lundi 23 février 2009
Barry Ritholtz écrit un livre...
L'histoire est racontée là.
Clinton aux chinois: Payez, vous n'avez pas le choix
“Maybe this is unusual because you’re supposed to be so careful that you spend hours avoiding stating the obvious, but you know, that’s just not productive in my view,”
Traduction du blogo:"Peut-être que c'est inhabituel car on est censé être tellement prudent qu'il faut passer sont temps à éviter de dire ce qui est évident pour tout le monde mais ça n'est pas très productif selon moi."
Elle a appliqué cela à sa visite en Chine en enjoignant aux chinois de continuer à financer la dette américaine et en ajoutant: “we are truly going to rise or fall together.” Autrement dit: "si vous nous lâchez, vous êtes finis".
Pourquoi la Chine devrait-elle continuer à prêter à un emprunteur devenu soudainement massivement dispendieux avec un revenu en chute libre? Clinton ne le dit pas. Elle ne dit pas non plus s'il y aurait une limite raisonable à l'engagement financier chinois face à l'énormité des nouveaux besoins américains. La crise a vu beaucoup de déséquilibres qui devaient "durer toujours" revenir brutalement vers des normes historiques. Les Etats sont devenus le dernier refuge de la fiction selon laquelle des entités, quelque part, étaient solvables et paieraient pour les années d'abus qui ont vu quelques uns s'enrichir massivement à coups de produits financiers ultra toxiques qui ont finalement détruit le système financier international*. Clinton essaye pareillement de se persuader du fait que les chinois ont consenti une ligne de crédit infinie aux américains. Elle prend, autrement dit, ses désirs pour des réalités.
Les relations financières entre la Chine et les Etats-Unis sont un des éléments centraux de cette crise. J'ai toujours été étonné de constater qu'elles étaient souvent décrites comme un phénomène naturel à génération spontanée qui s'imposerait à nous (et de manière non-démocratique aux peuples chinois et américains) plutôt que comme le produit d'une vision politique et stratégique (ce qu'elles sont certainement). Quoi qu'il en soit, la crise fait entrer le pacte sino-américain dans une nouvelle phase durant laquelle "l'équilibre" supposément "mutuellement bénéfique" va être bousculé par des urgences domestiques de part et d'autre du Pacifique. Qui va sortir gagnant de ce changement? Il est à peu près sûr que les chinois vont perdre financièrement (soit défaut des Etats-Unis ou de Fannie/Freddie soit érosion des obligations américaines par l'inflation du dollar ou mélange des deux). La vraie question pour les chinois est: auront-ils réussi à modifier le rapport de force sino-américain** et à élargir leur sphère d'influence d'une manière qui puisse justifier le manque à gagner financier? A court terme, le plus probable est que Clinton ait raison et que les deux compères "s'effondrent ensemble".
* case in point: Avec les défauts en cascade que la crise va engendrer, qui va payer les trilliards rendus exigibles par les Credit Default Swaps vendus à la grande époque? Il paraît qu'une des raisons invoquées pour éviter un "évènement de défaut" des constructeurs automobiles américains est que $1,2 trillions seraient devenus exigibles par des gens ayant acheté de la protection. On peut d'ailleurs se demander pourquoi, après 18 mois de crise qui ont démontré par A+B l'extrême toxicité de ces produits, ils sont encore légaux et se traitent quotidiennement. L'idée que l'on peut assurer un risque sans poster aucun collatéral est une des grandes idioties (lucratives comme toutes les autres) de la finance récente. Les CDS ont donné aux défauts qui vont être entraînés par la crise (et qui étaient catastrophiques en eux-mêmes) une véritable dimension cataclysmique. Alors pour l'instant, les Etats essayent de nous faire croire le plus longtemps possible que ces défauts n'auront pas lieu. Le moindre mal sera sans doute de déclarer tous ces contrats viciés du jour au lendemain. Cela causera des dégâts majeurs mais probablement moins graves que si les montants supposément exigibles en cas défaut le devenait vraiment. C'est d'ailleurs en y réfléchissant ce qui se passe déjà: en faisant des contorsions pour empêcher les défauts, les Etats ne font pas autre chose que de rendre caduque ces contrats sans le dire. Le problème c'est qu'ils ne tiendront pas le coup et qu'il faudra un jour annuler purement et simpleme ces contrats.
Mais en tout cas, interdisons ce type de produits. Now!
** Il semble que Clinton ait usé de son nouveau style (la candeur) pour minimiser les problèmes de droits de l'homme en Chine sur le thème: "Je vais leur en parler mais je sais déjà ce qu'ils vont répondre donc passons à autre chose." Cela a consterné les activistes et les spécialistes de politique étrangère qui ont dit que Clinton n'avait rien obtenu en échange. Je crois qu'on ne sait pas si Clinton a obtenu des choses en échange. Je crois même qu'il s'agit peut-être d'un premier exemple de modification du rapport de force en faveur des chinois dont je parle plus haut. Les chinois continuent à payer mais ont peut-être obtenu que les américains leur parlent poliment sur les droits de l'homme. Ce qui bien le moins pour le pays qui nous a apporté Abu Ghraib et Guantanamo.
Madoff et Stanford semblent avoir été protégés
Le NYT y fait allusion à la fin de cet article sans dire pourquoi l'enquête a recommencé (changement de président?):
The current S.E.C. charges stem from an inquiry opened in October 2006 after a routine exam of Stanford Group, according to Stephen J. Korotash, an associate regional director of enforcement with the agency’s Fort Worth office.
He said the S.E.C. “stood down” on its investigation at the time at the request of another federal agency, which he declined to name, but resumed the inquiry in December 2008.Update: à ce jour, ni Madoff ni Stanford ne sont en prison. Cela est à mettre en perspective avec le fait que la justice américaine est une des plus dures du monde envers les criminels de bas étages comme rappelé par Glenn Greenwald ici. Cela se traduit notamment par une population carcérale massive de 2,4 millions d'individus. A noter que les noirs comptent pour 40% des détenus alors qu'ils ne représentent que 12,4% de la population.
dimanche 22 février 2009
De la corruption en Amérique
February 20, 2009
BILL MOYERS: Welcome to the Journal. That great movie comic and professional curmudgeon W.C. Fields once said, "you can fool some of the people some of the time — and that's enough to make a decent living."
Watching the news unfold this week about Robert Allen Stanford — he prefers "Sir Allen" as befits a true Texas charlatan — I was reminded how right the old comedian was.
This story is the gift that just keeps on giving.
Sir Allen Stanford was knighted by the Governor-General of the Caribbean island of Antigua, off-shore headquarters for his alleged, multi-billion dollar con game. He bankrolled junkets to its balmy shores for several members of Congress including Texas Republican Senator John Cornyn and New York Democratic Congressman Charlie Rangel, chair of the powerful House Ways and Means Committee. Stanford partied with Nancy Pelosi and Bill Clinton at the Democratic National Convention last summer. And when Tom DeLay was still House Majority Leader, he flew the friendly skies in Stanford's private jet 16 times in three years, including a trip to Houston for DeLay's arraignment on money-laundering charges. I am not making this up!
Sir Allen also showered millions of dollars on political campaigns; much of it in the very year Congress was debating a bill to curb financial fraud. Two of the biggest recipients were Democratic Senator Bill Nelson and Republican John McCain, one of the original Keating Five. Three key Democrats on the Senate Banking Committee got checks from Stanford, too. Surprise, surprise — the reform bill never got out of the Senate.
Never an industry to let opportunity pass by, lobbyists already are jumping all over Obama's economic stimulus, so much so the independent newspaper, "The Washington Examiner" newspaper, renamed the bill "The Lobbyist Enrichment Act."
A native Washingtonian, Bob Kaiser says the problem in D.C. is that there's just "So Damn Much Money." That's the title of his new book on the corrosion of American government.
Welcome, Bob, to the Journal.
Les banques menacées par la radicalité de... Rahm Emanuel
Charlie Rose demande aussi si les Etats-Unis ne sont pas mieux placés qu'il y a un an par rapport aux autres zones économiques (conséquence des derniers chiffres de croissance où nos amis américains semblent mieux résister à la crise que les autres). L'idée d'une Amérique plus résistante à la crise que les autres zones économiques fait donc son chemin... Ca tombe à point nommé alors que le leadership économique américain n'a jamais été si fragile. Tant pis si cette perception va contre les chiffres de l'emploi, contre les chiffres de vente de voitures, contre les chiffres de l'immobilier et la baisse beaucoup plus rapide de la richesse des américains (plus de gens sont investis en bourse, les prix immobiliers ont déjà baissé de 20% pas en Europe etc...). Tout cela en se basant sur un appareil statistique qui a déjà été utilisé de manière politique aux Etats-Unis (après le 11 septembre) et qui est probablement de toute façon dépassé partout dans le monde par la nouveauté de la situation actuelle. Peu importe la réalité, l'important est qu'on puisse diffuser des communiqués de victoire yankee que le monde entier avale docilement et idiotement.
