lundi 5 octobre 2009
The rise of Zero Hedge
Zero Hedge s'intéresse beaucoup au coeur du réacteur nucléaire de l'économie américaine: les enchères de bons du trésor. C'est clairement un des points névralgiques de l'économie par lequel le scandale pourrait arriver. En même temps, les "auctions" sont monitorés comme le lait sur le feu et on peut considérer qu'à cause de cela, le système cassera ailleurs, à un endroit où on ne s'y attend pas. Troubles sociaux (quel effet sur les investisseurs d'émeutes comme en 1994?)? L'opération militaire de trop? Catastrophe naturelle comme Katrina? Pour les auctions en tout cas, Zero Hedge est un "one-stop shop".
Le NYT n'a pas changé
En vérité, le bullshit détecteur du Blogo était dans le rouge et... et... et... Bingo! (le BSD est très fiable dans le nouveau contexte post Qom, c'est du pilotage automatique)
Il se trouve que l'article sensationnaliste du NYT était une pure fabrication, basée sur du vent, digne de la grande époque de Judith Miller (Broad et Sanger, les auteurs, travaillaient d'ailleurs avec elle). L'article sort au moment idoine pour contrebalancer la bonne nouvelle de la conférence de jeudi. Je n'irai pas pleurer sur la tombe du NYT (je crois que je l'ai déjà dit mais c'est juste au cas où quelqu'un n'aurait pas compris).
J'ai aussi vu cette info trôner en première place de "Google Actualités" une bonne partie de la journée avec un lien "Figaro" et on m'a dit qu'elle était sur le site du Monde. Pourquoi BFM et d'autres médias français s'embarrassent-ils de ce que raconte la gray lady? Elle a perdu sa vertu en 2003 et ne la retrouvera plus. J'offre aux journalistes français un stage gratuit de debunkage de l'info en provenance d'Outre-Atlantique sur El Blogo (une semaine de lecture assidue devrait suffire: c'est assez straightforward et répétitif).
Greenwald avec les deux liens qui vous en diront plus:
"the latest flagrantly fear-mongering, irresponsible, Saddam's-shopping-for-yellowcake piece from The New York Times' new Judy Miller/Michael Gordon team, causing that paper to reprise its 2002 role in leading the beating of war drums"
Toujour Greenwald avec quelque chose qui, il faut bien le reconnaître, n'arrivait pas sous Bush (alors ça, vraiment, c'est inédit...):
UPDATE: Obama's National Security Adviser, retired Marine Gen. James Jones, denies The New York Times' report that Iran's nuclear program is more advanced than previously believed; stands by the 2007 NIE conclusion that Iran ceased work on a nuclear weapons program back in 2003; and affirms that, as part of the ongoing negotiations, "Iran has taken positive steps," steps he deems "very significant." There are certainly some factions inside the U.S. Government eager for a confrontation with Iran (the ones feeding David Sanger and William Broad their NYT script), but there are also significant figures in the administration who realize what a disaster such a confrontation would be for the U.S.
Il faut huiler la machine, là. Ca ne marche plus du tout!
(Traditionnellement, les officiels fuitaient de la propagande mensongère dans le NYT et ils allaient à la télé pour y citer... la propagande mensongère du NYT qu'ils avaient fuitée. Yep. I seen 'em do it! C'était le bon temps. Là, j'ai l'impression que c'est très très petits bras...)
Note 1: Puis-je demander aux médias français de consacrer demain aux dénégations de Jim Jones le même temps qu'ils ont consacré à Sanger et Broad? Je pressens qu'ils ne le feront pas alors vous savez quoi? Et bien je n'irai pas pleurer sur leurs tombes (je l'ai déjà dit?).
Note 2: Je ne linke pas l'article du NYT car je ne veux rien avoir à faire avec cette chose. Vous le trouverez sans difficulté.
L'occasion en tout cas d'écouter ça:
dimanche 4 octobre 2009
Les choses changeraient-elles?
The article, however, offers nothing to corroborate Webb's claims and reports them without even a hint of skepticism . . . . But skepticism is merited. The government claims and breathless media reporting -- without adequate evidence -- that Iran is a grave and looming threat is reminiscent of the same claims and media coverage in the lead-up to the U.S. invasion of Iraq, as several commentators have pointed out. Remember Saddam Hussein's horde of yellowcake uranium?
“In 2002, it seemed utterly naïve to believe Saddam didn’t have a program,” Columbia University Iran expert Gary Sick told the New York Times in an article analyzing those parallels. The article continues: "Now the notion that Iran is not racing to build a bomb is similarly excluded from serious discussion, he said."
(Via Glenn Greenwald)
Le journaliste (Ken Millstone) cite ensuite Glenn Greenwald. Difficile de surestimer l'impact qu'a Greenwald dans le paysage médiatique. Plus personne ne peut l'ignorer. Voici l'article de Gary Sick que j'avais référencé la semaine dernière. Go Gary!
Sondages: la méfiance est bonne conseillère
1929?
El Blogo râle depuis le début (bientôt un an!) sur la sous-estimation des chiffres du chômage. La ligne en pointillée montre des estimations de révisions du chiffre qui laissent apparaître 8 millions de chômeurs au lieu des 7,2 millions annoncés officiellement depuis décembre 2007 (date officielle du début de la récession). La comparaison avec d'autres récessions ne nécessitent pas vraiment de commentaires. (via Calculated Risks)
(Cliquez pour agrandir)
samedi 3 octobre 2009
Comment les "Senior Administration Officials" menacent la démocratie
Ce type de désinformation est extrêmement toxique pour la démocratie. Elle exige qu'un "press corps" complice marche dans la combine. Il est détestable qu'on puisse conférer à un discours la force d'un discours officiel sans que personne n'en réponde en cas de mensonge. Talk about "accountability"!
A nouveau, sur Qom, les "senior administration officials" le disputent aux "senior White House officials". Ce discours sans responsabilité pour nos dirigeants est inacceptable (je n'ai pas d'exemple spécifique mais j'imagine que la France n'est pas épargnée).
Messieurs les journalistes: soit votre source officielle est prête à mettre sa tête sur le billot pour son information, soit vous ne devez en aucune façon la qualifier d' "officielle". Une "source officielle anonyme" est un oxymoron, ça n'existe pas. Les citer en permanence crée un climat détestable d'irresponsabilité des dirigeants qui est favorable à la diffusion de rumeurs inexactes dans le but de déclencher des guerres d'agression sur des bases mensongères. Who would want that? Alors s'il vous plaît: Stop! (in the name of love).
Le débat sur l'illégalité de Qom (suite)
Il a publié un nouvel article qui fait le point et qui dit que de nouveaux éléments font pencher la balance vers l'absence d'infraction iranienne.
Les iraniens ont notamment déclaré avoir commencé les travaux sur ce site à des fins d'enrichissement en 2008. Si c'est vrai, cela coupe l'herbe sous le pied des "senior administration officials" qui disaient dans la presse que la construction de ce site (dans l'idée d'en faire un site du programme nucléaire) avait commencé avant mars 2007, date à laquelle l'Iran se disait contrainte par le "supplementary agreement". L'administration américaine refuse de son côté de répondre à la question du moment précis auquel elle évalue que la construction "à but nucléaire" a commencé.
Porter cite également le commentaire d'un responsable de l'AIEA de mars 2009, Johan Rautenbach, concernant la question de la légalité du retrait unilatéral de l'Iran du Supplementary Agreement en mars 2007. Le fait que cette évaluation date d'une période où le sujet n'était pas au coeur de la fournaise de l'actualité politique la rend évidemment extrêmement intéressante. A n'en pas douter, son discours serait plus contraint aujourd'hui:
In March 2009, the director of the IAEA Office of Legal Affairs, Johan Rautenbach, called Iran's reversion to implementation of the earlier version of the Code 3.1 "inconsistent with its obligations under the Subsidiary Arrangements".
But he went on to say that it was "difficult to conclude that providing information in accordance with the earlier formulation in itself constitutes non-compliance with, or a breach of, the Safeguards Agreement as such."
The Safeguards Agreement itself clearly forbids unilateral "modification" of a Subsidiary Arrangement, but it says nothing about withdrawal from such an agreement, which is what Iran is asserting it did in March 2007.
The distinction between "modification" and "withdrawal" from provisions of an international agreement is well established in the Vienna Convention on the Law of Treaties.
Unilateral withdrawal is permitted under that Convention, provided that the provision in question is separable from the remainder of the agreement, is not the essential basis of consent by the other party and continued performance of the remainder of the agreement would not be "unjust".
The head of the IAEA Legal Department appears to have accepted that those three conditions applied to the case of Iran's "Modified Code 3.1" agreement.
Porter dit aussi:
Although it has remained unreported in the news media, however, Iran has a legal case that it has remained in compliance with its Safeguards Agreement.
Pourquoi les médias du monde entier ne sont pas tous braqués sur la solidité des déclarations Brown-Obama-Sarkozy? Ca dépasse l'entendement.
Pour ceux qui veulent les épisodes précédents:
Episode 1
Episode 2
* Je dis "éructations" car j'estime désormais clair, non pas que l'Iran a respecté ses engagements, mais qu'il existe un débat juridique assez substantiel pour que les formules péremptoires comme celles utilisées lors du G20 soient considérées comme excessives. D'où le choix du terme "éructation".
Post perdu
vendredi 2 octobre 2009
Atrios parle d'or...
I do think a fundamental issue that isn't being grappled with is that our banking system failed completely in its purpose of allocating credit efficiently. Propping up that failed system in the short term may have been necessary, but longer term that failure needs to be addressed.
L'idée selon laquelle nous sommes remontés sur notre cheval en abolissant la réalité économique dans laquelle évolue les banques est complètement fascinante. Il fallait refonder le système financier. L'occasion est passée jusqu'à la prochaine rechute. Il a fallu 4 ans pour que les Etats-Unis se mettent dans un mode réformateur dans les années 30. Si on supposait que septembre 2008 = octobre 1929 et que les deux crises vont suivre un cours similaire, les réformes durables ne commenceraient qu'en 2012.
Dollars are forever (2)
"A strong dollar is very important to this country, I mean that, and it's very important that people recognize it,"
Questions have been raised about whether the world will be willing to keep financing huge American debts forever or whether they might seek an alternate reserve currency.
"It does bring special responsibilities and burdens on the United States and it's very important that we make not just Americans but make the world understand that we are going to go back to living within our means," he said. (NDLR: zero burden, zero responsibility)
Geithner added, "And we are going to make sure that our independent Federal Reserve keeps inflation low and stable over time...and we are going to run fiscal policy in this country consistent with that basic objective of going back to living within our means." (NDLR: my ass!)
"There was a long period where monetary policy around the world was very, very loose and accommodative," Geithner said, adding that allowed risk-taking to become excessive.
"You had a huge boom in wealth outside the United States and that money was looking for a home and it created huge demand progressively for what proved to be very risk types of financial assets," Geithner said, adding that government "failed the test" of preventing the buildup in risk. (NDLR: Pourquoi es-tu toujours là? Pauvre abruti...)
Note: via Naked Capitalisme qui titre le post "Talk will only get you so far". Indeed.
"Wipe Israel of the map"
Le problème, c'est qu'Ahmadinejad n'a littéralement pas dit qu'il voulait "rayer Israël de la carte". C'est un idiome qui n'existe pas en persan. Juan Cole, qui parle le farsi, a "débunké" cette histoire il y a longtemps. Je reproduis la version courte de l'explication qu'il a écrite hier dans le cadre de "10 idées reçues sur l'Iran" que je vous recommande (sauf si vous préférez garder vos idées reçues). Il avait fourni une explication plus approfondie ici.
Belief: Iran has threatened to attack Israel militarily and to "wipe it off the map."
Reality: No Iranian leader in the executive has threatened an aggressive act of war on Israel, since this would contradict the doctrine of 'no first strike' to which the country has adhered. The Iranian president has explicitly said that Iran is not a threat to any country, including Israel.
Belief: But didn't President Mahmoud Ahmadinejad threaten to 'wipe Israel off the map?'
Reality: President Mahmoud Ahmadinejad did quote Ayatollah Khomeini to the effect that "this Occupation regime over Jerusalem must vanish from the page of time" (in rezhim-e eshghalgar-i Qods bayad as safheh-e ruzgar mahv shavad). This was not a pledge to roll tanks and invade or to launch missiles, however. It is the expression of a hope that the regime will collapse, just as the Soviet Union did. It is not a threat to kill anyone at all.
On se focalise également sur cette phrase mal traduite alors que d'autres déclarations plus modérées ne sont jamais mises en avant. Ahmadinejad n'est de plus pas commandant en chef des armées et son pouvoir est généralement beaucoup plus limité que ne le laisserait penser son statut de "Saddam Hussein bis" dans la psyché occidentale.
Alors Amahdinejad joue effectivement avec le feu en faisant du révisionnisme (bien qu'il ait mis de l'eau dans son vin récemment lors de son passage à New York avec Katie Couric puis Charlie Rose). On dit aussi que son discours à l'ONU était antisémite (je ne l'ai pas lu). C'est inexcusable. Je ne sais pas quels calculs politiques se cache derrière ces prises de positions outrancières. Cela ne peut cependant pas justifier le bombardement d'un pays. Les protestations et l'isolation de l'Iran semblent être des réactions appropriées. Ahmadinejad n'écrit pas nos livres d'histoire. Et quand bien même on intègrerait cela à un plaidoyer pour le bombardement, il faut quand même se rappeler que le peuple iranien vient de passer à deux doigts de se débarrasser de cet homme et qu'ils y parviendront sans doute aux prochaines élections. Justifier en partie le bombardement de l'Iran à cause des positions d'un dirigeant contesté et au pouvoir limité est complètement délirant.
Note: A part cela, El Baradei dit que l'Iran est en infraction à ses obligations avec la non déclaration de la centrale de Qom dès la décision de construire (question qui n'intéresse que le blogo). Il dit en revanche qu'il n'y a pas de preuve tangible d'un programme nucléaire militaire en Iran.
