Un journaliste de Slate pose la question "Is the European Credit Crisis our Fault?".
Short answer: Yes.
Long answer: Yes, moron.
Longer answer:
L'auteur, Christopher Beam, répond en fait à la question: "Not really - They were dumb enough to buy the mortgages". Il n'empêche que dans la chaîne causale, l'existence de ces mortgage pourris (qui relève de la responsabilité de l'environnement règlementaire US) est clairement en amont de la décision d'investissement des européens. Donc c'est un clear-cut case : Yes, you stupid dumbass.
Bon ceci dit, il a raison sur un point: si les européens avaient été assez smart pour comprendre que les Etats-Unis partaient dans le décor depuis le 11 septembre, ils ne se seraient sans doute pas gavés de ces mortgages. Il n'y aucune gloire dans le fait de se faire arnaquer de cette manière.
Mais, fear not, Christopher, maintenant on a bien compris (et les asiatiques aussi) que vous étiez une bande d'escrocs et on va réfléchir à deux fois avant de te prêter l'argent pour que tu t'achètes ta flat screen TV pour Noël. On va même peut-être te demander de rembourser l'emprunt de tes trois voitures au lieu de t'étendre ta ligne de crédit à l'infini. Merci de nous ouvrir les yeux. Tu n'y couperas pas.
lundi 13 octobre 2008
dimanche 12 octobre 2008
Paulson: le plan B
D'après cet article du NYT, il semble que le plan Paulson soit en train de changer de nature. Il ne s'agit plus d'acheter les obligations pourries mais de prendre des prises de participation dans les banques.
Je trouve ça plutôt mieux mais ce qui est hallucinant, c'est la latitude totale qu'a Paulson. Son plan, passé dans la précipitation et sous la menace, n'en est pas un: c'est un gigantesque chèque en blanc. Le montant est connu ($700bln) mais les bénéficiaires sont à la totale discrétion d'une administration finissante dont la légitimité politique est des plus ténues. Ce sera la dernière insulte des bushies à la constitution américaine (insulte soutenue par Obama - on est pas rendu).
Le fait que l'homme aux manettes pour gérer cette crise soit un ancien dirigeant de Goldman Sachs (1998-2006) est à peu près tout ce qu'on a besoin de savoir sur la santé du système politique américain. En tant que CEO d'un broker dealer pendant 8 ans, Paulson n'a cessé d'influencer le cadre réglementaire dans un sens qui a rendu cette crise possible. Et maintenant que le système a finalement cédé sous ses assauts répétés, c'est lui (et ses jeunes "yes men" de 35 ans) qu'on va chercher pour remettre de l'ordre?
Il est temps de réviser ses classiques:
"Hamlet." Act I, Scene 4: Marcellus (an officer) says "Something is rotten in the state of Denmark," having just seen the ghost of Hamlet's father, the late king of Denmark.
Je trouve ça plutôt mieux mais ce qui est hallucinant, c'est la latitude totale qu'a Paulson. Son plan, passé dans la précipitation et sous la menace, n'en est pas un: c'est un gigantesque chèque en blanc. Le montant est connu ($700bln) mais les bénéficiaires sont à la totale discrétion d'une administration finissante dont la légitimité politique est des plus ténues. Ce sera la dernière insulte des bushies à la constitution américaine (insulte soutenue par Obama - on est pas rendu).
Le fait que l'homme aux manettes pour gérer cette crise soit un ancien dirigeant de Goldman Sachs (1998-2006) est à peu près tout ce qu'on a besoin de savoir sur la santé du système politique américain. En tant que CEO d'un broker dealer pendant 8 ans, Paulson n'a cessé d'influencer le cadre réglementaire dans un sens qui a rendu cette crise possible. Et maintenant que le système a finalement cédé sous ses assauts répétés, c'est lui (et ses jeunes "yes men" de 35 ans) qu'on va chercher pour remettre de l'ordre?
Il est temps de réviser ses classiques:
"Hamlet." Act I, Scene 4: Marcellus (an officer) says "Something is rotten in the state of Denmark," having just seen the ghost of Hamlet's father, the late king of Denmark.
