New York Times a rendu la guerre en Irak possible (alors oui, ils ont du faire le 18 mars un édito contre la guerre mais ça ne rachète pas leur couverture pro-guerre les six mois précédents - cf Judith Miller). J'exagère un peu: une opposition argumentée à la guerre ne l'aurait peut-être pas empêchée. Elle aurait en tout cas sauvé la réputation des vieux médias qui a coulé avec les errements de la "gray lady". En soutenant la guerre, ils ont rendu la position anti-guerre moins "mainstream" au sein de la population qui aurait dû être le fer de lance de l'opposition. Trahi par sa base arrière naturelle dans les médias, le camp anti-guerre peut difficilement s'organiser.

Note 1: Attention, j'ai en gros laissé de côté l'essentiel du paysage médiatique qui est pro-guerre par construction, à gauche comme à droite pour ne m'intéresser qu'à la sphère où des questions se posent.
Note 2: Les blogs économiques que je suis ont tous soigneusement évité pour l'instant d'évoquer le sujet.

Sans surprise, Obama couvre les secrets de la FED

Obama a autorisé la FED à faire appel de son injonction de rendre public le détail des bénéficiaires du bailout plan. Alors qu'il avait promis la transparence... Il est vraiment le jouet de Wall Street.

Pour ceux qui n'ont pas suivi, voir un post plus détaillé ici.

mercredi 30 septembre 2009

Le NYT nous dit que tout a changé...

Un article du New York Times qui cite tous les critiques de l'hystérie* déclenchée au sujet du site en construction de Qom (tous déjà cités dans le blogo ou à peu près). La question que je me pose est: "en quelle page cet article a-t-il été placé dans l'édition papier?". Le modus operandi du Washington Post et du NYT pour l'Irak était de faire des premières pages outrageusement pro-guerres et de placer quelques "feel good articles" sceptiques en page A10 ou A16. Quelqu'un d'attentif aurait pu se faire une idée précise de l'arnaque si on lui avait soumis seulement des articles choisis et "burried deep into the newspaper". Les journaux de référence ne peuvent se réfugier derrière cet artifice ridicule. Il y avait une réalité objective clairement identifiable de falsifications pro-guerres par le gouvernement US (et brit) en 2003. C'est ça qui devait faire la première page des journaux de référence. Tout autre traitement rendait ces médias complices d'une guerre d'agression (which they are to this date).

* Vous souvenez-vous des doutes sur LHC à Genève? Qom, c'est un peu pareil: quelqu'un va toucher un interrupteur et un trou noir va gober la terre en quelques nanosecondes. Give me a f---- break.

El Blogo tente de répondre à la question que personne ne se pose

La question (long forgotten puisse que l'hystérie est comme chacun sait bien meilleure conseillère que la réflexion) est la suivante: "L'Iran est-elle en infraction?". Cette question est cruciale car la bonne foi et la crédibilité des trois dirigeants* qui ont fait la déclaration du G20 est directement proportionnelle à la force juridique de leur dossier. Les standards ne peuvent-être qu'extrêmement élevés après le fiasco des armes de destruction massive en Irak. Nous sommes en droit d'exiger des gouvernements belliqueux des arguments absolument irréfutables. C'est même notre devoir de citoyens.

Scott Ritter, ancien inspecteur de l'ONU en Irak qui dit depuis le début qu'il n'y avait plus d'armes de destruction massive, explique qu'Obama est "technically and legally wrong" dans sa déclaration sur Qom. La messe n'est pas dite mais j'ai une grande confiance en lui.

Pour ceux qui ont lu le post précédent, il dit que l'Iran s'est conformée au supplementary agreement en décembre 2004 à titre volontaire en attente de la ratification de celui-ci par son parlement. Scott Ritter affirme (contrairement à James Acton) que l'absence de ratification enlevait au supplementary agreement son caractère contraignant. L'Iran aurait donc eu toute lattitude pour renoncer unilatéralement à l'application de cet accord en mars 2007.

Il faut noter que des américains contrent cela en disant que l'Iran a commencé à construire Qom avant mars 2007, alors qu'elle prétendait encore être engagée par l'accord supplémentaire.

Ritter remarque également que l'Iran à l'époque (mars 2007) avaient toutes les raisons du monde de craindre une attaque américaine et donc d'enterrer des infrastructures (Cheney a reconnu depuis qu'il poussait Bush à attaquer mais qu'il n'avait pas eu gain de cause).
Ritter ajoute également que 100% des substances fissiles en Iran sont sous contrôle étroit de l'AEIA et que c'est cela qui est le gage essentiel de sécurité et ce qui empêche en pratique l'Iran de construire une arme nucléaire (et qui fait que la CIA a estimé fin 2007 que l'Iran ne construisait pas d'arme nucléaire - alors qu'elle connaissait le site de Qom).

Il faut quand même se rendre compte que l'Iran a accepté un contrôle permanent est très soutenu de ses sites nucléaires. Envisage-t-il une breakout capability? Un moyen d'obtenir l'arme le plus rapidement possible une fois qu'ils auraient congédié l'AEIA? Bien évidemment. Peuvent-ils construire une arme atomique alors même qu'ils sont contrôlés par l'AEIA, Ritter nous dit que c'est très difficile.

Gareth Porter apporte ici son éclairage sur la question.

* A noter: ces trois dirigeants ne sont pas logés à la même enseigne, Obama ayant été plus low key que Brown et Sarkozy (good cop, bad cop routine?). Sarkozy n'a pas arrangé son cas en utilisant: "pendant que les centrifugeuses tournent" alors que personne ne conteste le droit des iraniens à faire tourner des centrifugeuses. C'est tout ce que nous ne pouvons pas accepter de nos dirigeants: un dossier mal ficelé, présenté "à l'estomac" avec des formules de propagande qui semblent tout droit sorti du playbook de Condoleeza Rice "A smoking gun, that could come in the form of a mushroom cloud". Stop it! It insults our intelligence.

Note 1: El Baradei quitte l'AEIA. Il a rendu les bellicistes fous en raison de son indépendance. Son travail a été extraordinaire à cause de cette indépendance. Cette organisation étant devenue centrale dans les projets guerriers de quelques uns, gageons que l'effort des puissances dominantes pour la mettre au pas doit être maximal. Les propos et les actions de l'organisation sous un nouveau président devront être examinés à l'aune de ces efforts de politisations. Plus que jamais, il faudra faire attention aux voix dissidentes.
Note 2: GE (société mère de MSNBC - vous vous rappelez les missiles lors de l'interview de Greenwald?) vient de rejoindre un groupe "non-profit" appelé "United Against Nuclear Iran" (UANI) qui passe des pubs excitant la population contre l'Iran à la télé (notamment sur MSNBC). GE est un maillon essentiel du Complexe Militaro-Industriel. Like so many others, "They never saw a military intervention they didn't like". C'est toute une partie du pays qui est prête en permanence à prendre les armes pour n'importe quelle cause s'ils se trouvent des abrutis assez fous pour en prendre la responsabilité. Voici ce qu'on voit à la télé dans le "Home of the brave, land of the free":

Bloomberg LP v. Board of Governors of the Federal Reserve System, U.S. District Court, Southern District of New York (Manhattan), No. 08-9595.

Je faisais référence hier aux poursuites engagées par Bloomberg contre la FED pour que cette dernière révèle les dessous du plan de sauvetage des banques. Cette affaire devait atteindre un tournant le 30 septembre (aujourd'hui).

Dans la dernière semaine d'août, la FED a en effet obtenu un sursis à exécution (traduction du blogo de "the order was stayed") lui permettant de ne pas révéler les détails du plan et lui laissant jusqu'au 30 septembre pour faire appel (Bloomberg a alors renoncé à obtenir les documents de force car la FED les a persuadé qu'il serait matériellement difficile de les récupérer (WTF?*) ). Il y a eu des éditos dans la presse contre un appel de la FED (dont un dans le WSJ) et pour qu'elle communique les infos. De manière étonnante, il semble que la décision de faire appel ou non relève d'Obama (d'une juriste sous son autorité) et pas de Bernanke. Toujours marrant de le voir lui-même servir la soupe aux banques.

C'est très peu couvert dans la presse donc j'ai reconstitué ça à partir d'informations parcellaires. Don't quote me on this. De toute façon, il devrait y avoir des news détaillées sur le sujet dans la journée.

