mercredi 30 septembre 2009
Le NYT nous dit que tout a changé...
* Vous souvenez-vous des doutes sur LHC à Genève? Qom, c'est un peu pareil: quelqu'un va toucher un interrupteur et un trou noir va gober la terre en quelques nanosecondes. Give me a f---- break.
El Blogo tente de répondre à la question que personne ne se pose
Scott Ritter, ancien inspecteur de l'ONU en Irak qui dit depuis le début qu'il n'y avait plus d'armes de destruction massive, explique qu'Obama est "technically and legally wrong" dans sa déclaration sur Qom. La messe n'est pas dite mais j'ai une grande confiance en lui.
Pour ceux qui ont lu le post précédent, il dit que l'Iran s'est conformée au supplementary agreement en décembre 2004 à titre volontaire en attente de la ratification de celui-ci par son parlement. Scott Ritter affirme (contrairement à James Acton) que l'absence de ratification enlevait au supplementary agreement son caractère contraignant. L'Iran aurait donc eu toute lattitude pour renoncer unilatéralement à l'application de cet accord en mars 2007.
Il faut noter que des américains contrent cela en disant que l'Iran a commencé à construire Qom avant mars 2007, alors qu'elle prétendait encore être engagée par l'accord supplémentaire.
Ritter remarque également que l'Iran à l'époque (mars 2007) avaient toutes les raisons du monde de craindre une attaque américaine et donc d'enterrer des infrastructures (Cheney a reconnu depuis qu'il poussait Bush à attaquer mais qu'il n'avait pas eu gain de cause).
Ritter ajoute également que 100% des substances fissiles en Iran sont sous contrôle étroit de l'AEIA et que c'est cela qui est le gage essentiel de sécurité et ce qui empêche en pratique l'Iran de construire une arme nucléaire (et qui fait que la CIA a estimé fin 2007 que l'Iran ne construisait pas d'arme nucléaire - alors qu'elle connaissait le site de Qom).
Il faut quand même se rendre compte que l'Iran a accepté un contrôle permanent est très soutenu de ses sites nucléaires. Envisage-t-il une breakout capability? Un moyen d'obtenir l'arme le plus rapidement possible une fois qu'ils auraient congédié l'AEIA? Bien évidemment. Peuvent-ils construire une arme atomique alors même qu'ils sont contrôlés par l'AEIA, Ritter nous dit que c'est très difficile.
Gareth Porter apporte ici son éclairage sur la question.
* A noter: ces trois dirigeants ne sont pas logés à la même enseigne, Obama ayant été plus low key que Brown et Sarkozy (good cop, bad cop routine?). Sarkozy n'a pas arrangé son cas en utilisant: "pendant que les centrifugeuses tournent" alors que personne ne conteste le droit des iraniens à faire tourner des centrifugeuses. C'est tout ce que nous ne pouvons pas accepter de nos dirigeants: un dossier mal ficelé, présenté "à l'estomac" avec des formules de propagande qui semblent tout droit sorti du playbook de Condoleeza Rice "A smoking gun, that could come in the form of a mushroom cloud". Stop it! It insults our intelligence.
Note 1: El Baradei quitte l'AEIA. Il a rendu les bellicistes fous en raison de son indépendance. Son travail a été extraordinaire à cause de cette indépendance. Cette organisation étant devenue centrale dans les projets guerriers de quelques uns, gageons que l'effort des puissances dominantes pour la mettre au pas doit être maximal. Les propos et les actions de l'organisation sous un nouveau président devront être examinés à l'aune de ces efforts de politisations. Plus que jamais, il faudra faire attention aux voix dissidentes.
Note 2: GE (société mère de MSNBC - vous vous rappelez les missiles lors de l'interview de Greenwald?) vient de rejoindre un groupe "non-profit" appelé "United Against Nuclear Iran" (UANI) qui passe des pubs excitant la population contre l'Iran à la télé (notamment sur MSNBC). GE est un maillon essentiel du Complexe Militaro-Industriel. Like so many others, "They never saw a military intervention they didn't like". C'est toute une partie du pays qui est prête en permanence à prendre les armes pour n'importe quelle cause s'ils se trouvent des abrutis assez fous pour en prendre la responsabilité. Voici ce qu'on voit à la télé dans le "Home of the brave, land of the free":
Bloomberg LP v. Board of Governors of the Federal Reserve System, U.S. District Court, Southern District of New York (Manhattan), No. 08-9595.
