vendredi 10 juillet 2009
Friday Plane Blogging
Le premier A380 peint aux couleurs d'Air France est sorti du hangar cette semaine. Vol inaugural vers New York le 9 novembre. A noter: le nouveau logo Air France.
jeudi 9 juillet 2009
Post-It
Le taux de chômage US est à 9,6%. D'après les stress tests effectués fin mai, le scénario le pire était 8,8%. Just sayin...
La bourse atteint un plus bas depuis deux mois. Une nouvelle série de pertes massives semble se profiler à l'horizon (on reparle d'AIG). La situation est singulièrement similaire à celle de l'été dernier. La bourse également s'était remise d'aplomb jusqu'à fin juin puis s'était retournée pendant l'été, pour finalement exploser en vol à la rentrée. Le plus haut en mai 2008 avait été 13000 points, en juin 2009, c'est un plus modeste 8800.
Morgan Stanley veut à nouveau "trancher" des CDOs pour donner un bon rating à une partie d'entre eux. Good luck with that. C'est en gros le mécanisme de structuration qui a permis cette crise. L'idée est toujours de faire estampiller AAA ces titres par les agences qui n'hésiteront pas à apposer doctement leur sceau.
Bon article de David Reilly de Bloomberg News sur les efforts de relations publiques des banques après la crise. En tentant de se disculper en réécrivant l'histoire de la crise ("c'est la faute à pas de chance"), elles veulent empêcher un retour de bâton de la régulation. Pour étayer son propos, le journaliste cite un professeurs d'Harvard de "Louisiana State" (je n'ai rien contre Louisiana State mais il est quand même désespérant de voir que les "elite institutions" n'arrivent toujours pas à critiquer les banques comme elles le méritent). Citant le groupement pour les relations publiques des banques: In other words, no one will buy it if we say Wall Street isn’t to blame but our members want to try anyway. (Personne ne nous croira si nous disons que Wall Street n'est pas responsable mais nous alons quand même essayer.) Good luck with that too.
La bourse atteint un plus bas depuis deux mois. Une nouvelle série de pertes massives semble se profiler à l'horizon (on reparle d'AIG). La situation est singulièrement similaire à celle de l'été dernier. La bourse également s'était remise d'aplomb jusqu'à fin juin puis s'était retournée pendant l'été, pour finalement exploser en vol à la rentrée. Le plus haut en mai 2008 avait été 13000 points, en juin 2009, c'est un plus modeste 8800.
Morgan Stanley veut à nouveau "trancher" des CDOs pour donner un bon rating à une partie d'entre eux. Good luck with that. C'est en gros le mécanisme de structuration qui a permis cette crise. L'idée est toujours de faire estampiller AAA ces titres par les agences qui n'hésiteront pas à apposer doctement leur sceau.
Bon article de David Reilly de Bloomberg News sur les efforts de relations publiques des banques après la crise. En tentant de se disculper en réécrivant l'histoire de la crise ("c'est la faute à pas de chance"), elles veulent empêcher un retour de bâton de la régulation. Pour étayer son propos, le journaliste cite un professeurs d'Harvard de "Louisiana State" (je n'ai rien contre Louisiana State mais il est quand même désespérant de voir que les "elite institutions" n'arrivent toujours pas à critiquer les banques comme elles le méritent). Citant le groupement pour les relations publiques des banques: In other words, no one will buy it if we say Wall Street isn’t to blame but our members want to try anyway. (Personne ne nous croira si nous disons que Wall Street n'est pas responsable mais nous alons quand même essayer.) Good luck with that too.
Goldman Sachs et le coup d'Etat économique
En 1953, le président de General Motors déclarait en gros: "Ce qui est bon pour GM est bon pour l'Amérique". On peut se demander aujourd'hui si la même formule légèrement adaptée ne peut pas être appliquée à Goldman Sachs: "Ce qui est mauvais pour l'Amérique est bon pour GS".
D'après un "analyste actions" de Bank of America (autant dire Mme Soleil mais le jugement est quand même intéressant en raison de l'énormité de ce qu'il révèle), Goldman serait dans les clous pour battre en 2009 son record de gains de trading établi en 2007 (record dans l'histoire de la finance, $25 milliards). Cette petite entreprise ne connaît pas la crise.
C'est en fait normal. Toutes les barrières entre l'Etat et les banques ont sauté avec la faillite de ces dernières. De manière complètement stupéfiante, les institutions financières ont utilisé leurs propres faillites comme "forcing device" pour lancer (et réussir) une OPA hostile sur l'Etat. Là où on aurait pu croire que l'inverse se produise (la reprise par l'Etat de banques en faillite), les banques ont jeté le masque et ont révélé l'emprise qu'elles avaient sur les rouages de l'Etat dans une forme inédite dans l'histoire de "coup d'Etat économique". Tout cela couvert par le sourire de l'affable Obama.
Les banques sont de fait encore plus puissantes qu'avant la crise car elles se financent désormais directement à partir de la meilleure source qui soit: les fonds publics. Elles avaient déjà plus ou moins le privilège de "battre monnaie" vu l'influence qu'elles ont par statut sur la FED. Elles se sont arrogées le droit de lever l'impôt (ce droit n'existe plus vraiment aux Etats-Unis, il vaut mieux parler du droit d'augmenter la dette). Cette usurpation ne va pas tarder à faire son chemin auprès des autres Etats et surtout des investisseurs du monde entier mais il faut bien reconnaître que pour l'instant, l'arnaque est passée comme une lettre à la poste. Il s'agit donc en réalité d'un chant du cygne* avant la chute finale (ce système a déjà magistralement échoué et ne trouvera évidemment pas de rédemption ni même d'équilibre dans sa nouvelle hypertrophie) mais tout de même: chapeaux bas!
* Un chant du cygne façon scène finale d' "Akira" dans laquelle le héro négatif se transforme en blob détruisant la moitié de la ville avant de reprendre forme humaine.
Note: j'en profite pour caser le lien vers l'article de Matt Taibbi finalement en ligne et déjà évoqué ici dans le blogo. Il s'agit d'une critique assassine de Goldman Sachs comme on n'en lit... jamais!
D'après un "analyste actions" de Bank of America (autant dire Mme Soleil mais le jugement est quand même intéressant en raison de l'énormité de ce qu'il révèle), Goldman serait dans les clous pour battre en 2009 son record de gains de trading établi en 2007 (record dans l'histoire de la finance, $25 milliards). Cette petite entreprise ne connaît pas la crise.
