vendredi 20 mai 2011

Daniel Schneiderman trouve l'expression parfaite

Rectification: Il semble que Schneiderman ait en réalité repris l'expression en gras ci-dessous d'une interview de la mère de Tristane Banon. L'expression (que je trouve géniale car elle exprime parfaitement ce qu'on peut reprocher à DSK dans le cadre hexagonal: comportement inacceptable mais difficile d'envoyer le gars en prison) vient peut-être de l'entourage proche du bonhomme. Il ne serait pas étonnant qu'avec le temps, ses proches aient "croqué" parfaitement son comportement ou que cela soit basé sur une histoire vraie.

"Coinceur d'ascenseur"


(Via Rue 89)

DSK libéré sous caution, l'histoire n'est pas finie.

Ni pour lui (elle commence, mais devient déjà secondaire), ni pour le PS (que saviez-vous ? ) ni pour le journalisme politique français, qui va bien devoir un jour expliquer pourquoi il assistait, béat, enivré des vapeurs des sondages auto-réalisateurs, au long processus d'investiture d'un coinçeur d'ascenseurs notoire, jusqu'à la première marche.

« Et vous nous auriez laissés voter pour lui ? »

C'est ce que demanderont aux Joffrin, aux Domenach, aux Giesbert et aux autres, les citoyens qui les lisent encore. Et ils auront raison.

DSK, le génie des carpates

Le Département d'Etat et la Maison blanche sont distants d'environ un kilométre. Si vous tracez un trait entre les deux sur une carte, au milieu vous allez tomber sur... le FMI. Alors on a beaucoup glosé avant l'affaire sur le rôle "fantastique" de DSK dans cette institution mais il faut être raisonnable: l'adjoint de DSK était un américain et le FMI est un instrument du pouvoir américain dans le monde, un des bras armés de l'Empire.

Pour ce qui est du "génie" économique de DSK il faut également relativiser. Cette formule est souvent employée à tort avec des "starifications" à l'emporte-pièce. On disait de Raymond Barre qu'il était "le meilleur économiste de France". Peut-on imaginer formule plus obséquieuse et plus absurde? La crise nous a démontré que la notion même de "bon économiste" voire d'économiste tout court était très contestable. En effet, la théorie économique et le commentaire économique sont presque exclusivement la chasse gardée de personnes qui sont sous l'influence des banques directement ou par la médiation de la sphère académique (sur laquelle pèse la FED). La meilleure preuve de ceci est la réaction médusée d'à peu près tout le monde devant la crise en 2007 alors que les Etats-Unis mettaient sciemment de la nitroglycérine dans le moteur depuis le 11 septembre 2001.

Les institutions monétaires et économiques qui fondent l'Empire sont parmi les plus obscures pour la population (à dessein). Pour qu'elles soient respectées religieusement, il est essentiel que les personnalités qui les dirigent soient incontestées, voire adulées. C'est pour ça que si le jeu démocratique organise un débat de plus en plus convenu entre la droite et la gauche, il y a une "métasphère" qui ne rencontre jamais la contradiction et qui isole les vrais centres de pouvoir de la critique tout autant qu'ils le sont en Corée du Nord ou en Chine communiste.

J'ai une expérience de première main en la matière. J'ai eu dans ma scolarité un professeur qui est devenu membre du Federal Reserve Board. Son cours m'avait ennuyé, il se noyait dans des anecdotes, il balbutiait, se reprenait ou perdait le fil de son discours. Pas charismatique, pas captivant. Et quand j'ai lu la dépêche Bloomberg concernant la nomination du bonhomme, je n'en ai pas cru mes yeux: c'était une hagiographie. J'avais l'impression que le gars était un super-héro auquel il ne manquait aucune qualité morale en plus d'être dans l'antichambre du Nobel (prix dont il faut également relativiser la valeur à l'aulne des évènements récents). L'expression qui m'avait frappé dans ce portrait de Bloomberg était "intellectual powerhouse".*

Depuis, et c'était en 2007, j'ai un regard particulièrement critique sur la manière dont sont traités les personnages qui ont pour rôle de diriger les institutions clés de voûte de l'empire. Et je n'ai pas été déçu quand Bernanke a été nommé "homme de l'année 2009" par Time Magazine qui choisit alors pour sa couverture une iconographie digne de la Corée du Nord:
Rappelons que cet homme ne s'était pas contenté de ne rien voir venir au sujet de la crise immobilière: il avait spécifiquement nié à plusieurs reprises que le secteur présentait le moindre problème. L'histoire qui reste à écrire est que Greenspan et lui ont présidé à une politique consciente d'encouragement de la bulle immobilière qui visait à donner aux américains l'illusion de la prospérité au moment même où on les lançait sans espoir de retour dans la "Guerre Contre le Terrorisme", un des concepts les plus ridicules de l'histoire des relations internationales.

J'invite donc les lecteurs du blogo à se méfier. L' "excellent économiste" DSK n'a produit aucune oeuvre pendant 23 ans entre 1977 et 2000 et ses oeuvres récentes relèvent plus de la littérature politique écrite à 24 mains que de sommes sur l'économie comme Raymond Barre en avait écrit (un économiste au sens strict même si je ne cautionne pas non plus sa béatification à l'époque).

Une autre personne qui semble marcher dans les pas de DSK est Christine Lagarde, pressentie pour prendre sa succession. Avocate de formation, elle a une compétence "unanimement" reconnue comme Ministre de l'Economie. Le Financial Times lui tresse des couronnes depuis quatre ans. Elle a un anglais impeccable et elle est complètement formattée à un environnement professionnel anglo-saxon. Si elle est nommée, vous allez voir surgir partout des articles hagiographiques sur sa "très grande maîtrise" des dossiers économiques, le fait qu'elle est une "quick learner" et que rien ne lui échappe des subtilités des "CDO square" les plus machiavéliques. Les politiques ont besoin de cette image de compétence et les vieux médias sont heureux d'apporter leur pierre à la qualité de vie de ces grands hommes. Si une forme de compétence existe, on la magnifie, si elle fait défaut, on l'invente.

C'est comme ça que le système marche.

Note: Sans même parler du ministre du budget François Baroin qui répète sans cesse à la radio ce qu'il a compris de ce qu'on lui a expliqué de son métier: "il faut faire plaisir aux agences de notation sinon on va se faire taper sur les doigts." Way to go, François. Avez-vous déjà lu un article questionnant sa compétence? (je veux dire autre part que sur le blogo).

* Il s'agissait de Frederik Mishkin, complètement ridiculisé dans le documentaire "Inside Job" pour avoir écrit un rapport dithyrambique sur l'économie islandaise en 2006. Tous les gens qui ont vu inside job n'auront aucun mal à comprendre mon scepticisme quand j'ai lu les éloges de Bloomberg suite à sa nomination.

jeudi 19 mai 2011

Lettre aux abrutis qui nous "informent"

Il y a des débats (pas assez) sur ce qu'on peut dire, ce qu'on ne peut pas dire, ce qu'on savait ou ce qu'on ne savait pas sur DSK. Hier à "Ce Soir où Jamais" un journaliste corporatiste et de mauvaise foi sur les faits ("il n'y avait aucun signe précurseur"* affirme-t-il, et Tristane Banon, coco?) laisse entendre que percer à jour DSK était extrêmement difficile sans enfreindre la loi et patati patata (loi qu'ils enfreignent dès que ça peut leur rapporter un euro sur des crimes de personne lambda selon un contradicteur dans l'émission).

On apprend parallèlement (via Le Point) que la dernière phrase prononcée par DSK avant son arrestation a été "Quel beau cul!" à l'adresse d'une hôtesse de l'air.

Il ne m'en fallait pas plus que cette déclaration publique "à la volée" pour savoir que je ne voulais pas voter pour cet homme. Je ne préjuge pas de la véracité de cette citation ou du fait que ça ait été sa dernière phrase (ça semble un peu trop commode), mais si DSK est vraiment le porc qui se dessine de plus en plus, était-il si difficile de trouver une déclaration équivalente dans les derniers mois? Sans même parler d'une enquête approfondie et difficile sur Tristane Banon...

Dans le tableau qui se dégage généralement de cette homme, il semble qu'il suffise de le suivre un après-midi pour révéler des faits qui, en ce qui me concerne, suffisent à me convaincre de ne pas voter pour lui (et me donnerait envie de lui coller une gifle si j'étais une femme).

Ils nous ont donc menti et ont couvert un homme qui n'avait (selon toute probabilité et je ne me base pas sur cette seule affirmation du Point pour soutenir cette affirmation) aucun respect pour plus de la moitié de ses électeurs potentiels.

Cela ne m'apprend rien sur les journalistes et nos élites en général. Beaucoup sont malhonnêtes, beaucoup sont imbéciles. Aujourd'hui même et depuis trois ans, ils taisent (ou ne comprennent pas) un scandale bien plus conséquent encore que DSK: la dégénérescence finale du système financier international qui ressemble chaque jour un peu plus à l'énorme blob englobant Tokyo à la fin d'Akira et qui, si son implosion imminente peut faire l'objet d'un débat (comme la capacité de DSK à violer vendredi), l'immoralité radicale se déploie de manière détestable au vu et au su de tous les journaleux de la terre chaque jour que dieu fait. Les chiffres de la dernière saison de bonus dans la finance en France en étant l'expression de l'instant.

Et donc à tous ces défenseurs pavloviens d'un système indéfendable j'annonce sans ciller: We're taking over.

Note 1: Long story short: les bonus ne sont possibles dans les activités financières que parce que les élites bancaires captent leur argent à sa source: la Federal Reserve américaine et ses auxiliaires plus ou moins conciliants (BCE, BOJ...). Ces profits bancaires ne sont depuis 2007 que des écritures comptables permises par la corruption finale des institutions auxquelles on a confié la création monétaire. Il n'y a plus "un système économique" duquel la finance extrait son écot (en théorie contre un service: l'allocation efficace des ressources), la finance ne survit que sous l'assistance respiratoire (plus lucrative que jamais) de la FED. En clair: on leur donne du faux argent avec lesquels ils achètent de vraies choses. Voilà une petite histoire sur laquelle cette belle brochette d'incapables auraient pu enquêter plutôt que de faire l'éloge du génie économique de Strauss-Kahn en réalité fonctionnaire complice d'un système moribond. Nos politiques ont tout cédé aux banquiers pour acheter un peu de tranquilité mais ils ont créé un "Blob". Ce "blob" informe et déstructuré enrichit les "banksters" comme jamais et ne connaît comme force de rappel que l'effondrement final du système. Assez simple en réalité. Tout cela sera l'objet d'un autre site, légèrement plus radical. Car si nous sommes des citoyens et pas un cheptel bovin, il va bien falloir faire une révolution et le plus tôt sera le mieux.

Note 2: La fin d'Akira. Si vous ne reconnaissez pas le système financier international, "you haven't been paying attention".
* paraphrase

Déception

J'aime bien Jean-François Kahn mais là... (via zetattitude)Il se dévoile probablement comme un des pires piliers de notre phallocratie. Ca se situe presque au niveau de Jack Lang "Il n'y a pas mort d'homme" sauf que là je n'ai pas été déçu par le bonhomme.

Pourquoi n'avons-nous pas eu ça?

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes sur la culpabilité de DSK, je me demande pourquoi n'avons pas eu un message de ce type:

Message de DSK au peuple français transmis par son avocat:
...
Je m'adresse à vous aujourd'hui dans des circonstances particulièrement pénibles pour moi et ceux qui me soutiennent. Je suis victime d'une machination. J'ai bien eu des relations sexuelles avec la personne qui m'accuse mais elles étaient consenties par elle et par moi. A aucun moment je n'ai menacé cette personne ou exercé quelque violence que ce soit envers elle. Je ne doute pas que cette manipulation abjecte sera mise à jour rapidement. J'invite les autorités francaises et la justice américaine à tout faire pour déterminer quels intérêts se cachent derrière ces accusations mensongères.
...

Je sais que si j'étais candidat favori à la présidentielle victime d'une machination aussi incroyable, ça se saurait! Haut et fort. Evidemment, si j'étais coupable, je ne la raménerais probablement pas.

Note: Et bien nous avons eu la lettre de DSK. Mais il ne nous met pas en garde contre une machination. C'est quand même incroyable alors qu'il vient supposément de se faire piéger par un mix de Mata Hari, Nikita et Meryl Streep, prête à s'infliger elle-même des blessures superficielles. Strauss-kahn mettait en garde le 28 avril sur des dénonciations calomnieuse autour d'affaire sexuelle. Il aurait pu s'appuyer sur cette déclaration.

mercredi 18 mai 2011

Opinion manipulée

Pour avoir regardé attentivement le traitement de DSK aux 20H00 de TF1 et France 2, cela n'a rien d'étonnant: (via l'Express)

La victime d'un complot pour 57% des Français

Abracadabrantesque! L'affaire DSK est tellement incroyable que 57% des Français estiment que le directeur du FMI a été "victime d'un complot", selon un sondage réalisé par CSA pour BFM-TV, RMC et 20Minutes publié ce mercredi. En revanche, 32% d'entre eux estiment qu'il n'est pas "victime d'un complot", 11% ne se prononçant pas.

Sous le "coup de tonnerre", le scepticisme à gauche. Ainsi, 70% des partisans socialistes adhèrent à la thèse de la machination, contre 23% qui n'y croient pas et 7% qui ne se prononce pas.

Par ailleurs, 52% des personnes interrogées considèrent que les hommes politiques ont eu en général un comportement responsable dans cette affaire, contre 38% pensant le contraire. Les responsables PS ont été jugés "plutôt responsables" pour 57% des personnes interrogées, contre 31% qui pensent l'inverse.

Il faut savoir!

Le PS était-il à DSK ce que Playboy est à Hugh Heffner mais le consentement en moins?

Elles auraient eu pour victimes plusieurs jeunes femmes, dont des militantes du PS et des Beurettes, selon nos informations émanant de proches, pourtant bienveillants à l'égard de DSK. Toutes ces affaires se seraient réglées à l'amiable entre les parents de ces victimes et des responsables du PS. (via Hubris Kills)

Evidemment, ça n'est que France-Soir mais il faut enquêter, il faut savoir, il faut sortir de l'omerta.

mardi 17 mai 2011

"Consentement"

Le New York Post (à prendre en général avec des pincettes mais qui peut occasionnellement dire la vérité) dit que c'est la nouvelle stratégie de défense de DSK. C'est a priori la seule raisonnable s'il y a de l'ADN partout. Mais pour avoir une relation consentie avec une femme de chambre dont celle-ci sort avec des blessures superficielles, il faut quand même se mettre très rapidement d'accord avec elle sur le contenu exact des pratiques SM qu'elle accepte. Un grand communiquant comme DSK toujours à l'écoute en a probablement les capacités. C'est sûrement ce qu'en pense Jean-Marie "feu nucléaire" Cambadélis en tout cas. (via La Kake)

France 24 contre l'omerta

Une chroniqueuse de France 24 met les pieds dans le plat sur l'omerta française en prenant l'angle du regard étranger.
A noter que contrairement à TF1 hier soir qui ne disait toujours rien sur la complicité passive du système avec DSK (avec une animatrice connue pour être sensible au charme des mâles alpha++...), Pujadas ouvrait lui ses portes à Jean Quatremer, véritable héro seul-contre-tous de la lutte anti-DSK (et référencé sur le Blogo dès ses débuts en 2008 dans la foulée de l'affaire Piroska-Nagy - link de second degré pour être exact, je linkais vers un article qui parlait du post de Quatremer et des réactions qu'il avait suscitées).

Christophe Barbier exécute DSK et le "système" français

Finalement un édito musclé contre DSK! Il n'est clairement pas assez dur avec les médias mais il accuse à juste titre une culture et un climat. Et il confirme mes doutes sur les activités des proches de DSK: ils semblent bien être tout le temps aux aguets d'un possible traitement médiatique des dérives sexuelles de leur boss pour le tuer dans l'oeuf.

Une équipe entière était donc mobilisée pour cacher la maladie d'un homme. Quelle arrogance! Plutôt que de soigner l'individu pour l'adapter au monde, on a décidé d'adapter le monde à l'individu. Le plus étonnant est qu'ils y sont presque* parvenus, en France, pour notre plus grande honte collective.

Heureusement: hubris kills.

* Je dis "presque parvenus" car il est bien évident que les coûteaux s'aiguisaient pour faire payer ses frasques à DSK pendant la campagne. Et cela aurait peut-être été des manoeuvres électorales mais surtout un grand service public!

Banon intéresse les anglo-saxons

Sur Google News, on voit que les premiers liens vont vers la décision de Banon de porter plainte. Cette histoire ne semble pas en revanche intéresser la presse française pour l'instant ou l'embarrasse plus probablement. A noter un certain courage de la presse régionale qui met en cause... La presse parisienne. Pas encore de mea culpa des fautifs mais l'étau se resserre.

Nouvel Obs/ AFP:
Le silence coupable de la presse française

Enfin de nombreux journaux s'interrogent sur les manquements de la presse française concernant le traitement qui est fait des élites dirigeantes françaises au nom d'une bien commode "protection de la vie privée".

Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard remarque que "le petit monde politico-médiatique parisien pourrait s'interroger sur sa fâcheuse tendance à minimiser, ou à tolérer, les comportements limite (fric ou sexe ou les deux) de ses élites. Depuis des années, le personnel politique et nombre de journalistes étaient parfaitement au courant des petites faiblesses de DSK".

Même interrogation dans La Montagne, dans laquelle Daniel Ruiz se dit forcé "de constater qu'un DSKgate n'est possible en France que lorsqu'il part des États-Unis".

Philippe Waucampt écrit même dans Le Républicain lorrain que se pose "la question de l'omerta sur "sa relation obsessionnelle aux femmes qui n'était un secret pour personne". "Tout le monde a réalisé que c'est ce silence complaisant qui a conduit DSK - et notre réputation avec - là où il est".

Mais, souligne comme en écho Jacques Camus (La République du Centre), "attendre que DSK soit à terre pour briser l'omerta est indigne."


Note 1: La dernière remarque de Jacques Camus sur le caractère honteux de briser l'omerta quand l'homme est à terre est absurde. En cette matière, mieux vaut tard que jamais bien évidemment. D'autant que les charges contre DSK peuvent s'arrêter du jour au lendemain et que si un "case" indépendant de la dernière affaire est constitué, on ne risquera pas de retour en arrière (si ce "case" est constituable... Let's find out!).

Note 2: Sur Public Sénat, l'audition de DSK devant le juge.

DSK entouré par de la racaille sans foi ni loi

Michèle Sabban que vous voyez plus bas (une ponte PS affiliée DSK) explique que la mère de Tristane Banon devrait quitter d'elle-même le PS car elle a décidé (enfin!) de soutenir sa fille dans le dépôt d'une plainte contre DSK. Si le PS a un tant soit peu de dignité il doit se débarrasser au plus vite de cette folle à lier! Si Sabban est au PS dans une semaine, il y a un vrai problème! Quand on pense à ce qu'a fait subir DSK aux relations entre Banon et sa mère et aux pressions destructrices qui ont dû s'exercer sur cette famille, on est bien content que DSK dorme à Rikers!
Cette femme fait preuve d'une telle soif aveugle de pouvoir et est prête à rouler tellement évidemment sur tout ce qui se présentera... J'en ai le souffle coupé. Sabban articule très explicitement la nasse dans laquelle étaient prises Banon et sa mère. Si la fille portait plainte, la mère perdait son job. Quelle horreur absolue! Je pense que la mère n'a pas fait le bon choix mais que la pathologie d'un homme conduise à mettre des gens dans cette situation est affreux. Il faut absolument soutenir cette famille et leur permettre de respirer après avoir vécu 10 ans d'enfer! Vous voyez-vous aller tous les matins dans une organisation qui fait pression sur vous pour que votre fille ne porte pas plainte pour agression sexuelle contre un de ses dirigeants? C'est un calvaire! Et Sabban toujours incapable après les évènements de New York d'imaginer qu'il peut peut-être y avoir un problème avec son boss? Banon se soulage enfin de son poids alors sa mère est out? Quelle horrible femme!

Et globalement, j'ai de plus en plus l'impression que la mafia d'euro rscg était une petite maffia dont une des tâches principal était de faire la police un peu partout (rédactions, éditeurs, youtube, dailymotion etc...) pour permettre de dissimuler les frasques criminelles de leur boss. Quel beau "mission statement" pour un petit groupe d'individus. Qui a fait courir le bruit que la victime possible de DSK était laide? Les avocats stars américains ou des petits margoulins de Euro RSCG par exemple? Et sur quel orbite moral cela projetait-il la présidence DSK? La France revient de très, très loin et doit une fière chandelle aux américains.

Et toujours pas de Banon au 20H00 de TF1. Peut-on être trop scandalisé par le fonctionnement de ce pays? Laissez parler Banon!

DSK à Rikers

Poetic Justice...

Censure

Remarque: c'est désormais le Groupe M6 et plus la société d'Ardisson qui revendique la mise au rencart de la vidéo sur youtube (et à 19:40 la vidéo youtube a réapparu mais avec des sous-titres). Et la vidéo est à nouveau disponible sur dailymotion à prendre en compte en lisant le post en-dessous de la vidéo que j'ai laissé tel quel:
La vidéo de l'émission d'Ardisson du printemps 2007 dans laquelle Tristane Banon mettait en cause DSK de manière accablante devant un aéropage de médiacrates a disparu de Youtube et de Dailymotion. Des pressions ont bien évidemment été exercées* mais ça n'est plus pour protéger DSK, occupé qu'il est à se faire de nouveaux amis sur Rikers Island.

Il s'agit désormais de protéger les personnalités qui étaient présentes dans cette émission: Hedwige Chevrillon, Thierry Saussez, Jean-Michel Apathie (qui ce soir sur Canal a fait preuve d'une hypocrisie rare en déclarant "ahurissante" l'affaire DSK), Roger Hanin (qui n'est pas journaliste et qui faisait montre d'une sincère compassion pour Banon), Thierry Ardisson (qui était très remonté contre DSK mais qui a cédé aux pressions vu que c'est sa société de production qui a demandé la supression de la vidéo), Claude Askholovitch et j'en oublie malheureusement. (il y avait Jacques Séguéla aussi, EuroRSCG in da house!)

Mais il faut protéger plus généralement tout le landernau politico-médiatique français à commencer par Sarkozy qui avait nommé DSK quelques semaines après que l'émission ait été diffusée et qui devait de toute façon avoir toutes les fiches nécessaires pour savoir précisément à quoi s'en tenir. Tout cela fleure bon les pays de l'Est. Quelle douce musique que celle des petits cris d'une nomenklatura (droite-gauche-médias) cornerisée!

N'oublions pas que le premier artisan de la résistible ascension de DSK a été Sarkozy avec son choix pour le FMI. Un Sarkozy qui savait pertinemment à quoi s'en tenir sur les déviances de son poulain. Aujourd'hui, presque tous les politiques et les journalistes de ce pays mentent non pas pour couvrir DSK mais pour se couvrir eux-mêmes (comme sur la Libye ou comme sur l'Irak aux Etats-Unis: l'unanimité dans l'erreur les rend solidaires).

Une Présidente de la République tomberait à pic pour mettre un point final à cette atmosphère de patriarcat fétide et finissant.

Je fais un pari: assez vite, les élites politico-médiatiques françaises vont se rendre compte que moins elles parlent de Strauss-Kahn et moins elles exposeront leur complicité passive dans ses agissements. Résultat, DSK va très vite passer dans le "Memory Hole" que George Orwell imaginait dans 1984. Le procès et son défilé de témoignages de moralité à charge va être escamoté autant que faire se peut du paysage médiatique français.

Dominique who?

* J'ai pris un risque en écrivant ce post. Il est possible que la société de production d'Ardisson ait simplement décidé de supprimer cette vidéo tout simplement parce qu'elle a pris tout à coup une valeur marchande. L'avenir nous le dira. Si cette vidéo redevenait disponible très rapidement, je devrais évidemment réviser mon jugement et ne plus qualifier cette décision de censure. Cela modifierait le "fait générateur" du post mais pas mon analyse sur le réflexe d'auto-protection des médias qui se manifestent partout dans le mainstream avec l'exception notable de "Ce Soir ou Jamais" de Frédéric Taddéi qui présentait ce soir un débat acceptable sur la question même si Plenel et Domenach étaient d'une grande mauvaise foi sur la responsabilité des médias et des leurs en particulier. Le journal de TF1 présenté par Laurence Ferrari en revanche ne faisait évidemment toujours pas mention de Tristane Banon, de Piroska-Nagy ou de la réputation dont jouissait DSK dans les "milieux autorisés". La pauvre Laurence, à laquelle on prête une liaison avec Sarkozy dont le timing aurait pu renforcer ses chances de prendre la place de PPDA, m'a semblé tout étonnée qu'une femme, quelque part, puisse se refuser à l'un des "Titans" qui nous dirigent. N'y a-t-il pas, après tout, quelque avantage à en tirer?