Dans la dernière semaine d'août, la FED a en effet obtenu un sursis à exécution (traduction du blogo de "the order was stayed") lui permettant de ne pas révéler les détails du plan et lui laissant jusqu'au 30 septembre pour faire appel (Bloomberg a alors renoncé à obtenir les documents de force car la FED les a persuadé qu'il serait matériellement difficile de les récupérer (WTF?*) ). Il y a eu des éditos dans la presse contre un appel de la FED (dont un dans le WSJ) et pour qu'elle communique les infos. De manière étonnante, il semble que la décision de faire appel ou non relève d'Obama (d'une juriste sous son autorité) et pas de Bernanke. Toujours marrant de le voir lui-même servir la soupe aux banques.
C'est très peu couvert dans la presse donc j'ai reconstitué ça à partir d'informations parcellaires. Don't quote me on this. De toute façon, il devrait y avoir des news détaillées sur le sujet dans la journée.
* Preska also said Bloomberg will not, for now, insist on a search of "official files" at the Federal Reserve Bank of New York, after the central bank's representation that a search would likely be fruitless. (voir ici for the full story)
mardi 29 septembre 2009
Something's got to give
Dans le registre tonneau des Danaïdes, Fannie/Freddie viennent d'obtenir $35 milliards de l'Etat.
Article efficace de "The Nation" pour faire le tour du plan de sauvetage
Bloomberg s'était livré à l'exercice de sommer tous les programmes gouvernementaux jusqu'en mars 2009 et s'était arrêté à $12,8 trillions. Ils ont publié la semaine dernière un nouvel update récapitulatif qui pour la première fois est en baisse à $11,6 trillions car la FED a réduit le périmètre de certains programmes ce qui est présenté comme un succès**. L'idée est que les mesures exceptionnelles ont fait leur office et que tout rentre dans l'ordre. C'est la vision "sugarcoated" de la réalité qu'on essaye de nous vendre et qui ne dit en réalité qu'une chose: on a encore repoussé les difficultés dans l'avenir en les aggravant. C'est comme ça que fonctionne l'économie américaine depuis l'éclatement de la bulle internet. Le raisonnement est qu'une giga-crise dans quelques temps vaut mieux qu'une méga-crise tout de suite. C'est la clef de voûte de tous les ponzi schemes.
* Notons au sujet du secret maintenu sur les banques bénéficiaires d'aides qu'il est absolument crucial. Souvenez-vous de l'effet désastreux (pour les banques) de la publication des sommes payées aux contreparties d'AIG. C'était $180 milliards au global et tout le monde s'en fichait (les corporate media détournaient l'attention vers $165 millions de bonus). Quand le détail a été publié et qu'on a vu que $13 milliards était allé à Goldman Sachs, tout le monde en a parlé. C'est comme les photos de prisonniers torturés qu'Obama n'a pas voulu autoriser en mai. Le secret diminue l'indignation par un facteur 1000 alors qu'on connaît la big picture. C'est pour ça que le secret va être défendu becs et ongles par la FED et les banques: c'est l'assurance vie du plan de sauvetage. El Blogo n'a pas besoin de la feuille Excel faisant le détail banque par banque pour s'indigner! (Ni des photos for that matter...)
**Bloomberg sert ici la soupe à la FED car ils avaient commencé un update mensuel qui augmentait d'un à deux trillions par mois (dernière mention sur le blogo le 5 mars) et puis soudain un arrêt de 4 mois et une reprise quand les choses vont mieux... c'est à se demander si Bloomberg va vraiment aller au bout de sa poursuite de la FED devant les tribunaux en vertu du Freedom of Information Act. Ils avaient déjà semblé avoir un coup de mou fin août. Cette idée que Bloomberg partirait dans une croisade contre la FED et Wall Street ne tient pas debout. Aucune entreprise commerciale ne prend tous ses clients de front "pour la gloire". La prochaine décision du juge sur le sujet est prévu pour demain, le 30 septembre. Comme je l'ai déjà signalé: don't hold your breath...
