mardi 13 octobre 2009
Un congressman pas comme les autres
Il parle ici de la nécessité d'une full disclosure des actions de la FED avant la confirmation de Bernanke. Effectivement, reconduire un homme dont on ne connaît pas les actions n'est qu'un acte de foi. A la fin de l'interview, Maria Bartiromo (une corporate journaliste pur jus de CNBC) lui pose une question si grotesquement orientée qu'il lui répond sans hésitation: "Maria, are you a republican?". Not politics as usual. (via Zero Hedge)
Post-It (2)
Le cauchemard islandais (200000 habitants si je me souviens bien).
"Unbelievable" chute des recettes fiscales des Etats américains (-36% pour NY).
Le crédit à la consommation aux Etats-Unis continue de baisser. J'en ai parlé il y a pas longtemps mais j'ai trouvé ces deux graphes éclairants (via Zero Hedge) (stocks et flux):

lundi 12 octobre 2009
Post-It (1)
La Federal Housing Administration s'est mise à faire du subprime à la place des prêteurs subprime traditionnels. L'idée est de soutenir un peu le marché. La conséquence est un énorme "sauvetage" à venir de la FHA. Et surtout quelques minutes de gagnées... Enjoy!
63% des réserves monétaires constituées au deuxième trimestre étaient en Yen et en Euros contre seulement 37% en dollar d'après Barclays. Parfum de fin de règne. (news la plus lue sur bloomberg today)
Le Blogo a souvent parlé de la réforme de la "Bankruptcy Law" en 2005 qui venait à point pour vulnérabiliser les américains devant les credit card companies quelques mois avant le retournement de la bulle du crédit. En image via "Calculated Risks":

Qui a tué la réforme du système financier? Ritholtz a son avis sur la question: The short answer: Key members of Congress are owned by the financial services group’s lobbyists. The longer answer: Lobbyists from the financial industry have paid hundreds of millions to Congress, the Bush and Obama administrations. (See yesterday’s Total Campaign Contributions/Lobbying by TARP Recipients)
Et c'est une remarque général mais on peut se payer le système politique pour relativement peu d'argent pour peu qu'on applique stratégiquement de la pression. Et ici également. (via TBP)
La belle histoire d'un "quant" qui réfléchit à la "big picture" (il n'y en a pas tant que ça). Bloomberg retrace longuement le parcours tortueux de Paolo Pellegrini, devenu "trader star" sur le tard en bossant pour Paulson (celui du hedge fund, pas le secrétaire au trésor). Il a mis au point le trade diabolique qui visait à shorter le subprime en achetant de la protection contre le défaut de bonds subprime. Il faut dire que la plupart des quants ont entre 20 ou 30 ans et pas du tout la hauteur de vue pour anticiper le marché. Pellegrini lui avait 50 balais. Le climax de l'histoire est quand il démontre dans une présentation par A+B à Paulson que le marché de l'immobilier va s'effondrer et que celui-ci finit par sourire.
He recalls that Paulson broke into a smile when he showed him the proof that houses were overpriced. “John doesn’t smile,” Pellegrini says. “It felt great.”
La question étant: qu'aurait valu ce trade sans bailout? A l'époque, j'étais médusé à l'idée qu'on pouvait juste inverser le trade et gagner de l'argent. Ca n'était pas possible évidemment sans les interventions modifiant l'espace-temps de Bernanke-Geithner-Paulson. Le bailout d'AIG a notamment servi à payer ("make whole") un certain nombre de ces paris.
Summers, cet imbécile (voir ici) corrompu (voir là), n'a pas pu s'empêcher de renouer avec la litanie d'énormités qu'il n'a cessé de répéter sur les affaires économiques durant la décennie écoulée (n'ayez crainte: il n'est que senior economic adviser d'Obama). Heureusement, un des papes du bond market US, El-Erian de PIMCO, a offert un contrepoint bienvenu à sa stupidité confondante et son cheerleading pavlovien. En gros, Summers nous dit que nous sommes repartis pour une croissance à 4% "as far as the eye can see" alors qu'El-Erian parle d'une période substantielle de croissance inférieure (2% ce que je trouve encore très optimiste mais peut-il dire moins vu l'impact de ses déclarations?).
La thèse de Summers a un intérêt: elle correspond aux projections budgétaires du Congressional Budget Office qui visent à nous faire croire que "tout est sous contrôle". L'idée est simple: si vous croissez à 4% par an pour toujours, vous pouvez vous sortir d'à peu près toutes les ornières économiques. Mais avec des si, on mettrait Paris en bouteille.
Says El-Erian: Summers “has this concept of escape velocity,” El-Erian said Oct. 9 at a meeting of financial-market professionals in Toronto. “We don’t have enough to achieve escape velocity.”
Moyers, Johnson and Kaptur
Simon Johnson et Marcy Kaptur nous y explique qu'un coup d'Etat économique a eu lieu. C'est un des crédos de Michael Moore dans son dernier film* (il y fait acquiescer Marcy Kaptur à cette analogie et l'émission de Moyers commence par cet extrait) mais aussi une expression que le blogo défend depuis longtemps (je voulais retrouver le lien mais la "search" de blogger ne marche pas).
Kaptur y décrit notamment un dîner de congressmen avec Jamie Dimon (CEO de JP Morgan) dans un "fancy hotel" qu'elle qualifie de "Lovefest" (des congressmen pour Jamie Dimon s'entend).
Dans le même registre, Barry Ritholtz à "The Big Picture" nous rappelle deux grandes citations de l'année (Ritholtz en gras):
Want to know why Financial Reform has been dead in the water so far ?
“The banks run the place. I will tell you what the problem is — they give three times more money than the next biggest group. It’s huge the amount of money they put into politics.”
- Representative Collin C. Peterson (D- Minnesota), NYT
And this:
“And the banks — hard to believe in a time when we’re facing a banking crisis that many of the banks created — are still the most powerful lobby on Capitol Hill. And they frankly own the place.”
-Sen. Dick Durbin (D-Ill.), WJJG 1530 AM’s “Mornings with Ray Hanania.”
We no longer live in a democracy — its a corptocracy, where the government gets sold to the highest bidder.
John McCain was sure right about this — whatever happened to that guy? The maverick MaCain who tried to rein in lobbyists and campaign contributions?
* L'occasion pour moi d'attirer une fois de plus l'attention des lecteurs sur la sortie du film de Michael Moore le 25 novembre avec la bande-annonce à nouveau mais sous-titrée en français cette fois (j'y reviendrai):
vendredi 9 octobre 2009
Friday Plane Blogging
(Cliquez pour agrandir - c'est un effet très rare qui ne se produit que dans certaines conditions d'humidité et de température - l'avion est un Pilatus PC12, le fleuron de l'aviation Suisse)
La bulle spéculative Obama
Est-ce vraiment l'esprit du Nobel? Est-ce un prix "de combat" destiné à influencer les évènements ou bien une récompense après un travail dont l'essentiel a déjà été réalisé? Il y a clairement une dérive du second vers le premier qui traduit les ambitions politiques du comité. Je n'ai aucune idée de la manière dont le jury est constitué mais on peut s'interroger: sur quelle légitimité démocratique s'appuient ces velléités politiques?
Obama en attendant a tout d'une bulle spéculative politique. Tout le monde veut y croire et l'alimente mais il y a très peu de "supporting facts". Et tant qu'on est dans la bulle, tout le monde est enthousiaste. Ce Nobel arrive cependant en fin de bulle j'ai l'impression. C'est le moment où ont lieu les transactions les plus exubérantes et c'est clairement dans cette catégorie que je classerais ce prix.
Note 2: Tout est fait dans le système politique américain pour que le Président soit faible (pas dans la constitution mais dans la pratique actuelle): scandale absurde (Lewinsky), homme incapable d'assumer la fonction (Bush). Une des tâches d'Obama était de restaurer la potence présidentielle. Quand on voit comment les généraux, les banquiers et les lobbyists du healthcare le malmènent, on ne peut qu'être sceptique. S'il s'affirmait vraiment et se mettait à gêner réellement que lui arriverait-il? Entendrait-on parler de Vera Baker? Son certificat de naissance ne pourrait-il s'avérer faux à la 30ème expertise? Tout cela n'a même pas à être vrai ou faux, fondé ou infondé, l'insistance et la répétition orwellienne suffisent à créer la difficulté politique aux Etats-Unis. Clinton a été "impeached"* en dépit de sa popularité pour avoir menti sur une idiotie. Bush n'a même pas été inquiété pour avoir menti sur les raisons d'une guerre qui a causé des centaines de milliers de mort et alors même que sa popularité a battu des records de faiblesse (en grande partie à cause de cela).
* Oui. Bill Clinton a été "impeached". Cela ne veut pas dire destitué (je suis rentré à maintes reprises dans ce débat ces dernières années alors je préfère prendre les devants).
jeudi 8 octobre 2009
Post-It (1)
L'Australie relève les taux. Première banque centrale du G20 dans un contexte de chômage en baisse (sur un mois en tout cas).
Le crédit à la consommation toujours en forte baisse aux Etats-Unis. Le deleveraging continue pour les consommateurs.
Blogs up - MSM down
En tout cas, on se dit que les temps changent. Voici le post qui célèbre leur entrée dans la "briefing room":
The Eagle Has Landed
Josh Marshall | October 6, 2009, 1:52PM
TPM makes its first appearance in the White House briefing room
Au fond à gauche, un notable de base qui est plus familier de ce genre de contexte: Chuck Todd de NBC. Ce dernier est régulièrement étrillé par Greenwald ou Scahill pour son journalisme "toothless" qui ne fait jamais de mal à l'administration. L'occasion de suggérer à nouveau aux lecteurs anglophones qui ne l'ont pas encore fait de regarder le speech de Steven Colbert au White House Correspondents' dinner de 2006: un morceau d'anthologie. Il prend de front cette petite troupe en lui reprochant ses errements (très nombreux) et son manque de courage généralisé sous l'administration Bush.
mercredi 7 octobre 2009
Obama n'a jamais livré bataille contre les lobbyists
Rich s'appuie notamment sur deux articles du Wapo à la gloire de ces power-brokers de l'ombre (relative), plus puissants que jamais. Il ajoute que si ces personnages étaient des actions, il les "shorterait" en raison du retour de bâton qu'il estime inévitable. Ce dernier ne pourra se concrétiser que si le pays s'effondre comme cela été évité jusqu'à maintenant. Pour combien de temps?
C'est l'idée de base du blogo: "ce n'est pas une crise économique, mais une crise politique (qui a des manifestations économiques)". Donc tant qu'on n'aura pas changé les structures politiques faillies qui ont permis cette crise (en premier lieu le financement des campagnes), le pays ne pourra pas vraiment repartir. Les américains doivent se réapproprier leur système politique qui est aujourd'hui sous le contrôle exclusif d'intérêts coporatistes*.
Obama pendant la campagne: “I intend to tell the corporate lobbyists that their days of setting the agenda in Washington are over.” Absolument risible.
Amusant(extrait de l'oped): “There is something uniquely depressing about the fact that the National Portrait Gallery’s version of the Barack Obama ‘Hope’ poster previously belonged to a pair of lobbyists.” That’s no joke: It was donated by Tony and Heather Podesta.
* Nous en sommes à des années lumières. Quelle que soit la sévérité de la crise, ce processus de remise en cause du système politique va prendre des années. La politique est associée à l'argent d'une manière complètement automatique dans l'esprit des américains. Si vous annoncez que vous vous présentez quelque part, on va vous demander quel est votre budget plutôt que vos idées. La jurisprudence (en voie d'élargissement - un cas important va se décider bientôt) qui protège le rôle de l'argent en politique se base sur le premier amendement et la "freedom of speech". As American as Apple Pie! Même si c'est fallacieux et que les américains ont fait ces derniers temps peu de cas des garanties constitutionnelles en général, cela montre que ce système s'est construit une légitimité. Beaucoup d'américains ont identifié le financement de la politique comme un énorme problème mais les solutions éventuelles n'en sont même pas au stade de la formulation. "Long, hard slog" en perspective (c'est le commentaire que Rumsfeld avait fait sur l'Irak en octobre 2003).
GS fait ce qu'il lui plaît
At the height of the financial panic last fall Goldman Sachs became a bank holding company, which enabled it to borrow directly from the Federal Reserve. It also became subject to supervision by the Federal Reserve Board (with the NY Fed on point) – hence the brouhaha over Steven Friedman’s shareholdings.
Goldman is also currently engaged in private equity investments in nonfinancial firms around the world, as seen for example in its recent deal with Geely Automotive Holdings in China (People’s Daily; CNBC). US banks or bank holding companies would not generally be allowed to undertake such transactions - in fact, it is annoyed bankers who have asked me to take this up.
Would someone from the NY Fed kindly explain the precise nature of the waiver that has been granted to Goldman so that it can operate in this fashion? If this is temporary, is it envisaged that Goldman will cease being a bank holding company, or that it will divest itself shortly of activities not usually allowed (and with good reason) by banks? Or will all bank holding companies be allowed to expand on the same basis. (The relevant rules appear to be here in general and here specifically; do tell me what I am missing.)
?????????????
L'or a monté de $25 en 4 heures aujourd'hui (je ne me souviens pas avoir jamais vu ça dans les deux dernières années). J'ai entendu sur BFM que la raison en était une conspiration (ça existerait donc!) regroupant Japon, Russie, France, Chine et des pays du golfe visant à ce qu'à échéance 2018, le pétrole soit échangé dans une monnaie qui ne soit pas le dollar, possiblement basé sur l'or. L'article est de Robert Fisk, un journaliste dont j'ai beaucoup apprécié la couverture de la guerre en Irak mais auquel je ne connaissais pas d'inclination pour l'économie. Il travaille pour The Independent, journal marqué à gauche britannique.
Je ne sais pas quoi en penser pour l'instant. Rien ne m'a sauté aux yeux sur bbg à ce sujet. Je n'ai pas encore fait le tour des blogs alternatifs. J'ai vu l'article de The Independent repris sur le site de Businessweek ce qui n'arrive pas tous les jours.
L'idée est vieille comme le monde (enfin presque): contournons le dollar et supprimons le privilège exorbitant. Les américains bombent le torse en permanence en disant: si vous faites, ça vos réserves vont baisser et vous allez y perdre (surtout aux chinois) donc personne n'osera jamais et nous sommes les patrons forever and ever... (ahahahahahahah! - je brode un peu sur le rire sardonique mais c'est pour rendre le blog vivant)
Cela aurait pu se passer à n'importe quel moment depuis la fin de l'étalon or. La situation du dollar ne tient aujourd'hui que par la force de l'habitude (nos cerveaux sont, comme l'a déjà dénoncé le blogo, le dernier refuge de la puissance américaine qui n'a plus réellement de fondements objectifs après cette crise. Les mythes de l'ultraperformance et de l'ultracompétence ont été révélés pour ce qu'ils étaient: des mythes).
Cette initiative, si elle s'avérait vraie, serait une bonne nouvelle. L'empire américain est à bout de souffle. Il est corrompu à un niveau qui ne lui permet plus d'assurer un leadership efficace. En revanche, le changement ne peut-être attendu des Etats-Unis eux-mêmes. Il doit arriver, comme le répète le blogo depuis le début (un an de blogo hier), par la coordination multilatérale des puissances périphériques de l'empire. Des Etats-Unis dégrisés pourront alors prendre toute leur place mais rien que leur place dans la communauté des nations/ensembles multinationaux.
