Dans le sillage d'un blogueur américain, Atrios, qui met tous les vendredi des photos de ses chats sur son blog (ça s'appelle Friday Cat Blogging), j'ai décidé de faire la même chose avec des photos d'avions. Vous pouvez cliquer dessus pour agrandir.
Alors là, c'est la pochette surprise... Le modèle économique du hedge fund pose en effet un problème d'"agence" considérable: le gestionnaire du fonds est delui qui évalue les actifs du fonds mais simultanément, il est rémunéré si les actifs du fonds ont de bonnes performances. Pas besoin d'être allé en business school pour comprendre qu'il y a un problème.
En gros les probas pour que la valeur liquidative d'un fonds soit une bonne surprise (supérieure à 100% de la valeur-estimée-par-les-gens-qui-ont-intérêt-à-ce-qu'elle-soit-haute) sont infimes. Elle est presque fatalement inférieure à cause du phénomène ci-dessus. Inférieure de quelques pourcents si le fonds est sain et que le marché sur lequel il investit est liquide (et qu'il ne représente pas 30% du marché)? Inférieure de dizaines de pourcents si les actifs sont illiquides? C'est la pochette surprise.
Le seul moment de vérité est le moment où les investisseurs retirent leur argent (nous en sommes là). Cet évènement n'intervient par définition que dans un moment de crise de confiance avec comme corollaire des actifs moins liquides etc...
Ce mouvement semble avoir commencé. Que va-t-il se passer si, comme il est probable, les investisseurs qui retirent l'argent des hedge funds constatent que leurs actifs liquidés sont encore bien inférieurs à ce qu'ils avaient envisagé et que ce problème d'agence est immense? Cela va entraîner un phénomène boule de neige et pousser les investisseurs qui ne l'ont pas encore fait à se retirer également. Cette crise pourrait ainsi marquer la fin de cette industrie et entraîner une baisse générale de toute les classes d'actifs en raison de la liquidation de nombreux fonds.
Cela correspond à un problème structurel des hedge funds qui est identifiable sans y avoir jamais mis les pieds - cette analyse ne correspond en aucune manière à une expérience vécue (sérieusement).
Je me dis depuis longtemps que pour expulser tous les gens qui devraient l'être aux Etats-Unis au terme de leur mortgage, il faudrait lever une petite armée spécialement dédiée (c'est un constat, pas quelque chose que je propose). Une des choses qui n'étaient pas chères pour les "serviceurs" de mortgage pendant le boom était l'éviction des mauvais payeurs: il y en avait extrêmement peu. En effet, la plupart des gens en difficulté se refinançaient dans un mortgage plus défavorable à long terme mais payable à court terme (ils en tiraient même souvent du cash). Qui plus est, si éviction il y avait, la maison était revendue rapidement à bon prix et cela finançait le processus d'éviction.
Désormais tout a changé: il y a énormément d'expulsions "à faire" mais celles-ci ne rapportent rien car la maison ne peut pas être vendue. Puisqu'elles ne rapportent plus rien, toutes ces fonction de "servicing" de mortgage sont forcément sous-staffées.
Cela crée une nouvelle dimension au problème: si votre voisin ne paye pas son mortgage et n'est pas expulsé parce qu'il n'y a pas de ressources allouées à son éviction, pourquoi paieriez-vous le vôtre? Le chaos étant total, on peut supposer que même des gens qui peuvent payer leur mortgage ne le font pas car ils savent qu'il n'y aura pas de répercussion à court et même à moyen terme.
Je me range évidemment du côté des particuliers dans cette affaire. Je sais bien que des méthodes de marketing frauduleuses ont été utilisées pour gaver les américains de ces mortgage toxiques et que c'est la base du problème. Je souligne juste le fait qu'"enforcer" tous ces contrats pourris est aujourd'hui devenu matériellement impossible. Si on ajoute à ça qu'une maison vide tombe en ruine assez rapidement, on se rend bien compte que quand l'Etat US aura ajouté ces mortgages à son bilan, il n'aura d'autre choix que de négocier avec les particuliers des conditions qui leur permettent de rester chez eux. Recréer un incentive au paiment ne sera pas le moindre de ses problèmes car il faut pour cela une menace potente (like it or not).
Voilà, l'origine (un peu lointaine) de ces réflexions est cet article qui explique que le sheriff d'un county de l'Illinois refuse désormais de procéder à des évictions car il les trouve injustes. More power to him.
Chicago's Cook County won't evict in foreclosures
By DON BABWIN – 1 day ago
CHICAGO (AP) — The sheriff here said Wednesday that he's ordering his deputies to stop evicting people from foreclosed properties because many people his office has helped throw out on the street are renters who did nothing wrong.
"We will no longer be a party to something that's so unjust," a visibly angry Cook County Sheriff Tom Dart said at a news conference.
Nicholas Taleb est en colère et ça n'est pas à cause de ses performances (plus de +45% year to year). Il faut bien dire que la fureur a monté depuis des années avec l'objectivité qui se réfugiait dans à peine 1% des articles et des commentaires de la presse financière et du monde académique... (via "The Big Picture")
Il faut aussi prendre en compte le fait que si la plupart de s financiers ont intérêt à rassurer dans leur discours, sa stratégie d'investissements fait que Taleb a lui intérêt à inquiéter. Je le pense cependant sincère et je suis d'accord sur le fait que nous sommes au début de la crise.
Obama, le Terminator. Il est trop fort. Mon expression favorite ces derniers mois était de dire qu'il était le "Roger Federer" de la politique. Comme au tennis, une des choses qui pouvait se passer lors du dernier débat était une forme de "peur de gagner" d'Obama. Le débat n'est pas fini mais il fait déjà montre de la maîtrise, du calme et de l'assurance des grands champions. C'est la Federer's touch d'Obama. Il a quand même sur le papier beaucoup moins d'expérience que son opposant et pourtant, à un âge où les carrières politiques ne sont souvent que balbutiantes, c'est lui le plus présidentiel.
Je me suis souvent dit qu'on avait tendance en France à mettre en avant le plus évident en ce qui concerne Obama: son origine ethnique improbable pour un présidentiable américain. Or ce n'est pas selon moi ce qui le caractérise principalement ou qui raconte le mieux son histoire. Ce qui le caractérise et qui fait de lui un homme politique exceptionnel, c'est son talent. Sa campagne depuis deux ans est un sans faute stratégique total. Même quand Clinton (qui s'avère avoir été un "tougher cookie" que McCain) perdait son sang-froid, il n'a jamais dérapé. Quand Clinton et McCain on dit dans un bel ensemble au printemps qu'il fallait une "gas tax holiday", il a refusé et a dit que c'était démagogique alors que les américains vivaient très douloureusement la hausse du pétrole. Aucun commentateur ne l'encourageait dans cette voie. Et une semaine plus tard, la population américaine (et les médias) était derrière lui contre toute attente. Je ne veux pas en faire un saint qui refuse la démagogie ou les compromissions en toute circonstance (c'est un homme politique - pas un bisounours), mais son instinct sur cette "gas tax holiday" a été stupéfiant.
Quand il a été mis en difficulté par les déclarations passées de son pasteur, le révérend Wright, il a produit un discours scotchant (voir ci-dessous - 37min) sur les relations interraciales en Amérique qui a tourné une difficulté en avantage. C'est un discours qu'il a écrit en grande partie lui-même (il fait référence à son expérience personnelle d'une manière qui ne trompe pas). C'est notamment en cela qu'il rend ses lettres de noblesse à la politique: il est capable, s'il le faut, de s'adresser au peuple sans la médiation des spin doctors. C'est ce qu'il fait en cas de difficulté et ça s'appelle le leadership.
Ne nous y trompons pas cependant: pour en arriver là où il en est aujourd'hui, Obama a fait toutes les concessions qu'il fallait à un système politique corrompu. Ce qui laisse espérer qu'il s'avère être une force réformatrice en dépit de cela, c'est qu'il n'a pas fait une concession de plus que nécessaire: il a mené la campagne la plus radicale possible dans le contexte des Etats-Unis de 2008. S'assurer les moyens de la victoire est quand même le premier talent nécessaire en politique.
Contrairement aux vieux crocodiles comme McCain ou Clinton, sa jeunesse en fait encore un outsider à Washington. Il demeure une wild card qui pourrait rendre aux américains leur démocratie. Il en a le talent mais c'est une tâche dantesque. Il va sans doute pouvoir s'appuyer sur un raz de marée démocrate. Si les évènements lui sont favorables, tout est possible (la crise économique est un double edged sword: ca peut l'embourber mais ça peut aussi augmenter sa capacité réformatrice).
Comment évaluer une présidence Obama alors? Le noeud gordien de la politique américaine est la loi de financement des campagnes électorales. C'est ce système vermoulu qui fait qu'aujourd'hui chaque grand secteur économique écrit lui-même ses lois (on a vu ce que ça donnait dans les mortgage) et que l'intérêt général est perdu corps et bien. Obama peut faire beaucoup de bonnes choses en deux mandats mais pour que son action soit durablement transformatrice, il faut qu'il change radicalement le financement de la politique aux USA. C'est ce que proposait John Edwards et c'est pour ça qu'il n'a eu droit qu'à une très faible couverture médiatique pendant les primaires.
Voilà, le débat est fini. Je n'ai finalement écouté que d'une oreille. Je crois que le prochain président américain va être Roger Federer et ils auraient pu plus mal tomber. Obama s'est imposé par son talent et en faisant les bonnes concessions aux pouvoirs en place (contrairement à John Edwards qui n'a pas su "amadouer" le système). Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il partage au fond, l'analyse de John Edwards sur la nécessité de réformer le rôle de l'argent dans la politique aux USA. Pourquoi? Tout simplement parce que n'importe quel observateur un peu attentif savait que la corruption était endémique aux USA et que la crise économique en a maintenant apporté la démonstration retentissante (John Edwards n'avait-il que 6 mois d'avance?). Barack Obama disposera-t-il un jour du capital politique nécessaire à une telle entreprise? Si lui n'y arrive pas, je crois en tout cas qu'on pourra se dire que personne d'autre n'y serait parvenu. S'il y parvenait, ce serait un peu un Federer qui aurait gagné le grand chelem.
Après le rebond de 11% lundi, on pouvait se demander si les bourses n'avaient pas atteint leur plus bas pour cette crise. Personnellement, je ne le pensais pas: la crise économique à venir va être terrible notamment pour les profits des entreprises donc pour leurs valeurs boursières. En revanche, j'avais l'impression que cela pouvait être un plus bas pour 6 mois ou au moins pour 2008. Las. Le S&P 500 est à 907.84 après la baisse d'aujourd'hui alors que le plus bas de lundi était 903.99. Une baisse de 0.42% suffirait à enfoncer le plancher. Ce "plus bas" risque donc de ne même pas tenir jusqu'à la fin de la semaine.
Et les nouvelles macro-économiques ne sont pas encore dramatiques: inflation 5.1%, chômage 6.1%, croissance annualisée au dernier trimestre 2.8%. Rien de catastrophique sur le papier. Deux phénomènes sont à l'oeuvre. D'une part, nous ne sommes qu'au début de la crise et les chiffres vont se dégrader très rapidement maintenant. D'autre part, pour avoir suivi avec attention tous les indicateurs économiques américains depuis longtemps maintenant, j'en ai acquis la certitude que les trois chiffres décrits plus haut font l'objet de manipulations ou sont basés sur des suppositions statistiques abracadabrantesques (le birth/death model pour les chiffres de l'emploi par exemple). J'aurais l'occasion d'expliquer mes différents griefs au fur et à mesure de la publication de ces données dans le futur.
Cette crise devrait aussi conduire à une remise à plat de l'appareil statistique américain qui, comme tant d'autres aspects de la société américaine, a été corrompu par l'argent facile des 15 dernières années. Stay tuned.
McCain semble complètement carbonisé. A ce stade, il pourrait tout tenter lors du débat de ce soir, y compris faire des claquettes. Il semble sur le point de perdre très largement l'élection présidentielle mais également d'être tenu pour responsable d'un raz-de-marée démocrate au congrès. On parle même d'une majorité qui n'autorise pas le filibuster républicain au Sénat (60 sénateurs - ce serait énorme car le sénat est à 50-50 today et est renouvelé par tiers).
Au niveau national, il est rare de voir un candidat cornerisé à ce point. Est-ce à dire que le débat de ce soir risque d'être explosif? Je ne le pense pas car le risque de partir en vrille (surtout pour McCain dont le tempérament colérique est connu) reste considérable. Espérons qu'il fasse le show mais j'en doute.