* Preska also said Bloomberg will not, for now, insist on a search of "official files" at the Federal Reserve Bank of New York, after the central bank's representation that a search would likely be fruitless. (voir ici for the full story)

mardi 29 septembre 2009

Something's got to give

Le fonds de garantie des banques faillies (le FDIC) est proche de la faillite (!). En fait non car il dispose d'une ligne de crédit de $500 milliards du trésor américain mais ce dernier approche de la limite d'endettement votée par le congrès (il faut un nouveau vote). Alors ils envisagent de demander aux banques une avance sur leurs cotisations d'assurance futures... Il fallait y penser. Il suffit de prédire que les primes vont excéder de loin les sinistres à partir de 2010 et le tour est joué.
Dans le registre tonneau des Danaïdes, Fannie/Freddie viennent d'obtenir $35 milliards de l'Etat.

Article efficace de "The Nation" pour faire le tour du plan de sauvetage

L'idée de l'article est de récapituler tous les programmes d'aides aux banques (et autres) en faisant l'analogie avec une famille américaine (supposée recevoir les différents types d'aide). Le parallèle a beaucoup de limites mais on garde quand même une bonne idée de l'ampleur et de la variété des aides qui ont été utilisées. Le point important est que l'argent (parfois déjà remboursé) des $700 milliards du TARP n'est que la partie émergée de l'iceberg. Ils font une somme des aides (garanties surtout) apportées et arrivent au total de $17,5 trillions. Aucune information (ou presque) n'a été révélée sur la manière dont ces aides et garanties ont été accordées (ni sur les destinataires, c'est une information qui semble plus secrète que les codes nucléaires*). La chose à retenir est qu'aucune des banques de la place (mais aussi très peu de hedge funds) n'auraient survécu sans cette aide providentielle et massive. Le système a été regonflée sans qu'aucun changement structurel substantiel ne lui ait été imposé (je n'avais pas fait de commentaire sur le G20, here it is!).

Bloomberg s'était livré à l'exercice de sommer tous les programmes gouvernementaux jusqu'en mars 2009 et s'était arrêté à $12,8 trillions. Ils ont publié la semaine dernière un nouvel update récapitulatif qui pour la première fois est en baisse à $11,6 trillions car la FED a réduit le périmètre de certains programmes ce qui est présenté comme un succès**. L'idée est que les mesures exceptionnelles ont fait leur office et que tout rentre dans l'ordre. C'est la vision "sugarcoated" de la réalité qu'on essaye de nous vendre et qui ne dit en réalité qu'une chose: on a encore repoussé les difficultés dans l'avenir en les aggravant. C'est comme ça que fonctionne l'économie américaine depuis l'éclatement de la bulle internet. Le raisonnement est qu'une giga-crise dans quelques temps vaut mieux qu'une méga-crise tout de suite. C'est la clef de voûte de tous les ponzi schemes.

* Notons au sujet du secret maintenu sur les banques bénéficiaires d'aides qu'il est absolument crucial. Souvenez-vous de l'effet désastreux (pour les banques) de la publication des sommes payées aux contreparties d'AIG. C'était $180 milliards au global et tout le monde s'en fichait (les corporate media détournaient l'attention vers $165 millions de bonus). Quand le détail a été publié et qu'on a vu que $13 milliards était allé à Goldman Sachs, tout le monde en a parlé. C'est comme les photos de prisonniers torturés qu'Obama n'a pas voulu autoriser en mai. Le secret diminue l'indignation par un facteur 1000 alors qu'on connaît la big picture. C'est pour ça que le secret va être défendu becs et ongles par la FED et les banques: c'est l'assurance vie du plan de sauvetage. El Blogo n'a pas besoin de la feuille Excel faisant le détail banque par banque pour s'indigner! (Ni des photos for that matter...)
**Bloomberg sert ici la soupe à la FED car ils avaient commencé un update mensuel qui augmentait d'un à deux trillions par mois (dernière mention sur le blogo le 5 mars) et puis soudain un arrêt de 4 mois et une reprise quand les choses vont mieux... c'est à se demander si Bloomberg va vraiment aller au bout de sa poursuite de la FED devant les tribunaux en vertu du Freedom of Information Act. Ils avaient déjà semblé avoir un coup de mou fin août. Cette idée que Bloomberg partirait dans une croisade contre la FED et Wall Street ne tient pas debout. Aucune entreprise commerciale ne prend tous ses clients de front "pour la gloire". La prochaine décision du juge sur le sujet est prévu pour demain, le 30 septembre. Comme je l'ai déjà signalé: don't hold your breath...