* (Sur le racisme ordinaire que constitue la notion que certains peuples seraient dangereux avec la bombe.) Comprenez-moi bien: plus le club nucléaire est petit, mieux on se porte. Je ne vais pas dire le contraire. Mais considérer que des cultures ou des races feraient n'importe quoi avec la bombe... Essayons déjà, pour ceux qui l'ont, de ne pas faire n'importe quoi avec avant de la ramener (cf la crise de Cuba).
jeudi 1 octobre 2009
Nowhere to hide
La blogospère de droite a sans doute quelques personnalités anti-guerres mais elles ne sont pas légion (on peut regarder du côté du magazine "The American Conservative" qui publie traditionnellement certaines de ces voix). Dans la blogosphère de gauche (le seul endroit où la question se pose réellement), c'est plus intéressant. Beaucoup se retrouvaient sur une ligne critique envers la guerre en Irak et là, c'est la surprise. Alors qu'on pouvait s'attendre à un mouvement puissant contre l'hystérie sur l'Iran (fort de l'expérience de 2003), la prudence semble pour l'instant être un refuge pour beaucoup en raison de ce que je crois être un "effet Obama" (qui réussit décidément à vendre à peu près n'importe quoi à une population américaine subjuguée). Le côté spectaculaire des révélations sur la centrale de Qom a sans doute un peu douché l'enthousiasme des "usual suspects". J'imagine que les langues se délieront quand le site de Qom aura été inspecté en fonction du résultat. Je diviserais les intervenants en trois catégories:
Les inflexibles: Glenn Greenwald, Juan Cole, Jeremy Scahill, Scott Ritter, Justin Raimondo... Animés d'une "righteous anger", ces outsiders aussi éloignés qu'on peut l'être des leviers du pouvoir à Washington sont prêts à confondre les tartuffes pro-guerres et à démonter leur propagande transparente.
Les prudents: certains ont fortement protesté contre la guerre en Irak mais ils sont très prudents sur l'Iran: Atrios, Josh Marshall et Daily Kos. C'est l'effet Obama: leur lectorat soutient Obama et une position dure pourrait les mettre en porte-à-faux. C'est la guerre comme test du bois dans lequel vous êtes fait. Si Bush était aux commandes, leurs positions seraient sans doute claires mais puisque c'est Obama, ils ne la ramènent pas. Leur solution peu glorieuse: ils en parlent très peu. Ils devraient in fine rejoindre les inflexibles (sauf peut-être Kos qui a fait au moins un post inquiétant qui répétait en l'amplifiant l'argumentaire des trois du G20, s'il finissait dans la dernière catégorie ci-dessous, cela serait vraiment un tremblement de terre).
Les traîtres: ils ont surfé sur le sentiment anti-guerre des américains depuis des années et ils rejoignent sans hésiter les légions des vieux médias incitant à l'hystérie guerrière. Arianna Huffington: elle est arrivée sur l'internet avec des fonds massifs, elle attire le chaland avec des articles aguicheurs sur les ragots salaces d'Hollywood. Son poids est massif et elle retombe lourdement dans le camp pro-guerre. Andrew Sullivan: il a soutenu la guerre en Irak, il a retourné sa veste pour suivre l'ère du temps et s'est presque fait pardonner mais sur l'Iran, il reprend les bonnes habitudes.
Les traîtres sont essentiels au dispositif pro-guerre. C'est en se couchant que le New York Times a rendu la guerre en Irak possible (alors oui, ils ont du faire le 18 mars un édito contre la guerre mais ça ne rachète pas leur couverture pro-guerre les six mois précédents - cf Judith Miller). J'exagère un peu: une opposition argumentée à la guerre ne l'aurait peut-être pas empêchée. Elle aurait en tout cas sauvé la réputation des vieux médias qui a coulé avec les errements de la "gray lady". En soutenant la guerre, ils ont rendu la position anti-guerre moins "mainstream" au sein de la population qui aurait dû être le fer de lance de l'opposition. Trahi par sa base arrière naturelle dans les médias, le camp anti-guerre peut difficilement s'organiser.
Note 1: Attention, j'ai en gros laissé de côté l'essentiel du paysage médiatique qui est pro-guerre par construction, à gauche comme à droite pour ne m'intéresser qu'à la sphère où des questions se posent.
Note 2: Les blogs économiques que je suis ont tous soigneusement évité pour l'instant d'évoquer le sujet.
Sans surprise, Obama couvre les secrets de la FED
Pour ceux qui n'ont pas suivi, voir un post plus détaillé ici.
mercredi 30 septembre 2009
Le NYT nous dit que tout a changé...
* Vous souvenez-vous des doutes sur LHC à Genève? Qom, c'est un peu pareil: quelqu'un va toucher un interrupteur et un trou noir va gober la terre en quelques nanosecondes. Give me a f---- break.
El Blogo tente de répondre à la question que personne ne se pose
Scott Ritter, ancien inspecteur de l'ONU en Irak qui dit depuis le début qu'il n'y avait plus d'armes de destruction massive, explique qu'Obama est "technically and legally wrong" dans sa déclaration sur Qom. La messe n'est pas dite mais j'ai une grande confiance en lui.
Pour ceux qui ont lu le post précédent, il dit que l'Iran s'est conformée au supplementary agreement en décembre 2004 à titre volontaire en attente de la ratification de celui-ci par son parlement. Scott Ritter affirme (contrairement à James Acton) que l'absence de ratification enlevait au supplementary agreement son caractère contraignant. L'Iran aurait donc eu toute lattitude pour renoncer unilatéralement à l'application de cet accord en mars 2007.
Il faut noter que des américains contrent cela en disant que l'Iran a commencé à construire Qom avant mars 2007, alors qu'elle prétendait encore être engagée par l'accord supplémentaire.
Ritter remarque également que l'Iran à l'époque (mars 2007) avaient toutes les raisons du monde de craindre une attaque américaine et donc d'enterrer des infrastructures (Cheney a reconnu depuis qu'il poussait Bush à attaquer mais qu'il n'avait pas eu gain de cause).
Ritter ajoute également que 100% des substances fissiles en Iran sont sous contrôle étroit de l'AEIA et que c'est cela qui est le gage essentiel de sécurité et ce qui empêche en pratique l'Iran de construire une arme nucléaire (et qui fait que la CIA a estimé fin 2007 que l'Iran ne construisait pas d'arme nucléaire - alors qu'elle connaissait le site de Qom).
Il faut quand même se rendre compte que l'Iran a accepté un contrôle permanent est très soutenu de ses sites nucléaires. Envisage-t-il une breakout capability? Un moyen d'obtenir l'arme le plus rapidement possible une fois qu'ils auraient congédié l'AEIA? Bien évidemment. Peuvent-ils construire une arme atomique alors même qu'ils sont contrôlés par l'AEIA, Ritter nous dit que c'est très difficile.
Gareth Porter apporte ici son éclairage sur la question.
* A noter: ces trois dirigeants ne sont pas logés à la même enseigne, Obama ayant été plus low key que Brown et Sarkozy (good cop, bad cop routine?). Sarkozy n'a pas arrangé son cas en utilisant: "pendant que les centrifugeuses tournent" alors que personne ne conteste le droit des iraniens à faire tourner des centrifugeuses. C'est tout ce que nous ne pouvons pas accepter de nos dirigeants: un dossier mal ficelé, présenté "à l'estomac" avec des formules de propagande qui semblent tout droit sorti du playbook de Condoleeza Rice "A smoking gun, that could come in the form of a mushroom cloud". Stop it! It insults our intelligence.
Note 1: El Baradei quitte l'AEIA. Il a rendu les bellicistes fous en raison de son indépendance. Son travail a été extraordinaire à cause de cette indépendance. Cette organisation étant devenue centrale dans les projets guerriers de quelques uns, gageons que l'effort des puissances dominantes pour la mettre au pas doit être maximal. Les propos et les actions de l'organisation sous un nouveau président devront être examinés à l'aune de ces efforts de politisations. Plus que jamais, il faudra faire attention aux voix dissidentes.