Avant que l'avance d'Obama ne devienne stratosphérique, j'ai l'impression d'avoir souvent entendu ça: "Oh bien sûr, les américains disent dans les sondages qu'ils vont voter pour Obama parce qu'ils n'osent pas dire le contraire mais dans le secret de l'isoloir ils vont voter McCain". Je n'y crois pas. Il est vrai que les électeurs de Le Pen sont notoirement timides avec les sondeurs mais la situation aux Etats-Unis n'a rien à voir: on peut très bien déclarer voter McCain et garder pour soi le fait que c'est parce qu'Obama est noir.
De toute façon dans un pays où l'on est pas très sûr de l'intégrité du processus électoral, il semble délicat d'accorder trop de crédits aux sondages. Quand on voit à quel point les agences de notations financières faisaient des pieds et des mains pour avoir des conclusions qui plaisaient à leurs clients, on ne peut que supposer que des phénomènes du même ordre sont à l'oeuvre entre les sondeurs et les commanditaires. D'autant que dans le cas des sondages, pour peu qu'on ne soit pas juste avant l'élection, l'erreur ne se voit pas. Les seuls sondages qui sont par nature réalisés sans biais sont les "internals" pour les équipes de campagne. Ils sont secrets et font l'objet de spéculations. En ce moment on dit qu'ils sont encore plus favorables à Obama que ceux qui sont publiés.
J'en arrive laborieusement à l'objet de ce post: on ne sait pas ce que feront les américains dans le secret de l'isoloir mais on sait déjà ce qu'ils font quand ils sont seuls devant leur ordinateur: ils vont massivement sur le site d'Obama plutôt que sur celui de McCain. Il y a sans doute un effet générationnel mais c'est quand meme massif.
Les français mènent sans s'en rendre compte une vie paisible en n'étant (presque) jamais exposés aux publications ou aux chaînes du groupe Murdoch. El Blogo se propose de vous initier par petites doses au subtil mélange de stupéfaction et d'incrédulité que suscite chaque exposition.
En Europe, devant l'inanité des banquiers, les Etats reprennent la main et virent le management des banques (comme suggéré ici). Aux Etats-Unis, on retient la solution suivante: les banquiers responsables du désastre forcent la main des représentants du peuple pour s'arroger de l'argent public et en disposer comme bon leur semble.
Question 1: L'un de ces deux systèmes est complètement corrompu, pouvez-vous identifier lequel? Question 2: Si on vous laisse le choix d'investir dans l'un ou l'autre des deux systèmes, lequel privilégierez-vous?
J'étais un peu sceptique sur la manière dont Sarkozy gérait ses relations avec Merkel après avoir entendu qu'il lui reprochait de faire cavalier(e?) seul(e?) la semaine dernière. Je dois donc manger mon chapeau car il semble que Sarkozy ait frappé fort aujourd'hui.
Longer answer: L'auteur, Christopher Beam, répond en fait à la question: "Not really - They were dumb enough to buy the mortgages". Il n'empêche que dans la chaîne causale, l'existence de ces mortgage pourris (qui relève de la responsabilité de l'environnement règlementaire US) est clairement en amont de la décision d'investissement des européens. Donc c'est un clear-cut case : Yes, you stupid dumbass.
Bon ceci dit, il a raison sur un point: si les européens avaient été assez smart pour comprendre que les Etats-Unis partaient dans le décor depuis le 11 septembre, ils ne se seraient sans doute pas gavés de ces mortgages. Il n'y aucune gloire dans le fait de se faire arnaquer de cette manière.
Mais, fear not, Christopher, maintenant on a bien compris (et les asiatiques aussi) que vous étiez une bande d'escrocs et on va réfléchir à deux fois avant de te prêter l'argent pour que tu t'achètes ta flat screen TV pour Noël. On va même peut-être te demander de rembourser l'emprunt de tes trois voitures au lieu de t'étendre ta ligne de crédit à l'infini. Merci de nous ouvrir les yeux. Tu n'y couperas pas.
D'après cet article du NYT, il semble que le plan Paulson soit en train de changer de nature. Il ne s'agit plus d'acheter les obligations pourries mais de prendre des prises de participation dans les banques.