Dernier point dans cette émission, un ancien prof à moi qui a été au board de la FED de 2006 à 2008 se fait l'écho d'une thèse qu'on entend de plus en plus: la crise est l'occasion de modifier les "entitlements" et d'attaquer les programmes medicare et medicaid bien évidemment trop coûteux pour l'oligarchie. On connaissait l'axe précédent de la droite américaine: baisser les impôts et hurler à la mort ensuite sur le thème "on ne pourra jamais financer les engagements (redistributeurs) de l'Etat à cause des déficits" (ou la tax cut comme "forcing device" de la régression du niveau de vie de la majorité de la population au profit des plus aisés). Voici donc une nouvelle version actualisée: "avec la crise, il faut absolument mettre fin à toute pratique redistributive". Après des années de dérive droitière, il ne se rend même pas compte de l'énormité de ce qu'il avance. C'est pour ça qu'on en est arrivé là. La crise devient le nouveau facteur de légitimation des politiques de l'oligarchie alors même qu'elle en est responsable. Les oligarques ne peuvent pas perdre.
samedi 21 février 2009
Soros lit-il El Blogo?
Reuters:
Renowned investor George Soros said on Friday the world financial system has effectively disintegrated, adding that there is yet no prospect of a near-term resolution to the crisis.
Soros said the turbulence is actually more severe than during the Great Depression, comparing the current situation to the demise of the Soviet Union.
Je ne sais pas si Soros lit le blogo mais la comparaison de la situation actuelle à la chute de l'Union Soviétique y a déjà été faite le 25 novembre:
vendredi 20 février 2009
Plus gros que Madoff!
In what could turn out to be the greatest fraud in US history, American authorities have started to investigate the alleged role of senior military officers in the misuse of $125bn (£88bn) in a US -directed effort to reconstruct Iraq after the fall of Saddam Hussein. The exact sum missing may never be clear, but a report by the US Special Inspector General for Iraq Reconstruction (SIGIR) suggests it may exceed $50bn, making it an even bigger theft than Bernard Madoff's notorious Ponzi scheme.
(les autorités ont commencé à enquêter sur l'utilisation de $125 milliards censés avoir financé l'effort de reconstruction avec peu de résultats)
La corruption en Irak a été un des phénomènes annonciateurs (avec la guerre bien évidemment) du déraillement complet de l'Etat américain. L'usage de "palettes" de cash fraîchement imprimées pour organiser l'occupation avec peu ou pas de comptabilité laisse rêveur. J'espère que tout cet argent a fait l'objet d'une entrée dans la comptabilité nationale...
* Le titre de "Sir" d'Allen Stanford lui vient d'Antigua et pas de la reine d'Angleterre.
jeudi 19 février 2009
Mini Madoff
(Traduction/résumé: ça dit que Stanford a contribué notamment à financer Phil Gramm, sénateur qui s'est targué ensuite d'avoir "tué la législation anti-blanchîment).
The Stanford Financial Group hired its first Washington lobbyists in 1999, at the time the anti-money laundering drive was gathering steam. And the company quickly learned how to cultivate pull in the Capitol -- between July 2000 and July 2001, Stanford and his employees doled out $448,000 in "soft money" contributions to senior lawmakers in both parties, according to a report by watchdog group Public Citizen.
Among the lawmakers benefiting from Stanford's largesse was Senate Banking Committee Chairman Phil Gramm (R-TX), who let a House-passed money laundering bill die a quiet death in his panel in the last months of the Clinton administration.
According to Public Citizen's report, "Gramm later publicly boasted to a group of bankers that 'I killed the administration's anti-money-laundering legislation.'" But Stanford's attention was by no means limited to Republicans, who happened to control the Senate at the time. Stanford made a splash at the 2000 Democratic National Convention in Los Angeles, a tale that we'll pick up in Part Two of Mr. Stanford Goes to Washington ...
mercredi 18 février 2009
Pourquoi ne suis-je pas surpris?
Dans tous ces pays, les résultats ont été pires qu'attendus. Sauf un. Les Etats-Unis. C'est pas beautiful? Et pas "de peu": -5.5% attendus et -3.8% annoncés (il va y avoir évidemment les sempiternelles révisions - jusque trois après ans comme ils l'ont fait en 2007!). Ca tombe à pic: alors que l'on rentre dans l'épaisseur de la crise, tous les médias (européens ou pas) se ruent dans le "narrative" qui positionne l'Europe encore et toujours à la remorque. C'est aussi répétitif que Titi et Gros Minet, le coyotte et le "road runner" ou le chasseur et Bugs Bunny...
Les américains bâtissent sur du sable depuis 20 ans une économie "baudruche" qui est en train de s'écrouler. Le mécanisme qui a rendu cela possible a été un mensonge systématique sur les stats économiques qui présentait en permanence les Etats-Unis comme le lieu où l'investissement serait le plus sûr et le plus rentable. C'était la publicité mensongère qui est à la base de tous les "Ponzi scheme".
Maintenant que le monde s'enfonce dans la crise, devinez quoi: les chiffres de croissance américains sont encore deux fois meilleurs (lire "moins pires") que les chiffres européens ou japonais. Depuis que ces chiffres ont été publiés, l'euro et le yen ont perdu énormément de terrain par rapport au dollar.
Qui va dire stop? Comment ce repère de margoulins que constituent Wall Street et Washington peut-il avoir encore un tant soit peu de crédibilité? La vérité, c'est que les Etats-Unis sont pourris dans la masse (doublement démontré: d'abord par la création des conditions de la crise et ensuite par la réponse grotesque apportée à celle-ci par un pouvoir politique ostensiblement "yes man" des banques - en laissant de côté les autres problèmes) alors que l'Europe a une structure de pouvoir relativement saine (en comparaison) et des citoyens qui n'ont pas encore complètement jeté l'éponge sur le contrôle démocratique de leurs dirigeants.
Il paraît que la crise économique est aujourd'hui perçue par les Etats-Unis comme la première menace pesant sur leurs intérêts stratégiques. Avant c'était le terrorisme et ils n'ont pas hésité alors à piétiner toutes les valeurs dont ils se réclament pour supposément "mieux" le combattre. Comment peut-on dès lors imaginer dans ce contexte que des données comme les chiffres de la croissance ne soient pas manipulées? La diversité des nations européennes est une défense naturelle contre la manipulation centralisée de ce type de données. Je ne l'approuverais pas de toute façon. En revanche, avoir une task force qui passe en revue précisément les stats américaines (il n'y a pas beaucoup à gratter pour lever des loups: rien que les révisions sont complètement hors normes pour un français et donnent à un instant t beaucoup de lattitude pour des effets d'annonce qui pourront être rectifiés plus tard - cf la récession déclarée après coup en 2001) et des dirigeants qui émettent à haute voix des doutes sur les performances annoncées et le caractère baroque du track record de ces annonces américaines paraît aujourd'hui indispensable (voire des opérations de communication plus sophistiquées - les américains ne s'en privent pas).
Et nos médias de répéter tous ces chiffres comme s'il s'agissait de communications divines complètement irréfutables. Qui a donné aux américains ce "capital mensonge" qui semble apparemment inépuisable? La réponse est simple: c'est nous. Pour conclure donc, ce proverbe américain: ‘Fool me once, shame on you; fool me twice, shame on me.’ qui n'a jamais été aussi bien dit que par W:
Note: Le Monde l'AFP et Reuters combinent leurs forces pour sortir cette dépêche: "Le produit intérieur brut (PIB) de l'Allemagne s'est contracté de 2,1 % au quatrième trimestre, un recul sans précédent depuis la réunification en 1990." suivi de "En rythme annuel, le PIB allemand accuse une baisse 1,6% au quatrième trimestre, contre +1,4% sur la période juillet-septembre." N'y a-t-il pas un gars à l'AFP, chez Reuters ou au Monde qui comprend ce qu'il écrit? Sur LE chiffre économique devenu (à tort ou à raison) le métre étalon de nos économies, serait-il possible d'avoir une dépêche qui ne s'emmèle pas les pinceaux? Ca n'est pas compliqué: c'est la même tous les trimestres. Bon enfin c'est pas grave, ils n'en ont plus pour longtemps.
mardi 17 février 2009
Vivons nous vraiment dans une union monétaire?
Le blogo a évoqué le possible stress test de l'Euro il y a quelques mois déjà. Il semble que cela se rapproche. Il est probable que nous ne soyons qu'au début de la crise et l'idée que l'Euro soit d'ores et déjà si faible est un peu décourageant. Les américains envoient délibérément leur monnaie à la cave et l'Europe qui devraient logiquement moins souffrir de la crise (la logique s'applique-t-elle en cette matière?) n'en tire aucun bénéfice du point de vue monétaire (il faut dire que la BCE n'a pas clairement signalé qu'elle serait autre chose qu'une FED un peu plus pataude dans cette crise).
C'est la veillée d'arme avant le genre de péripéties monétaires qui rentre dans les livres d'histoire. J'espère que l'Euro en sortira aguerri et pas défait. En tout état de cause, voir que les deux membres les plus en difficulté sur les déficits publics sont ceux qui ont cédé aux sirènes du subprime (Espagne et Irlande) n'incite pas vraiment à la clémence. Si nous les aidons, on pourrait au moins leur demander de nous filer les écrans plats qu'ils ont achetés avec leurs crédits revolving garantis par leurs maisons préfabriquées.
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BCL (Blogo Compliant List): Liste évolutive de personnalités "Blogo compliant"
Tout d'abord, deux nouveaux venus (extrait de cette news Bloom):
How did we get into this mess? Talbott blames everyone from average Americans who caught “the greed bug” to hedge funds and credit-default swaps. The single biggest error, he says, was for U.S. citizens to allow their national politicians to take large campaign contributions from big business and Wall Street
-- a theme Kevin Phillips developed in “Bad Money.”
“This crisis was no accident,” he says. It began, in Talbot’s view, because the U.S. government was “co-opted” into deregulating the financial industry. Politicians were “paid to deregulate industry,” taking billions of dollars each year in campaign contributions.
Kevin Phillips et John Talbott donc. Mais aussi:
Nicolas Taleb
Alan Grayson
Jim Rogers
Peter Schiff
Joseph Stiglitzt
Robert Reich
Simon Johnson
Paul Krugman
Jacques Attali
Bill Moyers
Barack Obama
Dylan Ratigan
Glenn Greenwald
Matt Taibbi
Eliot Spitzer
Nouriel Roubini (pas de lien encore mais bientôt)
Marc Faber
Lawrence Kotlikoff
Espérons que cette liste s'étoffe de plus en plus: c'est la condition d'un véritable changement dans la politique économique américaine. Vous remarquerez l'absence de Nouriel Roubini. Pourtant, peu de gens ont décrit aussi cliniquement ce qui allait se passer et pourquoi ça allait se passer. Le problème est que j'ai l'impression qu'il a des ambitions politiques et qu'il cire du coup les pompes de Geithner. Il lisse son profil pour être "bankable" à Wall Street ou embauchable par Obama, "fair game" mais un peu trop calculé pour apparaître dans la liste des "incorruptibles" du blogo**. Cette liste va changer mais je n'effacerai personne, les gens supprimés seront signalés avec l'explication de leur infortune.
* En gros: "La crise économique trouve ses causes dans la corruption de la démocratie américaine. Les "oligarques" qui se sont enrichis en créant les conditions de la crise ont encore fermement les rênes du pouvoir Obama ou pas (Geithner = Paulson, Bernanke = Bernanke). Ils l'utilisent dans le but exclusif d'en assurer la continuité (no surprise there). Le bon sens, la logique économique et accessoirement la morale voudraient que ces élites faillies soient remplacées et que l'on instille chez les nouveaux dirigeants la "fear of God" qui faisait clairement défaut aux anciens.
** Est-il légitime de mettre un Jim Rogers (qui a fortune faite et n'attend rien de personne) sur le même plan que Roubini qui a (presque) la vie devant lui? N'est-il pas normal que l'un n'épargne personne alors que l'autre ménage les susceptibilités? Pour l'instant, le blogo choisit l'intransigeance. A noter tout de même que Roubini, qui sait identifier les systèmes au bord de la faillite, semble avoir confiance dans le futur des oligarques.
Joe Stiglitz sur le contexte politique de la crise
Pour Hubris Kills
Tout d'abord, la vidéo du même Simon Johnson interviewé par Bill Moyers, le seul journaliste des MSM (mainstream media pour ceux qui ne suivent pas) qui est assez "à gauche" pour ouvrir la porte aux blogueurs contestataires type Glenn Greenwald (invité deux fois depuis l'élection d'Obama). Il avait fait ce documentaire excellent sur la complicité active de tous les médias américains (sauf Mc Clatchy) dans la propagande pro-guerre en 2003: Buying the war (je l'ai déjà linké). Cela est-il tout à coup assez pro pour toi, Hubris Kills?
Partie 2
Partie 3
Ensuite, TPMTv est une évolution du blog Talking Points Memo qui est déjà devenu une petite entreprise avec plusieurs journalistes (ou blogueurs). Ils ont décidé d'insérer dans un contenu principalement "texte" des petites séquences audiovisuelles. Ils ont interviewé Joseph Stiglitz très récemment par exemple. Je conteste donc ton rejet par principe de documents vidéos ayant une réalisation imparfaite et/ou cheap. Une réalisation parfaite te garantit le confort visuel mais surtout le confort intellectuel: ce que tu vas entendre va être "war loving, bailout adoring, The Economist/FT/WSJ compliant". Les professionnels de l'information n'informent pas, place donc aux amateurs.
vendredi 13 février 2009
Un économiste du FMI contre les "oligarques américains"
Essayer de regonfler à coup d'inflation le système d'allocation du capital complètement pourri dans lequel nous vivons depuis au moins dix ans (sécuritisation dévoyée, déséquilibres internationaux majeurs etc...) comme s'y emploie le gouvernement américain est une erreur majeure. Ca ne marchera pas et même si ça marchait, ça ne durerait qu'un temps probablement assez court. Il faut repartir de zéro. Tous les métiers liés à la finance se trouvent aujourd'hui face à une page blanche. Quels sont les grands principes qui doivent présider à la refonte du système financier international? L'alignement d'intérêts entre celui qui prend la décision de prêter et celui qui apporte les fonds semble être un bon départ (la sécuritisation l'a mis à mal). La sous-traitance par les banques de l'évaluation des risques à des agences de notation doit également disparaître. C'est leur métier, qu'elles le fassent. Celles qui n'y arriveront pas disparaîtront et celles qui sauront le faire gagneront de l'argent (moins qu'avant).
mercredi 11 février 2009
Taleb et Roubini sur CNBC
Taleb (je paraphrase):
"There are not that many people who saw this crisis coming who are in government. Let's have Roubini in government." "I want to see people who are responsible for this crisis like Bernanke out of government".
Un journaliste l'interrompt:
"Let's bring this back to the real reason we're doing this..."
Je considère souvent les banques et le gouvernement comme une entité unique dans cette crise. Je devrais systématiquement associer les médias à cet attelage. Si j'oublie parfois en raison du caractère de plus en plus grotesque et "irrelevant" du "4ème pouvoir", sachez que le coeur y est.
mardi 10 février 2009
Vous vous étiez fait larguer pour un investment banker?
Dans le genre, la crise a révélé le concept de "toxic wife", celle qui vous laisse tomber peu de temps après votre employeur ou quand le bonus déçoit. Ou encore qui tente de se séparer rapidement pour profiter d'une date d'évaluation du capital et des revenus antérieure à la crise. Cela paraît un peu énorme mais si ce sont les déclarations fiscales qui permettent de calculer les pensions par exemple, cela peut fonctionner (Mesdames, the clock is ticking...). Voir ici sur la crise et les divorces.
Vous avez aussi "Dating A Banker Anonymous" qui a défrayé la chronique récemment où des "Gold Diggers" (chercheuses d'or) façon "Intolérable Cruauté" racontent leurs expériences.
Evidemment, à la grande époque, il y avait aussi le site traderdater.com "The world's first industry-specific online dating site, Trader Dater was built exclusively for women interested in meeting professional traders." Le site semble avoir disparu depuis.
Il n'y a pas que des victimes de la crise dans le monde réel ceci dit. On pourrait se demander par exemple ce que devient Mr Big, l'homme idéal de Carrie Bradshaw dans "Sex and the City". Son profil wikipédia dit "Entrepreneur, Financier"...
Note: Pour illustrer ce thème, la photo de Marcus Shencker (et d'une blonde), pilote privé qui a essayé de faire croire à sa mort en sautant en parachute de son avion. Il avait fait une "mini Madoff" de $50 mln et pensait s'en tirer en disparaissant. A noter qu'il dort en prison contrairement à Bernie. La photo est furieusement kitsch, symbole d'une époque en train de se terminer (il y a quand même eu $18 milliards de bonus distribués cette saison).



