Le virus H1N1 aurait muté dans une forme plus grave en Norvège (d'après Bloomberg). “There is no indication that this change in the virus is of any importance for the effect of the vaccine or the effect of antiviral treatment.” Il n'est pas apparent que ce changement du virus n'ait une importance quant à l'effet du vaccin et des antiviraux.
La nouvelle ne semble pas encore avoir atteint les médias français (seulement suisses d'après "Google Actualités"). Si ça ne fait pas le 20H00 ce soir, il va peut-être être encore possible pour tout le monde de se faire vacciner demain (les centres sont ouverts le samedi matin). Une fois que cela aura atteint le public, il est possible que la fenêtre d'opportunité pour les gens sans "condition particulière" se referme.
Centres à Paris. Jusqu'à 19H30 le soir et de 10H00 à 13H00 le samedi.
Note: Le blogo à fond dans la psychose Grippe A. "J'avoue" comme disent les enfants à tout bout de champ. En même temps, think about it: si vous mourez de la grippe A, vous ne saurez jamais comment cette histoire de crise mondiale se termine! De plus, je ne peux faire l'économie d'un seul de mes lecteurs. Faites-vous vacciner!
vendredi 20 novembre 2009
La main
Hier j'entends deux gars geindre sur France Infos en disant qu'on ne pouvait pas être qualifié grâce à la main de Thierry Henry (dont un vaguement anti-sarkozyste - je peux comprendre qu'on n'aime pas Sarkozy mais de là à souhaiter que la France perde au foot, il faut qu'il consulte). Il paraît que cette histoire est partout dans la presse ce matin. Qui sont ces imbéciles qui ne savent pas que les erreurs d'arbitrage font partie du football? On peut défendre l'arbitrage vidéo (je suis pour) mais vouloir rejouer le match... Même Christine Lagarde dit qu'il faut le rejouer. N'importe quoi.
Qui se souvient que la France n'a pas été qualifiée pour la finale en 82 en Espagne en partie car le goal allemand n'a pas été expulsé suite à une prise de catch opéré sur un joueur français seul devant les buts?
Et puis tous ces gens qui parlent de "tricherie"... Depuis quand une faute est une tricherie? Tous les joueurs trichent-ils plusieurs fois par match?
C'est du délire absolu.
Note: Souvenirs, souvenirs.
Qui se souvient que la France n'a pas été qualifiée pour la finale en 82 en Espagne en partie car le goal allemand n'a pas été expulsé suite à une prise de catch opéré sur un joueur français seul devant les buts?
Et puis tous ces gens qui parlent de "tricherie"... Depuis quand une faute est une tricherie? Tous les joueurs trichent-ils plusieurs fois par match?
C'est du délire absolu.
Note: Souvenirs, souvenirs.
Tout va bien
Je tape "Herman Van Rompuy" sur google et le "autocomplete" sort:
1) Herman Van Rompuy biography
2) Herman Van Rompuy antichrist
Tout va bien...
1) Herman Van Rompuy biography
2) Herman Van Rompuy antichrist
Tout va bien...
jeudi 19 novembre 2009
Something's got to give...
Je ne sais pas exactement ce qu'il se passe mais je trouve que l'ambiance se retourne très vite. Est-ce Meredith Whitney qui se remet à être bearish sur à peu près tout? Est-ce Roubini qui remet tout à coup ses habits de "gloom and doomer"? Est-ce le cours de l'or qui n'en finit pas de monter (pas aujourd'hui ceci dit)? Sont-ce les New Home Sales qui repartent à la baisse? Les évictions qui atteignent des sommets (y compris dans le secteur "prime")? Est-ce le chômage dont l'agravation diminue mais qui s'agrave toujours? Je ne sais pas. En tout cas, la bourse tient le coup. Est-ce le nombre de voix qui s'inquiètent de plus en plus ouvertement de la politique monétaire menée?
Ou bien les journées de plus en plus courtes finissent-elles par atteindre le moral du Blogo (elles commenceront à rallonger dans un mois maintenant) ? En tout cas, j'ai le vague sentiment que le coeur n'y est plus.
Note: Au moment où j'écris ça, je réalise que la bourse baisse de -1,5%... De toute façon, elle rebondira peut-être de 2% demain comme ces jours derniers. Le sentiment que je décris est plus un truc de fond.
Note 2: Ca pourrait aussi être le pic... (ça n'est pas la première fois que le blogo l'annonce, et qu'il se trompe)
Note 3: Je vendrais tout aujourd'hui (si j'avais des actions). En vérité j'aurais vendu des actions dès l'été 2006 ce qui ferait qu'aujourd'hui, je serai à peine mieux que flat (nous sommes 5% en dessous du niveau de l'été 2006 - sans compter l'inflation il est vrai). En même temps, cette recommandation va à l'encontre du célèbre adage: "Don't fight the FED". Si Bernanke veut propulser le Dow Jones à 50000 points, il est vrai que ça ne tient qu'à lui et les évènements récents ont montré que si le DJI est à son niveau d'aujourd'hui , c'est en gros parce que ça lui plaît... Il est comme ça, Ben! Jusqu'à ce que le magnifique jouet des autorités monétaires US soit définitivement cassé. Il est vrai que ce à quoi nous assistons en ce moment est un mouvement oscillant instable: grave crise => taux à 1% => crise plus grave encore => taux à 0% => ????
Stay tuned!
Ou bien les journées de plus en plus courtes finissent-elles par atteindre le moral du Blogo (elles commenceront à rallonger dans un mois maintenant) ? En tout cas, j'ai le vague sentiment que le coeur n'y est plus.
Note: Au moment où j'écris ça, je réalise que la bourse baisse de -1,5%... De toute façon, elle rebondira peut-être de 2% demain comme ces jours derniers. Le sentiment que je décris est plus un truc de fond.
Note 2: Ca pourrait aussi être le pic... (ça n'est pas la première fois que le blogo l'annonce, et qu'il se trompe)
Note 3: Je vendrais tout aujourd'hui (si j'avais des actions). En vérité j'aurais vendu des actions dès l'été 2006 ce qui ferait qu'aujourd'hui, je serai à peine mieux que flat (nous sommes 5% en dessous du niveau de l'été 2006 - sans compter l'inflation il est vrai). En même temps, cette recommandation va à l'encontre du célèbre adage: "Don't fight the FED". Si Bernanke veut propulser le Dow Jones à 50000 points, il est vrai que ça ne tient qu'à lui et les évènements récents ont montré que si le DJI est à son niveau d'aujourd'hui , c'est en gros parce que ça lui plaît... Il est comme ça, Ben! Jusqu'à ce que le magnifique jouet des autorités monétaires US soit définitivement cassé. Il est vrai que ce à quoi nous assistons en ce moment est un mouvement oscillant instable: grave crise => taux à 1% => crise plus grave encore => taux à 0% => ????Stay tuned!
La disparition (temporaire?) d'Alan Grayson
Alan Grayson est le membre de la chambre des représentants qui a les faveurs du blogo en raison de son attitude "je n'prends pas de prisonniers" qui est la seule adaptée dans les marécages de la politique US. Cependant il faut bien remarquer qu'il n'a pas fait de coups d'éclat depuis plusieurs semaines. Il semble que quelqu'un, quelque part, a réussi à le convaincre de se faire moins remarquer. C'est peut-être aussi une conséquence d'une sortie qui a été considérée comme un dérapage par tout le monde: il a qualifié une conseillère de la FED de "K-Street whore".
"Here I am the only member of Congress who actually worked as an economist, and this lobbyist, this K Street whore, is trying to teach me about economics," he said.
Il dit qu'il aurait employé le même terme de "whore" (prostituée - plusieurs niveaux de langue en-dessous) si la personne concernée avait été un homme. Seulement voilà: c'était une femme. La provocation est un art difficile.
Espérons en tout cas que la baisse de régime de Grayson n'est que temporaire et en attendant, j'ai plongé dans les archives pour retrouver cette sortie de fin octobre qui m'avait échappé où il traite Cheney de vampire*.* Cheney vampire? Non, ça n'est pas exagéré: les vampires se nourrissent du sang de leurs victimes tout comme Cheney. Je ne voulais cependant pas faire un commentaire aussi radical sans m'appuyer sur des éléments et là, je dois dire que j'ai été surpris. D'abord, la fiche Wikipédia de Cheney ne mentionne quasiment pas les problèmes de conflits d'intérêts lors de sa Vice-Présidence. WTF? Ensuite, les informations qu'on trouve ne sont pas abondantes et surtout pas "MSM" (mainstream media). Je ne pose pas comme condition de trouver des sources MSM pour établir quelque chose mais il est vrai que cela simplifie les démonstrations. Il est quand même certain que Cheney a bien continué a recevoir un salaire d'Halliburton après son élection et qu'il continuait à avoir des stock-options pendant toute la présidence Bush (qui ont augmenté de 3000% en 1985 pour s'établir à $8 millions selon le Sénateur Lautenberg). La manière dont cela a été glissé plus ou moins sous le tapis est stupéfiante. Cheney a dit qu'il allait donner ces profits à des charities - je demande à voir et il est de toute façon fort à parier que les "charities" de Cheney sont autant d'organismes visant à la guerre globale de tous contre tous (mais à son profit). Le pendant de ce lien étant bien évidemment les contrats faramineux et les passe-droits dont a bénéficié la firme pendant l'ère Bush (grâce à la guerre). J'ai trouvé ça, ça et encore ça mais ça m'a pris plus de temps qu'anticipé et je n'ai pas trouvé quelque chose qui condense les plus graves offenses (il faut dire qu'il y faudrait un livre en entier - livre qui doit d'ailleurs exister). Vampire indeed. Je suis surpris par le peu de trace qu'a laissé cette page très sombre de l'histoire américaine sur internet. Ai-je raison de l'être? Les MSM étaient fort à propos MIA (missing in action) sur ces sujets: c'était une condition sine qua non du "Bush Regime".
"Here I am the only member of Congress who actually worked as an economist, and this lobbyist, this K Street whore, is trying to teach me about economics," he said.
Il dit qu'il aurait employé le même terme de "whore" (prostituée - plusieurs niveaux de langue en-dessous) si la personne concernée avait été un homme. Seulement voilà: c'était une femme. La provocation est un art difficile.
Espérons en tout cas que la baisse de régime de Grayson n'est que temporaire et en attendant, j'ai plongé dans les archives pour retrouver cette sortie de fin octobre qui m'avait échappé où il traite Cheney de vampire*.* Cheney vampire? Non, ça n'est pas exagéré: les vampires se nourrissent du sang de leurs victimes tout comme Cheney. Je ne voulais cependant pas faire un commentaire aussi radical sans m'appuyer sur des éléments et là, je dois dire que j'ai été surpris. D'abord, la fiche Wikipédia de Cheney ne mentionne quasiment pas les problèmes de conflits d'intérêts lors de sa Vice-Présidence. WTF? Ensuite, les informations qu'on trouve ne sont pas abondantes et surtout pas "MSM" (mainstream media). Je ne pose pas comme condition de trouver des sources MSM pour établir quelque chose mais il est vrai que cela simplifie les démonstrations. Il est quand même certain que Cheney a bien continué a recevoir un salaire d'Halliburton après son élection et qu'il continuait à avoir des stock-options pendant toute la présidence Bush (qui ont augmenté de 3000% en 1985 pour s'établir à $8 millions selon le Sénateur Lautenberg). La manière dont cela a été glissé plus ou moins sous le tapis est stupéfiante. Cheney a dit qu'il allait donner ces profits à des charities - je demande à voir et il est de toute façon fort à parier que les "charities" de Cheney sont autant d'organismes visant à la guerre globale de tous contre tous (mais à son profit). Le pendant de ce lien étant bien évidemment les contrats faramineux et les passe-droits dont a bénéficié la firme pendant l'ère Bush (grâce à la guerre). J'ai trouvé ça, ça et encore ça mais ça m'a pris plus de temps qu'anticipé et je n'ai pas trouvé quelque chose qui condense les plus graves offenses (il faut dire qu'il y faudrait un livre en entier - livre qui doit d'ailleurs exister). Vampire indeed. Je suis surpris par le peu de trace qu'a laissé cette page très sombre de l'histoire américaine sur internet. Ai-je raison de l'être? Les MSM étaient fort à propos MIA (missing in action) sur ces sujets: c'était une condition sine qua non du "Bush Regime".
mardi 17 novembre 2009
Post-It
AFP: L'euro a reculé mardi face au dollar, après la diffusion de chiffres décevants sur la production industrielle américaine, qui ont entamé la confiance des investisseurs sur la reprise économique.
C'est à se taper la tête contre les murs! Enfin, le dollar remonte mais l'or ne baisse pas comme c'est devenu habituel... (23H00 mardi)
Bernanke ne pense pas que les prix des actifs américains soient mal évalués par le marché. De l'homme qui ne voyait pas de bulle dans l'immobilier en 2005...
L'Europe en croissance de 1.6% en rythme annuel au 3ème trimestre. Deux fois moins qu'aux Etats-Unis. Les merveilleux Etats-Unis avec leur "Fantastique Capacité de Rebond"© vont-ils encore nous montrer pendant dix ans "How it's done."?
Ils nous ont surtout démontré durant la dernière décennie comment faire de la croissance factice à crédit (ce n'est pas moi qui le dit, c'est Barack Obama: son expression est "paper growth") et ils ont bien l'intention de continuer aussi longtemps que le reste du monde voudra bien la financer. Le Japon fait lui 4,8%.
Que penser du rapport sur le sauvetage d'AIG? J'ai eu l'impression qu'il ne nous apprenait pas grand chose de nouveau. Yves Smith de Naked Capitalism explique pourquoi les conclusions de ce rapport sont beaucoup trop molles selon elle.
C'est à se taper la tête contre les murs! Enfin, le dollar remonte mais l'or ne baisse pas comme c'est devenu habituel... (23H00 mardi)
Bernanke ne pense pas que les prix des actifs américains soient mal évalués par le marché. De l'homme qui ne voyait pas de bulle dans l'immobilier en 2005...
L'Europe en croissance de 1.6% en rythme annuel au 3ème trimestre. Deux fois moins qu'aux Etats-Unis. Les merveilleux Etats-Unis avec leur "Fantastique Capacité de Rebond"© vont-ils encore nous montrer pendant dix ans "How it's done."?
Ils nous ont surtout démontré durant la dernière décennie comment faire de la croissance factice à crédit (ce n'est pas moi qui le dit, c'est Barack Obama: son expression est "paper growth") et ils ont bien l'intention de continuer aussi longtemps que le reste du monde voudra bien la financer. Le Japon fait lui 4,8%.
Que penser du rapport sur le sauvetage d'AIG? J'ai eu l'impression qu'il ne nous apprenait pas grand chose de nouveau. Yves Smith de Naked Capitalism explique pourquoi les conclusions de ce rapport sont beaucoup trop molles selon elle.
Etonnez-vos amis! Faites-vous vacciner contre la Grippe A
Je me suis fait vacciner contre la grippe A. J'ai appris qu'il y avait très peu de demandes dans les centres de vaccination (qui ne sont censés à ce stade ne vacciner que les personnes "à risque") en conséquence de quoi n'importe qui peut se rendre dans un centre et être vacciné.
Plusieurs facteurs m'ont fait franchir le pas. D'abord, j'ai un proche qui est tombé malade la semaine dernière. J'ai aussi un autre membre de ma famille qui s'est spécialisé en matière de grippe A et qui recommande le vaccin. J'ai appris en outre que les petites Obama s'étaient faites vacciner (même si notre président n'a pas encore donné l'exemple - soit dit en passant quelle bizarrerie... A-t-il peur des piqûres? Peur du vaccin?). Déjà vacciné contre la grippe saisonnière, je ne cours plus le risque de passer une semaine au lit. Je n'aurais pas non plus à me tenir à distance de gens touchés et je pourrais au contraire leur prêter main forte s'il en était besoin. Aussi, le vaccin n'est pas du tout en vogue: moralité, vu que je n'aime rient tant que prendre tout le monde à contre-pied (en bon "contrarian"), la tentation est devenue de plus en plus irrésistible. Enfin, quand on a la charge comme moi d'un blog dont le but est de faire vaciller la "power structure" de la finance mondiale, on ne peut pas prendre le risque de perdre sa voix au moment crucial! (qui chaque jour se rapproche d'une journée...)
J'ai demandé quelle était la capacité du centre (qui couvrait plusieurs quartiers parisiens): 1000/jour au max. A 18H00, le compteur était à 63. Je n'ai pas attendu et le tout a été réglé en vingt minutes. Il est clair que dès que le vaccin sera à la mode (et j'ai l'impression qu'il le sera bientôt), l'engorgement va être inévitable. Faire la queue une demi-journée avec d'autre gens (possiblement malades - talk about a self-defeating move) ne me paraît pas être une alternative très séduisante.
J'ouvre donc une rubrique "conseil de santé" sur le blogo qui pourrait bien n'avoir jamais qu'une entrée: Faites-vous vacciner avant le rush! (liste des centres de vaccination à Paris)
Autre conseil: vous n'avez plus que deux semaines environ pour faire vos cadeaux de Noël dans des conditions relativement sereines. (ouverture d'une rubrique "vie pratique")
Tant que j'y suis: Jocelyn Quivrin. Bon. On ne doit pas tirer sur les ambulances donc j'imagine pas non plus sur les corbillards mais s'il roulait bien à 230km/h, ne peut-on pas mettre un peu en sourdine la mystique "James Dean"et rappeler plutôt qu'il faisait courir un risque aux gens autour de lui? Même à 3H00 du matin dans le Massif central ce genre de vitesse n'est pas excusable mais à 23H30 un dimanche soir sur l'A13? WTF? L'hommage de Mitterrand ne peut-il pas faire référence aux "conditions à éclaircir de l'accident"? Mitterrand aurait-il eu la même compassion mièvre pour un trader ou l'aurait-il traité (en privé) de "gros con"? Faire comme si Quivrin avait été la victime innocente de la fatalité est irritant. Mitterrand aurait-il aimé être sur l'A13, décapité par le bolide de Quivrin rebondissant sur un rail de sécurité? (ouverture d'une rubrique: "commentaire complètement gratuit sur des faits de société choisis au hasard")
Et tant que j'y suis encore, un véritable "eye-opener" à la faveur de déambulations sur internet (good old-fashion web surfing!): ce mot de Bruno Roger-Petit sur Michel Drucker. Je n'étais pas sensibilisé à cet aspect "irrespectueux" de Michel Drucker et je l'aurais volontiers classé dans la catégorie des obséquieux vis-à-vis des pouvoirs quels qu'ils soient. Il semble que j'avais raté une constante réellement provocatrice dans sa carrière qui me le rend plutôt sympathique. Comme quoi... (ouverture d'une rubrique "médias")
Bon je crois que je suis maintenant aussi loin qu'on peut l'être de la "crise annoncée". J'arrête...
Plusieurs facteurs m'ont fait franchir le pas. D'abord, j'ai un proche qui est tombé malade la semaine dernière. J'ai aussi un autre membre de ma famille qui s'est spécialisé en matière de grippe A et qui recommande le vaccin. J'ai appris en outre que les petites Obama s'étaient faites vacciner (même si notre président n'a pas encore donné l'exemple - soit dit en passant quelle bizarrerie... A-t-il peur des piqûres? Peur du vaccin?). Déjà vacciné contre la grippe saisonnière, je ne cours plus le risque de passer une semaine au lit. Je n'aurais pas non plus à me tenir à distance de gens touchés et je pourrais au contraire leur prêter main forte s'il en était besoin. Aussi, le vaccin n'est pas du tout en vogue: moralité, vu que je n'aime rient tant que prendre tout le monde à contre-pied (en bon "contrarian"), la tentation est devenue de plus en plus irrésistible. Enfin, quand on a la charge comme moi d'un blog dont le but est de faire vaciller la "power structure" de la finance mondiale, on ne peut pas prendre le risque de perdre sa voix au moment crucial! (qui chaque jour se rapproche d'une journée...)
J'ai demandé quelle était la capacité du centre (qui couvrait plusieurs quartiers parisiens): 1000/jour au max. A 18H00, le compteur était à 63. Je n'ai pas attendu et le tout a été réglé en vingt minutes. Il est clair que dès que le vaccin sera à la mode (et j'ai l'impression qu'il le sera bientôt), l'engorgement va être inévitable. Faire la queue une demi-journée avec d'autre gens (possiblement malades - talk about a self-defeating move) ne me paraît pas être une alternative très séduisante.
J'ouvre donc une rubrique "conseil de santé" sur le blogo qui pourrait bien n'avoir jamais qu'une entrée: Faites-vous vacciner avant le rush! (liste des centres de vaccination à Paris)
Autre conseil: vous n'avez plus que deux semaines environ pour faire vos cadeaux de Noël dans des conditions relativement sereines. (ouverture d'une rubrique "vie pratique")
Tant que j'y suis: Jocelyn Quivrin. Bon. On ne doit pas tirer sur les ambulances donc j'imagine pas non plus sur les corbillards mais s'il roulait bien à 230km/h, ne peut-on pas mettre un peu en sourdine la mystique "James Dean"et rappeler plutôt qu'il faisait courir un risque aux gens autour de lui? Même à 3H00 du matin dans le Massif central ce genre de vitesse n'est pas excusable mais à 23H30 un dimanche soir sur l'A13? WTF? L'hommage de Mitterrand ne peut-il pas faire référence aux "conditions à éclaircir de l'accident"? Mitterrand aurait-il eu la même compassion mièvre pour un trader ou l'aurait-il traité (en privé) de "gros con"? Faire comme si Quivrin avait été la victime innocente de la fatalité est irritant. Mitterrand aurait-il aimé être sur l'A13, décapité par le bolide de Quivrin rebondissant sur un rail de sécurité? (ouverture d'une rubrique: "commentaire complètement gratuit sur des faits de société choisis au hasard")
Et tant que j'y suis encore, un véritable "eye-opener" à la faveur de déambulations sur internet (good old-fashion web surfing!): ce mot de Bruno Roger-Petit sur Michel Drucker. Je n'étais pas sensibilisé à cet aspect "irrespectueux" de Michel Drucker et je l'aurais volontiers classé dans la catégorie des obséquieux vis-à-vis des pouvoirs quels qu'ils soient. Il semble que j'avais raté une constante réellement provocatrice dans sa carrière qui me le rend plutôt sympathique. Comme quoi... (ouverture d'une rubrique "médias")
Bon je crois que je suis maintenant aussi loin qu'on peut l'être de la "crise annoncée". J'arrête...
L'or à $1141.2
L'or monte. J'ai acheté de l'or en 2007. A l'époque, je pensais que "tout allait péter" et que l'or allait "spiker" (de "spike" atteindre un pic très rapidement). L'or allait être la valeur refuge devant le chaos que la crise allait produire. J'avais pour modèle la hausse extrêmement rapide de l'or du début des années 80 qui avaient vu l'or monter autour de $800 ce qui, compte tenu de l'inflation, représenterait $2200 dollar aujourd'hui. Pour l'instant, cela ne s'est pas produit. Il est clair cependant que si le dernier rempart contre le chaos économique global venait à céder (si les marchés se mettaient à douter sérieusement de la capacité des Etats à rembourser leurs dettes), l'or connaîtrait une hausse des prix très rapide et exponentielle.
Le cours de l'or est quasiment devenu aujourd'hui la preuve numéro 1 d'une angoisse diffuse et impalpable (la bourse s'envole!) qui semble rôder un peu partout. L'utilisation de l'or comme une protection contre le chaos est désormais bien ancré dans la psychologie du marché (ça n'était pas vrai il y a un an quand face à Lehman, poussé par le dollar qui remontait, l'or a chuté jusque sous les $800 démentant pendant un temps complètement ma théorie). Je misais donc sur une crise pour faire exploser le cours de l'or. La crise est venue (septembre 2008 et mars 2009) mais l'or n'a pas spiké. La hausse de l'or n'est pas la conséquence directe d'une crise comme au début des années 80 mais paraît en être à ce stade un signe annonciateur.
Nous verrons donc. Il faut aussi qu'un certain nombre de corrélations puissantes qui se sont établies récemment se découplent pour que l'or puisse vraiment monter dans une période d'incertitude. Notamment le caractère de "valeur refuge" du dollar en cas d'inquiétude doit disparaître car il fait baisser l'or au moindre coup de vent. C'est peut-être ce découplement qui est en train de se passer mais nous n'aurons la réponse que quand les mouvements récents s'inverseront (hausse des actions et de l'or en même temps qu'une baisse du dollar). Roubini notamment explique que le dollar va rebondir violemment en raison de l'inversion brutale du phénomène qui expliquerait l'essentiel de sa baisse aujourd'hui: le carry-trade* qui est désormais financé en dollar (nouveauté).
L'or est finalement aujourd'hui l'indicateur essentiel du fait qu' "il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark". J'exagère: il y a en en réalité plein d'autres signes de "clear and present danger" mais disons que les médias choisissent de mettre en avant la bourse et la croissance qui ne sont pas "pas si pires" (expression québécoise pour les non-initiés). Pourquoi pas l'emploi? Les faillites bancaires (FDIC hebdomadaire)? Les dettes pourries qui continuent à augmenter imperturbablement (FHA, Fannie-Freddie, credit cards)? Les évictions qui ne diminuent pas? Et également les bonus dans les banques! Bonne nouvelle me direz-vous? Absolument pas, ce seul chiffre est le plus inquiétant: il démontre de manière implacable à l'observateur attentif que le système est mort sans espoir de retour car il est incapable de se réformer et pourtant complètement livré à lui même. Ce dévoiement de l'argent public est le meilleur indicateur du fait que la situation du système financier atteint un stade terminal: ceux qui le dirigent n'essayent même pas d'en assurer la pérennité, ils essayent de réaliser une dernière fois les hold-ups invraisemblables qui ont permis à tant de gens de s'enrichir pour des générations en quelques "saisons de bonus" avant la crise. C'est le seul objectif poursuivi et il a une utilité sociale absolument nulle. Ca ne peut pas bien se terminer.
* Cette thèse du carry-trade qui va s'inverser en emportant tous les "dollar bears" sur son passage me paraît un peu un conte pour enfants visant à faire peur aux investisseurs qui jouent contre le dollar. Roubini dit que le carry-trade est immense mais ne se donnent pas la peine de le quantifier par rapport aux autres forces qui influencent le marché des changes. Il dit qu'on emprunte des dollars pour les investir ailleurs ce qui fait augmenter toutes les classes d'actif de la planète. Très bien mais les actifs américains s'apprécient également et semblent toujours donner le la (il faut dire qu'au rythme où la FED crée de la monnaie, il y en a pour tout le monde - littéralement!). Cette thèse du carry-trade fait tressaillir le bullshit detector du blogo. Est-il déraisonnable de demander à Roubini de chiffrer son effet carry-trade avant de faire de son idée une "une" du Wall Street Journal? N'y a-t-il pas toujours des éléments objectifs qui peuvent expliquer la baisse du dollar? La manière dont cette thèse est devenue en quinze jours l'explication unique de tous les mouvements du dollar me semble très suspecte (en tout cas après la lecture de l'édito du 2 novembre de Roubini dans le FT qui est à l'origine de l'affaire et qui encore une fois ne présente aucun chiffre - où l'on mesure encore une fois l'impact inouï qu'ont quelques faiseurs d'opinions sur les marchés ou en tout cas sur les "narratives" qui leur sont vendus).
Addendum (18/11/2009): à la relecture, l'expression "conte pour enfants" me semble excessive. Le phénomène est réel mais on dirait qu'il a été lancé selon un plan média. Ca fait un peu penser au "subprime européen" au printemps. L'idée étant que les taux sont à zéro depuis le début de l'année et il est un peu étonnant que ce sujet déboule sur le devant de la scène tout à coup en emportant tout sur son passage dans les discussions sur les taux de change. Just sayin'.
Le cours de l'or est quasiment devenu aujourd'hui la preuve numéro 1 d'une angoisse diffuse et impalpable (la bourse s'envole!) qui semble rôder un peu partout. L'utilisation de l'or comme une protection contre le chaos est désormais bien ancré dans la psychologie du marché (ça n'était pas vrai il y a un an quand face à Lehman, poussé par le dollar qui remontait, l'or a chuté jusque sous les $800 démentant pendant un temps complètement ma théorie). Je misais donc sur une crise pour faire exploser le cours de l'or. La crise est venue (septembre 2008 et mars 2009) mais l'or n'a pas spiké. La hausse de l'or n'est pas la conséquence directe d'une crise comme au début des années 80 mais paraît en être à ce stade un signe annonciateur.
Nous verrons donc. Il faut aussi qu'un certain nombre de corrélations puissantes qui se sont établies récemment se découplent pour que l'or puisse vraiment monter dans une période d'incertitude. Notamment le caractère de "valeur refuge" du dollar en cas d'inquiétude doit disparaître car il fait baisser l'or au moindre coup de vent. C'est peut-être ce découplement qui est en train de se passer mais nous n'aurons la réponse que quand les mouvements récents s'inverseront (hausse des actions et de l'or en même temps qu'une baisse du dollar). Roubini notamment explique que le dollar va rebondir violemment en raison de l'inversion brutale du phénomène qui expliquerait l'essentiel de sa baisse aujourd'hui: le carry-trade* qui est désormais financé en dollar (nouveauté).
L'or est finalement aujourd'hui l'indicateur essentiel du fait qu' "il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark". J'exagère: il y a en en réalité plein d'autres signes de "clear and present danger" mais disons que les médias choisissent de mettre en avant la bourse et la croissance qui ne sont pas "pas si pires" (expression québécoise pour les non-initiés). Pourquoi pas l'emploi? Les faillites bancaires (FDIC hebdomadaire)? Les dettes pourries qui continuent à augmenter imperturbablement (FHA, Fannie-Freddie, credit cards)? Les évictions qui ne diminuent pas? Et également les bonus dans les banques! Bonne nouvelle me direz-vous? Absolument pas, ce seul chiffre est le plus inquiétant: il démontre de manière implacable à l'observateur attentif que le système est mort sans espoir de retour car il est incapable de se réformer et pourtant complètement livré à lui même. Ce dévoiement de l'argent public est le meilleur indicateur du fait que la situation du système financier atteint un stade terminal: ceux qui le dirigent n'essayent même pas d'en assurer la pérennité, ils essayent de réaliser une dernière fois les hold-ups invraisemblables qui ont permis à tant de gens de s'enrichir pour des générations en quelques "saisons de bonus" avant la crise. C'est le seul objectif poursuivi et il a une utilité sociale absolument nulle. Ca ne peut pas bien se terminer.
* Cette thèse du carry-trade qui va s'inverser en emportant tous les "dollar bears" sur son passage me paraît un peu un conte pour enfants visant à faire peur aux investisseurs qui jouent contre le dollar. Roubini dit que le carry-trade est immense mais ne se donnent pas la peine de le quantifier par rapport aux autres forces qui influencent le marché des changes. Il dit qu'on emprunte des dollars pour les investir ailleurs ce qui fait augmenter toutes les classes d'actif de la planète. Très bien mais les actifs américains s'apprécient également et semblent toujours donner le la (il faut dire qu'au rythme où la FED crée de la monnaie, il y en a pour tout le monde - littéralement!). Cette thèse du carry-trade fait tressaillir le bullshit detector du blogo. Est-il déraisonnable de demander à Roubini de chiffrer son effet carry-trade avant de faire de son idée une "une" du Wall Street Journal? N'y a-t-il pas toujours des éléments objectifs qui peuvent expliquer la baisse du dollar? La manière dont cette thèse est devenue en quinze jours l'explication unique de tous les mouvements du dollar me semble très suspecte (en tout cas après la lecture de l'édito du 2 novembre de Roubini dans le FT qui est à l'origine de l'affaire et qui encore une fois ne présente aucun chiffre - où l'on mesure encore une fois l'impact inouï qu'ont quelques faiseurs d'opinions sur les marchés ou en tout cas sur les "narratives" qui leur sont vendus).
Addendum (18/11/2009): à la relecture, l'expression "conte pour enfants" me semble excessive. Le phénomène est réel mais on dirait qu'il a été lancé selon un plan média. Ca fait un peu penser au "subprime européen" au printemps. L'idée étant que les taux sont à zéro depuis le début de l'année et il est un peu étonnant que ce sujet déboule sur le devant de la scène tout à coup en emportant tout sur son passage dans les discussions sur les taux de change. Just sayin'.
lundi 16 novembre 2009
I'm shocked! Shocked!
Du NYT (via Atrios):
WASHINGTON — In the official record of the historic House debate on overhauling health care, the speeches of many lawmakers echo with similarities. Often, that was no accident.
Statements by more than a dozen lawmakers were ghostwritten, in whole or in part, by Washington lobbyists working for Genentech, one of the world’s largest biotechnology companies.
E-mail messages obtained by The New York Times show that the lobbyists drafted one statement for Democrats and another for Republicans.
(Des lobbyists du healthcare ont écrit les discours de représentants à la chambre lors du récent débat sur le système de santé. What a shocker!)
WASHINGTON — In the official record of the historic House debate on overhauling health care, the speeches of many lawmakers echo with similarities. Often, that was no accident.
Statements by more than a dozen lawmakers were ghostwritten, in whole or in part, by Washington lobbyists working for Genentech, one of the world’s largest biotechnology companies.
E-mail messages obtained by The New York Times show that the lobbyists drafted one statement for Democrats and another for Republicans.
(Des lobbyists du healthcare ont écrit les discours de représentants à la chambre lors du récent débat sur le système de santé. What a shocker!)
samedi 14 novembre 2009
Ordos - China
Assez scotchant.Ca fait penser aux lotissements fantômes aux US sauf que c'est à la dimension chinoise.(via Zero Hedge)Et rappelons-nous que c'est sur les épaules de ce pays que repose la stabilité de l'économie mondiale. On ne peut pas non plus exclure que le reportage force le trait sustantiellement. Granted. Il n'empêche que c'est un élément de plus qui envoie le "bullshit detector" du blogo dans le rouge au sujet de l'économie chinoise. J'ai particulièrement aimé: "personne n'a jamais perdu d'argent sur l'immobilier en Chine". J'ai déjà entendu ça quelque part...
vendredi 13 novembre 2009
mercredi 11 novembre 2009
Post-It
La maturité moyenne de la dette anglaise est 15 ans, France et Allemagne 10 ans et USA 5 ans. (via RGE). Le Royaume-Uni qui est en "negative watch" pourrait être le premier de ces pays à perdre sa note AAA qui abaisse le coût global de l'endettement.
Madoff n'a pas "raté sa vie": il avait 17 Rolex.
Brilliant:
Madoff n'a pas "raté sa vie": il avait 17 Rolex.
Brilliant:
mardi 10 novembre 2009
Roubini et Summers, Récho et Frigo?
Dans l'économie US, vous avez Dark Vador: c'est Larry Summers (dérégulateur fou, "bubble apologist", payé plus de $100000 euros par prestation pour des conférences dans les banques etc...). Et vous avez Luke Skywalker: c'est Nouriel Roubini à la tête d'une petite entreprise de conseil, modestement professeur à la Stern School of business de NYU mais qui a eu raison sur la crise en dénonçant la bulle dans l'immobilier quand ça n'était pas encore à la mode.
J'ai regretté à plusieurs reprises depuis que la crise est rentrée dans une phase aiguë que Roubini soit moins percutant et se fasse même parfois l'apologiste de l'administration. Il a loué les nominations de Geithner et de Summers qui sont l'un et l'autre à l'origine de la crise. Il s'est fendu d'un édito dans le NYT appelant à la reconduction de Bernanke (on peut considérer que c'est un moindre mal mais de là à faire un op-ed...). J'ai mis ça sur le compte de l'ambition: Roubini avait fait son "breakthrough" avec la crise et son ambition naturelle était de rentrer dans l'establishment et peut-être au gouvernement.
Il semble que cette explication soit incomplète.
D'après les publications rendues nécessaires par son accession au poste de conseiller économique d'Obama, Summers a investi dans la boîte de Roubini en janvier 2006 (voir p. 22 du PDF plus bas). Problème: à l'époque les deux hommes semblent aux antipodes l'un de l'autre. Summers fait notamment des présentations dans des pays d'Asie en recommandant d'acheter du subprime. Comment peut-il au même moment investir dans l'entreprise de l'homme qui fait un fonds de commerce de dire que tout va péter? Mind boggling. Le silence médiatique quasi-total sur ce lien tangible entre deux acteurs en principe opposés dans le débat économique est très étonnant. L'internet permet l'exposition de ce genre de lien à condition qu'ils soient relevés par les journalistes. J'ai aussi réalisé que Roubini avait été adjoint de Geithner en 98 quand celui-ci était Undersecretary de Clinton (je me souvenais qu'il avait eu un rôle sous Clinton mais pas pour Geithner directement).
Roubini était dithyrambique sur la nomination de Summers et Geithner, il avait été interviewé le 25 novembre 2008 dans Newsweek. Titre de l'article: "Even Dr Doom likes them". L'article ne fait pas mention du lien préexistant (je n'irai pas pleurer...). Heureusement, Roubini faisait une mise au point sur son blog: "First, I told the Newsweek reporter – as full disclosure – that I had worked for Tim Geithner and Larry Summers when they were both at Treasury". Et les actions de Summers dans ta société, Nouriel? Elle n'était pas très "full" cette "disclosure"...
Summers est-il le père de Nouriel Roubini comme Vador était le père de Luke Skywalker ? En tout cas, je comprends mieux pourquoi Roubini semble si souvent ambigu face au côté obscur. (via un commentateur de Zero Hedge et ce site - ce n'est pas un scoop l'info date d'avril).
Voir p. 22, la boite de Roubini s'appelle RGE Monitor:
Disclosure LSummers04032009
J'ai regretté à plusieurs reprises depuis que la crise est rentrée dans une phase aiguë que Roubini soit moins percutant et se fasse même parfois l'apologiste de l'administration. Il a loué les nominations de Geithner et de Summers qui sont l'un et l'autre à l'origine de la crise. Il s'est fendu d'un édito dans le NYT appelant à la reconduction de Bernanke (on peut considérer que c'est un moindre mal mais de là à faire un op-ed...). J'ai mis ça sur le compte de l'ambition: Roubini avait fait son "breakthrough" avec la crise et son ambition naturelle était de rentrer dans l'establishment et peut-être au gouvernement.
Il semble que cette explication soit incomplète.
D'après les publications rendues nécessaires par son accession au poste de conseiller économique d'Obama, Summers a investi dans la boîte de Roubini en janvier 2006 (voir p. 22 du PDF plus bas). Problème: à l'époque les deux hommes semblent aux antipodes l'un de l'autre. Summers fait notamment des présentations dans des pays d'Asie en recommandant d'acheter du subprime. Comment peut-il au même moment investir dans l'entreprise de l'homme qui fait un fonds de commerce de dire que tout va péter? Mind boggling. Le silence médiatique quasi-total sur ce lien tangible entre deux acteurs en principe opposés dans le débat économique est très étonnant. L'internet permet l'exposition de ce genre de lien à condition qu'ils soient relevés par les journalistes. J'ai aussi réalisé que Roubini avait été adjoint de Geithner en 98 quand celui-ci était Undersecretary de Clinton (je me souvenais qu'il avait eu un rôle sous Clinton mais pas pour Geithner directement).
Roubini était dithyrambique sur la nomination de Summers et Geithner, il avait été interviewé le 25 novembre 2008 dans Newsweek. Titre de l'article: "Even Dr Doom likes them". L'article ne fait pas mention du lien préexistant (je n'irai pas pleurer...). Heureusement, Roubini faisait une mise au point sur son blog: "First, I told the Newsweek reporter – as full disclosure – that I had worked for Tim Geithner and Larry Summers when they were both at Treasury". Et les actions de Summers dans ta société, Nouriel? Elle n'était pas très "full" cette "disclosure"...
Summers est-il le père de Nouriel Roubini comme Vador était le père de Luke Skywalker ? En tout cas, je comprends mieux pourquoi Roubini semble si souvent ambigu face au côté obscur. (via un commentateur de Zero Hedge et ce site - ce n'est pas un scoop l'info date d'avril).
Voir p. 22, la boite de Roubini s'appelle RGE Monitor:
Disclosure LSummers04032009
Post-It (2)
Jean Sarkozy meets Benjamin Button: Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan, embauche son père de 78 ans.
Bankers Start Feasting Again at London Eateries, Chefs Say "Les grands chefs londoniens disent que les banquiers festoient à nouveau". Partying like it's 2006...
Le convoyeur-voleur lisait-il le Blogo? (via "20 Minutes"): Seul indice qui aurait pu mettre la puce à l’oreille de ses collègues, un changement de comportement depuis quelques mois. D’impénétrable, l’homme est devenu contempteur des patrons et banquiers, se comportait de façon «bizarre depuis plusieurs mois», et se plaignait «d’être mal payé».
Brown soutient la taxe Tobin. Avec Sarko et Merkel, ça commence à faire du monde (j'ai vérifié rapidement mais ils semblent tous deux y avoir été favorables). Wall Street a donné une fin de non-recevoir par l'intermédiaire de Geithner. Plus étonnant, DSK se prononce également contre ce qui n'est pas très smart pour un présidentiable PS. Je ne sais pas si cette taxe pourrait être applicable régionalement. Je n'ai pas d'avis sur la question car le problème restait traditionnellement confiné aux pages du monde diplomatique. Peut-on imaginer une partie du monde avec un capital très fluide et une autre où la viscosité est plus grande? La taxe est-elle naturellement un frein à la croissance comme les banques ne vont pas manquer de le dire (elles ne tolèrent qu'un élément de viscosité: leurs fees!) ou un élément de stabilisation comme c'est avancé? Ca pourrait en tout cas être un moyen pour les politiques d'essayer, si ce n'est de reprendre la main, au moins de se faire entendre un petit peu.
C'était un peu la surprise des élections allemandes: les allemands votent toujours massivement pour l'équivalent de Madelin malgré la crise financière. Ce graphe traduit cette réalité également. Vu la position française, il semble que l'Europe ait un problème...
L'augmentation du chômage se tasse aux US même si le taux de chômage a franchi les 10% à 10,2%.
Et ce graphe que j'avais déjà posté mais qui est actualisé. Il montre la spécificité de cette crise parmi celles qui ont eu lieu depuis la guerre:
Bankers Start Feasting Again at London Eateries, Chefs Say "Les grands chefs londoniens disent que les banquiers festoient à nouveau". Partying like it's 2006...
Le convoyeur-voleur lisait-il le Blogo? (via "20 Minutes"): Seul indice qui aurait pu mettre la puce à l’oreille de ses collègues, un changement de comportement depuis quelques mois. D’impénétrable, l’homme est devenu contempteur des patrons et banquiers, se comportait de façon «bizarre depuis plusieurs mois», et se plaignait «d’être mal payé».
Brown soutient la taxe Tobin. Avec Sarko et Merkel, ça commence à faire du monde (j'ai vérifié rapidement mais ils semblent tous deux y avoir été favorables). Wall Street a donné une fin de non-recevoir par l'intermédiaire de Geithner. Plus étonnant, DSK se prononce également contre ce qui n'est pas très smart pour un présidentiable PS. Je ne sais pas si cette taxe pourrait être applicable régionalement. Je n'ai pas d'avis sur la question car le problème restait traditionnellement confiné aux pages du monde diplomatique. Peut-on imaginer une partie du monde avec un capital très fluide et une autre où la viscosité est plus grande? La taxe est-elle naturellement un frein à la croissance comme les banques ne vont pas manquer de le dire (elles ne tolèrent qu'un élément de viscosité: leurs fees!) ou un élément de stabilisation comme c'est avancé? Ca pourrait en tout cas être un moyen pour les politiques d'essayer, si ce n'est de reprendre la main, au moins de se faire entendre un petit peu.
C'était un peu la surprise des élections allemandes: les allemands votent toujours massivement pour l'équivalent de Madelin malgré la crise financière. Ce graphe traduit cette réalité également. Vu la position française, il semble que l'Europe ait un problème...

L'augmentation du chômage se tasse aux US même si le taux de chômage a franchi les 10% à 10,2%.

Et ce graphe que j'avais déjà posté mais qui est actualisé. Il montre la spécificité de cette crise parmi celles qui ont eu lieu depuis la guerre:
lundi 9 novembre 2009
dimanche 8 novembre 2009
3,5%
3,5%. C'est la croissance américaine annoncée au troisième trimestre il y a plus d'une semaine. J'ai immédiatement reçu un email d'un lecteur qui était curieux de connaître la position du Blogo sur un chiffre qui n'allait pas vraiment dans le sens du "désastre imminent" qui est promis ici à longueur de posts.
Il y a beaucoup de raisons de relativiser ce chiffre mais ce n'est pas vraiment ce que je me propose de faire. Voici en gros comment tous les commentateurs (du mainstream à Zero Hedge) traitent le sujet: ces 3,5% ne sont que le produit du stimulus de $787 milliards décidé par Obama et le quatrième trimestre ne sera pas aussi bon (fin notamment de la prime à la casse). De plus, les chiffres de l'emploi sont déplorables et les difficultés à venir sont majeures. J'ai même entendu Peter Orszag (conseiller éco d'Obama) annoncer sur Charlie Rose que "la part des $787 milliards dépensée au Q3" = "entre 3% et 4% de croissance".
Et voilà: 3,5% - (entre 3% et 4%) = 0% (+/- 0,5%). Le tour est joué. Des questions?
J'imagine que les lecteurs du Blogo ont quand même des questions et ils ont raison. Où est la catastrophe promise (même 0% n'est pas -10%)? Et surtout: les mesures prises depuis le début de la crise se sont-elles finalement avérées être les bonnes puisque le système tient encore debout et semble même redémarrer? (disclosure: je ne réponds définitivement à aucune de ces questions pour ceux qui ne voudraient pas être pris en traître).
Pour ce qui est de la catastrophe, je l'ai d'abord annoncée pour 2009 avec une préférence pour le premier semestre. Puis je me suis rabattu sur 2009 et je vais bientôt devoir me replier sur 2010. Pour revenir à l' "avis général" (qui s'est trompé tellement de fois récemment qu'il n'est pas besoin d'y revenir) il est désormais communément admis que "we're back from the brink" ("nous sommes revenus du bord du précipice", Krugman notamment est sur cette ligne). Le Blogo considère toujours que nous sommes au bord du précipice et pense que nous allons tomber dedans. Ou peut-être sommes nous tombés dedans et n'avons nous simplement pas encore touché le fond.
Je vais donc développer cela en deux parties. Où est la catastrophe promise? puis La politique menée était-elle la bonne? Hopefully dans la semaine. Je refusionnerai le tout en un seul post à la fin. C'est une nouveauté du blogo pour ce mois de novembre: le roman par épisode.
Il y a beaucoup de raisons de relativiser ce chiffre mais ce n'est pas vraiment ce que je me propose de faire. Voici en gros comment tous les commentateurs (du mainstream à Zero Hedge) traitent le sujet: ces 3,5% ne sont que le produit du stimulus de $787 milliards décidé par Obama et le quatrième trimestre ne sera pas aussi bon (fin notamment de la prime à la casse). De plus, les chiffres de l'emploi sont déplorables et les difficultés à venir sont majeures. J'ai même entendu Peter Orszag (conseiller éco d'Obama) annoncer sur Charlie Rose que "la part des $787 milliards dépensée au Q3" = "entre 3% et 4% de croissance".
Et voilà: 3,5% - (entre 3% et 4%) = 0% (+/- 0,5%). Le tour est joué. Des questions?
J'imagine que les lecteurs du Blogo ont quand même des questions et ils ont raison. Où est la catastrophe promise (même 0% n'est pas -10%)? Et surtout: les mesures prises depuis le début de la crise se sont-elles finalement avérées être les bonnes puisque le système tient encore debout et semble même redémarrer? (disclosure: je ne réponds définitivement à aucune de ces questions pour ceux qui ne voudraient pas être pris en traître).
Pour ce qui est de la catastrophe, je l'ai d'abord annoncée pour 2009 avec une préférence pour le premier semestre. Puis je me suis rabattu sur 2009 et je vais bientôt devoir me replier sur 2010. Pour revenir à l' "avis général" (qui s'est trompé tellement de fois récemment qu'il n'est pas besoin d'y revenir) il est désormais communément admis que "we're back from the brink" ("nous sommes revenus du bord du précipice", Krugman notamment est sur cette ligne). Le Blogo considère toujours que nous sommes au bord du précipice et pense que nous allons tomber dedans. Ou peut-être sommes nous tombés dedans et n'avons nous simplement pas encore touché le fond.
Je vais donc développer cela en deux parties. Où est la catastrophe promise? puis La politique menée était-elle la bonne? Hopefully dans la semaine. Je refusionnerai le tout en un seul post à la fin. C'est une nouveauté du blogo pour ce mois de novembre: le roman par épisode.
Glenn Matters
Glenn Greenwald s'en prend classiquement à un propagandiste en chef pro-guerre en Irak: Michael Ledeen (impliqué notamment dans l'affabulation sur les "aluminium tubes" de Saddam Hussein). Ledeen s'est depuis recyclé dans le battage de tam-tam contre l'Iran. Il faut dire que cette évolution de carrière semble presque naturelle tant elle a été suivie.
Désormais autoproclamé "spécialiste de l'Iran", Ledeen répand une fausse rumeur sur le supposé décès d'Ali Khamenei, "Chef Suprême" iranien (ou quelque chose dans ce goût-là). Il a fait le coup en 2006 et a recommencé au mois d'octobre 2009. Khamenei n'est pas mort et a fait depuis des apparitions publiques.
Enters Glenn Greenwald qui réduit Ledeen en miettes en deux temps trois mouvements comme il se doit mais qui met aussi en cause le journaliste George Stephanopoulos (solidement installé au sommet du "pecking order" dans le journalisme politique des vieux médias) pour avoir fait un lien vers la rumeur de Ledeen à partir de son blog d'ABC News. Réponse quasi immédiate de Stephanopoulos sur Twitter:
C'est pour cela qu'Atrios apelle Greenwald "Glennzilla": il fout la trouille à tout le monde à Washington. S'il y avait eu ce type de réaction de bon sens des MSM (mensonge => disqualification) en 2003, nous n'en serions pas là où nous en sommes.
Note: citations de Ledeen d'après sa fiche wikipédia (il dit en gros tout haut ce que l'administration Bush pensait tout bas):
"The two met after Bush's election," the Post reported cheerfully, quoting Ledeen about Rove's request that "any time you have a good idea, tell me". "More than once, Ledeen has seen his ideas, faxed to Rove, become official policy or rhetoric," noted the newspaper.
Désormais autoproclamé "spécialiste de l'Iran", Ledeen répand une fausse rumeur sur le supposé décès d'Ali Khamenei, "Chef Suprême" iranien (ou quelque chose dans ce goût-là). Il a fait le coup en 2006 et a recommencé au mois d'octobre 2009. Khamenei n'est pas mort et a fait depuis des apparitions publiques.
Enters Glenn Greenwald qui réduit Ledeen en miettes en deux temps trois mouvements comme il se doit mais qui met aussi en cause le journaliste George Stephanopoulos (solidement installé au sommet du "pecking order" dans le journalisme politique des vieux médias) pour avoir fait un lien vers la rumeur de Ledeen à partir de son blog d'ABC News. Réponse quasi immédiate de Stephanopoulos sur Twitter:
C'est pour cela qu'Atrios apelle Greenwald "Glennzilla": il fout la trouille à tout le monde à Washington. S'il y avait eu ce type de réaction de bon sens des MSM (mensonge => disqualification) en 2003, nous n'en serions pas là où nous en sommes.Note: citations de Ledeen d'après sa fiche wikipédia (il dit en gros tout haut ce que l'administration Bush pensait tout bas):
- "the level of casualties (in Iraq) is secondary"
- "Change — above all violent change — is the essence of human history"
- "the only way to achieve peace is through total war"
- "The purpose of total war is to permanently force your will onto another people"
- "Every ten years or so, the United States needs to pick up some small crappy little country and throw it against the wall, just to show the world we mean business"
"The two met after Bush's election," the Post reported cheerfully, quoting Ledeen about Rove's request that "any time you have a good idea, tell me". "More than once, Ledeen has seen his ideas, faxed to Rove, become official policy or rhetoric," noted the newspaper.
vendredi 6 novembre 2009
jeudi 5 novembre 2009
Le château de sable législatif face aux marées du lobbying
Jusqu'à une date récente le problème de la "durabilité" des lois ne se posait pas aux Etats-Unis. Les législateurs passaient des lois conçues avec les lobbyistes qui satisfaisaient tout le monde à Washington. Désormais, il est possible que les intérêts exprimés par les lobbyists s'opposent (en apparence) à ceux défendus par les législateurs car les citoyens sont désormais plus attentifs au processus législatif (leur désintérêt leur a coûté très cher). Par exemple au sujet de la réforme du système de santé, les citoyens sont remontés contre les sociétés d'assurance. Pareillement dans la finance, les politiciens sont obligés de donner des gages à leurs électeurs du fait qu'ils ne sont pas totalement les marionnettes de Wall Street. C'est le cas par exemple sur l'agence de protection des consommateurs que souhaite Obama en matière de produits financiers.
Alors pour l'instant, ce projet d'agence a été vidé de ses propositions les plus intéressantes (par exemple obliger les banques à offrir des produits "étalons" extrèmement simples (plain vanilla) comme un emprunt immobilier 30 ans à taux fixe à côté des produits viciés qui sont le gagne-pain des banques). Du côté du système de santé, les intérêts représentés semblent avoir les choses bien en main et être en mesure d'éviter que des coups substantiels soient véritablement portés à leurs portefeuilles.
C'est donc un peu une question théorique mais l'idée de ce post est la suivante: quand bien même une force politique appuyée sur le peuple américain réussirait un jour à imposer des lois qui représentent enfin l'intérêt général, ces lois ne seraient-elle pas vidées de leurs substances et de leurs éléments toxiques (aux vues des lobbyistes) par un travail de sappes continue à coup d'amendements et de "supplemental" pouvant s'étendre sur plusieurs mois ou plusieurs années? Le travail des lobbyists est d'identifier les points névralgiques de la loi, les "technicalities", qui font qu'une loi populaire pour les politiciens glissent sur les intérêts de leurs clients comme sur les plumes d'un canard (c'est tout le problème de la "public option" dans la réforme actuelle du système de santé).
Il est très possible que les Etats-Unis passent par une phase "Pénélope" ou des politiciens toujours alliés des lobbyists déferont le soir en cachette ce qu'ils auront accompli dans la journée pour s'attirer les faveurs de leurs administrés. Cela pourrait être la "next line of defense" du système que nous connaissons aujourd'hui. Les citoyens n'ont pas la "staying power" (faculté de persister) des lobbyists. Des châteaux de sable législatifs visant à domestiquer certains "special interests" seraient donc systématiquement emporté par les marées des lobbyists.
Nous n'en sommes pas là: pour l'instant les lois sont encore le plus souvent vidées de leurs aspects problématiques (pour les lobbies) avant même d'être votées. Mais cela pourrait être la nouvelle formule. C'est d'ailleurs un peu ce à quoi on a assisté avec le TARP (loi de sauvetage des banques): la loi prévoyait quelques contraintes liées à l'acceptation de l'argent de l'Etat qui déplaisaient aux banques. Ces dernières se sont empressées de le rembourser dès qu'elles ont été en mesure d'emprunter (grâce à la FED). Elles ont alors délaissé le TARP au profit des aides de la FED qui ont l'énorme avantage d'être secrètes. La loi ne plaisait pas: elle a été contournée avec le concours de la FED, des législateurs et des corporate media. Long, hard slog.
Alors pour l'instant, ce projet d'agence a été vidé de ses propositions les plus intéressantes (par exemple obliger les banques à offrir des produits "étalons" extrèmement simples (plain vanilla) comme un emprunt immobilier 30 ans à taux fixe à côté des produits viciés qui sont le gagne-pain des banques). Du côté du système de santé, les intérêts représentés semblent avoir les choses bien en main et être en mesure d'éviter que des coups substantiels soient véritablement portés à leurs portefeuilles.
C'est donc un peu une question théorique mais l'idée de ce post est la suivante: quand bien même une force politique appuyée sur le peuple américain réussirait un jour à imposer des lois qui représentent enfin l'intérêt général, ces lois ne seraient-elle pas vidées de leurs substances et de leurs éléments toxiques (aux vues des lobbyistes) par un travail de sappes continue à coup d'amendements et de "supplemental" pouvant s'étendre sur plusieurs mois ou plusieurs années? Le travail des lobbyists est d'identifier les points névralgiques de la loi, les "technicalities", qui font qu'une loi populaire pour les politiciens glissent sur les intérêts de leurs clients comme sur les plumes d'un canard (c'est tout le problème de la "public option" dans la réforme actuelle du système de santé).
Il est très possible que les Etats-Unis passent par une phase "Pénélope" ou des politiciens toujours alliés des lobbyists déferont le soir en cachette ce qu'ils auront accompli dans la journée pour s'attirer les faveurs de leurs administrés. Cela pourrait être la "next line of defense" du système que nous connaissons aujourd'hui. Les citoyens n'ont pas la "staying power" (faculté de persister) des lobbyists. Des châteaux de sable législatifs visant à domestiquer certains "special interests" seraient donc systématiquement emporté par les marées des lobbyists.
Nous n'en sommes pas là: pour l'instant les lois sont encore le plus souvent vidées de leurs aspects problématiques (pour les lobbies) avant même d'être votées. Mais cela pourrait être la nouvelle formule. C'est d'ailleurs un peu ce à quoi on a assisté avec le TARP (loi de sauvetage des banques): la loi prévoyait quelques contraintes liées à l'acceptation de l'argent de l'Etat qui déplaisaient aux banques. Ces dernières se sont empressées de le rembourser dès qu'elles ont été en mesure d'emprunter (grâce à la FED). Elles ont alors délaissé le TARP au profit des aides de la FED qui ont l'énorme avantage d'être secrètes. La loi ne plaisait pas: elle a été contournée avec le concours de la FED, des législateurs et des corporate media. Long, hard slog.
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