mardi 4 novembre 2008

Happy Obama Day!

Bob Herbert est d'accord avec El Blogo

Bob Herbert, éditorialiste de gauche du NYT (contre la guerre depuis le début), est d'accord avec El Blogo: l'élection d'Obama n'est qu'une première étape dans la reconquète de leur démocratie par les américains.

Extraits:
As important as this choice has become, the election is just a small first step. What Americans really have to decide is what kind of country they want.

Right now the United States is a country in which wealth is funneled, absurdly, from the bottom to the top. The richest 1 percent of Americans now holds close to 40 percent of all the wealth in the nation and maintains an iron grip on the levers of government power.

This is not only unfair, but self-defeating. The U.S. cannot thrive with its fabulous wealth concentrated at the top and the middle class on its knees. (No one even bothers to talk about the poor anymore.) How to correct this imbalance is one of the biggest questions facing the country.

et
Americans have to decide if they want a country that tolerates this kind of debased, backward behavior. Or if they want a country that aspires to true greatness — a country that stands for more than the mere rhetoric of equality, freedom, opportunity and justice.

That decision will require more than casting a vote in one presidential election. It will require a great deal of reflective thought and hard work by a committed citizenry. The great promise of America hinges on a government that works, openly and honestly, for the broad interests of the American people, as opposed to the narrow benefit of the favored, wealthy few.

By all means, vote today. But that is just the first step toward meaningful change.

32,6% des votes sur machines électroniques

32,6% des votes seront exprimés sur machines électroniques cette année. C'est plus qu'en 2000 et 2004 (29,2%) mais moins qu'en 2006 (37,6%). Le vote électronique n'a plus le vent en poupe et il semble que 2006 restera le point haut de son utilisation.

Toujours pas de dossier médical pour Palin

Palin n'a toujours pas rendu public son dossier médical. Les trois autres candidats l'ont fait. J'ai l'impression que cela n'est pas encadré et se fait sur une base déclarative. L'équipe de Palin semble tourner autour du pot et pense probablement pouvoir se dispenser de l'exercice en cas de défaite.

Alors la rumeur enfle. On dit qu'elle s'est faite avorter (elle est très "pro-life"). On dit qu'elle a masqué une grossesse de sa fille en prétendant que c'était la sienne. Quoi qu'il en soit, je trouverais scandaleux qu'elle ait réellement à faire ce type de déclaration.

Toujours est-il que son dossier est manquant. Ca en dit long au passage sur la faiblesse du "vetting process" (vérification qu'elle n'a pas de cadavre dans ses placards d'un point de vue politique, judiciaire mais aussi possiblement médical) dont elle a été l'objet. Il a été dit à l'époque de sa nomination que même le FBI n'avait pas eu le temps de faire l'enquète de routine automatique en pareil cas. On dit aussi qu'avant de la choisir comme co-listière, McCain l'avait rencontrée deux fois seulement.

Addendum: Une lettre de son docteur a été finalement publiée. RAS. Donc ça n'est pas quelque chose d'embarassant qui a repoussé la publication mais seulement l'impréparation de la campagne. Peut-être aussi qu'en publiant cela tardivement, la campagne évite de s'exposer à la contradiction.

All Quiet on the Upper West Side Front

Pas de liesse populaire, pas d'ambiance de Carnaval de Rio. C'est, je l'espère, le calme avant la tempête. La seule choses notable dans ma virée de la journée, c'est le nombre important de badges Obama. Pas très démonstratifs. Un peu dans l'ambiance: pas la peine d'en rajouter, nous en sommes tous au même point. Aucun badge McCain. C'est à vous donner envie d'en mettre un (just to get the weird looks). The Mac is definitely not back, contrairement à ce que McCain a encore répété en meeting aujourd'hui. A Manhattan en tout cas.

Election Day! Are you excited???

Are you excited???

C'est décidé, je vote... Bob Barr!

Il y a une foultitude de candidats en réalité. J'ai choisi Bob Barr au hasard to make my point.

Je crois que l'argent est le mécanisme essentiel de discrimination. Je me base sur la candidature Perot en 1992 pour dire ça: elle n'a été possible que grâce à sa fortune personnelle.

