jeudi 2 juin 2011

Les erreurs du blogo...

Dans la foulée de l'élection d'Obama, j'écrivais ceci:

Avec la victoire d'Obama, parler devient moins risqué. Espérons que les langues vont se délier et que l'atmosphère d'omerta du "patriotisme" bushiste se dissipe peu à peu. Espérons qu'à coup de sorties comme celle-là, les frontières de l'acceptabilité redeviennent ce qu'elles ont été avant l'ère Bush et que le diable rentre dans sa boîte. Il est possible que l'impact le plus important de l'élection d'Obama dans un premier temps soit de libérer la parole, notamment au plus haut niveau. Ce faisant, elle permettrait dans un second temps aux Etats-Unis de changer plus que ne le laissent subodorer les premières nominations d'Obama.

Barack Obama a en réalité mené une guerre totale contre les fuites et candidats au fuitage après en avoir fait l'éloge pendant sa campagne (comme moyen d'exposer les failles du système). Voir ce post de Greewald pour le détail. C'est d'autant plus choquant que les responsables de l'administration n'ont pas été inquiétés une seule seconde pour leurs exactions. Obama a déclaré à leur sujet "Let's look forward, not backward.". En revanche quand il s'agit de "whistle blowers" qui ont permis de mettre à jour ces exactions, on "look backward" à fond les ballons. Justice à la Obama (professeur de droit constitutionnel, rappelons le, il ne peut plaider la débilité comme W).

mercredi 1 juin 2011

France Info sur la Libye

On se croirait à l'ORTF quand il reçoive ce soir un porte-parole du Quai d'Orsay. Aucune contestation toutes les affirmations sont prises pour argent comptant. Les journalistes français sont des enfants de choeur. On voit bien que la France n'était pas engagée dans la guerre en Irak. Si elle l'avait été, ceux qui nous servent de journalistes auraient eu une piqûre de rappel sur le fait que la première victime de la guerre et la vérité et qu'il n'y a pas plus menteur qu'un gouvernement qui lie son sort à des objectifs militaires.

Nous sommes tranquillement en train de recoloniser un pays du Maghreb et l'unanimisme en France sur la question rappelle l'unanimisme américain lors de la guerre en Irak. Quand les canons parlent, tout le monde se couche. L'illégalité de l'objectif de changement de régime est pourtant patente. Les américains n'avaient au moins pas accueilli Saddam Hussein en grande pompe à Washington quelques années avant. Et qui relève cette absurdité? Et qui vérifie que le président n'a pas outrepassé ses pouvoirs? Qui se souvient que nous prétendons vivre en démocratie? Les contrôles sur les pouvoirs militaires du Président sont-ils suffisants?

Cette intervention en Libye est une victoire posthume du "Bush Regime" (dont en réalité seul le nom a été aboli).

lundi 30 mai 2011

Et pendant ce temps-là...

Notre ministre de la culture est toujours l'auteur de ces lignes inoubliables:

»J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas »

Le pire étant qu'il a ajouté ces confessions pour "faire le buzz" et vendre un peu plus de livres. C'est un choix. Choix compatible avec la fonction de ministre?

jeudi 26 mai 2011

Bien pire que 1984

Un Sénateur américain, Wyden, commence à expliciter ce qu'il se passe derrière le rideau. Et la réponse semble être: accès illimité du gouvernement à vos informations personnelles.

As a member of the intelligence committee, he laments that he can’t precisely explain without disclosing classified information. But one component of the Patriot Act in particular gives him immense pause: the so-called “business-records provision,” which empowers the FBI to get businesses, medical offices, banks and other organizations to turn over any “tangible things” it deems relevant to a security investigation.

mardi 24 mai 2011

Après 10 jours, enfin des éléments sur la défense de DSK

Il aurait donc été victime de chantage. Pourquoi n'est-il pas allé porter plainte? Pourquoi n'a-t-il pas dénoncé la femme de chambre à la direction de l'hotel?

La recolonisation n'est pas la solution

Sans qu'on sache exactement quel est le problème, on peut au moins être sûr que la recolonisation des pays arabes et musulmans entreprise par Bush et poursuivie par Obama avec le renfort récent de Sarkozy et de Cameron n'est pas la solution.

Et nos médias continuent de n'apporter aucun contestation à ce changement de régime honteux qui ne dit pas son nom. Bush avec sa guerre d'agression a ouvert la voie. Il est suivi par d'autres nains, Sarkozy, Cameron, et le dernier prix Nobel de la paix américain.

lundi 23 mai 2011

Cendres volcaniques

Les volcans sont de retour. Tout a déjà été dit à leur sujet sur le blogo la dernière fois, une semaine avant la fin d'interdiction de vol...

vendredi 20 mai 2011

Daniel Schneiderman trouve l'expression parfaite

Rectification: Il semble que Schneiderman ait en réalité repris l'expression en gras ci-dessous d'une interview de la mère de Tristane Banon. L'expression (que je trouve géniale car elle exprime parfaitement ce qu'on peut reprocher à DSK dans le cadre hexagonal: comportement inacceptable mais difficile d'envoyer le gars en prison) vient peut-être de l'entourage proche du bonhomme. Il ne serait pas étonnant qu'avec le temps, ses proches aient "croqué" parfaitement son comportement ou que cela soit basé sur une histoire vraie.

"Coinceur d'ascenseur"


(Via Rue 89)

DSK libéré sous caution, l'histoire n'est pas finie.

Ni pour lui (elle commence, mais devient déjà secondaire), ni pour le PS (que saviez-vous ? ) ni pour le journalisme politique français, qui va bien devoir un jour expliquer pourquoi il assistait, béat, enivré des vapeurs des sondages auto-réalisateurs, au long processus d'investiture d'un coinçeur d'ascenseurs notoire, jusqu'à la première marche.

« Et vous nous auriez laissés voter pour lui ? »

C'est ce que demanderont aux Joffrin, aux Domenach, aux Giesbert et aux autres, les citoyens qui les lisent encore. Et ils auront raison.

DSK, le génie des carpates

Le Département d'Etat et la Maison blanche sont distants d'environ un kilométre. Si vous tracez un trait entre les deux sur une carte, au milieu vous allez tomber sur... le FMI. Alors on a beaucoup glosé avant l'affaire sur le rôle "fantastique" de DSK dans cette institution mais il faut être raisonnable: l'adjoint de DSK était un américain et le FMI est un instrument du pouvoir américain dans le monde, un des bras armés de l'Empire.

Pour ce qui est du "génie" économique de DSK il faut également relativiser. Cette formule est souvent employée à tort avec des "starifications" à l'emporte-pièce. On disait de Raymond Barre qu'il était "le meilleur économiste de France". Peut-on imaginer formule plus obséquieuse et plus absurde? La crise nous a démontré que la notion même de "bon économiste" voire d'économiste tout court était très contestable. En effet, la théorie économique et le commentaire économique sont presque exclusivement la chasse gardée de personnes qui sont sous l'influence des banques directement ou par la médiation de la sphère académique (sur laquelle pèse la FED). La meilleure preuve de ceci est la réaction médusée d'à peu près tout le monde devant la crise en 2007 alors que les Etats-Unis mettaient sciemment de la nitroglycérine dans le moteur depuis le 11 septembre 2001.

Les institutions monétaires et économiques qui fondent l'Empire sont parmi les plus obscures pour la population (à dessein). Pour qu'elles soient respectées religieusement, il est essentiel que les personnalités qui les dirigent soient incontestées, voire adulées. C'est pour ça que si le jeu démocratique organise un débat de plus en plus convenu entre la droite et la gauche, il y a une "métasphère" qui ne rencontre jamais la contradiction et qui isole les vrais centres de pouvoir de la critique tout autant qu'ils le sont en Corée du Nord ou en Chine communiste.

J'ai une expérience de première main en la matière. J'ai eu dans ma scolarité un professeur qui est devenu membre du Federal Reserve Board. Son cours m'avait ennuyé, il se noyait dans des anecdotes, il balbutiait, se reprenait ou perdait le fil de son discours. Pas charismatique, pas captivant. Et quand j'ai lu la dépêche Bloomberg concernant la nomination du bonhomme, je n'en ai pas cru mes yeux: c'était une hagiographie. J'avais l'impression que le gars était un super-héro auquel il ne manquait aucune qualité morale en plus d'être dans l'antichambre du Nobel (prix dont il faut également relativiser la valeur à l'aulne des évènements récents). L'expression qui m'avait frappé dans ce portrait de Bloomberg était "intellectual powerhouse".*

Depuis, et c'était en 2007, j'ai un regard particulièrement critique sur la manière dont sont traités les personnages qui ont pour rôle de diriger les institutions clés de voûte de l'empire. Et je n'ai pas été déçu quand Bernanke a été nommé "homme de l'année 2009" par Time Magazine qui choisit alors pour sa couverture une iconographie digne de la Corée du Nord:
Rappelons que cet homme ne s'était pas contenté de ne rien voir venir au sujet de la crise immobilière: il avait spécifiquement nié à plusieurs reprises que le secteur présentait le moindre problème. L'histoire qui reste à écrire est que Greenspan et lui ont présidé à une politique consciente d'encouragement de la bulle immobilière qui visait à donner aux américains l'illusion de la prospérité au moment même où on les lançait sans espoir de retour dans la "Guerre Contre le Terrorisme", un des concepts les plus ridicules de l'histoire des relations internationales.

J'invite donc les lecteurs du blogo à se méfier. L' "excellent économiste" DSK n'a produit aucune oeuvre pendant 23 ans entre 1977 et 2000 et ses oeuvres récentes relèvent plus de la littérature politique écrite à 24 mains que de sommes sur l'économie comme Raymond Barre en avait écrit (un économiste au sens strict même si je ne cautionne pas non plus sa béatification à l'époque).

Une autre personne qui semble marcher dans les pas de DSK est Christine Lagarde, pressentie pour prendre sa succession. Avocate de formation, elle a une compétence "unanimement" reconnue comme Ministre de l'Economie. Le Financial Times lui tresse des couronnes depuis quatre ans. Elle a un anglais impeccable et elle est complètement formattée à un environnement professionnel anglo-saxon. Si elle est nommée, vous allez voir surgir partout des articles hagiographiques sur sa "très grande maîtrise" des dossiers économiques, le fait qu'elle est une "quick learner" et que rien ne lui échappe des subtilités des "CDO square" les plus machiavéliques. Les politiques ont besoin de cette image de compétence et les vieux médias sont heureux d'apporter leur pierre à la qualité de vie de ces grands hommes. Si une forme de compétence existe, on la magnifie, si elle fait défaut, on l'invente.

C'est comme ça que le système marche.

Note: Sans même parler du ministre du budget François Baroin qui répète sans cesse à la radio ce qu'il a compris de ce qu'on lui a expliqué de son métier: "il faut faire plaisir aux agences de notation sinon on va se faire taper sur les doigts." Way to go, François. Avez-vous déjà lu un article questionnant sa compétence? (je veux dire autre part que sur le blogo).

* Il s'agissait de Frederik Mishkin, complètement ridiculisé dans le documentaire "Inside Job" pour avoir écrit un rapport dithyrambique sur l'économie islandaise en 2006. Tous les gens qui ont vu inside job n'auront aucun mal à comprendre mon scepticisme quand j'ai lu les éloges de Bloomberg suite à sa nomination.

jeudi 19 mai 2011

Lettre aux abrutis qui nous "informent"

Il y a des débats (pas assez) sur ce qu'on peut dire, ce qu'on ne peut pas dire, ce qu'on savait ou ce qu'on ne savait pas sur DSK. Hier à "Ce Soir où Jamais" un journaliste corporatiste et de mauvaise foi sur les faits ("il n'y avait aucun signe précurseur"* affirme-t-il, et Tristane Banon, coco?) laisse entendre que percer à jour DSK était extrêmement difficile sans enfreindre la loi et patati patata (loi qu'ils enfreignent dès que ça peut leur rapporter un euro sur des crimes de personne lambda selon un contradicteur dans l'émission).

On apprend parallèlement (via Le Point) que la dernière phrase prononcée par DSK avant son arrestation a été "Quel beau cul!" à l'adresse d'une hôtesse de l'air.

Il ne m'en fallait pas plus que cette déclaration publique "à la volée" pour savoir que je ne voulais pas voter pour cet homme. Je ne préjuge pas de la véracité de cette citation ou du fait que ça ait été sa dernière phrase (ça semble un peu trop commode), mais si DSK est vraiment le porc qui se dessine de plus en plus, était-il si difficile de trouver une déclaration équivalente dans les derniers mois? Sans même parler d'une enquête approfondie et difficile sur Tristane Banon...

Dans le tableau qui se dégage généralement de cette homme, il semble qu'il suffise de le suivre un après-midi pour révéler des faits qui, en ce qui me concerne, suffisent à me convaincre de ne pas voter pour lui (et me donnerait envie de lui coller une gifle si j'étais une femme).

Ils nous ont donc menti et ont couvert un homme qui n'avait (selon toute probabilité et je ne me base pas sur cette seule affirmation du Point pour soutenir cette affirmation) aucun respect pour plus de la moitié de ses électeurs potentiels.

Cela ne m'apprend rien sur les journalistes et nos élites en général. Beaucoup sont malhonnêtes, beaucoup sont imbéciles. Aujourd'hui même et depuis trois ans, ils taisent (ou ne comprennent pas) un scandale bien plus conséquent encore que DSK: la dégénérescence finale du système financier international qui ressemble chaque jour un peu plus à l'énorme blob englobant Tokyo à la fin d'Akira et qui, si son implosion imminente peut faire l'objet d'un débat (comme la capacité de DSK à violer vendredi), l'immoralité radicale se déploie de manière détestable au vu et au su de tous les journaleux de la terre chaque jour que dieu fait. Les chiffres de la dernière saison de bonus dans la finance en France en étant l'expression de l'instant.

Et donc à tous ces défenseurs pavloviens d'un système indéfendable j'annonce sans ciller: We're taking over.

Note 1: Long story short: les bonus ne sont possibles dans les activités financières que parce que les élites bancaires captent leur argent à sa source: la Federal Reserve américaine et ses auxiliaires plus ou moins conciliants (BCE, BOJ...). Ces profits bancaires ne sont depuis 2007 que des écritures comptables permises par la corruption finale des institutions auxquelles on a confié la création monétaire. Il n'y a plus "un système économique" duquel la finance extrait son écot (en théorie contre un service: l'allocation efficace des ressources), la finance ne survit que sous l'assistance respiratoire (plus lucrative que jamais) de la FED. En clair: on leur donne du faux argent avec lesquels ils achètent de vraies choses. Voilà une petite histoire sur laquelle cette belle brochette d'incapables auraient pu enquêter plutôt que de faire l'éloge du génie économique de Strauss-Kahn en réalité fonctionnaire complice d'un système moribond. Nos politiques ont tout cédé aux banquiers pour acheter un peu de tranquilité mais ils ont créé un "Blob". Ce "blob" informe et déstructuré enrichit les "banksters" comme jamais et ne connaît comme force de rappel que l'effondrement final du système. Assez simple en réalité. Tout cela sera l'objet d'un autre site, légèrement plus radical. Car si nous sommes des citoyens et pas un cheptel bovin, il va bien falloir faire une révolution et le plus tôt sera le mieux.

Note 2: La fin d'Akira. Si vous ne reconnaissez pas le système financier international, "you haven't been paying attention".
* paraphrase

Déception

J'aime bien Jean-François Kahn mais là... (via zetattitude)Il se dévoile probablement comme un des pires piliers de notre phallocratie. Ca se situe presque au niveau de Jack Lang "Il n'y a pas mort d'homme" sauf que là je n'ai pas été déçu par le bonhomme.

Pourquoi n'avons-nous pas eu ça?

Au risque d'enfoncer des portes ouvertes sur la culpabilité de DSK, je me demande pourquoi n'avons pas eu un message de ce type:

Message de DSK au peuple français transmis par son avocat:
...
Je m'adresse à vous aujourd'hui dans des circonstances particulièrement pénibles pour moi et ceux qui me soutiennent. Je suis victime d'une machination. J'ai bien eu des relations sexuelles avec la personne qui m'accuse mais elles étaient consenties par elle et par moi. A aucun moment je n'ai menacé cette personne ou exercé quelque violence que ce soit envers elle. Je ne doute pas que cette manipulation abjecte sera mise à jour rapidement. J'invite les autorités francaises et la justice américaine à tout faire pour déterminer quels intérêts se cachent derrière ces accusations mensongères.
...

Je sais que si j'étais candidat favori à la présidentielle victime d'une machination aussi incroyable, ça se saurait! Haut et fort. Evidemment, si j'étais coupable, je ne la raménerais probablement pas.

Note: Et bien nous avons eu la lettre de DSK. Mais il ne nous met pas en garde contre une machination. C'est quand même incroyable alors qu'il vient supposément de se faire piéger par un mix de Mata Hari, Nikita et Meryl Streep, prête à s'infliger elle-même des blessures superficielles. Strauss-kahn mettait en garde le 28 avril sur des dénonciations calomnieuse autour d'affaire sexuelle. Il aurait pu s'appuyer sur cette déclaration.

mercredi 18 mai 2011

Opinion manipulée

Pour avoir regardé attentivement le traitement de DSK aux 20H00 de TF1 et France 2, cela n'a rien d'étonnant: (via l'Express)

La victime d'un complot pour 57% des Français

Abracadabrantesque! L'affaire DSK est tellement incroyable que 57% des Français estiment que le directeur du FMI a été "victime d'un complot", selon un sondage réalisé par CSA pour BFM-TV, RMC et 20Minutes publié ce mercredi. En revanche, 32% d'entre eux estiment qu'il n'est pas "victime d'un complot", 11% ne se prononçant pas.

Sous le "coup de tonnerre", le scepticisme à gauche. Ainsi, 70% des partisans socialistes adhèrent à la thèse de la machination, contre 23% qui n'y croient pas et 7% qui ne se prononce pas.

Par ailleurs, 52% des personnes interrogées considèrent que les hommes politiques ont eu en général un comportement responsable dans cette affaire, contre 38% pensant le contraire. Les responsables PS ont été jugés "plutôt responsables" pour 57% des personnes interrogées, contre 31% qui pensent l'inverse.

Il faut savoir!

Le PS était-il à DSK ce que Playboy est à Hugh Heffner mais le consentement en moins?

Elles auraient eu pour victimes plusieurs jeunes femmes, dont des militantes du PS et des Beurettes, selon nos informations émanant de proches, pourtant bienveillants à l'égard de DSK. Toutes ces affaires se seraient réglées à l'amiable entre les parents de ces victimes et des responsables du PS. (via Hubris Kills)

Evidemment, ça n'est que France-Soir mais il faut enquêter, il faut savoir, il faut sortir de l'omerta.

mardi 17 mai 2011

"Consentement"

Le New York Post (à prendre en général avec des pincettes mais qui peut occasionnellement dire la vérité) dit que c'est la nouvelle stratégie de défense de DSK. C'est a priori la seule raisonnable s'il y a de l'ADN partout. Mais pour avoir une relation consentie avec une femme de chambre dont celle-ci sort avec des blessures superficielles, il faut quand même se mettre très rapidement d'accord avec elle sur le contenu exact des pratiques SM qu'elle accepte. Un grand communiquant comme DSK toujours à l'écoute en a probablement les capacités. C'est sûrement ce qu'en pense Jean-Marie "feu nucléaire" Cambadélis en tout cas. (via La Kake)

France 24 contre l'omerta

Une chroniqueuse de France 24 met les pieds dans le plat sur l'omerta française en prenant l'angle du regard étranger.
A noter que contrairement à TF1 hier soir qui ne disait toujours rien sur la complicité passive du système avec DSK (avec une animatrice connue pour être sensible au charme des mâles alpha++...), Pujadas ouvrait lui ses portes à Jean Quatremer, véritable héro seul-contre-tous de la lutte anti-DSK (et référencé sur le Blogo dès ses débuts en 2008 dans la foulée de l'affaire Piroska-Nagy - link de second degré pour être exact, je linkais vers un article qui parlait du post de Quatremer et des réactions qu'il avait suscitées).

Christophe Barbier exécute DSK et le "système" français

Finalement un édito musclé contre DSK! Il n'est clairement pas assez dur avec les médias mais il accuse à juste titre une culture et un climat. Et il confirme mes doutes sur les activités des proches de DSK: ils semblent bien être tout le temps aux aguets d'un possible traitement médiatique des dérives sexuelles de leur boss pour le tuer dans l'oeuf.

Une équipe entière était donc mobilisée pour cacher la maladie d'un homme. Quelle arrogance! Plutôt que de soigner l'individu pour l'adapter au monde, on a décidé d'adapter le monde à l'individu. Le plus étonnant est qu'ils y sont presque* parvenus, en France, pour notre plus grande honte collective.

Heureusement: hubris kills.

* Je dis "presque parvenus" car il est bien évident que les coûteaux s'aiguisaient pour faire payer ses frasques à DSK pendant la campagne. Et cela aurait peut-être été des manoeuvres électorales mais surtout un grand service public!

Banon intéresse les anglo-saxons

Sur Google News, on voit que les premiers liens vont vers la décision de Banon de porter plainte. Cette histoire ne semble pas en revanche intéresser la presse française pour l'instant ou l'embarrasse plus probablement. A noter un certain courage de la presse régionale qui met en cause... La presse parisienne. Pas encore de mea culpa des fautifs mais l'étau se resserre.

Nouvel Obs/ AFP:
Le silence coupable de la presse française

Enfin de nombreux journaux s'interrogent sur les manquements de la presse française concernant le traitement qui est fait des élites dirigeantes françaises au nom d'une bien commode "protection de la vie privée".

Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard remarque que "le petit monde politico-médiatique parisien pourrait s'interroger sur sa fâcheuse tendance à minimiser, ou à tolérer, les comportements limite (fric ou sexe ou les deux) de ses élites. Depuis des années, le personnel politique et nombre de journalistes étaient parfaitement au courant des petites faiblesses de DSK".

Même interrogation dans La Montagne, dans laquelle Daniel Ruiz se dit forcé "de constater qu'un DSKgate n'est possible en France que lorsqu'il part des États-Unis".

Philippe Waucampt écrit même dans Le Républicain lorrain que se pose "la question de l'omerta sur "sa relation obsessionnelle aux femmes qui n'était un secret pour personne". "Tout le monde a réalisé que c'est ce silence complaisant qui a conduit DSK - et notre réputation avec - là où il est".

Mais, souligne comme en écho Jacques Camus (La République du Centre), "attendre que DSK soit à terre pour briser l'omerta est indigne."


Note 1: La dernière remarque de Jacques Camus sur le caractère honteux de briser l'omerta quand l'homme est à terre est absurde. En cette matière, mieux vaut tard que jamais bien évidemment. D'autant que les charges contre DSK peuvent s'arrêter du jour au lendemain et que si un "case" indépendant de la dernière affaire est constitué, on ne risquera pas de retour en arrière (si ce "case" est constituable... Let's find out!).

Note 2: Sur Public Sénat, l'audition de DSK devant le juge.

DSK entouré par de la racaille sans foi ni loi

Michèle Sabban que vous voyez plus bas (une ponte PS affiliée DSK) explique que la mère de Tristane Banon devrait quitter d'elle-même le PS car elle a décidé (enfin!) de soutenir sa fille dans le dépôt d'une plainte contre DSK. Si le PS a un tant soit peu de dignité il doit se débarrasser au plus vite de cette folle à lier! Si Sabban est au PS dans une semaine, il y a un vrai problème! Quand on pense à ce qu'a fait subir DSK aux relations entre Banon et sa mère et aux pressions destructrices qui ont dû s'exercer sur cette famille, on est bien content que DSK dorme à Rikers!
Cette femme fait preuve d'une telle soif aveugle de pouvoir et est prête à rouler tellement évidemment sur tout ce qui se présentera... J'en ai le souffle coupé. Sabban articule très explicitement la nasse dans laquelle étaient prises Banon et sa mère. Si la fille portait plainte, la mère perdait son job. Quelle horreur absolue! Je pense que la mère n'a pas fait le bon choix mais que la pathologie d'un homme conduise à mettre des gens dans cette situation est affreux. Il faut absolument soutenir cette famille et leur permettre de respirer après avoir vécu 10 ans d'enfer! Vous voyez-vous aller tous les matins dans une organisation qui fait pression sur vous pour que votre fille ne porte pas plainte pour agression sexuelle contre un de ses dirigeants? C'est un calvaire! Et Sabban toujours incapable après les évènements de New York d'imaginer qu'il peut peut-être y avoir un problème avec son boss? Banon se soulage enfin de son poids alors sa mère est out? Quelle horrible femme!

Et globalement, j'ai de plus en plus l'impression que la mafia d'euro rscg était une petite maffia dont une des tâches principal était de faire la police un peu partout (rédactions, éditeurs, youtube, dailymotion etc...) pour permettre de dissimuler les frasques criminelles de leur boss. Quel beau "mission statement" pour un petit groupe d'individus. Qui a fait courir le bruit que la victime possible de DSK était laide? Les avocats stars américains ou des petits margoulins de Euro RSCG par exemple? Et sur quel orbite moral cela projetait-il la présidence DSK? La France revient de très, très loin et doit une fière chandelle aux américains.

Et toujours pas de Banon au 20H00 de TF1. Peut-on être trop scandalisé par le fonctionnement de ce pays? Laissez parler Banon!

DSK à Rikers

Poetic Justice...