El Blogo goes Global
Enters "El Globo Blogo". C'est comme El Blogo mais en anglais (more or less...). Lecteurs de "The Economist", passez votre chemin.
Une porte de sortie pour McCain?
McCain semble en situation de perdre non seulement l'élection mais également sa réputation à Washington. Sa seule réponse à la crise a été de multiplier les attaques contre Obama (100% des publicités de Mc Cain sont négatives, seulement 33% des pubs d'Obama). Il y a moins d'un an, sa femme et lui promettaient qu'ils ne recourraient jamais à des attaques négatives, que ces pratiques étaient pour ceux qui n'avaient rien à dire sur le fond et étaient bien trop basses pour le maverick... Il a aussi cyniquement choisi Palin comme running mate alors que les américains sont fatigués d'avoir des porte-manteaux aux responsabilités. Enfin, il a tellement chauffé à blanc ses partisans que ses meetings ont une ambiance nauséabonde.
Au moment où les deux candidats ont décidé de ne rien dire de substantiel sur la crise car il n'y a que des coups à prendre, McCain devrait sauter sur l'occasion: perdu pour perdu, il devrait dire la vérité aux Américains, dans le genre "la crise est grave, il faut augmenter les impôts, je vous promets du sang, des larmes et la victoire etc...". Ca ne l'empêcherait pas de perdre (sans doute très largement car les républicains veulent encore moins aller en rehab que les américains en général), mais au moins il ne serait pas humilié et pourrait dire qu'il a perdu en tenant un discours de vérité face à un adversaire démagogue. Ca lui permettrait de maquiller sa défaite en quelque chose de vaguement honorable. Il est sûr en plus d'être "vindicated" par l'histoire.
Au moment où les deux candidats ont décidé de ne rien dire de substantiel sur la crise car il n'y a que des coups à prendre, McCain devrait sauter sur l'occasion: perdu pour perdu, il devrait dire la vérité aux Américains, dans le genre "la crise est grave, il faut augmenter les impôts, je vous promets du sang, des larmes et la victoire etc...". Ca ne l'empêcherait pas de perdre (sans doute très largement car les républicains veulent encore moins aller en rehab que les américains en général), mais au moins il ne serait pas humilié et pourrait dire qu'il a perdu en tenant un discours de vérité face à un adversaire démagogue. Ca lui permettrait de maquiller sa défaite en quelque chose de vaguement honorable. Il est sûr en plus d'être "vindicated" par l'histoire.
McCain pompier pyromane
McCain se voit reprocher de plus en plus la violence verbale de ses supporters contre Obama lors des meetings. Il est vrai que depuis quelques jours, les meetings de McCain était en train de se transformer en réunion du KKK (Palin qui l'associe au terrorisme, les chauffeurs de salle qui l'appelle Barack HUSSEIN Obama, des gens dans l'assistance qui hurle "traître" ou "kill him" quand il est cité dans les discours...). Même des responsables républicains se seraient plaints auprès de McCain de la tournure des évènements. Alors il a décidé d'éteindre l'incendie. Vous pouvez voir dans la vidéo plus bas plusieurs tentatives de sa part pour calmer les ardeurs de ses suporters.
Le problème, c'est que quand une femme lui dit dans un town hall meeting "I can't trust Obama, I have read about him and he's not, he's not, he is an Arab." il répond de manière pathétique: "No Mam, no Mam, he's a decent family man, citizen, that I just happen to have disagreements with". C'est choquant pour des européens mais en réalité, l'opposition "Arab/Decent family man" est assez symptomatique de l'Amérique de George Bush. Peu de gens y froncent encore les sourcils pour ce genre d'amalgame.
Le problème, c'est que quand une femme lui dit dans un town hall meeting "I can't trust Obama, I have read about him and he's not, he's not, he is an Arab." il répond de manière pathétique: "No Mam, no Mam, he's a decent family man, citizen, that I just happen to have disagreements with". C'est choquant pour des européens mais en réalité, l'opposition "Arab/Decent family man" est assez symptomatique de l'Amérique de George Bush. Peu de gens y froncent encore les sourcils pour ce genre d'amalgame.
Soros chez Bill Moyers
George Soros a donné une interview à Bill Moyers sur la crise (40 min, pour ceux que ça intéresse). Sa dernière phrase (en gras) résume assez bien mon expérience américaine:
GEORGE SOROS:That's my ideology. As a child, I experienced Fascism, the Nazi occupation and then Communism, two false ideologies. And I learned that both of those ideologies are false. And now I was shocked when I found that even in a democracy people can be misled to the extent that we've been misled in the last few years.
Je pense qu'il faut regarder le problème à l'envers: quand "les gens peuvent être manipulés au point où ils l'ont été aux Etats-Unis ces dernières années", on ne peut plus vraiment parler de démocratie. Pour ceux qui auraient besoin d'un début de démonstration vous pouvez aller regarder ce documentaire du même Bill Moyers sur la collusion entre les médias US et l'administration Bush avant la guerre en Irak.vendredi 10 octobre 2008
Sarkozy reproche à Merkel de faire cavalier seul? WTF?
Là, il y a un problème: Sarkozy ne peut aller dans cette direction. Ca n'est juste pas une option. Quelle que soit la mauvaise volonté allemande et la frustration de Sarkozy, ces problèmes doivent se régler en coulisse. Qui plus est Sarkozy peut-être soupçonné de suivisme américain avec la proposition du plan de 300 milliards (si c'était pas un "me-too product" dans le sillage du grand-frère yankee, je me demande bien ce que c'était) et son ministre des finances à l'anglais "im-pec-ca-ble" (elle ne doit lire QUE "The Economist"). Il ne faudrait pas qu'à l'occasion de cette crise, Sarko nous annonce qu'on fait partie de la new Europe et qu'on va brown noser les américains. Maintenant c'est l'europe continentale à la vie, à la mort.
Il fragilise l'Euro avec ce genre de déclaration. Faut vite lui faire faire une session d'anger management. Il faudrait lui donner une poupée Greenspan en caoutchouc pour qu'il passe ses nerfs à bon escient.
S'il continue sur ce chemin, l'histoire sera impitoyable avec lui (et avec nous).
Il fragilise l'Euro avec ce genre de déclaration. Faut vite lui faire faire une session d'anger management. Il faudrait lui donner une poupée Greenspan en caoutchouc pour qu'il passe ses nerfs à bon escient.
S'il continue sur ce chemin, l'histoire sera impitoyable avec lui (et avec nous).
L'or est plus haut que le SPX
Je crois que quand cette crise sera finie, on aura littéralement tout vu.
jeudi 9 octobre 2008
Nationalisons!
A ce stade de la crise, il paraît clair que les Etats vont prendre les paumes pour la bonne et simple raison que ce sont les seules entités qui en soient capables. Une fois que cela est accepté par tous, il n'y a qu'une solution possible pour les Etats: prendre le contrôle de tous les établissements financiers qui ne sont pas capables de faire face à leurs obligations (ça risque d'être tous car le seul marché des CDS suffit à lier tous les intervenants de marché sur un modèle de dominos). L'idée du plan Paulson qui revient à mettre en place un scheme pour que l'Etat prenne effectivement les paumes mais que les mêmes restent à la manoeuvre dans le secteur financier est tout simplement inacceptable.
L'Etat doit donc investir les établissements financiers, virer l'upper management et demander aux nouveaux responsables issus du rang de se conformer aux nouvelles régulations. Vous verrez que dans la situation de crise qui nous attend, les nouveaux dirigeants seront bien contents de travailler pour un salaire de haut fonctionnaire. Pour ce qui est des régulations, je pense que les innovations financières qui ont péché dans cette crise doivent être interdites (les plus nocives sont mortes d'elle-mêmes mais l'interdiction enfonce le clou). Pour les innovations qui n'ont pas contribué à la crise, elles doivent être passées en revue. Le modèle économique des agences de notations doit être rendu illégal.
Tout prêteur doit voir son revenu lié au futur remboursement (ou non) du principal de la dette. S'il n'y a pas alignement d'intérêts entre celui qui accorde le prêt et celui qui apporte l'argent, ça n'est pas de la finance, c'est du vent (ça me fait penser qu'il y a comme un goût de Bertrand Cantat dans la finance aujourd'hui).
J'ai vu un reportage sur l'île Longue dans le Finistère où sont maintenus les sous-marins nucléaires français. Il y avait un panneau dans les hangars sur lequel était écrit: "Tout ce qui n'est pas expressément autorisé est interdit". Je pense que cela devrait être la règle appliquée pendant la convalescence de l'industrie bancaire.
Et quand la convalescence sera finie, je propose que tout individu tenant un discours du type: "Les innovations financières permettent la croissance, elles sont un signe de développement. D'ailleurs, les marchés financiers permettent une allocation plus efficace du capital et ils sont créateurs de richesses. Et puis les banquiers sont sympas et j'adore The Economist!" soit exécuté sur le champ. Sans sommation.
update: Il y a une rumeur selon laquelle le crash actuel est lié au solde ce vendredi de $400 milliards de CDS Lehman... Cela montrerait que les CDS ont transformé les banques en un seul bloc monolithique dont les éléments sont devenus interdépendants.
L'Etat doit donc investir les établissements financiers, virer l'upper management et demander aux nouveaux responsables issus du rang de se conformer aux nouvelles régulations. Vous verrez que dans la situation de crise qui nous attend, les nouveaux dirigeants seront bien contents de travailler pour un salaire de haut fonctionnaire. Pour ce qui est des régulations, je pense que les innovations financières qui ont péché dans cette crise doivent être interdites (les plus nocives sont mortes d'elle-mêmes mais l'interdiction enfonce le clou). Pour les innovations qui n'ont pas contribué à la crise, elles doivent être passées en revue. Le modèle économique des agences de notations doit être rendu illégal.
Tout prêteur doit voir son revenu lié au futur remboursement (ou non) du principal de la dette. S'il n'y a pas alignement d'intérêts entre celui qui accorde le prêt et celui qui apporte l'argent, ça n'est pas de la finance, c'est du vent (ça me fait penser qu'il y a comme un goût de Bertrand Cantat dans la finance aujourd'hui).
J'ai vu un reportage sur l'île Longue dans le Finistère où sont maintenus les sous-marins nucléaires français. Il y avait un panneau dans les hangars sur lequel était écrit: "Tout ce qui n'est pas expressément autorisé est interdit". Je pense que cela devrait être la règle appliquée pendant la convalescence de l'industrie bancaire.
Et quand la convalescence sera finie, je propose que tout individu tenant un discours du type: "Les innovations financières permettent la croissance, elles sont un signe de développement. D'ailleurs, les marchés financiers permettent une allocation plus efficace du capital et ils sont créateurs de richesses. Et puis les banquiers sont sympas et j'adore The Economist!" soit exécuté sur le champ. Sans sommation.
update: Il y a une rumeur selon laquelle le crash actuel est lié au solde ce vendredi de $400 milliards de CDS Lehman... Cela montrerait que les CDS ont transformé les banques en un seul bloc monolithique dont les éléments sont devenus interdépendants.
-5% en deux heures pour le S&P 500 et le DJI
Après avoir vivoté toute la journée, les deux principaux indices US crashent de 5% dans les deux dernières heures. La raison semble être que S&P a mis GM et GMAC en watch neg. La belle affaire! Au moment où tout le monde sait que c'est les Etats-Unis qui devraient être downgradés de 3 notches, ça ne semble pas une énorme news...
Le moment est venu de poser la question: "Et vous? Quel est votre plan B après la finance?".
Ou alors on peut tenter le batman signal. Ou mieux encore, on peut appeler le Wolf (voir vidéo plus bas). J'aimerais bien voir la réaction du Wolf quand Paulson lui dira: "A please would be nice".
Le moment est venu de poser la question: "Et vous? Quel est votre plan B après la finance?".
Ou alors on peut tenter le batman signal. Ou mieux encore, on peut appeler le Wolf (voir vidéo plus bas). J'aimerais bien voir la réaction du Wolf quand Paulson lui dira: "A please would be nice".
La BCE doit-elle baisser les taux?
La baisse des taux est inflationniste. L'européen épargne alors que l'américain est endetté. L'inflation nuit aux épargnants et bénéficie aux emprunteurs. Dès lors, la BCE défend ses "constituents" en défendant la monnaie et la FED a raison de sacrifier le dollar ce qui revient à un défaut "light" des emprunteurs en $US (en laissant de côté le fait que c'est précisément cette politique de taux ridiculement bas qui nous a emmené là où nous en sommes).
L'Europe ne doit pas se laisser entraîner dans la voie de l'inflation. Et pour tous ceux qui pensent que le risque est la déflation et pas l'inflation, je leur suggère d'arrêter de lire "The Economist". L'inflation est la porte de sortie la moins douloureuse pour les américains, c'est celle qu'ils vont choisir (et qu'ils ont déjà choisi en réalité). D'ailleurs, si la création monétaire n'est pas au programme aux US, pourquoi la FED aurait-elle fait ça ?
L'Europe ne doit pas se laisser entraîner dans la voie de l'inflation. Et pour tous ceux qui pensent que le risque est la déflation et pas l'inflation, je leur suggère d'arrêter de lire "The Economist". L'inflation est la porte de sortie la moins douloureuse pour les américains, c'est celle qu'ils vont choisir (et qu'ils ont déjà choisi en réalité). D'ailleurs, si la création monétaire n'est pas au programme aux US, pourquoi la FED aurait-elle fait ça ?
Envoyons les américains en "rehab"
Paulson veut renflouer des banques. Il est fort à parier que comme pour le bailout (et la guerre by the way), c'est la dette qui financera cet effort. Pourtant, la raison profonde de la crise est présisément le surendettement d'un certain nombre d'acteurs économiques américains.
Les Etats-Unis se retrouvent donc dans la situation de l'addict qui voit dans la drogue (la dette) son salut alors qu'elle représente sa perte. Les américains, clairement, ne veulent pas aller en "rehab" mais comme l'a montré cette jeune personne à différentes reprises, on ne choisit pas toujours.
Pour ma part, je pense qu'il est de la responsabilité des investisseurs internationaux d'envoyer les américains en rehab le plus vite possible et d'en faire des acteurs économiques et politiques normaux. C'est une des différences entre la ligne éditoriale du blogo et celle de "The Economist". Le leadership américain a perdu sa légitimité politique et morale en recourant à une guerre d'agression à un moment où il semblait possible d'éradiquer cette pratique (en cela ils ont déstabilisés notre environnement géopolique pour des décennies à venir). Le leadership américain a perdu sa légitimité économique en plongeant le monde dans la crise par une politique économique irresponsable rendue possible par la corruption totale de leur système politique.
S'ils arrivent à sortir de cette crise sans perdre leur statut d'"hyperpuissance", chapeau bas. J'espère pour ma part que nous allons les renvoyer en rehab (where they belong) ASAP.
Le meilleur espoir des américains à ce stade, c'est que les autres acteurs de l'économie mondiale soient incapables de briser leurs chaînes et de concevoir une nouvelle organisation économique mondiale. C'est le leadership par défaut: il n'est pas basé sur des données objectives mais seulement sur l'incapacité à penser ou à concevoir une organisation alternative de la part des autres acteurs.
La responsabilité des leaders asiatiques, africains, moyen-orientaux, européens et sud-américains est aujourd'hui de penser des institutions internationales qui cantonnent les Etats-Unis à un rôle de membre et plus à un rôle de leader. Il faut que les cinq autres continents se mettent d'accord et gèrent les Etats-Unis comme la Grande-Bretagne a été gérée dans l'Union Européenne: "si vous voulez en être vous êtes les bienvenus mais si vous traînez les pieds, les choses se feront sans vous".
La domination américaine n'existe plus que dans nos têtes. Faisons en sorte que nos têtes ne soient pas, pour elle, un refuge confortable.
Les Etats-Unis se retrouvent donc dans la situation de l'addict qui voit dans la drogue (la dette) son salut alors qu'elle représente sa perte. Les américains, clairement, ne veulent pas aller en "rehab" mais comme l'a montré cette jeune personne à différentes reprises, on ne choisit pas toujours.
Pour ma part, je pense qu'il est de la responsabilité des investisseurs internationaux d'envoyer les américains en rehab le plus vite possible et d'en faire des acteurs économiques et politiques normaux. C'est une des différences entre la ligne éditoriale du blogo et celle de "The Economist". Le leadership américain a perdu sa légitimité politique et morale en recourant à une guerre d'agression à un moment où il semblait possible d'éradiquer cette pratique (en cela ils ont déstabilisés notre environnement géopolique pour des décennies à venir). Le leadership américain a perdu sa légitimité économique en plongeant le monde dans la crise par une politique économique irresponsable rendue possible par la corruption totale de leur système politique.
S'ils arrivent à sortir de cette crise sans perdre leur statut d'"hyperpuissance", chapeau bas. J'espère pour ma part que nous allons les renvoyer en rehab (where they belong) ASAP.
Le meilleur espoir des américains à ce stade, c'est que les autres acteurs de l'économie mondiale soient incapables de briser leurs chaînes et de concevoir une nouvelle organisation économique mondiale. C'est le leadership par défaut: il n'est pas basé sur des données objectives mais seulement sur l'incapacité à penser ou à concevoir une organisation alternative de la part des autres acteurs.
La responsabilité des leaders asiatiques, africains, moyen-orientaux, européens et sud-américains est aujourd'hui de penser des institutions internationales qui cantonnent les Etats-Unis à un rôle de membre et plus à un rôle de leader. Il faut que les cinq autres continents se mettent d'accord et gèrent les Etats-Unis comme la Grande-Bretagne a été gérée dans l'Union Européenne: "si vous voulez en être vous êtes les bienvenus mais si vous traînez les pieds, les choses se feront sans vous".
La domination américaine n'existe plus que dans nos têtes. Faisons en sorte que nos têtes ne soient pas, pour elle, un refuge confortable.
McCain fatigue
"My fellow prisoners" au lieu de "my fellow citizen"? Weird. Vous noterez qu'il ne sait visiblement pas faire les noeuds de cravate.
mercredi 8 octobre 2008
Capitulation?
Après la dernière chorégraphie des banques centrales, il semble que plus rien ne peut provoquer ces rallies de 3%+ qui ont été la règle à chaque intervention de la FED depuis la première baisse des taux en septembre 2007.
Les banquiers centraux ont appuyé sur le buzzer "+3%+" tellement de fois qu'il n'a plus aucune efficacité. Nous sommes passés de l'autre côté du mirroir.
Les banquiers centraux ont appuyé sur le buzzer "+3%+" tellement de fois qu'il n'a plus aucune efficacité. Nous sommes passés de l'autre côté du mirroir.
Ouch! Le nikkei est au plus mal
-9.4%.
Aussi futures S&P -2.11%. Après -5.74% hier. Unchartered territories...
Aussi futures S&P -2.11%. Après -5.74% hier. Unchartered territories...
Debate Obama/McCain
Tom Brokaw (le modérateur) est ostensiblement pour McCain. Solidarité de génération sans doute. Le débat est assez ennuyeux. Pour l'instant pas de moments très saillants. Reste 25mn.
Le débat est fini. RAS. Donc défaite pour McCain. Il était possible que, perdu pour perdu, McCain essaye d'être agressif et de changer la donne. Il ne l'a pas fait.
Le débat est fini. RAS. Donc défaite pour McCain. Il était possible que, perdu pour perdu, McCain essaye d'être agressif et de changer la donne. Il ne l'a pas fait.
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