jeudi 11 juin 2009

Halliburton, Bechtel, Blackwater...

Jeremy Scahill fait le point avec Bill Moyers sur le scandale le plus ahurissant de l'ère Bush: les "contractors" auxquels les guerres de l'empire ont été en grande partie sous-traitées. Sur ce sujet également, la complicité des mainstream media a été scandaleuse et suffirait à elle seule à les discréditer totalement. Evidemment, il y a eu tout le reste...

Scahill: "It's time to take off the Obama Tee-shirts" (parce qu'il poursuit la ligne Bush). Les dépenses continuent en effet à augmenter et l'utilisation des "contractors" demeure massive.


Partie 2

Cool tests

Les stress tests de la FED ont permis de déterminer que 10 banques étaient en mesure de rembourser l'argent du TARP. "Calculated Risks" examine la pertinence des stress tests réalisés en s'intéressant aux projections utilisées pour le chômage:

On voit bien la complaisance inouïe qui a régné lors de la réalisation de ces tests qui sont plus "cool" que "stress" (le scénario "noir" d'un stress-test est censé être plus pessimiste que ce qui va se passer en réalité avec une certaine marge de sécurité, il ne peut pas être dès le départ significativement plus optimiste que la réalité).

Les banques américaines n'ont qu'une seule raison d'être: rémunérer de manière délirante leurs dirigeants. Le TARP les en empéchait et il est donc naturel qu'elles aient essayé de se débarrasser de ces contraintes. Grâce à leur fidèle grognard Geithner, elles vont donc pouvoir à nouveau remplir cette fonction sociale absolument inutile. Cela pose un certain nombre de problèmes et notamment le prix auquel elles vont pouvoir racheter les options qui avaient été attribuées à l'Etat pour compenser le risque du prêt. Il semble que là encore, Geithner soit prêt à faire des concessions pour que les prix des maisons dans les Hamptons ne baissent pas trop rapidement.

Le problème essentiel est que tout cela n'est qu'une opération de communication. Les banques sont désormais sous assistance respiratoire de l'Etat via la Federal Reserve qui a racheté pour $1.75 trillions d'obligations (dont $300 milliards de treasuries) et qui rend possible tous les jours le fonctionnement du système bancaire. Sans cela, toutes les banques américaines feraient faillite instantanément. Le système bancaire américain n'est plus qu'un village Potemkine qui vit en dérivation sur les deniers publics. La politique monétaire de taux nuls est pareillement destinée à sauver le système en prenant tous les risques possibles car la FED n'est pas un arbitre indépendant mais une émanation des banques de Wall Street. Ce n'est pas la FED qui sauve le système mais bien en réalité le système qui se sauve lui même.

Le remboursement de l'argent du TARP n'est donc qu'une manoeuvre visant à empêcher que la moindre contrainte ne pèse sur les banques en dépit de leurs faillites. Les pertes sont toujours garanties par l'Etat mais avec le remboursement du TARP et des options, l'Etat perd l'éventuel profit qu'il pouvait réaliser.

Le TARP restera donc comme une erreur de parcours. Dans la panique et dans l'urgence, les banques avaient laissé passer ce mécanisme d'aide qui présentait quelques contraintes. Après avoir repris leurs esprits, il ne leur aura fallu que 6 mois pour faire le tri et ne conserver que l'argent du contribuable qui leur est fourni sans contrepartie via la FED. Le TARP recapitalisait les banques directement en faisant apparaître l'Etat au capital et en demandant des restrictions sur les salaires. Wall Street préfère l'aide furtive, protégée par le secret que la FED maintient sur ses interventions ou via des SPV comme AIG. Elles ne sont pas en meilleure santé, elles ont encore des pertes importantes à reconnaître mais après la manipulation des règles comptables, leur objectif essentiel était de se débarasser du TARP. C'est chose faite.

C'est toujours le même principe: on annonce une politique avec d'énormes roulements de tambours qui présente parfois quelques éléments susceptibles de gêner des intérêts particuliers. Dès ce moment se mettent en place discrètement des efforts de lobbying intenses qui font que quelques mois plus tard, tout ce qu'un projet de loi pouvait comprendre de gênant a disparu corps et bien. A l'américaine.

* SPV: special purpose vehicle, entités juridiques qui n'ont de justification que pour mener à bien une opération financière. AIG n'a pas été créé pour l'occasion mais a clairement rempli ce rôle pour le plus grand bonheur de GS et de banques françaises notamment.

Peter Schiff chez Jon Stewart

Il va peut-être se présenter contre Chris Dodd aux élections sénatoriales dans le Connecticut (Comedy Central a fait retirer la bonne vidéo, j'ai donc remplacé par cette vidéo pas terrible).

mercredi 10 juin 2009

Hadopi retoquée

L'idée que la France soit en pointe sur une législation représentant la tentative par les pouvoirs en place de mettre un couvercle sur la révolution numérique m'est profondément insupportable. Le rôle de la France au regard de son histoire et de ses idéaux est au contraire de montrer la voie dans la direction opposée.