Voir à la toute fin de cette news bloomberg. Voici le tableau (j'avais linké la version à $12,8 trillions de bloomberg et la version graphique de Barry Ritholtz.):
===========================================================
--- Amounts (Billions)---
Limit Current
===========================================================
Total $11,563.65 $3,025.27
-----------------------------------------------------------
Federal Reserve Total $5,870.65 $1,590.11
Primary Credit Discount $110.74 $28.51
Secondary Credit $1.00 $0.58
Primary dealer and others $147.00 $0.00
ABCP Liquidity $145.89 $0.08
AIG Credit $60.00 $38.81
Commercial Paper program $1,200.00 $42.44
Maiden Lane (Bear Stearns assets) $29.50 $26.19
Maiden Lane II (AIG assets) $22.50 $14.66
Maiden Lane III (AIG assets) $30.00 $20.55
Term Securities Lending $75.00 $0.00
Term Auction Facility $375.00 $196.02
Securities lending overnight $10.42 $9.25
Term Asset-Backed Loans (TALF) $1,000.00 $41.88
Currency Swaps/Other Assets $606.00 $59.12
GSE Debt Purchases $200.00 $129.21
GSE Mortgage-Backed Securities $1,250.00 $693.60
Citigroup Bailout Fed Portion $220.40 $0.00
Bank of America Bailout $87.20 $0.00
Commitment to Buy Treasuries $300.00 $289.22
-----------------------------------------------------------
Treasury Total $2,909.50 $1,075.91
TARP $700.00 $372.43
Tax Break for Banks $29.00 $29.00
Stimulus Package (Bush) $168.00 $168.00
Stimulus II (Obama) $787.00 $303.60
Treasury Exchange Stabilization $50.00 $0.00
Student Loan Purchases $60.00 $0.00
Citigroup Bailout Treasury $5.00 $0.00
Bank of America Bailout Treasury $7.50 $0.00
Support for Fannie/Freddie $400.00 $200.00
Line of Credit for FDIC $500.00 $0.00
Treasury Commitment to TALF $100.00 $0.00
Treasury Commitment to PPIP $100.00 $0.00
Cash for Clunkers $3.00 $2.88
-----------------------------------------------------------
FDIC Total $2,477.50 $356.00
Public-Private Investment (PPIP)$1,000.00 0.00
Temporary Liquidity Guarantees* $1,400.00 $301.00
Guaranteeing GE Debt $65.00 $55.00
Citigroup Bailout, FDIC Share $10.00 $0.00
Bank of America Bailout, FDIC Share $2.50 $0.00
-----------------------------------------------------------
HUD Total $306.00 $3.25
Hope for Homeowners (FHA) $300.00 $3.20
Neighborhood Stabilization (FHA) $6.00 $0.05
-----------------------------------------------------------
* The program has generated $9.3 billion in income,
according to the agency.
NOTE: J'aimerais bien avoir le même genre de récapitulatif pour la France, l'Europe et la BCE. Un lecteur aurait-il croisé un tel document?
lundi 28 septembre 2009
Peter Schiff (version longue)
Funding crisis en octobre pour les US?
Puisqu'on est de toute façon dans l'écriture comptable, on peut se demander pourquoi la FED ne continue pas purement et simplement les rachats. Le problème est que pour ce faire, il faut repasser par la case "congrès" avec toute la publicité que cela implique (nécessité aussi d'augmenter le plafond autorisé de la dette établi autour de $12 trillions pour l'instant). Comme en 2008, on a du mal à imaginer le congrès refusant quoi que ce soit au complexe FED/Wall Street/Gvt. Va-t-on cependant vers une crise capable de faire céder toutes les résistances dans l'urgence et d'obtenir du congrès un blanc-seing plus radical encore? Certains avancent que c'est la stratégie qui a présidé aux évènements de l'année dernière. A suivre donc...
Légère modification du "mission statement" du blogo
Ca a été pour moi l'histoire d'un désenchantement. J'en ai conçu une profonde suspicion envers les mécanismes démocratiques aux Etats-Unis qui n'a cessé de s'aggraver depuis. Une de mes désillusions a été la passivité du peuple américain devant la violence inouïe qui lui était infligée. Les super-héros américains étaient en fait des petits bras apeurés qui "obéissaient aux ordres". Rien de plus.
Les forces en présence et les mécanismes n'ont pas tellement changé depuis. A ceci près que je suis désormais le citoyen d'une nation qui semble être du côté de l'intervention armée. Alors qu'on ne s'y trompe pas, je ne suis pas pour qu'un empire iranien remplace l'empire américain (ce qui nous menace à en croire certains illuminés). Je ne soutiens pas le régime iranien.