En est-on là? Franchement, je n'arrive pas à y croire. L'idée de négociation entre Russie, Chine et des pays du golfe me semble possible mais l'idée que la France en fasse partie me surprend un peu. Pourquoi la France et pas d'autres pays européens? Il faudrait au moins que la France représente d'autres pays.
Bref, la nuit porte conseil (et surtout permet de consulter une floppée de nouveaux articles au réveil).
Note: La recherche " Fisk" (l'auteur de l'article) sur Bloomberg ne donne rien. Mais je ne sais pas si cela donne ou si cela enlève de la crédibilité à la rumeur selon laquelle cet article a eu cet impact retentissant sur le cours de l'or (et pourquoi n'a-t-il pas plus envoyé le dollar à la casse d'ailleurs?). Je penche pour "enlève". Il est en tout cas référencé sans commentaire sur The Big Picture. J'ai l'impression que personne ne se mouille (à part BFM!).
Un vent mauvais...
Aujourd'hui, le National Republican Congressional Committee a ça à dire sur Nancy Pelosi (présidente de la house of representatives):
If Nancy Pelosi's failed economic policies are any indicator of the effect she may have on Afghanistan, taxpayers can only hope McChrystal is able to put her in her place.
Problème: McChrystal est un Général. Il s'est lancé dans une épreuve de force avec Obama que je trouve à la limite de la défiance. Le site où j'ai trouvé la citation semble s'inquiéter du sexisme de la déclaration mais je crois qu'ils ratent le point. Ce qui me choque est la constestation de la subordination du militaire au politique (ambiance: républicains + militaires > majorité démocrate).
Il y a un raidissement important de certains militaires face aux politiques sur l'Afghanistan en ce moment. Devant une telle défiance, si Obama ne les remplace pas (même pour faire appliquer leurs recommandations par d'autres) son pouvoir va être significativement affaibli.
mardi 6 octobre 2009
Martin Wolf veut refonder la finance mondiale
Une chose est sûre, nos politiques ont montré qu'ils n'entreprendront de telles réformes qu'en dernier ressort, quand ils y seront contraints et forcés. Pour l’instant, ils ont choisi la solution la plus favorable au système bancaire ancien (sous la pression des banques, surtout aux Etats-Unis) en relâchant toutes les contraintes qui pesaient sur lui (y compris comptables… Can it get crazier than that ?). L'Etat fait désormais compte commun avec le système bancaire. L'imbrication est désormais totale créant une source intarissable de conflits d'intérêts en tout genre. La charge ne pèse pas sur le contribuable mais sur la dette qu'on postule illimitée. Cette situation ne peut pas durer.
Cette tentative du pouvoir politique de créer de manière volontariste à cette échelle une réalité économique factice n’a sans doute pas de précédents dans l’histoire à part peut-être dans le bloc soviétique. Pour l’instant ça marche du point de vue de l’indicateur vedette : le Dow Jones (imaginez qu’on ait dû passer par une phase de restructuration où la valeur de marché des banques aurait été à zéro quelques temps… c’est ce qui se dessinait en mars 2009 avant la modification des règles comptables).
Alors pour l’instant, Martin Wolf ne sera pas écouté et son article est un exercice de style. Gardons-le néanmoins sous le coude, il pourrait être utile dans un avenir proche.
En teaser, extrait d'un guest-Post de Naked Capitalism (que je recommande également) sur l'article de Martin Wolf (il fallait oser l'analogie Martin Wolf/Michael Moore):
If you belong to those who believe that the debate on how to fix finance is mightily underwhelming when compared to the latter’s monumental failure, then I suggest reading Martin Wolf’s latest column in the Financial Times.
Wolf essentially trashes the financial system and the remedial actions taken thus far, Michael Moore-style.
Post-It (1)
Le sénateur Warner engage GS à se préoccuper de l'affichage quand ils annonceront leur bonus. “I do hope that Goldman Sachs will be a little more sensitive to the optics of their actions,”. Si même les bonus de GS sont bidonnés, je me demande bien en quoi on va pouvoir croire...
Le FMI baisse de $4 trillions à $3,4 trillions l'estimation des pertes encourues par les banques à cause de la crise. Je pense que ces estimations doivent être basées sur du mark to market et pas des modèles car le rebond suit de trop près les évolutions de marché. Savoir où sont les pertes et les déterminer quand tant d'efforts sont déployés pour masquer la vérité (rappelons-nous que le rally a commencé à l'annonce d'un changement de règles comptables...) est un exercice très difficile. Toutefois, on peut quand même s'étonner des pertes estimées pour l'Europe ($800 milliards, presque autant qu'aux Etats-Unis $1,02 trillions). Eux, au moins, se sont fait plaisir avec une croissance "feu de paille" pendant des années. En Europe, (à part UK, Irlande et Espagne), on ne se prend que les paumes. Va falloir faire attention à ne pas se faire inviter à dîner par Thierry Lhermitte. Il n'y pas que les chinois qui ont financé les américains.
RGE Monitor: Data released by the IMF, confirms that reserve accumulation restarted in Q2 2009, with global reserves rebounding to US$6.8 trillion, from US$6.48 trillion at the end of Q1 2009. Qui fait des réserves? Majoritairement la Chine. Et simultanément un plan de relance.
lundi 5 octobre 2009
The rise of Zero Hedge
Zero Hedge s'intéresse beaucoup au coeur du réacteur nucléaire de l'économie américaine: les enchères de bons du trésor. C'est clairement un des points névralgiques de l'économie par lequel le scandale pourrait arriver. En même temps, les "auctions" sont monitorés comme le lait sur le feu et on peut considérer qu'à cause de cela, le système cassera ailleurs, à un endroit où on ne s'y attend pas. Troubles sociaux (quel effet sur les investisseurs d'émeutes comme en 1994?)? L'opération militaire de trop? Catastrophe naturelle comme Katrina? Pour les auctions en tout cas, Zero Hedge est un "one-stop shop".
Le NYT n'a pas changé
En vérité, le bullshit détecteur du Blogo était dans le rouge et... et... et... Bingo! (le BSD est très fiable dans le nouveau contexte post Qom, c'est du pilotage automatique)
Il se trouve que l'article sensationnaliste du NYT était une pure fabrication, basée sur du vent, digne de la grande époque de Judith Miller (Broad et Sanger, les auteurs, travaillaient d'ailleurs avec elle). L'article sort au moment idoine pour contrebalancer la bonne nouvelle de la conférence de jeudi. Je n'irai pas pleurer sur la tombe du NYT (je crois que je l'ai déjà dit mais c'est juste au cas où quelqu'un n'aurait pas compris).
J'ai aussi vu cette info trôner en première place de "Google Actualités" une bonne partie de la journée avec un lien "Figaro" et on m'a dit qu'elle était sur le site du Monde. Pourquoi BFM et d'autres médias français s'embarrassent-ils de ce que raconte la gray lady? Elle a perdu sa vertu en 2003 et ne la retrouvera plus. J'offre aux journalistes français un stage gratuit de debunkage de l'info en provenance d'Outre-Atlantique sur El Blogo (une semaine de lecture assidue devrait suffire: c'est assez straightforward et répétitif).
Greenwald avec les deux liens qui vous en diront plus:
"the latest flagrantly fear-mongering, irresponsible, Saddam's-shopping-for-yellowcake piece from The New York Times' new Judy Miller/Michael Gordon team, causing that paper to reprise its 2002 role in leading the beating of war drums"
Toujour Greenwald avec quelque chose qui, il faut bien le reconnaître, n'arrivait pas sous Bush (alors ça, vraiment, c'est inédit...):
UPDATE: Obama's National Security Adviser, retired Marine Gen. James Jones, denies The New York Times' report that Iran's nuclear program is more advanced than previously believed; stands by the 2007 NIE conclusion that Iran ceased work on a nuclear weapons program back in 2003; and affirms that, as part of the ongoing negotiations, "Iran has taken positive steps," steps he deems "very significant." There are certainly some factions inside the U.S. Government eager for a confrontation with Iran (the ones feeding David Sanger and William Broad their NYT script), but there are also significant figures in the administration who realize what a disaster such a confrontation would be for the U.S.
Il faut huiler la machine, là. Ca ne marche plus du tout!
(Traditionnellement, les officiels fuitaient de la propagande mensongère dans le NYT et ils allaient à la télé pour y citer... la propagande mensongère du NYT qu'ils avaient fuitée. Yep. I seen 'em do it! C'était le bon temps. Là, j'ai l'impression que c'est très très petits bras...)
Note 1: Puis-je demander aux médias français de consacrer demain aux dénégations de Jim Jones le même temps qu'ils ont consacré à Sanger et Broad? Je pressens qu'ils ne le feront pas alors vous savez quoi? Et bien je n'irai pas pleurer sur leurs tombes (je l'ai déjà dit?).
Note 2: Je ne linke pas l'article du NYT car je ne veux rien avoir à faire avec cette chose. Vous le trouverez sans difficulté.
L'occasion en tout cas d'écouter ça:
dimanche 4 octobre 2009
Les choses changeraient-elles?
The article, however, offers nothing to corroborate Webb's claims and reports them without even a hint of skepticism . . . . But skepticism is merited. The government claims and breathless media reporting -- without adequate evidence -- that Iran is a grave and looming threat is reminiscent of the same claims and media coverage in the lead-up to the U.S. invasion of Iraq, as several commentators have pointed out. Remember Saddam Hussein's horde of yellowcake uranium?
“In 2002, it seemed utterly naïve to believe Saddam didn’t have a program,” Columbia University Iran expert Gary Sick told the New York Times in an article analyzing those parallels. The article continues: "Now the notion that Iran is not racing to build a bomb is similarly excluded from serious discussion, he said."
(Via Glenn Greenwald)
Le journaliste (Ken Millstone) cite ensuite Glenn Greenwald. Difficile de surestimer l'impact qu'a Greenwald dans le paysage médiatique. Plus personne ne peut l'ignorer. Voici l'article de Gary Sick que j'avais référencé la semaine dernière. Go Gary!
Sondages: la méfiance est bonne conseillère
1929?
El Blogo râle depuis le début (bientôt un an!) sur la sous-estimation des chiffres du chômage. La ligne en pointillée montre des estimations de révisions du chiffre qui laissent apparaître 8 millions de chômeurs au lieu des 7,2 millions annoncés officiellement depuis décembre 2007 (date officielle du début de la récession). La comparaison avec d'autres récessions ne nécessitent pas vraiment de commentaires. (via Calculated Risks)
(Cliquez pour agrandir)
samedi 3 octobre 2009
Comment les "Senior Administration Officials" menacent la démocratie
Ce type de désinformation est extrêmement toxique pour la démocratie. Elle exige qu'un "press corps" complice marche dans la combine. Il est détestable qu'on puisse conférer à un discours la force d'un discours officiel sans que personne n'en réponde en cas de mensonge. Talk about "accountability"!
A nouveau, sur Qom, les "senior administration officials" le disputent aux "senior White House officials". Ce discours sans responsabilité pour nos dirigeants est inacceptable (je n'ai pas d'exemple spécifique mais j'imagine que la France n'est pas épargnée).
Messieurs les journalistes: soit votre source officielle est prête à mettre sa tête sur le billot pour son information, soit vous ne devez en aucune façon la qualifier d' "officielle". Une "source officielle anonyme" est un oxymoron, ça n'existe pas. Les citer en permanence crée un climat détestable d'irresponsabilité des dirigeants qui est favorable à la diffusion de rumeurs inexactes dans le but de déclencher des guerres d'agression sur des bases mensongères. Who would want that? Alors s'il vous plaît: Stop! (in the name of love).
Le débat sur l'illégalité de Qom (suite)
Il a publié un nouvel article qui fait le point et qui dit que de nouveaux éléments font pencher la balance vers l'absence d'infraction iranienne.
Les iraniens ont notamment déclaré avoir commencé les travaux sur ce site à des fins d'enrichissement en 2008. Si c'est vrai, cela coupe l'herbe sous le pied des "senior administration officials" qui disaient dans la presse que la construction de ce site (dans l'idée d'en faire un site du programme nucléaire) avait commencé avant mars 2007, date à laquelle l'Iran se disait contrainte par le "supplementary agreement". L'administration américaine refuse de son côté de répondre à la question du moment précis auquel elle évalue que la construction "à but nucléaire" a commencé.
Porter cite également le commentaire d'un responsable de l'AIEA de mars 2009, Johan Rautenbach, concernant la question de la légalité du retrait unilatéral de l'Iran du Supplementary Agreement en mars 2007. Le fait que cette évaluation date d'une période où le sujet n'était pas au coeur de la fournaise de l'actualité politique la rend évidemment extrêmement intéressante. A n'en pas douter, son discours serait plus contraint aujourd'hui:
In March 2009, the director of the IAEA Office of Legal Affairs, Johan Rautenbach, called Iran's reversion to implementation of the earlier version of the Code 3.1 "inconsistent with its obligations under the Subsidiary Arrangements".
But he went on to say that it was "difficult to conclude that providing information in accordance with the earlier formulation in itself constitutes non-compliance with, or a breach of, the Safeguards Agreement as such."
The Safeguards Agreement itself clearly forbids unilateral "modification" of a Subsidiary Arrangement, but it says nothing about withdrawal from such an agreement, which is what Iran is asserting it did in March 2007.
The distinction between "modification" and "withdrawal" from provisions of an international agreement is well established in the Vienna Convention on the Law of Treaties.
Unilateral withdrawal is permitted under that Convention, provided that the provision in question is separable from the remainder of the agreement, is not the essential basis of consent by the other party and continued performance of the remainder of the agreement would not be "unjust".
The head of the IAEA Legal Department appears to have accepted that those three conditions applied to the case of Iran's "Modified Code 3.1" agreement.
Porter dit aussi:
Although it has remained unreported in the news media, however, Iran has a legal case that it has remained in compliance with its Safeguards Agreement.
Pourquoi les médias du monde entier ne sont pas tous braqués sur la solidité des déclarations Brown-Obama-Sarkozy? Ca dépasse l'entendement.
Pour ceux qui veulent les épisodes précédents:
Episode 1
Episode 2
* Je dis "éructations" car j'estime désormais clair, non pas que l'Iran a respecté ses engagements, mais qu'il existe un débat juridique assez substantiel pour que les formules péremptoires comme celles utilisées lors du G20 soient considérées comme excessives. D'où le choix du terme "éructation".
Post perdu
vendredi 2 octobre 2009
Atrios parle d'or...
I do think a fundamental issue that isn't being grappled with is that our banking system failed completely in its purpose of allocating credit efficiently. Propping up that failed system in the short term may have been necessary, but longer term that failure needs to be addressed.
L'idée selon laquelle nous sommes remontés sur notre cheval en abolissant la réalité économique dans laquelle évolue les banques est complètement fascinante. Il fallait refonder le système financier. L'occasion est passée jusqu'à la prochaine rechute. Il a fallu 4 ans pour que les Etats-Unis se mettent dans un mode réformateur dans les années 30. Si on supposait que septembre 2008 = octobre 1929 et que les deux crises vont suivre un cours similaire, les réformes durables ne commenceraient qu'en 2012.
Dollars are forever (2)
"A strong dollar is very important to this country, I mean that, and it's very important that people recognize it,"
Questions have been raised about whether the world will be willing to keep financing huge American debts forever or whether they might seek an alternate reserve currency.
"It does bring special responsibilities and burdens on the United States and it's very important that we make not just Americans but make the world understand that we are going to go back to living within our means," he said. (NDLR: zero burden, zero responsibility)
Geithner added, "And we are going to make sure that our independent Federal Reserve keeps inflation low and stable over time...and we are going to run fiscal policy in this country consistent with that basic objective of going back to living within our means." (NDLR: my ass!)
"There was a long period where monetary policy around the world was very, very loose and accommodative," Geithner said, adding that allowed risk-taking to become excessive.
"You had a huge boom in wealth outside the United States and that money was looking for a home and it created huge demand progressively for what proved to be very risk types of financial assets," Geithner said, adding that government "failed the test" of preventing the buildup in risk. (NDLR: Pourquoi es-tu toujours là? Pauvre abruti...)
Note: via Naked Capitalisme qui titre le post "Talk will only get you so far". Indeed.
"Wipe Israel of the map"
Le problème, c'est qu'Ahmadinejad n'a littéralement pas dit qu'il voulait "rayer Israël de la carte". C'est un idiome qui n'existe pas en persan. Juan Cole, qui parle le farsi, a "débunké" cette histoire il y a longtemps. Je reproduis la version courte de l'explication qu'il a écrite hier dans le cadre de "10 idées reçues sur l'Iran" que je vous recommande (sauf si vous préférez garder vos idées reçues). Il avait fourni une explication plus approfondie ici.
Belief: Iran has threatened to attack Israel militarily and to "wipe it off the map."
Reality: No Iranian leader in the executive has threatened an aggressive act of war on Israel, since this would contradict the doctrine of 'no first strike' to which the country has adhered. The Iranian president has explicitly said that Iran is not a threat to any country, including Israel.
Belief: But didn't President Mahmoud Ahmadinejad threaten to 'wipe Israel off the map?'
Reality: President Mahmoud Ahmadinejad did quote Ayatollah Khomeini to the effect that "this Occupation regime over Jerusalem must vanish from the page of time" (in rezhim-e eshghalgar-i Qods bayad as safheh-e ruzgar mahv shavad). This was not a pledge to roll tanks and invade or to launch missiles, however. It is the expression of a hope that the regime will collapse, just as the Soviet Union did. It is not a threat to kill anyone at all.
On se focalise également sur cette phrase mal traduite alors que d'autres déclarations plus modérées ne sont jamais mises en avant. Ahmadinejad n'est de plus pas commandant en chef des armées et son pouvoir est généralement beaucoup plus limité que ne le laisserait penser son statut de "Saddam Hussein bis" dans la psyché occidentale.
Alors Amahdinejad joue effectivement avec le feu en faisant du révisionnisme (bien qu'il ait mis de l'eau dans son vin récemment lors de son passage à New York avec Katie Couric puis Charlie Rose). On dit aussi que son discours à l'ONU était antisémite (je ne l'ai pas lu). C'est inexcusable. Je ne sais pas quels calculs politiques se cache derrière ces prises de positions outrancières. Cela ne peut cependant pas justifier le bombardement d'un pays. Les protestations et l'isolation de l'Iran semblent être des réactions appropriées. Ahmadinejad n'écrit pas nos livres d'histoire. Et quand bien même on intègrerait cela à un plaidoyer pour le bombardement, il faut quand même se rappeler que le peuple iranien vient de passer à deux doigts de se débarrasser de cet homme et qu'ils y parviendront sans doute aux prochaines élections. Justifier en partie le bombardement de l'Iran à cause des positions d'un dirigeant contesté et au pouvoir limité est complètement délirant.
Note: A part cela, El Baradei dit que l'Iran est en infraction à ses obligations avec la non déclaration de la centrale de Qom dès la décision de construire (question qui n'intéresse que le blogo). Il dit en revanche qu'il n'y a pas de preuve tangible d'un programme nucléaire militaire en Iran.
* (Sur le racisme ordinaire que constitue la notion que certains peuples seraient dangereux avec la bombe.) Comprenez-moi bien: plus le club nucléaire est petit, mieux on se porte. Je ne vais pas dire le contraire. Mais considérer que des cultures ou des races feraient n'importe quoi avec la bombe... Essayons déjà, pour ceux qui l'ont, de ne pas faire n'importe quoi avec avant de la ramener (cf la crise de Cuba).
jeudi 1 octobre 2009
Nowhere to hide
La blogospère de droite a sans doute quelques personnalités anti-guerres mais elles ne sont pas légion (on peut regarder du côté du magazine "The American Conservative" qui publie traditionnellement certaines de ces voix). Dans la blogosphère de gauche (le seul endroit où la question se pose réellement), c'est plus intéressant. Beaucoup se retrouvaient sur une ligne critique envers la guerre en Irak et là, c'est la surprise. Alors qu'on pouvait s'attendre à un mouvement puissant contre l'hystérie sur l'Iran (fort de l'expérience de 2003), la prudence semble pour l'instant être un refuge pour beaucoup en raison de ce que je crois être un "effet Obama" (qui réussit décidément à vendre à peu près n'importe quoi à une population américaine subjuguée). Le côté spectaculaire des révélations sur la centrale de Qom a sans doute un peu douché l'enthousiasme des "usual suspects". J'imagine que les langues se délieront quand le site de Qom aura été inspecté en fonction du résultat. Je diviserais les intervenants en trois catégories:
Les inflexibles: Glenn Greenwald, Juan Cole, Jeremy Scahill, Scott Ritter, Justin Raimondo... Animés d'une "righteous anger", ces outsiders aussi éloignés qu'on peut l'être des leviers du pouvoir à Washington sont prêts à confondre les tartuffes pro-guerres et à démonter leur propagande transparente.
Les prudents: certains ont fortement protesté contre la guerre en Irak mais ils sont très prudents sur l'Iran: Atrios, Josh Marshall et Daily Kos. C'est l'effet Obama: leur lectorat soutient Obama et une position dure pourrait les mettre en porte-à-faux. C'est la guerre comme test du bois dans lequel vous êtes fait. Si Bush était aux commandes, leurs positions seraient sans doute claires mais puisque c'est Obama, ils ne la ramènent pas. Leur solution peu glorieuse: ils en parlent très peu. Ils devraient in fine rejoindre les inflexibles (sauf peut-être Kos qui a fait au moins un post inquiétant qui répétait en l'amplifiant l'argumentaire des trois du G20, s'il finissait dans la dernière catégorie ci-dessous, cela serait vraiment un tremblement de terre).
Les traîtres: ils ont surfé sur le sentiment anti-guerre des américains depuis des années et ils rejoignent sans hésiter les légions des vieux médias incitant à l'hystérie guerrière. Arianna Huffington: elle est arrivée sur l'internet avec des fonds massifs, elle attire le chaland avec des articles aguicheurs sur les ragots salaces d'Hollywood. Son poids est massif et elle retombe lourdement dans le camp pro-guerre. Andrew Sullivan: il a soutenu la guerre en Irak, il a retourné sa veste pour suivre l'ère du temps et s'est presque fait pardonner mais sur l'Iran, il reprend les bonnes habitudes.
Les traîtres sont essentiels au dispositif pro-guerre. C'est en se couchant que le New York Times a rendu la guerre en Irak possible (alors oui, ils ont du faire le 18 mars un édito contre la guerre mais ça ne rachète pas leur couverture pro-guerre les six mois précédents - cf Judith Miller). J'exagère un peu: une opposition argumentée à la guerre ne l'aurait peut-être pas empêchée. Elle aurait en tout cas sauvé la réputation des vieux médias qui a coulé avec les errements de la "gray lady". En soutenant la guerre, ils ont rendu la position anti-guerre moins "mainstream" au sein de la population qui aurait dû être le fer de lance de l'opposition. Trahi par sa base arrière naturelle dans les médias, le camp anti-guerre peut difficilement s'organiser.
Note 1: Attention, j'ai en gros laissé de côté l'essentiel du paysage médiatique qui est pro-guerre par construction, à gauche comme à droite pour ne m'intéresser qu'à la sphère où des questions se posent.
Note 2: Les blogs économiques que je suis ont tous soigneusement évité pour l'instant d'évoquer le sujet.
Sans surprise, Obama couvre les secrets de la FED
Pour ceux qui n'ont pas suivi, voir un post plus détaillé ici.
mercredi 30 septembre 2009
Le NYT nous dit que tout a changé...
* Vous souvenez-vous des doutes sur LHC à Genève? Qom, c'est un peu pareil: quelqu'un va toucher un interrupteur et un trou noir va gober la terre en quelques nanosecondes. Give me a f---- break.
El Blogo tente de répondre à la question que personne ne se pose
Scott Ritter, ancien inspecteur de l'ONU en Irak qui dit depuis le début qu'il n'y avait plus d'armes de destruction massive, explique qu'Obama est "technically and legally wrong" dans sa déclaration sur Qom. La messe n'est pas dite mais j'ai une grande confiance en lui.
Pour ceux qui ont lu le post précédent, il dit que l'Iran s'est conformée au supplementary agreement en décembre 2004 à titre volontaire en attente de la ratification de celui-ci par son parlement. Scott Ritter affirme (contrairement à James Acton) que l'absence de ratification enlevait au supplementary agreement son caractère contraignant. L'Iran aurait donc eu toute lattitude pour renoncer unilatéralement à l'application de cet accord en mars 2007.
Il faut noter que des américains contrent cela en disant que l'Iran a commencé à construire Qom avant mars 2007, alors qu'elle prétendait encore être engagée par l'accord supplémentaire.
Ritter remarque également que l'Iran à l'époque (mars 2007) avaient toutes les raisons du monde de craindre une attaque américaine et donc d'enterrer des infrastructures (Cheney a reconnu depuis qu'il poussait Bush à attaquer mais qu'il n'avait pas eu gain de cause).
Ritter ajoute également que 100% des substances fissiles en Iran sont sous contrôle étroit de l'AEIA et que c'est cela qui est le gage essentiel de sécurité et ce qui empêche en pratique l'Iran de construire une arme nucléaire (et qui fait que la CIA a estimé fin 2007 que l'Iran ne construisait pas d'arme nucléaire - alors qu'elle connaissait le site de Qom).
Il faut quand même se rendre compte que l'Iran a accepté un contrôle permanent est très soutenu de ses sites nucléaires. Envisage-t-il une breakout capability? Un moyen d'obtenir l'arme le plus rapidement possible une fois qu'ils auraient congédié l'AEIA? Bien évidemment. Peuvent-ils construire une arme atomique alors même qu'ils sont contrôlés par l'AEIA, Ritter nous dit que c'est très difficile.
Gareth Porter apporte ici son éclairage sur la question.
* A noter: ces trois dirigeants ne sont pas logés à la même enseigne, Obama ayant été plus low key que Brown et Sarkozy (good cop, bad cop routine?). Sarkozy n'a pas arrangé son cas en utilisant: "pendant que les centrifugeuses tournent" alors que personne ne conteste le droit des iraniens à faire tourner des centrifugeuses. C'est tout ce que nous ne pouvons pas accepter de nos dirigeants: un dossier mal ficelé, présenté "à l'estomac" avec des formules de propagande qui semblent tout droit sorti du playbook de Condoleeza Rice "A smoking gun, that could come in the form of a mushroom cloud". Stop it! It insults our intelligence.
Note 1: El Baradei quitte l'AEIA. Il a rendu les bellicistes fous en raison de son indépendance. Son travail a été extraordinaire à cause de cette indépendance. Cette organisation étant devenue centrale dans les projets guerriers de quelques uns, gageons que l'effort des puissances dominantes pour la mettre au pas doit être maximal. Les propos et les actions de l'organisation sous un nouveau président devront être examinés à l'aune de ces efforts de politisations. Plus que jamais, il faudra faire attention aux voix dissidentes.
Note 2: GE (société mère de MSNBC - vous vous rappelez les missiles lors de l'interview de Greenwald?) vient de rejoindre un groupe "non-profit" appelé "United Against Nuclear Iran" (UANI) qui passe des pubs excitant la population contre l'Iran à la télé (notamment sur MSNBC). GE est un maillon essentiel du Complexe Militaro-Industriel. Like so many others, "They never saw a military intervention they didn't like". C'est toute une partie du pays qui est prête en permanence à prendre les armes pour n'importe quelle cause s'ils se trouvent des abrutis assez fous pour en prendre la responsabilité. Voici ce qu'on voit à la télé dans le "Home of the brave, land of the free":
Bloomberg LP v. Board of Governors of the Federal Reserve System, U.S. District Court, Southern District of New York (Manhattan), No. 08-9595.
Dans la dernière semaine d'août, la FED a en effet obtenu un sursis à exécution (traduction du blogo de "the order was stayed") lui permettant de ne pas révéler les détails du plan et lui laissant jusqu'au 30 septembre pour faire appel (Bloomberg a alors renoncé à obtenir les documents de force car la FED les a persuadé qu'il serait matériellement difficile de les récupérer (WTF?*) ). Il y a eu des éditos dans la presse contre un appel de la FED (dont un dans le WSJ) et pour qu'elle communique les infos. De manière étonnante, il semble que la décision de faire appel ou non relève d'Obama (d'une juriste sous son autorité) et pas de Bernanke. Toujours marrant de le voir lui-même servir la soupe aux banques.
C'est très peu couvert dans la presse donc j'ai reconstitué ça à partir d'informations parcellaires. Don't quote me on this. De toute façon, il devrait y avoir des news détaillées sur le sujet dans la journée.
* Preska also said Bloomberg will not, for now, insist on a search of "official files" at the Federal Reserve Bank of New York, after the central bank's representation that a search would likely be fruitless. (voir ici for the full story)
mardi 29 septembre 2009
Something's got to give
Dans le registre tonneau des Danaïdes, Fannie/Freddie viennent d'obtenir $35 milliards de l'Etat.
Article efficace de "The Nation" pour faire le tour du plan de sauvetage
Bloomberg s'était livré à l'exercice de sommer tous les programmes gouvernementaux jusqu'en mars 2009 et s'était arrêté à $12,8 trillions. Ils ont publié la semaine dernière un nouvel update récapitulatif qui pour la première fois est en baisse à $11,6 trillions car la FED a réduit le périmètre de certains programmes ce qui est présenté comme un succès**. L'idée est que les mesures exceptionnelles ont fait leur office et que tout rentre dans l'ordre. C'est la vision "sugarcoated" de la réalité qu'on essaye de nous vendre et qui ne dit en réalité qu'une chose: on a encore repoussé les difficultés dans l'avenir en les aggravant. C'est comme ça que fonctionne l'économie américaine depuis l'éclatement de la bulle internet. Le raisonnement est qu'une giga-crise dans quelques temps vaut mieux qu'une méga-crise tout de suite. C'est la clef de voûte de tous les ponzi schemes.
* Notons au sujet du secret maintenu sur les banques bénéficiaires d'aides qu'il est absolument crucial. Souvenez-vous de l'effet désastreux (pour les banques) de la publication des sommes payées aux contreparties d'AIG. C'était $180 milliards au global et tout le monde s'en fichait (les corporate media détournaient l'attention vers $165 millions de bonus). Quand le détail a été publié et qu'on a vu que $13 milliards était allé à Goldman Sachs, tout le monde en a parlé. C'est comme les photos de prisonniers torturés qu'Obama n'a pas voulu autoriser en mai. Le secret diminue l'indignation par un facteur 1000 alors qu'on connaît la big picture. C'est pour ça que le secret va être défendu becs et ongles par la FED et les banques: c'est l'assurance vie du plan de sauvetage. El Blogo n'a pas besoin de la feuille Excel faisant le détail banque par banque pour s'indigner! (Ni des photos for that matter...)
**Bloomberg sert ici la soupe à la FED car ils avaient commencé un update mensuel qui augmentait d'un à deux trillions par mois (dernière mention sur le blogo le 5 mars) et puis soudain un arrêt de 4 mois et une reprise quand les choses vont mieux... c'est à se demander si Bloomberg va vraiment aller au bout de sa poursuite de la FED devant les tribunaux en vertu du Freedom of Information Act. Ils avaient déjà semblé avoir un coup de mou fin août. Cette idée que Bloomberg partirait dans une croisade contre la FED et Wall Street ne tient pas debout. Aucune entreprise commerciale ne prend tous ses clients de front "pour la gloire". La prochaine décision du juge sur le sujet est prévu pour demain, le 30 septembre. Comme je l'ai déjà signalé: don't hold your breath...
Voir à la toute fin de cette news bloomberg. Voici le tableau (j'avais linké la version à $12,8 trillions de bloomberg et la version graphique de Barry Ritholtz.):
===========================================================
--- Amounts (Billions)---
Limit Current
===========================================================
Total $11,563.65 $3,025.27
-----------------------------------------------------------
Federal Reserve Total $5,870.65 $1,590.11
Primary Credit Discount $110.74 $28.51
Secondary Credit $1.00 $0.58
Primary dealer and others $147.00 $0.00
ABCP Liquidity $145.89 $0.08
AIG Credit $60.00 $38.81
Commercial Paper program $1,200.00 $42.44
Maiden Lane (Bear Stearns assets) $29.50 $26.19
Maiden Lane II (AIG assets) $22.50 $14.66
Maiden Lane III (AIG assets) $30.00 $20.55
Term Securities Lending $75.00 $0.00
Term Auction Facility $375.00 $196.02
Securities lending overnight $10.42 $9.25
Term Asset-Backed Loans (TALF) $1,000.00 $41.88
Currency Swaps/Other Assets $606.00 $59.12
GSE Debt Purchases $200.00 $129.21
GSE Mortgage-Backed Securities $1,250.00 $693.60
Citigroup Bailout Fed Portion $220.40 $0.00
Bank of America Bailout $87.20 $0.00
Commitment to Buy Treasuries $300.00 $289.22
-----------------------------------------------------------
Treasury Total $2,909.50 $1,075.91
TARP $700.00 $372.43
Tax Break for Banks $29.00 $29.00
Stimulus Package (Bush) $168.00 $168.00
Stimulus II (Obama) $787.00 $303.60
Treasury Exchange Stabilization $50.00 $0.00
Student Loan Purchases $60.00 $0.00
Citigroup Bailout Treasury $5.00 $0.00
Bank of America Bailout Treasury $7.50 $0.00
Support for Fannie/Freddie $400.00 $200.00
Line of Credit for FDIC $500.00 $0.00
Treasury Commitment to TALF $100.00 $0.00
Treasury Commitment to PPIP $100.00 $0.00
Cash for Clunkers $3.00 $2.88
-----------------------------------------------------------
FDIC Total $2,477.50 $356.00
Public-Private Investment (PPIP)$1,000.00 0.00
Temporary Liquidity Guarantees* $1,400.00 $301.00
Guaranteeing GE Debt $65.00 $55.00
Citigroup Bailout, FDIC Share $10.00 $0.00
Bank of America Bailout, FDIC Share $2.50 $0.00
-----------------------------------------------------------
HUD Total $306.00 $3.25
Hope for Homeowners (FHA) $300.00 $3.20
Neighborhood Stabilization (FHA) $6.00 $0.05
-----------------------------------------------------------
* The program has generated $9.3 billion in income,
according to the agency.
NOTE: J'aimerais bien avoir le même genre de récapitulatif pour la France, l'Europe et la BCE. Un lecteur aurait-il croisé un tel document?
lundi 28 septembre 2009
Peter Schiff (version longue)
Funding crisis en octobre pour les US?
Puisqu'on est de toute façon dans l'écriture comptable, on peut se demander pourquoi la FED ne continue pas purement et simplement les rachats. Le problème est que pour ce faire, il faut repasser par la case "congrès" avec toute la publicité que cela implique (nécessité aussi d'augmenter le plafond autorisé de la dette établi autour de $12 trillions pour l'instant). Comme en 2008, on a du mal à imaginer le congrès refusant quoi que ce soit au complexe FED/Wall Street/Gvt. Va-t-on cependant vers une crise capable de faire céder toutes les résistances dans l'urgence et d'obtenir du congrès un blanc-seing plus radical encore? Certains avancent que c'est la stratégie qui a présidé aux évènements de l'année dernière. A suivre donc...
Légère modification du "mission statement" du blogo
Ca a été pour moi l'histoire d'un désenchantement. J'en ai conçu une profonde suspicion envers les mécanismes démocratiques aux Etats-Unis qui n'a cessé de s'aggraver depuis. Une de mes désillusions a été la passivité du peuple américain devant la violence inouïe qui lui était infligée. Les super-héros américains étaient en fait des petits bras apeurés qui "obéissaient aux ordres". Rien de plus.
Les forces en présence et les mécanismes n'ont pas tellement changé depuis. A ceci près que je suis désormais le citoyen d'une nation qui semble être du côté de l'intervention armée. Alors qu'on ne s'y trompe pas, je ne suis pas pour qu'un empire iranien remplace l'empire américain (ce qui nous menace à en croire certains illuminés). Je ne soutiens pas le régime iranien.
En revanche, je soutiens les principes démocratiques en France et je suis prêt à critiquer l'hypocrisie de pays qui s'en réclament et qui ne les appliquent pas (Royaume-Uni, Etats-Unis d'Amérique). J'ai déjà épinglé Sarkozy cet été pour avoir répété un élément de propagande inventé au sujet de l'Afghanistan pour justifier la présence militaire française. C'est inexcusable. J'ai été assez critique des américains qui passaient ce genre de choses à Bush pour être dans l'impossibilité de rester silencieux si le même script est rejoué dans mon pays.
Je ne sais pas ce que nous réserve l'avenir mais je peux vous promettre une chose: si on essaye de nous entraîner dans la guerre en nous mentant, El Blogo vous dira qui, quand, comment et pourquoi. C'est un service public. J'espère aussi que ce sera un antidote à la transe guerrière dont nombre d'abrutis dans les vieux médias ne manqueront pas d'être saisis dès que des bruits de bottes et surtout de bombes se feront entendre.
Puisque ce n'est pas le sujet central du blogo dans sa forme actuelle, je vais néanmoins essayer d'être concis. Qu'on ne s'y trompe pas, je ne cherche pas à peser le pour et le contre d'une intervention contre l'Iran. Ma seule préoccupation est de déterminer sur quels points nous sommes manipulés par nos gouvernements lorsqu'ils communiquent sur l'Iran.
Quelques éléments sur le site de Qom:
- La nouvelle n'est pas que les occidentaux ont trouvé un nouveau site nucléaire iranien vendredi mais bien que l'Iran a déclaré la construction d'un nouveau site lundi dernier. Ils ont ajouté qu'il était ouvert à une inspection par l'AEIA (ce qui rend les admonestations occidentales à ouvrir le site aux inspections semblables au posturing de Bush du temps de l'Irak avec l'absurde "Saddam must disarm!" répété en boucle).
- J'ai lu à plusieurs reprises que les iraniens avaient fait ça car ils avaient eu vent de l'intention des occidentaux de les confronter sur la question. Ca semble plausible. Un peu trop d'ailleurs car comme souvent quand c'est le cas, les journalistes semblent s'en remettre au "bon sens" des lecteurs et ne citent aucune source sûre quand ils avancent cela. Tous les articles que j'ai lus répétaient cette supposition sans jamais l'expliquer plus en détail. Les vieux médias peuvent-ils encore faire la différence entre ce qu'on sait et ce qu'on suppose? C'est pourtant crucial. Si les iraniens ont fait cette révélation mécaniquement en raison de l'interprétation qu'ils ont de leurs obligations devant la loi internationale (déclaration 6 mois avant l'introduction de matériel fissible), leur bonne foi est une éventualité. S'ils ont fait cette déclaration car ils se savaient découverts, leur "malice" est prouvée. Pourquoi défendre la deuxième hypothèse sans la justifier?
- Les américains connaissent ce site depuis "plusieurs années". Pourquoi cette indignation de circonstance à ce moment là? Très probablement pour capitaliser en catastrophe sur une bombe médiatique que les iraniens viennent de désamorcer. Parallèlement, si les américains sont au courant au sujet de ce site depuis longtemps, cela veut dire que cette installation était quasiment immédiatement détectable pour eux. Les iraniens pouvaient-ils ignorer qu'ils seraient détectés?
- Ce site est en construction, j'ai lu des articles où on disait que des centrifugeuses tournaient. Toute l'hystérie (en tout cas aux Etats-Unis) laisse croire que ça y est, les iraniens vont avoir la bombe. WTF? Ce site ne fonctionne pas.
- L'Iran est-elle en infraction? CA N'EST PAS CERTAIN (samedi). Et s'il s'avérait que non, cela démontrerait les intentions malignes non pas de l'Iran mais d'Obama-Sarkozy-Brown. L'Iran doit par traité annoncer toute construction de site de ce type six mois avant l'introduction de substances fissiles* dans l'installation. Un "supplementary agreement" oblige depuis 2003 l'Iran à dévoiler les nouveaux sites dès leurs mises en chantier. L'Iran dit que ce supplementary agreement n'a pas été ratifié. Les américains disent que la ratification n'est pas nécessaire et que l'échange de lettres qui a eu lieu à l'époque l'a rendu contraignant. L'Iran a déclaré unilatéralement en 2007 qu'il n'était pas contraignant (ce qui n'a pas de valeur juridique). C'est un point crucial qui va être tranché dans les jours qui viennent (voir ici James Acton a depuis déclaré l'action iranienne illégale alors qu'il n'en était pas encore certain dans le lien).
Note 1: J'ai écrit ce post samedi et je n'ai honnêtement pas regardé ce qui s'était passé dimanche avant de le publier. Je suis donc prêt à corriger tout ou parti de ce qui est écrit là dans des posts futurs. Je ne veux absolument pas être dogmatique et mon opinion sur la question ne sera jamais que celle exprimée dans mon dernier post et ouverte, comme il se doit en cette matière comme dans d'autres, à des modifications pour la conformer à ce que j'estime coller au plus près à la réalité.
Note 2: Je pense que des lecteurs pourront me taxer de naïveté quand je dis que la "malice" des iraniens n'est pas encore établie. Je noterais que très peu de gens pensaient que Saddam n'avait absolument aucune arme de destruction massive (j'avais pour ma part compris que les américains racontaient n'importe quoi mais je pensais comme tout le monde que l'Irak devait bien avoir un pot de gaz moutarde quelque part) et je suggèrerais donc que tout le monde garde l'esprit ouvert sur cette question. Je ne sous-estime cependant pas l'intérêt que peut avoir l'Iran à fabriquer une bombe nucléaire. Même s'ils n'ont pas de bombe à l'heure actuelle, nous sommes déjà entrés dans un rapport de dissuasion avec eux. Il s'agit de faire en sorte que le rapport coût/avantage de construire une bombe les dissuade de s'en rapprocher. En imposant des sanctions, on augmente le coût de la bombe pour eux. En menaçant de les "bomb back into the stone age" on augmente l'avantage de la bombe (elle les protègerait d'une telle intervention). L'intérêt pour eux est de préserver une "break-out capability", capacité de construire la bombe après avoir chassé l'AIEA. La bombe iranienne a donc déjà une capacité dissuasive même au stade de la virtualité. Inutile de faire semblant de croire à une Iran innocente comme l'enfant qui vient de naître. Ca n'existe plus depuis bien avant les mollahs puique le Shah déjà avait un programme nucléaire. Le "metric" que nous devons avoir à l'esprit est "en combien de temps" peuvent-ils avoir la bombe s'ils sortaient un jour du régime d'inspection? A noter que des occidentaux répètent depuis 20 ans que les iraniens auront la bombe dans 5 ans (voir cet excellent article sur la question qui fait état de ce point précis).
Une autre remarque utile sur l'éventuelle absence de malice iranienne dans la construction du site de Qom: peut-on leur reprocher de mettre certains éléments de leur programme nucléaire civil à l'abri dans un contexte où il ne se passe pas une journée sans que des excités ne les menacent de raser leurs installations? En mettant une partie de leurs installations à l'abri, ils protègent aussi le reste de leurs sites: en effet, quel intérêt d'attaquer si on sait que des éléments clés de leur programme ne pourront être détruits? Je ne crois pas vraiment à cet argument car parmi les gens qui proposent de bombarder l'Iran aux Etats-Unis, beaucoup ne veulent pas se contenter des sites nucléaires (et gageons que ce sont ceux qui seront entendus si l'attaque venait à se matérialiser car cela signifierait que leur camp, le plus radical, l'aurait emporté). Ils veulent causer des dommages majeurs aux infrastructures du pays. Comme pour l'Irak, l'objectif est la soumission. Le motif invoqué sera: "pour empêcher les représailles". L'expression est: "bomb them back into the stone age".
Note 3: Si tant est que ces images soient celles du site en question, les iraniens pouvaient-ils croire que ça allait passer inapperçu? Je ne suis pas spécialiste et je le vois comme le nez au milieu de la figure... via (armscontrolwonk)
GoogleEarth image, taken on 25 March 2005, Image of potential site of second Iranian enrichment center near Qom, blinked with ISIS image of the same site taken on 26 September 2009.
Note 4: Greenwald, toujours lumineux sur la question.* Le saviez-vous? J'utilise "fissile" et "fissible" dans ce post. J'ai vérifié et les deux sont interchangeables.
dimanche 27 septembre 2009
Post-It (1)
Calculated risk touche du doigt la complicité active de la FED dans la généralisation des poor lending standards durant les années 2000. Criminelle. Pourquoi? On nous dit: "parce que les autorités de l'époque (Greenspan) ne croyaient pas à la régulation". Autant répondre: "Parce que.".
Deux références qui m'ont plu:
“Instruct regulators to look for the newest fad in the industry and examine it with great care. The next mistake will be a new way to make a loan that will not be repaid.”
William Seidman, "Full Faith and Credit", 1993.
De "Naked Capitalism": But remember that Hayek won the Nobel prize in 1974 partly for arguing that artificially low interest rates lead to the misallocation of capital and to bubbles, which in turn lead to busts.