Voir à la toute fin de cette news bloomberg. Voici le tableau (j'avais linké la version à $12,8 trillions de bloomberg et la version graphique de Barry Ritholtz.):
===========================================================
--- Amounts (Billions)---
Limit Current
===========================================================
Total $11,563.65 $3,025.27
-----------------------------------------------------------
Federal Reserve Total $5,870.65 $1,590.11
Primary Credit Discount $110.74 $28.51
Secondary Credit $1.00 $0.58
Primary dealer and others $147.00 $0.00
ABCP Liquidity $145.89 $0.08
AIG Credit $60.00 $38.81
Commercial Paper program $1,200.00 $42.44
Maiden Lane (Bear Stearns assets) $29.50 $26.19
Maiden Lane II (AIG assets) $22.50 $14.66
Maiden Lane III (AIG assets) $30.00 $20.55
Term Securities Lending $75.00 $0.00
Term Auction Facility $375.00 $196.02
Securities lending overnight $10.42 $9.25
Term Asset-Backed Loans (TALF) $1,000.00 $41.88
Currency Swaps/Other Assets $606.00 $59.12
GSE Debt Purchases $200.00 $129.21
GSE Mortgage-Backed Securities $1,250.00 $693.60
Citigroup Bailout Fed Portion $220.40 $0.00
Bank of America Bailout $87.20 $0.00
Commitment to Buy Treasuries $300.00 $289.22
-----------------------------------------------------------
Treasury Total $2,909.50 $1,075.91
TARP $700.00 $372.43
Tax Break for Banks $29.00 $29.00
Stimulus Package (Bush) $168.00 $168.00
Stimulus II (Obama) $787.00 $303.60
Treasury Exchange Stabilization $50.00 $0.00
Student Loan Purchases $60.00 $0.00
Citigroup Bailout Treasury $5.00 $0.00
Bank of America Bailout Treasury $7.50 $0.00
Support for Fannie/Freddie $400.00 $200.00
Line of Credit for FDIC $500.00 $0.00
Treasury Commitment to TALF $100.00 $0.00
Treasury Commitment to PPIP $100.00 $0.00
Cash for Clunkers $3.00 $2.88
-----------------------------------------------------------
FDIC Total $2,477.50 $356.00
Public-Private Investment (PPIP)$1,000.00 0.00
Temporary Liquidity Guarantees* $1,400.00 $301.00
Guaranteeing GE Debt $65.00 $55.00
Citigroup Bailout, FDIC Share $10.00 $0.00
Bank of America Bailout, FDIC Share $2.50 $0.00
-----------------------------------------------------------
HUD Total $306.00 $3.25
Hope for Homeowners (FHA) $300.00 $3.20
Neighborhood Stabilization (FHA) $6.00 $0.05
-----------------------------------------------------------
* The program has generated $9.3 billion in income,
according to the agency.

NOTE: J'aimerais bien avoir le même genre de récapitulatif pour la France, l'Europe et la BCE. Un lecteur aurait-il croisé un tel document?

Shorter Health Care Reform

All you need to know about health care reform:

lundi 28 septembre 2009

Peter Schiff (version longue)

Peter Schiff joue le rôle du bear dans un meeting de la Mortgage Banker Association. C'est en novembre 2006 et Peter Schiff décrit par le menu tout ce qui s'est passé depuis. Ca dure un peu longtemps mais ça donne une idée du caractère prévisible de la crise et des excès inouïs qui y ont mené. Le discours était équilibré par un autre intervenant qui expliquait que tout allait bien se passer... C'est long mais ça vaut vraiment le coup.Dans la même veine, cet article fondamental de 2004: "There goes the neighborhood" paru dans le Washington Monthly. Il faut avoir lu ça pour bien mesurer à quel point la crise était téléphonée.

Funding crisis en octobre pour les US?

