dimanche 18 avril 2010

Goldman et la SEC

La SEC apparaît depuis le début de la crise comme un organisme croupion à la solde de Wall Street. Incapable de mettre un frein au Ponzi Scheme Madoff, elle a même vu récemment un jeune goldmanite (29 ans) nommé à l'un de ses postes de responsabilité (COO). En gros, s'il y avait quelque chose qui n'était pas attendu, c'est bien que la SEC montre les crocs face à un géant de Wall Street et en tout cas pas face au "Vampire Squid".

C'est pourtant ce qui s'est passé vendredi avec la mise en cause de GS par la SEC et la baisse de 12% du cours de la banque. Il semble que cette enquète ait été signifiée à GS depuis plus de six mois ce qui montrerait que la banque n'a pas pu empêcher son déroulement et son aboutissement en dépit de son influence.

La SEC (qui faisait intégralement partie du complexe Wa-Wa pour le Blogo) fait-elle preuve d'indépendance? Est-ce un acte isolé par un élément incontrôlé ou le début d'une renaissance? En attendant la suite, je rangerais plutôt l'annonce de ces poursuites dans la catégorie des évènements tonitruants qui peuvent n'avoir que peu ou pas de conséquences après l'effet d'annonce. Un peu comme les annonces d'Obama sur la réforme du système financier par exemple ou la fermeture de Guantanamo. Il n'en demeure pas moins que le monde depuis vendredi est un peu plus compliqué.

Note: le fonds du dossier semble d'ailleurs un peu alambiqué. Si la grande affaire du subprime est que GS ait fait participer Paulson au ramp-up d'un cdo qu'il comptait shorter sous le faux nez de ACA sans le dévoiler dans la term sheet, c'est pas mal mais pas grand' chose par rapport à la criminalité qui a existé durant la bulle immobilière. Un peu comme quand Al Capone tombait pour fraude fiscale... D'autant que la définition des CDOs n'a pas été sous-traitée intégralement à Paulson mais a fait l'objet d'aller-retours entre ACA et Paulson. De plus, comment déterminer que Paulson voulait shorter? Si ACA l'ignorait, pourquoi Goldman le savait-il? Alors des emails semblent faire la preuve de tout cela mais il s'agit un peu de faire la démonstration d'un vol d'autoradio au milieu de la mise à sac d'un centre commercial. Enfin, si la vidéosurveillance établit une preuve claire... Pourquoi pas?

Volcans

J'ai regardé le cas de 1982 et il semble que le 747 qui a perdu ses quatre moteurs soit passé à quelques dizaines de kilomètres du volcan. L'idée que les cendres puissent être dangereuses à des milliers de kilomètres de l'éruption a-t-elle déjà été vérifiée? Quelles sont les critères utilisés pour clouer les avions au sol? Respecte-t-on des normes préalablement établies ou fait-on des évaluations sur un mode binaire (cendre = pas de vols quelle qu'en soit la concentration?).

Y a-t-il des précédents dans le monde de la condamnation d'une zone aussi grande suite à une éruption? Cette éruption a-t-elle envoyé dans le ciel plus de cendres qu'aucune autre depuis 30 ans? Sinon, pourquoi n'y a-t-il pas eu de réactions similaires lors de ces éruptions précédentes? Cette situation semble ne pas avoir été préparée. Pourquoi n'avons nous pas de mesures plus précises? Si l'espace aérien a été bloqué de manière exagérée, quelles autorités auraient dû préparer cela mieux?

Ce problème semble sorti de nulle part. Pourtant, les volcans ne sont pas vraiment une découverte récente. Pourquoi sommes-nous à ce point démunis? Les éruptions étant fréquentes en Islande, on pourrait imaginer (vu que de nombreux avions passent à proximité constamment) que la dangerosité des nuages de cendre soit un problème relativement compris et encadré.

En trois mots: WTF?

vendredi 16 avril 2010

jeudi 15 avril 2010

Oracles...

Jim Chanos chez Charlie Rose. Il avait prédit la chute d'Enron, il nous promet la chute de la Chine (pour fin 2010).