Note 2: GE (société mère de MSNBC - vous vous rappelez les missiles lors de l'interview de Greenwald?) vient de rejoindre un groupe "non-profit" appelé "United Against Nuclear Iran" (UANI) qui passe des pubs excitant la population contre l'Iran à la télé (notamment sur MSNBC). GE est un maillon essentiel du Complexe Militaro-Industriel. Like so many others, "They never saw a military intervention they didn't like". C'est toute une partie du pays qui est prête en permanence à prendre les armes pour n'importe quelle cause s'ils se trouvent des abrutis assez fous pour en prendre la responsabilité. Voici ce qu'on voit à la télé dans le "Home of the brave, land of the free":
Bloomberg LP v. Board of Governors of the Federal Reserve System, U.S. District Court, Southern District of New York (Manhattan), No. 08-9595.
Dans la dernière semaine d'août, la FED a en effet obtenu un sursis à exécution (traduction du blogo de "the order was stayed") lui permettant de ne pas révéler les détails du plan et lui laissant jusqu'au 30 septembre pour faire appel (Bloomberg a alors renoncé à obtenir les documents de force car la FED les a persuadé qu'il serait matériellement difficile de les récupérer (WTF?*) ). Il y a eu des éditos dans la presse contre un appel de la FED (dont un dans le WSJ) et pour qu'elle communique les infos. De manière étonnante, il semble que la décision de faire appel ou non relève d'Obama (d'une juriste sous son autorité) et pas de Bernanke. Toujours marrant de le voir lui-même servir la soupe aux banques.
C'est très peu couvert dans la presse donc j'ai reconstitué ça à partir d'informations parcellaires. Don't quote me on this. De toute façon, il devrait y avoir des news détaillées sur le sujet dans la journée.
* Preska also said Bloomberg will not, for now, insist on a search of "official files" at the Federal Reserve Bank of New York, after the central bank's representation that a search would likely be fruitless. (voir ici for the full story)
mardi 29 septembre 2009
Something's got to give
Dans le registre tonneau des Danaïdes, Fannie/Freddie viennent d'obtenir $35 milliards de l'Etat.
Article efficace de "The Nation" pour faire le tour du plan de sauvetage
Bloomberg s'était livré à l'exercice de sommer tous les programmes gouvernementaux jusqu'en mars 2009 et s'était arrêté à $12,8 trillions. Ils ont publié la semaine dernière un nouvel update récapitulatif qui pour la première fois est en baisse à $11,6 trillions car la FED a réduit le périmètre de certains programmes ce qui est présenté comme un succès**. L'idée est que les mesures exceptionnelles ont fait leur office et que tout rentre dans l'ordre. C'est la vision "sugarcoated" de la réalité qu'on essaye de nous vendre et qui ne dit en réalité qu'une chose: on a encore repoussé les difficultés dans l'avenir en les aggravant. C'est comme ça que fonctionne l'économie américaine depuis l'éclatement de la bulle internet. Le raisonnement est qu'une giga-crise dans quelques temps vaut mieux qu'une méga-crise tout de suite. C'est la clef de voûte de tous les ponzi schemes.
* Notons au sujet du secret maintenu sur les banques bénéficiaires d'aides qu'il est absolument crucial. Souvenez-vous de l'effet désastreux (pour les banques) de la publication des sommes payées aux contreparties d'AIG. C'était $180 milliards au global et tout le monde s'en fichait (les corporate media détournaient l'attention vers $165 millions de bonus). Quand le détail a été publié et qu'on a vu que $13 milliards était allé à Goldman Sachs, tout le monde en a parlé. C'est comme les photos de prisonniers torturés qu'Obama n'a pas voulu autoriser en mai. Le secret diminue l'indignation par un facteur 1000 alors qu'on connaît la big picture. C'est pour ça que le secret va être défendu becs et ongles par la FED et les banques: c'est l'assurance vie du plan de sauvetage. El Blogo n'a pas besoin de la feuille Excel faisant le détail banque par banque pour s'indigner! (Ni des photos for that matter...)
**Bloomberg sert ici la soupe à la FED car ils avaient commencé un update mensuel qui augmentait d'un à deux trillions par mois (dernière mention sur le blogo le 5 mars) et puis soudain un arrêt de 4 mois et une reprise quand les choses vont mieux... c'est à se demander si Bloomberg va vraiment aller au bout de sa poursuite de la FED devant les tribunaux en vertu du Freedom of Information Act. Ils avaient déjà semblé avoir un coup de mou fin août. Cette idée que Bloomberg partirait dans une croisade contre la FED et Wall Street ne tient pas debout. Aucune entreprise commerciale ne prend tous ses clients de front "pour la gloire". La prochaine décision du juge sur le sujet est prévu pour demain, le 30 septembre. Comme je l'ai déjà signalé: don't hold your breath...
Voir à la toute fin de cette news bloomberg. Voici le tableau (j'avais linké la version à $12,8 trillions de bloomberg et la version graphique de Barry Ritholtz.):
===========================================================
--- Amounts (Billions)---
Limit Current
===========================================================
Total $11,563.65 $3,025.27
-----------------------------------------------------------
Federal Reserve Total $5,870.65 $1,590.11
Primary Credit Discount $110.74 $28.51
Secondary Credit $1.00 $0.58
Primary dealer and others $147.00 $0.00
ABCP Liquidity $145.89 $0.08
AIG Credit $60.00 $38.81
Commercial Paper program $1,200.00 $42.44
Maiden Lane (Bear Stearns assets) $29.50 $26.19
Maiden Lane II (AIG assets) $22.50 $14.66
Maiden Lane III (AIG assets) $30.00 $20.55
Term Securities Lending $75.00 $0.00
Term Auction Facility $375.00 $196.02
Securities lending overnight $10.42 $9.25
Term Asset-Backed Loans (TALF) $1,000.00 $41.88
Currency Swaps/Other Assets $606.00 $59.12
GSE Debt Purchases $200.00 $129.21
GSE Mortgage-Backed Securities $1,250.00 $693.60
Citigroup Bailout Fed Portion $220.40 $0.00
Bank of America Bailout $87.20 $0.00
Commitment to Buy Treasuries $300.00 $289.22
-----------------------------------------------------------
Treasury Total $2,909.50 $1,075.91
TARP $700.00 $372.43
Tax Break for Banks $29.00 $29.00
Stimulus Package (Bush) $168.00 $168.00
Stimulus II (Obama) $787.00 $303.60
Treasury Exchange Stabilization $50.00 $0.00
Student Loan Purchases $60.00 $0.00
Citigroup Bailout Treasury $5.00 $0.00
Bank of America Bailout Treasury $7.50 $0.00
Support for Fannie/Freddie $400.00 $200.00
Line of Credit for FDIC $500.00 $0.00
Treasury Commitment to TALF $100.00 $0.00
Treasury Commitment to PPIP $100.00 $0.00
Cash for Clunkers $3.00 $2.88
-----------------------------------------------------------
FDIC Total $2,477.50 $356.00
Public-Private Investment (PPIP)$1,000.00 0.00
Temporary Liquidity Guarantees* $1,400.00 $301.00
Guaranteeing GE Debt $65.00 $55.00
Citigroup Bailout, FDIC Share $10.00 $0.00
Bank of America Bailout, FDIC Share $2.50 $0.00
-----------------------------------------------------------
HUD Total $306.00 $3.25
Hope for Homeowners (FHA) $300.00 $3.20
Neighborhood Stabilization (FHA) $6.00 $0.05
-----------------------------------------------------------
* The program has generated $9.3 billion in income,
according to the agency.
NOTE: J'aimerais bien avoir le même genre de récapitulatif pour la France, l'Europe et la BCE. Un lecteur aurait-il croisé un tel document?
lundi 28 septembre 2009
Peter Schiff (version longue)
Funding crisis en octobre pour les US?
Puisqu'on est de toute façon dans l'écriture comptable, on peut se demander pourquoi la FED ne continue pas purement et simplement les rachats. Le problème est que pour ce faire, il faut repasser par la case "congrès" avec toute la publicité que cela implique (nécessité aussi d'augmenter le plafond autorisé de la dette établi autour de $12 trillions pour l'instant). Comme en 2008, on a du mal à imaginer le congrès refusant quoi que ce soit au complexe FED/Wall Street/Gvt. Va-t-on cependant vers une crise capable de faire céder toutes les résistances dans l'urgence et d'obtenir du congrès un blanc-seing plus radical encore? Certains avancent que c'est la stratégie qui a présidé aux évènements de l'année dernière. A suivre donc...
Légère modification du "mission statement" du blogo
Ca a été pour moi l'histoire d'un désenchantement. J'en ai conçu une profonde suspicion envers les mécanismes démocratiques aux Etats-Unis qui n'a cessé de s'aggraver depuis. Une de mes désillusions a été la passivité du peuple américain devant la violence inouïe qui lui était infligée. Les super-héros américains étaient en fait des petits bras apeurés qui "obéissaient aux ordres". Rien de plus.
Les forces en présence et les mécanismes n'ont pas tellement changé depuis. A ceci près que je suis désormais le citoyen d'une nation qui semble être du côté de l'intervention armée. Alors qu'on ne s'y trompe pas, je ne suis pas pour qu'un empire iranien remplace l'empire américain (ce qui nous menace à en croire certains illuminés). Je ne soutiens pas le régime iranien.
En revanche, je soutiens les principes démocratiques en France et je suis prêt à critiquer l'hypocrisie de pays qui s'en réclament et qui ne les appliquent pas (Royaume-Uni, Etats-Unis d'Amérique). J'ai déjà épinglé Sarkozy cet été pour avoir répété un élément de propagande inventé au sujet de l'Afghanistan pour justifier la présence militaire française. C'est inexcusable. J'ai été assez critique des américains qui passaient ce genre de choses à Bush pour être dans l'impossibilité de rester silencieux si le même script est rejoué dans mon pays.
Je ne sais pas ce que nous réserve l'avenir mais je peux vous promettre une chose: si on essaye de nous entraîner dans la guerre en nous mentant, El Blogo vous dira qui, quand, comment et pourquoi. C'est un service public. J'espère aussi que ce sera un antidote à la transe guerrière dont nombre d'abrutis dans les vieux médias ne manqueront pas d'être saisis dès que des bruits de bottes et surtout de bombes se feront entendre.
Puisque ce n'est pas le sujet central du blogo dans sa forme actuelle, je vais néanmoins essayer d'être concis. Qu'on ne s'y trompe pas, je ne cherche pas à peser le pour et le contre d'une intervention contre l'Iran. Ma seule préoccupation est de déterminer sur quels points nous sommes manipulés par nos gouvernements lorsqu'ils communiquent sur l'Iran.
Quelques éléments sur le site de Qom:
- La nouvelle n'est pas que les occidentaux ont trouvé un nouveau site nucléaire iranien vendredi mais bien que l'Iran a déclaré la construction d'un nouveau site lundi dernier. Ils ont ajouté qu'il était ouvert à une inspection par l'AEIA (ce qui rend les admonestations occidentales à ouvrir le site aux inspections semblables au posturing de Bush du temps de l'Irak avec l'absurde "Saddam must disarm!" répété en boucle).
- J'ai lu à plusieurs reprises que les iraniens avaient fait ça car ils avaient eu vent de l'intention des occidentaux de les confronter sur la question. Ca semble plausible. Un peu trop d'ailleurs car comme souvent quand c'est le cas, les journalistes semblent s'en remettre au "bon sens" des lecteurs et ne citent aucune source sûre quand ils avancent cela. Tous les articles que j'ai lus répétaient cette supposition sans jamais l'expliquer plus en détail. Les vieux médias peuvent-ils encore faire la différence entre ce qu'on sait et ce qu'on suppose? C'est pourtant crucial. Si les iraniens ont fait cette révélation mécaniquement en raison de l'interprétation qu'ils ont de leurs obligations devant la loi internationale (déclaration 6 mois avant l'introduction de matériel fissible), leur bonne foi est une éventualité. S'ils ont fait cette déclaration car ils se savaient découverts, leur "malice" est prouvée. Pourquoi défendre la deuxième hypothèse sans la justifier?
- Les américains connaissent ce site depuis "plusieurs années". Pourquoi cette indignation de circonstance à ce moment là? Très probablement pour capitaliser en catastrophe sur une bombe médiatique que les iraniens viennent de désamorcer. Parallèlement, si les américains sont au courant au sujet de ce site depuis longtemps, cela veut dire que cette installation était quasiment immédiatement détectable pour eux. Les iraniens pouvaient-ils ignorer qu'ils seraient détectés?
- Ce site est en construction, j'ai lu des articles où on disait que des centrifugeuses tournaient. Toute l'hystérie (en tout cas aux Etats-Unis) laisse croire que ça y est, les iraniens vont avoir la bombe. WTF? Ce site ne fonctionne pas.
- L'Iran est-elle en infraction? CA N'EST PAS CERTAIN (samedi). Et s'il s'avérait que non, cela démontrerait les intentions malignes non pas de l'Iran mais d'Obama-Sarkozy-Brown. L'Iran doit par traité annoncer toute construction de site de ce type six mois avant l'introduction de substances fissiles* dans l'installation. Un "supplementary agreement" oblige depuis 2003 l'Iran à dévoiler les nouveaux sites dès leurs mises en chantier. L'Iran dit que ce supplementary agreement n'a pas été ratifié. Les américains disent que la ratification n'est pas nécessaire et que l'échange de lettres qui a eu lieu à l'époque l'a rendu contraignant. L'Iran a déclaré unilatéralement en 2007 qu'il n'était pas contraignant (ce qui n'a pas de valeur juridique). C'est un point crucial qui va être tranché dans les jours qui viennent (voir ici James Acton a depuis déclaré l'action iranienne illégale alors qu'il n'en était pas encore certain dans le lien).
Note 1: J'ai écrit ce post samedi et je n'ai honnêtement pas regardé ce qui s'était passé dimanche avant de le publier. Je suis donc prêt à corriger tout ou parti de ce qui est écrit là dans des posts futurs. Je ne veux absolument pas être dogmatique et mon opinion sur la question ne sera jamais que celle exprimée dans mon dernier post et ouverte, comme il se doit en cette matière comme dans d'autres, à des modifications pour la conformer à ce que j'estime coller au plus près à la réalité.
Note 2: Je pense que des lecteurs pourront me taxer de naïveté quand je dis que la "malice" des iraniens n'est pas encore établie. Je noterais que très peu de gens pensaient que Saddam n'avait absolument aucune arme de destruction massive (j'avais pour ma part compris que les américains racontaient n'importe quoi mais je pensais comme tout le monde que l'Irak devait bien avoir un pot de gaz moutarde quelque part) et je suggèrerais donc que tout le monde garde l'esprit ouvert sur cette question. Je ne sous-estime cependant pas l'intérêt que peut avoir l'Iran à fabriquer une bombe nucléaire. Même s'ils n'ont pas de bombe à l'heure actuelle, nous sommes déjà entrés dans un rapport de dissuasion avec eux. Il s'agit de faire en sorte que le rapport coût/avantage de construire une bombe les dissuade de s'en rapprocher. En imposant des sanctions, on augmente le coût de la bombe pour eux. En menaçant de les "bomb back into the stone age" on augmente l'avantage de la bombe (elle les protègerait d'une telle intervention). L'intérêt pour eux est de préserver une "break-out capability", capacité de construire la bombe après avoir chassé l'AIEA. La bombe iranienne a donc déjà une capacité dissuasive même au stade de la virtualité. Inutile de faire semblant de croire à une Iran innocente comme l'enfant qui vient de naître. Ca n'existe plus depuis bien avant les mollahs puique le Shah déjà avait un programme nucléaire. Le "metric" que nous devons avoir à l'esprit est "en combien de temps" peuvent-ils avoir la bombe s'ils sortaient un jour du régime d'inspection? A noter que des occidentaux répètent depuis 20 ans que les iraniens auront la bombe dans 5 ans (voir cet excellent article sur la question qui fait état de ce point précis).
Une autre remarque utile sur l'éventuelle absence de malice iranienne dans la construction du site de Qom: peut-on leur reprocher de mettre certains éléments de leur programme nucléaire civil à l'abri dans un contexte où il ne se passe pas une journée sans que des excités ne les menacent de raser leurs installations? En mettant une partie de leurs installations à l'abri, ils protègent aussi le reste de leurs sites: en effet, quel intérêt d'attaquer si on sait que des éléments clés de leur programme ne pourront être détruits? Je ne crois pas vraiment à cet argument car parmi les gens qui proposent de bombarder l'Iran aux Etats-Unis, beaucoup ne veulent pas se contenter des sites nucléaires (et gageons que ce sont ceux qui seront entendus si l'attaque venait à se matérialiser car cela signifierait que leur camp, le plus radical, l'aurait emporté). Ils veulent causer des dommages majeurs aux infrastructures du pays. Comme pour l'Irak, l'objectif est la soumission. Le motif invoqué sera: "pour empêcher les représailles". L'expression est: "bomb them back into the stone age".
Note 3: Si tant est que ces images soient celles du site en question, les iraniens pouvaient-ils croire que ça allait passer inapperçu? Je ne suis pas spécialiste et je le vois comme le nez au milieu de la figure... via (armscontrolwonk)
GoogleEarth image, taken on 25 March 2005, Image of potential site of second Iranian enrichment center near Qom, blinked with ISIS image of the same site taken on 26 September 2009.
Note 4: Greenwald, toujours lumineux sur la question.* Le saviez-vous? J'utilise "fissile" et "fissible" dans ce post. J'ai vérifié et les deux sont interchangeables.
dimanche 27 septembre 2009
Post-It (1)
Calculated risk touche du doigt la complicité active de la FED dans la généralisation des poor lending standards durant les années 2000. Criminelle. Pourquoi? On nous dit: "parce que les autorités de l'époque (Greenspan) ne croyaient pas à la régulation". Autant répondre: "Parce que.".
Deux références qui m'ont plu:
“Instruct regulators to look for the newest fad in the industry and examine it with great care. The next mistake will be a new way to make a loan that will not be repaid.”
William Seidman, "Full Faith and Credit", 1993.
De "Naked Capitalism": But remember that Hayek won the Nobel prize in 1974 partly for arguing that artificially low interest rates lead to the misallocation of capital and to bubbles, which in turn lead to busts.
samedi 26 septembre 2009
Ratigan interviewe Michael Moore
vendredi 25 septembre 2009
Greenwald se fait David Brooks
Greenwald se demande comme toujours par quel miracle ces élites faillies ont réussi l'exploit de ne pas voir leur situation se dégrader suite à leurs mensonges répétés (et à leurs conséquences tragiques) mais au contraire de voir celle-ci s'améliorer: Brooks est monté dans le pecking order de l'influence journalistique aux Etats-Unis en passant du Weekly Standard au NYT après le désastre irakien (tout comme Bill Kristol d'ailleurs).
Extrait de l'attaque de Greenwald:
Just read some of what Brooks wrote about Iraq. It's absolutely astounding that someone with this record doesn't refrain from prancing around as a war expert for the rest of their lives. In fact, in a society where honor and integrity were valued just a minimal amount, a record like this would likely cause any decent and honorable person, wallowing in shame, to seriously contemplate throwing themselves off a bridge:
Greenwald ne fait pas dans la nuance en lui conseillant d'envisager le suicide mais quand on pense aux centaines de milliers de morts que des gens comme Brooks ont provoquées en écrivant dans le confort de leur living room, on a du mal à réellement s'émouvoir. Et je vous rassure, vu l'arrogance imbécile que Brooks ne cesse de manifester dans ses écrits propagandistes, les chances que cet appel de Greenwald à ce qu'il "se comporte honorablement" soit entendu sont absolument nulles.
Je recommande la lecture de tout le post de Greenwald qui donnera une idée au lecteur de ce qu'on entendait aux Etats-Unis dans le "run-up to the war". Voici néanmoins un extrait de ce que Brooks écrivait au lendemain du speech grotesque de Powell à l'ONU du 5 février 2003 qui ira particulièrement droit au coeur d'une audience française:
I MADE THE MISTAKE of watching French news the night of Colin Powell's presentation before the Security Council. . . . Then they brought on a single "expert" to analyze Powell's presentation. This fellow, who looked to be about 25 and quite pleased with himself, was completely dismissive. The Powell presentation was a mere TV show, he sniffed. It's impossible to trust any of the intelligence data Powell presented because the CIA is notorious for lying and manipulation. The presenter showed a photograph of a weapons plant, and then the same site after it had been sanitized and the soil scraped. The expert was unimpressed: The Americans could simply have lied about the dates when the pictures were taken. Maybe the clean site is actually the earlier picture, he said.
That was depressing enough. Then there were a series of interviews with French politicians of the left and right. They were worse. At least the TV expert had acknowledged that Powell did present some evidence, even if he thought it was fabricated. The politicians responded to Powell's address as if it had never taken place. They simply ignored what Powell said and repeated that there is no evidence that Saddam has weapons of mass destruction and that, in any case, the inspection system is effective.
This was not a response. It was simple obliviousness, a powerful unwillingness to confront the question honestly. This made the politicians seem impervious to argument, reason, evidence, or anything else. Maybe in the bowels of the French elite there are people rethinking their nation's position, but there was no hint of it on the evening news.
Which made me think that maybe we are being ethnocentric. As good, naive Americans, we think that if only we can show the world the seriousness of the threat Saddam poses, then they will embrace our response. In our good, innocent way, we assume that in persuading our allies we are confronted with a problem of understanding.
But suppose we are confronted with a problem of courage? Perhaps the French and the Germans are simply not brave enough to confront Saddam. . . . Or suppose we are confronted with a problem of character? Perhaps the French and the Germans understand the risk Saddam poses to the world order. Perhaps they know that they are in danger as much as anybody. They simply would rather see American men and women--rather than French and German men and women--dying to preserve their safety. . . . Far better, from this cynical perspective, to signal that you will not take on the terrorists--so as to earn their good will amidst the uncertain times ahead.
Dollars are forever
Treasury Secretary Timothy Geithner said he sees a “strong consensus” among Group of 20 nations to reduce reliance on exports for growth and defended the dollar’s role as the world’s reserve currency.
“A strong dollar is very important in the United States,”
Geithner yesterday reiterated that the U.S. doesn’t intend for the dollar’s role in the global economy to diminish.
“We have a special responsibility here in the United States to make sure we are doing the things in this country to preserve confidence in the U.S. financial system -- confidence that’s very important to sustain the dollar’s role as the principle reserve currency in the international financial system,” Geithner said.
“We expect, as I think countries expect around the world, the dollar to retain that position for a very long time,” he said.
Le Monde s'informe sur la marche du monde...
Ils notent que Taibbi est un peu funky mais qu'il y a eu une contre-attaque contre son article du très sérieux Time Magazine. Pourquoi ne pas relever que Time est complètement dans l'establishment et Rolling Stones un peu moins? Pourquoi ne pas y voir une dimension d'explication? Pourquoi chaque journaliste qui s'exprime un tant soi peu négativement sur GS aux Etats-Unis prend-il des précautions oratoires à n'en plus finir? Il n'y a pas que dans la politique que GS a de l'influence. Oh mais peut-être que Le Monde ne veut pas croire (et surtout ne pas faire envisager à ses lecteurs) que les vieux médias puissent être influencés par le poids économique des sujets dont ils traitent...
Aussi dans un élan d'admiration confraternelle pour le journal de référence d'Outre-Atlantique, on nous nous affirme que Gretchen Mortgenson du NYT ne peut pas être soupçonnée d'être une adepte des théories du complot. Pourquoi? Il semble sous-entendu que c'est précisément parce qu'elle travaille pour le NYT. CQFD. Un journaliste qui travaille pour le NYT ne peut pas croire à une théorie de la conspiration.
Et bien vous savez quoi? Prions le ciel pour qu'il n'y en ait jamais des conspirations car vu l'impossibilité des vieux médias à les envisager, on peut-être certains qu'ils passeraient à côté. A force d'agiter "les théories de la conspiration" comme des épouvantails a priori déraisonnables avant toute discussion pragmatique, on a éradiqué la conspiration comme catégorie politique.
C'est une conspiration ou quoi? ;-)
Si je conspirais au sommet de l'Etat, un tel a priori ne m'arrangerait-il pas? Let me think... Et d'ailleurs, si le "4ème pouvoir" se déclare incompétent (ou par principe incrédule) en matière de conspiration, cela ne crée-t-il pas mécaniquement un terrain propice aux conspirations?* (si on considère que le "4ème pouvoir" en est bien un et qu'il a un impact sur quoi que ce soit, big if).
Le premier article du Monde conclut en disant que le sommet de Pittsburgh nous renseignera sur le niveau d'influence de GS sur l'administration Obama. Oui. On va enfin savoir également si Pittsburgh est bien une ville industrielle de l'ouest de la Pennsylvannie. Suspense...
La conclusion de l'autre article du dossier de Sylvain Cypel est franchement regrettable car elle reprend sans explication de texte la citation d'un "Goldman Fanboy": "C'est parce que les gens de Goldman sont les meilleurs, leur gestion du risque supérieure aux autres, que l'Etat leur fait plus confiance." Pour une firme qui aurait fait faillite 30 fois sans l'intervention de l'Etat dans l'année écoulée (exactement comme les autres), nous ressortir l'obséquieux et réchauffé "ce sont les meilleurs" qui prévalait avant 2007 est franchement nul, même pour un vieux média fatigué. Cela montre en tout cas que l'aura des banquiers d'affaire n'est quasiment pas entamée dans les MSM malgré leur toxicité sociale démontrée (il faut vraiment abrutir les masses pour que Bank of America juge nécessaire d'accoler à son nom le ridicule patronyme de la banque faillie Merrill Lynch comme déjà observé ici).
* Cette notion de conspiration devenue aujourd'hui "inenvisageable par principe" a suscité ma curiosité et je suis allé sur wikipédia, il y a bien eu des conspirations dans l'histoire (liste non-exhaustive j'imagine):
- La Conjuration de Catilina en 63 av.-J.C.;
- L’assassinat de Jules César le 15 mars 44 av. J.-C.;
- La Conjuration de Pison en 65;
- L'assassinat de David Rizzio en 1566;
- La Surprise de Meaux qui déclenche la Deuxième guerre de religion en 1567 ;
- Le Complot de Babington en 1586;
- La Conspiration des poudres en 1605;
- La Cabale des Importants en 1643;
- Le Complot de Rye-House en 1683;
- La Vendetta d'Akō en 1701;
- La Conspiration des Égaux, en 1795;
- La Conspiration de la machine infernale en 1800.
conspiration
nom féminin(latin conspiratio, -onis)
- Complot tramé contre un régime politique ou un homme politique.
- Cabale, intrigue dirigée contre quelqu'un ; machination.
Note: Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus du mal radical que représente Goldman Sachs, voici le croquis d'une "vampire squid":

Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus du mal radical que représente Goldman Sachs, voici la photo officielle de Neil Kashkari nommé au ministère des finances pour s'occuper du plan de sauvetage des banques après avoir passé des années chez GS:

Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus du mal radical que représente Goldman Sachs, je ne peux plus rien faire pour vous.
jeudi 24 septembre 2009
Obama recule...
Que vont faire les américains quand ils réaliseront que donner les pleins pouvoirs aux démocrates n'a servi à rien? Stay tuned.
Closer, Voici, Public, El Blogo! Où l'on reparle de Vera Baker
Me demandant ce qui avait pu générer cet intérêt soudain pour Vera, j'ai regardé sur Google News et un livre vient en effet de sortir sur cette histoire (mentionné dans des médias de seconde zone à part une brève ultra courte dans NY Magazine). Un commentaire anonyme à l'époque m'avait demandé une photo mais je n'en avais trouvé qu'une floutée. Il y en a désormais deux autres disponibles sur google image:



Note 1: Oui, il s'agit bien d'une tentative transparente de faire augmenter l'audience d'El Blogo mais d'une manière tout à fait temporaire car je ne pense aborder ces sujets qu'une fois par an. La méthode est néanmoins contestable car je suis de ceux qui pensent que les relations entre adultes consentants ne regardent personne, sauf dans le cas d'un homme politique défendant ostensiblement les "family values". Je ne ferais donc pas état de cette histoire si le blogo pouvait jouer un rôle significatif dans sa diffusion (et je supprimerais ce post s'il m'attirait trop de trafic).
Note 2: Il s'agit aussi de montrer que le Blogo est en avance sur tout le monde ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour l'économie mondiale.
Note 3: Je n'ai encore rien lu sur l'histoire et le livre mais je serais surpris que cela ait un retentissement en dehors d'une période électorale alors que la cote d'Obama est encore élevée.
Note 4: En fait, je réalise que c'est déjà partout dans la presse française... Tant pis pour le "spike" de "hits".
mercredi 23 septembre 2009
Concentré de stats (via TBP)
(cliquez pour agrandir)
Obambi peut-il mettre les militaires au pas?
(Ce n'est pas une attaque gratuite. Obama est omniprésent dans les médias. Il y a une tradition politique aux Etats-Unis du "Sunday Show". Dimanche dernier, Obama a été présent sur 5 de ces shows (certains enregistrés à l'avance). Et il a fait Letterman lundi. WTF?)
mardi 22 septembre 2009
Post-It (4)
L'indice d'évolution du fret ferroviaire toujours en forte baisse, au niveau de 1993. C'est soi-disant l'indice favori de Buffett pour l'activité économique. No greenshoot there. (zerohedge)
Der Spiegel enterre New York City. C'est un peu rapide. On a l'impression à la lecture que l'article a été écrit en mars: avant le méga rebond. New York va évidemment souffrir de la crise mais il se peut que ce soit finalement relativement peu par rapport à d'autres villes américaines. Si on a une approche géographique du plan de sauvetage, New York est la seule ville qui a vu se déverser sur elle des trillions de dollar. L'injustice sectorielle de la répartition des largesses du gouvernement a et va avoir une traduction spatiale qui va bénéficier énormément à New York City.
