mardi 8 décembre 2009

Post-It

Putin: "je pourrais me présenter à la présidentielle de 2012". La raison pour laquelle Poutine s'est senti obligé de respecter la constitution en devenant Premier Ministre pendant quelques années m'échappe complètement. Si encore la Russie avait une tradition constitutionnelle de plusieurs siècles, je pourrais concevoir ce genre de stratagème mais dans le contexte, je trouve cette mascarade étonnante.

Déjà documenté dans le blogo mais repris dans le FT. Comment les top 5 executives de Bear Stearns et de Lehman n'ont finalement pas autant perdu que communément admis lors de l'effondrement de leurs boîtes.

Newsweek lave Barney Frank plus blanc. Naked capitalism remet les choses à leur place. et comment la saucisse législative en matière financière est fabriquée. (référence à cette citation de Bismarck: "Laws are like sausages, it is better not to see them being made.")

D'après une étude de Pivot Capital Management, la Chine va exploser en vol: "Given China’s importance to the thesis that emerging markets will lead the world economy out of its slump, we believe the coming slowdown in China has the potential to be a similar watershed event for world markets as the reversal of the US subprime and housing boom." (via Naked Capitalism)

Un organisme financier international s'en prend à la politique de la FED de taux bas qui a causé la crise. C'est assez rare pour être signalé. Il s'agit de la Bank of International Settlements. (via Naked Capitalism)

Geithner s'en prend à Goldman Sachs. C'est un peu tard, Timmy. Plus personne ne te prend au sérieux.

J'ai essayé de publier un commentaire sur Zero Hedge faisant remarquer qu'il publiait beaucoup de recherches de GS et que ça servait GS. Il n'a pas été publié. (les commentaires sont généralement facilement acceptés et peuvent être à la fois vulgaire, mal écrit, vide de contenu). J'ai eu un bandeau me précisant que mon commentaire était en attente de modération. Il attend toujours. Particulièrement "thin skin" sur ce sujet...
NOTE: les commentaires en question ont finalement été publiés. Ca a pris beaucoup plus de temps que d'autres commentaires que j'avais posté mais ça n'est pas comme s'ils avaient un engagement de rapidité sur la modération des commentaires...

lundi 7 décembre 2009

Souvenirs, souvenirs

Je me souviens de ma jeunesse où on me décrivait les périls du totalitarisme en me disant qu'en Union Soviétique, le courrier entre individus était ouvert de manière routinière par le gouvernement et que les téléphones étaient écoutés. Horreur absolue. J'en faisais des cauchemards*.

Aujourd'hui, nos vies sont complètement exposées par nos communications électroniques et les gouvernements ont décidé qu'ils y avaient plus ou moins librement accès. En tout cas aux Etats-Unis mais l'hadopi ne nous promet pas vraiment de "lendemains qui chantent" en matière de libertés publiques puisqu'elle place la France aux avant-postes du quadrillage des comportements des internautes par l'Etat.

Addendum: The big revelation is that one wireless telecom company in a single year processed 8 million law enforcement requests for GPS data on the company's wireless users. And that's just one company. (via TPM)

* J'ai plus tard perdu la naïveté qui consistait à croire que cela n'arrivait pas chez moi, notamment avec les écoutes de l'Elysée. Plus généralement, j'ai compris que les idéaux démocratiques étaient plus faciles à proclamer qu'à mettre en oeuvre en pratique. En tout cas (clin d'oeil à un lecteur qui se reconnaîtra et qui m'a fait remarquer que la formule "en tout cas" était surabondante sur le blogo), je préfère toujours les Etats qui les proclament. C'est déjà ça.

Plaque d'immatriculation

D'après Matt Taibbi, il s'agit de la plaque d'immatriculation de Rob Kindler, Vice-Chairman de Morgan Stanley. Il doit avoir son petit succès entre Greenwich et Manhattan où la bonne humeur visisblement règne. C'est marrant. Sauf si on essaye d'imaginer combien de Porsche Cayenne Turbo il pourra s'acheter grâce à l'application de ce concept. Self-deprecating humor? C'est marrant si on a obtenu un réel titre de gloire. Quand on fait fortune dans l'extorsion de fonds, c'est plus discutable.

Outing du blogo sur le réchauffement climatique

(Copenhague, Claude Allègre, le "climate gate" et l'émission "Ligne jaune" sur le site d' "Arrêt sur image" m'ont replongé dans le débat sur le réchauffement climatique. L'occasion pour moi de me remémorer ce que j'en ai pensé au fil des années et de constater que je suis redevenu sceptique. Beaucoup des modalités du discours sur le climat font tressaillir le bullshit detector du blogo. Quel meilleur sujet pour déchaîner les passions, les peurs et raconter n'importe quoi? Il y a un antidote: ça s'appelle la science mais comme l'économie, elle peut être corrompue. Les scientifiques peuvent-ils avoir la sagesse de se déclarer incompétents? Et s'ils le font, quel effet cela pourait-il bien avoir sur leurs financements et leurs statuts? Let me think...)

En 1994, j'ai vu un documentaire de la BBC cinglant expliquant que la science du réchauffement climatique (et de ses causes humaines) était beaucoup moins évidente que ce qui était en règle générale perçu dans les mass media. Ca a été une révélation pour moi (même si je ne serais pas étonné de voir qu'EXXON a payé une résidence secondaire confortable au journaliste de la BBC). J'ai ensuite pendant plusieurs années examiné avec un oeil critique tous les discours que je lisais sur le réchauffement. Et je dois dire que je n'étais pas souvent déçu. Le schéma était simple et sans cesse répété: je voyais un titre d'article alarmiste dans un journal et j'avais en général toutes les peines du monde à trouver dans le corps de l'article des éléments très substantiels qui auraient pu justifier l'alarmisme du titre. Et puis le sujet est devenu moins brûlant ou je m'en suis un peu désintéressé, je ne me souviens plus très bien.

Le plus révélateur pour moi sur la question ne se trouvait pas dans la science (balbutiante en cette matière) mais dans le discours. Quand on sent une intensité particulière, une intolérance, un matraquage sur un sujet déterminé, il est légitime de voir l'aiguille de son "bullshit detector" tressaillir. Il ne fallait pas être un inspecteur de l'ONU en Irak pour déterminer que les gouvernements britanniques et américains étaient dans un mode propagandiste avant la guerre. Un décryptage (même pas sophistiqué) du discours de ceux-ci y suffisait largement. Pas besoin d'être expert en climatologie pour s'interroger sur les discours qu'on entend sur le climat. Il suffit de lire.

Je n'ai pas d'affinité particulière pour le sujet. Ni même d'ailleurs de conviction définitive. Ca n'est pas ma guerre. J'ai d'ailleurs fini par céder aux sirènes "réchauffistes". J'en suis arrivé au milieu des années 2000 à m'en remettre au consensus. Oui, la terre se réchauffait à cause de nous et il fallait prendre le mors au dent en changeant nos comportements. Je ne suis pas devenu militant mais j'étais prêt psychologiquement à ce qu'on m'impose des taxes, des contraintes dans le but de diminuer le danger. Le film d'Al Gore et son Nobel a eu en la matière une certaine importance (c'était avant qu'on réalise avec le Nobel d'Obama que la vie était peut-être tout simplement un peu trop ennuyeuse en Norvège). Pendant longtemps, je me suis dit que même si je ne l'avais pas vu, ce film faisait le point et apportait une réponse définitive aux problèmes qui avaient suscité mon interrogation dans les années 90. Sans doute avait-on depuis le temps envoyé des satellites qui mesuraient la température de manière indiscutable et Al Gore nous apportait la mauvaise nouvelle, "An Inconvenient Truth".

Je m'étais donc trompé. Non pas que tous les discours dans les années 90 aient été limpides ou de bonne foi mais désormais, honnêtes ou pas, ces messages s'étaient avérés aller dans le bon sens d'un point de vue historique. Seuls les faits m'intéressent. Le dogmatisme m'insupporte. J'étais donc prêt à manger mon chapeau et à me ranger à cette nouvelle orthodoxie, estampillée "Al Gore". Jusqu'à ce qu'un jour je finisse par voir le film (très longtemps après sa sortie). A ce stade, j'en avais par avance accepté les conclusions. J'ai été terriblement déçu. Alors que je m'attendais à une démonstration implacable qui me montrerait comment 10 ans de science dure avait transfiguré le débat pendant que je regardais ailleurs, j'ai eu l'impression de regarder un bonimenteur de foire (c'est avec l'élévateur électrique qu'il m'a totalement perdu). Al Gore était devenu l'homme sandwich d'une cause. Cela ne favorise pas le pragmatisme et l'objectivité. Si vous regardez ce film avec quelques notions de scepticisme climatique, il est très loin d'emporter la décision. Les effets de manche et la place laissée à l'affectif ne peut que mettre mal à l'aise un individu qui ne demande qu'à être convaincu mais qui n'est pas pour autant gouroutisable en un claquement de doigt. Je ne voyais pas en Al Gore un prophète mais un homme objectif qui avait mis son poids dans la balance car la situation l'exigeait. Vu son envergure, je lui faisais confiance pour faire un film qui rassemble ce qu'il y avait de plus convaincant sur la question. Pour moi, ça a donc fait pschittttt.