C'est en fait normal. Toutes les barrières entre l'Etat et les banques ont sauté avec la faillite de ces dernières. De manière complètement stupéfiante, les institutions financières ont utilisé leurs propres faillites comme "forcing device" pour lancer (et réussir) une OPA hostile sur l'Etat. Là où on aurait pu croire que l'inverse se produise (la reprise par l'Etat de banques en faillite), les banques ont jeté le masque et ont révélé l'emprise qu'elles avaient sur les rouages de l'Etat dans une forme inédite dans l'histoire de "coup d'Etat économique". Tout cela couvert par le sourire de l'affable Obama.
Les banques sont de fait encore plus puissantes qu'avant la crise car elles se financent désormais directement à partir de la meilleure source qui soit: les fonds publics. Elles avaient déjà plus ou moins le privilège de "battre monnaie" vu l'influence qu'elles ont par statut sur la FED. Elles se sont arrogées le droit de lever l'impôt (ce droit n'existe plus vraiment aux Etats-Unis, il vaut mieux parler du droit d'augmenter la dette). Cette usurpation ne va pas tarder à faire son chemin auprès des autres Etats et surtout des investisseurs du monde entier mais il faut bien reconnaître que pour l'instant, l'arnaque est passée comme une lettre à la poste. Il s'agit donc en réalité d'un chant du cygne* avant la chute finale (ce système a déjà magistralement échoué et ne trouvera évidemment pas de rédemption ni même d'équilibre dans sa nouvelle hypertrophie) mais tout de même: chapeaux bas!
* Un chant du cygne façon scène finale d' "Akira" dans laquelle le héro négatif se transforme en blob détruisant la moitié de la ville avant de reprendre forme humaine.
Note: j'en profite pour caser le lien vers l'article de Matt Taibbi finalement en ligne et déjà évoqué ici dans le blogo. Il s'agit d'une critique assassine de Goldman Sachs comme on n'en lit... jamais!
mercredi 8 juillet 2009
PPIP
Pour ceux qui se perdent dans l' "aphabet soup" qu'est devenue la litanie de programmes en tout genre destinés à sauver les banques américaines faillies avec l'argent du contribuable, le PPIP est le Public-Private Investment Program. Il s'agit d'écouler les actifs pourris des banques en créant un marché subventionné par l'Etat spécialement pour eux. Le TARP devait originellement fonctionner selon ce principe. Cela a toujours échoué. Les raisons sont multiples mais le problème essentiel est que les banques n'ont aucune idée du prix réel de ces actifs et préfèrent rester dans l'ignorance. L'Etat a donc proposé des mécanismes pour inciter les banques à ne pas s'asseoir sur leurs pertes mais à épurer le système.
Il semble que le plus gros obstacle au fonctionnement d'un tel programme ait été le gouvernement: en assouplissant les règles comptables juste à temps pour les publications des résultats du premier trimestre, elles ont créé un environnement économique qui encourage les banques à faire le dos rond au-dessus de leurs actifs pourris plutôt que de s'en débarasser. L'Etat est donc devenu un buffet où les banques viennent se servir en fonction de leurs besoins. Le TARP impose des contraintes sur les rémunérations des dirigeants? Personne n'en mange. Le PPIP oblige à réaliser des pertes qu'on peut repousser dans le futur? Idem. La réforme comptable permet de repousser les difficultés? Tout le monde en croque.
C'est le règne de l'Etat fantoche: face à des banques qui ont ruiné/ruinent des millions d'américains soit par leurs pratiques frauduleuses, soit à coup de fonds publics, l'Etat ne fait que proposer aux banquiers attablés un menu à la façon d'un maître d'hôtel. Alors que ce client devrait précisément être mis au régime sec et à la plonge car il ne paye pas ses dettes et qu'il a grugé tous les autres clients du restaurant.
L'administration a même fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention d'utiliser ses actions de banques nouvellement acquises pour exercer une influence dans les conseils d'administration. Geithner et Summers ne sont que de pathétiques hommes liges du système bancaire mais Obama ne s'en apercevra que trop tard.
A noter pour terminer sur une note d'espoir qu'Obama a organisé un dîner avec son équipe économique d'un côté et Stiglitz, Krugman et autres "contrarian" de l'autre en avril ou mai (c'est un contexte très déséquilibré: il aurait fallu qu'Obama soit seul face à eux... En bonne société et à la maison blanche en particulier, on ne confronte pas les conseillers existants en disant qu'ils sont entre les mains de Wall Street). Il est donc conscient qu'il y a une dissidence mais il est bien trop prudent pour se jeter dans cette voie qui ulcèrerait Wall Street. Il faudrait pour cela que la crise s'agrave. Le problème est que maintenant que le système bancaire fait compte commun avec l'Etat, le moment de la crise où les banques étaient à genou est passé pour de bon. On imagine mal comment des évènements traumatiques pourraient arriver à faire suffisament masse pour recréer une situation où l'Etat a les banques "en joue" à nouveau (dans un contexte où la dette pourrie qui "dépasse" est reprise par l'Etat au fil de l'eau). C'est donc le sort d'un Etat-Banque qui se joue désormais (ou plutôt de Banques-Etat). La prochaine étape de la crise n'est donc pas des faillites bancaires mais bien des faillites souveraines ce qui veut dire des crises monétaires.
On loue beaucoup les Etats pour avoir évité le "risque systémique". C'est faux. Ils se sont seulement portés garants du système et nous vivons sur le capital de crédibilité qu'il leur reste. Ils rassurent mais ils sont complètement dépassés par ces évènements auquels ils ne comprenaient déjà absolument rien avant la crise. Ils n'ont entrepris aucune réforme de structure et se sont contentés de mettre un sarcophage d'argent public sur le problème, "Tchernobyl style". Ils sont conseillés par les savants fous qui ont créé la centrale et qui sont obsédés à l'idée de la remettre en route (elle les fait manger mais elle est inutile au reste de la population qui ne fait que subir ses radiations toxiques). A part ça, tout va bien.
Il semble que le plus gros obstacle au fonctionnement d'un tel programme ait été le gouvernement: en assouplissant les règles comptables juste à temps pour les publications des résultats du premier trimestre, elles ont créé un environnement économique qui encourage les banques à faire le dos rond au-dessus de leurs actifs pourris plutôt que de s'en débarasser. L'Etat est donc devenu un buffet où les banques viennent se servir en fonction de leurs besoins. Le TARP impose des contraintes sur les rémunérations des dirigeants? Personne n'en mange. Le PPIP oblige à réaliser des pertes qu'on peut repousser dans le futur? Idem. La réforme comptable permet de repousser les difficultés? Tout le monde en croque.
C'est le règne de l'Etat fantoche: face à des banques qui ont ruiné/ruinent des millions d'américains soit par leurs pratiques frauduleuses, soit à coup de fonds publics, l'Etat ne fait que proposer aux banquiers attablés un menu à la façon d'un maître d'hôtel. Alors que ce client devrait précisément être mis au régime sec et à la plonge car il ne paye pas ses dettes et qu'il a grugé tous les autres clients du restaurant.
L'administration a même fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention d'utiliser ses actions de banques nouvellement acquises pour exercer une influence dans les conseils d'administration. Geithner et Summers ne sont que de pathétiques hommes liges du système bancaire mais Obama ne s'en apercevra que trop tard.
A noter pour terminer sur une note d'espoir qu'Obama a organisé un dîner avec son équipe économique d'un côté et Stiglitz, Krugman et autres "contrarian" de l'autre en avril ou mai (c'est un contexte très déséquilibré: il aurait fallu qu'Obama soit seul face à eux... En bonne société et à la maison blanche en particulier, on ne confronte pas les conseillers existants en disant qu'ils sont entre les mains de Wall Street). Il est donc conscient qu'il y a une dissidence mais il est bien trop prudent pour se jeter dans cette voie qui ulcèrerait Wall Street. Il faudrait pour cela que la crise s'agrave. Le problème est que maintenant que le système bancaire fait compte commun avec l'Etat, le moment de la crise où les banques étaient à genou est passé pour de bon. On imagine mal comment des évènements traumatiques pourraient arriver à faire suffisament masse pour recréer une situation où l'Etat a les banques "en joue" à nouveau (dans un contexte où la dette pourrie qui "dépasse" est reprise par l'Etat au fil de l'eau). C'est donc le sort d'un Etat-Banque qui se joue désormais (ou plutôt de Banques-Etat). La prochaine étape de la crise n'est donc pas des faillites bancaires mais bien des faillites souveraines ce qui veut dire des crises monétaires.
On loue beaucoup les Etats pour avoir évité le "risque systémique". C'est faux. Ils se sont seulement portés garants du système et nous vivons sur le capital de crédibilité qu'il leur reste. Ils rassurent mais ils sont complètement dépassés par ces évènements auquels ils ne comprenaient déjà absolument rien avant la crise. Ils n'ont entrepris aucune réforme de structure et se sont contentés de mettre un sarcophage d'argent public sur le problème, "Tchernobyl style". Ils sont conseillés par les savants fous qui ont créé la centrale et qui sont obsédés à l'idée de la remettre en route (elle les fait manger mais elle est inutile au reste de la population qui ne fait que subir ses radiations toxiques). A part ça, tout va bien.
L'euphémisme, allié indispensable de l'Amérique Bushiste et post-Bush
L'euphémisme le plus mémorable de l'Amérique bushiste a sans doute été d'appeler "Enhanced Interrogation Techniques" (technique d'interrogation améliorée) ce qui n'était pas autre chose que la bonne vieille torture. Utile pour tenter de réduire le fossé entre les valeurs proclamées et la réalité sur le terrain.
Dans l'Amérique post-Bush, un autre euphémisme est de plus en plus utilisé dans la sphère économique depuis un mois ou deux: "regulatory capture" (capture du régulateur par les intérêts qu'il régule). Le concept n'est pas nouveau comme me l'a fait remarquer "W.". Il y a même une entrée wikipédia à son sujet qui le fait remonter à Woodrow Wilson. Il a en tout cas une nouvelle vie dans le débat public depuis peu. Comment mieux décrire la réalité américaine actuelle que par la "capture" des régulateurs par les industries qu'ils sont censés réguler?
Il y a en réalité une bien meilleure description: on doit parler de corruption. Le problème c'est qu'en utilisant "corruption" (comme en utilisant "torture") on sort du débat policé et on ne laisse plus à la population la possibilité confortable de nier l'évidence et d'accepter l'inacceptable. Sans euphémisme, pas de bushisme.
Note: l'entrée wikipédia sur "regulatory capture" parle de "deep capture", stade plus avancé dont la description fait vraiment penser à la situation actuelle: Some economists, such as Jon Hansen and his co-authors, argue that the phenomenon extends beyond just political agencies and organizations. Businesses have an incentive to control anything that has power over them, including institutions from the media to academia to popular culture, and thus will try to capture them as well. When this happens, they call this phenomenon "deep capture." En plus de la complicité des régulateurs, la bulle de l'immobilier a eu besoin d'un soutien médiatique et académique pour suivre le cour grotesque qu'elle a suivi:
A la lecture de ce graphe, on ne peut que rester circonspect face aux "J'm'ai trompé" embarassés de la FED. N'y a-t-il personne dans cette institution qui n'ait été capable de lire un graphe?
Dans l'Amérique post-Bush, un autre euphémisme est de plus en plus utilisé dans la sphère économique depuis un mois ou deux: "regulatory capture" (capture du régulateur par les intérêts qu'il régule). Le concept n'est pas nouveau comme me l'a fait remarquer "W.". Il y a même une entrée wikipédia à son sujet qui le fait remonter à Woodrow Wilson. Il a en tout cas une nouvelle vie dans le débat public depuis peu. Comment mieux décrire la réalité américaine actuelle que par la "capture" des régulateurs par les industries qu'ils sont censés réguler?
Il y a en réalité une bien meilleure description: on doit parler de corruption. Le problème c'est qu'en utilisant "corruption" (comme en utilisant "torture") on sort du débat policé et on ne laisse plus à la population la possibilité confortable de nier l'évidence et d'accepter l'inacceptable. Sans euphémisme, pas de bushisme.
Note: l'entrée wikipédia sur "regulatory capture" parle de "deep capture", stade plus avancé dont la description fait vraiment penser à la situation actuelle: Some economists, such as Jon Hansen and his co-authors, argue that the phenomenon extends beyond just political agencies and organizations. Businesses have an incentive to control anything that has power over them, including institutions from the media to academia to popular culture, and thus will try to capture them as well. When this happens, they call this phenomenon "deep capture." En plus de la complicité des régulateurs, la bulle de l'immobilier a eu besoin d'un soutien médiatique et académique pour suivre le cour grotesque qu'elle a suivi:

A la lecture de ce graphe, on ne peut que rester circonspect face aux "J'm'ai trompé" embarassés de la FED. N'y a-t-il personne dans cette institution qui n'ait été capable de lire un graphe?
Post-It
Les lecteurs assidus du blogo savent que les présidents américains remercient les gros donateurs avec des postes d'ambassadeur. Obama continue. Ce post décrivait le cas de six ambassadeurs dont un issu de Citigroup nommé à Londre. Un ancien de Goldman Sachs est nommé à Berlin.
Troubles en Chine. S'agit-il seulement de tensions inter-ethniques ou la crise économique a-t-elle un rôle dans le développement de ces émeutes? Il y a un contentieux économique entre les Hans et les Ouïghours semble-t-il. Est-il exacerbé par la crise?
Roubini ne voit pas de reprise avant 2010 et une reprise très faible d'ici là. Le point bas pour les prix de l'immobilier est prévu pour la mi-2010 (Newsletter d'aujourd'hui).
Il est déjà question d'un deuxième stimulus aux Etats-Unis. Il est vrai qu'il est communément admis que l'endettement n'a aucune conséquence. Dès lors, pourquoi s'en priver? A noter que la maison blanche indique que ces discussions sont prématurées.
Troubles en Chine. S'agit-il seulement de tensions inter-ethniques ou la crise économique a-t-elle un rôle dans le développement de ces émeutes? Il y a un contentieux économique entre les Hans et les Ouïghours semble-t-il. Est-il exacerbé par la crise?
Roubini ne voit pas de reprise avant 2010 et une reprise très faible d'ici là. Le point bas pour les prix de l'immobilier est prévu pour la mi-2010 (Newsletter d'aujourd'hui).
Il est déjà question d'un deuxième stimulus aux Etats-Unis. Il est vrai qu'il est communément admis que l'endettement n'a aucune conséquence. Dès lors, pourquoi s'en priver? A noter que la maison blanche indique que ces discussions sont prématurées.
mardi 7 juillet 2009
La City et Wall Street
Michel Rocard s'exprime sur la crise dans Le Monde et il a une vision assez noire. Il attribue les difficultés récentes de Gordon Brown à un putsch de la City qui n'apprécie pas ses nouvelles régulations. Je dois dire que j'y avais jeté un regard transversal mais que je n'avais pas identifié la City comme la principale force derrière ce coup raté. J'imagine que si on connaît les protagonistes, cela doit sauter aux yeux.
Je crois comprendre comment la volonté de Wall Street est relayée dans les lobbies du pouvoir à Washington mais le Royaume-Uni est un peu dans un angle mort pour le Blogo. J'ai déjà cité Jacques Attali disant que la City avait un poids considérable dans la politique britannique. Il semble que Michel Rocard ait les mêmes infos et je n'ai aucune raison de douter de leur analyse.
Je crois comprendre comment la volonté de Wall Street est relayée dans les lobbies du pouvoir à Washington mais le Royaume-Uni est un peu dans un angle mort pour le Blogo. J'ai déjà cité Jacques Attali disant que la City avait un poids considérable dans la politique britannique. Il semble que Michel Rocard ait les mêmes infos et je n'ai aucune raison de douter de leur analyse.
lundi 6 juillet 2009
Une récession pas comme les autres...
Graphe représentant les baisses d'emploi en pourcent à partir du mois où la récession a été déclarée. Hang on. (J'ai changé le graphe pour des raisons de clarté mais l'idée est la même, celui-là vient de "Calculated risk", l'autre était une version modifiée par "The Big Picture".)
samedi 4 juillet 2009
Ploutocratie
Ca ne s'invente pas. Illustration de la démesure des fortunes amassées aux Etats-Unis, cette enquête de l'université d'Harvard destinée à des anciens élèves: la dernière catégorie proposée pour faire état de ses revenus annuels est "$5,000,000 ou plus", la dernière catégorie pour le niveau de capital est "$50,000,000 ou plus".
(Par le biais d'un journaliste connu qui a reçu le questionnaire.)
C'est une réalité qui est difficile à appréhender si on n'a pas vécu aux Etats-Unis à proximité des classes privilégiées mais qui est au coeur du système social que dénonce le blogo. Il est très facile de déterminer des différences objectives de performances entre des individus mais beaucoup plus délicat de déterminer comment ces différences doivent se traduire en termes économiques. Il est souhaitable que la société rétribue l'effort. Il est également normal qu'en fonction de ses capacités, de ses efforts et de sa sensibilité, un individu puisse avoir le choix entre des carrières plus ou moins rémunératrices.
Une fois qu'on a dit ça, tout est affaire de degrés et c'est là que le bât a blessé aux Etats-Unis circa 90s-00s. Laisser des différences toujours croissantes s'instaurer entre les revenus des individus conduit tôt ou tard à la ploutocratie. Passé un certain point (qui peut varier selon les structures politiques d'un pays - rigueur des lois de financement de campagne par exemple) assez d'argent rassemblé dans assez peu de mains fini par être capable de corrompre les institutions d'un pays au service exclusif d'un petit groupe. Dès lors, une mécanique implacable se met en place visant à renforcer en permanence la richesse et l'influence de cette fraction de la population et cela se termine par ce à quoi on a assisté ces dernières années aux Etats-Unis (voir les "Bush tax cuts"). La concentration des richesses dans trop peu de mains est un risque qui peut s'avérer fatal pour les démocraties. C'est un risque insidieux car comme la proverbiale grenouille qui ne sent pas que l'eau dans laquelle elle se trouve est portée à ébullition, cette évolution est progressive et le moment exact du basculement n'est pas facilement identifiable (quand le parti de gauche se met à défendre les plus riches avec le même entrain que le parti de droite, comme sous Clinton par exemple, on peut dire en gros que la messe est dite). L'hypocrisie consistant à dire que des rémunérations extravagantes sont justifiées par un "mécanisme de marché" n'est que cela: un moyen spécieux de justifier tout et n'importe quoi dans un but idéologique. Les mécanismes de marché pur et parfait n'existent nulle-part dans nos sociétés*, les invoquer précisément en cette matière est une mascarade. L'idée que les inégalités débridées augmentent le bien commun ("trickle down economics" voir fin du post) est une ineptie en train d'être démentie par la crise (c'était une clé de voûte de l'argumentaire de vente néolibérale - RIP 2007).
Je n'ai d'ailleurs pour ma part jamais compris comment des actionnaires pouvaient accorder ces rémunérations astronomiques à des dirigeants. Assez vite, le dirigeant devient indépendant financièrement (les actionnaires n'ont plus de prises sur lui car à la fin des fins, il a fortune faite) et il ne trouvera donc plus de motivation financière que dans une surenchère permanente et une prise de risque maximale. Les actionnaires des banques ont payé au prix fort l'imbécilité des pratiques de rémunérations qu'ils avaient laissées se mettre en place (et encore, Obama leur a sauvé la mise en empêchant que leurs actions tombent à leurs niveaux réels: zéro).
* Laisser libre cours aux mécanismes de marché aboutit à la concentration et au monopole. L'Etat doit alors organiser la concurrence avec notamment des mesures anti-trust (jetées aux oubliettes sous la présidence Bush par exemple - il n'y a quasiment pas eu de procédures engagées). Sans Etat, pas de marchés. Evidemment, l'Etat organise bien trop souvent des oligopoles comme dans la téléphonie mobile ou dans l'audiovisuel en France au lieu d'une vraie concurrence qui bénéficie aux citoyens (le lecteur "W." me dit que l'internet fixe en France est un exemple plutôt réussi d'organisation du marché qui a abouti à une "saine émulation" conduisant à un taux d'équipement et à une vitesse d'internet plus élevée en France que dans d'autres pays). De toute façon, quel que soit le secteur, aucune bataille n'est gagnée une fois pour toute et il est primordial qu'en toute circonstance, un régulateur respecté ait la volonté et les moyens d'imposer les règles de marché qui bénéficient le plus possible aux consommateurs. Trouver les moyens de rendre ces régulateurs efficaces et indépendants des entreprises du secteur qu'ils pilotent est un des enjeux managériaux cruciaux du monde de l'après-crise. La lutte des régulés pour acheter le régulateur ne connaît aucun répit, le régulateur doit l'accepter et mener également une lutte sans répit pour l'empêcher. Il appartient aux représentants du peuple d'identifier et de rectifier toute situation qui dérape. On pourrait imaginer par exemple qu'un groupe d'une vingtaine de députés soit en mesure de déclencher des enquêtes sur un marché donné...
(Par le biais d'un journaliste connu qui a reçu le questionnaire.)
C'est une réalité qui est difficile à appréhender si on n'a pas vécu aux Etats-Unis à proximité des classes privilégiées mais qui est au coeur du système social que dénonce le blogo. Il est très facile de déterminer des différences objectives de performances entre des individus mais beaucoup plus délicat de déterminer comment ces différences doivent se traduire en termes économiques. Il est souhaitable que la société rétribue l'effort. Il est également normal qu'en fonction de ses capacités, de ses efforts et de sa sensibilité, un individu puisse avoir le choix entre des carrières plus ou moins rémunératrices.
Une fois qu'on a dit ça, tout est affaire de degrés et c'est là que le bât a blessé aux Etats-Unis circa 90s-00s. Laisser des différences toujours croissantes s'instaurer entre les revenus des individus conduit tôt ou tard à la ploutocratie. Passé un certain point (qui peut varier selon les structures politiques d'un pays - rigueur des lois de financement de campagne par exemple) assez d'argent rassemblé dans assez peu de mains fini par être capable de corrompre les institutions d'un pays au service exclusif d'un petit groupe. Dès lors, une mécanique implacable se met en place visant à renforcer en permanence la richesse et l'influence de cette fraction de la population et cela se termine par ce à quoi on a assisté ces dernières années aux Etats-Unis (voir les "Bush tax cuts"). La concentration des richesses dans trop peu de mains est un risque qui peut s'avérer fatal pour les démocraties. C'est un risque insidieux car comme la proverbiale grenouille qui ne sent pas que l'eau dans laquelle elle se trouve est portée à ébullition, cette évolution est progressive et le moment exact du basculement n'est pas facilement identifiable (quand le parti de gauche se met à défendre les plus riches avec le même entrain que le parti de droite, comme sous Clinton par exemple, on peut dire en gros que la messe est dite). L'hypocrisie consistant à dire que des rémunérations extravagantes sont justifiées par un "mécanisme de marché" n'est que cela: un moyen spécieux de justifier tout et n'importe quoi dans un but idéologique. Les mécanismes de marché pur et parfait n'existent nulle-part dans nos sociétés*, les invoquer précisément en cette matière est une mascarade. L'idée que les inégalités débridées augmentent le bien commun ("trickle down economics" voir fin du post) est une ineptie en train d'être démentie par la crise (c'était une clé de voûte de l'argumentaire de vente néolibérale - RIP 2007).
Je n'ai d'ailleurs pour ma part jamais compris comment des actionnaires pouvaient accorder ces rémunérations astronomiques à des dirigeants. Assez vite, le dirigeant devient indépendant financièrement (les actionnaires n'ont plus de prises sur lui car à la fin des fins, il a fortune faite) et il ne trouvera donc plus de motivation financière que dans une surenchère permanente et une prise de risque maximale. Les actionnaires des banques ont payé au prix fort l'imbécilité des pratiques de rémunérations qu'ils avaient laissées se mettre en place (et encore, Obama leur a sauvé la mise en empêchant que leurs actions tombent à leurs niveaux réels: zéro).
* Laisser libre cours aux mécanismes de marché aboutit à la concentration et au monopole. L'Etat doit alors organiser la concurrence avec notamment des mesures anti-trust (jetées aux oubliettes sous la présidence Bush par exemple - il n'y a quasiment pas eu de procédures engagées). Sans Etat, pas de marchés. Evidemment, l'Etat organise bien trop souvent des oligopoles comme dans la téléphonie mobile ou dans l'audiovisuel en France au lieu d'une vraie concurrence qui bénéficie aux citoyens (le lecteur "W." me dit que l'internet fixe en France est un exemple plutôt réussi d'organisation du marché qui a abouti à une "saine émulation" conduisant à un taux d'équipement et à une vitesse d'internet plus élevée en France que dans d'autres pays). De toute façon, quel que soit le secteur, aucune bataille n'est gagnée une fois pour toute et il est primordial qu'en toute circonstance, un régulateur respecté ait la volonté et les moyens d'imposer les règles de marché qui bénéficient le plus possible aux consommateurs. Trouver les moyens de rendre ces régulateurs efficaces et indépendants des entreprises du secteur qu'ils pilotent est un des enjeux managériaux cruciaux du monde de l'après-crise. La lutte des régulés pour acheter le régulateur ne connaît aucun répit, le régulateur doit l'accepter et mener également une lutte sans répit pour l'empêcher. Il appartient aux représentants du peuple d'identifier et de rectifier toute situation qui dérape. On pourrait imaginer par exemple qu'un groupe d'une vingtaine de députés soit en mesure de déclencher des enquêtes sur un marché donné...
vendredi 3 juillet 2009
jeudi 2 juillet 2009
mardi 30 juin 2009
Roubini sur la Blogo Compliant List
Vous vous souvenez peut-être que j'avais passé son cas en revue et que j'hésitais car je le trouvais un peu indulgent avec le système bancaire et Geithner en particulier. Je lui prêtais l'intention de préserver ses chances de travailler un jour pour Obama. Dans sa newsletter, il déclare que le processus de fin de la domination du dollar a commencé. Welcome on the BCL, Nouriel.
Nouriel Roubini: The process that will lead - in the medium to long term - to a challenge of the U.S. dollar as the major global reserve currency has started. The U.S. creditors - the BRICs, the Gulf states and others - are becoming increasingly alarmed that the U.S. will deal with its unsustainable fiscal path via inflation and debasement of the value of the U.S. dollar via depreciation. So they will not sit idly waiting for this to happen: they are already diversifying into gold, into resources (as China purchases mines and energy, mineral and commodity resources all over the world)
Nouriel Roubini: The process that will lead - in the medium to long term - to a challenge of the U.S. dollar as the major global reserve currency has started. The U.S. creditors - the BRICs, the Gulf states and others - are becoming increasingly alarmed that the U.S. will deal with its unsustainable fiscal path via inflation and debasement of the value of the U.S. dollar via depreciation. So they will not sit idly waiting for this to happen: they are already diversifying into gold, into resources (as China purchases mines and energy, mineral and commodity resources all over the world)
Goldman Sachs bashing (avec de l'extra violence!)
Matt Taibbi se paye Goldman Sachs dans Rolling Stones Magazine (pas dans le NYT!). Ce long article n'est pas encore disponible sous un format très lisible. Il est long mais il mérite d'être lu ( il est en anglais).
Des années 20 au TARP en passant par la bulle internet et la bulle de l'immobilier, tout y passe. On est souvent tenté de remplacer "Goldman" par "Wall Street" dans l'article mais il faut bien reconnaître que s'il y a un barycentre des pôles de décision dans la sphère politico-financière (en incluant dans le mix la FED, le gouvernement et le congrès qui font désormais "compte commun" avec le système bancaire), il ne peut pas raisonnablement être très éloigné de 85, Broad Street*. Dans cet ensemble, Goldman a une place complètement centrale. Que ce soit en termes de résultats financiers, d'appuis politiques ou de soutiens médiatiques, Goldman est "second to none" (en première position). Rôle central illustré par exemple par la présence incongrue de son CEO en septembre 2008 dans une réunion sur le sauvetage d'AIG entre le gouvernement, la FED et les régulateurs. Ce sauvetage a été opéré selon des modalités qui allaient faire de GS son premier bénéficiaire ($13 milliards).
Selon Taibbi, tout est la faute de Goldman. Et si d'autres étaient également responsables, Goldman est encore plus coupable car ils ne se sont pas faits avoir. Alors excessif et délirant? Not so fast... Dans des marchés financiers qui déboussolent à peu près tout le monde, l'idée que le chaos puisse être organisé et que des firmes passent systématiquement par "la case départ en touchant 20,000 francs" est répandue. La crise a démontré que Wall Street n'a pas de fondations éthiques (contrairement à ce que voulait nous faire croire le conte moral relaté en 1987 dans le film éponyme qui a décidément vieilli). Les ententes, les manipulations de cours, les fraudes, la corruption y sont monnaie courante et presque jamais sanctionnées. Sans parler de l'extorsion pure et simple de fonds du gouvernement dans des proportions irréelles quand le besoin s'en est fait sentir. La SEC et les autres régulateurs sont des tigres de papier (Madoff, subprime etc...).
La crise aurait dû être l'occasion de la remise à plat de Wall Street et de son institution phare, Goldman Sachs. Leurs agissements ont causé assez de désolation pour justifier un examen plus approfondi que l'admiration béate que nous propose le tryptique (WSJ, FT, The Economist qui n'ont cessé de nous présenter depuis des années les responsables de la sphère financière comme des divinités grecques, des directeurs de la FED aux CEOs de banques). Plus d'articles critiques comme celui de Taibbi permettraient de créer le soutien nécessaire à la restructuration du système bancaire devenu un énorme boulet pour la démocratie américaine (et le contribuable). Pour l'instant, la crise a plutôt renforcé les (nombreux) acteurs qui ont été secourus en créant un magma comptable dans lequel on ne peut plus distinguer la dette des banques et la dette de l'Etat. Avec le trésor de guerre accumulé par les banques (et les banquiers) ces dernières années, il est clair qu'elles ont les moyens de faire la pluie et le beau temps à Washington pendant encore un certain temps. La crise s'aggravera-t-elle assez pour que l'Etat restructure finalement les institutions financières** et qu'on revienne à un système fonctionnant plus ou moins comme dans la période 1945-1985?
Si cela ne se produit pas, on peut compter sur les banques livrées à nouveau à elles-mêmes pour générer une nouvelle crise plus grave dans quelques années qui aboutira cette fois-ci aux restructurations et à l'assainissement nécessaires. La thèse du Blogo est que cette crise est "la bonne", celle qui va obliger à la réforme. Si cela s'avère vrai, ça n'est bien évidemment pas une bonne nouvelle car seule une crise très grave peut déstabiliser un système financier qui a une telle emprise sur le pouvoir politique. Comme le montre le sauvetage des banques, il est clair que la structure de pouvoir ne se rendra pas sans combattre et que sa déstabilisation apparaît comme une proposition politique très risquée. Il n'en demeure pas moins que ce genre de séïsme arrive comme l'a prouvé la fin de l'empire soviétique (ce sont bien les structures de l'empire américain qui sont testées aujourd'hui - notamment son financement par la dette en particulier de son armée).
*adresse de GS.
** La non-restructuration n'est pas forcément un mauvais choix pour l'instant du point de vue américain: que resterait-il de la puissance américaine (ie: de sa capacité à attirer des capitaux) si l'Etat avait été honnête sur la situation de l'industrie bancaire en l'envoyant à la casse? Le "rêve américain" des investisseurs n'y aurait sans doute pas résisté et les Etats-Unis auraient sans doute déjà connu une grave crise de financement (et nous aussi probablement). Les américains ont tout intérêt à maintenir les apparences le plus longtemps possible. La réforme ne pourra venir que de l'extérieur quand les créditeurs tireront l'échelle. Ne comptons pas sur les américains pour donner le coup de pied de l'âne à un système dont ils sont les bénéficiaires. Les MSM (vieux médias) nous disent que cette crise systémique a été évitée. El Blogo maintient qu'elle n'a été que repoussée. Pour combien de temps? J'avais mis beaucoup de jetons sur l'année 2009 et sur le premier semestre en particulier (qui se termine aujourd'hui... raté). Stay tuned.
Des années 20 au TARP en passant par la bulle internet et la bulle de l'immobilier, tout y passe. On est souvent tenté de remplacer "Goldman" par "Wall Street" dans l'article mais il faut bien reconnaître que s'il y a un barycentre des pôles de décision dans la sphère politico-financière (en incluant dans le mix la FED, le gouvernement et le congrès qui font désormais "compte commun" avec le système bancaire), il ne peut pas raisonnablement être très éloigné de 85, Broad Street*. Dans cet ensemble, Goldman a une place complètement centrale. Que ce soit en termes de résultats financiers, d'appuis politiques ou de soutiens médiatiques, Goldman est "second to none" (en première position). Rôle central illustré par exemple par la présence incongrue de son CEO en septembre 2008 dans une réunion sur le sauvetage d'AIG entre le gouvernement, la FED et les régulateurs. Ce sauvetage a été opéré selon des modalités qui allaient faire de GS son premier bénéficiaire ($13 milliards).
Selon Taibbi, tout est la faute de Goldman. Et si d'autres étaient également responsables, Goldman est encore plus coupable car ils ne se sont pas faits avoir. Alors excessif et délirant? Not so fast... Dans des marchés financiers qui déboussolent à peu près tout le monde, l'idée que le chaos puisse être organisé et que des firmes passent systématiquement par "la case départ en touchant 20,000 francs" est répandue. La crise a démontré que Wall Street n'a pas de fondations éthiques (contrairement à ce que voulait nous faire croire le conte moral relaté en 1987 dans le film éponyme qui a décidément vieilli). Les ententes, les manipulations de cours, les fraudes, la corruption y sont monnaie courante et presque jamais sanctionnées. Sans parler de l'extorsion pure et simple de fonds du gouvernement dans des proportions irréelles quand le besoin s'en est fait sentir. La SEC et les autres régulateurs sont des tigres de papier (Madoff, subprime etc...).
La crise aurait dû être l'occasion de la remise à plat de Wall Street et de son institution phare, Goldman Sachs. Leurs agissements ont causé assez de désolation pour justifier un examen plus approfondi que l'admiration béate que nous propose le tryptique (WSJ, FT, The Economist qui n'ont cessé de nous présenter depuis des années les responsables de la sphère financière comme des divinités grecques, des directeurs de la FED aux CEOs de banques). Plus d'articles critiques comme celui de Taibbi permettraient de créer le soutien nécessaire à la restructuration du système bancaire devenu un énorme boulet pour la démocratie américaine (et le contribuable). Pour l'instant, la crise a plutôt renforcé les (nombreux) acteurs qui ont été secourus en créant un magma comptable dans lequel on ne peut plus distinguer la dette des banques et la dette de l'Etat. Avec le trésor de guerre accumulé par les banques (et les banquiers) ces dernières années, il est clair qu'elles ont les moyens de faire la pluie et le beau temps à Washington pendant encore un certain temps. La crise s'aggravera-t-elle assez pour que l'Etat restructure finalement les institutions financières** et qu'on revienne à un système fonctionnant plus ou moins comme dans la période 1945-1985?
Si cela ne se produit pas, on peut compter sur les banques livrées à nouveau à elles-mêmes pour générer une nouvelle crise plus grave dans quelques années qui aboutira cette fois-ci aux restructurations et à l'assainissement nécessaires. La thèse du Blogo est que cette crise est "la bonne", celle qui va obliger à la réforme. Si cela s'avère vrai, ça n'est bien évidemment pas une bonne nouvelle car seule une crise très grave peut déstabiliser un système financier qui a une telle emprise sur le pouvoir politique. Comme le montre le sauvetage des banques, il est clair que la structure de pouvoir ne se rendra pas sans combattre et que sa déstabilisation apparaît comme une proposition politique très risquée. Il n'en demeure pas moins que ce genre de séïsme arrive comme l'a prouvé la fin de l'empire soviétique (ce sont bien les structures de l'empire américain qui sont testées aujourd'hui - notamment son financement par la dette en particulier de son armée).
*adresse de GS.
** La non-restructuration n'est pas forcément un mauvais choix pour l'instant du point de vue américain: que resterait-il de la puissance américaine (ie: de sa capacité à attirer des capitaux) si l'Etat avait été honnête sur la situation de l'industrie bancaire en l'envoyant à la casse? Le "rêve américain" des investisseurs n'y aurait sans doute pas résisté et les Etats-Unis auraient sans doute déjà connu une grave crise de financement (et nous aussi probablement). Les américains ont tout intérêt à maintenir les apparences le plus longtemps possible. La réforme ne pourra venir que de l'extérieur quand les créditeurs tireront l'échelle. Ne comptons pas sur les américains pour donner le coup de pied de l'âne à un système dont ils sont les bénéficiaires. Les MSM (vieux médias) nous disent que cette crise systémique a été évitée. El Blogo maintient qu'elle n'a été que repoussée. Pour combien de temps? J'avais mis beaucoup de jetons sur l'année 2009 et sur le premier semestre en particulier (qui se termine aujourd'hui... raté). Stay tuned.
La FED fuite...
Il semble que la FED fuite (ses communiqués sont précédés d'interventions substantielles sur les marchés quelques minutes avant). Rien de très surprenant pour une institution qui est au centre des déboires de l'économie mondiale. Il n'y a évidemment pas de réaction de la SEC, à l'américaine!
dimanche 28 juin 2009
Post-It
Les banques s'organisent autour d'une association, le SIFMA, pour lancer une opération de relations publiques pour améliorer leur image. Ca va être marrant d'essayer d'identifier les articles qui seront une conséquence directe de cet effort.
L'inflation prédite partout (sur le blogo aussi) n'arrive pas toujours pas.
La FED n'intéressait pas les lobbyists dans le passé. Maintenant qu'elle fait la pluie et le beau temps sur les marchés en décidant quelles obligations sont autorisées ou non dans ses programmes (TARP TALF PPIP and all this alphabet soup), les lobbyists fondent sur elle comme le décrit Caroline Baum de Bloomberg News. Cela me rappelle une émission de feu "La 5" de Berlusconi: "Mondo Dingo" (c'est pas beau l'internet? voir ci-dessous).
L'inflation prédite partout (sur le blogo aussi) n'arrive pas toujours pas.
La FED n'intéressait pas les lobbyists dans le passé. Maintenant qu'elle fait la pluie et le beau temps sur les marchés en décidant quelles obligations sont autorisées ou non dans ses programmes (TARP TALF PPIP and all this alphabet soup), les lobbyists fondent sur elle comme le décrit Caroline Baum de Bloomberg News. Cela me rappelle une émission de feu "La 5" de Berlusconi: "Mondo Dingo" (c'est pas beau l'internet? voir ci-dessous).
samedi 27 juin 2009
La face cachée du TARP
Vous vous souvenez que quand Paulson a fait passer le TARP (chèque en blanc pour Wall Street qui tenait sur trois pages...) devant le congrès en octobre dernier, il s'est d'abord fait retoquer par la chambre des représentants (le sénat, plus corrompu, ne s'est pas joint à cette opposition). La demande de Paulson était assez extravagante pour que les représentants la rejettent.
Deux semaines après, le TARP était accepté après une grosse pression médiatique pro-banques (dans le goût "nous allons tous mourir très prochainement si les banques ne sont pas innondées d'argent public" ou à peu près). Il s'avère que la seule pression médiatique n'y a pas suffi et que les votes ont été gagné à l'américaine, représentant par représentant, chacun monnayant son vote contre des dépenses bénéficiant à leurs soutiens de campagne (pas à leurs électeurs bien évidemment...).
Bloomberg évalue à $150 milliards les "tax breaks" (baisses d'impôts) qui ont été nécessaires pour faire passer les $700 milliards du TARP. On sera donc rassuré de voir que les dépenses insensées réalisées pour le sauvetage du banque n'ont été possibles qu'en autorisant en loucedé core plus de dépenses. $7 pour les banques coûtent ainsi $1,5 pour tous les autres lobbies. On se demande vraiment pourquoi plus de voix ne se font pas entendre pour exiger qu'il soit mis fin à l'impérium financier américain sur le monde quand on voit la réalité du fonctionnement du système politique. Cela montre également à quel point l'idée de responsabilité est éloignée des politiques américains: frappé par une crise financière qui, de manière évidente, annonce une période de vache maigre, les mesures de sauvetage du système (bonnes ou mauvaises - en l'occurrence mauvaises selon le blogo) sont l'occasion de diminuer encore les ressources de l'Etat. C'est toujours l'idéologie des trente dernières années de "la baisse d'impôts favorisant la croissance" qui domine. Son corollaire, la dette, est caché sous le tapis (qui commence à avoir une forme bombée).
Extrait de la news bloom:
The hurried legislation adopted by a Congress voting under the threat of sudden global economic collapse led to hidden tax breaks for firms in dozens of industries. They included builders of Nascar auto-racing tracks, restaurant chains such as Burger King Holdings Inc., movie and television producers — and London’s Diageo.
Deux semaines après, le TARP était accepté après une grosse pression médiatique pro-banques (dans le goût "nous allons tous mourir très prochainement si les banques ne sont pas innondées d'argent public" ou à peu près). Il s'avère que la seule pression médiatique n'y a pas suffi et que les votes ont été gagné à l'américaine, représentant par représentant, chacun monnayant son vote contre des dépenses bénéficiant à leurs soutiens de campagne (pas à leurs électeurs bien évidemment...).
Bloomberg évalue à $150 milliards les "tax breaks" (baisses d'impôts) qui ont été nécessaires pour faire passer les $700 milliards du TARP. On sera donc rassuré de voir que les dépenses insensées réalisées pour le sauvetage du banque n'ont été possibles qu'en autorisant en loucedé core plus de dépenses. $7 pour les banques coûtent ainsi $1,5 pour tous les autres lobbies. On se demande vraiment pourquoi plus de voix ne se font pas entendre pour exiger qu'il soit mis fin à l'impérium financier américain sur le monde quand on voit la réalité du fonctionnement du système politique. Cela montre également à quel point l'idée de responsabilité est éloignée des politiques américains: frappé par une crise financière qui, de manière évidente, annonce une période de vache maigre, les mesures de sauvetage du système (bonnes ou mauvaises - en l'occurrence mauvaises selon le blogo) sont l'occasion de diminuer encore les ressources de l'Etat. C'est toujours l'idéologie des trente dernières années de "la baisse d'impôts favorisant la croissance" qui domine. Son corollaire, la dette, est caché sous le tapis (qui commence à avoir une forme bombée).
Extrait de la news bloom:
The hurried legislation adopted by a Congress voting under the threat of sudden global economic collapse led to hidden tax breaks for firms in dozens of industries. They included builders of Nascar auto-racing tracks, restaurant chains such as Burger King Holdings Inc., movie and television producers — and London’s Diageo.
“It’s kind of like the magician’s sleight of hand,” says former House Ways and Means Committee Chairman William Thomas, a California Republican who ran the committee from 2001 to 2007 and oversaw all tax legislation. “They snuck these things in a bill that was focused on other things.”
Congress inserted the tax benefits for companies other than banks in a fog of confusion and panic after the House of Representatives rejected the first attempt to fund the bank support effort urged by then President George W. Bush and Treasury Secretary Henry Paulson
CRA et subprime
Le "Orange County Register" publie un article infirmant la thèse propagée par Wall Street en septembre dernier selon laquelle une régulation contraignant les banques à prêter dans des communautés moins favorisées (CRA - Community Reinvestment Act) était à l'origine des difficultés du subprime et de la crise financière. Il s'agissait à l'époque de rejeter la responsabilité de de la crise de manière voilée sur les minorités prépondérantes dans ces communautés. L'idée que les banques se soient laissées embarquer dans le "predatory lending" (prêts prédateurs) à cause d'un programme d'aide aux minorités était évidemment risible (il n'y a qu'à voir les forces en présence au congrès pour s'en persuader - l'argent du bailout ne s'est pas déversé sur les minorités, je vous l'assure).
Cet article remet les choses à leur place et met probablement aussi le doigt sur une campagne médiatique qu'il serait probablement intéressant d'analyser (éditorial du WSJ, Larry Kudlow sur CNBC... Où cet élément de désinformation est-il né? Qui l'a propagé? Quel a été son impact dans la déflection des reproches contre Wall Street alors qu'AIG, Lehman et Fannie Freddie périclitaient et que Paulson préparait le plus grand détournement de fonds de l'histoire?). Another day on Wall Street... (via The Big Picture)
Cet article remet les choses à leur place et met probablement aussi le doigt sur une campagne médiatique qu'il serait probablement intéressant d'analyser (éditorial du WSJ, Larry Kudlow sur CNBC... Où cet élément de désinformation est-il né? Qui l'a propagé? Quel a été son impact dans la déflection des reproches contre Wall Street alors qu'AIG, Lehman et Fannie Freddie périclitaient et que Paulson préparait le plus grand détournement de fonds de l'histoire?). Another day on Wall Street... (via The Big Picture)
Obama aussi opaque que Bush dans de nombreux domaines
Cela n'a pas échappé à Bob Herbert du New York Times qui l'erreinte dans un op-ed.
Ni à Jon Stewart:
Ni à Jon Stewart:
| The Daily Show With Jon Stewart | Mon - Thurs 11p / 10c | |||
| Cheney Predacted | ||||
| thedailyshow.com | ||||
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vendredi 26 juin 2009
Michael Jackson est mort
Je dois dire que je ne me sens pas très souvent affecté par la mort de célébrités mais là, c'est un peu spécial. Pour la postérité.
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