En revanche, je soutiens les principes démocratiques en France et je suis prêt à critiquer l'hypocrisie de pays qui s'en réclament et qui ne les appliquent pas (Royaume-Uni, Etats-Unis d'Amérique). J'ai déjà épinglé Sarkozy cet été pour avoir répété un élément de propagande inventé au sujet de l'Afghanistan pour justifier la présence militaire française. C'est inexcusable. J'ai été assez critique des américains qui passaient ce genre de choses à Bush pour être dans l'impossibilité de rester silencieux si le même script est rejoué dans mon pays.
Je ne sais pas ce que nous réserve l'avenir mais je peux vous promettre une chose: si on essaye de nous entraîner dans la guerre en nous mentant, El Blogo vous dira qui, quand, comment et pourquoi. C'est un service public. J'espère aussi que ce sera un antidote à la transe guerrière dont nombre d'abrutis dans les vieux médias ne manqueront pas d'être saisis dès que des bruits de bottes et surtout de bombes se feront entendre.
Puisque ce n'est pas le sujet central du blogo dans sa forme actuelle, je vais néanmoins essayer d'être concis. Qu'on ne s'y trompe pas, je ne cherche pas à peser le pour et le contre d'une intervention contre l'Iran. Ma seule préoccupation est de déterminer sur quels points nous sommes manipulés par nos gouvernements lorsqu'ils communiquent sur l'Iran.
Quelques éléments sur le site de Qom:
- La nouvelle n'est pas que les occidentaux ont trouvé un nouveau site nucléaire iranien vendredi mais bien que l'Iran a déclaré la construction d'un nouveau site lundi dernier. Ils ont ajouté qu'il était ouvert à une inspection par l'AEIA (ce qui rend les admonestations occidentales à ouvrir le site aux inspections semblables au posturing de Bush du temps de l'Irak avec l'absurde "Saddam must disarm!" répété en boucle).
- J'ai lu à plusieurs reprises que les iraniens avaient fait ça car ils avaient eu vent de l'intention des occidentaux de les confronter sur la question. Ca semble plausible. Un peu trop d'ailleurs car comme souvent quand c'est le cas, les journalistes semblent s'en remettre au "bon sens" des lecteurs et ne citent aucune source sûre quand ils avancent cela. Tous les articles que j'ai lus répétaient cette supposition sans jamais l'expliquer plus en détail. Les vieux médias peuvent-ils encore faire la différence entre ce qu'on sait et ce qu'on suppose? C'est pourtant crucial. Si les iraniens ont fait cette révélation mécaniquement en raison de l'interprétation qu'ils ont de leurs obligations devant la loi internationale (déclaration 6 mois avant l'introduction de matériel fissible), leur bonne foi est une éventualité. S'ils ont fait cette déclaration car ils se savaient découverts, leur "malice" est prouvée. Pourquoi défendre la deuxième hypothèse sans la justifier?
- Les américains connaissent ce site depuis "plusieurs années". Pourquoi cette indignation de circonstance à ce moment là? Très probablement pour capitaliser en catastrophe sur une bombe médiatique que les iraniens viennent de désamorcer. Parallèlement, si les américains sont au courant au sujet de ce site depuis longtemps, cela veut dire que cette installation était quasiment immédiatement détectable pour eux. Les iraniens pouvaient-ils ignorer qu'ils seraient détectés?
- Ce site est en construction, j'ai lu des articles où on disait que des centrifugeuses tournaient. Toute l'hystérie (en tout cas aux Etats-Unis) laisse croire que ça y est, les iraniens vont avoir la bombe. WTF? Ce site ne fonctionne pas.
- L'Iran est-elle en infraction? CA N'EST PAS CERTAIN (samedi). Et s'il s'avérait que non, cela démontrerait les intentions malignes non pas de l'Iran mais d'Obama-Sarkozy-Brown. L'Iran doit par traité annoncer toute construction de site de ce type six mois avant l'introduction de substances fissiles* dans l'installation. Un "supplementary agreement" oblige depuis 2003 l'Iran à dévoiler les nouveaux sites dès leurs mises en chantier. L'Iran dit que ce supplementary agreement n'a pas été ratifié. Les américains disent que la ratification n'est pas nécessaire et que l'échange de lettres qui a eu lieu à l'époque l'a rendu contraignant. L'Iran a déclaré unilatéralement en 2007 qu'il n'était pas contraignant (ce qui n'a pas de valeur juridique). C'est un point crucial qui va être tranché dans les jours qui viennent (voir ici James Acton a depuis déclaré l'action iranienne illégale alors qu'il n'en était pas encore certain dans le lien).
