After trading as high as mid 1.30s, the EURUSD is rolling over, and its slide is now picking up steam, barely holding on to 1.2858 at last check. The 1.2800 stops are looming, whose break would take the EURUSD back to a 1.27 handle. This may very well still turn out to be the shortest and must futile trillion dollar bailout in history yet. Don't forget it was the EURJPY correlation desks that freaked out on Thursday and drained all NYSE liquidity in stocks. It will be truly amazing if we get another 1000 point move in the Dow... But not up.
mardi 11 mai 2010
L'or au plus haut: $1232
Confessions d'un néolibéral repenti (ou presque)
Evidemment, la description d'une "France Immobile" (Pierre Lellouche) face à un monde anglo-saxon en ébullition a été faite et refaite. On citera "La France Qui Tombe" de Nicolas Baverez, "L'aveuglement français" de Philippe Manière ou les tentatives d'incursion en politique d'un Christian Blanc. Ils assénaient les chiffres de performances économiques systématiquement défavorables à la France, ils affirmaient qu'après de très fortes années de croissance il valait mieux désormais être pauvre aux Etats-Unis qu'exclu en France. Ils y croyaient et moi aussi. Et quand bien même on aurait souhaité préserver quelques aspects de notre modèle social, ils n'auraient été finalement que des freins à la nouvelle religion économique mondiale: le marché supposément libre de toute entrave. De toute façon les français ne savaient pas de quoi ils parlaient, le gospel se trouvait dans les pages du triptyque (FT/WSJ/The Economist) et il ne restait aux continentaux qu'à regarder les anglo-saxons pour admirer et voir "how it's done". C'est l'époque du blairisme triomphant qui affirmait n'être "ni de droite ni de gauche mais pour ce qui marche". Les français ne parlaient de toute façon pas beaucoup: nous ruminions notre conservatisme mais personne ne songeait réellement à relever le sempiternel "défi américain". Quand on demandait à Martine Aubry ce qu'il fallait penser des jeunes diplômés français qui s'exilaient en Angleterre, elle répondait "qu'ils y restent" ou quelque chose dans ce goût-là.
Evidemment, plus qu'une France "résistante" aux formes anglo-saxonnes, de nombreuses voix de gauche (ou souverainistes) protestaient contre une soumission totale aux pages saumonées du Financial Times ou aux diktats de la nouvelle orthodoxie économique mondiale. Privatisations, fonds de pension, dérégulation: beaucoup de ces concepts développés aux Etats-Unis ont connu d'une manière ou d'une autre leur heure de gloire en France (et plus encore en Europe). Il a même été question encore récemment de transformer les maison françaises en tirelire en s'inspirant des méthodes utilisées avec les résultats que l'on sait aux Etats-Unis et en Angleterre. Après tout, eux, ils croissaient.
Qu'on s'en réclame ou qu'on l'exècre, l'idéologie libérale est devenue le prisme au travers duquel tous les débats politiques se sont organisés lors des dernières décennies. Face à ce rouleau compresseur qui nous promettait la fin de l'histoire, les clivages politiques se sont peu à peu effacés. La prospérité aidant, l'idée même de contestation est devenue désuète. Je ne vois guère qu'Emmanuel Todd qui n'ait pas été dupe des prouesses économiques américaines. Beaucoup de gens étaient viscéralement opposés au modèle américain mais tout le monde pensait qu'il y avait bien là un modèle et ceux qui ne l'aimaient pas en redoutaient quand même la puissance. L'idée qu'il était bâti sur du sable semblait simplement l'incantation d'un intellectuel mal dans son monde qui refusait la réalité. Et c'était peut-être le cas*.
