mardi 22 septembre 2009
Post-It (4)
L'indice d'évolution du fret ferroviaire toujours en forte baisse, au niveau de 1993. C'est soi-disant l'indice favori de Buffett pour l'activité économique. No greenshoot there. (zerohedge)
Der Spiegel enterre New York City. C'est un peu rapide. On a l'impression à la lecture que l'article a été écrit en mars: avant le méga rebond. New York va évidemment souffrir de la crise mais il se peut que ce soit finalement relativement peu par rapport à d'autres villes américaines. Si on a une approche géographique du plan de sauvetage, New York est la seule ville qui a vu se déverser sur elle des trillions de dollar. L'injustice sectorielle de la répartition des largesses du gouvernement a et va avoir une traduction spatiale qui va bénéficier énormément à New York City.
Marc Faber entre sur la Blogo Compliant List. Quand on lui demande à combien il voit la bourse dans un an il dit: "C'est à la FED qu'il faut demander". It makes sense.
Plus de write-downs. C'est une remarque d'ambiance mais la fixation sur les write-downs (provisions) que passaient les banques à la pelle a complètement disparu. Cela cadre moins avec le buzz ambiant du "Grand Rebond" voire du retour à la normale mais la vraie raison est sans doute l'assouplissement des règles comptables du mois de mars. Cet assouplissement est l'évènement "pivot" qui a marqué notre entrée dans l'ère du rebond (et du grand brouillard monétaire).
Plus de Post-It non plus. Sur les conseils d'un lecteur fidèle (Papy G), je vais remplacer les Post-Its par des petits posts indépendants. L'occasion d'un sondage:
L'approche qualitative
Il y a une approche quantitative du problème. On peut tenter de chiffrer la "surcroissance" depuis la récession de 2001 et évaluer qu'un retour à la moyenne ferait baisser le GDP de 10% à 15% (on en est à -3,6%). On peut dire que la finance doit repasser à 10% du GDP (moyenne historique) après avoir atteint 20% (de 40% à 20% des profits également). On peut additionner les trillions mis en jeux par l'Etat et se dire que décidément, cette fois-ci, ça n'est pas une récession comme les autres etc...
Mais c'est finalement une approche qualitative qui emporte la conviction du blogo que la crise ne fait que commencer. "Quand on connaît ses saints, on les honore" et les élites américaines depuis la chute du mur du Berlin et encore plus depuis le 11 septembre ont postulé qu'il n'y avait pas de limite au pouvoir américain (le leur), qu'on envisage celui-ci sous l'angle militaire ou l'angle économique (y a-t-il une différence?). Pas de limites aux interventions extérieures, pas de limites à la capacité d'endettement. Encore plus que tout argument quantitatif, c'est cette arrogance qui "knows no bound" qui rend certaine la déconfiture à venir et la remise à plat de la structure de pouvoir. Pourquoi penser que cette remise en cause va avoir lieu bientôt et pas dans 20 ans? Parce qu'il y a aujourd'hui un emballement des engagements militaires et financiers qui ne pourra être soutenu très longtemps.
Note 1: Le problème, c'est qu'avant la crise, il y avait des voix respectées pour annoncer les difficultés à venir qui sont aujourd'hui devenues quasi-muettes. Roubini explique que la situation est grave mais ne prédit plus d'apocalypse. La crise a été avalée et digérée par les médias et les économistes. Le "pecking order" a été un peu modifié et leur crédibilité très entamée mais le biais général favorisant la pérennité de la structure de pouvoir actuelle est toujours ultra-dominant. Quelques excités sur les bords continuent à crier au loup (as yours truly mais aussi des gens ayant réellement une voix: Joseph Stiglitz, Jim Rogers, Peter Schiff, zerohedge...) mais le tam-tam du "business as usual" est assourdissant. Des gens comme Krugman, en rassurant sur les déficits notamment, ont clairement décidé de se jeter dans la bagarre en mettant leur crédibilité au service du système. Ceux qui crient au loup sont réprouvés: que veulent-ils? La fin du monde? Le discours pessimiste est aussi accusatoire et il est donc naturellement combattu par le système. Déjà, on trouve des vidéos sur youtube reprochant à Peter Schiff de ne pas être patriote. Si le système s'effondre, ce ne sera pas le fait de quelques excités trop bavards mais bien à cause de ses propres excès.
Note 2: J'ai toujours des options sur l'or qui expirent le 20 décembre 2009. Si ma chance se confirme, le strike sera atteint au premier semestre 2010!
Post-It (3)
Peter Schiff se lance dans la course électorale pour devenir sénateur du Connecticut en 2010.
Comme la baisse des bourses mondiales avait renforcé le dollar, leur hausse récente s'accompagne d'un affaiblissement du greenback. On revient tranquillement vers $1,60 et vers les niveaux de la bourse à l'été 2008 (date du point bas du dollar).
Les emprunts hypothécaires en retard de paiement passent un nouveau record en août à 7,58% contre 7,32% en juillet. Une autre mesure donne 9,24%.
Qui aurait cru que les dirigeants de la planète seraient un jour sauvés par ce slogan idiot: "Too big too fail".
Le travail de sape continue. Des politiques américains veulent assouplir les conditions sur le sauvetage d'AIG. L'action AIG prend 20% en une journée. C'est une des ruses classiques de Washington: le public n'est informé qu'au moment où les lois passent mais les lobbyists travaillent 24/7, 365 jours par an pour effacer tout ce qui gêne leurs clients dans la loi qu'on a présentée au public initialement (déjà scandaleuse en elle-même, bien évidemment).
Hirohisa Fujii, nouveau ministre des finances japonais, ne veut pas d'un Yen faible. Goldman ne l'aide pas. Aussi, le libor yen est passé au-dessus du libor US pour la première fois depuis 1993. Il faut dire qu'entre 0,35% et 0,29%, la comparaison n'a plus vraiment d'intérêt. Aussi, le ministre Fujii a 77 ans. Le ministre chargé des banques a 72 ans (un ancien de Stanford qui n'est pas tendre avec Etats-Unis). Est-ce le reflet de la pyramide des âges japonaise?
Via RGE Monitor: Moody's dit qu'il restait $215 milliards de pertes à reconnaître pour les banques anglaises fin 2008 contre environ $170 milliards reconnues à ce moment là. C'est 9% du GDP.
Obama a dit qu'on ne pouvait pas mettre de limites aux bonus des banquiers. Que ce serait "comme mettre des limites aux rémunérations des joueurs de footballs américains". Manque de bol: il y a des limites aux rémunérations des joueurs de football américains. Obama, bankers' pet.
La Fed et la Chine sont dans un bateau...
Il y a une expression pour ce que font les chinois avec le trésor américain: "throw good money after bad" (continuer à investir dans un projet qui a échoué). Le plus probable est que les chinois achètent la fausse dette américaine avec du faux argent chinois provenant de leur planche à billet. C'est probablement ce qui se passe depuis un moment maintenant.
lundi 21 septembre 2009
Optimisme
vendredi 18 septembre 2009
Post-It (2)
Graphe de Calculated Risk basé sur des chiffres de la FED. Au second trimestre, la richesse des ménages américains avait baissé de $12,2 trillion par rapport au pic (la bourse a beaucoup monté depuis donc la situation doit être moins grave aujourd'hui). A noter le caractère illusoire de la richesse accumulée depuis la "récession avortée" de 2001.

Good for Obama. Les Etats-Unis abandonnent leur projet foireux de bouclier antimissile en Europe. Ce programme n'a jamais vraiment tenu la route mais il avait des partisans farouches à Washington. Les américains ont-ils réussi à obtenir des choses de la Russie contre cet abandon? Une position plus dure sur l'Iran par exemple? Normalement non car ce programme n'avait pas vraiment de crédibilité. Je pensais que les américains le garderait peut-être actif comme un épouvantail. Ont-ils sacrifié l'épouvantail contre quelque chose?
jeudi 17 septembre 2009
mercredi 16 septembre 2009
Post-It (1)
Article du Huffington Post expliquant comment la FED contrôle le discours économique aux Etats-Unis. Cela rejoint un peu la thèse du Blogo selon laquelle un Roubini ne pouvait sortir d'une institution "top tier" car son discours allait trop contre l'orthodoxie ambiante pour être toléré à Harvard ou à... Princeton (d'où vient Krugman et où il a été nommé avec le soutien de Ben Bernanke - CQFD). Un autre phénomène qu'on peut noter dans ce registre est le perpétuel encensement des dirigeants de la FED dans les médias. Ce sont toujours des "Maestros", ils ont toujours sauvé le monde, limite thaumaturges... Le culte de la personnalité qui entoure un président de la FED et digne d'un Kim Jong Il ou d'un Ceaucescu. C'est très ridicule mais ça en dit long sur la structure du pouvoir aux Etats-Unis. Vous pouvez critiquer les démocrates et les républicains mais la FED, c'est une autre histoire... Le consensus bipartisan qui transcende les partis sur la FED (quelle que soit sa responsabilité accablante dans la catastrophe récente) a encore été confirmé par la reconduction de Ben Bernanke par Obama. La politique monétaire est en dehors du champs politique aux Etats-Unis. C'est envisageable si elle a pour but la tâche ingrate et simple de contenir l'inflation (modèle européen en théorie). Le débat politique peut alors légitimement porter non pas sur ses actions mais sur ses objectifs. Si elle est en revanche utilisée créativement par une oligarchie bancaire pour satisfaire ses propres intérêts, c'est une autre histoire.
Je connaissais les images d'avions qui s'entassaient dans le désert du mojave lors des crises économiques. Celle-ci nous fait découvrir de nouvelles images: les portes-containers au mouillage près de Singapore (via TBP):
mardi 15 septembre 2009
Dylan Ratigan, l'Edward Murrow de la crise?
Ratigan dit notamment que l'automne 2008 a été un révélateur pour lui. C'est vrai que, comme lors de la guerre en Irak*, la crise a laissé éclaté au grand jour le dysfonctionnement radical de la démocratie américaine avec des mesures exclusivement destinées à assurer la pérennité de banques comme s'il fallait récompenser leur comportement antisocial. En période de crise la main de fer ne s'embarrasse plus du gant de velours.
Cette sortie de Dylan Ratigan reflète l'urgence de la situation. Something's got to give.
The American people have been taken hostage to a broken system.
It is a system that remains in place to this day.
A system where bank lobbyists have been spending in record numbers to make sure it stays that way.
A system that corrupts the most basic principles of competition and fair play, principles upon which this country was built.
It is a system that so far has forced the taxpayer to provide the banks with the use of $14 trillion from the Federal Reserve, much of the $7 trillion outstanding at the US Treasury and $2.3 trillion at the FDIC.
A system partially built by the very people who currently advise our President, run our Treasury Department and are charged with its reform.
And most stunningly — it is a system that no one in our government has yet made any effort to fundamentally change.
Like health care, this is a referendum on our government’s ability to function on behalf of the American people. Ask yourself how long you are willing to be held hostage? How long will you let our elected officials be the agents of those whose business it is to exploit our government and the American people at any cost?
As hostages — was there any sum of money we wouldn’t have given AIG?
Why did we pay Goldman Sachs and all the other banks 100 cents on the dollar for their contracts with AIG, using taxpayer money, while we forced GM and others to take massive payment cuts?
Why hasn’t any of the bonus money paid to the CEOs that built this financial nuclear bomb been clawed back?
And more than anything else — why does the US Congress refuse to outlaw the most anti-competitive structure known to our economy, one summed up as TOO BIG TOO FAIL?
It has become startlingly clear that we as a country, and I as a journalist, had made a grave error in affording those who built and ran those banks and insurance companies the honorable treatment of being called capitalists. When in fact the exact opposite was true, these people were more like vampires using the threat of Too Big Too Fail to hold us hostage and collect ongoing ransom from the US Government and the American taxpayer.
This was no unlucky accident. The massive spike in unemployment, the utter destruction of retirement wealth, the collapse in the value of our homes, the worst recession since the Great Depression all resulted directly from these actions.
Even with all that — the only changes that have been made, have been made to prop up and hide the massive flaws on behalf of those who perpetuated them. Still utterly nothing has been done to disclose the flaws in this system, improve it or rebuild it.
Last fall was an awakening for me, as it was for many in our country.
And yet, our Congress has yet to open its eyes, much less do anything about it. In fact conditions have never been better for the banks or worse for the rest of us.
Why is this? Who does our Government work for? How much longer will we as Americans tolerate it? And what, if anything, can we do about it?
As we approach the anniversary of the bailouts for our banks and insurers — and watch the multi-trillion taxpayer-funded programs at the Federal Reserve continue to support banks and subsidize their multibillion bonus pools, we must ask if our politicians represent the interests of America? Or those who would rob America of its money and its future?
As a country, we must demand that our politicians stop serving those whose business models are based on systemic theft and start serving those who seek to create value for others — the workers, innovators and investors who have made this country great.
Note: Ratigan rejoint Matt Taibbi en utilisant le terme vampire (cf la désormais célèbre sortie de Taibbi sur GS: The world's most powerful investment bank is a great vampire squid wrapped around the face of humanity, relentlessly jamming its blood funnel into anything that smells like money.)Jour 2 de ma panne d'internet
lundi 14 septembre 2009
Le mystère Apple
Je ne comprends pas vraiment ce phénomène. La pression concurrentielle n'est-elle pas similaire dans les deux zones? Comment le prix relatif peut-il être optimal dans les deux zones à la fois?
Addendum: un commentaire me signale que la TVA à 19,6% explique une partie de la différence. Indeed.
dimanche 13 septembre 2009
"La peur n'était pas une excuse pour justifier la torture."
* Charles C. Krulak was commandant of the Marine Corps from 1995 to 1999. Joseph P. Hoar was commander in chief of U.S. Central Command from 1991 to 1994.... we never imagined that we would feel duty-bound to publicly denounce a vice president of the United States, a man who has served our country for many years. In light of the irresponsible statements recently made by former Vice President Dick Cheney, however, we feel we must repudiate his dangerous ideas -- and his scare tactics.
We have seen how ill-conceived policies that ignored military law on the treatment of enemy prisoners hindered our ability to defeat al Qaeda. We have seen American troops die at the hands of foreign fighters recruited with stories about tortured Muslim detainees at Guantánamo and Abu Ghraib. And yet Cheney and others who orchestrated America's disastrous trip to ``the dark side'' continue to assert -- against all evidence -- that torture ``worked'' and that our country is better off for having gone there.
** En effet: où est la condamnation internationale des pratiques américaines? Une condamnation française du "pays des droits de l'homme"? Nous sommes prêts à faire les gros yeux sur la torture à des dictateurs africains mais pas aux Etats-Unis... Sans parler de ceux qui n'ont pas manqué une occasion ces dernières années d'éructer contre un anti-américanisme supposément maladif pour tenter de faire taire la critique. Etre contre la torture et les guerres d'agression basées sur des prétextes mensongers n'est pas une maladie.
Social-traître
Buffett est coutumier du "riches bashing".
Pour ce qui est de l'impact de la discussion sur les députés, à en croire un centriste démocrate, les riches n'ont pas de soucis à se faire (no shit!). Ben Nelson pense qu'il y a "d'autres moyens de payer que d'augmenter les impôts". Bah oui Ben, ça s'appelle la dette.
Sen. Ben Nelson, a centrist Democrat from Nebraska, said he wasn’t sure whether Buffett’s chat would embolden his colleagues to raise taxes.
“I don’t know that people will move toward tax increases,” he said in reference to healthcare reform funding. “Tax is still for a four-letter word, and I think there are other ways to pay for this than raising taxes.”
Libération du "shoe thrower"
vendredi 11 septembre 2009
jeudi 10 septembre 2009
Post-It (3)
Kevin Harrington de Clarium LLC parle d'une récession "saut à ski", une légère inflexion maintenant suivie d'une chute un peu plus rapide ensuite. “If we have a recovery at all, it isn’t sustainable. This is more likely a ski-jump recession, with short-term stimulus creating a bump that will ultimately lead to a more precipitous decline later." Sur la modification des règles comptables, il dit que ce n'est que repousser les problèmes: “We haven’t fixed the problem. We’ve just slowed down the official recognition of it." (via Bloomberg)
Barack Andropof. Cet article du Wapo montre comment derrière la politique de "retrait d'Irak" se cache souvent une augmentation du recours aux mercenaires. Si on enlève le strass et les paillettes, le passage de relais entre Bush et Obama fait plus penser à la succession Brejnef/Andropov qu'à Tchernenko/Gorbatchev. Deux apparatchiks totalement en ligne avec le le "soviet suprême américain" et bien décidés à ce que rien ne change.
Moody's ne pense pas baisser la note sur la solvabilité du Royaume-Uni. S&P a mis le Royaume-Uni en "negative watch".
Désobéissance civile
C'est un contexte où selon le blogo: "Something's got to give" (quelque chose doit lâcher). C'est un peu la question qui me taraude en ce moment: comment la dernière bulle, la bulle de la confiance dans la capacité des contribuables à assumer les dettes qu'ils n'ont pas été capables d'assumer à titre privé, va exploser. Voici une liste (absolument pas exhaustive) de différents scénarios qui ne sont pas exclusifs les uns des autres:
- des statistiques économiques qui s'aggravent dramatiquement (inflation, rentrées fiscales...),
- une crise monétaire
- des défaites militaires
- des émeutes substantielles
- une fuite dans la presse d'éléments qui montrent que l'édifice économique qu'on nous présente est un village Potemkine et qui ne peuvent être ignorés par les marchés (si un juge obligeait la FED à documenter ses aides par exemple, ce qui pourrait arriver le 30 septembre - don't hold your breath...).
Pour tous ces problèmes, le gouvernement fait un effort sans précédent de contrôle de l'information ce qui contribue sans aucun doute à l'impression de stabilité. La planche à billets est l'instrument qui est censé transformer le plomb en or et donner de la crédibilité à la réalité économique factice construite devant nous. Qui plus est, les marchés qui avaient un peu de crédibilité dans la traduction des réalités économiques avant l'automne 2008 boivent désormais au sein de l'Etat et ça se passe plutôt bien (la saison des bonus 2009 s'annonce excellente, peut-être record - ils n'oseront peut-être pas l'afficher mais il doit y avoir des moyens de les minimiser publiquement). Les opérateurs de marché partout dans le monde ont donc intérêt à soutenir le village Potemkine. Sans compter les banques centrales, notamment chinoise à qui il incombe de sauver la mise au personnel politique chinois... Vous connaissez le refrain.
Il se peut aussi qu'il y ait un scénario 2.0, un scénario qui s'appuie sur l'internet:
Un blogger connu et respecté (je crois me souvenir que je l'ai vu cité par Paul Krugman ce qui établirait la chaîne de respectabilité suivante: Prix Nobel => Paul Krugman => blog RESPECTABLE), Yves Smith de "Naked Capitalism", fait de la publicité pour la vidéo suivante qui est l'appel d'une américaine qui paye 30% d'intérêts à Bank of America (il n'y a plus de taux de l'usure depuis à peu près 20 ans aux Etats-Unis) sur sa carte de crédit aux gens dans une situation comparable à cesser de rembourser (ou de payer ses intérêts plus exactement). Une grève du paiement de la middle class américaine qui se fait, il est vrai, littéralement tondre depuis le début de la crise (une loi améliorant précisément la qualité de la tonte des banques en cas de retournement de conjoncture avait été passée fort à propos en 2005 - elle rendait le processus de faillite personnelle moins protecteur). Voilà le résultat:
Je me disais depuis longtemps que puisque les banques n'étaient pas capables de gérer le nombre faramineux de foreclosure (évictions d'une maison) que leurs pratiques ont entraînées, beaucoup de gens allaient arrêter de rembourser leur emprunt immobilier en constatant que cela n'avait pas de conséquences pour leur voisin.
Il s'agirait là d'un pas de plus dans la même logique: les excès des banques sont tels qu'ils entraînent un refus des moutons de passer à la tonte. L'organisation du tout étant rendu possible par l'internet. Au coup d'Etat économique, on opposerait donc l'insurrection économique. Le résultat serait très certainement de faire fuir l'investisseur étranger même le mieux disposé. Voici donc un scénario de plus...
Post-It (2)
Obama donne un speech clé ce soir sur le système de santé qui semble chaque jour devenir un peu plus son Waterloo. Barry Ritholtz regrette ici qu'il n'ait pas établi sa crédibilité en mettant Wall Street au carré dès son investiture ce qui aurait pu ouvrir la voie à des réformes substantielles dans tous les domaines. Après avoir tout cédé à Wall Street dans les premières semaines de sa présidence, il est clair qu'il ne fait plus peur à beaucoup de lobbyists aujourd'hui. Je me disais lors de son élection qu'un mélange de circonstances exceptionnelles, de chance et de résolution pourrait lui permettre de débloquer la crise politique américaine mais je dois bien reconnaître aujourd'hui qu'il n'a même pas essayé. Rien n'est jamais impossible mais là, il n'y a plus guère d'espoir. Nous verrons donc ce soir si Obama sort du rôle de lobbyist en chef dans lequel il semble se complaire.
Le S&P et le Nasdaq battent les plus hauts de l'année ce soir.
Evolution de l'encours de crédit à la consommation des foyers américains depuis la guerre. (via The Big Picture)
"END THE FED" ("Supprimer la FED") est le titre du dernier livre de Ron Paul, un membre de la chambre des représentants, obstétricien et ancien candidat aux primaires républicaines. Il est antiguerre et... antiFED. Ne vous attendez pas à voir une grosse couverture de son bouquin dans le triptyque (Financial Time, Wall Street Journal et The economist) ni sur les chaînes financières du cable.
L'or au-dessus de $1000. J'avais acheté de l'or mi-2007 à $670 dans l'idée qu'il allait faire une nouvelle poussée à $2000 (comme en 1981 ou 1982) à la faveur de la crise. Pari pour l'instant perdu. Il n'a pas dépéri non plus ceci dit.
Le dollar à 1,4554. C'est le monde à l'envers: le dollar baisse quand les gens reprennent confiance. C'est la relation très bizarre qui s'est instaurée entre le dollar et la confiance à la rentrée 2008. C'est à cette relation que tient le Ponzi Scheme américain aujourd'hui. Si un jour la baisse de la confiance faisait baisser le dollar, les prédictions apocalyptiques du blogo seraient en voie de réalisation.