Note 1: J'ai écrit ce post samedi et je n'ai honnêtement pas regardé ce qui s'était passé dimanche avant de le publier. Je suis donc prêt à corriger tout ou parti de ce qui est écrit là dans des posts futurs. Je ne veux absolument pas être dogmatique et mon opinion sur la question ne sera jamais que celle exprimée dans mon dernier post et ouverte, comme il se doit en cette matière comme dans d'autres, à des modifications pour la conformer à ce que j'estime coller au plus près à la réalité.
Note 2: Je pense que des lecteurs pourront me taxer de naïveté quand je dis que la "malice" des iraniens n'est pas encore établie. Je noterais que très peu de gens pensaient que Saddam n'avait absolument aucune arme de destruction massive (j'avais pour ma part compris que les américains racontaient n'importe quoi mais je pensais comme tout le monde que l'Irak devait bien avoir un pot de gaz moutarde quelque part) et je suggèrerais donc que tout le monde garde l'esprit ouvert sur cette question. Je ne sous-estime cependant pas l'intérêt que peut avoir l'Iran à fabriquer une bombe nucléaire. Même s'ils n'ont pas de bombe à l'heure actuelle, nous sommes déjà entrés dans un rapport de dissuasion avec eux. Il s'agit de faire en sorte que le rapport coût/avantage de construire une bombe les dissuade de s'en rapprocher. En imposant des sanctions, on augmente le coût de la bombe pour eux. En menaçant de les "bomb back into the stone age" on augmente l'avantage de la bombe (elle les protègerait d'une telle intervention). L'intérêt pour eux est de préserver une "break-out capability", capacité de construire la bombe après avoir chassé l'AIEA. La bombe iranienne a donc déjà une capacité dissuasive même au stade de la virtualité. Inutile de faire semblant de croire à une Iran innocente comme l'enfant qui vient de naître. Ca n'existe plus depuis bien avant les mollahs puique le Shah déjà avait un programme nucléaire. Le "metric" que nous devons avoir à l'esprit est "en combien de temps" peuvent-ils avoir la bombe s'ils sortaient un jour du régime d'inspection? A noter que des occidentaux répètent depuis 20 ans que les iraniens auront la bombe dans 5 ans (voir cet excellent article sur la question qui fait état de ce point précis).
Une autre remarque utile sur l'éventuelle absence de malice iranienne dans la construction du site de Qom: peut-on leur reprocher de mettre certains éléments de leur programme nucléaire civil à l'abri dans un contexte où il ne se passe pas une journée sans que des excités ne les menacent de raser leurs installations? En mettant une partie de leurs installations à l'abri, ils protègent aussi le reste de leurs sites: en effet, quel intérêt d'attaquer si on sait que des éléments clés de leur programme ne pourront être détruits? Je ne crois pas vraiment à cet argument car parmi les gens qui proposent de bombarder l'Iran aux Etats-Unis, beaucoup ne veulent pas se contenter des sites nucléaires (et gageons que ce sont ceux qui seront entendus si l'attaque venait à se matérialiser car cela signifierait que leur camp, le plus radical, l'aurait emporté). Ils veulent causer des dommages majeurs aux infrastructures du pays. Comme pour l'Irak, l'objectif est la soumission. Le motif invoqué sera: "pour empêcher les représailles". L'expression est: "bomb them back into the stone age".
Note 3: Si tant est que ces images soient celles du site en question, les iraniens pouvaient-ils croire que ça allait passer inapperçu? Je ne suis pas spécialiste et je le vois comme le nez au milieu de la figure... via (armscontrolwonk)
GoogleEarth image, taken on 25 March 2005, Image of potential site of second Iranian enrichment center near Qom, blinked with ISIS image of the same site taken on 26 September 2009.
Note 4: Greenwald, toujours lumineux sur la question.* Le saviez-vous? J'utilise "fissile" et "fissible" dans ce post. J'ai vérifié et les deux sont interchangeables.
dimanche 27 septembre 2009
Post-It (1)
Calculated risk touche du doigt la complicité active de la FED dans la généralisation des poor lending standards durant les années 2000. Criminelle. Pourquoi? On nous dit: "parce que les autorités de l'époque (Greenspan) ne croyaient pas à la régulation". Autant répondre: "Parce que.".
Deux références qui m'ont plu:
“Instruct regulators to look for the newest fad in the industry and examine it with great care. The next mistake will be a new way to make a loan that will not be repaid.”
William Seidman, "Full Faith and Credit", 1993.
De "Naked Capitalism": But remember that Hayek won the Nobel prize in 1974 partly for arguing that artificially low interest rates lead to the misallocation of capital and to bubbles, which in turn lead to busts.
samedi 26 septembre 2009
Ratigan interviewe Michael Moore
vendredi 25 septembre 2009
Greenwald se fait David Brooks
Greenwald se demande comme toujours par quel miracle ces élites faillies ont réussi l'exploit de ne pas voir leur situation se dégrader suite à leurs mensonges répétés (et à leurs conséquences tragiques) mais au contraire de voir celle-ci s'améliorer: Brooks est monté dans le pecking order de l'influence journalistique aux Etats-Unis en passant du Weekly Standard au NYT après le désastre irakien (tout comme Bill Kristol d'ailleurs).
Extrait de l'attaque de Greenwald:
Just read some of what Brooks wrote about Iraq. It's absolutely astounding that someone with this record doesn't refrain from prancing around as a war expert for the rest of their lives. In fact, in a society where honor and integrity were valued just a minimal amount, a record like this would likely cause any decent and honorable person, wallowing in shame, to seriously contemplate throwing themselves off a bridge:
Greenwald ne fait pas dans la nuance en lui conseillant d'envisager le suicide mais quand on pense aux centaines de milliers de morts que des gens comme Brooks ont provoquées en écrivant dans le confort de leur living room, on a du mal à réellement s'émouvoir. Et je vous rassure, vu l'arrogance imbécile que Brooks ne cesse de manifester dans ses écrits propagandistes, les chances que cet appel de Greenwald à ce qu'il "se comporte honorablement" soit entendu sont absolument nulles.
Je recommande la lecture de tout le post de Greenwald qui donnera une idée au lecteur de ce qu'on entendait aux Etats-Unis dans le "run-up to the war". Voici néanmoins un extrait de ce que Brooks écrivait au lendemain du speech grotesque de Powell à l'ONU du 5 février 2003 qui ira particulièrement droit au coeur d'une audience française:
I MADE THE MISTAKE of watching French news the night of Colin Powell's presentation before the Security Council. . . . Then they brought on a single "expert" to analyze Powell's presentation. This fellow, who looked to be about 25 and quite pleased with himself, was completely dismissive. The Powell presentation was a mere TV show, he sniffed. It's impossible to trust any of the intelligence data Powell presented because the CIA is notorious for lying and manipulation. The presenter showed a photograph of a weapons plant, and then the same site after it had been sanitized and the soil scraped. The expert was unimpressed: The Americans could simply have lied about the dates when the pictures were taken. Maybe the clean site is actually the earlier picture, he said.
That was depressing enough. Then there were a series of interviews with French politicians of the left and right. They were worse. At least the TV expert had acknowledged that Powell did present some evidence, even if he thought it was fabricated. The politicians responded to Powell's address as if it had never taken place. They simply ignored what Powell said and repeated that there is no evidence that Saddam has weapons of mass destruction and that, in any case, the inspection system is effective.
This was not a response. It was simple obliviousness, a powerful unwillingness to confront the question honestly. This made the politicians seem impervious to argument, reason, evidence, or anything else. Maybe in the bowels of the French elite there are people rethinking their nation's position, but there was no hint of it on the evening news.
Which made me think that maybe we are being ethnocentric. As good, naive Americans, we think that if only we can show the world the seriousness of the threat Saddam poses, then they will embrace our response. In our good, innocent way, we assume that in persuading our allies we are confronted with a problem of understanding.
But suppose we are confronted with a problem of courage? Perhaps the French and the Germans are simply not brave enough to confront Saddam. . . . Or suppose we are confronted with a problem of character? Perhaps the French and the Germans understand the risk Saddam poses to the world order. Perhaps they know that they are in danger as much as anybody. They simply would rather see American men and women--rather than French and German men and women--dying to preserve their safety. . . . Far better, from this cynical perspective, to signal that you will not take on the terrorists--so as to earn their good will amidst the uncertain times ahead.
Dollars are forever
Treasury Secretary Timothy Geithner said he sees a “strong consensus” among Group of 20 nations to reduce reliance on exports for growth and defended the dollar’s role as the world’s reserve currency.
“A strong dollar is very important in the United States,”
Geithner yesterday reiterated that the U.S. doesn’t intend for the dollar’s role in the global economy to diminish.
“We have a special responsibility here in the United States to make sure we are doing the things in this country to preserve confidence in the U.S. financial system -- confidence that’s very important to sustain the dollar’s role as the principle reserve currency in the international financial system,” Geithner said.
“We expect, as I think countries expect around the world, the dollar to retain that position for a very long time,” he said.
Le Monde s'informe sur la marche du monde...
Ils notent que Taibbi est un peu funky mais qu'il y a eu une contre-attaque contre son article du très sérieux Time Magazine. Pourquoi ne pas relever que Time est complètement dans l'establishment et Rolling Stones un peu moins? Pourquoi ne pas y voir une dimension d'explication? Pourquoi chaque journaliste qui s'exprime un tant soi peu négativement sur GS aux Etats-Unis prend-il des précautions oratoires à n'en plus finir? Il n'y a pas que dans la politique que GS a de l'influence. Oh mais peut-être que Le Monde ne veut pas croire (et surtout ne pas faire envisager à ses lecteurs) que les vieux médias puissent être influencés par le poids économique des sujets dont ils traitent...
Aussi dans un élan d'admiration confraternelle pour le journal de référence d'Outre-Atlantique, on nous nous affirme que Gretchen Mortgenson du NYT ne peut pas être soupçonnée d'être une adepte des théories du complot. Pourquoi? Il semble sous-entendu que c'est précisément parce qu'elle travaille pour le NYT. CQFD. Un journaliste qui travaille pour le NYT ne peut pas croire à une théorie de la conspiration.
Et bien vous savez quoi? Prions le ciel pour qu'il n'y en ait jamais des conspirations car vu l'impossibilité des vieux médias à les envisager, on peut-être certains qu'ils passeraient à côté. A force d'agiter "les théories de la conspiration" comme des épouvantails a priori déraisonnables avant toute discussion pragmatique, on a éradiqué la conspiration comme catégorie politique.
C'est une conspiration ou quoi? ;-)
Si je conspirais au sommet de l'Etat, un tel a priori ne m'arrangerait-il pas? Let me think... Et d'ailleurs, si le "4ème pouvoir" se déclare incompétent (ou par principe incrédule) en matière de conspiration, cela ne crée-t-il pas mécaniquement un terrain propice aux conspirations?* (si on considère que le "4ème pouvoir" en est bien un et qu'il a un impact sur quoi que ce soit, big if).
Le premier article du Monde conclut en disant que le sommet de Pittsburgh nous renseignera sur le niveau d'influence de GS sur l'administration Obama. Oui. On va enfin savoir également si Pittsburgh est bien une ville industrielle de l'ouest de la Pennsylvannie. Suspense...
La conclusion de l'autre article du dossier de Sylvain Cypel est franchement regrettable car elle reprend sans explication de texte la citation d'un "Goldman Fanboy": "C'est parce que les gens de Goldman sont les meilleurs, leur gestion du risque supérieure aux autres, que l'Etat leur fait plus confiance." Pour une firme qui aurait fait faillite 30 fois sans l'intervention de l'Etat dans l'année écoulée (exactement comme les autres), nous ressortir l'obséquieux et réchauffé "ce sont les meilleurs" qui prévalait avant 2007 est franchement nul, même pour un vieux média fatigué. Cela montre en tout cas que l'aura des banquiers d'affaire n'est quasiment pas entamée dans les MSM malgré leur toxicité sociale démontrée (il faut vraiment abrutir les masses pour que Bank of America juge nécessaire d'accoler à son nom le ridicule patronyme de la banque faillie Merrill Lynch comme déjà observé ici).
* Cette notion de conspiration devenue aujourd'hui "inenvisageable par principe" a suscité ma curiosité et je suis allé sur wikipédia, il y a bien eu des conspirations dans l'histoire (liste non-exhaustive j'imagine):
- La Conjuration de Catilina en 63 av.-J.C.;
- L’assassinat de Jules César le 15 mars 44 av. J.-C.;
- La Conjuration de Pison en 65;
- L'assassinat de David Rizzio en 1566;
- La Surprise de Meaux qui déclenche la Deuxième guerre de religion en 1567 ;
- Le Complot de Babington en 1586;
- La Conspiration des poudres en 1605;
- La Cabale des Importants en 1643;
- Le Complot de Rye-House en 1683;
- La Vendetta d'Akō en 1701;
- La Conspiration des Égaux, en 1795;
- La Conspiration de la machine infernale en 1800.
conspiration
nom féminin(latin conspiratio, -onis)
- Complot tramé contre un régime politique ou un homme politique.
- Cabale, intrigue dirigée contre quelqu'un ; machination.
Note: Pour ceux qui ne sont pas encore convaincus du mal radical que représente Goldman Sachs, voici le croquis d'une "vampire squid":

Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus du mal radical que représente Goldman Sachs, voici la photo officielle de Neil Kashkari nommé au ministère des finances pour s'occuper du plan de sauvetage des banques après avoir passé des années chez GS:

Pour ceux qui ne sont toujours pas convaincus du mal radical que représente Goldman Sachs, je ne peux plus rien faire pour vous.
jeudi 24 septembre 2009
Obama recule...
Que vont faire les américains quand ils réaliseront que donner les pleins pouvoirs aux démocrates n'a servi à rien? Stay tuned.
Closer, Voici, Public, El Blogo! Où l'on reparle de Vera Baker
Me demandant ce qui avait pu générer cet intérêt soudain pour Vera, j'ai regardé sur Google News et un livre vient en effet de sortir sur cette histoire (mentionné dans des médias de seconde zone à part une brève ultra courte dans NY Magazine). Un commentaire anonyme à l'époque m'avait demandé une photo mais je n'en avais trouvé qu'une floutée. Il y en a désormais deux autres disponibles sur google image:



Note 1: Oui, il s'agit bien d'une tentative transparente de faire augmenter l'audience d'El Blogo mais d'une manière tout à fait temporaire car je ne pense aborder ces sujets qu'une fois par an. La méthode est néanmoins contestable car je suis de ceux qui pensent que les relations entre adultes consentants ne regardent personne, sauf dans le cas d'un homme politique défendant ostensiblement les "family values". Je ne ferais donc pas état de cette histoire si le blogo pouvait jouer un rôle significatif dans sa diffusion (et je supprimerais ce post s'il m'attirait trop de trafic).
Note 2: Il s'agit aussi de montrer que le Blogo est en avance sur tout le monde ce qui n'est pas une bonne nouvelle pour l'économie mondiale.
Note 3: Je n'ai encore rien lu sur l'histoire et le livre mais je serais surpris que cela ait un retentissement en dehors d'une période électorale alors que la cote d'Obama est encore élevée.
Note 4: En fait, je réalise que c'est déjà partout dans la presse française... Tant pis pour le "spike" de "hits".
mercredi 23 septembre 2009
Concentré de stats (via TBP)
(cliquez pour agrandir)
Obambi peut-il mettre les militaires au pas?
(Ce n'est pas une attaque gratuite. Obama est omniprésent dans les médias. Il y a une tradition politique aux Etats-Unis du "Sunday Show". Dimanche dernier, Obama a été présent sur 5 de ces shows (certains enregistrés à l'avance). Et il a fait Letterman lundi. WTF?)
mardi 22 septembre 2009
Post-It (4)
L'indice d'évolution du fret ferroviaire toujours en forte baisse, au niveau de 1993. C'est soi-disant l'indice favori de Buffett pour l'activité économique. No greenshoot there. (zerohedge)
Der Spiegel enterre New York City. C'est un peu rapide. On a l'impression à la lecture que l'article a été écrit en mars: avant le méga rebond. New York va évidemment souffrir de la crise mais il se peut que ce soit finalement relativement peu par rapport à d'autres villes américaines. Si on a une approche géographique du plan de sauvetage, New York est la seule ville qui a vu se déverser sur elle des trillions de dollar. L'injustice sectorielle de la répartition des largesses du gouvernement a et va avoir une traduction spatiale qui va bénéficier énormément à New York City.
Marc Faber entre sur la Blogo Compliant List. Quand on lui demande à combien il voit la bourse dans un an il dit: "C'est à la FED qu'il faut demander". It makes sense.
Plus de write-downs. C'est une remarque d'ambiance mais la fixation sur les write-downs (provisions) que passaient les banques à la pelle a complètement disparu. Cela cadre moins avec le buzz ambiant du "Grand Rebond" voire du retour à la normale mais la vraie raison est sans doute l'assouplissement des règles comptables du mois de mars. Cet assouplissement est l'évènement "pivot" qui a marqué notre entrée dans l'ère du rebond (et du grand brouillard monétaire).
Plus de Post-It non plus. Sur les conseils d'un lecteur fidèle (Papy G), je vais remplacer les Post-Its par des petits posts indépendants. L'occasion d'un sondage:
