Le Quantitative Easing n'y fait rien: cette fois-ci, les taux remontent.
Le 10 ans US (graphe plus clair qu'hier). L'évolution du 10 ans reflète celle des taux des emprunts immobiliers. Si le taux monte en peu, la demande dans l'immobilier diminue de manière non-linéaire. Surtout quand les taux ont été aussi bas aussi longtemps.(Cliquer pour agrandir)
Il a déclaré qu'il était "100%" sûr de pouvoir contrôler l'inflation quand elle se manifestera. Nous verrons. Je pense pour ma part que cette formule va lui coller à la peau jusqu'à sa tombe et au-delà.
Depuis qu'il est Président, Obama ne s'énerve que pour répondre aux critiques de la gauche. Sinon il est toujours d'un cool inébranlable. Cela illustre bien son rôle de "puppet" de la kleptoploutocratie. Hier encore à sa conférence de presse sur la prorogation des Bush tax cuts: Tout ce que son ethnicité mixte lui apportait de bona fide progressiste automatique (et de votes), il l'a transformé en espèces sonnantes et trébuchantes pour la power structure. Ou comment recycler la mémoire des souffrances de l'esclavage et la piètre condition des noirs américains aujourd'hui (voir l'occupation des prisons notamment) au profit du top 0.1%.
Question acide que posait TPM hier (enfin je crois mais je ne retrouve pas le post - trop agressif contre Obama pour ces garde-chiourmes du parti démocrate, donc du bipartisme, donc du système?): Quand est-ce que Will.I.am va mettre en musique cette dernière sortie? ;-) Il ne manque plus qu'une attaque contre l'Iran et il ravira à Bush le titre de pire président de l'histoire. Ca se présente bien.
Obama se couche une fois de plus (cet homme n'est-il jamais debout?) devant les ploutocrates en reconduisant les "Bush Tax cuts" pour tous les américains (le projet démocrate visait à les supprimer pour les 2% les plus riches). Il s'agit d'une des mesures les plus destructrices de l'ère Bush qui a envoyé la taxation marginale des américains les plus riches vers des plus bas historiques. Cela a creusé de façon majeure le déficit budgétaire.
Et si les investisseurs étrangers commençaient à se lasser de cette kleptocratie grotesque complètement hors de contrôle?
En réponse à Cantona, Lagarde et Minc (notamment) ont fait semblant de ne pas comprendre. Lagarde a répondu: "chacun son métier". Minc a répondu: "Est-ce que je me mèle d'entraîner une équipe de foot?". Ils ont fait semblant d'ignorer que Cantona ne visait pas à faire une proposition constructive visant à préserver le système actuel (seule attitude possible selon eux) mais à le faire tomber. Dans leur arrogance, ils n'ont tout simplement pas admis que Cantona puisse proposer un dynamitage. Ce faisant, ils se sont dispensés à bon compte de répondre sur la légitimité du système. Normal: il n'en a plus.
Ces charlatans qui ne font que répéter toute la journée ce qu'ils lisent dans le Financial Times devraient cependant s'habituer à rencontrer une opposition plus musclée. First they ignore you...
Cantona justement:
Go Canto! Une réapppropriation citoyenne du système bancaire est nécessaire. Les politiques ont été incapables de le faire (en Europe) ou ont refusé de le faire (aux US) en 2007-2008. Il va donc falloir d'une manière ou d'une autre reprendre la main. Je pense que pour des raisons démonstratives et après avoir tellement attendu, il est préférable pour l'instant d'attendre que le système rende gorge plutôt que d'endosser la responsabilité du coup de pied de l'âne. Je ne souhaite donc pas que l'appel de Cantona ne pose trop de problème.
Toutefois, si la situation que nous connaissons devait s'éterniser (plus d'un an encore par exemple?), tous les citoyens dignes de ce nom devraient envisager des méthodes radicales de pression contre le système bancaire*. Plus que "retirer son argent" comme le propose Canto, il faudrait alors faire pression sur le système bancaire en organisant des listes d'établissements bancaires acceptables et encourager la population à déménager leurs comptes (vers des banques qui s'engagent à limiter leurs pratiques de trading - pas de CDS serait un bon début). Aller en France vers des groupes mutualistes par exemple et aux Etats-Unis vers des banques régionales pour casser les reins de Wall Street. Si les politiques sont incapables de reprendre le pouvoir, les citoyens peuvent leur montrer la voie.