Pour ma part, je pensais qu'il valait mieux adopter et adapter (autant que faire se pouvait) les formes anglo-saxonnes plutôt que de se résoudre à être d'abord à la remorque puis finalement "racheté" par une puissance économique supérieure. Plus que de la ferveur idéologique, il ne s'agissait en ce qui me concernait que de faire en sorte que les entités auxquelles j'appartiens (France, Europe) maintiennent autant d'indépendance que possible. D'aucuns diront que cela revient à se jeter dans la piscine pour éviter d'être mouillé par la pluie. Il faut quand même se rappeler que les entreprises du Cac 40 étaient possédées en grande partie par des fonds américains qui s'appropriaient ainsi les dividendes des plus grosses entreprises françaises. Des rumeurs ont prêté à Pepsi l'intention de reprendre Danone en 2005, à Citigroup de reprendre la Société Générale en 2006 (SG a une capitalisation aujourd'hui supérieure à Citi...). Il y a eu des rapprochements réalisés de part et d'autre mais la puissance financière n'était globalement pas de notre côté (ni l'intelligence à en juger par l'escapade hollywoodienne de Jean-Marie Messier). Encore quelques années de croissance beaucoup plus forte dans la sphère anglo-saxonne et ce genre de scénarios se seraient multipliés...
Les choses ont bien changé et j'ai changé avec elle. Je me suis rendu compte en allant vivre aux Etats-Unis que ce que j'avais envisagé comme un exemple était en fait une impasse car l'accroissement des inégalités avait cassé l'appareil démocratique. C'est pour cela que la ritournelle préférée du blogo est que que la crise que nous traversons est d'abord une crise politique avant d'être une crise économique. Au début des années 2000, la démocratie américaine avait perdu peu ou prou son caractère représentatif. Les banques légiféraient pour les banques, les telcos pour les telcos, le complexe militaro-industriel pour le complexe militaro-industriel et ainsi de suite...
J'ai donc, contrairement aux idéologues, modifié mon jugement. J'ai désormais la certitude que quelle que soit la qualité des institutions, si on laisse libre cours aux inégalités au sein d'une société, les conditions seront tôt ou tard réunies pour que le système politique se mette exclusivement au service des puissants. J'ai bien conscience que c'est inévitable dans une certaine mesure mais je parle d'un degré d'asservissement où des millions de citoyens peuvent financièrement se tirer une balle dans la tête (subprime) sans que le gouvernement n'intervienne. Je parle d'une inféodation des médias et du politique à l'économique qui fait régner le silence alors qu'on saigne ostensiblement à blanc les tranches de la population les plus faibles économiquement en faisant courir un risque systèmique à l'ensemble de la société. C'est vraiment du lourd. Pas une bête "amitié" entre un patron de chaîne de télé et un Président qui se rendent mutuellement des services (même si je n'ai guère de sympathie pour cette dernière non plus). Autrement dit, si on lâche totalement la bride aux élites, elles n'auront de cesse d'augmenter leur part du gateau économique jusqu'à contrôler totalement le processus politique. On peut alors parler de ploutocratie ou d'oligarchie. C'est en tout cas un pouvoir absolu qui, sans surprise, "corrompt absolument" et ce que nous vivons aujourd'hui en est la conséquence mécanique.
Alors quoi? Suis-je devenu dirigiste? Collectiviste? Ecologiste? Pas vraiment. Je suis devenu plus suspicieux envers les idéologies et les intérêts qu'elles servent, c'est certain. Je crois que l'expérience américaine de ces dernières années est une aberration de laquelle nous devons apprendre. Je crois qu'on doit incriminer une corruption généralisée et un manque de civisme au sein des élites américaines. Je ne crois pas qu'on puisse faire un procès similaire aux élites françaises (rassurez-vous, je suis pour leur reprocher énormément de choses aussi, je leur épargne juste ce procès là...). La corruption doit donc être prise au sérieux. Il ne s'agit pas simplement de moquer Julien Dray ou de s'amuser des dérives d'un potentat local. Les Etats-Unis prouvent que si la corruption se généralise dans l'environnement politique et médiatique, elle peut mettre en risque l'équilibre de la société.
Il faut donc prendre des mesures pour la tenir en respect. Le lobbying doit être limité au strict minimum (pour que les lois bénéficient quand même d'un avis technique) mais les arbitrages économiques doivent appartenir aux représentants du peuple. Le financement des campagnes électorales doit être encadré de manière obsessionnelle: on ne limitera jamais assez le rôle de l'argent dans le processus démocratique. Les inégalités ne doivent jamais atteindre des niveaux qui permettent à un nombre restreint d'individu de littéralement "se payer des lois" comme les tax cuts pour les plus aisés aux Etats-Unis sous Bush. Il faut également proscrire la possibilité de donner de l'argent exonéré d'impôts à des "charities" ou interdire à ces dernières toute activité de lobbying politique. Sinon, l'Etat subventionne sa propre subversion (comme lors du sauvetage des banques).