Les gens qui soutiennent cette loi ne comprennent rien à l'art, rien à l'internet et j'en ai bien peur, rien à la France. Ils seront défaits.

Le supplice chinois de l'Euro a commencé

J'avais décrit dans ce post comment des agences de notation discréditées et faisant partie du complexe politico-financier américain pourraient arbitrairement faire subir un suplice chinois à l'Euro en abaissant les notes de pays satellites de la zone euro, notch par notch, pour contrer une baisse trop forte du dollar.

La note de l'Irlande a été abaissée lundi pour la deuxième fois en trois mois de AA+ à AA (d'un seul notch à nouveau mais avec un "outlook negative"). Cela a un peu plus enfoncé l'Euro qui avait déjà subi les contre-coups de la bonne perception des chiffres de l'emploi US vendredi. Avant ça, le dollar était la semaine dernière au plus bas de l'année.


Il est aussi possible que les marchés deviennent insensibles aux décisions des agences comme semble le suggérer l'évolution depuis. Le jour où l'euro montera alors qu'un de ses membres aura vu sa note baisser, l'influence des agences aura atteint un niveau correspondant à leur compétence et à leur indépendance.

mardi 9 juin 2009

Couverture de la CJR

J'attirais l'attention des lecteurs du blogo il y a trois semaines sur un article de la Columbia Journalism Review traitant de la couverture des signes avant-coureurs de la crise dans la presse écrite. Il s'agissait en fait d'un dossier qui fait la couverture de la revue. Le titre: "Aveuglement". Le sous-titre: "Comment la presse économique a raté l'effondrement".

The Big Picture a les liens vers les trois articles du dossier (j'ai déjà référencé le premier dans le post précédent):

Power Problem
Dean Starkman
CJR, May/June 2009
Waiting for CNBC
Maureen Tkacik
CJR, May/June 2009
Identity Crisis
Liza Featherstone
CJR, May/June 2009

Extrait de "Power Problem":
For if the institutional response is correct, and all was done that could be done, then journalism has even bigger problems than Google and Craigslist. In the best case, if this response is to be believed, the financial press faces the problem of irrelevance—all that newsprint and coated paper, those millions of words, the bar graphs, stipple portraits, glossy photos of white guys, the printing presses, delivery trucks, and Yale degrees, is worth about as much as a New Century share.
NB: New Century était un des premiers producteurs d'emprunts subprimes. La référence à Yale nous renvoie à Amity Shlaes.

Rush Limbaugh veut la peau de GM

Un mouvement s'organise au sein des populistes républicains pour organiser un Boycott contre General Motors rebaptisée "Government Motors".

Il est quand même stupéfiant de voir la rage que provoque l'aide de l'Etat à cette industrie par rapport à la tranquilité bonhomme (dans les médias) avec laquelle a été accepté le principe d'une aide illimitée aux banques.

J'ai parlé à un ami qui travaille dans un hedge fund dans le Connecticut récemment et je lui ai demandé ce qu'il pensait d'Obama du point de vue de l'économie. Il m'a dit qu'il était soucieux notamment à cause de la manière dont le dossier GM était traité. C'est l'histoire de la paille et de la poutre j'imagine. L'idée que les banques aient pu être trop ou mal aidées ne faisait pas partie de ses catégories mentales. Encore une victime du triptyque (Wall Street Journal, Financial Times, The Economist).

Stiglitz sceptique sur la santé retrouvée des banques

Commentaires sur la santé financière apparente des banques (bloomberg via Atrios):

(Stiglitz dit qu'en soutenant les banques l'Etat ne fait que gagner du temps et un autre ajoute que les profits rapportés pour Q1 sont de la poudre aux yeux liés aux nouvelles règles comptables)

The revival may be short-lived. Analysts who have examined the quarterly profits and government tests say that accounting rule changes and rosy assumptions are making the institutions look healthier than they are.


The government probably wants to win time for the banks, keeping them alive as they struggle to earn their way out of the mess, says economist Joseph Stiglitz of Columbia University in New York. The danger is that weak banks will remain reluctant to lend, hobbling President Barack Obama’s efforts to pull the economy out of recession.

Citigroup’s $1.6 billion in first-quarter profit would vanish if accounting were more stringent, says Martin Weiss of Weiss Research Inc. in Jupiter, Florida. “The big banks’ profits were totally bogus,” says Weiss, whose 38-year-old firm rates financial companies. “The new accounting rules, the stress tests: They’re all part of a major effort to put lipstick on a pig.”

Green Shoots?

Les "green shoots" (les bourgeons de la reprise) ne sont pas encore censés montrer que les choses s'améliorent mais plutôt qu'elles se dégradent moins rapidement. Dans ce registre, je notais il y a six mois que le champagne était à -20% dans le "Nicolas" en bas de chez moi (banderole au-dessus de la porte). Et bien les choses s'améliorent car la banderole est revenue mais elle indique maintenant -15%. Exciting times!

Voilà c'était la minute "anecdotal evidence". C'est sans doute plus fiable que les chiffres de l'emploi parus vendredi qui donnaient 9,4% de chômeurs et seulement 345,000 pertes d'emplois pour mai. Ces chiffres seront évidemment rectifiés, cela n'échappe plus aux lecteurs aguerris du Blogo. Barry Ritholtz (qui frôle la crise d'apoplexie à chaque fois que ces chiffres sont publiés) exprime de sérieux doutes quant à leur qualité et incrimine comme d'habitude le Birth/Death adjustment model. A noter que le chiffre des NFP (non farm payroll: -345 000) a une origine statistique complètement indépendante du chiffre sur le chômage (9,4%). Aussi ce graphe interactif sur l'évolution de l'emploi aux Etats-Unis depuis 2004 est très spectaculaire si on le laisse défiler.

Graphes sur l'emploi et les récessions. Les barres verticales grises sont les récessions (via The Big Picture).


lundi 8 juin 2009

Post-it

Pour la n-ième fois le projet de rachat des actifs toxiques par des acteurs privés avec des subventions gouvernementales (sous-programme du TALF appelé PPIP si j'ai bien suivi et ça n'est pas facile) n'arrive pas à décoller. (via Calculated Risks)

Krugman examine la responsabilité de Reagan dans la crise actuelle. Il pointe essentiellement du doigt une loi de 1982 permettant l'obtention d'un emprunt immobilier sans mise initiale de l'emprunteur. Voici l'éclairage de Barry Ritholtz sur le sujet. A ma grande stupéfaction, il précise que les produit qui avaient cours lors de la grande dépression en matière de prêts immobiliers étaient déjà des emprunts "interest only" pendant 3 à 5 ans qu'on refinançait une fois arrivé au "reset" (quand on commence à rembourser le principal en plus des intérêts). It's like "déja vu" all over again" (Yogi Berra)

Mozilo, ancien CEO de Countrywide, est accusé de fraude. Les mails d'avertissement d'un employé de Countrywide figurent en bonne place dans le dossier d'instruction.

Grippe A

Un post du Daily Kos du 4 juin nous indique que l'OMS est de plus en plus proche de déclarer une pandémie. Point en anglais assez détaillé sur la question. Illustrations frappantes:

La carte des cas (on peut choisir "officiels" ou "déclarés dans les médias") du New England Journal of Medicine.

Grippes précédentes:

The Real West Wing

Chaque président ouvre traditionnellement les portes de la Maison Blanche à des journalistes pendant une journée entière en début de présidence. C'est Brian Williams de "Nightly News" sur MSNBC qui s'y colle cette fois-ci. C'est un programme consensuel, les journalistes font les relations publiques du président en échange d'un accès inhabituel à l'envers du décor (30 caméras pendant une journée!). Ce clip n'est qu'un extrait, pour les vrais fans, vous pouvez voir l'émission en entier par petits bouts sur le site de MSNBC (si vous voulez tout savoir sur le chien Bo notamment...).

dimanche 7 juin 2009

Roubini s'explique. Mais peut-on expliquer Roubini?

Nouriel Roubini a expliqué lors d'une conférence que la crise économique n'était pas un "Black Swan event" tel que les décrit Nassim Taleb. Taleb ne dit d'ailleurs pas autre chose si on l'écoute attentivement (son message est brouillé car pour la promotion de son livre, il vaut mieux laisser penser au public qu'il parle de la crise).

Il explique également qu'on ne doit pas l'appeler "Dr Doom" mais "Dr Realist", que beaucoup de gens avaient vu la crise venir (voir l'extrait plus bas pour les noms) et il ajoute qu'il n'a fait que "connect the dots" (expression référant au jeu pour enfant leur demandant de rejoindre des points avec des traits dans un ordre déterminé pour faire apparaître une forme). Il explique que la vraie question n'est pas pourquoi lui a prédit la crise mais pourquoi tous les autres ne l'ont pas fait. Il met en cause le fait que beaucoup d'analyste aime se cacher dans le troupeau, que la pression est forte pour générer un certain discours en période faste... Pour ma part, je trouve la question: "Pourquoi lui?" intéressante même si je risque de tomber dans la psychologie de bazar.

Le personnage qui dit "le roi est nu" dans le conte d'Andersen est un enfant car seule sa naïveté lui permet d'offenser ainsi l'empereur. Toutes les personnes adultes dans le conte font semblant de croire à la fiction. Roubini n'est pas un enfant mais des éléments dans son parcours font qu'il n'est pas irrationnel que lui, plutôt qu'un autre, se soit retrouvé dans la situation d'être la cassandre de la crise. Roubini est en effet une forme d'outsider: il a fait ses études en Europe (il a un très fort accent) et il n'a rejoint les Etats-Unis que pour son doctorat à 30 ans. Quand on arrive à 30 ans dans un système, il est plus facile de porter sur lui un regard critique que si on est le fils d'un mandarin par exemple.