Ralph Nader est encore candidat cette année. A gauche, on lui a beaucoup imputé la défaite de Kerry en 2004. Je crois que c'est pour ça que sa candidature a été complètement passée sous silence pendant la campagne (même dans la "leftwing blogosphere").

Le bipartisme est une des causes de la faillite américaine (déficit estimé à $1 trillion pour FY 2009). Il faut ouvrir une fenêtre dans la démocratie américaine et créer un appel d'air. "We the People of the United States" are suffocating...

W stands for Worst. President. Ever.


Et son approval rating sur une plus longue période. Vous n'aurez pas de mal à resituer certains évènements historiques:

Sondages et carte électorale - Pollster.com



Projections... Cliquez sur la carte pour aller sur le site pollster.com.


Mc Cain ressemble à Austin Powers

Extrait mis en ligne sur Daily Kos pour montrer McCain dans une sortie un peu weird sur Palin. Je ne trouve pas ça que ça mérite nécessairement d'être vu pour ça mais êtes-vous d'accord que la ressemblance avec Mike Myers (Austin Powers) est complètement troublante à partir de la seconde 10? C'est un peu hâché désolé.


Obama perd sa grand-mère

Il avait fait un aller-retour à Hawaï et mis sa campagne entre parenthèse pendant 2 jours à deux semaines des élections pour l'embrasser une dernière fois.

C'était la dernière personne de sa famille qui lui restait des générations précédentes. Parents ou grands-parents. Moment étrange pour que cela vous arrive.

lundi 3 novembre 2008

Ils ne vont pas aux meetings, iront-ils voter?

McCain fait ce matin un meeting avec 1000 personnes là où Bush en rassemblait 15000 en 2004. Est-il possible que les républicains ne se déplacent pas demain?

Le retour du révérend Wright

Manoeuvre désespérée des républicains: ramener dans les deux derniers jours le révérend Wright sur le devant de la scène. Potentiel boulet pour Obama, ce dernier l'avait neutralisé avec son speech sur les races aux Etats-Unis qui lui avait valu beaucoup d'éloges. McCain n'a pas osé l'utiliser jusqu'à maintenant contre l'avis d'un certain nombre de conseillers. Ca donne ça (diffusé en Ohio, Pennsylvanie et Floride):

"The Economist" vote Obama

The Economist choisit Obama ("wholeheartedly"). Les "endorsements" précédents étaient les suivants:
2004: Kerry ("with a heavy heart")
2000: G W Bush
1996: Dole
1992 Clinton

Guide to election night

J'ai trouvé ça pour l'instant:
BBC

Huffington Post et Huffington Post "heure par heure"

NYT

Wapo

El Blogo à NYC

Je suis à New York pour courir le marathon et couvrir les élections pour El Blogo.

Bon alors pour le marathon, je n'ai pas pu car j'avais un problème de dossard et mon avion est arrivé en retard. Et puis j'ai un copain qui a fait 3H08 et personne ne le croit alors c'est à vous décourager des exploits sportifs... (d'ailleurs moi non plus je n'y crois pas... 3H08? Come on!)

Donc pour le marathon, "the dog ate my homework". Mais pour la couverture des élections, je suis chaud bouillant!

samedi 1 novembre 2008

Ferrari (Laurence) en baisse

L'audience de Laurence Ferrari est passée pour la première fois en dessous de 30% cette semaine. PPDA faisait entre 35 et 40%.

La même chose s'est produite aux Etats-Unis avec l'arrivée de Katie Couric à CBS Evening News. Il semble que déboulonner les vieux rois du PAF soit un exercice périlleux. Bouvard était revenu car son éviction n'était qu'un pari marketing. Si PPDA doit réellement son départ à Sarkozy, il ne reviendra pas même si l'audience dévisse. L'ire présidentielle aura cependant coûté cher à Martin Bouygues. Gageons que ce dernier n'investit pas en pure perte.

vendredi 31 octobre 2008

Friday Plane Blogging

Good!

``Wall Street bank executives are set to walk away with billions of bonuses at the end of this year,'' Barack Obama, the Democratic presidential candidate, said in a campaign speech on Oct. 28. ``We call that an outrage.'' (via Bloomberg)

Pour l'instant, tout le monde se rallie à Obama (oui, c'est bien un lien vers "The Economist", petite entorse à mes principes...) en espérant avoir un strapontin dans l'Obamaland qui se profile à l'horizon pour les quatre prochaines années. Les américains vont passer de peu (clinton lewinskynisé) ou pas (GW Bush) de président à un président élu magistralement avec une large majorité au sénat et à la chambre des représentants. C'est la résurection de la fonction présidentielle aux Etats-Unis.

Celle-ci avait été mise à bas à dessein et derrière les accolades et les sourires de circonstances, vous pouvez être sûrs que beaucoup aiguisent leurs couteaux. Surtout si Obama se donne pour objectif de réapprendre la décence à un système devenu fou comme il en indique l'intention plus haut.

Une explication inédite du succès de la "surge"

La "surge" est la manoeuvre apparemment désespérée (personne n'y croyait sauf les nouveaux cons et... McCain) qui consistait à la fin 2006 à augmenter la présence militaire américaine en Irak pour stabiliser la situation sur le terrain.

Officiellement, c'est cette augmentation des troupes qui a fait que durant l'année 2007, un certain nombre de statistiques se sont très nettement améliorées. Nombre d'attentats, nombre de morts américains, activité économique... Personne aujourd'hui ne conteste plus cette amélioration. Beaucoup de gens doutent de ce que la seule augmentation du nombre de soldats explique l'évolution.

Les débats ont lieu sur les causes de cette amélioration: il semble qu'elle soit due en grande partie à des renversements d'alliance (amadouage des sunnites?) et à un lâchage de lest général sur le degré de contrôle que les américains ambitionnent en Irak. Ils ont de grande difficulté avec les législateurs irakiens pour trouver un accord sur une prorogation "open-ended" de l'occupation. On parle aussi de soudoiements avec l'arrosage en cash d'un certain nombre de chefs de guerres locaux.
NB: On en parle peu mais je me souviens d'articles dès la fin de l'invasion qui parlaient d'avions entiers remplis de billets fraîchement imprimés qui devaient poser les jalons du renouveau économique irakien. Quant à savoir comment la comptabilité de ces petites coupures est faite aux US... Y a-t-il une mini branche de la FED chargée d'émettre en loucedé un dollar à usage irakien? Il faut savoir aussi que les dépenses liées à l'occupation de l'Irak sont comptabilisés "hors budget" de l'Etat. Les fous ont les clés de l'asile.)

Il y a aussi eu un serrage de boulon sur la couverture médiatique qui permet une répression et des méthodes qui doivent surement rappeler les autres occupations de l'histoire et donc à n'en pas douter faire froid dans le dos (à vous dégoûter d'aller faire vos courses à NYC - j'y vais dimanche...). La plupart des informations qui nous viennent d'Irak font l'objet d'un contrôle draconien des militaires américains, probablement plus efficace depuis que la situation s'est calmée (je trouve d'ailleurs qu'on a très peu d'infos sur l'Irak en France mais je ne lis pas assez les médias français pour l'affirmer).

Après ces différents éléments, j'en arrive à mon explication inédite. Les Irakiens ne sont-ils pas moins combatifs car ils savent que la situation politique aux Etats-Unis va irrémédiablement vers une sortie de l'Irak? A quoi bon risquer sa vie si l'objectif politique semble garanti à moyen terme? L'invasion américaine a pris fin de facto dans le chaos et la déprime qui a frappé l'opinion puis les politiques américains (et les militaires) à la fin 2006. Obama a battu Clinton à cause de l'Irak. Une fois que l'opinion américaine a été fermement acquise à la cause du départ d'Irak, n'était-il pas raisonnable pour les irakiens de "sit out" l'armée américaine plutôt que de continuer de risquer leur vie pour accélérer un processus qui ne dépendait de toute façon plus que du calendrier politique américain?

Si, demain, un Obama improbablement converti aux vertues de l'empire (ou McCain, ce qu'à dieu ne plaise) décide à nouveau de faire en Irak un protectorat américain gouverné par Exxon et la CIA pour les 1000 prochaines années, est-il raisonnable de penser que beaucoup d'Irakiens risquent d'envisager la présence américaine à nouveau comme intolérable?

Les irakiens sont calmes parce qu'ils ont gagné. Ils n'ont plus qu'à attendre.

La nouvelle ampleur de la crise économique ne peut d'ailleurs que les conforter dans ce calcul (si calcul il y a).