vendredi 4 septembre 2009

Friday Plane Blogging

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jeudi 3 septembre 2009

Comment ça marche?

Cet article du NYT nous éclaire sur le fonctionnement de la politique aux Etats-Unis qui fait qu'indépendamment des résultats des élections, c'est toujours une politique de droite servant les mêmes agendas et les mêmes "corporate interests" qui est suivie. Le changement de majorité au sénat et à la chambre des représentants en 2006 n'avaient déjà posé aucune difficulté à Bush dans la poursuite de ses politiques. Les démocrates justifiaient alors leur faiblesse par le fait qu'il n'avait pas la présidence mais qu'à ce moment là "on verrait ce qu'on verrait". Las.

Alors voilà: sur un sujet a priori plus populaire à droite, la guerre en Afghanistan, le NYT explique qu'Obama risque d'avoir des difficultés à faire passer ses desiderata au sein des démocrates. Qu'à cela ne tienne il s'appuiera sur les républicains. Cette configuration est un grand classique qui fait de la gauche l'éternelle cocue de la politique américaine. Cela rend également certains sujets hors d'atteinte du débat démocratique (les plus importants en général). Rappelons que son opposition à la guerre en Irak a été le point fort d'Obama contre Hillary pour emporter les primaires démocrates. Voilà le processus très simple qui fait de la démocratie américaine une démocratie de pure forme. Ce type d'alliance et les objectifs qu'il sous-tend bénéficie toujours d'un soutien massif dans les corporate medias. Et le tour est joué.

Addendum: J'ai une confiance limitée dans les sondages mais j'ai tendance à leur donner un peu plus de crédit quand ils gênent la power structure américaine. CNN publie hier un sondage sur la guerre en Afghanistan 57% s'y opposent, 42% la soutiennent. Chez les démocrates, 75% s'y opposent. C'est le genre de situation où la minorité d'un parti la boucle et respecte la majorité... sauf aux USA quand la power structure est de l'autre côté du débat. CQFD.

Obama en baisse

Obama est en baisse. La scène politique américaine est une cocotte minute* et cela a une implication pour Obama: son soutien va s'éroder à la fois par la droite et par la gauche ce qui peut aboutir à un atterrissage très brutal.

Après être passée à la moulinette de la radicalité de Bush, la gauche éclairée ne tolèrera pas qu'Obama se contente d'une espèce de "Bushisme à visage humain". Or c'est précisément ce qu'il propose depuis qu'il a été élu. La pression monte. Jugez-en plutôt:

- nomination d'un Chief of Staff pro-guerre et pro- "corporate interests" (il avait gagné $18 millions en 2 ans lors d'un passage éclair dans une banque d'investissement et avait été au board de Freddie Mac, carton plein),
- une gestion de la crise qui a fait porter tout le poids de l'effort sur la population et aucun sur les banques qui contrôlent l'équipe économique du président, aucune réforme de structure qui gêne réellement les banques n'a été entreprise,
- escalade militaire en Afghanistan que la population ne soutient plus même si c'était une "promesse de campagne" (c'était la bonne guerre selon Obama, cette position lui donnait une image de "commander in chief" à peu de frais pour l'électeur démocrate car l'Afghanistan ne semblait alors qu'un side show) mercenaires +29% sous Obama,
- absence de désescalade en Irak (elle n'a pas encore fait les gros titres ni été rationalisée ad nauseum par les vieux médias mais ça ne saurait tarder) mercenaires +23% sous Obama,
- message peu clair sur la torture qui ne satisfait ni la droite ni la gauche (ni le droit international - les Etats-Unis sont engagés par traité à poursuivre tous les tortionnaires à tous les niveaux de la chaîne de commande - "avoir obéi à des ordres" n'exonère pas de responsabilité juridique - Hillary Clinton a demandé à des dirigeants africains de s'activer sur la traduction en justice de tortionnaires locaux - ridicule),
- la continuation des pratiques de Bush visant à étendre les pouvoirs du Président qu'il avait dénoncé préalablement,
- nomination d'Hillary Clinton aux affaires étrangères alors que c'est précisément son soutien à la guerre en Irak qui est l'explication la plus évidente de sa défaite contre l'anti-guerre Obama lors des primaires (il fallait oser...)
- reconduction de Robert Gates au poste clé de ministre de la défense alors qu'il avait été nommé par Bush, reconduction de Bernanke à la FED alors qu'il était un ancien membre de l'équipe économique de Bush qui a planté le pays en seulement huit ans.

