lundi 21 septembre 2009

Optimisme

Bernanke pense qu'on est sorti de la récession. Son protégé Krugman aussi. La bourse atteint des niveaux qui fait désormais douter les plus bullish et qui font ressembler l'économie US à ces visages trop opérés et trop bottoxés par un chirurgien esthétique hors de contrôle (Bernanke). Les américains en tout cas ne sont pas dupes: 86% d'entre eux pensent qu'ils sont encore en récession.

vendredi 18 septembre 2009

Post-It (2)

Un article édifiant sur comment les minorités ethniques américaines ont été particulièrement visées par les campagnes visant à écouler du subprime. Publicité dans les médias de minorité, séminaires de "wealth management" menés par des employés noirs de Wells Fargo (il a été dit à un blanc qui devait y participer qu'il était "too white") à destination d'audience noire... Pour ceux que le subprime n'avait pas encore réussi à révolter. (via Atrios)

Graphe de Calculated Risk basé sur des chiffres de la FED. Au second trimestre, la richesse des ménages américains avait baissé de $12,2 trillion par rapport au pic (la bourse a beaucoup monté depuis donc la situation doit être moins grave aujourd'hui). A noter le caractère illusoire de la richesse accumulée depuis la "récession avortée" de 2001.

Good for Obama. Les Etats-Unis abandonnent leur projet foireux de bouclier antimissile en Europe. Ce programme n'a jamais vraiment tenu la route mais il avait des partisans farouches à Washington. Les américains ont-ils réussi à obtenir des choses de la Russie contre cet abandon? Une position plus dure sur l'Iran par exemple? Normalement non car ce programme n'avait pas vraiment de crédibilité. Je pensais que les américains le garderait peut-être actif comme un épouvantail. Ont-ils sacrifié l'épouvantail contre quelque chose?

Friday Plane Blogging

Bush wannabee

Lien 1

Lien 2

Be my guest.

jeudi 17 septembre 2009

Helicopter Ben

Via TBP.

mercredi 16 septembre 2009

Post-It (1)

Super graphe dynamique du NYT sur les capitalisations boursières des banques pendant la crise. A voir et à revoir. (via TBP)

Article du Huffington Post expliquant comment la FED contrôle le discours économique aux Etats-Unis. Cela rejoint un peu la thèse du Blogo selon laquelle un Roubini ne pouvait sortir d'une institution "top tier" car son discours allait trop contre l'orthodoxie ambiante pour être toléré à Harvard ou à... Princeton (d'où vient Krugman et où il a été nommé avec le soutien de Ben Bernanke - CQFD). Un autre phénomène qu'on peut noter dans ce registre est le perpétuel encensement des dirigeants de la FED dans les médias. Ce sont toujours des "Maestros", ils ont toujours sauvé le monde, limite thaumaturges... Le culte de la personnalité qui entoure un président de la FED et digne d'un Kim Jong Il ou d'un Ceaucescu. C'est très ridicule mais ça en dit long sur la structure du pouvoir aux Etats-Unis. Vous pouvez critiquer les démocrates et les républicains mais la FED, c'est une autre histoire... Le consensus bipartisan qui transcende les partis sur la FED (quelle que soit sa responsabilité accablante dans la catastrophe récente) a encore été confirmé par la reconduction de Ben Bernanke par Obama. La politique monétaire est en dehors du champs politique aux Etats-Unis. C'est envisageable si elle a pour but la tâche ingrate et simple de contenir l'inflation (modèle européen en théorie). Le débat politique peut alors légitimement porter non pas sur ses actions mais sur ses objectifs. Si elle est en revanche utilisée créativement par une oligarchie bancaire pour satisfaire ses propres intérêts, c'est une autre histoire.

Je connaissais les images d'avions qui s'entassaient dans le désert du mojave lors des crises économiques. Celle-ci nous fait découvrir de nouvelles images: les portes-containers au mouillage près de Singapore (via TBP):

mardi 15 septembre 2009

Dylan Ratigan, l'Edward Murrow de la crise?

Eward Murrow est un journaliste américain qui s'était courageusement levé contre le McCarthysme (voir le film "Good Night, and Good Luck"). Dylan Ratigan, un copain de Barry Ritholtz (du site "The Big Picture" que je cite souvent), semble marcher dans ses pas en s'en prenant à un pouvoir plus formidable encore: les banques et le Congrès godillot qui lui sert la soupe. TBP a publié le message anniversaire du bailout de Ratigan avec son autorisation. Je le reproduis sans autorisation en espérant que cela me sera pardonné. Il met en cause l'oligarchie bancaire et les médias de manière très violente (comme il se doit). C'est assez extraordinaire vu sa situation chez MSNBC.

Ratigan dit notamment que l'automne 2008 a été un révélateur pour lui. C'est vrai que, comme lors de la guerre en Irak*, la crise a laissé éclaté au grand jour le dysfonctionnement radical de la démocratie américaine avec des mesures exclusivement destinées à assurer la pérennité de banques comme s'il fallait récompenser leur comportement antisocial. En période de crise la main de fer ne s'embarrasse plus du gant de velours.

Cette sortie de Dylan Ratigan reflète l'urgence de la situation. Something's got to give.

The American people have been taken hostage to a broken system.

It is a system that remains in place to this day.

A system where bank lobbyists have been spending in record numbers to make sure it stays that way.

A system that corrupts the most basic principles of competition and fair play, principles upon which this country was built.

It is a system that so far has forced the taxpayer to provide the banks with the use of $14 trillion from the Federal Reserve, much of the $7 trillion outstanding at the US Treasury and $2.3 trillion at the FDIC.

A system partially built by the very people who currently advise our President, run our Treasury Department and are charged with its reform.

And most stunningly — it is a system that no one in our government has yet made any effort to fundamentally change.

Like health care, this is a referendum on our government’s ability to function on behalf of the American people. Ask yourself how long you are willing to be held hostage? How long will you let our elected officials be the agents of those whose business it is to exploit our government and the American people at any cost?

As hostages — was there any sum of money we wouldn’t have given AIG?

Why did we pay Goldman Sachs and all the other banks 100 cents on the dollar for their contracts with AIG, using taxpayer money, while we forced GM and others to take massive payment cuts?

Why hasn’t any of the bonus money paid to the CEOs that built this financial nuclear bomb been clawed back?

And more than anything else — why does the US Congress refuse to outlaw the most anti-competitive structure known to our economy, one summed up as TOO BIG TOO FAIL?

It has become startlingly clear that we as a country, and I as a journalist, had made a grave error in affording those who built and ran those banks and insurance companies the honorable treatment of being called capitalists. When in fact the exact opposite was true, these people were more like vampires using the threat of Too Big Too Fail to hold us hostage and collect ongoing ransom from the US Government and the American taxpayer.

This was no unlucky accident. The massive spike in unemployment, the utter destruction of retirement wealth, the collapse in the value of our homes, the worst recession since the Great Depression all resulted directly from these actions.

Even with all that — the only changes that have been made, have been made to prop up and hide the massive flaws on behalf of those who perpetuated them. Still utterly nothing has been done to disclose the flaws in this system, improve it or rebuild it.

Last fall was an awakening for me, as it was for many in our country.

And yet, our Congress has yet to open its eyes, much less do anything about it. In fact conditions have never been better for the banks or worse for the rest of us.

Why is this? Who does our Government work for? How much longer will we as Americans tolerate it? And what, if anything, can we do about it?

As we approach the anniversary of the bailouts for our banks and insurers — and watch the multi-trillion taxpayer-funded programs at the Federal Reserve continue to support banks and subsidize their multibillion bonus pools, we must ask if our politicians represent the interests of America? Or those who would rob America of its money and its future?

As a country, we must demand that our politicians stop serving those whose business models are based on systemic theft and start serving those who seek to create value for others — the workers, innovators and investors who have made this country great.

Note: Ratigan rejoint Matt Taibbi en utilisant le terme vampire (cf la désormais célèbre sortie de Taibbi sur GS: The world's most powerful investment bank is a great vampire squid wrapped around the face of humanity, relentlessly jamming its blood funnel into anything that smells like money.)

Jour 2 de ma panne d'internet

Je n'ai plus d'internet depuis hier. J'ai appelé Numéricable cet après-midi et j'ai un rendez-vous pour lundi. C'est assez standard: tous les deux trois mois j'ai des interruptions de service pouvant durer jusqu'à une semaine. La dernière fois, un cable avait été sectionné dans les parties communes. NSA? CIA? ILS NE ME FERONT PAS TAIRE!

lundi 14 septembre 2009

Le mystère Apple

Le mystère Apple. Les nouveaux ipods "nano" sont sortis la semaine dernière. Selon Apple $1 = 1€ (pour le nano 8Go, c'est $149 aux Etats-Unis et 149 € en France). Je ne sais pas si cela est vrai sur toute la gamme des produits Apple mais je me souviens avoir acheté un ordinateur ASUS aux Etats-Unis l'été dernier et la différence de prix reflétait en gros le taux de change de l'époque (aujourd'hui: $1,46 = 1€).

Je ne comprends pas vraiment ce phénomène. La pression concurrentielle n'est-elle pas similaire dans les deux zones? Comment le prix relatif peut-il être optimal dans les deux zones à la fois?

Addendum: un commentaire me signale que la TVA à 19,6% explique une partie de la différence. Indeed.

dimanche 13 septembre 2009

"La peur n'était pas une excuse pour justifier la torture."

Encore un message du beatnik qui écrit le blogo et qu'on imagine volontiers avec une fleur dans les cheveux (longs, naturellement)? Non. Ca n'est pas moi qui le dit mais des anciens responsables militaires très hauts placés* (dont un ancien commandant du corps des "marines"). Extrait qui nous confronte à l'énormité de ce qui s'est passé depuis 2001 et que nous avons, bon an mal an, accepté sans broncher**:

... we never imagined that we would feel duty-bound to publicly denounce a vice president of the United States, a man who has served our country for many years. In light of the irresponsible statements recently made by former Vice President Dick Cheney, however, we feel we must repudiate his dangerous ideas -- and his scare tactics.

We have seen how ill-conceived policies that ignored military law on the treatment of enemy prisoners hindered our ability to defeat al Qaeda. We have seen American troops die at the hands of foreign fighters recruited with stories about tortured Muslim detainees at Guantánamo and Abu Ghraib. And yet Cheney and others who orchestrated America's disastrous trip to ``the dark side'' continue to assert -- against all evidence -- that torture ``worked'' and that our country is better off for having gone there.

* Charles C. Krulak was commandant of the Marine Corps from 1995 to 1999. Joseph P. Hoar was commander in chief of U.S. Central Command from 1991 to 1994.
** En effet: où est la condamnation internationale des pratiques américaines? Une condamnation française du "pays des droits de l'homme"? Nous sommes prêts à faire les gros yeux sur la torture à des dictateurs africains mais pas aux Etats-Unis... Sans parler de ceux qui n'ont pas manqué une occasion ces dernières années d'éructer contre un anti-américanisme supposément maladif pour tenter de faire taire la critique. Etre contre la torture et les guerres d'agression basées sur des prétextes mensongers n'est pas une maladie.

Social-traître

Warren Buffett dit aux congressmen américains que les riches ne payent pas assez d'impôts. Je crois malheureusement qu'il ne leur apprend rien: les congressmen sont payés par ces mêmes riches pour que leurs impôts restent bas. They should know!

Buffett est coutumier du "riches bashing".

Pour ce qui est de l'impact de la discussion sur les députés, à en croire un centriste démocrate, les riches n'ont pas de soucis à se faire (no shit!). Ben Nelson pense qu'il y a "d'autres moyens de payer que d'augmenter les impôts". Bah oui Ben, ça s'appelle la dette.

Sen. Ben Nelson, a centrist Democrat from Nebraska, said he wasn’t sure whether Buffett’s chat would embolden his colleagues to raise taxes.

“I don’t know that people will move toward tax increases,” he said in reference to healthcare reform funding. “Tax is still for a four-letter word, and I think there are other ways to pay for this than raising taxes.”

Libération du "shoe thrower"

Muntazer al-Zaidi, le journaliste qui avait balancé une chaussure sur Bush, doit être libéré demain. Voilà un pari réussi: il a pris un risque important et il a maintenant un statut de héros en Irak et sans doute dans le monde entier. En sortant de prison, il va donc pouvoir profiter de son nouveau statut, mérité pour une fois (ça n'est pas tous les jours qu'un journaliste devient une star en s'opposant au pouvoir plutôt qu'en lui servant la soupe).

vendredi 11 septembre 2009

Friday Plane Blogging

(Cliquez sur la photo pour agrandir)

jeudi 10 septembre 2009

Post-It (3)

Meredith Whitney (analyste devenue star en tirant l'échelle sous Citigroup et le système bancaire quelques mois avant que tout n'implose) recommande Goldman Sachs à l'achat. A propos des banques, elle dit: "la crise est passée mais les fondamentaux ne se sont pas améliorés".

Kevin Harrington de Clarium LLC parle d'une récession "saut à ski", une légère inflexion maintenant suivie d'une chute un peu plus rapide ensuite. “If we have a recovery at all, it isn’t sustainable. This is more likely a ski-jump recession, with short-term stimulus creating a bump that will ultimately lead to a more precipitous decline later." Sur la modification des règles comptables, il dit que ce n'est que repousser les problèmes: “We haven’t fixed the problem. We’ve just slowed down the official recognition of it." (via Bloomberg)

Barack Andropof. Cet article du Wapo montre comment derrière la politique de "retrait d'Irak" se cache souvent une augmentation du recours aux mercenaires. Si on enlève le strass et les paillettes, le passage de relais entre Bush et Obama fait plus penser à la succession Brejnef/Andropov qu'à Tchernenko/Gorbatchev. Deux apparatchiks totalement en ligne avec le le "soviet suprême américain" et bien décidés à ce que rien ne change.

Moody's ne pense pas baisser la note sur la solvabilité du Royaume-Uni. S&P a mis le Royaume-Uni en "negative watch".

Désobéissance civile

Voilà un titre qui va attirer l'attention des RG et donc augmenter la fréquentation de mon site (les RG n'existent plus je crois mais vous avez l'idée). Heureusement pour moi, je ne parle pas du contexte français mais américain.

C'est un contexte où selon le blogo: "Something's got to give" (quelque chose doit lâcher). C'est un peu la question qui me taraude en ce moment: comment la dernière bulle, la bulle de la confiance dans la capacité des contribuables à assumer les dettes qu'ils n'ont pas été capables d'assumer à titre privé, va exploser. Voici une liste (absolument pas exhaustive) de différents scénarios qui ne sont pas exclusifs les uns des autres:
- des statistiques économiques qui s'aggravent dramatiquement (inflation, rentrées fiscales...),
- une crise monétaire
- des défaites militaires
- des émeutes substantielles
- une fuite dans la presse d'éléments qui montrent que l'édifice économique qu'on nous présente est un village Potemkine et qui ne peuvent être ignorés par les marchés (si un juge obligeait la FED à documenter ses aides par exemple, ce qui pourrait arriver le 30 septembre - don't hold your breath...).

Pour tous ces problèmes, le gouvernement fait un effort sans précédent de contrôle de l'information ce qui contribue sans aucun doute à l'impression de stabilité. La planche à billets est l'instrument qui est censé transformer le plomb en or et donner de la crédibilité à la réalité économique factice construite devant nous. Qui plus est, les marchés qui avaient un peu de crédibilité dans la traduction des réalités économiques avant l'automne 2008 boivent désormais au sein de l'Etat et ça se passe plutôt bien (la saison des bonus 2009 s'annonce excellente, peut-être record - ils n'oseront peut-être pas l'afficher mais il doit y avoir des moyens de les minimiser publiquement). Les opérateurs de marché partout dans le monde ont donc intérêt à soutenir le village Potemkine. Sans compter les banques centrales, notamment chinoise à qui il incombe de sauver la mise au personnel politique chinois... Vous connaissez le refrain.

Il se peut aussi qu'il y ait un scénario 2.0, un scénario qui s'appuie sur l'internet:

Un blogger connu et respecté (je crois me souvenir que je l'ai vu cité par Paul Krugman ce qui établirait la chaîne de respectabilité suivante: Prix Nobel => Paul Krugman => blog RESPECTABLE), Yves Smith de "Naked Capitalism", fait de la publicité pour la vidéo suivante qui est l'appel d'une américaine qui paye 30% d'intérêts à Bank of America (il n'y a plus de taux de l'usure depuis à peu près 20 ans aux Etats-Unis) sur sa carte de crédit aux gens dans une situation comparable à cesser de rembourser (ou de payer ses intérêts plus exactement). Une grève du paiement de la middle class américaine qui se fait, il est vrai, littéralement tondre depuis le début de la crise (une loi améliorant précisément la qualité de la tonte des banques en cas de retournement de conjoncture avait été passée fort à propos en 2005 - elle rendait le processus de faillite personnelle moins protecteur). Voilà le résultat:

Je me disais depuis longtemps que puisque les banques n'étaient pas capables de gérer le nombre faramineux de foreclosure (évictions d'une maison) que leurs pratiques ont entraînées, beaucoup de gens allaient arrêter de rembourser leur emprunt immobilier en constatant que cela n'avait pas de conséquences pour leur voisin.
Il s'agirait là d'un pas de plus dans la même logique: les excès des banques sont tels qu'ils entraînent un refus des moutons de passer à la tonte. L'organisation du tout étant rendu possible par l'internet. Au coup d'Etat économique, on opposerait donc l'insurrection économique. Le résultat serait très certainement de faire fuir l'investisseur étranger même le mieux disposé. Voici donc un scénario de plus...

Post-It (2)

Le Wapo et le NYT font le point sur les Option Arms. Une variété de subprime qui va faire défaut dans les mois/années qui viennent. $170 milliards doivent "resetter" (quasi systématiquement faire défaut en absence de refinancement) dans les deux ans qui viennent. Une manière de dire que tout n'est pas encore fini. Je pense quand même que l'essentiel du choc est passé car ces produits n'existent plus depuis l'été 2007 et que la plupart avait une période de reset de 2 ans à trois ans. Les option arms pouvaient aller jusqu'à 5 ans mais je crois que c'est en gros la queue de comète. Qui plus est, il est dit dans l'un des articles que 35% de ces emprunts sont d'ores et déjà en retard de paiements. (via Atrios) A noter que certains de ces emprunts ont été refinancés par des emprunts d'organismes publiques come la FHA (de 3% à 23% du marché entre 2006 et aujourd'hui) ou les agences. Sans surprise, les défauts augmentent dans ces catégories. Encore le gouvernement qui tient à bout de bras des pans de l'économie.

Obama donne un speech clé ce soir sur le système de santé qui semble chaque jour devenir un peu plus son Waterloo. Barry Ritholtz regrette ici qu'il n'ait pas établi sa crédibilité en mettant Wall Street au carré dès son investiture ce qui aurait pu ouvrir la voie à des réformes substantielles dans tous les domaines. Après avoir tout cédé à Wall Street dans les premières semaines de sa présidence, il est clair qu'il ne fait plus peur à beaucoup de lobbyists aujourd'hui. Je me disais lors de son élection qu'un mélange de circonstances exceptionnelles, de chance et de résolution pourrait lui permettre de débloquer la crise politique américaine mais je dois bien reconnaître aujourd'hui qu'il n'a même pas essayé. Rien n'est jamais impossible mais là, il n'y a plus guère d'espoir. Nous verrons donc ce soir si Obama sort du rôle de lobbyist en chef dans lequel il semble se complaire.

Le S&P et le Nasdaq battent les plus hauts de l'année ce soir.

Evolution de l'encours de crédit à la consommation des foyers américains depuis la guerre. (via The Big Picture)

"END THE FED" ("Supprimer la FED") est le titre du dernier livre de Ron Paul, un membre de la chambre des représentants, obstétricien et ancien candidat aux primaires républicaines. Il est antiguerre et... antiFED. Ne vous attendez pas à voir une grosse couverture de son bouquin dans le triptyque (Financial Time, Wall Street Journal et The economist) ni sur les chaînes financières du cable.

L'or au-dessus de $1000. J'avais acheté de l'or mi-2007 à $670 dans l'idée qu'il allait faire une nouvelle poussée à $2000 (comme en 1981 ou 1982) à la faveur de la crise. Pari pour l'instant perdu. Il n'a pas dépéri non plus ceci dit.

Le dollar à 1,4554. C'est le monde à l'envers: le dollar baisse quand les gens reprennent confiance. C'est la relation très bizarre qui s'est instaurée entre le dollar et la confiance à la rentrée 2008. C'est à cette relation que tient le Ponzi Scheme américain aujourd'hui. Si un jour la baisse de la confiance faisait baisser le dollar, les prédictions apocalyptiques du blogo seraient en voie de réalisation.

mercredi 9 septembre 2009

Post-It (1)

A l'automne dernier, Bank of America a été plus ou moins contrainte de racheter Merrill Lynch qui avait fait faillite lamentablement. De manière stupéfiante, il a été décidé de renommer l'ensemble "Bank of America - Merrill Lynch" comme si la marque "Merrill Lynch" était porteuse d'un quelconque prestige. Ceci dit, il faut bien reconnaître que Bank of America avait fait faillite également...

Stephen Roach s'inquiète de l'évolution de l'économie chinoise. Il s'agit du seul économiste que je connaisse qui, alors qu'il travaillait pour une banque (Morgan Stanley), n'a eu de cesse de mettre en garde contre l'imminence d'une crise sans précédent dans les années 2000. Il explique qu'il était jusqu'à maintenant classé parmi les optimistes sur la Chine mais qu'il commence à avoir de sérieux doutes en raison des choix de politique économique chinois.

Nouvelles du blogo et appel aux lecteurs pour qu'ils le fassent connaître

J'ai reçu mon premier "relevé de compte" de Google Adsense. Les publicités que vous voyez sur le blog (parfois peu esthétiques) m'ont rapporté 10,80€. Il y a eu un mois exceptionnel, avril, qui a rapporté 5€ à lui tout seul. La crise atteignait alors son paroxysme. L'été a été très mou. L'audience a baissé par rapport à ses pics (!) mais j'ai posté peu de choses. Cela me motive en tout cas pour essayer d'offrir un service plus régulier et pour essayer d'élargir l'audience (un post par jour me semble être un absolu minimum même si cela implique que certains posts soient très courts - 1 ou 2 lignes avec un lien par exemple). Je vais essayer de limiter les posts "fleuves" qui refont le monde même si je me rends bien compte que c'est ma pente naturelle et que je ne les éviterai pas totalement. Je vais essayer aussi d'introduire prochainement une fonction qui permettra au lecteur de ne lire que l'introduction d'un poste et de décider s'il veut lire la totalité en cliquant sur "lire la suite". Qu'en pensez-vous? (répondre au sondage ci-dessous)
Souaitez-vous une fonction "lire la suite" pour les longs posts du blogo?
Oui, je ne lirais integralement que les posts qui m'interessent.
Non, je prefere que tout le texte soit en premiere page.
pollcode.com free polls

Je vais également essayer de limiter les posts comprenant trop d'anglais. Je ne m'interdis pas de poster des extraits de texte en anglais mais j'essaierai de faire en sorte que l'essentiel de l'information apportée soit accessible à des non anglophones. Qu'en pensez-vous? (répondre au sondage ci-dessous)
Trouvez vous que l'usage de l'anglais sur le blogo est:
Excessif. Je ne peux pas recommander ce site a des gens ne parlant pas anglais.
Acceptable. Un non anglophone ne comprend pas necessairement tout mais le site reste interessant sans trop de frustration.
pollcode.com free polls

Pour l'instant, je n'ai contacté qu'un seul site pour élargir l'audience, "Rue 89", qui m'a référencé trois fois dans sa section économie "Eco 89". Il semble que la personne avec laquelle j'étais en relation soit partie en congés maternité et depuis, plus de nouvelles. J'ai entrepris ce soir la démarche qui permet de se faire référencer sur "Google Actualités". Je vais essayer pour la première fois depuis la création du blog de faire un effort pour en augmenter l'audience. Pour la première fois, je fais donc appel à mes lecteurs pour qu'ils diffusent l'adresse du Blogo aux gens qu'il connaissent susceptibles d'être intéressés. Je crois que je vais continuer ce blog pendant un certain temps alors autant le faire savoir.

La crise est moins aigüe que par le passé et cela a naturellement un impact sur l'attention de mes lecteurs. Je suis ce qui s'écrit sur un grand nombre de blogs dédiés à la politique américaine et entre octobre et mai, ils se sont mis à parler énormément d'économie (sauvetage des banques, stimulus, effondrement boursier etc...). C'est bien fini aujourd'hui ce qui montre que le sujet n'est plus complètement central. Je crois toujours pour ma part qu'il s'agit de l'évènement politique le plus important de ce début de siècle et que la rémission à laquelle nous assistons actuellement n'est qu'un préalable à des évènements malheureusement plus graves susceptibles d'avoir des réverbérations politiques pendant les années (décennies?) à venir. El Blogo, tapi dans l'ombre, attend donc son heure mais en faisant des efforts pour augmenter son audience.

C'est l'occasion pour moi de digresser sur ce qu'est le blogo et ce à quoi il peut servir. Une forme de "Mission Statement" (lettre de mission). On peut lire "Chronique d'une crise annoncée" en sous-titre mais c'est un peu lapidaire et nous sommes désormais tellement enfoncés dans cette crise que le fait qu'elle ait été "annoncée" devient un peu secondaire. Je réfléchis à remplacer ce sous-titre par "Chronique de la chute de l'Empire". Cela décrit très exactement la perception et le pari du blogo mais j'ai peur que cela soit rebutant pour un certain nombre de lecteurs potentiels qu'une lecture assidue pourrait pourtant convaincre qu'il y a bien un empire et qu'il est mal en point. Le mieux est finalement de décrire l'objectif du blogo: démontrer que la crise économique aux Etats-Unis est le résultat d'une crise politique profonde qui expose le caractère exsangue de la démocratie représentative outre-atlantique complètement livrée aux "corporate interests" (intérêts privés). Pour ce faire, le blogo prend acte de la faillite des institutions journalistiques traditionnelles (guerre en Irak + crise économique) et s'appuie principalement sur les nouveaux médias.

Un dernier mot sur le référencement Google du blogo. Si vous cherchez "El Blogo" sur Google France ou Google US, c'est votre site préféré qui arrive en premier. Sur Google France, "blogo" seul suffira même à voir apparaître le blogo en première position. En revanche, sur google US, il y a encore du travail: il n'apparaît pas dans les 100 premiers résultats.

Note: dernière grande nouvelle, il semble que "blogo" ait été choisi pour signifier "blog" en Esperanto. Je ne l'avais pas vu précédemment donc j'imagine que c'est nouveau (je rappelle que "blogo" ne veut pas dire "blog" en espagnol).

lundi 7 septembre 2009

Krugman et les déficits...

"If the government tries to double taxes on people like me, it's in real political trouble. If it doesn't try to double taxes on people like me, it's in real solvency trouble." (via RGE Monitor, James Hamilton)

Du même Hamilton, en réponse à Krugman disant que les US sont à un niveau d'endettement bien inférieur à la fin de la seconde guerre mondiale et qu'après tout, les USA s'en sont bien sortis à l'époque, ce graphe représentant le budget de l'Etat:Hamilton remarque qu'à l'époque, il y avait un poste budgétaire (l'armée) qui allait être réduit massivement sans difficulté. Rien de la sorte en stock aujourd'hui. Pourquoi un prix nobel d'économie respecté se met-il à publier des arguments aussi faibles? Autre problème pour Krugman, il se base sans broncher sur les projections du gouvernement qui voit la croissance à 4% dans pas très longtemps... (what a shocker!) Doit-on rappeler que dans le passé récent les Etats-Unis n'ont cru à cette vitesse que grâce à l'emprunt? J'ai lu quelque part qu'il fallait récemment $4 de dettes supplémentaires pour $1 dollar de croissance! Some economic miracle!

Autre problème, pour affirmer que les taux payés par le gouvernement américain vont rester bas, Krugman utilise l'argument qui tue: "des gens investissant du vrai argent sont prêts à financer les Etats-Unis à ces taux-là" par opposition à des commentateurs (mais a fortiori aux lecteurs) qui ne risquent pas, eux, du "vrai argent". C'est l'argument d'autorité: "Regardez, ils ont plein d'écrans et portent des costards, ils doivent avoir raison!". Mais cette crise n'est-elle pas arrivée précisément parce que "des gens investissant du vrai argent" ont fait n'importe quoi? Où est la démonstration?

Il ne faut donc pas compter sur Krugman pour pour être, comme Stiglitz par exemple, une voix forte contre les excès du gouvernement durant cette crise même si on avait pu le penser initialement (il avait soutenu l'idée des nationalisations). Il finira d'ailleurs peut-être même par en être. C'est probablement son calcul.

vendredi 4 septembre 2009

Friday Plane Blogging

(Cliquez sur la photo pour agrandir)