Au passage, "stating the obvious":

The hole at Enron, Charlie, when the bust settled was about $65

billion. Lehman was twice Enron. We haven’t even gotten to AIG yet.
So the magnitude o of the holes in these balance sheets -- and
Secretary Paulson eluded to it in his account when he said the banks look
at Legman’s books in the last fateful weekend, they realized that the stuff
was overvalued by 100 percent still.
So as I pointed out, you can be --

CHARLIE ROSE: That’s why they couldn’t get anybody to buy it.


JAMES CHANOS: Exactly. You can be off by a billion here and a

billion there, maybe. But when you’re off by a $150 billion on a $600
billion balance sheet, there’s fraud involved. There’s fraud.
And someone knowingly signed those financial statements, which is a
violation under Sarbanes-Oxley, and signed financial statements they knew
not to be fair and accurate.

CHARLIE ROSE: So you think there ought to be more criminal

indictments?

JAMES CHANOS: I think there ought to be a lot of criminal indictments

in what we saw, because you have to understand that the -- what John
Kenneth Galbraith called the nub of the crime -- was simply taking
aggressive marks on illiquid derivatives and hard-to-value securities,
calling it profit, and paying yourself 50

Commentaire du Blogo: Dont' hold your breath...

Aussi: Sur la Chine, la boîte noire qui rend nos "happy meals possible" selon Steven Colbert, Gary Shilling nous promet également l'explosion aka "Game Over". (Gary Shilling avait vu la "lost decade" du Japon)

Aussi: Les régulateurs et les instituions financières savaient. Of course. keywords: Greenspan, Regulators and Industry Insiders KNEW We Were in a Housing Bubble

Qui a autorisé ça?

Un goldmanite arrivé à la direction de la FED of NY en remplacement de Timmy s'est vu délivré une dérogation pour pouvoir acheter des actions GS à l'automne 2008. Des dents ont grincé à la FED à l'époque. Qui a autorisé l'achat pourquoi? ZH pose la question. Keywords: Friedman. Edolphus Towns. FRBNY. Bernanke.

Et qui laisse passer ça? Repo 105.

mardi 13 avril 2010

One big lie

A lire de Zero Hedge sur un papier de John Hussman intitulé "Extend and Pretend". Extrait du commentaire de ZH:

Nothing reall new here, just more confirmation from John Hussman, who tends to be somewhat more diplomatic than us, in highlighting what all those who care already know (the rest are buying AIG, Fannie and Freddie): the banking system is completely insolvent. And to make matters worse everyone in this administration from the very top, to the regulators, to the accountants, to the investors, and to the firms themselves, is in on it. The only thing that makes it palatable - the complete lack of any information about just how bankrupt America is and will continue to be for years, even as we hear every single day from the administration propaganda business stations how everything is doing great. Ignore all the talk about an economic recovery - with the cornerstone of the financial system still in default if it weren't for a variety of accounting gimmicks, not to mention the trillions in fiscal and monetary boosts, and the transfer of resurrection costs from the present to the future via the steep debt curve, real GDP would be down 10% or more, and all public financial firms would be undergoing liquidation (and their management teams likely in prison). Of course, public recognition of just how much of a ponzi the entire economy has become is never a good thing going into midterm elections. And with the Fed directly and indirectly monetizing, with Primary Dealers complicit in realizing full well their 4th Hamptons house would be on the block if they don't, with China forced to keep buying our debt as the alternative is a nor so glorious revolution, we all not only live in Wonderland, but are fully aware of this sad reality, yet happily will continue to do so until the day this lie can not be rolled into tomorrow.

...

The take home is that the "success" of the USA is now based on one big lie: its economy, its finance, its consumer culture, even its integrity and reporting standards. Unfortunately, without historical exception, this is a preamble into various forms of armed conflict, either domestic or external, once the lie is sufficiently grasped by the majority, who care to read between the lines of the inexhaustible daily rally.

lundi 12 avril 2010

Greenspan se dédouane

Via Daily Kos. La dernière des tentatives de Greenspan de réécrire l'histoire.

De Daily Kos également sur les impôts payés par corporate America:

The fact that many ultra-lucrative U.S.corporations pay no taxes to federal government is hardly a new event. In April, 2004, the General Accountability Office found in a study sought by Sen. Byron Dorgan that "[m]ore than half of US corporations paid no federal income taxes during the boom years of the late 1990s." And an August 2008 GAO report sought by Dorgan and Sen. Carl Levin found that "[t]wo out of every three United States corporations paid no federal income taxes from 1998 through 2005." While many corporations did not pay taxes because they had net losses for those years, that wasn't the case for some of the big guys. In 2005, for instance, 25% of large U.S. corporations paid no taxes on revenue of $1.1 trillion.