Back to square one. Je suis toujours prêt à évoluer mais j'ai besoin d'être convaincu. L'idée que "tous les scientifiques" soient d'accord me laissent complètement froid. La force corruptrice capable de fédérer un tel unanimisme n'est pas difficile à décrypter: l'intérêt. La catastrophe imminente procure des crédits, du prestige et de l'attention à des scientifiques dont l'univers serait beaucoup plus morne s'ils n'étaient pas au coeur du "devenir de l'espèce humaine". Que le climat soit un lieu privilégié de développement des croyances et des superstitions est une réalité qui est trop peu examinée. Pourquoi ne met-on jamais en avant que la vie de climatologiste n'est pas la même selon qu'ils sont au centre du devenir de l'humanité ou qu'ils sont des scientifiques "nerdy" ignorés de tous? Le "climate gate" esquisse comment une orthodoxie peut être obtenue au sein d'une communauté si cette orthodoxie est alignée sur les intérêts de cette communauté. C'est exactement similaire au monde bancaire et au subprime (facile d'y croire quand ça rapporte). La FED n'arrrive-t-elle pas à faire régner une orthodoxie totale dans le monde académique américain sur l'économie? Il faut que les médias cessent de retranscrire des discours sans décrypter systématiquement les intérêts qu'ils servent. (Vaste programme! C'est celui du blogo.)

Voilà donc comment j'ai évolué sur le sujet (en fait pas tellement). Une opinion de plus me direz-vous et vous aurez raison. J'ai cependant une proposition: j'aimerais voir les scientifiques dont c'est la responsabilité faire des projections (températures en fonction de l'activité humaine). Une fois qu'ils auront remis leurs copies, on mettra en place le (ou les) systèmes de mesure qu'ils prescrivent et on confrontera leurs projections aux résultats. No more BS. Si ça n'est pas possible ou si leurs résultats sont faux, ils apparaîtront à la face du monde comme des escrocs. Sinon ils auront droit à une avalanche de Nobels. Any takers?

Cette formalisation des projections et des mesures est cruciale. Mon petit doigt me dit que les grands gourous du climat n'aimeront pas du tout ce nouveau carcan qui les contraindra à quitter les incantations pour rentrer dans un semblant de démarche scientifique. Pourtant il n'y a pas de piège: on leur demanderait d'un côté les projections et de l'autre la définition des méthodes de mesure adaptées. Le seul problème, c'est qu'une fois que le système est calibré, plus de filets: ils sont tributaires, comme le reste de leurs contemporains de données techniques.

Vous allez me dire: "Mais Mr Blogo, tout le monde sait qu'on ne peut pas prévoir le climat, que cela varie d'une année sur l'autre etc...". Prédire le climat est pourtant ce qu'ils font toute la journée en nous promettant au passage de brûler en enfer (bonjour la mesure). Mais s'il faut attendre 5 ans très bien. 10 ans pourquoi pas? 20 ans? Au delà, nous demander de prendre des mesures substantielles pour des effets qu'on ne peut pas mesurer ni prévoir relève trop de l'acte de foi. C'est inacceptable. Il faut un échéancier. Quelque chose de dur. Quand serons-nous frappés par quel fléau (remontée des eaux, désertification...). Il faut des engagements durs. S'ils ne peuvent pas en fournir, de quelle science se réclame-t-il donc qui mériterait qu'on les écoute? Cette confiance qu'il demande sans établissement préalable de crédibilité doit leur être refusée au nom du bon sens.

Le blogo n'ignore pas que des lobbies de toute sorte poussent dans l'autre sens. La raison pour laquelle je fais un post sur ce sujet sans en parler est que le vent souffle aujourd'hui très fortement dans les voiles des "réchauffistes". Une des réactions d'un climatologue suite au "climate gate" a été de dire: "Arrêtons la guerre de tranchée de tranchée idéologique: nous avons gagné". C'est un peu une victoire à la pyrrhus car même si le réchauffement est partout dans les médias et dans les esprits, les politiques ne font pas grand chose. C'est d'ailleurs probablement le meilleur indicateur du véritable "état de la science". Tout le monde "walk the walk and talk the talk" mais les émissions augmentent inexorablement. Cela permettra aux esprits curieux un jour d'en avoir le coeur net. Espérons que cela ne sera pas mort de soif dans un désert en Normandie. Au fond, j'en doute mais rien n'est impossible: le hasard peut faire que l'hystérie cohabite avec la vérité même si la première dessert la seconde.

Barry Ritholtz for the Swedish model

Reprise verbatim d'un extrait de ce post de "The Big Picture". (il dit que la voie du laxisme comptable et de la sauvegarde des banques (modèle japonais) était une erreur par opposition aux nationalisations/restructurations (modèle suédois) qui auraient dû être réalisées)

This is why the Japanese model of saving banks, versus the Swedish model of saving Banking, was such a poor choice.

Banks are currently operating in a survival mode: They are hording capital, not lending, making decisions based on their needs. It is what they are supposed to do, and anyone surprised by this does not understand how coprorate entities make decisions or operate.

It is the reason why throwing billions of dollars are banks in the first place was the wrong decision: We should have followed the Swedish model. The FDIC should have put insolvent banks into receivership; they senior management is replaced, the shareholders wiped out, the debt written down to zero. The assets — the bad paper, the accounts, the healthy parts of the bank — gets sold off or spun out as a new public entity. It is adequately capitalized, without crushing toxic assets and piles of leveraged debt.

What we would have gotten for out trillions of taxpayer dollars was a well capitalized, low leveraged, low debt financial sector, capable of making loans and driving the economy forward.

Instead, we have a grievously wounded banking sector, clinging to its cash, fighting to survive, economy be damned.

How long will we be locked into this ineffective paradigm? This is the ill conceived plan of Hank Paulson, Ben Bernanke and George W. Bush during the panic months of late 2008/09. That ill thought out approach was bad enough; making matters worse is the fact that the same failing approach has been embraced by Tim Geithner, Larry Summers and Barack Obama.

The sooner we admit that TARP was a disaster and that the financial sector remains a debacle, the sooner we can get rid of the horrific Japanese model.

The Swedes brighter banking system beckon . . .

vendredi 4 décembre 2009

Friday Plane Blogging

Rock & Roll. A300, 45 Kts de vent de travers. (Cliquez pour agrandir)

Les américains majoritairement pour la torture (grâce à Obama)

En choisissant de ne pas poursuivre les criminels du Bush Regime sur la torture, Obama a normalisé celle-ci dans la conscience (l'inconscience?) américaine. C'est la grande responsabilité d'Obama: la légitimation post-fact d'un grand nombre des transgressions de Bush qui va finalement encore plus changer la nature du pays que les exactions de Bush elles-mêmes. Hillary Clinton aurait eu droit à beaucoup plus de grognements des démocrates pour la même politique de blanchiment des exactions bushistes. C'est la magie d'Obama: si les élites américaines ne l'avaient pas, elles devraient l'inventer!

C'est donc un legs du benêt texan, d'Obama et de Jack Bauer: les américains sont désormais majoritairement pour la torture. Greenwald le relève:

Currently just over half of Americans say that the use of torture against suspected terrorists in order to gain important information can either often (19%) or sometimes (35%) be justified. This is the first time in over five years of Pew Research polling on this question that a majority has expressed these views. (NDLR: Merci Barack Obama!*) Another 16% say torture can rarely be justified, while 25% say it can never be justified.
...
With these new numbers, it's virtually impossible to find a country with as high a percentage of torture supporters as the U.S. has. In Iran, for instance, only 36% believe that torture can be justified in some cases, while 43% believe all torture must be strictly prohibited. Similarly, 66% of Palestinians, 54% of Egyptians, and over 80% of Western Europeans believe torture is always wrong.
...
Adam Serwer says that this is "what happens when one party in a two party system makes something outrageous part of its political platform: Even the most abhorrent behavior can be mainstreamed." That's basically true, but even leaving aside the fact that many Democrats acquiesced to if not outright supported the same polices, this outcome is also attributable to our collective and very bipartisan decision not to investigate and prosecute the torture crimes that were committed. After all, how is it possible to credibly maintain that we believe torture is some sort of extreme crime and absolute evil when we sat by while our political leaders did it and now refuse to comply with our obligations to prosecute it?

* A noter aussi que l'institut sondage ne pose cette question que depuis 5 ans! Avant, la réponse allait de soi... Happier times, quand le commandant Sylvestre m'apparaissait encore comme une caricature marrante mais grotesque.
"They who can give up essential liberty to obtain a little temporary safety, deserve neither liberty nor safety." Benjamin Franklin. Cela s'est vérifié assez rapidement.

jeudi 3 décembre 2009

Confirmation de Bernanke devant le Sénat

Il y a eu de l'action, grâce à Jim Bunning. 14 minutes d'un réquisitoire efficace même si la "delivery" n'est pas à la hauteur. La plupart des autres sénateurs du Senate Banking Committee ont ciré les pompes de Bernanke (mais pas tous cf Jim Demint). Il semble que deux sénateurs ont lancé une procédure qui va rendre la confirmation de Benny plus laborieuse.

Bunning ("The AIG Bailout alone is enough to send you back to Princeton.") Nice!

Demint

Rumeur: le Japon sur le point de vendre des treasuries?

Je n'ai pas l'impression que cela se soit vérifié à voir le dollar et le marché. Ca donne le vertige en tout cas. (via ZH, news bloomberg)

"Pay for delay"

De plus en plus de laboratoires pharmaceutiques américains utilisent une formule appelée "Pay for delay". Quand leurs brevets expirent, plutôt que de laisser des fabricants de produits génériques les concurrencer, les laboratoires détenant une licence leur reversent une partie de leurs profits pour pouvoir continuer à écouler leurs médicaments à des coûts exorbitants. En gros, si la fin du brevet fait passer le médicament de $150 à $10, il y a dans ces $140 assez de gras pour maintenir le statu quo, d'autant que les concurrents n'ont pas à se lancer dans une production qui reste coûteuse. La pratique n'est possible que parce qu'elle est "couverte" par des politiques soudoyés.

Le concept de "free-market" est vraiment complètement galvaudé aux Etats-Unis. C'est un "talking point" idéologique efficace car les concepts de base sont facilement compréhensibles. Dans la vraie vie, tous les agents économiques n'ont qu'une préoccupation: mettre à bas le "free market" pour augmenter ses rentes. D'où le caractère cardinal d'un corps politique sain dans une "démocratie de marché" car c'est à lui qu'il incombe d'être l'arbitre de ces intérêts économiques. Si le corps politique est corrompu jusqu'à la moëlle comme aux Etats-Unis, ça ne fonctionne pas et on va d'Enron en subprime en "Pay for delay" en Blackwater ou Halliburton en fonctions des intérêts en présence sans que l'idée d'un intérêt général ne puisse être ne serait-ce que formulée. (Via TPM)

mercredi 2 décembre 2009

Post-It

Socgen via Zero Hedge: US equity valuations did not reach revulsion levels in March this year. After some 15 years of gross overvaluation do we really believe that this valuation bear market that has been in place since 2000 will finish with equities looking cheap for only three months? Long term-valuation measures suggest equities will fall substantially below March lows.

Mark Pittman, le journaliste de Bloomberg à l'origine de la plainte demandant à la FED de faire la lumière sur le trillion + distribué aux banques en coulisse dans la foulée du TARP meurt à 52 ans.

Nassim Taleb décide de disparaître (médiatiquement parlant). Il refuse de participer au débat public en raison de son absurdité, illustrée selon lui par la volonté des politiciens américains de confirmer Ben Bernanke à son poste. C'est probablement une posture et gageons qu'on le reverra pointer son nez au prochain évènement majeur. Il faut dire que j'ai fait une recherche sur nom dans youtube il n'y a pas longtemps et qu'il a été de moins en moins sollicité par les médias depuis le début du rebond de la bourse en mars (ou depuis qu'il se montre verbalement assassin avec la FED, Summers et Geithner. A vous de voir...).

Zero Hedge relaie une étude de VoxEU sur le commerce mondial qui chute plus rapidement qu'en 1929.
L'arrogance bancaire est de retour. Il est vrai que ces voleurs vont mieux. Ils retrouvent leur morgue. Le Figaro nous dit que: "La City se déchaîne contre Nicolas Sarkozy", lequel s'était permis de critiquer le modèle anglo-saxon. Là je me mets à bien sentir des petits "comités du peuple". Comment osent-ils faire autre chose que regarder piteusement leurs chaussures? Ce niveau d'arrogance est le signe d'un pouvoir malade. Comme Rumsfeld en son temps, je m'aventure à pronostiquer: "the City is in its last throes". Rumsfeld avait dit sur l'Iraq: "The insurgency is in its last throes." Il s'était trompé.
Note: C'est Attali qui disait dans une vidéo que j'avais postée que la City contrôlait encore plus la politique brit que Wall Street ne contrôlait la politique US. Difficile à imaginer mais je lui fais confiance. Attali ne prend souvent pas de gants avec la City et Wall Street mais il faut se rappeler qu'il avait été villipendé par le triptyque et la City qui lui avait fait quitter la BERD.

Vous vous souvenez quand le Blogo s'attaquait à Nouriel Roubini et à son concept du carry-trade qui allait, en disparaissant avec la remontée des taux US, agir comme une force de rappel sur le dollar affaibli et le faire briller à nouveau de mille feux? Le Blogo essayait de garder la tête froide et demandait: les taux sont bas aux Etats-Unis depuis janvier, pourquoi faut-il un édito de Roubini dans le FT début novembre pour que cette question apparaisse "on the map" (même les dirigeants chinois l'ont repris à leur compte lors du voyage d'Obama en Chine qui a suivi). Surtout, le blogo demandait: "Pourquoi Roubini ne quantifie-t-il pas du tout l'effet de ce carry trade sur le marché des changes?". Après tout, le marché des changes est probablement le plus gros marché financier en volume et il n'a pas attendu le "carry-trade" pour avoir cette taille. "Le carry-trade!" éructait Roubini. "Combien de divisions?" répondait froidement le blogo. Et bien Caroline Baum de Bloomberg s'est posée la même question et Paul Kasriel lui répond qu'il n'y a pas (encore) de carry-trade substantiel. D'où probablement l'absence de données de Roubini pour soutenir sa thèse. Quant à savoir pourquoi il s'est mis à s'agiter sur ce sujet tout à coup... En tout cas, cela faisait planer un doute "pro-dollar" au-dessus des marchés. Je ne crois pas pour ma part que la confiance inébranlable de tous les commentateurs éco US de poids en leur économie soit un simple hasard...

Bloomberg a un article sensationnaliste nous expliquant que des banquiers de Goldman demandent des permis de port d'armes. Il n'y a pas grand chose derrière mais Zero Hedge en profite pour demander: "Ne sommes-nous pas allés trop loin dans le Goldman bashing/trashing"? Quelle question bizarre pour Zero Hedge. Une autre chose troublante est que Zero Hedge, en faisant souvant mine de la critiquer, ne cesse de poster de la recherche Goldman. Alors on peut justifier ça en disant: "ce sont les meilleurs, c'est leur recherche qui compte etc...". NON! La recherche de GS est comme toutes les autres recherches: elle sert GS. Full Stop. Alors Zero Hedge filiale du Vampire Squid? Il faut tout envisager. Au début de Zero Hedge, il y avait des infos privilégiées sur un scandale impliquant... GS. Qui diable aurait pu apporter ces informations? Quoi de mieux qu'une investment banks pour lancer le buzz sur un site traitant d'investment banking? Quelques articles dénonçant ZH dans des médias amis et hop, "emballé, c'est pesé", GS contrôlerait un site majeur apparemment contestataire. Goldman Sachs qui contrôle aussi El Blogo: ahahahahahahahahahahahahahah! (rire sardonique - d'ailleurs c'était téléphoné: dans blogo il y a "go" comme dans Goldman). Et même si Goldman n'a pas créé Zero Hedge, qui peut garantir qu'ils ne le contrôleront pas dans six mois? Vi-gi-lan-ce. Non, disons plutôt: paranoïa aigüe. Indispensable sur le net.

L'or à $1203

Après plusieurs incursions au-dessus de $1200 mardi, l'or semble maintenant au-dessus de $1200 pour au moins quelques heures...

Ca alors...

Le titre de ce livre montre qu'à la fin de cette crise, on aura probablement tout vu (et tout lu). via Daily Kos (voir ici pour une overview)
Bright-sided: How the Relentless Promotion of Positive Thinking Has Undermined America
By Barbara Ehrenreich
Metropolitan Books, Henry Holt: New York
Hardcover, 256 pages, $12.42
October 2009

dimanche 29 novembre 2009

Bernanke se tire dans le pied

Ben Bernanke, le Kim Jong Il américain*, sort l'édito qui tue sur la crise financière dans le Wapo. Il veut en gros qu'on arrête de l'embêter. Cet édito va aller directement dans les livres d'histoire. Il m'irrite beaucoup. Les réactions qu'il va susciter vont peser dans la portée qu'auront (ou pas) les mesures que le congrès va prendre contre la FED. Beaucoup des arguments de Benny ne sont que de simples arguments d'autorité. On se demande bien de quelle autorité il se réclame depuis que l'institution qu'il dirige a plongé l'économie mondiale dans le marasme. Il dit par exemple que les initiatives législatives qui le gênent sortent du "global consensus". Qui contrôle d'une main de fer le "débat" économique aux Etats-Unis? La FED (voir ici). La doxa économique américaine est ensuite diffusée dans le monde entier, notamment via le triptyque (WSJ, FT, The Economist), à tous les "gens-qui-comptent-à-l'anglais-impeccable" (et je ne vise pas que Christine Lagarde) qui s'imaginent que s'ils la répètent avec assez de conviction, l'année prochaine, c'est sûr, ils seront invités à Davos. C'est comme ça que se forme le "global consensus" et c'est sur celui-ci que Bernanke assoit sa légitimité? On hésite toujours entre la mauvaise foi et l'autisme avec Ben.

Il nous explique aussi qu'il faut le laisser faire parce que, voyez-vous, les affaires monétaires sont compliquées... C'est en fait très simple: Bernanke répétait en 2005 qu'il n'y avait pas de bulle dans l'immobilier. Les âmes charitables pensent que c'était une erreur. Le blogo pense que c'était un mensonge. Il doit partir et le peuple américain doit reprendre en main la FED et lui redonner une véritable indépendance (des politiques, certes, mais surtout de Wall Street). Ben, c'est un peu la Marie-Antoinette américaine: son pouvoir et ses privilèges lui semblent tellement aller d'eux-mêmes qu'il est éberlué à la simple idée qu'on puisse les contester. Et ce, même s'il utilise les planches à billets qui lui ont été confiées pour remplir directement les poches de ses amis (patrons) de Wall Street . A ce degré d'autisme, l'explication point par point n'y suffira pas: il ne reste plus qu'à espérer qu'il aura son épiphanie quand sa tête heurtera le panier en osier.

D'un point de vue pratique, je ne crois pas que cet édito va servir les intérêts de Ben qui doit être sous peu auditionné et confirmé par le Congrès pour son deuxième mandat (début décembre - Chris Dodd a dit que sa reconduction ne serait pas automatique - don't hold your breath). En tout cas, pour se rendre sympathique, il aurait mieux valu qu'il aille au Daily Show faire de la com à deux francs avec trois blagues scriptées. Evidemment il est un peu trop coincé, hautain et lunaire pour cela. Il faut dire que Kim Jong Il n'a jamais fait le Daily Show non plus.

* Le Blogo associe traditionnellement Bernanke à Kim Jong Il en raison du culte de la personnalité dont il fait l'objet aux Etats-Unis. Cela n'est pas propre à Bernanke mais à la fonction de président de la FED (souvenez-vous de Greenspan, a.k.a. "the maestro"). Voir ici. A côté de cela, l'infaillibilité papale fait rigoler.

vendredi 27 novembre 2009

Rectificatif sur Zero Hedge et l'anticipation d'un "big default" avant Dubaï

Zetattitude me demande: "Hey, mon ami, où t'as vu que Zero Hedge parlait de rumeurs sur un gros défaut ou sur des problèmes d'Obama avec les chinois?".

Il a bien fait de me demander car il s'est passé quelques jours entre ma lecture du post en question et la référence que j'y ai fait. A moins que Zero Hedge n'ait changé le wording (ce que j'ai déjà supposé pour "Naked Capitalism" et son invitation à la Maison Blanche ou au Secretary of Treasury), j'ai fait une erreur et cette référence n'était pas dans le post mais dans les commentaires. Et encore c'était une supposition plutôt qu'un réel compte-rendu de rumeurs entendues. Je n'avais pas vérifié avant de poster (avant Dubaï) c'est pourquoi j'avais rajouté "(highly speculative!)". Quand j'ai reparlé de ce post dans un post sur Dubaï, je n'ai pas mis ce bémol, emballé par la réalisation de ce que je croyais être une rumeur.

Je m'excuse donc auprès des lecteurs pour cette erreur.

Zero Hedge laissait quand même penser que quelque chose se tramait possiblement en coulisse mais sans être spécifique. Comme pour le subprime, les gens qui avaient le nez dessus devaient savoir qu'il y avait un problème pour Dubaï (pas nécessairement tous!). Il y avait d'ailleurs eu un remaniement important du management de Dubaï World début novembre. Il est donc à peu près certain qu'une rumeur circulait mais de là à ce qu'elle ait eu un impact sur les marchés (l'impression de flottement récent) ou qu'elle soit arrivée jusqu'aux oreilles de Zero Hedge, c'est impossible à démontrer. En ce qui concerne le Boss Asie de GS qui a vendu $12 millions d'actions GS la veille, on peut légitimement se demander!

L'or, les grandes manoeuvres...

Pas mal. L'or a baissé de $1191 vers 2H00 du matin à $1137 vers 8H00. Quelqu'un quelque part fait quelque chose. Qui?Maintenant à $1178. Keep on truckin'...Si des banques centrales ont essayé de faire baisser l'or, cela a été de courte durée. A noter que ces derniers jours ne sont pas normaux sur les marchés en raison de Thanksgiving. La bourse US n'est ouverte qu'une demi-journée aujourd'hui.

Enfin bon, l'or, c'est notoirement risqué (via W.):

Zero Hedge linkfest

Une linkfest sur "The Big Picture" (et d'autres blogs) est un agrégat de liens complètement massif qui plonge le lecteur dans le plus grand désarroi car il n'a évidemment pas le temps de lire tous les articles qui sont "linkés". Le lecteur peut parfois légitimement se demander si le blogueur a réellement lu l'intégralité de ce qui est proposé. A juste titre en l'occurrence car je ne suis pas venu à bout de toutes les lectures ci-dessous. Je les poste donc pour pouvoir y accéder facilement plus que pour l'édification du lecteur qui pourra quand même être, ici et là, intéressé. Tous les liens pointent vers des posts de Zero Hedge des trois dernières semaines et il faut parfois suivre leurs liens pour atteindre le document en question (l'introduction de ZH peut permettre de se faire une idée).

D'abord une cartographie du "shadow banking system" qui est derrière cette crise (venant du FMI).

Ensuite la recherche de la Société Générale qui envisage le "worst case scenario".

Un récapitulatif des manips de la FED et pourquoi tout va exploser bientôt.

Une critique du "Output Gap Inflation Model".

"What is they stop buying our debt?". It says what you think it says.

Les mystères de la réserve fédérale en résumé (très long quand même).

Tagwords:
IMF, Socgen, SG, FED, federal reserve

La récession en "H modifié"

V, U, W shape recovery. C'est le sport qui occupe une grande partie des économistes/commentateurs depuis le début de la crise: quelle forme va avoir la reprise? Le jeu est contraignant car il faut que la reprise ait une forme correspondant à une lettre de l'alphabet. Les plus pessimistes voient une récession en L mais cela ne semble déjà plus être une option vu qu'il y a eu de la croissance (révisée à la baisse à 2,7% suite à un déficit commercial plus important que prévu publié après la première estimation). Goldman avait prévu 2,8% pour la croissance et tout le monde avait été surpris de les voir démenti par les 3,5% annoncés. Maintenant à 2,7%, on se remet à croire à l'infaillibilité de GS. Aussi je vous rappelle que Peter Orszag, conseiller économique d'Obama, expliquait chez Charlie rose que l'effet du stimulus sur ce trimestre était de 3% à 4% de croissance ce qui avait fait dire au blogo que la croissance Q3 était nulle +/- 0,5%. Make it -0,8% +/- 0,5% après la révision. Whatever.

Roubini a mis son poids dans la balance en mettant ses jetons sur une récession en U ces jours derniers. J'ai décidé d'apporter la contribution du blogo à ce débat mais puisque la spécialité du blogo est de "think outside the box", je ne vais pas me laisser contraindre par l'étroitesse des figures géométriques que nous propose l'alphabet latin.

Je propose donc "la récession en H modifié":
Voici un H:

H
Je propose donc de supprimer la jambe gauche du H et son bras droit et vous avez la forme de la récession que suggère le Blogo.

Friday Plane Blogging

(Cliquez pour agrandir)

jeudi 26 novembre 2009

-3.41%

C'est le Cac 40 aujourd'hui et cela n'était pas arrivé depuis un petit bout de temps maintenant. Dubaï World était-il le défaut qui faisait frissonner les marchés? (évoqué par Zero Hedge dans le dernier Post-It - l'ambianceométre du Blogo avait décliné précédemment).

Vous avez donc jusqu'au 19 décembre pour vendre vos actions et acheter de l'or. Vous pouvez continuer après le 19 décembre mais ça ne me rapportera plus d'argent.

Et si le "double dip" démarrait bien en 2009 in fine? Si j'étais Dubaï World, j'appellerais la FED, elle n'est pas une écriture comptable près et après des dizaines de milliards donnés aux banques européennes via le conduit AIG, elle peut bien prendre en charge $62 pauvres milliards de "Dubaï World". Free for all.

C'est marrant comme il est toujours difficile d'imaginer par où le scandale va arriver. On savait que ça ne pouvait pas être une institution dans la sphère d'influence directe de la FED (on se serait arrangé entre amis). Dubaï. It makes sense.

En tout cas, la théorie de Roubini sur l'inversion ultra-rapide du carry trade va être testée.Le dollar remonte d'ailleurs (2cts en quelques heures). L'or résiste relativement. Il faut que l'or se découple. It's now or never... (pour les "gold bugs")

Le WSJ annonce (trompette plutôt) fort à propos que les banques européennes sont les plus touchées (cela peut-il être une approximation dans le contexte? oui*). Rien dont une nouvelle dose de Quantitative Easing ne puisse venir à bout très certainenement. Jusqu'à quand?

Happy Thanksgiving. (les marchés US sont fermés - rare qu'un évènement de taille se produise sans la direction américaine - sauf les futures qui sont en baisse)

Note: From the vampire squid Nov. 26 (Bloomberg) -- Michael Evans, the Hong Kong-based vice chairman who was Goldman Sachs Group Inc.’s highest-paid executive officer last year, sold $12 million of stock this week, according to a company filing.
Evans, 52, sold 70,000 shares at prices ranging from $170.98 to $173.47 on Nov. 23 and Nov. 24, according to the filing with the U.S. Securities and Exchange Commission. The filing showed he retained 714,953 shares, which are worth $121 million at today’s closing share price of $168.92.
C'est pas beautiful?

* Enorme: Je dis que le chiffre de $40 milliards du WSJ pourrait être une approximation et boum, Crédit Suisse évalue le risque à $20 milliards. Le WSJ: des amis qui vous veulent du bien. Déclencher des rumeurs dans un contexte de crise est extrêmement toxique.
"Once is happenstance, twice is coincidence, thrice is enemy action." Auric Goldfinger (via W.).
Quand les élites européennes arrêteront-elles de s'abreuver d'opinions économiques issues du triptyque (WSJ, FT, The Economist) qui ne travaille clairement pas dans l'intérêt de l'Europe continentale? (Notons au passage Manuel Valls qui fait carrément ses éditos sur la cuisine interne du PS dans le FT et Christine Lagarde, brossée dans le sens du poil avec une récompense du FT - suis-je le seul à être angoissé? La-ministre-de-l'économie-à-l'anglais-impeccable mais qui n'y connaît rien... Why am I concerned?)
Note 2: nouvel article du WSJ qui répète le chiffre de $40 milliards en citant comme source Credit Suisse cette fois. Crédit Suisse qui dit $20 milliards selon l'AFP...