Si nous étions aux Etats-Unis, j'ajouterais qu'il faut également une révolution morale et citoyenne. L'appauvrissement inouï que connaissent un grand nombre d'américains aujourd'hui est la conséquence directe de l'enrichissement tout aussi inouï d'un petit nombre d'entre eux depuis quelques années. On ne le dit pas encore beaucoup parce que c'est "divisive" et qu'Obama le cache plus ou moins bien derrière son sourire de star mais c'est un fait ("An Inconvenient Truth" dirait Al Gore...). Peut-être qu'American Idol suffira à faire passer la valda mais je n'en suis pas si sûr (la formule consacrée est d'ailleurs "du pain et des jeux", les jeux n'ont jamais satisfait le peuple à eux seuls et c'est précisément le pain qui est en jeu en ce moment).
Cette crise n'est pas une crise du capitalisme si on définit celui-ci comme le moteur du développement économique du monde non-communiste depuis la révolution industrielle. C'est une crise politique liée à la subversion de la démocratie américaine par des intérêts économiques privés. On savait que cela pouvait arriver dans des pays pauvres, on sait désormais que cela peut arriver également dans la première puissance du monde.
Finalement, je n'ai aucune envie d'adhérer à un "isme" quel qu'il soit. Je suis surtout enthousiasmé à l'idée que nous ayons devant nous une glasnost technologique avec l'avènement de l'internet. Devant les difficultés économiques que nous avons devant nous, les enjeux politiques vont à nouveau prendre un rôle central dans la vie des citoyens et ils vont réaliser avec bonheur qu'ils n'ont jamais eu autant de moyens de peser sur la vie politique. Je crois donc que le débat est lancé. A cause de l'internet, je dirais même que le débat va décoller. Je suis persuadé que les formes politiques passées vont être transfigurées par l'internet. La démocratie est pour moi similaire au communisme en cela qu'elle est un objectif vers lequel on tend mais que l'on atteint finalement jamais. Il n'y a qu'à regarder TF1 ou examiner le traitement dans les médias de la loi HADOPI pour comprendre ce que je veux dire. Nous avons vécu jusqu'à aujourd'hui dans des sociétés où les centres de pouvoir pouvaient relativement facilement contrôler le discours sur les sujets qui les concernaient (l'idéologie néolibérale n'était finalement que cela: un discours au service d'un pouvoir). Ce contrôle va être de plus en plus difficile et le blogo entend bien apporter sa modeste pierre à ce nouvel état de faits réjouissant.
* Je dis que c'était "peut-être" le cas car je pense que les Etats-Unis auraient pu continuer encore longtemps sur la lancée de leur modèle de domination si le 11 septembre n'était pas venu accélérer la chute d'un empire dont le destin était de toute façon scellé à terme par le faible poids démographique de son centre (2030? 2050?). L'empire américain aurait sans doute pu enterrer Emmanuel Todd s'il avait été géré "en bon père de famille". Au lieu de cela, les multiples guerres entreprises depuis ont forcé à lâcher la bride sur la politique monétaire ce qui a finalement causé la crise que nous connaissons aujourd'hui. Ce résumé paraîtra sans doute un peu sommaire mais la réalité de cette séquence d'évènements est une évidence selon moi et j'aurais l'occasion d'y revenir sur le Blogo.
Pour mémoire...
Behold the age of infinite moral hazard! Today is the 399th day of legalized accounting fraud on a grand scale. April 2nd, 2009 was the day CONgress forced FASB to suspend rule 157 in favor of deceitful accounting.
Euro graphes

Graphes du Spiegel sur le même sujet:
Fun...
"Incroyable. Qui aurait pu croire qu'une bande de pays en faillite garantissant les dettes des uns des autres ne seraient pas une stratégie gagnante?"
EURUSD Roll Over Accelerates, Market Playing Catch Up
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lundi 10 mai 2010
dimanche 9 mai 2010
Goldman Sachs humor...
---Jay Leno
Inégalités aux US
“There’s class warfare, all right, but it’s my class, the rich class, that’s making war, and we’re winning.”
Warren Buffett, 26 novembre 2006
Traduction du blogo:
"Il y a une lutte des classes aux Etats-Unis, bien sûr, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène la lutte. Et nous gagnons."
(voir New York Times, November 26, 2006 et CNN Interview, May 25 2005)
Daily Kos a un post résumant la réalité statistique:
Open Thread for Night Owls: The Class Divide
by Meteor Blades
Fri May 07, 2010 at 09:04:51 PM PDT
At In These Times, Roger Bybee writes:
As Les Leopold notes in The Looting of America, the richest 1% of earners collected 8% of national income in 1973. "By 2006, the top 1% got nearly 23% of the pie, the highest proportion since 1929, " he writes. Moreover, the richest 1% now earns more than the bottom 50% of Americans. During almost exactly the same period, the pay gap between the top 100 CEOs and workers rose from 45 to 1 in 1970 to Himalayan proportions in 2006, reaching 1,723 to 1, Leopold says, citing data from Forbes.
But one of the most significant and least-discussed elements in the stunning polarization of America is the extent to which rising productivity has become unhitched from the way that its rewards are distributed.
Leopold lays out the astonishing data on this disparity:
By 2007, real wages in today's dollars had slid from their peak of $746 per week in 1973 to $612 per week--an 18% drop. Had wages increased along with productivity, the current average wage for nonsupervisory workers would be $1,171 per week--$60,892 instead of today's average of $31,824.
Our real average compensation is now about $25 per hour, including all benefits, representing a small increase from the early 1970s [in part created simply because of the sharp rise in health costs.] If it had risen along with productivity, it would be more like $41 an hour. The productivity bonus--about $16 an hour--is still AWOL.
Over roughly the same period, the ratio of household debt to income went from 55% to 127%, as Americans tried to make up for the loss of real wages with increased use of their credit cards.
American families have found themselves with vastly reduced time off the job, losing vacation days, sick time, and other leave. Until the recession hit, we were working the longest hours in the world.
While the numbers for income are highly skewed, those for wealth are even worse, as shown by these graphs.
vendredi 7 mai 2010
Message d'El Blogo aux opérateurs de marché:
El Blogo
Remarque: Lisez la vue de Zero Hedge sur le High Frequency Trading qui est selon eux la cause des évènements étranges d'hier. C'est sur ce sujet que Zero Hedge a commencé son ascension il y a un peu plus d'un an. A noter que leur site a été momentanément inaccessible à la clôture hier (et, je le remarque, à l'ouverture ce matin, je renseignerai donc le lien plus tard dans la journée). En un an, ils ont attiré l'attention de la communauté financière et ringardisé la presse financière spécialisée et compassée qui n'est pas capable par construction de chroniquer la faillite du système. En tout cas, cete chute de 9% puis le rebond dans un intervalle de temps très court fait un peu penser à la scène de Matrix où Néo voit le même chat deux fois de suite. C'est un bug qui pourrait signaler un danger imminent. Le système financier international est de plus en plus une énorme blague.
jeudi 6 mai 2010
Pour l'histoire (2)
Thursday, May 6, 2010
The Crisis is Back. Dow Drops 998, Biggest Intraday Point Fall in History, Rallies Big from There
It most certainly is ugly out there.
Yesterday, CDS spreads gapped out on all sovereign risk trades, with dealers reporting that there was big protection buying any time spreads eased
All risk aversion trades are back. The euro continues to fall versus the dollar, dropping from 130 to 125 in a mere 24 hours. The yen has shot to 88. the new risk aversion darling, gold, rallied $15 dollars. Dealers report the credit markets are in disarray.
US stocks did a cliff dive, with the Dow dropping a just shy of 1000 points, and market participants believe it was a single monster seller. The Dow and S&P have rallied hard from there, but are still in seriously negative territory, with the S&P having breeched the technically significant level of 1145 decisively.
Here is the time frame, courtesy Scott (from MarketWatch):
2:38 PM: Dow down 360
2:48 PM: Dow down 600
2:51 PM: Dow down 900
Dow is now down around 500
Another indicator: I am have been unable to access Bloomberg for the last twenty minutes, which NEVER happened during the crisis. Key headlines:
Corporate Credit Risk in U.S. Rises to 2010 High on European Debt Crisis
Dow Plunges 998 Before Recovering
Topics: Banking industry, Credit markets, Doomsday scenarios, Investment outlook
Email This Post Posted by Yves Smith at 3:38 pm
28 Comments » Links to this post
Guest Post: The Tide Is Turning … Call Your Senator NOW!
→ Washington’s Blog
As usual, my views do not necessary reflect those of Yves Smith or her website. The views herein are solely my own …
The tide is now turning towards real financial reform:
- In a major development, Senator Harry Reid is now supporting breaking up the giant banks and auditing the Fed
- Number two Senate majority leader, Sen. Dick Durbin (D-Ill.), came out Tuesday in favor of a far-reaching amendment that would break up big banks and cap their size (the Brown-Kaufman amendment)
- Senator Feingold has announced that he will filibuster and financial regulation which does not include serious banking reform
I asked a friend on the hill – a top aide for a very important Congress member – whether people would be wasting their time by calling their Senator. I explained that many people called and demanded that the U.S. not invade Iraq, but that Congress just ignored us. I said that many people feel that traditional political activism, like phonecalls, can’t work, as the level of political corruption is too high.
He responded that given the bipartisan support of many congress people and the American people for financial reform, this is very different from Iraq.
He urged everyone to call their Senators and demand the giant banks be broken up and the Fed be audited.
Senator Sanders’ bill to audit the Fed will probably be voted on today. Please call your Senator now.
Topics: Guest Post
Email This Post Posted by George Washington at 2:03 pm
Quand la politique d'Euro fort affaiblit... l'Euro
Autrement dit, les marchés croient au Père-Noël mais ils l'ont rebaptisé "banque centrale". Tout ce qui va vers plus de laxisme est plébiscité. Tout ce qui va dans le sens de la rigueur monétaire est honni. Cela s'appelle "extend and pretend". Ca ne peut que mal se terminer mais les banquiers se disent sans doute qu'ils auront peut-être droit à une dernière saison de bonus si les banques centrales se plient à leur desiderata et poursuivent ce jeu de massacre. Cette politique de la FED (mais aussi de la BCE qui ne refuse qu'aux Etats ses largesses - pour combien de temps?) permet de faire survivre artificiellement un système failli et devenu incroyablement injuste (tout l'ordre économique ne vise plus qu'à assurer la prospérité des banques le plus longtemps possible!!!). Et après, le déluge...
Pour l'histoire...
Sur l'inféodation des agences de notation à Wall Street (via Calculated Risks):
Rating Agency Testimony: "Must say yes" to Wall Street
by CalculatedRisk on 4/23/2010 03:34:00 PM
From Kevin Hall at McClatchy Newspapers: Executives testify: Bond-rating agencies corrupted themselves
Testifying under oath before the Senate Permanent Subcommittee on Investigations, officials who were closely involved in giving investment-grade ratings to complex financial instruments backed by shaky U.S. mortgages described how they were pressured to give Wall Street what it wanted.The testimony is pretty amazing, but how is this being fixed?
...
Called to appear before the panel, Richard Michalek, a former Moody's vice president and senior credit officer, described the ratings process for deals that could bring more than $1 million in fees as a "must say yes" atmosphere.
Les pause-cafés louches d'Alan Greenspan
Here are some comments from Minneapolis Fed President Gary Stern at the November 10, 2004 FOMC meeting that answers those questions:
Stern: A little over a week ago, we hosted at the Bank a meeting on housing and residential construction activity. There were several reasons for this. One, of course, was the fact that we hear periodic discussions of a potential bubble in house prices. But second, I’ve been struck, as I’ve watched developments in the Twin Cities and as I’ve traveled around other cities in the last several years, by the absolutely high level of construction activity that seems to be occurring. It’s not only new building, but conversions of all sorts of warehouses, schools, and former office buildings to residential property. A change in mix seems to be occurring as well, with more of the construction and renovation yielding townhouses and condominiums rather than the standard single-family home.Loose lending standards, widespread speculation, conversion of all kinds of buildings to residential - and this in flat land!
...
Let me just note three specific issues that came up because I, at least, found them of interest. The first, which it won’t surprise this group to hear, is that they attributed a good deal of the strength in housing to very favorable financial conditions. In this regard they talked not only about low interest rates but also lower down-payment requirements. I might add that a couple of the lenders did say that they thought the credit pendulum had swung too far. They felt that credit conditions had become too easy, and they were anticipating some potential difficulties going forward—presumably in somebody else’s shop! [Laughter] Second, they reported that at least in some markets a significant percentage of the purchases of new units were by investors, where the term “investors” means people who don’t intend to occupy the property, at least not immediately. As best they could judge, in some markets investors were buying up to 30 percent of the new additions to supply. And finally, they noted that there seemed to be some acceleration of purchases by first-time homebuyers who were concerned that they were going to be priced out of the market if they waited longer. The implications of that, of course, are that at some point such sales will slow because people will have acted if they could.
CHAIRMAN GREENSPAN. Shall we take a coffee break and return in fifteen minutes, please.
So in March 2004 a Fed researcher was expressing concern about house prices being out of line with fundamentals, and in November 2004 a Fed President is talking about widespread speculation ... and then there was no further discussion. The 2005 transcripts will be very interesting (to be released next year).
Audit de la FED et $1 Trillion
“The Fed doesn't want to be audited. Who does? Do you want to be audited? I don't want to be audited, but sometimes it's necessary,” he said. “When you're handing out a trillion dollars at a time -- a trillion dollars at a time, which works out to $3,000 for every man woman and child in this country -- don't we have a right to know what happened to it?”
mercredi 5 mai 2010
Obama fait une "Bush" (de plus...)
Everyone agrees that President Obama was funnier than Jay Leno at the White House Correspondents Association dinner on Saturday night. But this joke is inspiring some backlash:
"Jonas Brothers are here, they're out there somewhere. Sasha and Malia are huge fans, but boys, don't get any ideas. Two words for you: predator drones. You will never see it coming. You think I'm joking?"
"You have to wonder why in the world the president's speech writers would think it was a good idea to throw a joke about predator drones into the president's speech during the White House Correspondent's Dinner, given that an estimated one-third of drone casualties, or between 289 and 378, have been civilians," wrote Adam Serwer at the American Prospect.
Intéressant
extrait:
As a bookkeeping matter we can say that the government "profitted" from these deals in the sense that it got interest on its loans. (It also received warrants from banks that it sold at a profit.) However, as a practical matter, these profits no more benefit the government's accounts than if the Federal Reserve Board just printed the same amount of money and handed it to the Treasury by purchasing government bonds. Unfortunately, few reporters covering the economy and the bailout understand this point, so they end up writing pieces that imply the country was somehow benefitted by the fact that the banks repaid their loans with interest.
L'euro en-dessous de $1.30
Ou vont-ils finalement perdre le contrôle devant l'énormité de leurs propres problèmes? Ca ne dépend pas que d'eux. Il faut que les dirigeants du monde entier comprennent le plus vite possible que ça n'est pas l'école des fans et que tout le monde ne va pas gagner. Les américains ont choisi de ne pas gérer le monde en "bon père de famille", ils doivent être déboulonnés. Nous ne pouvons pas continuer à nous en remettre à leur système politique complètement corrompu pour organiser la planète (ni à leur monnaie tout aussi corrompue). Le changement ne va pas être facile mais il est indispensable.
Les Etats-Unis bénéficient d'une planche à billet et de la monnaie de réserve mondiale. Nous avons choisi de bâtir une monnaie sans assumer le fait qu'elle serait un instrument de puissance et qu'elle ne pourrait donc être un succès que si un jour elle réussissait un jour à challenger le dollar. La confrontation était inévitable et on ne peut pas dire qu'elle s'annonce sous les meilleurs auspices. Sous l'influence des socialistes français (Jospin mais n'oublions pas Strauss-Kahn puisque contrairement au premier il a peut-être un futur), nous avons choisi la voie des "bisounours monétaires" avec une monnaie très inclusive à l'expansion rapide. Les américains n'ont que peu ou pas protesté: ils savaient sans doute trop bien que cet édifice était fragile et qu'ils n'auraient aucune difficulté à le faire sauter si le besoin, un jour, s'en faisait sentir. Quand leurs difficultés seraient telles que le "fair play" ne serait plus de mise. L'absence de constitution européenne et la faiblesse institutionnelle qui s'en est suivie n'ont rien arrangé.
Mais finalement c'est le suivisme de la Fed dans sa politique de taux ultra-bas post 11 septembre qui a révélé l'euro pour ce qu'il était: une monnaie influençable qui était inféodée aux objectifs stratégiques américains. Oh, il restait bien un peu de l'influence de la Bundesbank puisque nous sommes restés à 2% de taux d'intérêts sans nous aventurer jusqu'au 1% américain. Un peu comme un joueur de l'équipe de France au Zaman Café qui ne serait là "que pour regarder". Moralité, à un moment où les américains sacrifiaient leur monnaie sur l'autel de la guerre contre le terrorisme, nous sacrifions la nôtre à la guerre des américains. En bons vassaux. Nous aurions dû nous rappeler à ce moment là que l'Euro n'était pas la monnaie de réserve mondiale et n'avait jamais connu de retournement de conjoncture (sans parler du plus violent retournement depuis la guerre). Nous sautions dans le vide avec les américains dans un élan de solidarité mais sans faire attention au fait qu'ils avaient un parachute (l'assise du dollar) et pas nous (l'efficacité de leur parachute reste à démontrer: c'est la grande interrogation de cette crise).
Que faire? Les contingences politiques font que la question n'a pas grand intérêt. Nous allons continuer la politique du chien crevé au fil de l'eau jusqu'à ce l'amère pilule de l'austérité grecque arrive jusqu'à nous. Ca n'est plus évitable.
Oh bien sûr, on pourrait rêver. Promettre du sang, des larmes et la victoire. Cette austérité qu'on a devant nous, on pourrait l'affronter et l'embrasser au lieu de la subir et de la redouter. Créer un mécanisme crédible de défaut et d'exclusion de l'Euro (et de réintégration) en fonction de critères précis et exigeants. Réapprendre à vivre selon des paramètres d'endettement qui ne nous mettent plus à la merci d' "investment bankers" (ou des agences de notation qui mangent dans leurs mains) dont le caractère véreux n'est plus à démontrer. Créer une agence d'inspection des finances publiques européennes et d'autres choses encore (quelque chose me dit que j'aurais l'occasion d'y revenir).
Finalement, démonter les mécanismes de pouvoir américains qui ont failli et bâtir un système qui s'en affranchisse structurellement en tirant les leçons de leur échec. Encourager la planète entière à faire de même ce qui mettra fin aux dépenses militaires infinies des Etats-Unis et donc à l'empire désormais hors de contrôle (et à l'origine de nos difficultés).
Nous ne sommes de toute façon qu'au début de ces péripéties. L'Europe paraît mal placée aujourd'hui mais cela pourrait changer tant la situation est volatile et l'impression de maîtrise que donnent les américains depuis le sauvetage des banques pourrait s'évaporer rapidement. Leur déficit budgétaire est en effet à mi-chemin entre la Grèce et la moyenne européenne (10%, 14% et 6% du PIB en gros). Si on rajoute la dette de Fannie et Freddie garantie par l'Etat US, le volume de leur dette est très supérieur à la Grèce en pourcentage du GDP (autour de 130% - la dette d'agence est néanmoins garantie par des maisons mais la valeur d'une maison aujourd'hui aux Etats-Unis, si on enlève les mécanismes de soutien de l'Etat, ça n'est plus grand chose). Leurs besoins de refinancement mensuels sont abyssaux. Leurs dépenses militaires sont ridiculement élevées (et pour quel résultat?). Evidemment, ils ont le dollar. Le billet vert peut-il réellement payer pour tout cela? Bankruptcy is in the eye of the beholder.

on Mon, 05/10/2010 - 09:49
#341219
Amazing. Who'd have thought that a bunch of insolvent countries offering to guarantee each other's debt would not be a winning strategy?