C'est ce que laisse entendre Zerohedge. The story goes like this: en octobre la FED arrive au bout des $300 milliards de rachat de treasuries autorisés en 2008 (il reste $10 milliards si j'ai bien suivi). Dès lors, la pression à la baisse sur les taux induite par ces interventions doit se relâcher. Il y un facteur aggravant: l'effet ne sera pas uniforme sur la courbe des taux. Le problème que Zerohedge met en avant est que l'intervention de la FED se faisait essentiellement sur les obligations de maturités longues (désertées par les étrangers) et que c'est essentiellement là que le choc va être ressenti pouvant entraîner une déformation de la courbe des taux qui sèment le trouble sur les marchés.

Puisqu'on est de toute façon dans l'écriture comptable, on peut se demander pourquoi la FED ne continue pas purement et simplement les rachats. Le problème est que pour ce faire, il faut repasser par la case "congrès" avec toute la publicité que cela implique (nécessité aussi d'augmenter le plafond autorisé de la dette établi autour de $12 trillions pour l'instant). Comme en 2008, on a du mal à imaginer le congrès refusant quoi que ce soit au complexe FED/Wall Street/Gvt. Va-t-on cependant vers une crise capable de faire céder toutes les résistances dans l'urgence et d'obtenir du congrès un blanc-seing plus radical encore? Certains avancent que c'est la stratégie qui a présidé aux évènements de l'année dernière. A suivre donc...

Légère modification du "mission statement" du blogo

L'Iran risque de faire une entrée en force sur le blogo au fur et à mesure que les évènements se développeront. La raison en est simple: l'Irak. Il y a 7 ans exactement, j'étais aux Etats-Unis une victime parmi d'autres de l'opération de propagande lancée par l'administration Bush le 8 septembre 2002 en vue de préparer l'opinion publique à une attaque contre l'Irak (“From a marketing point of view, you don’t introduce new products in August.” avait déclaré le Chief of Staff de Bush). Les mensonges transparents qui ont constitué cette propagande absolument abjecte (c'est comme ça que je qualifie tout ce qui conduit à la mort prématurée de centaines de milliers de personnes) n'ont pas été dénoncés à l'époque comme ils auraient dû l'être par les médias américains. La population n'était pas enthousiaste mais elle s'est ralliée au drapeau après les premiers coups de canon.

Ca a été pour moi l'histoire d'un désenchantement. J'en ai conçu une profonde suspicion envers les mécanismes démocratiques aux Etats-Unis qui n'a cessé de s'aggraver depuis. Une de mes désillusions a été la passivité du peuple américain devant la violence inouïe qui lui était infligée. Les super-héros américains étaient en fait des petits bras apeurés qui "obéissaient aux ordres". Rien de plus.

Les forces en présence et les mécanismes n'ont pas tellement changé depuis. A ceci près que je suis désormais le citoyen d'une nation qui semble être du côté de l'intervention armée. Alors qu'on ne s'y trompe pas, je ne suis pas pour qu'un empire iranien remplace l'empire américain (ce qui nous menace à en croire certains illuminés). Je ne soutiens pas le régime iranien.

En revanche, je soutiens les principes démocratiques en France et je suis prêt à critiquer l'hypocrisie de pays qui s'en réclament et qui ne les appliquent pas (Royaume-Uni, Etats-Unis d'Amérique). J'ai déjà épinglé Sarkozy cet été pour avoir répété un élément de propagande inventé au sujet de l'Afghanistan pour justifier la présence militaire française. C'est inexcusable. J'ai été assez critique des américains qui passaient ce genre de choses à Bush pour être dans l'impossibilité de rester silencieux si le même script est rejoué dans mon pays.

Je ne sais pas ce que nous réserve l'avenir mais je peux vous promettre une chose: si on essaye de nous entraîner dans la guerre en nous mentant, El Blogo vous dira qui, quand, comment et pourquoi. C'est un service public. J'espère aussi que ce sera un antidote à la transe guerrière dont nombre d'abrutis dans les vieux médias ne manqueront pas d'être saisis dès que des bruits de bottes et surtout de bombes se feront entendre.

Puisque ce n'est pas le sujet central du blogo dans sa forme actuelle, je vais néanmoins essayer d'être concis. Qu'on ne s'y trompe pas, je ne cherche pas à peser le pour et le contre d'une intervention contre l'Iran. Ma seule préoccupation est de déterminer sur quels points nous sommes manipulés par nos gouvernements lorsqu'ils communiquent sur l'Iran.