Je trouve ça plutôt mieux mais ce qui est hallucinant, c'est la latitude totale qu'a Paulson. Son plan, passé dans la précipitation et sous la menace, n'en est pas un: c'est un gigantesque chèque en blanc. Le montant est connu ($700bln) mais les bénéficiaires sont à la totale discrétion d'une administration finissante dont la légitimité politique est des plus ténues. Ce sera la dernière insulte des bushies à la constitution américaine (insulte soutenue par Obama - on est pas rendu).
Il est temps de réviser ses classiques: "Hamlet." Act I, Scene 4: Marcellus (an officer) says "Something is rotten in the state of Denmark," having just seen the ghost of Hamlet's father, the late king of Denmark.
McCain semble en situation de perdre non seulement l'élection mais également sa réputation à Washington. Sa seule réponse à la crise a été de multiplier les attaques contre Obama (100% des publicités de Mc Cain sont négatives, seulement 33% des pubs d'Obama). Il y a moins d'un an, sa femme et lui promettaient qu'ils ne recourraient jamais à des attaques négatives, que ces pratiques étaient pour ceux qui n'avaient rien à dire sur le fond et étaient bien trop basses pour le maverick... Il a aussi cyniquement choisi Palin comme running mate alors que les américains sont fatigués d'avoir des porte-manteaux aux responsabilités. Enfin, il a tellement chauffé à blanc ses partisans que ses meetings ont une ambiance nauséabonde.
Au moment où les deux candidats ont décidé de ne rien dire de substantiel sur la crise car il n'y a que des coups à prendre, McCain devrait sauter sur l'occasion: perdu pour perdu, il devrait dire la vérité aux Américains, dans le genre "la crise est grave, il faut augmenter les impôts, je vous promets du sang, des larmes et la victoire etc...". Ca ne l'empêcherait pas de perdre (sans doute très largement car les républicains veulent encore moins aller en rehab que les américains en général), mais au moins il ne serait pas humilié et pourrait dire qu'il a perdu en tenant un discours de vérité face à un adversaire démagogue. Ca lui permettrait de maquiller sa défaite en quelque chose de vaguement honorable. Il est sûr en plus d'être "vindicated" par l'histoire.
McCain se voit reprocher de plus en plus la violence verbale de ses supporters contre Obama lors des meetings. Il est vrai que depuis quelques jours, les meetings de McCain était en train de se transformer en réunion du KKK (Palin qui l'associe au terrorisme, les chauffeurs de salle qui l'appelle Barack HUSSEIN Obama, des gens dans l'assistance qui hurle "traître" ou "kill him" quand il est cité dans les discours...). Même des responsables républicains se seraient plaints auprès de McCain de la tournure des évènements. Alors il a décidé d'éteindre l'incendie. Vous pouvez voir dans la vidéo plus bas plusieurs tentatives de sa part pour calmer les ardeurs de ses suporters.
Le problème, c'est que quand une femme lui dit dans un town hall meeting "I can't trust Obama, I have read about him and he's not, he's not, he is an Arab." il répond de manière pathétique: "No Mam, no Mam, he's a decent family man, citizen, that I just happen to have disagreements with". C'est choquant pour des européens mais en réalité, l'opposition "Arab/Decent family man" est assez symptomatique de l'Amérique de George Bush. Peu de gens y froncent encore les sourcils pour ce genre d'amalgame.
George Soros a donné une interview à Bill Moyers sur la crise (40 min, pour ceux que ça intéresse). Sa dernière phrase (en gras) résume assez bien mon expérience américaine:
GEORGE SOROS:That's my ideology. As a child, I experienced Fascism, the Nazi occupation and then Communism, two false ideologies. And I learned that both of those ideologies are false. And now I was shocked when I found that even in a democracy people can be misled to the extent that we've been misled in the last few years.
Je pense qu'il faut regarder le problème à l'envers: quand "les gens peuvent être manipulés au point où ils l'ont été aux Etats-Unis ces dernières années", on ne peut plus vraiment parler de démocratie. Pour ceux qui auraient besoin d'un début de démonstration vous pouvez aller regarder ce documentaire du même Bill Moyers sur la collusion entre les médias US et l'administration Bush avant la guerre en Irak.