samedi 1 novembre 2008

Ferrari (Laurence) en baisse

L'audience de Laurence Ferrari est passée pour la première fois en dessous de 30% cette semaine. PPDA faisait entre 35 et 40%.

La même chose s'est produite aux Etats-Unis avec l'arrivée de Katie Couric à CBS Evening News. Il semble que déboulonner les vieux rois du PAF soit un exercice périlleux. Bouvard était revenu car son éviction n'était qu'un pari marketing. Si PPDA doit réellement son départ à Sarkozy, il ne reviendra pas même si l'audience dévisse. L'ire présidentielle aura cependant coûté cher à Martin Bouygues. Gageons que ce dernier n'investit pas en pure perte.

vendredi 31 octobre 2008

Friday Plane Blogging

Good!

``Wall Street bank executives are set to walk away with billions of bonuses at the end of this year,'' Barack Obama, the Democratic presidential candidate, said in a campaign speech on Oct. 28. ``We call that an outrage.'' (via Bloomberg)

Pour l'instant, tout le monde se rallie à Obama (oui, c'est bien un lien vers "The Economist", petite entorse à mes principes...) en espérant avoir un strapontin dans l'Obamaland qui se profile à l'horizon pour les quatre prochaines années. Les américains vont passer de peu (clinton lewinskynisé) ou pas (GW Bush) de président à un président élu magistralement avec une large majorité au sénat et à la chambre des représentants. C'est la résurection de la fonction présidentielle aux Etats-Unis.

Celle-ci avait été mise à bas à dessein et derrière les accolades et les sourires de circonstances, vous pouvez être sûrs que beaucoup aiguisent leurs couteaux. Surtout si Obama se donne pour objectif de réapprendre la décence à un système devenu fou comme il en indique l'intention plus haut.

Une explication inédite du succès de la "surge"

La "surge" est la manoeuvre apparemment désespérée (personne n'y croyait sauf les nouveaux cons et... McCain) qui consistait à la fin 2006 à augmenter la présence militaire américaine en Irak pour stabiliser la situation sur le terrain.

Officiellement, c'est cette augmentation des troupes qui a fait que durant l'année 2007, un certain nombre de statistiques se sont très nettement améliorées. Nombre d'attentats, nombre de morts américains, activité économique... Personne aujourd'hui ne conteste plus cette amélioration. Beaucoup de gens doutent de ce que la seule augmentation du nombre de soldats explique l'évolution.

Les débats ont lieu sur les causes de cette amélioration: il semble qu'elle soit due en grande partie à des renversements d'alliance (amadouage des sunnites?) et à un lâchage de lest général sur le degré de contrôle que les américains ambitionnent en Irak. Ils ont de grande difficulté avec les législateurs irakiens pour trouver un accord sur une prorogation "open-ended" de l'occupation. On parle aussi de soudoiements avec l'arrosage en cash d'un certain nombre de chefs de guerres locaux.
NB: On en parle peu mais je me souviens d'articles dès la fin de l'invasion qui parlaient d'avions entiers remplis de billets fraîchement imprimés qui devaient poser les jalons du renouveau économique irakien. Quant à savoir comment la comptabilité de ces petites coupures est faite aux US... Y a-t-il une mini branche de la FED chargée d'émettre en loucedé un dollar à usage irakien? Il faut savoir aussi que les dépenses liées à l'occupation de l'Irak sont comptabilisés "hors budget" de l'Etat. Les fous ont les clés de l'asile.)

Il y a aussi eu un serrage de boulon sur la couverture médiatique qui permet une répression et des méthodes qui doivent surement rappeler les autres occupations de l'histoire et donc à n'en pas douter faire froid dans le dos (à vous dégoûter d'aller faire vos courses à NYC - j'y vais dimanche...). La plupart des informations qui nous viennent d'Irak font l'objet d'un contrôle draconien des militaires américains, probablement plus efficace depuis que la situation s'est calmée (je trouve d'ailleurs qu'on a très peu d'infos sur l'Irak en France mais je ne lis pas assez les médias français pour l'affirmer).

Après ces différents éléments, j'en arrive à mon explication inédite. Les Irakiens ne sont-ils pas moins combatifs car ils savent que la situation politique aux Etats-Unis va irrémédiablement vers une sortie de l'Irak? A quoi bon risquer sa vie si l'objectif politique semble garanti à moyen terme? L'invasion américaine a pris fin de facto dans le chaos et la déprime qui a frappé l'opinion puis les politiques américains (et les militaires) à la fin 2006. Obama a battu Clinton à cause de l'Irak. Une fois que l'opinion américaine a été fermement acquise à la cause du départ d'Irak, n'était-il pas raisonnable pour les irakiens de "sit out" l'armée américaine plutôt que de continuer de risquer leur vie pour accélérer un processus qui ne dépendait de toute façon plus que du calendrier politique américain?

Si, demain, un Obama improbablement converti aux vertues de l'empire (ou McCain, ce qu'à dieu ne plaise) décide à nouveau de faire en Irak un protectorat américain gouverné par Exxon et la CIA pour les 1000 prochaines années, est-il raisonnable de penser que beaucoup d'Irakiens risquent d'envisager la présence américaine à nouveau comme intolérable?

Les irakiens sont calmes parce qu'ils ont gagné. Ils n'ont plus qu'à attendre.

La nouvelle ampleur de la crise économique ne peut d'ailleurs que les conforter dans ce calcul (si calcul il y a).

Exit polls 2008 - les américains feront-ils l'autruche comme en 2006?

J'ai fait un post sur les différences étonnantes entre les exit polls et les résultats finaux des élections de 2004 (variation de 5% entre les deux).

C'est une expérience vécue: je travaillais aux Etats-Unis dans une salle de marché le jour de l'élection en 2004 et les yeux étaient rivés sur les sites qui organisaient des paris sur l'élection de l'un ou de l'autre. A 14H00, la messe était dite: Kerry l'avait emporté dans les exit polls avec une marge assez importante pour que tout retournement de tendance soit impossible (tronche de mes collègues massivement républicains...). Je suis parti du bureau à 19H00 avec la certitude que Kerry avait gagné. Quand je suis arrivé chez moi, mon roommate m'a dit ça n'était pas joué.

Etant habitué aux élections françaises avec des exit polls qui donnent des résultats souvent fiables au dixième de pourcent près, j'ai toujours considéré le manque d'explication définitive sur ces différences comme une tâche (encore une!) sur le processus démocratique aux Etats-Unis.

Les midterm elections de 2006 allaient-elles confirmer ou infirmer cette tendance aux exit polls "all over the place"? J'avais les yeux fixés précisément sur cette question le soir de l'élection et j'ai constaté que le problème avait trouvé une solution typique de l'amérique bushiste: dans un bel ensemble, tous les networks et agences de presse n'ont tout simplement pas publié d'exit polls! En cas de problème, vous pouvez compter sur les médias américains pour casser le thermomètre. C'est un peu le même mécanisme que pour la crise financière: on aurait attendu très en amont un rôle de vigie et d'alerte des commentateurs et des politiques devant des abus manifestes (beaucoup de contrats de mortgage subprime étaient tout bonnement risibles) mais nous n'avons systématiquement eu droit qu'à des silences complices. La poussière, inlassablement, se voyait glissée sous le tapis.

C'est donc à nouveau une grande question de cette élection: va-t-on ou non avoir des exit polls dignes de ce non qui puissent valider la qualité du processus électoral? Déclaré Obama vainqueur est une chose mais savoir que les exit polls le donnaient à 57/43 et que les résultats finaux sont 54/46 est une donnée intéressante (to say the least).

jeudi 30 octobre 2008

McCain lance des robocalls en Arizona

McCain est Sénateur d'Arizona. Le fait qu'il lance une campagne de robocalls est un très mauvais signe pour sa campagne. Cela donne l'impression qu'il ne pense plus pouvoir gagner mais qu'il en est à sauver à l'honneur. Sur le fond, nous le savons mais c'est toujours différent de voir le candidat prendre une mesure qui prend acte de sa situation. Voir le lien ici.

Le "modèle" social américain

Ci-dessous un graphe du Financial Times illustrant l'accroissement des inégalités aux Etats-Unis depuis l'application des "reaganomics". Les écarts de revenus et de richesses deviennent tels qu'on peut parler d'une nouvelle forme de féodalité (surtout si on regarde sur le top 0.1% plutôt que le top 1% et le capital plutôt que les revenus mais ça n'apparaît pas sur ce graphe). Evidemment, les nouveaux fiefs ne s'étendent plus sur des territoires mais les termes économiques sont du même ordre. A l'époque au moins, le seigneur avait pour obligation de protéger le serf. Les seigneurs modernes se sont affranchis de toute obligation (ils échappent pour beaucoup à la simple obligation fiscale). On est revenu à l'époque des "Robber Barrons". Ce graphe montre aussi que ça n'est pas une "one way street" et que les retours en arrière sont possible (1945-1975 semble être un exemple). Ah ça ira, ça ira, ça ira...
L'argumentaire "ultra-libéral" (terminologie française) repose beaucoup sur l'efficacité: les inégalités sont nécessaires pour créer des richesses. Et que dire quand on voit la croissance américaine dépasser la croissance française de 1, 2 ou 3 points par an pendant 15 ans (1993-2008)? Le refus (relatif) français d'appliquer toutes les recettes du gospel économique "anglo-saxon" (fonds de pensions, baisse des impôts, moins d'Etat, dérégulation...) finissait par ressembler de plus en plus à de l'autisme ou à de l'obscurantisme.
La vraie critique raisonnable était une critique de long terme: si on laisse des richesses phénoménales se concentrer dans les mains de quelques uns, ces derniers prendront tôt ou tard les rênes du système politique et l'orienteront en leur faveur: c'est l'amérique de Bush. Une fois que le système politique est complètement corrompu, on ne peut plus compter sur lui pour réguler efficacement et le pays devient un "runaway train". Plus facile à dire quand l'issue de ce cycle économique se dessine de plus en plus précisément sous nos yeux...

Merci Hubris Kills.

mercredi 29 octobre 2008

Wednesday Cartoon Blogging

Merci Z.

Richard Cohen, le Weekly Standard et Sarah Palin (Mégamix)

Préambule: Richard Cohen est un imbécile (comme la plupart des éditorialistes du Washington Post qui ont emmené les Etats-Unis là où ils en sont). Démonstration: après le speech de Powell aux Nations-Unies en 2003 qui n'avait absolument rien démontré quant aux armes de destruction massive irakiennes, Richard Cohen déclarait la chose suivante dans un op-ed ("opinion editorial" ou à peu près) du wapo (Washington Post): "The evidence he [Powell] presented to the United Nations—some of it circumstantial, some of it absolutely bone-chilling in its detail—had to prove to anyone that Iraq not only hasn’t accounted for its weapons of mass destruction but without a doubt still retains them. Only a fool—or possibly a Frenchman—could conclude otherwise."

Ceci étant posé sur Richard Cohen, intéressons-nous à son dernier op-ed dans lequel il fait le point sur le rôle qu'ont eu Bill Kristol, Fred Barnes et Michael Gerson dans le choix de Palin pour la vice-présidence.

Bill Kristol et Fred Barnes dirigent le Weekly Standard. Il s'agit d'une revue hebdomadaire financée (sans doute à perte) par Ruppert Murdoch. C'est l'organe de presse qui a eu les relations les plus incestueuses avec la présidence Bush. C'est le temple de la religion nouvelle conne.

Kristol a fondé le Weekly Standard en 95. En 97, il est fondateur avec Robert Kagan du Project for a New American Century, un think tank idéologique militant pour la prééminence américaine et qui pose le cadre de la dérive extrême-droitière du Bushisme en matière de politique étrangère.

Kristol, qui n'a pas fait le Vietnam (en bon "chickenhawk"), a un sourire robotique qui fait froid dans le dos (vidéo plus bas). Il a l'arrogance et le côté un peu "spooky" d'un individu qui se croit investi d'un pouvoir de vie et de mort sur le reste de l'humanité. Les frontières, les peuples, sont de la terre glaise qu'il convient de modeler dans la poursuite de ses objectifs. Cet homme est prêt à vous regarder dans les yeux et à prendre la responsabilité sans ciller pour des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. On vous dit aristocrate américain bon teint? Je vous dis Pol Pot, Staline, Hitler et autres sociopathes. La volonté de puissance est la même. Le désir de contrôler et de soumettre est le même. L'insensibilité à la souffrance d'autrui est là même. L'incapacité à voir dans autrui un autre soi-même est complètement pathologique.

Le Weekly Standard a eu un rôle structurant dans la présidence Bush. Il a milité et menti abondamment pour la guerre (un des chevaux de bataille du magazine a été la fausse rencontre à Prague entre les services secrets irakiens et Mohamed Atta). Il a demandé puis obtenu le départ de Rumsfeld. Il a milité contre la nomination d'Harriet Miers à la cour suprème proposée par Bush himself. Elle n'a pas été nommée. Il a, de manière ahurissante pour une organisation ne faisant pas partie de l'exécutif officiel, proposé la politique de la "surge" en Irak dans un document écrit par... le frère de Robert Kagan, Frederick Kagan. Un article du Weekly Standard de début décembre 2006 s'est donc retrouvé dans le SOTU (State Of The Union) speech de fin janvier! Non, vraiment, la seule chose que les tristes sires du Weekly Standard n'ont pas obtenu est le sacrement d'Ahmed Chalabi comme Roi de la Mésopotamie. On se demande d'ailleurs bien pourquoi.

Dernier chef d'oeuvre en date de ces "intellectuels", comme le décrit Richard Cohen, est la nomination de Sarah palin sur le ticket républicain. Tous les ans ou presque, les éditeurs du Weekly Standard organisent une croisière. Il y a 18 mois, c'était en Alaska. C'est là que Barnes, Kristol et Gerson sont tombés amoureux de Palin (reçus deux fois chez le gouverneur). Il n'y a pas de limites à leur bellicosité, à leur stupidité et malheureusement à leur influence. La prochaine croisière est en méditerrannée pour ceux qui seraient intéressés.

Ce qui, entre autre chose, démontre qu'il y a un problème grave dans la structure du pouvoir américaine est que Kristol le sociopathe, au lieu de devenir un paria après avoir été à l'origine de tant de misère humaine pour le peuple irakien et de misère financière pour les américains, a obtenu en 2008 ce qui se fait de mieux en terme de tribune médiatique aux Etats-Unis, un poste d'éditorialiste au New York Times! Celui qui devrait être ostracisé se trouve récompensé. C'est symptomatique des Etats-Unis aujourd'hui.


Voici Bill la veille du déclenchement de la guerre en Irak invité chez Charlie Rose (call it timely). Ca dure une heure mais les deux premières minutes donnent un apperçu de l'émission ("It's better to scare a little bit than to be held in contempt" ou la loi du ghetto appliquée à la première puissance mondiale) :


lundi 27 octobre 2008

Meet "Vera Baker"

D'après le Daily Mail (ça n'appartient pas à Murdoch mais c'est pas tellement mieux), Obama aurait eu une aventure en 2004 avec une certaine "Vera Baker".

Cette histoire date du 11 octobre et n'a quasiment pas été reprise. Rien sur "Google actualités France", pas grand chose sur "Google News". Elle ne sortira sans doute pas lors de ces élections: McCain a plein de casseroles de cet ordre et les médias sont entrés prématurément en phase d'"Etat de Grâce" pour tout ce qui touche à Obama (on ne compte plus les commentateurs conservateurs bon teints qui reconnaissent toutes les qualités du monde à Obama).

Donc voilà, Vera Baker est passée pour l'instant à côté de ses 15 minutes de gloire et de son "book deal" à $1Million avec adaptation au cinéma mais ça n'est sans doute que partie remise (si elle a eu le bon sens de ne pas envoyer au pressing ce qui méritait de l'être).

Si cette histoire est vraie, cela affaiblit la situation d'Obama et le rend vulnérable à des tentatives de Lewinskynisation. Cela doit également rassurer ceux aux Etats-Unis qui pensaient avoir affaire à un moine soldat impossible à compromettre... Ou peut-être qu'Obama arrivera à faire passer le cap aux américains et à rendre ces histoires inefficaces d'un point de vue politique?

C'est en fait un peu déjà le cas: Schwarzenegger a été dénoncé durant sa campagne pour de multiples actes de "groping" et cela n'a eu aucun impact (il faut dire que c'est une movie star et que c'est la Californie). Aussi, Clinton a été élu après avoir reconnu des infidélités conjuguales (après la confession télévisée, soutenu par Hillary). L'affaire Lewinsky a causé des problèmes au même Clinton mais surtout dans les médias et beaucoup moins dans l'opinion. L'indignation de circonstance qui suit ce genre de révélations est beaucoup plus une création médiatique qu'un sentiment populaire qui a des conséquences en terme de votes.

Dernière chose, quand on voit qu'aucune rumeur n'a jamais circulé au sujet de W, on peut se demander dans quelle mesure les américains ne vont pas exiger à l'avenir d'avoir des womanizers à la maison blanche.

dimanche 26 octobre 2008

Sunday Provence Blogging


J'étais à un mariage "en Avignon" hier. Je suis sur cette place de village aujourd'hui. Il fait 22°. Je me demande si la Provence n'est pas la seule solution raisonnable à cette crise. Ils ont le wifi ici aussi.

vendredi 24 octobre 2008

Les US ouvrent. Black Friday?

Dure journée en perspective.

Friday Plane Blogging

Palin, plus gros boulet que Bush?

Un sondage montrent que Palin est devenue un plus gros boulet que Bush pour McCain.

Les américains ont raison. Si on en croit les tables actuarielles, McCain a 15% de chances de mourir avant la fin d'un premier mandat et une chance sur trois de mourir avant la fin d'un deuxième.

De toute façon, les vice-présidents qui aiment la chasse n'ont pas un bon track record.

Money, money, money. It's a rich man's world!

Les lecteurs assidus du Blogo auront je l'espère compati à mes lamentations sur la tendance des démocrates à tendre l'autre joue face aux robocalls républicains (entre autre). Et bien le Blogo a été entendu puisque les démocrates se mettent eux aussi aux robocalls!

Il ne s'agit pas, contrairement aux républicains, de faire de la "character assassination" de l'opposant mais de dénoncer les robocalls républicains. Ca me paraît être le minimum.

Cela traduit surtout le fait que les démocrates sont "awash in cash" (voici finalement le lien avec le titre du post - pour ceux qui se demandaient...). Ils peuvent répondre aux républicains sur tous les terrains. Obama a levé tellement d'argent qu'il est même prévu une publicité de 30 minutes sur tous les grands networks dans les jours précédents l'élection. Du jamais vu. Je trouve ça très contestable. Ca met en avant l'avantage financier d'Obama d'une manière très bling bling et je ne vois pas en quoi ça peut l'aider à ce stade. Sans compter qu'il s'insinue dans les foyers et bouleverse les habitudes (les programmes et même le base-ball sont déplacés) au moment où les gens semblent commencer à saturer sur cette campagne (les extraits youtube que je vois se terminent quasiment tous par un journaliste faisant une remarque dans le genre: "12 more days to go and we can put all that behind us").

Il ne va pas faire passer de messages politiques substantiels vu qu'il a décidé (comme McCain) de différer toute discussion sérieuse de la crise économique à après l'élection. Ca va donc être une infomerciale d'une demi-heure. Je pense que c'est une connerie. Enfin, d'autres hommes politiques ont survécu au bling bling, voir même au ultimate bling bling: la ultimate trophy wife...

Il vaut mieux ne pas l'avoir en journal...

Vous l'avez compris, il est encore question du New York Post. Ils ont dû se rétracter sur une histoire décrivant Michelle Obama se gavant de caviar et de homard dans sa chambre du Waldorf Astoria. Une des faiblesses de l'histoire était qu'elle n'avait pas occupé de chambre dans cet hôtel. (via Talking Points Memo)

jeudi 23 octobre 2008

L'€ sous $1.29

Le $ a pris 25% face à l'€ en quelques mois. Dans un contexte où les investisseurs du monde entier viennent d'être trahis par les institutions financières américaines (agences de notations, régulateurs et ceux qui les payent mais plus généralement par la FED), c'est un peu surprenant.

La politique de création monétaire aux Etats-Unis continue sur un rythme effréné. Alors, certes, la BCE a entamé tout récemment une baisse des taux qui affaiblit mécaniquement l'euro mais la FED n'a cessé de signifier au marché dans la première année de la crise que son seul objectif (contrairement à ses statuts) est de maintenir autant que faire se peut le cours des actions. Depuis septembre 2007, les actions de la FED ont été dictées par les aléas des principaux indices boursiers (il n'y a qu'à en regarder le timing par rapport aux évolutions de la bourse pour s'en persuader: si vous shortiez les actions et que vous gagniez, vous deviez prendre en compte le fait qu'une action de la FED ne tarderait pas) beaucoup plus que par l'inflation, la croissance et l'emploi alors que ce sont ces données qui guident ses actions selon ses statuts. Si on se base sur la croissance de +2,8% du dernier "quarter", il n'y a aucune raison d'avoir baissé les taux si vite à 1.5% (wink wink...). L'inflation est élevée mais Bernanke a démontré plus d'une fois qu'une baisse 10% de la bourse l'inquiète beaucoup plus qu'une inflation à 10% (tant que cette dernière ne s'est pas matérialisée, les banquiers centraux aussi ont la mémoire courte). L'emploi, lui, a vraiment commencé une baisse substantielle mais le chiffre reste historiquement bas (en remontée rapide).

En gage de sa mauvaise foi, la FED a décidé en 2006 d'arrêter de publier la croissance de l'agrégat monétaire M3 (sans que le WSJ, le FT ou The Economist ne s'en émeuvent outre mesure). Il s'agit de l'agrégat monétaire le plus large donnant une idée de la quantité de dollars en circulation à l'échelle de la planète. Ca s'appelle casser le thermomètre.

On a d'un côté une FED qui se comporte comme un bandit en cavale (elle est responsable en grande partie des difficultés économiques mondiales) et une BCE qui joue les bons pères de famille. Résultat, les gens achètent des dollars et vendent des euros. Contre-intuitif, to say the least.

Le plus étonnant et que jusqu'à récemment, la crise avait de manière logique plutôt affaibli le dollar. La baisse des taux de la BCE (c'est plus qu'une baisse: c'est une inflexion de politique) a pu avoir un rôle mais la baisse de l'Euro a commencé avant qu'elle ne soit décidée et j'ai l'impression que la réaction a très largement overshooté ce simple effet.

Il semble finalement que le déclencheur principal de la hausse du dollar ait été la la baisse du pétrole (voir graphe plus bas). Il faudra regarder ce qui se produit quand celui là atteindra un plancher. En attendant, it's been quite a ride...

J'attends vos commentaires si vous avez des éclairages sur la question...

EUR/USD


BRENT


Seulement pour les FED ou BCE watchers, W. m'a envoyé ce graphe (merci W.). Cliquez dessus pour agrandir.

El Blogo, pouvez- vous étayer vos affirmations?

Le Blogo a beaucoup de faiblesses. L'une d'entre elles et que je considère comme admises un certain nombre d'affirmations sur les Etats-Unis qui doivent sembler un peu "fortes de café" à une partie des lecteurs. Cela doit même en irriter certains.
J'ai vécu cinq ans là-bas et durant cette période mes yeux n'ont cessé de s'écarquiller (oui, ils sont très écarquillés) devant les multiples dérèglements de la société américaine. La plupart du temps je ne les constatais pas en lisant les vieux médias (aka "corporate medias") mais en suivant des nouveaux médias qui proposaient parfois une lecture littéralement alternative de l'actualité (exemple: les corporate medias célébraient le discours de Powell à l'ONU comme une démonstration implacable alors que la blogosphère disait: il n'a rien, sa démonstration est nulle - l'histoire a tranché).

Le but d'El Blogo n'est pas de choquer mais de convaincre. Evidemment, il est difficile en deux semaines de tenter de faire partager une expérience de plusieurs années mais j'espère que par petites touches, la plupart de ces affirmations choquantes (les stats écos sont pipautées, les élections sont truquées, les politiciens sont corrompus (plus qu'ailleurs), l'information est scriptée etc...) se verront démontrées. Evidemment, la guerre en Irak et la crise économiques sont les deux faits les plus saillants qui devraient convaincre même le lecteur le plus rétif à ce genre de discours sur les Etats-Unis que l'heure est au moins à la vigilance et l'interrogation.