La démocratie ne se limite pas au droit de vote, les citoyens peuvent et doivent s'organiser pour faire pression sur les établissements bancaires qui contrôlent peu ou prou le système politique. Avec internet, plus que jamais, c'est possible. Cantona vient de cristalliser dans l'esprit des gens cette capacité à la résistance pacifique. Espérons que l'opération aura assez d'écho pour poser les termes du débat et pas assez pour avoir des conséquences déstabilisatrices graves.
* Pourquoi? Parce que le servage est une condition indigne. Humiliante pour les serfs mais tout bien considéré, humiliante également pour les seigneurs si on éclaire leurs pratiques à l'aulne des idéaux supposés de nos sociétés. Regarder durablement ailleurs est inacceptable.
Tant que j'y suis, l'excellent Paul Jorion face à une hiérarque bancaire de base:
Et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore "The Quantitative Easing", "The Ben Bernank" and their friend "The Goldman Sachs"...
A écouter les MSM, on perd souvent de vue que wikileaks n'a fuité pour l'instant que 683 cables diplomatiques. Il faut dire que c'est moins vendeur que les 250000 dont on nous rabat les oreilles. C'est vrai que le process est un peu long: lecture et censure par le NYT, débat avec le département d'Etat...
¶7. (S) The Ambassador asked if the corruption and infighting are worse now than before. Idenov paused, thought, and then replied, “No, not really. It’s business as usual.” Idenov brushed off a question if the current maneuverings are part of a succession struggle. “Of course not. It’s too early for that. As it’s always been, it’s about big money. Capitalism — you call it market economy — means huge money. Listen, almost everyone at the top is confused. They’re confused by their Soviet mentality. They’re confused by the corrupt excesses of capitalism. ‘If GOLDMAN Sachs executives can make $50 million a year and then run America’s economy in Washington, what’s so different about what we do?’ they ask.”
Un blogger, Zach Carter, livre ses impressions en "live blogging" alors qu'il découvre les documents révélés hier par la FED. Il eviscère au passage le "narrative" de la power structure qui répète à l'envie que l'argent du TARP a été remboursé. Ca n'est vrai que parce que la FED donnait aux banques de manière plus discrète (et sans contrainte quand aux rémunérations des banquiers) plusieurs fois de quoi rembourser. Non pas que cela soit une surprise pour les lecteurs du blogo. Nous avons seulement désormais plus de détails.
Pour attribuer plus spécifiquement ce mensonge à l'administration américaine et à tous les mainstream médias, voir cette interview de Tim "The Weasel" Geithner. Le mensonge est proféré dans l'introduction par Charlie Rose et puis à la minute 21:30 par Geithner. Ce dernier va même jusqu'à s'interroger sur les raisons pour lesquelles on ne fait pas assez crédit à l'administration pour ce programme fantastique. Et aussi l'article du même Geithner dans le wapo sur le TARP.
UPDATE 3:
The Fed accepted CCC-or-lower collateral under the Primary Dealer Credit Facility from September 15, 2008 until May 12, 2009. A total of $490.9576 billion in such collateral was accepted. That's billion, with a "b." And you thought TARP was a bailout.
...
UPDATE 5:
The Fed accepted a total of $1.31 trillion in junk-rated collateral between Sept. 15, 2008 and May 12, 2009 through the Primary Dealer Credit Facility. TARP was nothing compared to this.
...
UPDATE 8:
This Fed Audit data should shame all of the conventional-wisdom Democrats out there declaring TARP a success because of the recent CBO score. To put it mildly, these folks are totally missing the point. TARP was a "success" in large part because of the Fed's no-strings-attached efforts. And we now know that the Fed was willing to accept junk-- literally junk bonds-- as collateral for its no-strings-attached loans.
TARP and the stress tests only "worked" insofar as they convinced banks that the government would shoulder infinite future losses from the banking sector. We're now paying the price for that commitment in the form of massive foreclosure fraud, in which untold numbers of borrowers are being improperly kicked out of their homes in the name of bank profits.
TARP failed. Its losses are so low because the Fed stood behind the banks, allowing them to play one arm of the government against the other. Even if we had "turned a profit" on TARP at its formal interest rate without Fed malfeasance, look what we got in return. In the Depression, FDR secured massive national foreclosure relief and still turned a profit. Today, we have a predatory program called HAMP.