Marc Faber entre sur la Blogo Compliant List. Quand on lui demande à combien il voit la bourse dans un an il dit: "C'est à la FED qu'il faut demander". It makes sense.
Plus de write-downs. C'est une remarque d'ambiance mais la fixation sur les write-downs (provisions) que passaient les banques à la pelle a complètement disparu. Cela cadre moins avec le buzz ambiant du "Grand Rebond" voire du retour à la normale mais la vraie raison est sans doute l'assouplissement des règles comptables du mois de mars. Cet assouplissement est l'évènement "pivot" qui a marqué notre entrée dans l'ère du rebond (et du grand brouillard monétaire).
Plus de Post-It non plus. Sur les conseils d'un lecteur fidèle (Papy G), je vais remplacer les Post-Its par des petits posts indépendants. L'occasion d'un sondage:
L'approche qualitative
Il y a une approche quantitative du problème. On peut tenter de chiffrer la "surcroissance" depuis la récession de 2001 et évaluer qu'un retour à la moyenne ferait baisser le GDP de 10% à 15% (on en est à -3,6%). On peut dire que la finance doit repasser à 10% du GDP (moyenne historique) après avoir atteint 20% (de 40% à 20% des profits également). On peut additionner les trillions mis en jeux par l'Etat et se dire que décidément, cette fois-ci, ça n'est pas une récession comme les autres etc...
Mais c'est finalement une approche qualitative qui emporte la conviction du blogo que la crise ne fait que commencer. "Quand on connaît ses saints, on les honore" et les élites américaines depuis la chute du mur du Berlin et encore plus depuis le 11 septembre ont postulé qu'il n'y avait pas de limite au pouvoir américain (le leur), qu'on envisage celui-ci sous l'angle militaire ou l'angle économique (y a-t-il une différence?). Pas de limites aux interventions extérieures, pas de limites à la capacité d'endettement. Encore plus que tout argument quantitatif, c'est cette arrogance qui "knows no bound" qui rend certaine la déconfiture à venir et la remise à plat de la structure de pouvoir. Pourquoi penser que cette remise en cause va avoir lieu bientôt et pas dans 20 ans? Parce qu'il y a aujourd'hui un emballement des engagements militaires et financiers qui ne pourra être soutenu très longtemps.
Note 1: Le problème, c'est qu'avant la crise, il y avait des voix respectées pour annoncer les difficultés à venir qui sont aujourd'hui devenues quasi-muettes. Roubini explique que la situation est grave mais ne prédit plus d'apocalypse. La crise a été avalée et digérée par les médias et les économistes. Le "pecking order" a été un peu modifié et leur crédibilité très entamée mais le biais général favorisant la pérennité de la structure de pouvoir actuelle est toujours ultra-dominant. Quelques excités sur les bords continuent à crier au loup (as yours truly mais aussi des gens ayant réellement une voix: Joseph Stiglitz, Jim Rogers, Peter Schiff, zerohedge...) mais le tam-tam du "business as usual" est assourdissant. Des gens comme Krugman, en rassurant sur les déficits notamment, ont clairement décidé de se jeter dans la bagarre en mettant leur crédibilité au service du système. Ceux qui crient au loup sont réprouvés: que veulent-ils? La fin du monde? Le discours pessimiste est aussi accusatoire et il est donc naturellement combattu par le système. Déjà, on trouve des vidéos sur youtube reprochant à Peter Schiff de ne pas être patriote. Si le système s'effondre, ce ne sera pas le fait de quelques excités trop bavards mais bien à cause de ses propres excès.
Note 2: J'ai toujours des options sur l'or qui expirent le 20 décembre 2009. Si ma chance se confirme, le strike sera atteint au premier semestre 2010!
Post-It (3)
Peter Schiff se lance dans la course électorale pour devenir sénateur du Connecticut en 2010.
Comme la baisse des bourses mondiales avait renforcé le dollar, leur hausse récente s'accompagne d'un affaiblissement du greenback. On revient tranquillement vers $1,60 et vers les niveaux de la bourse à l'été 2008 (date du point bas du dollar).
Les emprunts hypothécaires en retard de paiement passent un nouveau record en août à 7,58% contre 7,32% en juillet. Une autre mesure donne 9,24%.
Qui aurait cru que les dirigeants de la planète seraient un jour sauvés par ce slogan idiot: "Too big too fail".
Le travail de sape continue. Des politiques américains veulent assouplir les conditions sur le sauvetage d'AIG. L'action AIG prend 20% en une journée. C'est une des ruses classiques de Washington: le public n'est informé qu'au moment où les lois passent mais les lobbyists travaillent 24/7, 365 jours par an pour effacer tout ce qui gêne leurs clients dans la loi qu'on a présentée au public initialement (déjà scandaleuse en elle-même, bien évidemment).
Hirohisa Fujii, nouveau ministre des finances japonais, ne veut pas d'un Yen faible. Goldman ne l'aide pas. Aussi, le libor yen est passé au-dessus du libor US pour la première fois depuis 1993. Il faut dire qu'entre 0,35% et 0,29%, la comparaison n'a plus vraiment d'intérêt. Aussi, le ministre Fujii a 77 ans. Le ministre chargé des banques a 72 ans (un ancien de Stanford qui n'est pas tendre avec Etats-Unis). Est-ce le reflet de la pyramide des âges japonaise?
Via RGE Monitor: Moody's dit qu'il restait $215 milliards de pertes à reconnaître pour les banques anglaises fin 2008 contre environ $170 milliards reconnues à ce moment là. C'est 9% du GDP.
Obama a dit qu'on ne pouvait pas mettre de limites aux bonus des banquiers. Que ce serait "comme mettre des limites aux rémunérations des joueurs de footballs américains". Manque de bol: il y a des limites aux rémunérations des joueurs de football américains. Obama, bankers' pet.
La Fed et la Chine sont dans un bateau...
Il y a une expression pour ce que font les chinois avec le trésor américain: "throw good money after bad" (continuer à investir dans un projet qui a échoué). Le plus probable est que les chinois achètent la fausse dette américaine avec du faux argent chinois provenant de leur planche à billet. C'est probablement ce qui se passe depuis un moment maintenant.
lundi 21 septembre 2009
Optimisme
vendredi 18 septembre 2009
Post-It (2)
Graphe de Calculated Risk basé sur des chiffres de la FED. Au second trimestre, la richesse des ménages américains avait baissé de $12,2 trillion par rapport au pic (la bourse a beaucoup monté depuis donc la situation doit être moins grave aujourd'hui). A noter le caractère illusoire de la richesse accumulée depuis la "récession avortée" de 2001.

Good for Obama. Les Etats-Unis abandonnent leur projet foireux de bouclier antimissile en Europe. Ce programme n'a jamais vraiment tenu la route mais il avait des partisans farouches à Washington. Les américains ont-ils réussi à obtenir des choses de la Russie contre cet abandon? Une position plus dure sur l'Iran par exemple? Normalement non car ce programme n'avait pas vraiment de crédibilité. Je pensais que les américains le garderait peut-être actif comme un épouvantail. Ont-ils sacrifié l'épouvantail contre quelque chose?