Quelques éléments sur le site de Qom:

- La nouvelle n'est pas que les occidentaux ont trouvé un nouveau site nucléaire iranien vendredi mais bien que l'Iran a déclaré la construction d'un nouveau site lundi dernier. Ils ont ajouté qu'il était ouvert à une inspection par l'AEIA (ce qui rend les admonestations occidentales à ouvrir le site aux inspections semblables au posturing de Bush du temps de l'Irak avec l'absurde "Saddam must disarm!" répété en boucle).

- J'ai lu à plusieurs reprises que les iraniens avaient fait ça car ils avaient eu vent de l'intention des occidentaux de les confronter sur la question. Ca semble plausible. Un peu trop d'ailleurs car comme souvent quand c'est le cas, les journalistes semblent s'en remettre au "bon sens" des lecteurs et ne citent aucune source sûre quand ils avancent cela. Tous les articles que j'ai lus répétaient cette supposition sans jamais l'expliquer plus en détail. Les vieux médias peuvent-ils encore faire la différence entre ce qu'on sait et ce qu'on suppose? C'est pourtant crucial. Si les iraniens ont fait cette révélation mécaniquement en raison de l'interprétation qu'ils ont de leurs obligations devant la loi internationale (déclaration 6 mois avant l'introduction de matériel fissible), leur bonne foi est une éventualité. S'ils ont fait cette déclaration car ils se savaient découverts, leur "malice" est prouvée. Pourquoi défendre la deuxième hypothèse sans la justifier?

- Les américains connaissent ce site depuis "plusieurs années". Pourquoi cette indignation de circonstance à ce moment là? Très probablement pour capitaliser en catastrophe sur une bombe médiatique que les iraniens viennent de désamorcer. Parallèlement, si les américains sont au courant au sujet de ce site depuis longtemps, cela veut dire que cette installation était quasiment immédiatement détectable pour eux. Les iraniens pouvaient-ils ignorer qu'ils seraient détectés?

- Ce site est en construction, j'ai lu des articles où on disait que des centrifugeuses tournaient. Toute l'hystérie (en tout cas aux Etats-Unis) laisse croire que ça y est, les iraniens vont avoir la bombe. WTF? Ce site ne fonctionne pas.

- L'Iran est-elle en infraction? CA N'EST PAS CERTAIN (samedi). Et s'il s'avérait que non, cela démontrerait les intentions malignes non pas de l'Iran mais d'Obama-Sarkozy-Brown. L'Iran doit par traité annoncer toute construction de site de ce type six mois avant l'introduction de substances fissiles* dans l'installation. Un "supplementary agreement" oblige depuis 2003 l'Iran à dévoiler les nouveaux sites dès leurs mises en chantier. L'Iran dit que ce supplementary agreement n'a pas été ratifié. Les américains disent que la ratification n'est pas nécessaire et que l'échange de lettres qui a eu lieu à l'époque l'a rendu contraignant. L'Iran a déclaré unilatéralement en 2007 qu'il n'était pas contraignant (ce qui n'a pas de valeur juridique). C'est un point crucial qui va être tranché dans les jours qui viennent (voir ici James Acton a depuis déclaré l'action iranienne illégale alors qu'il n'en était pas encore certain dans le lien).

Note 1: J'ai écrit ce post samedi et je n'ai honnêtement pas regardé ce qui s'était passé dimanche avant de le publier. Je suis donc prêt à corriger tout ou parti de ce qui est écrit là dans des posts futurs. Je ne veux absolument pas être dogmatique et mon opinion sur la question ne sera jamais que celle exprimée dans mon dernier post et ouverte, comme il se doit en cette matière comme dans d'autres, à des modifications pour la conformer à ce que j'estime coller au plus près à la réalité.
Note 2: Je pense que des lecteurs pourront me taxer de naïveté quand je dis que la "malice" des iraniens n'est pas encore établie. Je noterais que très peu de gens pensaient que Saddam n'avait absolument aucune arme de destruction massive (j'avais pour ma part compris que les américains racontaient n'importe quoi mais je pensais comme tout le monde que l'Irak devait bien avoir un pot de gaz moutarde quelque part) et je suggèrerais donc que tout le monde garde l'esprit ouvert sur cette question. Je ne sous-estime cependant pas l'intérêt que peut avoir l'Iran à fabriquer une bombe nucléaire. Même s'ils n'ont pas de bombe à l'heure actuelle, nous sommes déjà entrés dans un rapport de dissuasion avec eux. Il s'agit de faire en sorte que le rapport coût/avantage de construire une bombe les dissuade de s'en rapprocher. En imposant des sanctions, on augmente le coût de la bombe pour eux. En menaçant de les "bomb back into the stone age" on augmente l'avantage de la bombe (elle les protègerait d'une telle intervention). L'intérêt pour eux est de préserver une "break-out capability", capacité de construire la bombe après avoir chassé l'AIEA. La bombe iranienne a donc déjà une capacité dissuasive même au stade de la virtualité. Inutile de faire semblant de croire à une Iran innocente comme l'enfant qui vient de naître. Ca n'existe plus depuis bien avant les mollahs puique le Shah déjà avait un programme nucléaire. Le "metric" que nous devons avoir à l'esprit est "en combien de temps" peuvent-ils avoir la bombe s'ils sortaient un jour du régime d'inspection? A noter que des occidentaux répètent depuis 20 ans que les iraniens auront la bombe dans 5 ans (voir cet excellent article sur la question qui fait état de ce point précis).
Une autre remarque utile sur l'éventuelle absence de malice iranienne dans la construction du site de Qom: peut-on leur reprocher de mettre certains éléments de leur programme nucléaire civil à l'abri dans un contexte où il ne se passe pas une journée sans que des excités ne les menacent de raser leurs installations? En mettant une partie de leurs installations à l'abri, ils protègent aussi le reste de leurs sites: en effet, quel intérêt d'attaquer si on sait que des éléments clés de leur programme ne pourront être détruits? Je ne crois pas vraiment à cet argument car parmi les gens qui proposent de bombarder l'Iran aux Etats-Unis, beaucoup ne veulent pas se contenter des sites nucléaires (et gageons que ce sont ceux qui seront entendus si l'attaque venait à se matérialiser car cela signifierait que leur camp, le plus radical, l'aurait emporté). Ils veulent causer des dommages majeurs aux infrastructures du pays. Comme pour l'Irak, l'objectif est la soumission. Le motif invoqué sera: "pour empêcher les représailles". L'expression est: "bomb them back into the stone age".

Note 3: Si tant est que ces images soient celles du site en question, les iraniens pouvaient-ils croire que ça allait passer inapperçu? Je ne suis pas spécialiste et je le vois comme le nez au milieu de la figure... via (armscontrolwonk)

GoogleEarth image, taken on 25 March 2005, Image of potential site of second Iranian enrichment center near Qom, blinked with ISIS image of the same site taken on 26 September 2009.

Note 4: Greenwald, toujours lumineux sur la question.

* Le saviez-vous? J'utilise "fissile" et "fissible" dans ce post. J'ai vérifié et les deux sont interchangeables.

dimanche 27 septembre 2009

Post-It (1)

Après l'Irlande en avril, l'Espagne décide d'augmenter les impôts (TVA +2% et impôts sur le revenu en hausse). Aux Etats-Unis, un ancien chef de cabinet de Clinton évoque l'introduction d'une TVA.

Calculated risk touche du doigt la complicité active de la FED dans la généralisation des poor lending standards durant les années 2000. Criminelle. Pourquoi? On nous dit: "parce que les autorités de l'époque (Greenspan) ne croyaient pas à la régulation". Autant répondre: "Parce que.".

Deux références qui m'ont plu:

“Instruct regulators to look for the newest fad in the industry and examine it with great care. The next mistake will be a new way to make a loan that will not be repaid.”
William Seidman, "Full Faith and Credit", 1993.

De "Naked Capitalism": But remember that Hayek won the Nobel prize in 1974 partly for arguing that artificially low interest rates lead to the misallocation of capital and to bubbles, which in turn lead to busts.

samedi 26 septembre 2009

Ratigan interviewe Michael Moore

What the title says. Ratigan devient un des journalistes les plus critiques des MSM. Il dit qu'il a vu la vierge sur la réalité américaine après des années passées sur CNBC. La foi du converti...