The careerists scattered about the world in America's intelligence agencies, military, and consular offices largely operate behind a veil of secrecy executing policy which is itself largely secret. American citizens mostly have no idea what they are doing, or whether what they are doing is working out well. The actually-existing structure and strategy of the American empire remains a near-total mystery to those who foot the bill and whose children fight its wars. And that is the way the elite of America's unelected permanent state, perhaps the most powerful class of people on Earth, like it.
"We probably know more about tribes in the Amazon jungle than we do about the real nature of power in the United States. Neither political science, nor history, nor economics do very well on this."
Via "Naked Capitalism". Matt Stoller, un ancien conseiller d'Alan Grayson (qui a perdu les élections) sur l'économie au congrès, raconte dans le détail ses démélés avec la FED et explique pourquoi il faut réformer/supprimer l'institution. Il décrit également comment la FED a été forcée à rendre public aujourd'hui une partie des activités de renflouement qu'elle a menée depuis le début de la crise. Il critique également la FED pour son contrôle de la recherche macroéconomique aux Etats-Unis (donc dans le monde à quelques exceptions près). Seul l'internet depuis le début de la crise a permis de libérer la parole sur la FED et a été à l'origine de sa remise en cause actuelle. Les hiérarques de la politique monétaire américaine (mondiale...) n'apprécie pas du tout de se voir contester leur monopole historique de la parole sur le sujet.
Il faut regretter que la BCE n'ait pas été soumise au même genre de contestation en France où ses actions ne font l'objet que de très peu de commentaires, sans même parler de contestation...
A l'heure où un mandat d'arrêt international est émis contre Julian Assange, aventurons-nous sur un terrain inexploré: et si ce dernier était contrôlé par les intérêts qu'il prétend combattre?(résumé des arguments en faveur de cette thèse originale (via ZH) du site "Dailybell" que je ne connaissais pas et qui semble rassembler des libertariens américains).
Il s'agit d'envisager le cas où les fuites de wikileaks auraient constitué un investissement calibré pour créer un géant "mondial de la fuite" avec des informations soit favorables à la power structure (climategate) soit très légèrement gênantes. Zerohedge aurait pu connaître la même ascension météorique avec des fuites sur le high frequency trading de GS et un écho important chez des médias amis. Une forme d' "astroturfing" adapté au web.
Cela sous-entendrait qu'aucune des fuites de wikileaks jusqu'à maintenant n'ait causé un préjudice supérieur à ce qui serait acceptable pour atteindre l'objectif de contrôle du site faisant référence en matière de fuites dans le monde. Je ne connais pas assez bien l'historique des fuites de wikileaks ni le coût qui serait tolérable en la matière par les Etats-Unis pour porter un jugement sur la question. Remarquons simplement que les fuites n'ont jusqu'à présent pas eu de conséquences retentissantes qui auraient pu se traduire par exemple par la démission de personnel politique ou militaire.
Notons également que la pression judiciaire sur Julian Assange monte à un rythme qui jusqu'à maintenant lui a toujours laissé un coup d'avance. Peut-on également supposer que si wikileaks avait sérieusement mis en danger la sécurité des Etats-Unis, l'organisation serait hors-la-loi depuis un moment déjà? Les américains ont bien bombardé Al-Jazeera en Irak quand leur couverture de la guerre ne les satisfaisait pas, faisant plusieurs morts. Pourquoi cette magnanimité apparente avec wikileaks et son fondateur alors même que le Département d'Etat pousse des cris d'orfraie sur le thème: "Wikileaks est une attaque contre la communauté internationale".
Peut-on rappeler à Hillary Clinton que wikileaks a gardé sous le coude ces cables diplomatiques depuis plusieurs mois et que tout le monde savait qu'ils voulaient les publier. Que faisaient dans cet intervalle tous les James Bond de la terre? La grève?
Bref: il s'agit d'une thèse complètement en-dehors du mainstream qui pourraient être infirmée très prochainement par une incarcération ou un assassinat d'Assange par exemple ou des fuites absolument dévastatrices de wikileaks ou encore la réelle mise à bat de l'organisation. Toujours bon à garder à l'esprit néanmoins.
Et dire qu'il y a encore quelques mois, Baroin continuait à valider la légitimité de ces agences en utilisant le rating de la France comme prétexte à la politique gouvernementale. L'Europe aura mordu la poussière sans même que nos politiques n'aient pensé à récuser ces instruments loufoques de l'exercice de l'arbitraire américain.
Il faut faire fermer d'urgence les branches européennes de ces agences!