AFP: L'euro a reculé mardi face au dollar, après la diffusion de chiffres décevants sur la production industrielle américaine, qui ont entamé la confiance des investisseurs sur la reprise économique.
C'est à se taper la tête contre les murs! Enfin, le dollar remonte mais l'or ne baisse pas comme c'est devenu habituel... (23H00 mardi)
Bernanke ne pense pas que les prix des actifs américains soient mal évalués par le marché. De l'homme qui ne voyait pas de bulle dans l'immobilier en 2005...
L'Europe en croissance de 1.6% en rythme annuel au 3ème trimestre. Deux fois moins qu'aux Etats-Unis. Les merveilleux Etats-Unis avec leur "Fantastique Capacité de Rebond"© vont-ils encore nous montrer pendant dix ans "How it's done."?
Ils nous ont surtout démontré durant la dernière décennie comment faire de la croissance factice à crédit (ce n'est pas moi qui le dit, c'est Barack Obama: son expression est "paper growth") et ils ont bien l'intention de continuer aussi longtemps que le reste du monde voudra bien la financer. Le Japon fait lui 4,8%.
Que penser du rapport sur le sauvetage d'AIG? J'ai eu l'impression qu'il ne nous apprenait pas grand chose de nouveau. Yves Smith de Naked Capitalism explique pourquoi les conclusions de ce rapport sont beaucoup trop molles selon elle.
mardi 17 novembre 2009
Etonnez-vos amis! Faites-vous vacciner contre la Grippe A
Je me suis fait vacciner contre la grippe A. J'ai appris qu'il y avait très peu de demandes dans les centres de vaccination (qui ne sont censés à ce stade ne vacciner que les personnes "à risque") en conséquence de quoi n'importe qui peut se rendre dans un centre et être vacciné.
Plusieurs facteurs m'ont fait franchir le pas. D'abord, j'ai un proche qui est tombé malade la semaine dernière. J'ai aussi un autre membre de ma famille qui s'est spécialisé en matière de grippe A et qui recommande le vaccin. J'ai appris en outre que les petites Obama s'étaient faites vacciner (même si notre président n'a pas encore donné l'exemple - soit dit en passant quelle bizarrerie... A-t-il peur des piqûres? Peur du vaccin?). Déjà vacciné contre la grippe saisonnière, je ne cours plus le risque de passer une semaine au lit. Je n'aurais pas non plus à me tenir à distance de gens touchés et je pourrais au contraire leur prêter main forte s'il en était besoin. Aussi, le vaccin n'est pas du tout en vogue: moralité, vu que je n'aime rient tant que prendre tout le monde à contre-pied (en bon "contrarian"), la tentation est devenue de plus en plus irrésistible. Enfin, quand on a la charge comme moi d'un blog dont le but est de faire vaciller la "power structure" de la finance mondiale, on ne peut pas prendre le risque de perdre sa voix au moment crucial! (qui chaque jour se rapproche d'une journée...)
J'ai demandé quelle était la capacité du centre (qui couvrait plusieurs quartiers parisiens): 1000/jour au max. A 18H00, le compteur était à 63. Je n'ai pas attendu et le tout a été réglé en vingt minutes. Il est clair que dès que le vaccin sera à la mode (et j'ai l'impression qu'il le sera bientôt), l'engorgement va être inévitable. Faire la queue une demi-journée avec d'autre gens (possiblement malades - talk about a self-defeating move) ne me paraît pas être une alternative très séduisante.
J'ouvre donc une rubrique "conseil de santé" sur le blogo qui pourrait bien n'avoir jamais qu'une entrée: Faites-vous vacciner avant le rush! (liste des centres de vaccination à Paris)
Autre conseil: vous n'avez plus que deux semaines environ pour faire vos cadeaux de Noël dans des conditions relativement sereines. (ouverture d'une rubrique "vie pratique")
Tant que j'y suis: Jocelyn Quivrin. Bon. On ne doit pas tirer sur les ambulances donc j'imagine pas non plus sur les corbillards mais s'il roulait bien à 230km/h, ne peut-on pas mettre un peu en sourdine la mystique "James Dean"et rappeler plutôt qu'il faisait courir un risque aux gens autour de lui? Même à 3H00 du matin dans le Massif central ce genre de vitesse n'est pas excusable mais à 23H30 un dimanche soir sur l'A13? WTF? L'hommage de Mitterrand ne peut-il pas faire référence aux "conditions à éclaircir de l'accident"? Mitterrand aurait-il eu la même compassion mièvre pour un trader ou l'aurait-il traité (en privé) de "gros con"? Faire comme si Quivrin avait été la victime innocente de la fatalité est irritant. Mitterrand aurait-il aimé être sur l'A13, décapité par le bolide de Quivrin rebondissant sur un rail de sécurité? (ouverture d'une rubrique: "commentaire complètement gratuit sur des faits de société choisis au hasard")
Et tant que j'y suis encore, un véritable "eye-opener" à la faveur de déambulations sur internet (good old-fashion web surfing!): ce mot de Bruno Roger-Petit sur Michel Drucker. Je n'étais pas sensibilisé à cet aspect "irrespectueux" de Michel Drucker et je l'aurais volontiers classé dans la catégorie des obséquieux vis-à-vis des pouvoirs quels qu'ils soient. Il semble que j'avais raté une constante réellement provocatrice dans sa carrière qui me le rend plutôt sympathique. Comme quoi... (ouverture d'une rubrique "médias")
Bon je crois que je suis maintenant aussi loin qu'on peut l'être de la "crise annoncée". J'arrête...
Plusieurs facteurs m'ont fait franchir le pas. D'abord, j'ai un proche qui est tombé malade la semaine dernière. J'ai aussi un autre membre de ma famille qui s'est spécialisé en matière de grippe A et qui recommande le vaccin. J'ai appris en outre que les petites Obama s'étaient faites vacciner (même si notre président n'a pas encore donné l'exemple - soit dit en passant quelle bizarrerie... A-t-il peur des piqûres? Peur du vaccin?). Déjà vacciné contre la grippe saisonnière, je ne cours plus le risque de passer une semaine au lit. Je n'aurais pas non plus à me tenir à distance de gens touchés et je pourrais au contraire leur prêter main forte s'il en était besoin. Aussi, le vaccin n'est pas du tout en vogue: moralité, vu que je n'aime rient tant que prendre tout le monde à contre-pied (en bon "contrarian"), la tentation est devenue de plus en plus irrésistible. Enfin, quand on a la charge comme moi d'un blog dont le but est de faire vaciller la "power structure" de la finance mondiale, on ne peut pas prendre le risque de perdre sa voix au moment crucial! (qui chaque jour se rapproche d'une journée...)
J'ai demandé quelle était la capacité du centre (qui couvrait plusieurs quartiers parisiens): 1000/jour au max. A 18H00, le compteur était à 63. Je n'ai pas attendu et le tout a été réglé en vingt minutes. Il est clair que dès que le vaccin sera à la mode (et j'ai l'impression qu'il le sera bientôt), l'engorgement va être inévitable. Faire la queue une demi-journée avec d'autre gens (possiblement malades - talk about a self-defeating move) ne me paraît pas être une alternative très séduisante.
J'ouvre donc une rubrique "conseil de santé" sur le blogo qui pourrait bien n'avoir jamais qu'une entrée: Faites-vous vacciner avant le rush! (liste des centres de vaccination à Paris)
Autre conseil: vous n'avez plus que deux semaines environ pour faire vos cadeaux de Noël dans des conditions relativement sereines. (ouverture d'une rubrique "vie pratique")
Tant que j'y suis: Jocelyn Quivrin. Bon. On ne doit pas tirer sur les ambulances donc j'imagine pas non plus sur les corbillards mais s'il roulait bien à 230km/h, ne peut-on pas mettre un peu en sourdine la mystique "James Dean"et rappeler plutôt qu'il faisait courir un risque aux gens autour de lui? Même à 3H00 du matin dans le Massif central ce genre de vitesse n'est pas excusable mais à 23H30 un dimanche soir sur l'A13? WTF? L'hommage de Mitterrand ne peut-il pas faire référence aux "conditions à éclaircir de l'accident"? Mitterrand aurait-il eu la même compassion mièvre pour un trader ou l'aurait-il traité (en privé) de "gros con"? Faire comme si Quivrin avait été la victime innocente de la fatalité est irritant. Mitterrand aurait-il aimé être sur l'A13, décapité par le bolide de Quivrin rebondissant sur un rail de sécurité? (ouverture d'une rubrique: "commentaire complètement gratuit sur des faits de société choisis au hasard")
Et tant que j'y suis encore, un véritable "eye-opener" à la faveur de déambulations sur internet (good old-fashion web surfing!): ce mot de Bruno Roger-Petit sur Michel Drucker. Je n'étais pas sensibilisé à cet aspect "irrespectueux" de Michel Drucker et je l'aurais volontiers classé dans la catégorie des obséquieux vis-à-vis des pouvoirs quels qu'ils soient. Il semble que j'avais raté une constante réellement provocatrice dans sa carrière qui me le rend plutôt sympathique. Comme quoi... (ouverture d'une rubrique "médias")
Bon je crois que je suis maintenant aussi loin qu'on peut l'être de la "crise annoncée". J'arrête...
L'or à $1141.2
L'or monte. J'ai acheté de l'or en 2007. A l'époque, je pensais que "tout allait péter" et que l'or allait "spiker" (de "spike" atteindre un pic très rapidement). L'or allait être la valeur refuge devant le chaos que la crise allait produire. J'avais pour modèle la hausse extrêmement rapide de l'or du début des années 80 qui avaient vu l'or monter autour de $800 ce qui, compte tenu de l'inflation, représenterait $2200 dollar aujourd'hui. Pour l'instant, cela ne s'est pas produit. Il est clair cependant que si le dernier rempart contre le chaos économique global venait à céder (si les marchés se mettaient à douter sérieusement de la capacité des Etats à rembourser leurs dettes), l'or connaîtrait une hausse des prix très rapide et exponentielle.
Le cours de l'or est quasiment devenu aujourd'hui la preuve numéro 1 d'une angoisse diffuse et impalpable (la bourse s'envole!) qui semble rôder un peu partout. L'utilisation de l'or comme une protection contre le chaos est désormais bien ancré dans la psychologie du marché (ça n'était pas vrai il y a un an quand face à Lehman, poussé par le dollar qui remontait, l'or a chuté jusque sous les $800 démentant pendant un temps complètement ma théorie). Je misais donc sur une crise pour faire exploser le cours de l'or. La crise est venue (septembre 2008 et mars 2009) mais l'or n'a pas spiké. La hausse de l'or n'est pas la conséquence directe d'une crise comme au début des années 80 mais paraît en être à ce stade un signe annonciateur.
Nous verrons donc. Il faut aussi qu'un certain nombre de corrélations puissantes qui se sont établies récemment se découplent pour que l'or puisse vraiment monter dans une période d'incertitude. Notamment le caractère de "valeur refuge" du dollar en cas d'inquiétude doit disparaître car il fait baisser l'or au moindre coup de vent. C'est peut-être ce découplement qui est en train de se passer mais nous n'aurons la réponse que quand les mouvements récents s'inverseront (hausse des actions et de l'or en même temps qu'une baisse du dollar). Roubini notamment explique que le dollar va rebondir violemment en raison de l'inversion brutale du phénomène qui expliquerait l'essentiel de sa baisse aujourd'hui: le carry-trade* qui est désormais financé en dollar (nouveauté).
L'or est finalement aujourd'hui l'indicateur essentiel du fait qu' "il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark". J'exagère: il y a en en réalité plein d'autres signes de "clear and present danger" mais disons que les médias choisissent de mettre en avant la bourse et la croissance qui ne sont pas "pas si pires" (expression québécoise pour les non-initiés). Pourquoi pas l'emploi? Les faillites bancaires (FDIC hebdomadaire)? Les dettes pourries qui continuent à augmenter imperturbablement (FHA, Fannie-Freddie, credit cards)? Les évictions qui ne diminuent pas? Et également les bonus dans les banques! Bonne nouvelle me direz-vous? Absolument pas, ce seul chiffre est le plus inquiétant: il démontre de manière implacable à l'observateur attentif que le système est mort sans espoir de retour car il est incapable de se réformer et pourtant complètement livré à lui même. Ce dévoiement de l'argent public est le meilleur indicateur du fait que la situation du système financier atteint un stade terminal: ceux qui le dirigent n'essayent même pas d'en assurer la pérennité, ils essayent de réaliser une dernière fois les hold-ups invraisemblables qui ont permis à tant de gens de s'enrichir pour des générations en quelques "saisons de bonus" avant la crise. C'est le seul objectif poursuivi et il a une utilité sociale absolument nulle. Ca ne peut pas bien se terminer.
* Cette thèse du carry-trade qui va s'inverser en emportant tous les "dollar bears" sur son passage me paraît un peu un conte pour enfants visant à faire peur aux investisseurs qui jouent contre le dollar. Roubini dit que le carry-trade est immense mais ne se donnent pas la peine de le quantifier par rapport aux autres forces qui influencent le marché des changes. Il dit qu'on emprunte des dollars pour les investir ailleurs ce qui fait augmenter toutes les classes d'actif de la planète. Très bien mais les actifs américains s'apprécient également et semblent toujours donner le la (il faut dire qu'au rythme où la FED crée de la monnaie, il y en a pour tout le monde - littéralement!). Cette thèse du carry-trade fait tressaillir le bullshit detector du blogo. Est-il déraisonnable de demander à Roubini de chiffrer son effet carry-trade avant de faire de son idée une "une" du Wall Street Journal? N'y a-t-il pas toujours des éléments objectifs qui peuvent expliquer la baisse du dollar? La manière dont cette thèse est devenue en quinze jours l'explication unique de tous les mouvements du dollar me semble très suspecte (en tout cas après la lecture de l'édito du 2 novembre de Roubini dans le FT qui est à l'origine de l'affaire et qui encore une fois ne présente aucun chiffre - où l'on mesure encore une fois l'impact inouï qu'ont quelques faiseurs d'opinions sur les marchés ou en tout cas sur les "narratives" qui leur sont vendus).
Addendum (18/11/2009): à la relecture, l'expression "conte pour enfants" me semble excessive. Le phénomène est réel mais on dirait qu'il a été lancé selon un plan média. Ca fait un peu penser au "subprime européen" au printemps. L'idée étant que les taux sont à zéro depuis le début de l'année et il est un peu étonnant que ce sujet déboule sur le devant de la scène tout à coup en emportant tout sur son passage dans les discussions sur les taux de change. Just sayin'.
Le cours de l'or est quasiment devenu aujourd'hui la preuve numéro 1 d'une angoisse diffuse et impalpable (la bourse s'envole!) qui semble rôder un peu partout. L'utilisation de l'or comme une protection contre le chaos est désormais bien ancré dans la psychologie du marché (ça n'était pas vrai il y a un an quand face à Lehman, poussé par le dollar qui remontait, l'or a chuté jusque sous les $800 démentant pendant un temps complètement ma théorie). Je misais donc sur une crise pour faire exploser le cours de l'or. La crise est venue (septembre 2008 et mars 2009) mais l'or n'a pas spiké. La hausse de l'or n'est pas la conséquence directe d'une crise comme au début des années 80 mais paraît en être à ce stade un signe annonciateur.
Nous verrons donc. Il faut aussi qu'un certain nombre de corrélations puissantes qui se sont établies récemment se découplent pour que l'or puisse vraiment monter dans une période d'incertitude. Notamment le caractère de "valeur refuge" du dollar en cas d'inquiétude doit disparaître car il fait baisser l'or au moindre coup de vent. C'est peut-être ce découplement qui est en train de se passer mais nous n'aurons la réponse que quand les mouvements récents s'inverseront (hausse des actions et de l'or en même temps qu'une baisse du dollar). Roubini notamment explique que le dollar va rebondir violemment en raison de l'inversion brutale du phénomène qui expliquerait l'essentiel de sa baisse aujourd'hui: le carry-trade* qui est désormais financé en dollar (nouveauté).
L'or est finalement aujourd'hui l'indicateur essentiel du fait qu' "il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark". J'exagère: il y a en en réalité plein d'autres signes de "clear and present danger" mais disons que les médias choisissent de mettre en avant la bourse et la croissance qui ne sont pas "pas si pires" (expression québécoise pour les non-initiés). Pourquoi pas l'emploi? Les faillites bancaires (FDIC hebdomadaire)? Les dettes pourries qui continuent à augmenter imperturbablement (FHA, Fannie-Freddie, credit cards)? Les évictions qui ne diminuent pas? Et également les bonus dans les banques! Bonne nouvelle me direz-vous? Absolument pas, ce seul chiffre est le plus inquiétant: il démontre de manière implacable à l'observateur attentif que le système est mort sans espoir de retour car il est incapable de se réformer et pourtant complètement livré à lui même. Ce dévoiement de l'argent public est le meilleur indicateur du fait que la situation du système financier atteint un stade terminal: ceux qui le dirigent n'essayent même pas d'en assurer la pérennité, ils essayent de réaliser une dernière fois les hold-ups invraisemblables qui ont permis à tant de gens de s'enrichir pour des générations en quelques "saisons de bonus" avant la crise. C'est le seul objectif poursuivi et il a une utilité sociale absolument nulle. Ca ne peut pas bien se terminer.
* Cette thèse du carry-trade qui va s'inverser en emportant tous les "dollar bears" sur son passage me paraît un peu un conte pour enfants visant à faire peur aux investisseurs qui jouent contre le dollar. Roubini dit que le carry-trade est immense mais ne se donnent pas la peine de le quantifier par rapport aux autres forces qui influencent le marché des changes. Il dit qu'on emprunte des dollars pour les investir ailleurs ce qui fait augmenter toutes les classes d'actif de la planète. Très bien mais les actifs américains s'apprécient également et semblent toujours donner le la (il faut dire qu'au rythme où la FED crée de la monnaie, il y en a pour tout le monde - littéralement!). Cette thèse du carry-trade fait tressaillir le bullshit detector du blogo. Est-il déraisonnable de demander à Roubini de chiffrer son effet carry-trade avant de faire de son idée une "une" du Wall Street Journal? N'y a-t-il pas toujours des éléments objectifs qui peuvent expliquer la baisse du dollar? La manière dont cette thèse est devenue en quinze jours l'explication unique de tous les mouvements du dollar me semble très suspecte (en tout cas après la lecture de l'édito du 2 novembre de Roubini dans le FT qui est à l'origine de l'affaire et qui encore une fois ne présente aucun chiffre - où l'on mesure encore une fois l'impact inouï qu'ont quelques faiseurs d'opinions sur les marchés ou en tout cas sur les "narratives" qui leur sont vendus).
Addendum (18/11/2009): à la relecture, l'expression "conte pour enfants" me semble excessive. Le phénomène est réel mais on dirait qu'il a été lancé selon un plan média. Ca fait un peu penser au "subprime européen" au printemps. L'idée étant que les taux sont à zéro depuis le début de l'année et il est un peu étonnant que ce sujet déboule sur le devant de la scène tout à coup en emportant tout sur son passage dans les discussions sur les taux de change. Just sayin'.
lundi 16 novembre 2009
I'm shocked! Shocked!
Du NYT (via Atrios):
WASHINGTON — In the official record of the historic House debate on overhauling health care, the speeches of many lawmakers echo with similarities. Often, that was no accident.
Statements by more than a dozen lawmakers were ghostwritten, in whole or in part, by Washington lobbyists working for Genentech, one of the world’s largest biotechnology companies.
E-mail messages obtained by The New York Times show that the lobbyists drafted one statement for Democrats and another for Republicans.
(Des lobbyists du healthcare ont écrit les discours de représentants à la chambre lors du récent débat sur le système de santé. What a shocker!)
WASHINGTON — In the official record of the historic House debate on overhauling health care, the speeches of many lawmakers echo with similarities. Often, that was no accident.
Statements by more than a dozen lawmakers were ghostwritten, in whole or in part, by Washington lobbyists working for Genentech, one of the world’s largest biotechnology companies.
E-mail messages obtained by The New York Times show that the lobbyists drafted one statement for Democrats and another for Republicans.
(Des lobbyists du healthcare ont écrit les discours de représentants à la chambre lors du récent débat sur le système de santé. What a shocker!)
samedi 14 novembre 2009
Ordos - China
Assez scotchant.Ca fait penser aux lotissements fantômes aux US sauf que c'est à la dimension chinoise.(via Zero Hedge)Et rappelons-nous que c'est sur les épaules de ce pays que repose la stabilité de l'économie mondiale. On ne peut pas non plus exclure que le reportage force le trait sustantiellement. Granted. Il n'empêche que c'est un élément de plus qui envoie le "bullshit detector" du blogo dans le rouge au sujet de l'économie chinoise. J'ai particulièrement aimé: "personne n'a jamais perdu d'argent sur l'immobilier en Chine". J'ai déjà entendu ça quelque part...
vendredi 13 novembre 2009
mercredi 11 novembre 2009
Post-It
La maturité moyenne de la dette anglaise est 15 ans, France et Allemagne 10 ans et USA 5 ans. (via RGE). Le Royaume-Uni qui est en "negative watch" pourrait être le premier de ces pays à perdre sa note AAA qui abaisse le coût global de l'endettement.
Madoff n'a pas "raté sa vie": il avait 17 Rolex.
Brilliant:
Madoff n'a pas "raté sa vie": il avait 17 Rolex.
Brilliant:
mardi 10 novembre 2009
Roubini et Summers, Récho et Frigo?
Dans l'économie US, vous avez Dark Vador: c'est Larry Summers (dérégulateur fou, "bubble apologist", payé plus de $100000 euros par prestation pour des conférences dans les banques etc...). Et vous avez Luke Skywalker: c'est Nouriel Roubini à la tête d'une petite entreprise de conseil, modestement professeur à la Stern School of business de NYU mais qui a eu raison sur la crise en dénonçant la bulle dans l'immobilier quand ça n'était pas encore à la mode.
J'ai regretté à plusieurs reprises depuis que la crise est rentrée dans une phase aiguë que Roubini soit moins percutant et se fasse même parfois l'apologiste de l'administration. Il a loué les nominations de Geithner et de Summers qui sont l'un et l'autre à l'origine de la crise. Il s'est fendu d'un édito dans le NYT appelant à la reconduction de Bernanke (on peut considérer que c'est un moindre mal mais de là à faire un op-ed...). J'ai mis ça sur le compte de l'ambition: Roubini avait fait son "breakthrough" avec la crise et son ambition naturelle était de rentrer dans l'establishment et peut-être au gouvernement.
Il semble que cette explication soit incomplète.
D'après les publications rendues nécessaires par son accession au poste de conseiller économique d'Obama, Summers a investi dans la boîte de Roubini en janvier 2006 (voir p. 22 du PDF plus bas). Problème: à l'époque les deux hommes semblent aux antipodes l'un de l'autre. Summers fait notamment des présentations dans des pays d'Asie en recommandant d'acheter du subprime. Comment peut-il au même moment investir dans l'entreprise de l'homme qui fait un fonds de commerce de dire que tout va péter? Mind boggling. Le silence médiatique quasi-total sur ce lien tangible entre deux acteurs en principe opposés dans le débat économique est très étonnant. L'internet permet l'exposition de ce genre de lien à condition qu'ils soient relevés par les journalistes. J'ai aussi réalisé que Roubini avait été adjoint de Geithner en 98 quand celui-ci était Undersecretary de Clinton (je me souvenais qu'il avait eu un rôle sous Clinton mais pas pour Geithner directement).
Roubini était dithyrambique sur la nomination de Summers et Geithner, il avait été interviewé le 25 novembre 2008 dans Newsweek. Titre de l'article: "Even Dr Doom likes them". L'article ne fait pas mention du lien préexistant (je n'irai pas pleurer...). Heureusement, Roubini faisait une mise au point sur son blog: "First, I told the Newsweek reporter – as full disclosure – that I had worked for Tim Geithner and Larry Summers when they were both at Treasury". Et les actions de Summers dans ta société, Nouriel? Elle n'était pas très "full" cette "disclosure"...
Summers est-il le père de Nouriel Roubini comme Vador était le père de Luke Skywalker ? En tout cas, je comprends mieux pourquoi Roubini semble si souvent ambigu face au côté obscur. (via un commentateur de Zero Hedge et ce site - ce n'est pas un scoop l'info date d'avril).
Voir p. 22, la boite de Roubini s'appelle RGE Monitor:
Disclosure LSummers04032009
J'ai regretté à plusieurs reprises depuis que la crise est rentrée dans une phase aiguë que Roubini soit moins percutant et se fasse même parfois l'apologiste de l'administration. Il a loué les nominations de Geithner et de Summers qui sont l'un et l'autre à l'origine de la crise. Il s'est fendu d'un édito dans le NYT appelant à la reconduction de Bernanke (on peut considérer que c'est un moindre mal mais de là à faire un op-ed...). J'ai mis ça sur le compte de l'ambition: Roubini avait fait son "breakthrough" avec la crise et son ambition naturelle était de rentrer dans l'establishment et peut-être au gouvernement.
Il semble que cette explication soit incomplète.
D'après les publications rendues nécessaires par son accession au poste de conseiller économique d'Obama, Summers a investi dans la boîte de Roubini en janvier 2006 (voir p. 22 du PDF plus bas). Problème: à l'époque les deux hommes semblent aux antipodes l'un de l'autre. Summers fait notamment des présentations dans des pays d'Asie en recommandant d'acheter du subprime. Comment peut-il au même moment investir dans l'entreprise de l'homme qui fait un fonds de commerce de dire que tout va péter? Mind boggling. Le silence médiatique quasi-total sur ce lien tangible entre deux acteurs en principe opposés dans le débat économique est très étonnant. L'internet permet l'exposition de ce genre de lien à condition qu'ils soient relevés par les journalistes. J'ai aussi réalisé que Roubini avait été adjoint de Geithner en 98 quand celui-ci était Undersecretary de Clinton (je me souvenais qu'il avait eu un rôle sous Clinton mais pas pour Geithner directement).
Roubini était dithyrambique sur la nomination de Summers et Geithner, il avait été interviewé le 25 novembre 2008 dans Newsweek. Titre de l'article: "Even Dr Doom likes them". L'article ne fait pas mention du lien préexistant (je n'irai pas pleurer...). Heureusement, Roubini faisait une mise au point sur son blog: "First, I told the Newsweek reporter – as full disclosure – that I had worked for Tim Geithner and Larry Summers when they were both at Treasury". Et les actions de Summers dans ta société, Nouriel? Elle n'était pas très "full" cette "disclosure"...
Summers est-il le père de Nouriel Roubini comme Vador était le père de Luke Skywalker ? En tout cas, je comprends mieux pourquoi Roubini semble si souvent ambigu face au côté obscur. (via un commentateur de Zero Hedge et ce site - ce n'est pas un scoop l'info date d'avril).
Voir p. 22, la boite de Roubini s'appelle RGE Monitor:
Disclosure LSummers04032009
Post-It (2)
Jean Sarkozy meets Benjamin Button: Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan, embauche son père de 78 ans.
Bankers Start Feasting Again at London Eateries, Chefs Say "Les grands chefs londoniens disent que les banquiers festoient à nouveau". Partying like it's 2006...
Le convoyeur-voleur lisait-il le Blogo? (via "20 Minutes"): Seul indice qui aurait pu mettre la puce à l’oreille de ses collègues, un changement de comportement depuis quelques mois. D’impénétrable, l’homme est devenu contempteur des patrons et banquiers, se comportait de façon «bizarre depuis plusieurs mois», et se plaignait «d’être mal payé».
Brown soutient la taxe Tobin. Avec Sarko et Merkel, ça commence à faire du monde (j'ai vérifié rapidement mais ils semblent tous deux y avoir été favorables). Wall Street a donné une fin de non-recevoir par l'intermédiaire de Geithner. Plus étonnant, DSK se prononce également contre ce qui n'est pas très smart pour un présidentiable PS. Je ne sais pas si cette taxe pourrait être applicable régionalement. Je n'ai pas d'avis sur la question car le problème restait traditionnellement confiné aux pages du monde diplomatique. Peut-on imaginer une partie du monde avec un capital très fluide et une autre où la viscosité est plus grande? La taxe est-elle naturellement un frein à la croissance comme les banques ne vont pas manquer de le dire (elles ne tolèrent qu'un élément de viscosité: leurs fees!) ou un élément de stabilisation comme c'est avancé? Ca pourrait en tout cas être un moyen pour les politiques d'essayer, si ce n'est de reprendre la main, au moins de se faire entendre un petit peu.
C'était un peu la surprise des élections allemandes: les allemands votent toujours massivement pour l'équivalent de Madelin malgré la crise financière. Ce graphe traduit cette réalité également. Vu la position française, il semble que l'Europe ait un problème...
L'augmentation du chômage se tasse aux US même si le taux de chômage a franchi les 10% à 10,2%.
Et ce graphe que j'avais déjà posté mais qui est actualisé. Il montre la spécificité de cette crise parmi celles qui ont eu lieu depuis la guerre:
Bankers Start Feasting Again at London Eateries, Chefs Say "Les grands chefs londoniens disent que les banquiers festoient à nouveau". Partying like it's 2006...
Le convoyeur-voleur lisait-il le Blogo? (via "20 Minutes"): Seul indice qui aurait pu mettre la puce à l’oreille de ses collègues, un changement de comportement depuis quelques mois. D’impénétrable, l’homme est devenu contempteur des patrons et banquiers, se comportait de façon «bizarre depuis plusieurs mois», et se plaignait «d’être mal payé».
Brown soutient la taxe Tobin. Avec Sarko et Merkel, ça commence à faire du monde (j'ai vérifié rapidement mais ils semblent tous deux y avoir été favorables). Wall Street a donné une fin de non-recevoir par l'intermédiaire de Geithner. Plus étonnant, DSK se prononce également contre ce qui n'est pas très smart pour un présidentiable PS. Je ne sais pas si cette taxe pourrait être applicable régionalement. Je n'ai pas d'avis sur la question car le problème restait traditionnellement confiné aux pages du monde diplomatique. Peut-on imaginer une partie du monde avec un capital très fluide et une autre où la viscosité est plus grande? La taxe est-elle naturellement un frein à la croissance comme les banques ne vont pas manquer de le dire (elles ne tolèrent qu'un élément de viscosité: leurs fees!) ou un élément de stabilisation comme c'est avancé? Ca pourrait en tout cas être un moyen pour les politiques d'essayer, si ce n'est de reprendre la main, au moins de se faire entendre un petit peu.
C'était un peu la surprise des élections allemandes: les allemands votent toujours massivement pour l'équivalent de Madelin malgré la crise financière. Ce graphe traduit cette réalité également. Vu la position française, il semble que l'Europe ait un problème...

L'augmentation du chômage se tasse aux US même si le taux de chômage a franchi les 10% à 10,2%.

Et ce graphe que j'avais déjà posté mais qui est actualisé. Il montre la spécificité de cette crise parmi celles qui ont eu lieu depuis la guerre:
lundi 9 novembre 2009
dimanche 8 novembre 2009
3,5%
3,5%. C'est la croissance américaine annoncée au troisième trimestre il y a plus d'une semaine. J'ai immédiatement reçu un email d'un lecteur qui était curieux de connaître la position du Blogo sur un chiffre qui n'allait pas vraiment dans le sens du "désastre imminent" qui est promis ici à longueur de posts.
Il y a beaucoup de raisons de relativiser ce chiffre mais ce n'est pas vraiment ce que je me propose de faire. Voici en gros comment tous les commentateurs (du mainstream à Zero Hedge) traitent le sujet: ces 3,5% ne sont que le produit du stimulus de $787 milliards décidé par Obama et le quatrième trimestre ne sera pas aussi bon (fin notamment de la prime à la casse). De plus, les chiffres de l'emploi sont déplorables et les difficultés à venir sont majeures. J'ai même entendu Peter Orszag (conseiller éco d'Obama) annoncer sur Charlie Rose que "la part des $787 milliards dépensée au Q3" = "entre 3% et 4% de croissance".
Et voilà: 3,5% - (entre 3% et 4%) = 0% (+/- 0,5%). Le tour est joué. Des questions?
J'imagine que les lecteurs du Blogo ont quand même des questions et ils ont raison. Où est la catastrophe promise (même 0% n'est pas -10%)? Et surtout: les mesures prises depuis le début de la crise se sont-elles finalement avérées être les bonnes puisque le système tient encore debout et semble même redémarrer? (disclosure: je ne réponds définitivement à aucune de ces questions pour ceux qui ne voudraient pas être pris en traître).
Pour ce qui est de la catastrophe, je l'ai d'abord annoncée pour 2009 avec une préférence pour le premier semestre. Puis je me suis rabattu sur 2009 et je vais bientôt devoir me replier sur 2010. Pour revenir à l' "avis général" (qui s'est trompé tellement de fois récemment qu'il n'est pas besoin d'y revenir) il est désormais communément admis que "we're back from the brink" ("nous sommes revenus du bord du précipice", Krugman notamment est sur cette ligne). Le Blogo considère toujours que nous sommes au bord du précipice et pense que nous allons tomber dedans. Ou peut-être sommes nous tombés dedans et n'avons nous simplement pas encore touché le fond.
Je vais donc développer cela en deux parties. Où est la catastrophe promise? puis La politique menée était-elle la bonne? Hopefully dans la semaine. Je refusionnerai le tout en un seul post à la fin. C'est une nouveauté du blogo pour ce mois de novembre: le roman par épisode.
Il y a beaucoup de raisons de relativiser ce chiffre mais ce n'est pas vraiment ce que je me propose de faire. Voici en gros comment tous les commentateurs (du mainstream à Zero Hedge) traitent le sujet: ces 3,5% ne sont que le produit du stimulus de $787 milliards décidé par Obama et le quatrième trimestre ne sera pas aussi bon (fin notamment de la prime à la casse). De plus, les chiffres de l'emploi sont déplorables et les difficultés à venir sont majeures. J'ai même entendu Peter Orszag (conseiller éco d'Obama) annoncer sur Charlie Rose que "la part des $787 milliards dépensée au Q3" = "entre 3% et 4% de croissance".
Et voilà: 3,5% - (entre 3% et 4%) = 0% (+/- 0,5%). Le tour est joué. Des questions?
J'imagine que les lecteurs du Blogo ont quand même des questions et ils ont raison. Où est la catastrophe promise (même 0% n'est pas -10%)? Et surtout: les mesures prises depuis le début de la crise se sont-elles finalement avérées être les bonnes puisque le système tient encore debout et semble même redémarrer? (disclosure: je ne réponds définitivement à aucune de ces questions pour ceux qui ne voudraient pas être pris en traître).
Pour ce qui est de la catastrophe, je l'ai d'abord annoncée pour 2009 avec une préférence pour le premier semestre. Puis je me suis rabattu sur 2009 et je vais bientôt devoir me replier sur 2010. Pour revenir à l' "avis général" (qui s'est trompé tellement de fois récemment qu'il n'est pas besoin d'y revenir) il est désormais communément admis que "we're back from the brink" ("nous sommes revenus du bord du précipice", Krugman notamment est sur cette ligne). Le Blogo considère toujours que nous sommes au bord du précipice et pense que nous allons tomber dedans. Ou peut-être sommes nous tombés dedans et n'avons nous simplement pas encore touché le fond.
Je vais donc développer cela en deux parties. Où est la catastrophe promise? puis La politique menée était-elle la bonne? Hopefully dans la semaine. Je refusionnerai le tout en un seul post à la fin. C'est une nouveauté du blogo pour ce mois de novembre: le roman par épisode.
Glenn Matters
Glenn Greenwald s'en prend classiquement à un propagandiste en chef pro-guerre en Irak: Michael Ledeen (impliqué notamment dans l'affabulation sur les "aluminium tubes" de Saddam Hussein). Ledeen s'est depuis recyclé dans le battage de tam-tam contre l'Iran. Il faut dire que cette évolution de carrière semble presque naturelle tant elle a été suivie.
Désormais autoproclamé "spécialiste de l'Iran", Ledeen répand une fausse rumeur sur le supposé décès d'Ali Khamenei, "Chef Suprême" iranien (ou quelque chose dans ce goût-là). Il a fait le coup en 2006 et a recommencé au mois d'octobre 2009. Khamenei n'est pas mort et a fait depuis des apparitions publiques.
Enters Glenn Greenwald qui réduit Ledeen en miettes en deux temps trois mouvements comme il se doit mais qui met aussi en cause le journaliste George Stephanopoulos (solidement installé au sommet du "pecking order" dans le journalisme politique des vieux médias) pour avoir fait un lien vers la rumeur de Ledeen à partir de son blog d'ABC News. Réponse quasi immédiate de Stephanopoulos sur Twitter:
C'est pour cela qu'Atrios apelle Greenwald "Glennzilla": il fout la trouille à tout le monde à Washington. S'il y avait eu ce type de réaction de bon sens des MSM (mensonge => disqualification) en 2003, nous n'en serions pas là où nous en sommes.
Note: citations de Ledeen d'après sa fiche wikipédia (il dit en gros tout haut ce que l'administration Bush pensait tout bas):
"The two met after Bush's election," the Post reported cheerfully, quoting Ledeen about Rove's request that "any time you have a good idea, tell me". "More than once, Ledeen has seen his ideas, faxed to Rove, become official policy or rhetoric," noted the newspaper.
Désormais autoproclamé "spécialiste de l'Iran", Ledeen répand une fausse rumeur sur le supposé décès d'Ali Khamenei, "Chef Suprême" iranien (ou quelque chose dans ce goût-là). Il a fait le coup en 2006 et a recommencé au mois d'octobre 2009. Khamenei n'est pas mort et a fait depuis des apparitions publiques.
Enters Glenn Greenwald qui réduit Ledeen en miettes en deux temps trois mouvements comme il se doit mais qui met aussi en cause le journaliste George Stephanopoulos (solidement installé au sommet du "pecking order" dans le journalisme politique des vieux médias) pour avoir fait un lien vers la rumeur de Ledeen à partir de son blog d'ABC News. Réponse quasi immédiate de Stephanopoulos sur Twitter:
C'est pour cela qu'Atrios apelle Greenwald "Glennzilla": il fout la trouille à tout le monde à Washington. S'il y avait eu ce type de réaction de bon sens des MSM (mensonge => disqualification) en 2003, nous n'en serions pas là où nous en sommes.Note: citations de Ledeen d'après sa fiche wikipédia (il dit en gros tout haut ce que l'administration Bush pensait tout bas):
- "the level of casualties (in Iraq) is secondary"
- "Change — above all violent change — is the essence of human history"
- "the only way to achieve peace is through total war"
- "The purpose of total war is to permanently force your will onto another people"
- "Every ten years or so, the United States needs to pick up some small crappy little country and throw it against the wall, just to show the world we mean business"
"The two met after Bush's election," the Post reported cheerfully, quoting Ledeen about Rove's request that "any time you have a good idea, tell me". "More than once, Ledeen has seen his ideas, faxed to Rove, become official policy or rhetoric," noted the newspaper.
vendredi 6 novembre 2009
jeudi 5 novembre 2009
Le château de sable législatif face aux marées du lobbying
Jusqu'à une date récente le problème de la "durabilité" des lois ne se posait pas aux Etats-Unis. Les législateurs passaient des lois conçues avec les lobbyistes qui satisfaisaient tout le monde à Washington. Désormais, il est possible que les intérêts exprimés par les lobbyists s'opposent (en apparence) à ceux défendus par les législateurs car les citoyens sont désormais plus attentifs au processus législatif (leur désintérêt leur a coûté très cher). Par exemple au sujet de la réforme du système de santé, les citoyens sont remontés contre les sociétés d'assurance. Pareillement dans la finance, les politiciens sont obligés de donner des gages à leurs électeurs du fait qu'ils ne sont pas totalement les marionnettes de Wall Street. C'est le cas par exemple sur l'agence de protection des consommateurs que souhaite Obama en matière de produits financiers.
Alors pour l'instant, ce projet d'agence a été vidé de ses propositions les plus intéressantes (par exemple obliger les banques à offrir des produits "étalons" extrèmement simples (plain vanilla) comme un emprunt immobilier 30 ans à taux fixe à côté des produits viciés qui sont le gagne-pain des banques). Du côté du système de santé, les intérêts représentés semblent avoir les choses bien en main et être en mesure d'éviter que des coups substantiels soient véritablement portés à leurs portefeuilles.
C'est donc un peu une question théorique mais l'idée de ce post est la suivante: quand bien même une force politique appuyée sur le peuple américain réussirait un jour à imposer des lois qui représentent enfin l'intérêt général, ces lois ne seraient-elle pas vidées de leurs substances et de leurs éléments toxiques (aux vues des lobbyistes) par un travail de sappes continue à coup d'amendements et de "supplemental" pouvant s'étendre sur plusieurs mois ou plusieurs années? Le travail des lobbyists est d'identifier les points névralgiques de la loi, les "technicalities", qui font qu'une loi populaire pour les politiciens glissent sur les intérêts de leurs clients comme sur les plumes d'un canard (c'est tout le problème de la "public option" dans la réforme actuelle du système de santé).
Il est très possible que les Etats-Unis passent par une phase "Pénélope" ou des politiciens toujours alliés des lobbyists déferont le soir en cachette ce qu'ils auront accompli dans la journée pour s'attirer les faveurs de leurs administrés. Cela pourrait être la "next line of defense" du système que nous connaissons aujourd'hui. Les citoyens n'ont pas la "staying power" (faculté de persister) des lobbyists. Des châteaux de sable législatifs visant à domestiquer certains "special interests" seraient donc systématiquement emporté par les marées des lobbyists.
Nous n'en sommes pas là: pour l'instant les lois sont encore le plus souvent vidées de leurs aspects problématiques (pour les lobbies) avant même d'être votées. Mais cela pourrait être la nouvelle formule. C'est d'ailleurs un peu ce à quoi on a assisté avec le TARP (loi de sauvetage des banques): la loi prévoyait quelques contraintes liées à l'acceptation de l'argent de l'Etat qui déplaisaient aux banques. Ces dernières se sont empressées de le rembourser dès qu'elles ont été en mesure d'emprunter (grâce à la FED). Elles ont alors délaissé le TARP au profit des aides de la FED qui ont l'énorme avantage d'être secrètes. La loi ne plaisait pas: elle a été contournée avec le concours de la FED, des législateurs et des corporate media. Long, hard slog.
Alors pour l'instant, ce projet d'agence a été vidé de ses propositions les plus intéressantes (par exemple obliger les banques à offrir des produits "étalons" extrèmement simples (plain vanilla) comme un emprunt immobilier 30 ans à taux fixe à côté des produits viciés qui sont le gagne-pain des banques). Du côté du système de santé, les intérêts représentés semblent avoir les choses bien en main et être en mesure d'éviter que des coups substantiels soient véritablement portés à leurs portefeuilles.
C'est donc un peu une question théorique mais l'idée de ce post est la suivante: quand bien même une force politique appuyée sur le peuple américain réussirait un jour à imposer des lois qui représentent enfin l'intérêt général, ces lois ne seraient-elle pas vidées de leurs substances et de leurs éléments toxiques (aux vues des lobbyistes) par un travail de sappes continue à coup d'amendements et de "supplemental" pouvant s'étendre sur plusieurs mois ou plusieurs années? Le travail des lobbyists est d'identifier les points névralgiques de la loi, les "technicalities", qui font qu'une loi populaire pour les politiciens glissent sur les intérêts de leurs clients comme sur les plumes d'un canard (c'est tout le problème de la "public option" dans la réforme actuelle du système de santé).
Il est très possible que les Etats-Unis passent par une phase "Pénélope" ou des politiciens toujours alliés des lobbyists déferont le soir en cachette ce qu'ils auront accompli dans la journée pour s'attirer les faveurs de leurs administrés. Cela pourrait être la "next line of defense" du système que nous connaissons aujourd'hui. Les citoyens n'ont pas la "staying power" (faculté de persister) des lobbyists. Des châteaux de sable législatifs visant à domestiquer certains "special interests" seraient donc systématiquement emporté par les marées des lobbyists.
Nous n'en sommes pas là: pour l'instant les lois sont encore le plus souvent vidées de leurs aspects problématiques (pour les lobbies) avant même d'être votées. Mais cela pourrait être la nouvelle formule. C'est d'ailleurs un peu ce à quoi on a assisté avec le TARP (loi de sauvetage des banques): la loi prévoyait quelques contraintes liées à l'acceptation de l'argent de l'Etat qui déplaisaient aux banques. Ces dernières se sont empressées de le rembourser dès qu'elles ont été en mesure d'emprunter (grâce à la FED). Elles ont alors délaissé le TARP au profit des aides de la FED qui ont l'énorme avantage d'être secrètes. La loi ne plaisait pas: elle a été contournée avec le concours de la FED, des législateurs et des corporate media. Long, hard slog.
mercredi 4 novembre 2009
Post-It (1)
RBS et Lloyds vont recevoir £30 milliards de plus. Le budget du NHS (système de santé) est de £100 milliards annuellement. (Via Atrios)
L'envers du décor de l'American Dream? La moitié des enfants américains utiliseraient les food stamps (aide alimentaire de l'Etat) à un moment de leur enfance. 90% des enfants noirs. Avant la crise. C'est le genre de chiffres qui oblige à se demander si l'image qu'on se fait de la société américaine est correcte: les jeunes vont bien à l'école à Beverly Hills 90210 ou sont des gossip girls dans l'Upper East Side, puis les américains vivent dans des lofts dans le village et passé 30 ans ils deviennent médecins à Seattle ou Housewives dans le Connecticut? Right? J'ai lu récemment que les 2/3 des programmes télés se focalisaient sur le top 20% de la société en termes de revenus en France (c'est cette étude du CSA même si le chiffre que j'avance n'est pas repris dans le lien). On peut comprendre que ce soit plus vendeur mais quel impact cela a-t-il sur nos perceptions? Sur nos politiques? Voire même sur la conscience de classe: les classes les plus nombreuses ne sont pas représentées. Comment peuvent-elle avoir conscience d'elles-mêmes si elles n'existent pas dans nos représentations? Si elles n'ont pas conscience d'elles-mêmes, comment peuvent-elles avoir une existence politique?
Au Q3, Goldman Sachs n'a perdu de l'argent qu'une journée sur 65 de trading. 2 journées au Q2. Zero Hedge parle d' "absolute perfection" mais avance que cela défie la loi des probabilités. Il invite la SEC à y plonger le nez. Vous savez l'institution qui vient de prendre comme COO pour une de ses divisions un goldmanite de 29 ans...
Une enquête de McClatchy détermine que Goldman Sachs a continué à émettre du subprime alors même qu'ils achetaient de la protection contre ces produits. Par for the course. (via TBP) Un professeur de Boston University, Laurence Kotlikoff, s'indigne (c'est assez rare pour être relevé):“The Securities and Exchange Commission should be very interested in any financial company that secretly decides a financial product is a loser and then goes out and actively markets that product or very similar products to unsuspecting customers without disclosing its true opinion. This is fraud and should be prosecuted.”
Joseph Stiglitz: “We have this very strange situation today in America where we have given banks hundreds of billions of dollars and the president has to beg the banks to lend and they refuse. What we did was the wrong thing. It has weakened the economy and has increased our deficit, making it more difficult for the future.” Il est sur la Blogo Compliant List et ça se voit (ce n'est pas comme d'autres qu'il serait peut-être temps de retirer, une sortie "compliant" de ci de là ne doit pas vous rendre compliant pour toujours).
Alan Grayson dans le NYT. Ils ne font pas référence à son efficacité quand le congrès tient des "hearings". C'est dommage. (via TBP)
“Nearly four of five economists surveyed by USA TODAY say the stock market rally since March is heralding a sustainable recovery." Les mêmes qui n'ont pas vu la crise venir, trop content de regarder ailleurs pour faire plaisir à la FED ou aux banques... (via TBP) Voir aussi Naked Capitalism sur un article du WSJ qui explique que les économistes se sont trompés sans dire qu'ils étaient le plus souvent intéressés à leur erreur.
Ambrose Evans-Pritchard nous annonce la déconfiture prochaine du Japon (dont le gouvernemnet a eu le mauvais goût de déplaire récemment aux américains). C'est déjà un de ceux qui annonçait que la "crise des pays de l'Est" allait être le subprime européen à l'approche du G20 du printemps ce qui avait titillé le bullshit detector du blogo (à juste titre semble-t-il aujourd'hui). Bosse-t-il pour le gouvernement US ou réellement pour le Daily Telegraph? Il n'y a qu'à lire le titre pour mesurer la subtilité du propos: "It is Japan we should be worrying about, not America". Pour situer l'animal, il bossait précédemment pour The Economist. Je ne veux pas dire qu'il a tort sur tout. Je signale seulement qu'il a déjà fait office de "hitman" pour Washington et que le Japon déplaît en ce moment. De plus l'idée qu'on puisse se faire du soucis simultanément pour le Japon ET les Etats-Unis semble curieusement ne pas lui avoir traversé l'esprit...
Pendant ce temps là, aux pays des banques en faillites aux Etats-Unis:
L'envers du décor de l'American Dream? La moitié des enfants américains utiliseraient les food stamps (aide alimentaire de l'Etat) à un moment de leur enfance. 90% des enfants noirs. Avant la crise. C'est le genre de chiffres qui oblige à se demander si l'image qu'on se fait de la société américaine est correcte: les jeunes vont bien à l'école à Beverly Hills 90210 ou sont des gossip girls dans l'Upper East Side, puis les américains vivent dans des lofts dans le village et passé 30 ans ils deviennent médecins à Seattle ou Housewives dans le Connecticut? Right? J'ai lu récemment que les 2/3 des programmes télés se focalisaient sur le top 20% de la société en termes de revenus en France (c'est cette étude du CSA même si le chiffre que j'avance n'est pas repris dans le lien). On peut comprendre que ce soit plus vendeur mais quel impact cela a-t-il sur nos perceptions? Sur nos politiques? Voire même sur la conscience de classe: les classes les plus nombreuses ne sont pas représentées. Comment peuvent-elle avoir conscience d'elles-mêmes si elles n'existent pas dans nos représentations? Si elles n'ont pas conscience d'elles-mêmes, comment peuvent-elles avoir une existence politique?
Au Q3, Goldman Sachs n'a perdu de l'argent qu'une journée sur 65 de trading. 2 journées au Q2. Zero Hedge parle d' "absolute perfection" mais avance que cela défie la loi des probabilités. Il invite la SEC à y plonger le nez. Vous savez l'institution qui vient de prendre comme COO pour une de ses divisions un goldmanite de 29 ans...
Une enquête de McClatchy détermine que Goldman Sachs a continué à émettre du subprime alors même qu'ils achetaient de la protection contre ces produits. Par for the course. (via TBP) Un professeur de Boston University, Laurence Kotlikoff, s'indigne (c'est assez rare pour être relevé):“The Securities and Exchange Commission should be very interested in any financial company that secretly decides a financial product is a loser and then goes out and actively markets that product or very similar products to unsuspecting customers without disclosing its true opinion. This is fraud and should be prosecuted.”
Joseph Stiglitz: “We have this very strange situation today in America where we have given banks hundreds of billions of dollars and the president has to beg the banks to lend and they refuse. What we did was the wrong thing. It has weakened the economy and has increased our deficit, making it more difficult for the future.” Il est sur la Blogo Compliant List et ça se voit (ce n'est pas comme d'autres qu'il serait peut-être temps de retirer, une sortie "compliant" de ci de là ne doit pas vous rendre compliant pour toujours).
Alan Grayson dans le NYT. Ils ne font pas référence à son efficacité quand le congrès tient des "hearings". C'est dommage. (via TBP)
“Nearly four of five economists surveyed by USA TODAY say the stock market rally since March is heralding a sustainable recovery." Les mêmes qui n'ont pas vu la crise venir, trop content de regarder ailleurs pour faire plaisir à la FED ou aux banques... (via TBP) Voir aussi Naked Capitalism sur un article du WSJ qui explique que les économistes se sont trompés sans dire qu'ils étaient le plus souvent intéressés à leur erreur.
Ambrose Evans-Pritchard nous annonce la déconfiture prochaine du Japon (dont le gouvernemnet a eu le mauvais goût de déplaire récemment aux américains). C'est déjà un de ceux qui annonçait que la "crise des pays de l'Est" allait être le subprime européen à l'approche du G20 du printemps ce qui avait titillé le bullshit detector du blogo (à juste titre semble-t-il aujourd'hui). Bosse-t-il pour le gouvernement US ou réellement pour le Daily Telegraph? Il n'y a qu'à lire le titre pour mesurer la subtilité du propos: "It is Japan we should be worrying about, not America". Pour situer l'animal, il bossait précédemment pour The Economist. Je ne veux pas dire qu'il a tort sur tout. Je signale seulement qu'il a déjà fait office de "hitman" pour Washington et que le Japon déplaît en ce moment. De plus l'idée qu'on puisse se faire du soucis simultanément pour le Japon ET les Etats-Unis semble curieusement ne pas lui avoir traversé l'esprit...
Pendant ce temps là, aux pays des banques en faillites aux Etats-Unis:
Obama est-il sous prozac?
Je pose la question car je me demande comment un homme intelligent, qui a démontré par ses écrits qu'il avait une sensibilité et des valeurs (ça n'était pas un problème pour son prédécesseur imbécile), peut supporter psychologiquement de n'être que l'instrument servile d'une élite américaine finissante en gardant encore et toujours le sourire alors que le deal était en théorie qu'il serait "maître du monde". Miracle de l'industrie pharmaceutique?
Obama a échoué à instaurer un véritable changement (vous savez, "Change you can believe in") sur à peu près tous les fronts: libertés civiles et transparence mises à mal sous Bush, guerres plus ou moins absurdes, meurtrières et coûteuses, réforme d'un système économique dont l'injustice a atteint un degré irréel qui le fragilise (Combien de temps peut-on continuer à transférer des richesses vers le "trou noir bancaire" au rythme actuel? Qu'a-t-on modifié structurellement pour que cela ne soit un jour plus nécessaire? Qu'en obtient-on en retour?). Reste la réforme du système de santé mais là encore, devant un congrès qui se mettait de manière surprenante à soutenir une réforme "dure" (i.e. qui égratigne un peu les assureurs et "Big Pharma"), la Maison Blanche aurait montré son vrai visage en souhaitant quelque chose de plus soft. La question n'est donc pas encore tranchée sur ce dernier point très emblématique mais j'anticipe une déception. Ca n'est pas le cas de Glenn Greenwald, par exemple, qui espère que la réforme du système de santé puisse être le début du reflux de la vague des "Reaganomics" qui ont submergé le paysage politique américain (et mondial) depuis 30 ans.
La vérité est qu'Obama n'a pas vraiment livré bataille et qu'il n'en a probablement jamais eu l'intention. C'est un ambitieux qui ne sert au fond à rien (si ce n'est à donner une seconde vie à un système politique à bout de souffle qui ne le méritait pas - rôle assez toxique) comme c'est le cas de beaucoup d'hommes politiques de par le monde (pas nécessairement loin de chez nous). L'histoire retiendra sans doute qu'il était trop jeune et surtout trop inexpérimenté pour qu'on ait pu raisonnablement en attendre quelque chose. On aurait aimé quelques réactions d'orgueil. On repassera.
Les américains, après huit ans de Bush, sont donc sur la voie de réaliser que le "recours" démocrate n'en est pas vraiment un. Autrement dit que cette crise n'est pas une crise économique mais une crise politique et que tant que le système politique américain ne sera pas réformé (à commencer par les lois de financement des campagnes électorales), ils n'en sortiront pas. Et vu l'état du débat aujourd'hui sur ce sujet (en gros inexistant), il est à peu près certain qu'ils ont devant eux un "long, hard slog".
Note: En dépit de ce commentaire un peu acide, je suis comme tout le monde sous le charme de cet homme et de sa sympathique famille. Comment pourrait-il en être autrement? (via Atrios) C'est sûrement une meilleure explication à sa bonne humeur que le Prozac! Je n'en espère simplement plus rien. Je ne lui jette pas non plus la pierre personnellement car comme je l'ai dit dès avant son élection, il aurait fallu un concours de circonstances véritablement exceptionnel pour qu'il ait vraiment les moyens d'avoir un impact. Sans doute aurait-il dû être élu dans 4 ans, quand la crise aura probablement créé les conditions d'une vraie réforme (dans la douleur).
Obama a échoué à instaurer un véritable changement (vous savez, "Change you can believe in") sur à peu près tous les fronts: libertés civiles et transparence mises à mal sous Bush, guerres plus ou moins absurdes, meurtrières et coûteuses, réforme d'un système économique dont l'injustice a atteint un degré irréel qui le fragilise (Combien de temps peut-on continuer à transférer des richesses vers le "trou noir bancaire" au rythme actuel? Qu'a-t-on modifié structurellement pour que cela ne soit un jour plus nécessaire? Qu'en obtient-on en retour?). Reste la réforme du système de santé mais là encore, devant un congrès qui se mettait de manière surprenante à soutenir une réforme "dure" (i.e. qui égratigne un peu les assureurs et "Big Pharma"), la Maison Blanche aurait montré son vrai visage en souhaitant quelque chose de plus soft. La question n'est donc pas encore tranchée sur ce dernier point très emblématique mais j'anticipe une déception. Ca n'est pas le cas de Glenn Greenwald, par exemple, qui espère que la réforme du système de santé puisse être le début du reflux de la vague des "Reaganomics" qui ont submergé le paysage politique américain (et mondial) depuis 30 ans.
La vérité est qu'Obama n'a pas vraiment livré bataille et qu'il n'en a probablement jamais eu l'intention. C'est un ambitieux qui ne sert au fond à rien (si ce n'est à donner une seconde vie à un système politique à bout de souffle qui ne le méritait pas - rôle assez toxique) comme c'est le cas de beaucoup d'hommes politiques de par le monde (pas nécessairement loin de chez nous). L'histoire retiendra sans doute qu'il était trop jeune et surtout trop inexpérimenté pour qu'on ait pu raisonnablement en attendre quelque chose. On aurait aimé quelques réactions d'orgueil. On repassera.
Les américains, après huit ans de Bush, sont donc sur la voie de réaliser que le "recours" démocrate n'en est pas vraiment un. Autrement dit que cette crise n'est pas une crise économique mais une crise politique et que tant que le système politique américain ne sera pas réformé (à commencer par les lois de financement des campagnes électorales), ils n'en sortiront pas. Et vu l'état du débat aujourd'hui sur ce sujet (en gros inexistant), il est à peu près certain qu'ils ont devant eux un "long, hard slog".
Note: En dépit de ce commentaire un peu acide, je suis comme tout le monde sous le charme de cet homme et de sa sympathique famille. Comment pourrait-il en être autrement? (via Atrios) C'est sûrement une meilleure explication à sa bonne humeur que le Prozac! Je n'en espère simplement plus rien. Je ne lui jette pas non plus la pierre personnellement car comme je l'ai dit dès avant son élection, il aurait fallu un concours de circonstances véritablement exceptionnel pour qu'il ait vraiment les moyens d'avoir un impact. Sans doute aurait-il dû être élu dans 4 ans, quand la crise aura probablement créé les conditions d'une vraie réforme (dans la douleur).
mardi 3 novembre 2009
Des Blogueurs (indépendants?) à la Maison Blanche...
NOTE: J'ai écrit ce post en utilisant "Maison Blanche". Je suis depuis retourné sur le site et j'ai vu que le post en question disait "Treasury Department" et pas "White House". Je me suis dit immédiatement: "Grosse erreur, je vais corriger". Et puis j'ai vu que c'était non seulement le titre du post mais aussi le début de la première phrase. N'étant ni alcoolisé (First rule of blogging: ne pas bloguer bourré par respect pour le lecteur), ni sous l'influence d'aucune drogue et faisant parfaitement la différence entre la Maison Blanche et le Treasury Department, je maintiens la première version en supposant que "Naked Capitalism" a modifié le post après la première publication. Les conditions dans lesquelles les blogueurs pouvaient parler de ce meeting ont clairement fait l'objet d'un accord et "Naked Capitalism" a peut-être commis d'abord une erreur en utilisant "Maison Blanche" au lieu de "Treasury Department" puis a été rappelé à l'ordre. Peut-être ont-ils rencontré des gens du Treasury à la Maison Blanche. Peut-être aussi me suis-je trompé. A vous de voir si c'est le cas il suffit de remplacer "Maison Blanche" par "Département du Trésor", c'est effectivement moins impressionnant...
"Naked Capitalism" a carrément été invité à la Maison Blanche. Les blogueurs éco deviennent donc des targets des opérations de com de la Maison Blanche. Problème pour les invités: que sont-ils prêts à faire (à écrire) pour être réinvités? Quel rapport coûts/avantages pour le blog? Peuvent-ils être subjuguer par l'équivalent américain des "ors de la République"? Ce sujet a été traité extensivement sur le blogo à l'occasion d'un commentaire avorté sur un film que je ne citerai plus*.
Voici les blogs invités:
None of us knew in advance how many attendees there would be; there were eight of us at a two-hour session, Interfluidity, Marginal Revolution, Kid Dynamite’s World, Across the Curve, Financial Armageddon, Accrued Interest, and Aleph (and of course, others may have been invited who had scheduling conflicts). There was a place card for Megan McArdle as well.
Pas de "The Big Picture", pas de "Zero Hedge", pas de "Calculated Risks", pas d' "Atrios"(cas différent mais Atrios est économiste de formation)... il faut dire qu'ils ne sont pas basés à Washington):
Je n'en connais que la moitié de nom et je ne suis que "Naked Capitalism". Ont-ils tous dévoilé cette invitation comme ce dernier?
En tout cas, la Maison Blanche a compris que "la vérité est ailleurs" et qu'elle lui échappe.* On m'a demandé aujourd'hui de mettre un lien vers un jeu lié à ce film: faut pas pousser. Pas de lien donc et plus de titre!
"Naked Capitalism" a carrément été invité à la Maison Blanche. Les blogueurs éco deviennent donc des targets des opérations de com de la Maison Blanche. Problème pour les invités: que sont-ils prêts à faire (à écrire) pour être réinvités? Quel rapport coûts/avantages pour le blog? Peuvent-ils être subjuguer par l'équivalent américain des "ors de la République"? Ce sujet a été traité extensivement sur le blogo à l'occasion d'un commentaire avorté sur un film que je ne citerai plus*.
Voici les blogs invités:
None of us knew in advance how many attendees there would be; there were eight of us at a two-hour session, Interfluidity, Marginal Revolution, Kid Dynamite’s World, Across the Curve, Financial Armageddon, Accrued Interest, and Aleph (and of course, others may have been invited who had scheduling conflicts). There was a place card for Megan McArdle as well.
Pas de "The Big Picture", pas de "Zero Hedge", pas de "Calculated Risks", pas d' "Atrios"(cas différent mais Atrios est économiste de formation)... il faut dire qu'ils ne sont pas basés à Washington):
Je n'en connais que la moitié de nom et je ne suis que "Naked Capitalism". Ont-ils tous dévoilé cette invitation comme ce dernier?
En tout cas, la Maison Blanche a compris que "la vérité est ailleurs" et qu'elle lui échappe.* On m'a demandé aujourd'hui de mettre un lien vers un jeu lié à ce film: faut pas pousser. Pas de lien donc et plus de titre!
Sign o' the times
Ce gars, Joe Saluzzi, est intéressant (il loue Zero Hedge à la fin de l'interview, c'est d'ailleurs là que je l'ai trouvée: via ZH*). Notez l'échange entre la "corporate journalist"(optimiste par profession) et l'invité pessimiste à 3min20s:
Saluzzi: Spending is the main concern. 70% of the economy is consumer driven. If these people are not confident which they are not, the disconnect between Wall Street and Main Street exists.
La "cheerleading journalist": I, I was at a department store: it was packed!
Saluzzi: Really? Where? In New York City right?
(Laughs)
L'autre cheerleading journalist: It sounds like a "yes".
Vous noterez au passage la vacuité du commentaire de la journaliste mais évidemment, tout est dans les rires. C'est l'injustice géographique, fille de l'injustice sectorielle en ce qui concerne les largesses du gouvernement américain, qui est en cause ici. Alors que le pays s'enfonce dans la crise, un déluge de dollar s'est abattu sur Wall Street ce qui crée un micro-climat économique. Cela ne va pas favoriser New York comme destination de shopping: si vous êtes en compétition avec des financiers qui vivent comme en 2006 (au frais du contribuable) cela pourrait offsetter l'avantage lié au dollar. Il vaut mieux aller faire du shopping à Detroit mais y a-t-il encore des magasins là-bas? Franck Sinatra chanterait aujourd'hui: "You'd better make it there cause you won't make it anywhere else".
Note: Le cheerleading des deux présentateurs pendant ces dix minutes est typique.
* C'est un péché mignon de la blogosphère: les blogueurs référencent presque systèmatiquement tous les gens qui parlent d'eux dans les vieux médias.
Saluzzi: Spending is the main concern. 70% of the economy is consumer driven. If these people are not confident which they are not, the disconnect between Wall Street and Main Street exists.
La "cheerleading journalist": I, I was at a department store: it was packed!
Saluzzi: Really? Where? In New York City right?
(Laughs)
L'autre cheerleading journalist: It sounds like a "yes".
Vous noterez au passage la vacuité du commentaire de la journaliste mais évidemment, tout est dans les rires. C'est l'injustice géographique, fille de l'injustice sectorielle en ce qui concerne les largesses du gouvernement américain, qui est en cause ici. Alors que le pays s'enfonce dans la crise, un déluge de dollar s'est abattu sur Wall Street ce qui crée un micro-climat économique. Cela ne va pas favoriser New York comme destination de shopping: si vous êtes en compétition avec des financiers qui vivent comme en 2006 (au frais du contribuable) cela pourrait offsetter l'avantage lié au dollar. Il vaut mieux aller faire du shopping à Detroit mais y a-t-il encore des magasins là-bas? Franck Sinatra chanterait aujourd'hui: "You'd better make it there cause you won't make it anywhere else".
Note: Le cheerleading des deux présentateurs pendant ces dix minutes est typique.
* C'est un péché mignon de la blogosphère: les blogueurs référencent presque systèmatiquement tous les gens qui parlent d'eux dans les vieux médias.
dimanche 1 novembre 2009
Two choices
De Nic Lenoir, contributeur de Zero Hedge.
That leaves only two choices for governments: let the debt cycle take its course. Bankruptcies will rise further, real estate will devalue another 30%, equities will lose 65%, and we will start with a clean sheet. That will wipe out the baby-boomers who are the main asset holders. Note by the way that the correlation between the number of 45/55 year-olds in our society and equities is historically positive. The other solution is to print as much as needed to prevent that from happening. It will be very difficult because leverage will only find people with sound balance sheets who will pour the resources into assets, driving asset inflation at the expense of sound economic recovery. Also despite what politicians may think asset inflation is a lot worse for the lower and middle class than is the debt cycle, or maybe they are just cynical. In the end, there is little chance that governments will be able to coordinate their actions like they did last fall, because fear then was a lot greater than now, when consequences of today's actions can in fact be more dramatic than they were then... In the end I think we will experience cycles of injection and draining of liquidity trying to dance between the two evils.
That leaves only two choices for governments: let the debt cycle take its course. Bankruptcies will rise further, real estate will devalue another 30%, equities will lose 65%, and we will start with a clean sheet. That will wipe out the baby-boomers who are the main asset holders. Note by the way that the correlation between the number of 45/55 year-olds in our society and equities is historically positive. The other solution is to print as much as needed to prevent that from happening. It will be very difficult because leverage will only find people with sound balance sheets who will pour the resources into assets, driving asset inflation at the expense of sound economic recovery. Also despite what politicians may think asset inflation is a lot worse for the lower and middle class than is the debt cycle, or maybe they are just cynical. In the end, there is little chance that governments will be able to coordinate their actions like they did last fall, because fear then was a lot greater than now, when consequences of today's actions can in fact be more dramatic than they were then... In the end I think we will experience cycles of injection and draining of liquidity trying to dance between the two evils.
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