De plus, il n'est pas une personnalité reconnue avant la crise: depuis son poste relativement modeste (dans le "pecking order" académique américain) d'enseignant à la Stern School of Business de NYU, sa voix ne portait pas beaucoup. S'il avait été plus loin dans sa carrière (mettons qu'il ait eu une chaire à Harvard par exemple), le champ de contraintes autour de lui aurait été plus resserré. Avançant dans sa carrière, il aurait sans doute eu des rapports plus étroits avec Wall Street qui l'auraient incité à mettre de l'eau dans son vin. Aussi, s'il avait véritablement gêné (au point que ses déclarations aient assez de retentissement pour inquiéter les marchés par exemple ou s'il avait eu l'oreille d'un politique), sa hiérarchie lui aurait sans doute demandé de se calmer. Il est d'ailleurs probable que son discours "contrarian"* et pessimiste avait déjà eu des effets négatifs sur sa carrière (en y posant un "glass ceiling" par exemple).

Ce n'est pas par hasard que l'économiste qui apparaît aujourd'hui comme ayant prédit la crise n'ait connu qu'une faible exposition médiatique avant celle-ci. Ce n'est pas un "bug" du système, c'est une "feature" (expression qui veut dire que le système était conçu pour qu'un économiste tenant ce genre de discours n'accède pas à une position de proéminence).

Voici la vidéo. Et un extrait de son intervention:

“there were a small but significant number of economists, thinkers and analysts who – early on – predicted many of the risks and vulnerabilities that eventually led to this crisis. In many ways I simply connected the dot in these different strands of thinking and warnings.

Among a few others Robert Shiller was one of the earliest ones to study in detail and warn about a housing bubble; Kenneth Rogoff and a few other economists warned early on about the unsustainability of the US current account deficits and of the global imbalances; Raghu Rajan presented one of the earliest and sharpest analyses of the agency problems and incentive distortions deriving from compensation schemes in financial institutions; Nassim Taleb and a few other finance scholars stressed the risk of fat tail extreme events in financial markets; Paul Krugman – who received his Nobel for his trade contributions – was the father of currency and financial crisis theories in international macro as at least three generations of currency crisis models were developed from his seminal work; Stephen Roach, David Rosenberg and a few other financial sector analysts warned about the shopped-out, saving-less, bubble-addict and debt-burdened US consumer ; Niall Ferguson provided vivid comparisons between historical episodes of financial crises and current vulnerabilities; Hyun Shin and other scholars in academia provided early modeling of illiquidity and of the perverse effects of leverage during asset bubbles; William White and his colleagues at the BIS were among the first – following the scholarship of Hyman Minsky – to analyze how the “Great Moderation” may paradoxically lead to “Financial Instability”, asset and credit bubbles and financial crises; Gillian Tett and a few other journalists at the Financial Times provided early clear explanations of the arcane complexity of credit derivatives and structured finance and of the systemic risks deriving from these new exotic financial instruments; dozen of serious and deep thinking scholars in academia modeled analytically – and tested empirically - the various aspects of systemic financial crises and the interactions between currency crises, systemic banking crises, systemic corporate and household debt crises and sovereign debt crises.

Given the important work done by these and other scholars and thinkers it was certainly easier for me to connect the analytically and empirical dots and warn early on in the middle of 2006 about the incoming economic and financial tsunami. It is important to recognize that a small but significant number of thinkers were willing to think outside the box and were aware of many risks and vulnerabilities. These thinkers - like myself - were not Dr. Dooms; they were rather Dr. Realists, analytically rigorous and intellectually honest and willing to engage in critical thinking rather than follow the herd of the easy consensus.”

Obama entérine des dérives Bushistes

(Post écrit pour l'essentiel il y a deux semaines)

Le vendredi 22 mai, Obama a fait un discours qui le place dans continuité de Bush sur les entorses à la constitution faites dans le but de "lutter contre le terrorisme". L'administration Obama a renoncé a utilisé le vocable de GWOT (Global War On Terrorism) mais à part ce changement sémantique, il semble que beaucoup de pratiques vont rester similaires à ce qu'elles étaient sous W.

Obama indique que son administration pourra recourir à des "détentions préventives" en dehors de toute procédure judiciaire. Obama ne va donc pas replacer les Etats-Unis dans la continuité des valeurs dont ils se sont réclamés historiquement. Il va au contraire, en entérinant les régressions bushistes, en modifier la trajectoire durablement.

Evidemment, la menace asymétrique est un fait relativement nouveau qui met les gouvernements face à un dilemme: que peuvent-ils ou non se permettre dans le but louable d'éviter le massacre de leurs concitoyens? A cette menace asymétrique s'ajoute une asymétrie dans l'information qui complexifie le problème dans un contexte démocratique: les gouvernements savent plus (du moins on peut l'espérer) que l'homme de la rue en matière d'activités terroristes. Dick Cheney, dans ses réponses à Obama sur la torture, ne s'est pas privé d'invoquer des documents "secrets" qui démontreraient selon lui que la torture était justifiée et qu'elle avait "sauvé des vies". Il a demandé à ce que ces documents soient déclassifiés et il faut bien reconnaître que si des documents prouvent par exemple qu'une grande ville aurait été rayée de la carte sans le "water boarding" d'un individu, les défenseurs des libertés publiques de tout poil vont avoir beaucoup de mal à avancer que dans le cas spécifique, cela n'était pas justifié. Encore faut-il croire Dick Cheney ce qui n'est pas du tout recommandé par El Blogo: cet homme n'a pas arrêté de mentir comme un arracheur de dents durant toute sa vice-présidence.*

Ces scénarios de science fiction à la Jack Bauer ne sont que cela: des mythes destinés à faire acquiescer la population à des pratiques barbares. On peut penser que l'exécutif a parfois recours à des méthodes illégales en cas de risque imminent. Jed Bartlett, le bon président démocrate de la série "West Wing" fait par exemple liquider le chef d'un cartel de la drogue en Amérique du Sud dans un épisode. Il n'en reste pas moins que le caractère illégal de ces méthodes est un rampart essentiel contre leur industrialisation.

Le problème est quand la torture devient une pratique institutionnelle et c'est la situation que Bush, aidé par ses conseillers juridiques, a créée. Concomitamment , des manuels sur la torture sont rédigés. Des "procédures standards" sont définies. De plus en plus de personnels de l'Etat, civils et militaires, sont compromis (exécuter un ordre n'exonère pas de responsabilité juridique en la matière selon le droit international). Ces personnels, formés à la torture, deviennent les complices de l'Etat dans des pratiques qui deviennent de plus en plus inhumaines et leur sort personnel devient lié à la poursuite ou du moins au "cover up" de la torture (d'où le risque aujourd'hui pour Obama de se mettre la CIA à dos s'il se prononce pour des poursuites - il s'est d'ailleurs prononcé contre). On apprend ici ou que tel prisonnier a été mutilé, que tels autres ont fait l'objet d'exécutions sommaires. L'adversaire ce faisant perd son humanité même pour ceux qui ne torturent pas directement mais qui savent qu'on torture "ces ordures" etc...

Le problème de la torture est désormais réglé (sauf les poursuites des tortureurs auxquelles s'opposent Obama mais auxquelles les Etats-Unis sont en principe contraints par les traités qu'ils ont signés). Il faut noter que l'essentiel de ces pratiques avaient déjà pris fin aux Etats-Unis avant l'arrivée d'Obama (devant leur inefficacité semble-t-il). Il n'en demeure pas moins que sur les détentions prolongées, Obama est en train de formaliser ce qui échappait sous Bush à un cadre juridique. En d'autres termes, grâce à son sourire, il souhaite rendre légales des pratiques que Bush n'osait que "sous le manteau". Bush en a sans doute rêvé, Obama le fait. Reste à espérer que la cour suprême mettra le hola à cette attaque frontale contre la constitution américaine et les traités qui engagent les Etats-Unis.

L'infrastructure et les pratiques mises en place dans la lutte contre le terrorisme peuvent avoir des répercussions dans la vie réelle et c'est pour ça que les démocraties ont plus que jamais besoin de citoyens exigeants en matière de libertés publiques. Les excès de la no-fly-zone qui interdit à des milliers de personnes de diverses nationalités d'utiliser des vols commerciaux au dessus des Etats-Unis en sont un exemple (extra-judiciaire et arbitraire, il est très difficiles de s'en faire sortir). Un autre exemple (inattendu) est le fichage systématique d'individus comme celui de Julien Coupat qui a été signalé aux autorités françaises par les autorités américaines en janvier 2008 à la suite d'une manifestation aux Etats-Unis qui a donc attiré initialement l'attention sur lui. Attention qui ne lui a pas plus réussi qu'au gouvernement qui ne sort pas grandi de cette affaire (et qui a sorti ce faisant un illuminé de l'obscurité en lui conférant un statut de prisonnier politique - Alliot-Marie devrait vraiment sauter sur ce coup**). Comme quoi en fichant n'importe qui, n'importe comment, on finit par faire n'importe quoi. Les écoutes sans contrôle judiciaire sont encore un autre exemple etc... On ne peut pas dire que depuis le 11 septembre les citoyens américains aient brillé par leur capacité à s'opposer aux desseins de leurs dirigeants en cette matière. A en croire les sondages, les américains sont d'ailleurs toujours très ambivalents, à la fois sur la torture et sur la fermeture de Guantanamo.

A noter: les méthodes inouïes de la police américaine. Il y a trois semaines, 4 individus ont occupé l'espace médiatique parce qu'ils avaient voulu faire un attentat dans l'Etat de New York. Heureusement, les bombes étaient factices car elles avaient été fournies par... le gouvernement. C'est une taupe du FBI qui avait recruté et fourni le plan à ces quatre homme trouvés dans (ou aux abords - on ne sait pas) d'une mosquée, qui avaient tous fait de la prison préalablement et qui ont été convaincu de faire cet attentat à coup de shit pour l'un ou de promesses de payer les frais médicaux d'un proche pour l'autre. Histoire ahurissante qui tombait à point nommé alors que le sort de du camp de Guantanamo était débattu et qu'on inquiétait les américains à l'idée que si on fermait le centre, des terroristes pourraient être relâchés dans la nature aux Etats-Unis. Voir également ce lien. C'est ce genre d'opérations de propagande répétées ad nauseum depuis 8 ans qui ont réduit les américains à perdre leur boussole sur la torture, les conventions de Genève et le respect des règles de droit.

* N'oublions jamais la médiocrité totalement radicale de cet homme qui, non content d'avoir obtenu 5 "deferments" pour le Vietnam (exemption pour une guerre qu'il soutenait par ailleurs), a supervisé le déchaînement littéralement sadique contre certains détenus de Guantanamo (on parle de deux cas où plus de 100 waterboarding auraient été pratiqués sur deux individus différents en quelques semaines). Cheney voulait obtenir de ces détenus des renseignements sur les liens entre l'Irak et le 11 septembre. Ce véritable psychopathe a donc fait torturer des gens spécifiquement pour obtenir des confessions bidons afin de déclencher une guerre bénéficiant directement à la société qu'il venait de quitter (Halliburton). Non décidément il est vraiment ce qui se rapproche le plus dans la vraie vie de Ernst Blofeld. El Blogo s'excuse du conditionnel employé trop souvent dans cette digression sur Cheney: il s'agit d'un résumé de mémoire sur "la torture et Dick Cheney" basé sur mes lectures des dernières semaines notamment sur TPM, je n'ai pas pris le temps de rechercher pour pouvoir affirmer avec plus d'exactitude et créer des liens.
** Le fait qu'Alliot-Marie ne saute pas donne l'impression que Sarkozy ne réalise pas que c'est une affaire grave (qu'il ait été décisionnaire sur la question ou pas). Incarcérer un homme pendant 6 mois alors que tout le monde sait que les charges sont inexistantes (sinon pourquoi ses complices putatifs auraient-ils été libérés les uns après les autres?) est un acte gravissime. Si l'homme en question est un opposant politique, c'est une faute majeure. Il y a sûrement des inculpations pour la sédition ou la subversion mais ce n'est pas ce qui lui était reproché. Son incarcération est donc un scandale sans nom. A noter que j'ai vu une émission avec l'éditeur du livre qu'on impute à Coupat et qu'il est clair que l'idéologie qui s'en dégageait semblait compatible avec des actes de sabotage, voire pire. Il n'en demeure pas moins que se perdre en conjectures et tirer des conclusions à la va-vite est admissible si on écrit sur El Blogo par exemple(!), mais ça n'est certainement pas un standard acceptable quand on a le monopole de la violence légale (ce qu'El Blogo ne revendique pas - heureusement pour le postérieur d'un certain nombre de banquiers).

samedi 6 juin 2009

Les élucubrations du trésor américain

Les Etats-Unis projettent un déficit de 13% du GDP cette année. Selon Wikipedia l'augmentation de la dette en 2009 sera à peine inférieure aux recettes fiscales: $2,7 trillions contre $2.56 trillions. Ces données sont provisoires et optimistes. Tout comme les projections grotesques de Geithner qui voient le déficit à 3% du GDP à nouveau dans quelques années (voir graphe ci-dessous). Les Etats-Unis ont fait banqueroute, il ne suffit plus que de dire "le roi est nu". Le problème c'est que pour l'instant il n'y que El Blogo qui le dise clairement.

Quand tout le monde commencera à comprendre qu'à force de vouloir préserver les banques (le rebond boursier n'est pas autre chose que la conséquence de l'afflux d'argent public dans les sociétés financières), le déficit 2010 sera en fait pire que 2009 et que le graphe ci-dessous n'est que de la poudre aux yeux, il va y avoir un vrai vent de panique.

Alors évidemment, la bourse aura tenu 6 ou 12 mois de plus... L'aggravation est cependant inéluctable et prévisible, exactement comme la crise du subprime. Et le public est toujours plongé dans la même ignorance crasse. Pourtant, maintenant, on ne peut pas dire qu'on ne sait pas où il faut regarder...

You read it here first!

Pot Pourri

La FED ne peut pas perdre. Il semble qu'elle soit sur le point d'hériter de beaucoup des prérogatives de la SEC. Cette dernière n'a pas brillé pendant la crise mais elle n'a pas l'honneur de l'avoir causée comme la FED. Evidemment, avec Larry et Timmy aux manettes, on ne pouvait sans doute pas espérer mieux.

Le frisson Obama. J'ai appris que j'avais frôlé Michelle, Sasha et Malia quand elles sont venues visiter la tour eiffel hier soir. C'était presque aussi incroyable que de rencontrer Camélia Jordana. Aujourd'hui, il y a un ballet d'hélicoptères continuel au-dessus de Paris. C'est bien simple: j'ai l'impression d'être à Manhattan. Pour finir sur ce séjour en France d'Obama, on dit que le séjour est court mais n'est-ce pas une sanction contre l'empressement de Sarkozy? Il a évincé la reine en dépit de la demande de son invité: le retour de bâton est compréhensible. Dicton légèrement modifié: "Qui trop étreint, mal embrasse".

Cela date un peu déjà mais le gouvernement anglais n'a pas voulu rendre public les résultats des stress-tests locaux de peur que "cela ne crée de l'instabilité sur les marchés". Rassurant. Formule exacte: "Disclosure of the results “at this time may lead to uncertainty in financial markets, either in relation to specific institutions or more generally,” the Treasury said"

Bill Gross, le pape du marché des obligations américaines, prédit un abaissement de la dette AAA américaine mais "dans longtemps". Je suis d'accord car avant que cela ne se produise, il faudra d'abord que toutes les notes des autres pays soient abaissées. Et cela a évidemment plus à voir avec la nationalité des agences qu'avec la véritable santé économique des Etats-Unis.

La phase 2 de la crise. Nous sommes désormais dans une autre phase de la crise. Les banques étant partout peu ou prou garanties par les Etats, on ne peut plus redouter la faillite d'une banque. Il est venu le temps, non pas des cathédrales, mais des crises monétaires. Il n'est cependant pas impossible que ce soit à la faveur des annonces d'une ou plusieurs banques que ces crises se déclenchent.

Arlette Chabot et les sondages

Un point particulier a attiré mon attention dans la série de petits extraits que j'ai vus de l'émission d'Arlette Chabot qui est partie en vrille jeudi soir. Bayrou a fait dans la "conspiracy theory" en disant qu'un sondage commandité par des chaînes publiques et "Le Monde" pouvait avoir eu pour objectif de le faire apparaître dans une position affaiblie juste avant l'élection. Arlette Chabot est consternée par cette mise en cause de l'intégrité des sondeurs et de la chaîne.

C'est au coeur d'une question que je me pose souvent: quel crédit accorder aux sondages en général?

J'ai une réponse simple: les sondages forment l'opinion au même titre que la télé ou les journaux. Il n'y donc aucune raison qu'ils ne soient pas soumis aux mêmes jeux d'influences que ceux-ci. Mais il y a la rigueur scientifique me direz-vous. Les agences de notation ont démontré que dans ce genre d'interaction, c'est le commanditaire qui fait la loi. Alors tous pourris les sondeurs? Non, mais comme lorsqu'on lit des journaux, je pense que la vigilance est de mise. Je n'imagine pas qu'un grand institut de sondage français puisse vous laisser choisir les résultats d'un sondage pourvu que vous le payiez. En revanche, jouer sur les marges d'incertitude statistique, manipuler les questions pour obtenir les réponses souhaitées sont à mon avis monnaie courante. Et puis si le sondage gêne on peut toujours ne pas le publier.

En gros, même si je ne soutiens pas Bayrou, le schéma qu'il décrit ne me paraît pas "ridicule" comme semble vouloir nous en persuader Arlette Chabot (il ne me paraît pas du tout "certain" non plus). Qu'à l'approche d'une élection, certains instituts s'emballent et qu'ils servent la soupe à des conseillers politiques amis ne me paraît pas hors de question comme semble le croire Arlette Chabot. Savoir si les élection européennes et Bayrou nécessitent ce genre d'intervention est plus difficile. Si c'est le cas, on se demande si un sondage TF1/Le Figaro n'est pas un véhicule plus naturel à une attaque Sarkozyste anti-Bayrou qu'un sondage Le Monde/Chaînes publiques.

Quoi qu'il en soit, ce que veut Arlette Chabot, c'est que le téléspectateur s'indigne avec elle qu'on puisse remettre en cause des institutions (au sens large) comme France 2, Le Monde et un institut de sondage. Cette demande est exorbitante. Une bonne dose de scepticisme et d'esprit critique chez les citoyens est un ingrédient essentiel de la démocratie. Le respect des institutions et la confiance que la société ont en elles permettent la vie en société. Mais ces institutions doivent prouver chaque jour au peuple qu'elles sont à la hauteur de la confiance qu'il leur porte. La confiance aveugle qui plairait à Mme Chabot est mauvaise conseillère (les banques aux Etats-Unis en sont un exemple mais à une moindre échelle, Enron ou le Crédit Lyonnais en sont d'autres exemples). Alors oui, on peut soupçonner un institut de sondage et ses commanditaires de collusion avec des intérêts politiques. On peut aussi plus prosaïquement les soupçonner de nullité comme en 2002 où le scénario de la présidentielle n'avait été ne serait-ce qu'envisagé par aucune d'entre elles (si je me souviens bien).

Arlette Chabot doit donc réaliser qu'aucune institution n'a le droit à une confiance inconditionnelle et que nous traversons précisément une période où, à juste titre devant leurs échecs patents, beaucoup d'entre elles pourraient voir leurs statuts et leur rôle contestés. Evidemment, le credo du blogo est que c'est beaucoup plus le cas aux Etats-Unis mais certaines évolutions récentes en France invite à toujours plus de vigilance (le cliché éculé n'est-il pas que les Etats-Unis ont vingt ans d'avance sur nous?).

Note: Les sondages ont un rôle complètement stratégique quand une campagne de propagande tente de gagner l'opinion à une cause comme ce fut le cas en 2003 sur l'Irak aux Etats-Unis. A ce moment là, j'avais vu de visu que le Washington Post avait manipulé sans vergogne des résultats (en allant sur le site de gallup, on constatait que les chiffres bruts étaient en contradiction avec l'article en rendant compte). Surtout, après les manifestations massives du 15 février, il y a eu une période très longue (au moins une semaine si je me souviens bien) où aucun sondage n'avait été publié.
Paradoxalement, cette expérience renforce plutôt mon image des sondages: si on ne les publie pas quand ils gênent, cela veut bien dire qu'on ne peut pas purement et simplement en acheter les résultats. On ne peut cependant généraliser et il en va très probablement des sondages comme du reste: selon les pays, les époques et les sujets, ils sont le résultat d'un processus parfois très intègre, parfois moins.

Richard Fisher à la FED de Dallas

Article sur Richard Fisher, Président de la FED de Dallas. Il affiche son opposition à la monétisation de la dette qui a commencé avec le rachat de $300 milliards de treasuries par la FED. Il dévoile qu'avant chaque meeting de la FED qui détermine sa politique, il contacte 50 CEOs aux Etats-Unis et dans le monde pour prendre le pouls de l'économie. Quel pourcentage de banques, Mr Fisher? Pourquoi ne pas appeler des responsables politiques, administratifs, syndicaux ou des "community organizers"? Eux pourraient vous dire si le marché immobilier est devenu fou par exemple... Il nous dit aussi que de tout temps, les politiciens ont recouru à l'inflation pour effacer des dettes devenues trop importantes et qu' "on ne peut laisser ça arriver". Ca fait sourire.

"Throughout history," he says, "what the political class has done is they have turned to the central bank to print their way out of an unfunded liability. We can't let that happen. That's when you open the floodgates. So I hope and I pray that our political leaders will just have to take this bull by the horns at some point. You can't run away from it."

Good luck with that.

Le grand écart d'Obama

Lors de la cérémonie de signature d'une loi, Obama rappelle doctement que "son équipe est là pour servir le peuple américain contre les intérêts particuliers". Le problème est que la loi en question a cédé précisément à ces intérêts particuliers dans une de ses dispositions majeures, n'autorisant finalement pas à un juge de modifier un emprunt hypothécaire. "Media Matters", une organisation "watchdog" des médias dénonce ici la manière dont le NYT a traité le sujet: pro-banques jusqu'à ce que la loi passe et dénonçant cette concession seulement après le passage de la loi. (via Atrios)

NYT:

As he often does, President Obama took the opportunity in a bill-signing ceremony last month to remind Congress "to do what we were actually sent here to do -- and that is to stand up to the special interests, and stand up for the American people."

But Mr. Obama did not mention that the measure he was signing, the Helping Families Save Their Homes Act, was missing its centerpiece: a change in bankruptcy law he once championed that would have given judges the power to lower the amount owed on a home loan.

It had been stripped out three weeks earlier in a showdown between Senate Democrats and the nation's banks, including many that are getting big government bailouts.


Addendum: toujours dans la catégorie "liberal media": pourquoi Liz Cheney (la fille) passe-t-elle autant à la télé?

L'indispensable Glenn Greenwald

Greenwald met en parallèle la demande d'Hillary Clinton aux autorités chinoises d'ouvrir une enquête sur Tiananmen et les agissements des Etats-Unis ces dernières années. En particulier les efforts frénétiques conjoints de l'administration et du congrès pour éviter une enquête sur la torture sous le "Bush Regime". Ames sensibles s'abstenir: c'est une boucherie.