Moscovici pour une justice à deux vitesses - sans ciller

Le PS continue de perdre les pédales dans le sillage de l'affaire DSK. Moscovici s'attaque cette fois à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. Et pour ne pas faire les choses à moitié, il s'en prend à la première phrase de l'article 1*. Sans hésiter. Boum! Qui va siffler la fin de la récré au PS?

Même si on suppose que c'est le rêve de beaucoup d'entre eux et qu'ils font tout en coulisse pour que le rêve devienne réalité, ce n'est pas tous les jours qu'on voit un homme politique dire devant un micro qu'il est pour une justice à deux vitesses. Une justice pour sa propre caste, aux gants de velours (voire, on imagine, simplement optionnelle) et une justice pour la plèbe (souvent féroce).

Voici ce que déclare le "représentant du peuple" Moscovici lundi sur BFM au sujet de DSK:

Il est traité de manière très dure et j'aimerais que ce soit quand même de manière un peu moins dure parce que ce n'est pas n'importe qui. C'est aussi un très haut fonctionnaire international, un homme politique de première importance. Y a un aspect un peu humiliant dans tout ça.

"Pas n'importe qui"? N'importe qui comme un citoyen par exemple? Un citoyen qui serait né libre et égal en droits à Dominique Strauss-Khan éventuellement?

Les responsables politiques, s'ils sont trop investis personnellement sur un sujet et qu'ils ne peuvent en parler en gardant les idées claires, ont toujours l'option de de rester silencieux. Ou bien ils peuvent parler et prononcer des mots qui les disqualifient en tant que représentants du peuple dans une démocratie et particulièrement dans celle qui a vu naître la Déclaration des Droits de l'Homme. Moscovici vient de choisir la deuxième option.

*

Article premier

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Think about it Pierre! ;-) C'est copié du site de l'Assemblée Nationale, là où tu travailles!

Note: Moscovici, tel un mafieux, n'avait pas de mots assez durs pour Bernard Debré qui osait briser l'omerta. Des mots tellement violents qu'on aurait presque pu croire que ce dernier avait très probablement agressé sexuellement et séquestré illégalement une femme sans défense. Un vrai salaud ce Debré!

lundi 16 mai 2011

DSK, représenté par des chiens

Via RMC:

Les avocats auraient été surpris, lors de la comparution, de voir arriver une jeune femme très peu séduisante.

Les chiens ne sont pas nécessairement les avocats, ce sont peut-être les journalistes mais il y a quelque chose de canin quelque part dans la phrase ci-cessus (DSK coupable ou pas, femme de chambre affabulatrice ou pas).

Cela pose un problème de défense pour DSK: la "character assassination" peut permettre d'éviter la prison mais elle est difficilement compatible avec la dignité minimale que nécessite une candidature.

Thin ice Dominique, very thin ice...

Alibi?

La vidéo-surveillance de l'hôtel ne devrait pas laisser beaucoup de doutes... Ses avocats ont dû y penser. De plus, si DSK a effectivement agressé cette femme, tenter de la faire passer pour une folle ou pour quelqu'un de malhonnête est moralement abject. Adding insult to injury.

Et finalement, si l'approche est "Je l'ai jamais vue.", des traces d'ADN apporteraient un démenti cinglant.

La déroute morale du PS

Et Manuel Valls d'apporter sa pierre à l'édifice:

"Cela fait près de 30 ans que je fais de la politique" mais "je n'ai jamais vu cela et je n'ai jamais ressenti cela", affirme Manuel Valls, candidat à la primaire PS pour 2012. "Dominique Strauss-Kahn est un ami que je connais de puis longtemps, les images de ce matin sont d'une cruauté insoutenable", ajoute-t-il. "J'avais les larmes aux yeux".

Martine Aubry et François Hollande ont pour l'instant (j'ai l'impression) échappé à cette expression de compassion illimitée envers l'accusé mais pour tout le PS, on a l'impression que c'est DSK la victime. Répugnant.

C'est vrai que pour tous ces courtisans qui étaient tant investis dans le succès de Strauss-Kahn et qui en espéraient positions et avantages, il est sans doute désagréable de penser qu'ils vont devoir recommencer leur lèche à zéro avec une autre personnalité. Mais si. Au boulot!

Les boîtes noires de l'AF447 sont intactes

Incroyable...

"Ca n'est pas le DSK que nous connaissons"

MEN-TEURS!
Quel spectacle détestable.