Non, la gauche n'a vraiment pas été ménagée par Obama (sans compter les éructations lancinantes d'un "Anonymous Senior White House Official" qui ne cesse de caricaturer et de débiner ce qu'il appelle "la gauche du partie" et qui en est en réalité la base). La plupart de ses actions n'ont fait que confirmer le constat que faisait le Blogo avant l'élection: c'est le système politique américain dans sa globalité qui est malade et le changement est tout simplement impossible. L'ébullition qui a lieu en ce moment autour de la réforme du système de santé va être un test de plus de cette affirmation. Glenn Greenwald dit qu'il faut faire du passage d'une réforme substantielle le symbole de la renaissance de la gauche (l'élection d'une majorité de 60 sièges au sénat et massive à la chambre des représentants n'y suffisait donc pas). Nous verrons si ses voeux seront exaucés. Cela m'étonnerait mais je suis tout prêt à adapter la dureté de mes jugements à une situation changeante le cas échéant. Si en revanche la réforme ne passe pas ou s'avère un cadeau de plus aux lobbyistes, ce sera le moment de vérité où énormément de gens à gauche vont rentrer dans une logique d'opposition face à un Obama devenu définitivement aux yeux de tous l'alibi faussement progressiste de "Corporate America". Les citoyens américains ne pourront alors plus faire semblant de ne pas voir que leur démocratie est cassée et nous verrons à ce moment là de quel bois sont faits les héritiers des pères fondateurs. Je suis personnellement un peu inquiet car je les ai vus beaucoup courber l'échine ces dernières années.

Note: La fenêtre d'opportunité que constituait la popularité stratosphérique d'Obama en début de mandat est clairement refermée désormais. Une chose est sûre et appartient d'ores et déjà à l'histoire: il n'en a rien fait.

* J'ai trouvé que les médias français pendant l'élection ne rendait pas assez compte de l'exaspération des américains envers Bush et du climat politique particulier qui régnait. Ce n'était pas la n-ième répétition du sympathique match de l'âne contre l'éléphant comme on nous le disait constamment mais bien l'élection qui permettait enfin à un pays à cran de renouveler un personnel politique honni. Les vieux médias américains, complices de tous les aspects de la politique de Bush, ont tout fait pour taire cette exaspération de la population. La couverture des correspondants étrangers et des envoyés spéciaux dans un pays ne fait que retranscrire le débat des vieux médias dudit pays, aussi faussé soit-il, sans apporter aucune analyse ni (God forbid!) aucune critique. Il ne faut donc pas s'étonner du passage sous silence de cette réalité en France aussi.

mercredi 2 septembre 2009

"Capitalism: A Love Story", dernier film de Michael Moore

Michael Moore est marginalisé dans les vieux médias et honni par la droite mais il a un impact important. "Sicko" a mis le système de santé au centre des primaires démocrates en 2007. C'est en partie grâce à ce film que la gauche du parti menace de se révolter contre Obama en ne votant pas sa réforme si elle s'avérait trop molle (à la chambre des représentants, inimaginable au sénat).
Au vu de la bande-annonce, on a l'impression que le film a moins de moments forts que Fahrenheit 911. Espérons qu'il sera didactique. Le nombre d'entrées sera aussi un indicateur de l'état d'esprit des américains vis-à-vis de la crise.

Le Japon + digression "blogoesque"

Les élections au Japon sont le premier bouleversement politique de taille dans le monde industrialisé depuis le début de la crise. Le Japon est le pays le plus endetté du monde (relativement à son PIB mais peut-être même en valeur absolue), mais c'est aussi toujours un des principaux bailleurs de fonds des américains. Le nouveau gouvernement veut modifier la relation avec les Etats-Unis (pas radicalement, certes) au moment précis où ces derniers sont en situation de faiblesse et donc moins à même d'opposer une résistance solide à ces velléités d'indépendance. Ce genre de changement politique de fond peut dans le futur avoir un effet déstabilisateur sur les Etats-Unis en modifant leur environnement en Asie et donc leur source de financement. Le nouveau premier ministre a fait Stanford mais cela n'a pas entamé son indépendance d'esprit. Il a notamment déclaré: "Nous voulons nous dégager de notre dépendance vis à vis des Etats-Unis et nous diriger vers une alliance sur un pied d'égalité" et "Nous avons suivi les Etats-Unis de manière servile dans le passé".

Un peu comme quand les remous dans les pays de l'Est ont sonné le glas de l'empire soviétique, les ennuis peuvent commencer à la périphérie. L'émergence de gouvernements susceptibles d'abandonner des arrangements économiques passés est forcément un sujet de préoccupation très important des américains. S'il s'agit d'un pays de la taille du Japon, cela devient une priorité. A suivre donc...

Note: Comparer les Etats-Unis à l'URSS peut paraître dépasser les bornes. Pour rassurer le lecteur texan, je précise que je n'ignore pas qu'il faisait meilleur vivre du côté américain du rideau de fer après la guerre. L'esprit critique envers les Etats-Unis qui anime le Blogo date d'ailleurs essentiellement de la réaction des américains au 11 septembre d'un point de vue de politique étrangère (guerre en Irak) et de politique économique (baisse des taux jamais vue précédemment qui nous a emmené là où nous en sommes aujourd'hui). Les deux sont d'ailleurs liés comme vu ici. Certes les mécanismes de la domination américaine existaient avant le 11 septembre et l'avantage économique que les américains en tiraient était probablement déjà excessif mais il ne m'inquiétait pas. J'adhérais en gros aux valeurs dont les américains se réclamaient et je croyais que leurs prouesses économiques avaient des bases solides (ce qui était presque défendable à l'époque). J'ignorais la faiblesse de leur système de représentation démocratique et j'allais découvrir que la scène était prête pour que des élites irresponsables conduisent le pays à la catastrophe à la faveur des attentats du 11 septembre.
Où l'on reparle de la chute de l'URSS d'ailleurs car il est très probable que ce qui a fait perdre la tête aux élites américaines et conduit aux excès de l'ère Bush ait été principalement la disparition de l'adversaire communiste. On voit bien en effet l'intérêt qu'il y a à avoir une posture morale forte et sans ambiguïté pour emporter le soutien de son camp quand on est confronté à un adversaire qui pèche justement de ce côté là. Mais on peut très vite perdre de vue l'intérêt de cette posture morale s'il n'y a plus personne à convaincre.
On a dit aussi que le capitalisme, perdant son adversaire communiste en pleine révolution conservatrice "Reagan/Thatcher", n'a plus eu besoin de s'embarasser de sa composante sociale qui était un moyen de dissuader la population de se tourner vers l'alternative communiste. En gros, un modèle incontesté pouvait se montrer plus impitoyable et moins "avenant" vis à vis de ses consommateurs (les citoyens) qu'un modèle confronté à un challenger. C'est la loi du marché en politique: le monopole satisfait moins bien le consommateur que le duopole... Les élites occidentales ont donc pu capter une partie plus importante du gâteau économique après la chute du mur de Berlin car elles étaient débarassées de toute pression politique crédible qui les en auraient dissuadé (des masses revendicatrices et organisées qui les tiennent en respect par exemple).
En disparaissant, cette théorie voudrait que le communisme ait dégradé la qualité de notre capitalisme. Cela signifierait que nombre d'avantages sociaux obtenus dans la période d'après-guerre auraient été une conséquence de la douloureuse expérience communiste des peuples de l'Est. Voilà qui donne le vertige. Et comment créer aujourd'hui, sans menace externe (autant éviter de faire vivre la moitié de la planète dans l'obscurité), un système qui permette de canaliser les forces inquiétantes qui, livrées à elles-mêmes, viennent de planter l'économie mondiale?

On peut aussi voir cette histoire du point de vue des élites américaines qui se sont réveillées un beau matin avec entre les mains un pouvoir qu'elles ont cru absolu. Sans surprise, ce pouvoir absolu les a corrompu absolument. Je me dis souvent que les élites françaises, elles, sont bien vertueuses par rapport aux élites américaines: pas de guerre d'agression, pas de corruption hors de contrôle, pas d'entorses radicales aux grands principes démocratiques. Mais donnez à ces élites françaises la première armée du monde (sans opposant notable) et la monnaie de réserve mondiale (dont il est facile d'user et d'abuser comme en ce moment) et il n'est pas impossible que le film auquel nous venons d'assister se déroule en gros de la même manière. Et je prends la France en exemple mais l'idée est bien sûr généralisable à tous les Etats. En d'autres termes, la surexpansion impériale n'est-elle pas dans l'ordre des choses tant qu'elle ne rencontre pas d'opposition? C'est donc cette opposition qu'il nous revient de mettre en place aujourd'hui devant l'épuisement imminent de l'empire américain. Face à l'inefficacité et aux dangers que représentent une trop forte concentration de richesses et de pouvoirs, il faut que les nations du monde s'organisent pour trouver un mode de gouvernement moins centralisé et plus stable que l'ordre impérial*. Et tout cela en douceur pour que le dégrisement américain ne conduise pas dans un premier temps à encore plus d'aventurisme militaire. Une telle organisation collégiale et équilibrée est-elle possible? A part l'Union Européenne, on ne voit pas tellement d'exemple et on peut se demander si celle-ci ne doit pas son succès au fait qu'elle s'est développée dans le confort de l'ordre américain.

Désolé pour cette digression indigeste (ça faisait longtemps).

* Si la notion d'empire vous fait doucement sourire et évoque chez vous une rhétorique gauchiste très "20ème siècle", je vous renvoie au nombre de pays dans le monde qui ont une présence militaire américain et à la part des Etats-Unis dans le PIB mondial par rapport à leur population.

mardi 1 septembre 2009

L'hypertrophie des banques US renforcée par la crise

TBTF est un acronyme qui a connu son heure de gloire à la faveur de la crise. Ca veut dire "Too Big Too Fail" ou "trop gros pour couler". C'est le slogan qui a justifié que la plupart des grandes banques américaines aient été maintenues en vie (sous respiration artificielle) et que leurs managements aient été globalement préservés au travers de la crise.

Beaucoup des critiques de la gestion de la crise financière par Bush/Obama Wall Street objectent que ne pas laisser périr ces institutions a mis à mal une des règles cardinales de l'économie de marché qui est l'élimination des acteurs faillis. On a opposé (Stiglitz notamment mais d'autres aussi) que "Too Big To Fail is Too Big To Exist", c'est à dire qu'on ne peut laisser exister une institution assez grande pour menacer le système. La taille n'est pas le seul problème cependant. Il y a aussi le fait que ces banques forment un ensemble interdépendant en raison notamment des obligations gigantesques qu'elles contractent les unes envers les autres par le biais d'échanges de produits dérivés jamais régulés. Si une seule d'entre elles s'effondre, elles sont de fait toutes en risque (voir l'effet Lehman et AIG).

Toujours est-il qu'à la faveur de la crise, les banques américaines sont devenues encore plus grosses que par le passé (par le biais de fusions et d'acquisitions) ce qui montre à quel point Bush puis Obama ont fait fausse route. Puisque leur enchevêtrement et leur taille leur permettent de tirer sur une ligne de crédit infinie de l'Etat Fédéral, il est certain que ces banques vont tenter de préserver ces deux caractéristiques comme un élément à part entière de leur business model et finalement une assurance-vie. C'est la banque 2.0, rejeton monstrueux de Hank Paulson et Tim Geithner, radicalement "citizen hostile" ("hostile au citoyen", adapté du plus courant "consumer hostile").

Cet article du Washington Post retrace cette évolution vers un système bancaire toujours plus consolidé. Extrait édifiant:

(Traduction résumée: 3 banques ont chacune 10% de tous les dépôts bancaires aux Etats-Unis, 4 banques font la moitié des prêts immobiliers et émettent 2 cartes de crédit sur trois).

J.P. Morgan Chase, an amalgam of some of Wall Street's most storied institutions, now holds more than $1 of every $10 on deposit in this country. So does Bank of America, scarred by its acquisition of Merrill Lynch and partly government-owned as a result of the crisis, as does Wells Fargo, the biggest West Coast bank. Those three banks, plus government-rescued and -owned Citigroup, now issue one of every two mortgages and about two of every three credit cards, federal data show.

lundi 31 août 2009

Post-It (2)

Paul Krugman se réjouit du déficit actuel et regrette qu'il ne soit pas plus important (sans rire). Cette fascination pour la dette des keynésiens me fascine en retour (en France, on a Fitoussi par exemple). Ils semblent nous dire qu'emprunter, c'est le bonheur (vous pouvez suivre le lien ou bien écouter la chanson "C'est le bonheur" à la fin du post). Comme tous les extrémistes, on a envie de les mettre en difficulté en leur demandant ce qui selon eux pourrait, un jour, quelque part, constituer une dette trop élevée. Est-ce seulement une notion envisageable? Les motifs varient mais on ne peut que les interroger pour comprendre comment des gens intelligents peuvent à ce point ne voir qu'une seule face d'un problème. Ca n'a aucun sens. Enfin bon, Krugman peut se réjouir, il va connaître les déficits les plus élevés de sa vie très prochainement. Obsession bizarre but hey, Paul, if that floats your boat...
Réponse de Roubini: Necessary as the stimulus has been, it cannot go on indefinitely. Governments cannot run deficits of 10% or more of GDP, and they cannot go on doubling the monetary base, without eventually stoking inflation expectations, pushing up long-term interest rates and eventually eroding their very viability as sovereign borrowers. Not even the U.S. can do that.

L'argent facile permet à Wall Street de reprendre les bonnes habitudes. L'effet de levier revient à la mode. Voir également ça.

Selon Bloomberg, les banques chinoises ont accordé pour $1,1 trillion de prêts au premier semestre pour "soutenir" le stimulus de $585 milliards de l'Etat. Un record qui se ressent dans la formation d'une bulle spéculative dans les actions et l'immobilier. Selon un analyste chinois cité: "Les bulles, s'il y en a, sont tolérables puisque le gouvernement veut maintenir une croissance économique solide." Si ce genre de discours n'est pas tout droit issu de l'école Greenspan, j'y perds mon chinois. La Chine et les Etats-Unis sont les Laurel et Hardy du cycle économique des 15 dernières années, il serait étonnant que la déconfiture américaine ne finisse pas un jour par atteindre la Chine.

Cette dépêche Bloomberg récapitule certaines données sur la dette américaine détenue par la Chine. L'achat de dette US par la Chine a augmenté de 52% en 2008 et de 6% pour l'instant en 2009 notamment. Elle parle des "custodian holdings" qui ont augmenté de 20% cette année à $2 trillions contre +39% en 2008. La maturité moyenne passerait de 50 à 70 mois sur les dix prochaines années. Le déficit au 30 septembres est de $1,27 trillions en 2009 contre $389 milliards en 2008. Voir la news pour d'autres chiffres.

Les investissements étrangers en Chine ont baissé de 35,7% l'an dernier. Cela, comme le reste, ne diminuera en rien la capacité de la Chine à acheter de la dette américaine comme chacun sait.

Si seulement... Dans ce document, "Too Big Has Failed", le président de la réserve fédérale du Kansas, Thomas Hoenig, décrit et plaide pour la solution qui a été rejetée par les marionettes de Wall Street qui dirigent Washington: la nationalisation et la remise au carré des institutions financières faillies. C'était la solution préconisée par le Blogo. Dernière phrase du papier: "Finally, I would argue that creating a framework that can handle the failure of institutions of any size will restore an important element of market discipline to our financial system, limit moral hazard concerns and assure the fairness of treatment from the smallest to the largest organizations that is the hallmark of our economic system." Indeed.
Ca ferait également hurler à la mort les banquiers mais ceux-ci ne ne méritent absolument aucune compassion. Ils viennent de prouver au monde que la méthode "molle" conduisait à toujours plus d'abus (sans surprise quand on sait quels genre de prêts ces loustiks avaient financés). On se demande bien pourquoi on leur a laissé l'occasion d'en faire la démonstration vu leurs antécédents (ah oui! ils contrôlent Washington). Ils méritaient de perdre leurs jobs déjà à l'époque, tout ce qui s'est passé depuis montre que ça n'aurait pas seulement été juste, mais que c'était et que ça demeure la seule issue qui permettra un retour au fonctionnement normal de l'économie US. Laisser les crimes impunis ne peut conduire à moyen terme qu'à toujours plus d'exactions.

La chanson "C'est le bonheur", comme promis dans la première entrée du post.

dimanche 30 août 2009

Les mystères de la FED font-ils tenir le système?

Un article référencé par "The Big Picture" via "Zero Hedge" (par un auteur portant le nom du héros de "Fight Club", "Tyler Durden"...) met en cause la gestion de la FED et des autres banques centrales qui la soutiennent.

La thèse de l'article est que pour continuer à faire tourner la machine, la FED se livre à des manipulations opaques lui permettant de monétiser de la dette sans le dire. Plus précisément, les banques centrales consommatrices de dettes US auraient diminué significativement leurs achats mais pour faire croire à une demande soutenue, elles recycleraient les montants provenants de la vente de leurs dettes d'agences (Fannie, Freddie) en achat de bons du trésor. A qui vendent-elles leurs dettes d'agences? A la FED qui monétise ainsi beaucoup plus de dette fédérale qu'annoncée dans le programme de $300 milliards destiné à l'achat de Treasuries.

Que dire? D'abord que le fait que cela n'ait pas attiré l'attention des vieux médias n'est pas du tout un signe de manque de crédibilité de cette analyse. J'espère que les lecteurs réguliers en sont persuadés. La FED a fait de l'opacité son fond de commerce. Elle a arrêté purement et simplement de publier un agrégat monétaire alors que celui-ci était en croissance rapide. Elle refuse de communiquer au public des informations sur les aides qu'elle a apportées aux institutions financières américaines. Elle appréhende l'audit proposé de ses activités. Elle se comporte comme un Etat dans l'Etat (ou peut-être comme l'Etat dans lequel se situe l'Etat officiel?). Cette institution a des statuts qui l'inféodent bien plus à Wall Street qu'à une quelconque notion d'intérêt général. Elle est responsable de la crise et elle ne songe dans ses actions actuelles qu'à se protéger d'une révolte bien légitime des citoyens plutôt qu'à "maximiser le profit" des américains.

Le gouvernement, la FED et Wall Street marchent main dans la main et cherchent à maquiller le plus gros scandale de l'histoire en quelque chose de vaguement acceptable. Les banques centrales et les Etats qui ont participé à l'arnaque cherchent également à se couvrir politiquement (la Chine en particulier). Si toutes ces forces concourent à occulter la réalité*, le moment est venu d'accorder une attention toute particulière à des gens qui seront allés un peu plus loin dans l'analyse des données disponibles pour mettre à jour des incohérences.

Il est possible que l'analyse présentée soit erronée ou qu'au contraire on réalise que ce n'est pas du tout un secret, seulement quelque chose sur lequel il a été décidé de ne pas insister. Comme pour l'article de Matt Taibbi sur Goldman Sachs, il faut encourager tous les regards différents qu'on pose sur la chose économique car les regards classiques du passé ne nous ont pas aidé. Cet article et les réponses qu'il génèrera (à commencer par la rubrique "commentaires") nous aideront à améliorer notre compréhension de phénomènes sur lesquels les citoyens n'ont aucune prise. Ils pouvaient par le passé se réfugier dans l'idée que ces questions étaient gérées par des gens compétents qui avaient leur intérêt à coeur. Ca n'est plus possible. Les voix dissonantes n'ont jamais été aussi intéressantes.

* Comment faire avancer une enquête financière si le coupable, le policier, le juge, le comptable, les témoins, les journalistes, les avocats, les experts sont tous de mèche et que la victime est complètement abrutie devant un écran de télé?

C'était pour rire

La juge qui avait enjoint la FED de lever le voile sur les interventions qui avaient conduit à l'augmentation de son bilan à $2 trillions avant le 31 août s'est déballonnée. Bloomberg, le plaignant, a aussi levé le pied... Quand on sait que les clients de Bloomberg auraient été les premières victimes de telles révélations, ça n'a rien d'étonnant. Est-ce une stratégie? Faire en sorte que des organisations dont on sait qu'elles ne donneront jamais le coup de grâce prennent le premier rôle dans ce genre de litiges?

Je n'ose même pas imaginer les pressions auxquelles la juge, Loretta Preska, a été soumise. Sa décision, si elle avait été suivie d'effets, aurait levé une partie significative du voile sur la vraie étendue des soutiens de l'Etat aux banques lors de la crise. C'est en réalité un problème de sécurité nationale.

Note 1: L'info est sortie comme il se doit à 19H00 vendredi soir (le juge avait ordonné lundi 24 que l'information soit rendue publique le lundi 31). Bush s'était fait une spécialité de sortir les informations gênantes à ce moment stratégique du "news cycle": c'est le plus discret. Et d'ailleurs, Google News nous démontre que cela a bien marché en l'espèce. Le silence est assourdissant.
Note 2: Ritholtz sur le sujet (il pense que la FED va perdre son appel, je pense qu'il sous-estime l'aspect "sécurité nationale" du dossier, le ponzi scheme américain ne tient plus qu'à quelques secrets stratégiques comme celui-ci):

I suspect this is merely a delaying tactic, with the Fed eventually losing 3 to nothing on appeal.

It is one thing to grant immunity to sensitive defense secrets during wartime, it is something else entirely to avoid wanting to embarrass poorly run banks who needed cash, and keep crucial info from shareholders and taxpayers.

If the Appeals Court were to grant this request, then kiss the idea of an open society good bye. The slipperly slope downwards from this to anything else declared by any government agency to be “Important” or “Sensitive” or “Embarrassing” is the eventual result of the Fed winning their appeal.

My prediction: The Appeals court tells the Fed to go jump . . .


Note 3: cela rappelle (un peu) les photos sur la torture qui devaient être publiées fin mai. Obama en avait accepté puis refusé la publication. Les moyens d'intervention de l'exécutif sont moins évidents ici mais je serais surpris si le pouvoir qui transcende les trois formes classiques du pouvoir (exécutif, législatif, judiciaire), le pouvoir bancaire, se voyait battu au finish sur ce sujet.

vendredi 28 août 2009

Friday Plane Blogging

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Le retour des analogies fumeuses sur le blogo

Bernanke est actuellement loué pour avoir évité une seconde dépression et c'est en gros comme cela qu'on justifie sa reconduction par Obama à la tête de la réserve fédérale. A noter qu'après Robert Gates qui est resté au ministère de la défense après l'élection, c'est un autre poste crucial pour lequel Obama a choisi de garder un homme nommé par Bush. Obama n'est guère plus qu'un "PR guy" pour le supertanker qu'est l'Etat américain qui continue inexorablement sa route en dépit des coups de pagaie que donne le nouveau Président pour donner le change. Première analogie fumeuse.

La seconde analogie fumeuse est de comparer Bernanke à un électricien. Bernanke a conçu un système électrique complètement vicié qui a rendu l'âme en septembre 2008. Tous les plombs ont sauté et l'obscurité s'est faite dans la maison. L'électricien aurait dû être viré et le système électrique repensé. Au lieu de ça, l'électricien responsable de la catastrophe s'est vu chargé des réparations. Désireux de remettre le courant au plus vite pour que son installation ne puisse pas être remise en cause, il a pris deux gros fils de cuivre et il a fait une dérivation qui contourne le disjoncteur et la boîte à fusible. La lumière est revenue. Tout le monde est content et le félicite chaleureusement.

Le problème, c'est que le message que faisaient entendre les fusibles et le disjoncteur n'a pas été entendu et qu'il ne le sera plus désormais. L'électroménager consomme toujours beaucoup trop, des petits feux vont se déclarer un peu partout dans la maison... La prochaine fois, on le renommera en le félicitant pour son maniement de l'extincteur.

jeudi 27 août 2009

Post-It (1)

Le moment pour Time Magazine de publier une hagiographie de Lloyd Blankfein, CEO de Goldman Sachs. Je me demande si le plus vieux métier du monde est bien celui qu'on croie. En tout cas, le journalisme n'a pas été inventé longtemps après.

Stiglitz déclare que la crise est le signe de l'échec du capitalisme à l'américaine. Je dirais de la démocratie américaine plutôt car il s'agit d'une crise politique et pas d'une crise économique... Avez-vous déjà entendu ça quelque part?

Le point sur Trichet par Bloomberg. Article long et détaillé. J'avais oublié que les premières baisses de taux de la BCE en 2007 avaient eu lieu lors d'annonces conjointes avec la FED. Quel intérêt d'avoir une monnaie unique si c'est pour suivre les américains sans coup férir quand c'est important? Ah si, c'est plus facile pour eux: au lieu d'appeler 15 (je ne sais plus le nombre exactement) directeurs de banques centrales, un seul coup de fil suffit. Soumission you can believe in... Surtout que personne ne sait exactement à quoi sert de mettre les taux à zéro (ça n'a rien donné au Japon pendant très longtemps). Que pèse la stabilité de nos économies par rapport à une amélioration, même marginale, des chances de s'en sortir de nos banquiers? Pas grand chose.

Geithner répond à des questions très gênantes posées "sur internet". Ses réponses ne sont pas du tout convaincantes mais au moins c'est sur la table. Sur ses problèmes fiscaux, voir ça.

Je lis que les Etats-Unis sont comme un SIV qui emprunte court et prête long. Indeed.

Je me moquais des prévisions budgétaires américaines qui ressemblaient à ça: C'est le retour à la normale que je trouvais trop rapide. Ces projections ont été révisées hier. A court terme, elles sont moins inquiétantes mais sur 10 ans, c'est $2 trillions en plus qui sont nécessaires. On reste à mon avis loin des déficits qui seront constatés notamment en raison des prévisions toujours roses (retour rapide à la croissance, chute limitée des recettes fiscales, pas de crise monétaire...) et au nombre d'entités qui vont s'en remettre à l'Etat fédéral pour combler des trous (nécessité de venir en aide aux états américains par exemple mais bien d'autres encore).

Les grandes banques ont été sauvées mais les petites continuent à fermer leurs portes à un rythme très élevé qui amène le FDIC (organisme garantissant les dépôts) à manquer de cash. L'effet est désormais substantiel. C'est comme si une très grosse banque avait périclité. Quant à savoir ce qui a été provisionné de ce point de vue là dans les dernières projections budgétaires...

mardi 25 août 2009

Bonus supérieurs aux profits en 2008 dans les banques

Miracle de la finance façon "fin de l'empire", les bonus en 2008 ont excédé de loin les profits dans de nombreuses banques. Hubris. Le pari sur le fait que ça va casser plutôt que passer repose en grande partie sur l'aspect irrécupérable des malades qui nous dirigent.

Ils ne sont pas si malades que ça en réalité: ils agissent comme des acteurs rationnels. Les vrais malades sont les imbéciles qui les laissent faire: les politiques et les citoyens.

Mercenaires

Selon Jeremy Scahill sur "Real Time" de Bill Maher vendredi, il y a en Irak 130000 "private contractors" employés par 600 sociétés (sans doute pas tous des mercenaires mais en tout cas très majoritairement des gens qui auraient porté l'uniforme dans le passé). C'est équivalent au nombre de militaires (qui d'ailleurs ne devrait qu'à peine baisser en 2009, encore une arnaque d'Obama). Les morts ne sont pas comptabilisés par le Pentagon.

Aussi, il y a 70000 "contractors" en Afghanistan pour 48000 soldats américains.

Sous Obama (au second trimestre 2009) les effectifs de ces opérateurs privés ont augmenté de +23% en Irak et +29% en Afghanistan. Change you can believe in! C'est le moment où l'on se demande si prendre Obama pour un gars bien intentionné mais impotent (et, de plus en plus, ridicule) face à la corruption du système politique américain n'est pas tout simplement naïf* (c'est en gros la ligne du blogo depuis le début sur Obama - rappel: je soutenais John Edwards).

Le silence médiatique sur ce sujet est assourdissant. Je suis généralement prompt à critiquer la corruption endémique du monde journalistique mais en l'espèce, je ne pense pas qu'on puisse leur reprocher de ne pas prendre de risques sur leurs vies en évoquant cet aspect sinistre de la "démocratie" américaine car il semble que des gens critiques de Blackwater (rebaptisé Xe) aient en effet été éliminés. J'ai déjà parlé de ces problèmes sur le blogo mais trop peu car, comme tout un chacun, je suis victime du discours ambiant et si un sujet est globalement peu évoqué, cela se ressent aussi ici même s'il est important voire crucial comme en l'espèce. Même chose pour les statuts de la FED ou son audit. On finit par perdre de vue les choses vraiment importantes.

Il faut quand même marquer une pause et réfléchir aux implications qu'il y a pour un Etat à voir son armée partiellement privatisée (la chaîne de commande n'est plus constitutionnelle selon Scahill sans parler des aspects budgétaires avec par exemple l'ex-entreprise de Dick Cheney profitant des guerres de... Dick Cheney). A quand le coup d'état militaire "privé"? (s'il n'a pas déjà eu lieu.)

* John Pilger qui est un journaliste de gauche britannique respecté jette le doute ici sur la première occupation professionnelle d'Obama pour la société "Business International Corporation" qu'il présente comme ayant parfois servi de couverture à la CIA. Seulement "gentil Community Organizer" Obama? On sait au moins qu'il n'est pas un "Skull & Bones" (cette fraternité secrète de Yale compte de nombreux membres fondateurs de la CIA comme décrit dans le film "The Good Shepherd") car il n'a pas fait Yale. Il a plus classiquement été éditeur de la Harvard Law Review ce qui l'inscrit tout de même dans l'ultra-élite académique américaine (c'est le cas du 1/3 des juges de la cour suprême par exemple et j'apprends aussi sur wikipédia que c'est le cas d'Eliot Spitzer pour la petite histoire (client number 8)) mais sans le côté mystérieux et inquiétant d'un skull & Bones. A-t-il cotoyé les milieux du renseignement chez Business International Corporation? S'est-il construit un pedigree "CIA"? (voir entre 1:25 et 2:05, les 5 minutes en entier valent le coup ceci dit)
Et à ceux qui objecteraient que cela serait forcément sorti dans les médias lors de l'élection je répondrais simplement: think again!

lundi 24 août 2009

Ca passe ou ça casse

Il y a deux scénarios possibles pour l'économie mondiale:

1) L'édredon monétaire sous lequel les gouvernements et les banques centrales tentent de dissimuler les exactions bancaires tient le choc. La crise est longue et pénible mais les structures de pouvoir mondial perdurent à l'identique. Ca passe.

2) Les banques centrales n'arrivent pas à éponger les pertes (largement masquées) qui continuent à s'accumuler sans nouvelle crise financière et les grands déséquilibres mondiaux sont appelés à un rééquilibrage massif et rapide qui voit le rôle américain se normaliser. Ca casse.