Could one reason ExxonMobil paid $0 in taxes have to do with the $27,430,000 it spent on lobbying Congress against job-killing, confiscatory socialism? Nah.

dimanche 11 avril 2010

Look forward, not backwards

Floyd Norris du NYT nous enjoint de croire à la reprise et range cette crise dans une longue suite d'évènements absolument normaux faisant partie de la vie (les crises financières précédentes). Fermez le ban. Une fois de plus, c'est "Circulez, il n'y a rien à voir". En lisant cela, on a l'impression que Norris essaye de nous faire revivre la scène finale des Aventuriers de l'Arche perdue quand l'arche d'Alliance est remisée dans un énorme entrepôt de l'armée. Instructif.

vendredi 9 avril 2010

mardi 6 avril 2010

Autres temps, autres moeurs

Quoiqu'idéaliser le début du 20ème siècle sur la base d'une citation est sans doute illusoire... Teddy Roosevelt (pas Franklin):

Morgan argued strongly that his industrial trusts were essential to American prosperity and competitiveness. The banker wanted a deal. "If we have done anything wrong, send your man to my man and they can fix it up," he offered. But the president was blunt: "That can't be done." And Knox succinctly summarized Roosevelt's philosophy. "We don't want to fix it up," he told Morgan, "we want to stop it."

...

The headline quote from President Obama sounded tough: "My administration is the only thing between you and the pitchforks," he told the meeting. But the reality was as mild as it could be: All 13 bankers, no matter how discredited, kept their jobs, their salaries, their bonuses, their pensions, their staff and, most remarkable given the near-complete breakdown of governance, even their boards of directors. Our leading bankers were saved by the generosity and magnanimity of our president.

De Simon Johnson et James Kwak dans le wapo sur la réforme de la régulation financière. La manière dont les pages du Washington Post ont accueilli à bras ouvert Simon Johnson dès qu'il a commencé à faire entendre sa petite musique sur l'oligarchie est troublante mais c'est une side story. Whatever.

samedi 3 avril 2010

jeudi 1 avril 2010

Irak, Iran, Bis Repetita

La campagne de "psyops" sur l'Iran bat son plein et ressemble comme deux gouttes d'eau à celle menée sur l'Irak en 2002/2003. Greenwald qualifie "David Sanger" du NYT de "Judith Miller de l'Iran" dans ce post: "Reporting on Iran should sound familiar". Indeed. Cette fois-ci, le but est quasiment déjà atteint puisqu'un public à nouveau abruti est quasiment déjà prêt à soutenir des bombardements.

A noter, comment la CIA veut vendre le conflit afghan aux opinions allemandes et française.

Dette du monde développé

Résumé en deux pages de JP Morgan Private Bank. Pas de quoi s'inquiéter.

Le marché de l'or, un ponzi scheme ?

C'est ce que déclare un "whistle blower". Un or "papier" se serait peu à peu substitué à de l'or physique sur les marchés et ce qui s'échange ne correspondrait à rien dans le monde réel. En gros, si tout le monde réclame l'or qu'il croit posséder, tout explose. Accessoirement, il dit également que les variations de cours sont complètement manipulés (via Zero Hedge).

A noter que ce whistle blower, Andrew Maguire, a été percuté par une voiture alors qu'il conduisait avec sa femme et que le conducteur du véhicule s'est enfui à pied. Il mettait en cause JP Morgan notamment. Voir le blog Jesse's Café Américain qui s'est emparé du sujet.

Voir également l'update de ZH.

La fraude dans la crise

Elle est centrale et complètement passée sous silence. Naked Capitalism récapitule les comportements criminels qui ont mené à la crise.

Le FBI, le 17 septembre 2004:

Rampant fraud in the mortgage industry has increased so sharply that the FBI warned Friday of an "epidemic" of financial crimes which, if not curtailed, could become "the next S&L crisis."

dimanche 28 mars 2010

No comment

De Zero Hedge:

In fact, according to Michael Lewis, the former Morgan Stanley prop trader lost "more than any single trader has ever lost in the history of Wall Street." Maybe it is time for a repeat appearance of Mr. Mack on Fox Business, this time with some more probing questions by his fans.

Max Abelson discusses the blatant contradiction between Mack's presentation of reality... and facts:

Halfway through this month’s 60 Minutes interview with the financial journalism deity Michael Lewis, a snapshot of a half-grinning banker in a pinstriped suit filled the screen. With a thick neck and soft face, mouth turned tightly upward, the former mortgage bond trader Howie Hubler smiled out unknowingly at 12 million viewers.

In his nice New Orleans drawl, Mr. Lewis said that this banker lost Morgan Stanley about $9 billion. “More than any single trader has ever lost in the history of Wall Street. And no one knows his name.

Yes, prop trading is fine and well, and just waiting for the next massive loss, although not so much at Morgan Stanley, which under Mack's watch was downgraded a third-tier investment bank, after Mack decided to not take any risks ever again... and was summarily booted.

Some more details on Hubler:

By the end of 2004, he was skeptical of the subprime mortgage business, and craved new ways to bet against it. He found Morgan Stanley customers willing to sell him credit default swaps on pools of subprime mortgage loans, which, though there are many poetic ways of putting this, was like taking out an awesome insurance policy on a house you’ve built in quicksand.


But the economy’s fall took a while to begin, which was a problem for Mr. Hubler—who in April 2006 was put in charge of his own Morgan Stanley hedge fund, called the Global Proprietary Credit Group. To make up for the millions of dollars that it cost to carry his subprime bets until the bad times hit, he sold insurance on slightly better mortgages. He wagered on a disaster he clearly saw coming, and then against a worse disaster he was blind to—agreeing to insure the house next door, prettier but in the same sand. And because insuring something that’s less risky is less lucrative, he had to sell several times the amount of swaps that he himself had bought


Incidemment:

And just in case you thought someone may not make a million dollar bonus after losing his firm's shareholders almost ten billion, you would be dead wrong.

“What happened to Howie Hubler?” Steve Kroft asked this month on 60 Minutes.


“He’s allowed to resign from Morgan Stanley and he takes with him millions of dollars in back pay,” Mr. Lewis answers. “Tens of millions of dollars in back pay.”

Not only that, but Hubler is back to his old antics, not so much collecting pennies in front of a rollercoaster this time, as preying on the broke.

vendredi 26 mars 2010

Friday Plane Blogging

Lewis

"Liar's Poker" a rendu Michael Lewis célèbre. Ce livre décrivait ses débuts de jeune investment banker. Il publie aujourd'hui un livre avec un éclairage particulier sur la crise: il s'intéresse à ceux qui ont parié contre le subprime et qui ont fait une fortune grâce à ce pari. Cela pose un problème car pour shorter le subprime, il fallait avoir face à soi une institution financière qui s'est avérée in fine être le contribuable américain. Aucun de ces paris n'auraient payé si les banques qui les avaient garantis avaient fait faillite comme il aurait été normal (à commencer par AIG bien évidemment, archétypal du gouvernement payant des CDS en lieu et place d'une institution privée faillie).

Yves Smith de Naked Capitalism accuse Lewis d'avoir publié un tissu de désinformation, consciemment ou non. A lire absolument, surtout pour ceux qui veulent lire le livre de Lewis. Smith explique qu'en mettant en exergue des héros positifs qui ont parié contre le subprime en supposant que seuls ces acteurs ont eu la clairvoyance d'anticiper l'effondrement du sytème, elle exonère Wall Street de s'être abandonnné à la fraude généralisée, notamment dans la vente à découvert du subprime au bon moment. Quoi qu'il en soit, Michael Lewis a bénéficié d'une couverture médiatique digne d'un Bill Clinton pour sa biographie "My Life". Il a eu un "60 minutes" pour lui tout seul et un Charlie Rose notamment.

Sans compromis

mercredi 24 mars 2010

Downgrade du Portugal - l'euro sous $1.34

Déjà traité ici et .

Note: l'abaissement de la note du Portugal est de Fitch qui n'est pas une agence US. Je mange donc un peu mon chapeau. Le principe demeure cependant.