Aujourd'hui, je vous propose la lecture des entrées wikipédia relatives aux fraudes possibles et aux sondages sortie des urnes stupéfiants lors des élections de 2004. Désolé, c'est en anglais. Le fait que je publie ça (et les liens) sur El Blogo ne signifie pas que je considère toutes ces informations comme "vraies" ou parfaites. J'invite le lecteur au scepticisme qui est de mise sur internet, à évaluer la crédibilité des sources et à jauger la pertinence des discours.

Le problème c'est que ce scepticisme devrait être appliqué également à la lecture de nos journaux de référence (pour ceux qui ne l'ont pas encore abandonnée purement et simplement comme le suggère ce blogo). Ils ne sont pas des lieux d'information mais des lieux de pouvoir et le pouvoir, comme chacun sait, corrompt. Pour ceux qui veulent s'en persuader, vous pouvez relire les articles publiées par Judith "aluminium tube" Miller au NYT de septembre 2002 à mars 2003 (éventuellement après mars 2003 aussi mais je pense que cela devrait suffire).

Je voulais donc rappeler que les sondages sorties des urnes en 2004 avaient d'abord donné Kerry vainqueur avec une marge qui ne laissait supposément pas de place au doute et que beaucoup d'éléments laissent planer un doute sur l'intégrité des machines à voter américaines.

Pour ceux qui veulent approfondir sans se donner la peine d'une recherche google, vous avez quelques éléments ci-dessous:

Je vous propose de commencer par l'article "Circulez, y a rien à voir" du NYT le 12 novembre 2004 (je n'ai pas pu vérifier mais il semble qu'il était en première page).Le NYT dans son rôle du berger qui donne le tempo et définit l'acceptabilité ou non du discours (similaire au Monde en France). Vous noterez la quasi-absence de discussion sur le fond, juste un peu de "blogger bashing". La dernière édition de New York Magazine a un article qui décrit la famille actionnaire et la situation financière difficile du journal. Dans leur actionnariat, ils comptaient Morgan Stanley de 1996 jusqu'à récemment... To be fair, MS a eu beaucoup de difficultés avec la famille actionnaire. Ils ont détenu près de 8% à un certain point. Ca donne quand même une information pour ceux qui se demandent comment on arrive à une situtation où les contribuables payent les bonus des banquiers...


Ces deux articles sur les exit polls sont intéressants mais longs: ici et .

Puis un extrait de l'entrée wikipédia sur les élections de 2004 - les machines à voter:

Points of controversy

  • There is no individual federal agency with direct regulatory authority of the U.S. voting machine industry.[32] However the Election Assistance Commission has full regulatory authority over federal testing and certification processes, as well as an influential advisory role in certain voting industry matters.[33] Further oversight authority belongs to the Government Accountability Office, regularly investigating voting system related issues.[34]
  • The former president of Diebold Election Systems (Bob Urosevich) and the vice president of customer support at ES&S (Todd Urosevich)[35] are brothers.[36]
  • Walden O'Dell the former CEO of Diebold (the parent company of voting machine manufacturer Diebold Election Systems) was an active fundraiser for George W. Bush's re-election campaign and wrote in a fund-raising letter dated August 13, 2003, that he was committed "to helping Ohio deliver its electoral votes to the President."[37]
  • Republican Senator Chuck Hagel, who was on a short list of George W. Bush's vice-presidential candidates,[38][39] served as the chairman of ES&S in the early 1990s when it operated under the name American Information Systems Inc. (AIS).[40] ES&S voting machines tabulated 85 percent of the votes cast in Hagel’s 2002 and 1996 election races. In 2003 Hagel disclosed a financial stake in McCarthy Group Inc., the holding company of ES&S.[40]
  • Global Election Systems, which was purchased by Diebold Election Systems and developed the core technology behind the company's voting machines and voter registration system, employed five convicted felons as consultants and developers.[41]
  • Jeff Dean, a former Senior Vice-President of Global Election Systems when it was bought by Diebold, had previously been convicted of 23 counts of felony theft in the first degree. Bev Harris reports Dean was retained as a consultant by Diebold Election Systems,[42] though Diebold has disputed the consulting relationship.[41] Dean was convicted of theft via "alteration of records in the computerized accounting system" using a "high degree of sophistication" to evade detection over a period of 2 years.[42]
  • International election observers were barred from the polls in Ohio[43][44] by then Republican Ohio Secretary of State Ken Blackwell. Blackwell's office argues this was the correct interpretation of Ohio law.[44]
  • California Secretary of State Kevin Shelley decertified all Diebold Election Systems touch-screen voting machines due to computer-science reports released detailing design and security concerns.[45][46]
  • 30% of all U.S. votes cast in the 2004 election were cast on direct-recording electronic (DRE) voting machine, which do not print individual paper records of each vote.[47]
  • Numerous statistical analysis showed "discrepancy in the number of votes Bush received in counties that used the touch-screen machines and counties that used other types of voting equipment" as well as discrepancies with exit polls, favoring President George W. Bush.[48][49][50][51][52][53][54][55]

Pour finir, un extrait sur l'entrée wikipédia consacrée aux doutes sur les élections (différente de la précédente) qui s'intéresse aux exit polls:

Exit polling

The 2004 election brought new attention to the issue of exit polls[23], which are generally considered more reliable than pre-election opinion polls. Many[who?] pointed to widespread discrepancies between exit polls conducted during Election Day and the officially reported results. They pointed out that the official results were more favorable to Bush than were the polls, and that these discrepancies were more likely to arise in swing states.[24] They argue that the exit polls showing a Kerry victory were probably correct and that the official totals from the machines were wrong. Expert opinion was divided concerning what inferences should be drawn from the cited discrepancies.[25][26]

Mitofsky International, the company responsible for exit polling for the National Election Pool and its member news organizations, released a report detailing the 2004 election's exit polling.[27] At issue were the early release of some poll information, issues regarding correcting exit poll data using actual voter totals, and differences between exit polls and official results.

The NEP report stated that "the size of the average exit poll error ... was higher in 2004 than in previous years for which we have data." It concluded that these discrepancies between the exit polls and the official results were "most likely due to Kerry voters participating in the exit polls at a higher rate than Bush voters". Polling expert John Zogby later called this explanation "preposterous".[28]

A study performed by the Caltech / MIT Voting Technology Project concluded that "there is no evidence, based on exit polls, that electronic voting machines were used to steal the 2004 election for President Bush."[29] This study was criticized for using data that had been corrected to match the official count, and thus "essentially analyzing rounding error".[30] On December 5, 2004 Charles Stewart III of MIT released a revised report which, he said, used pre-corrected data.[31]

On December 7, 2004, Warren Mitofsky, who had overseen the exit polling, stated that the pre-corrected data were proprietary and would not be released.[32]

One paper concluded that discrepancies in the exit polls were evidence that the election results were off,[33] though others alleged this paper was unscientific.[34] [35]

mercredi 22 octobre 2008

Colonisation 2.0

Ca devrait bientôt se terminer mais les Etats-Unis ont vraiment commencé ce siècle de manière désastreuse: guerre d'agression puis colonisation d'un pays qui ne les avait pas provoqué avec à la clé des centaines de milliers de morts. Attaque justifiée par une campagne de propagande dont le ressort essentiel était un amalgame raciste: les criminels du 11 septembre étaient arabes/musulmans, les irakiens sont arabes/musulmans donc les envahir puis les coloniser est légitime. L'administration Bush l'a vendue comme une action de représailles. Voir ci-dessous un des "penseurs" du NYT sur la question, Thomas Friedman (pulitzer prize winner, multi best seller author, censé être un "libéral" au sens américain): (en vidéo voir après 2 minutes et quarante secondes - on est très loin des idéaux de la "Greatest Generation", celle qui a gagné WW2)

Evidemment, les américains n'ont trompé personne mais quand même, quel effroyable début de siècle. Ils pouvaient difficilement faire pire. Ah si. Ils pouvaient être en plus à l'origine de la crise économique la plus grave depuis 1929.

Joe Biden sur les robocalls



Addendum: Z me demande dans les commentaires ce qu'est un robocall. Il faut suivre ce lien.