Dans le premier cas les Etats-Unis continuent globalement à s'endetter. Dans le second cas, ils diminuent leur dette, contraints et forcés. A noter qu'un scénario où les Etats-Unis sont forcés de réduire leur endettement et où les européens peuvent continuer tranquillement semble improbable vu que les deux banques centrales sont sur la même ligne.

Suspense...

Précision: le blogo pense toujours que ça va casser même si je sous-estime pas la capacité d'enfumage de nos banques centrales.

dimanche 23 août 2009

Dylan Ratigan sur la Blogo Compliant List

J'avais vu son nom souvent sur le site de The Big Picture mais je n'avais jamais vu de vidéos avec lui. C'est un copain de Barry Ritholtz. Dylan Ratigan met en cause radicalement le système de représentation dans la "démocratie" américaine. Cela lui vaut d'entrer dans la BCL. Il ne lui reste plus qu'à dire que c'est une crise politique et pas une crise économique! Regardez à partir de la 6ème minute, cela commence par une analogie entre les Etats-Unis et Pompéi par Arianna Huffington, passionaria très bien fundée du web de gauche américain.

Sunday Plane Blogging

vendredi 21 août 2009

Friday Plane Blogging

(Cliquez pour agrandir)

mardi 18 août 2009

Post-It (3)

Il n'y a jamais eu autant d'enclenchement de procédure d'éviction (foreclosures) qu'au mois de juillet aux Etats-Unis. 360000 (contre 60000 environ par mois en 2006). Pas exactement un signe de reprise.

Pour ceux qui veulent comprendre comment marchent les campagnes de désinformations des vieux médias américains destinées à formater l'opinion dans un sens toujours favorable aux conservateurs, un exemple saisissant (c'est toujours en gros le même schéma: des "corporates journalistes" relatent sans le dire des nouvelles (souvent fausses) scénarisées par des groupes d'intérêts). Ce phénomène est omniprésent.
Note: Greenwald en rajoute une couche sur un phénomène similaire: un lobbyist chevronné fait des éditoriaux et est reçu sur les plateaux télés comme s'il était un contributeur autonome au débat public.
Pour ceux qui veulent un résumé efficace sur les médias et la politique aux Etats-Unis, ces deux liens sont très efficaces.

Toujours Greenwald. Hier il attaque un ancien candidat à la présidentielle. Le candidat républicain se sent obligé de répondre. C'est assez inouï. Aujourd'hui Greenwald se demande ouvertement si sa réponse mérite une réponse. Il est devenu un des personnages les plus influents aux Etats-Unis, à la chasse des vampires de Washington avec son crucifix et son ail(il fallait oser la métaphore sur les vampires mais c'est le blogo ici: tout est permis). L'establishment est déstabilisé par Greenwald. La règle communément admise pour le moment semble être: "si vous êtes attaqué par Greenwald, répondez-lui" (c'est énorme comme impact). Je pense qu'ils vont assez vite passer à une autre stratégie qui sera d'essayer de l'ignorer. Il a tellement d'ennemis que des campagnes vont également être organisées contre lui. Etonnamment, pour l'instant, il y en a eu assez peu. Il fait peur. C'est très impressionnant.

Dur pour Obama. Encore une promesse de "faire de la politique autrement" qui n'aura pas survécu à quelques mois de pouvoir:


Frank Rich du NYT dénonce la corruption US en s'appuyant (beaucoup) sur Greenwald. Lecture fortement conseillée. Extraits:
But this mood isn’t just about the banks, Public Enemy No. 1. What the Great Recession has crystallized is a larger syndrome that Obama tapped into during the campaign. It’s the sinking sensation that the American game is rigged — that, as the president typically put it a month after his inauguration, the system is in hock to “the interests of powerful lobbyists or the wealthiest few” who have “run Washington far too long.” He promised to smite them.

The New Republic, l'équivalent démocrate du Weekly Standard, cire les pompes de l'axe Wall Street-Washington. Corporate cheerleading you can believe in!

Vous savez que le blogo accorde peu de crédits aux statistiques économiques car elles servent trop souvent des agendas politiques (la récession qui frappe l'Amérique au moment du 11 septembre n'a été "révélée" qu'après coup... on peut juger que c'était nécessaire, en tout cas, ça veut dire que la boîte de Pandore est grande ouverte). Je suis curieux de voir comment la croissance américaine va être révisée (dans les jours qui viennent) suite aux annonces positives de la France et de l'Allemagne... Les Etats-Unis tranquillement number 2? Nous verrons...

dimanche 16 août 2009

Inégalités

Atrios a un post qui ressemble à ce qu'on lit ici (pour sensibiliser le lecteur sur le fait que d'autres commentateurs relativement mainstream sont sur la même ligne que le Blogo - on se sent moins seul):

Captured
In many ways massive inequality is a symptom of an unjust system rather than something to be considered about in and of itself. Still, as we've seen recently it's rather obvious a wealthy class has managed to capture the apparatus of government for its own financial benefit.

L'article "linké" par Atrios est intéressant, il commente ce graphe: