mardi 16 mars 2010

La presse se désintéresse de Lehman II

La Columbia Journalism Review demande pourquoi la presse institutionnelle (NYT, WSJ) semble se désintéresser de "Lehman II" qui pourrait ouvrir la voie à des poursuites judiciaires contre la Fed de New York par exemple (lecture vivement recommandée par le blogo). Pour ce qui touche à la crise financière, les dénonciations de principe sont nombreuses mais on s'arrête souvent dans les MSM à l'accusation de fraude qui créerait une mauvaise ambiance dans l'axe Wawa (Wall Street-Washington). Pourtant, qui peut douter qu'il y a eu de la "mortgage fraud" par exemple? Off limits...

Et Spitzer donne son point de vue. (les deux liens sont via Atrios)

dimanche 14 mars 2010

Lehman II, le retour

Dans la série "Le retour des morts vivants", Lehman fait à nouveau les gros titres. Résumé de Dylan Ratigan avec Spitzer. Ce qui est étonnant c'est qu'après tout ce qui a été écrit sur Lehman depuis 18 mois, ce genre d'affaires puisse encore sortir. Certes l'enquêteur avait plus de moyens qu'un journaliste classique mais n'y avait-il pas des gens prêts à se mettre à table? Comment cela a-t-il pu être conservé "sous le tapis" alors que le monde entier avait les yeux fixés sur Lehman? Lehman pouvait-elle être la seule banque ayant recours à ces pratiques ("repo 105")? Ernst & Young n'audite-t-il pas d'autres banques?
La vérité est que le niveau d'information du public est nul. Des coups de projecteurs sont portés de manière arbitraire sur tel ou tel sujet mais aucune autorité n'est capable d'avoir une véritable vision d'ensemble de ce qu'il se passe (sauf peut-être GS...). Et la naïveté consisterait à croire que nos dirigeants sont mieux informés. Comme le public en général, ils ne savent que ce que les banques veulent bien dire et il est très probable qu'elles ne donnent de l'info que lorsqu'un responsable public est considéré comme "fiable" comme Geithner, Hank Paulson etc... (ils sont nombreux). Les "Elisabeth Warner" et autre "Sheila Bair" n'ont que peu d'accès. C'est comme ça qu'on rend impossible la constitution d'un véritable état des lieux, donc l'établissement de responsabilités, donc finalement les réformes et que la power structure peut rester en place.

Toujours plus fort!

La femme d'un des juges de la Cour Suprême qui a voté pour autoriser la levée des restrictions des contributions d'entreprises au financement de campagnes va lancer un groupe de lobbying qui recevra de l'argent par ce biais (le vote était 5 contre 4).

La question est: y a-t-il une institution américaine qui conserve un tant soit peu d'intégrité?

Zero Hedge fait du blogo

Zero Hedge:
"The evident conclusion is that the core driver of modern capitalist society is fraud at its very core, and nothing short of a massive revolutionary overhaul of the political system, which is the number one defender of the status quo courtesy of very lucrative bribes and kickbacks originating from the same rotten Wall Street that day after day is uncovered to be nothing but a sham filled with toxic assets, used to collateralize an ever growing wall of liquidity (think you Bernanke)."


Chris Hayes aussi (via Atrios):
In the past decade, nearly every pillar institution in American society — whether it's General Motors, Congress, Wall Street, Major League Baseball, the Catholic Church or the mainstream media — has revealed itself to be corrupt, incompetent or both. And at the root of these failures are the people who run these institutions, the bright and industrious minds who occupy the commanding heights of our meritocratic order. In exchange for their power, status and remuneration, they are supposed to make sure everything operates smoothly. But after a cascade of scandals and catastrophes, that implicit social contract lies in ruins, replaced by mass skepticism, contempt and disillusionment.

vendredi 12 mars 2010

Friday Plane Blogging

Il faut s'habituer mais cela n'est pas encore très courant (deux A380). Photo prise à Roissy, un des seuls aéroports du monde où trois compagnies font voler des A380.

Meilleure analogie fumeuse sur la crise à ce jour...

J'essaye depuis longtemps de trouver des analogies qui expliquent clairement la situation de l'économie mondiale. Médicales, militaires, ferroviaires, sportives, beaucoup ont été passées en revue sur ce blog. La plus percutante à ce jour reste à mon avis la métaphore électrique: les plombs ont sauté en novembre 2008 et plutôt que de se lancer dans une douloureuse inspection et rénovation de l'installation électrique, les gouvernements on choisi de faire une dérivation avec deux fils de cuivre. Dans un premier temps, tout semble normal et largement préférable à l'obscurité dans la maison. Jusqu'à ce qu'elle prenne feu...

Ce qui est important et à peu près jamais souligné dans le discours MSM, c'est l'effet corrupteur de l'irréalité économique que les mesures anti-crises ont créée. Les bonus des banquiers sont une manifestation particulièrement grotesques de l'aspect artificiel de l'économie "post-sauvetage" mais ils ne sont que la partie émergée de l'iceberg (partie néanmoins cruciale pour la stabilité de la structure de pouvoir comme vu ici). Ces mois de relative normalité (la souffrance est réelle et massive en bas de l'échelle mais le système dans son ensemble fait encore bonne figure ce qui est la seule préoccupation de l'axe "Wawa", Wall Street-Washington) sont très destructeurs à long terme car ils éloignent tous les agents économiques d'un comportement rationnel. A tous les niveaux, la discipline qui guide les agents économiques se corrode. Une finance toujours en apesanteur ne peut que continuer à déstructurer puis à détruire des pans entiers de l'économie comme dans l'immobilier américain. Les maisons n'ont plus de prix, les gens ne sont plus expulsés quand ils ne payent pas leurs remboursements, ils n'entretiennent donc plus leurs maisons etc...

Alors la force de l'habitude permet pour l'heure aux agents économiques de faire bonne figure (les magasins sont encore approvisionnés) mais le coup porté est dévastateur à court, moyen terme et long terme. La réalité est que des trillions ont été créés pour boucher les trous abyssaux, en partie grâce à des manipulations comptables et en partie grâce aux largesses des Etats et des autorités monétaires (surtout la FED qui porte le système financier international sur ses épaules, les autres banques centrales étant en situation d'infériorité substantielle). Cela va finir par se voir.

Cette période est surtout l'échec patent du système politique américain qui, au lieu de reprendre la main face à des banquiers faillis, leur a obséquieusement tout cédé prouvant en cela qu'il était à bout de souffle et que cette crise économique est en réalité une crise politique.

mercredi 10 mars 2010

Note

Post de fin 2008 de Naked Capitalism sur les règles afférentes au collatéral pour les CDS. Collateral. CDS.

Bob Herbert explique la dure réalité à Obama

Bob Herbert dans le NYT:

We’re being told — and even worse, Mr. Obama and the Democrats are being told — that their narrative is not getting through. In other words, the wonderfulness of all that they’ve done is somehow not being recognized by the slow-to-catch-on masses.

That’s just silly. People are upset because they are mired in economic distress and are losing faith that their elected representatives are looking out for their best interests. They’ve watched with increasing anger as their government has been hijacked by the economic elite. They know that the big banks that were bailed out by taxpayers can borrow money at an interest rate of near zero while at the same time charging credit-card holders usurious rates of 20 to 30 percent.

They know that the financial fat cats are fighting the creation of a truly independent Consumer Financial Protection Agency. They know that while ordinary Americans are kept out of the corridors of power, the elites with their lobbyists and lawyers and campaign contributions have a voice in every important decision that is made.

It’s not the message that’s a problem for Mr. Obama and the Democrats, it’s the all-too-clear reality.

mardi 9 mars 2010

Autre récapitulatif sur la crise

Beaucoup de liens récapitulatifs dans cet autre poste de Naked capitalism qui pourra occuper les lecteurs qui restent sur leur faim ces derniers temps. L'idée générale est qu'on écoute les mêmes gens qu'avant la crise sur l'économie et qu'ils tiennent toujours un discours lénifiant. What else is new?

vendredi 5 mars 2010

jeudi 4 mars 2010

Pour ceux qui s'ennuient...

Pour les lecteurs qui s'ennuient en raison du faible nombre de posts sur le blogo en ce moment, voici un bon post qui fait le point sur la crise et pourquoi les mesures prises jusqu'ici n'ont rien résolu. En suivant les liens, il y en a pour une semaine de lectures! (via Naked Capitalism)

Et du même site, le point sur l'interdiction des CDS.

mardi 2 mars 2010

"You really don't wanna go there"

Un membre de la chambre des représentants répète à deux reprises que tous les républicains sont dans la main des compagnies d'assurance. Il est interrompu et on lui demande de retirer ses propos. Il les répète. Il aurait pu ajouter que si c'est vrai de tous les républicains, c'est également vrai d'assez de démocrates pour que toute réforme efficace du système de santé soit impossible. Dans la confusion qui suit ses propos, j'ai cru entendre "you really don't wanna go there"...

lundi 1 mars 2010

Satisfecit du Blogo (qui n'est jamais content)

Le 9 décembre dernier, le Blogo faisait son outing climatosceptique. A l'époque, je n'étais pas très sûr de l'opportunité d'aborder le sujet et je me disais: "A quoi bon? Pourquoi s'aliéner des lecteurs qui s'intéressent à la crise financière mais qui n'ont que faire de mes états d'âme sur le réchauffement climatique?"

Et bien il se trouve que la dernière émission d' "Arrêt sur images" est titrée: "C'est devenu branché d'être climatosceptique". En quelques semaines, le sens du vent a tourné et tout semble renversé. Voici l'introduction à l'émission:

Que s'est-il passé ? Il y a quelques semaines encore, les thèses de l'immense majorité des climatologues sur le réchauffement climatique étaient propagées sans distance par les médias grand public. Depuis quelques semaines, à l'inverse, c'est une petite musique climato-sceptique qui sourd des mêmes médias. Pourtant, si les données qui permettent de conclure que le changement climatique est dû à l'activité humaine étaient exactes l'an dernier, elles le sont toujours aujourd'hui. Et si elles étaient fausses, pourquoi ne pas l'avoir dit auparavant ?

Alors le blogo est-il heu-reux? Pour une fois, l'honnêteté intellectuelle et la vérité triompheraient de l'obscurantisme et de la crédulité des masses? Non, bien évidemment. Car ne nous y trompons pas, ce n'est ni le "climate gate", ni le fait que les glaciers indiens n'auront pas fondu en 2035 qui changent quoi que ce soit au débat sur le climat. J'ai une théorie sur le revirement médiatique qui, cela ne surprendra personne, ne donne pas le beau rôle aux Mainstream Media (MSM).

Jusqu'à Copenhague, il y a eu une montée en puissance de la rhétorique réchaufiste qui a créé une attente pour quelque chose de racidal. Et a Copenhague: rien, nada, zilch. Nos médias sont alors face à un dilemme: soit ils persistent dans leur alarmisme radical et se mettent en porte à faux vis à vis des Etats, soit ils refroidissent leurs discours et donnent tout à coup un écho sans précédent à l'autre voix, celle des sceptiques.

Des médias de masse qui prendraient tout à coup en grippe les Etats au nom de la cohérence intellectuelle et du bien collectif? Are you FKM? Non. Ces monstres de suivisme et/ou de servilité ont sans doute simplement choisi la complaisance envers le pouvoir politique (What a shocker!).

Alors vous allez me dire, mais de quoi se plaint le blogo vu qu'il est plutôt sceptique? Simple. Il y a des choses qu'il faut moins pardonner que la simple erreur, ce sont la duplicité et la malhonnêteté intellectuelle. Ce qui me surprend, c'est que durant cette émission d' "Arrêt sur images" de plus d'une heure, personne n'ait évoqué l'idée que ce revirement ne soit que la façon pour des médias serviles (incapables de rentrer dans une logique d'opposition au pouvoir même si à l'y croire, nos dirigeants nous mènent tout droit à la catastrophe) d'entériner et de justifier l'inaction des politiques (à commencer par les US of A). Le timing plaide pourtant évidemment en faveur de cette thèse.

Note: Dans les éléments qui ont facilité le revirement, il faut noter que la crise économique a participé à modifier l'air du temps. S'il est facile d'intéresser les masses à des dangers hypothétiques quand tout va bien, l'exercice devient plus difficile quand les difficultés rencontrées au jour le jour sont majeures. On peut noter également que le ralentissement économique réduit les émissions de CO2 de manières plus massive que n'importe quelle mesure qui aurait pu être prise (et appliquée) à Copenhague.

THRILLER!

Quel rapport entre "Thriller" et la crise financière? Très simple. Vous voyez le moment où la jeune fille en bleue est encerclée par les zombies et se retourne vers Michael qui est censé être son dernier recours?

Et bien c'est exactement ce qui est arrivé à la population mondiale quand elle s'est retournée vers les Etats après l'avènement des zombies bancaires: pour son malheur, son dernier recours était également un zombie. (voir minute 6:37)

Bonne semaine.

vendredi 26 février 2010

mardi 23 février 2010

Les juges aussi...

La capture du processus politique américain par "Corporate America" est un des sujets de ce blog. Cette semaine, Bill Moyers met l'accent sur le fait que l'élection des magistrats est également devenu le lieu de dépenses massives d'intérêts corporatistes. Le reportage s'appelle "Justice for sale" ("Justice à vendre"). Cela joue massivement dans quelques élections mais, comme en politique, cela influence les comportements de tous car tout le monde sait que des votes qui gênent tel ou tel groupe d'intérêts aboutiront à des "challenges" financés massivement.

Les commentateurs spécialistes des Etats-Unis disent souvent que l'argent a un rôle particulier dans la power structure américaine et que c'est une spécificité culturelle au même titre que Thanksgiving ou le Super Bowl. En gros: circulez, il n'y a rien à voir. Dans ce reportage, Moyers explique que l'argent ne joue de rôle massivement dans les élections de juges que depuis 25 ans. La thèse du blogo et qu'il peut bien y avoir des spécificités américaines remontant au début du 20ème siècle ou même à la fondation du pays mais que la période récente se singularise par la radicalisation de tous ces processus qui ont abouti à une crise politique. Bien sûr, le lobbying n'est pas né dans les dix dernières années ni le rôle spécifique de l'argent en politique. En revanche, 30 ans de révolution néolibérale ont levé toutes les limites à l'accroissement des inégalités, créant une ploutocratie tenant fermement les rênes du pouvoir (cf les tax cuts de Bush, le sauvetage incroyablement indulgent des banques). Parallèlement, la chute de l'Union Soviétique et le 11 septembre ont permis une posture belliciste (financée à crédit par le reste du monde).

Il y a une volonté de minimiser cette mutation en Incroyable Hulk ca le Bruce Banner des années 70 bénéficiait d'un réel capital de sympathie et de confiance. Pour tous ceux qui s'indignent de l'anti-américanisme (relatif par rapport à l'énormité de ce qu'il se passe), le fait que Bruce Banner mesure 2m50, qu'il soit tout vert et extraordinairement musclé n'a aucune importance. Pourtant, de la guerre d'agression au non respect des normes internationales d'un côté, à l'usage de plus en plus abusif de leur situation économique et financière privilégiée de l'autre, il ne reste plus grand chose pour rendre sympathique ce gros homme vert à l'agressivité mal contrôlée. Ni pour la population américaine, ni pour le reste du monde. N'en déplaise à tous les tenants du "Extend and pretend" qui préfèrent dormir sur leurs deux oreilles en se persuadant de la pérennité de l'ordre américain.Bruce Banner a-t-il simplement eu une indigestion en revenant de sa salle de musculation ou y a-t-il quelque chose de plus préoccupant en jeu? Je vous laisse juge...

dimanche 21 février 2010

Statistiques du fisc américain sur les plus hauts revenus

Bloomberg:
- Les 400 foyers américains les plus riches ont déclaré en moyenne des revenus de $345 millions de dollar en 2007 (derniers chiffres disponibles). En hausse de 31% par rapport à l'année précédente.
- Ces revenus ont plus que doublé entre 2001 et 2007.
- Ces foyers ont payé 16% d'impôts, le niveau le plus bas depuis que les chiffres sont calculés en 1992. A l'époque, la taxe était de 29%. Les revenus du top 400 a été multiplié par 5 en 17 ans.

La "fake expansion" créée par le laxisme monétaire d' "Easy Al" (Greenspan) n'a pas été perdue pour tout le monde. Absolument destructrice pour la population en général (même si pendant un temps tout le monde pouvait se payer des écrans plats - quel intérêt si on est expulsé de chez soi quelques années plus tard?) ce déséquilibre économique artificiel a bénéficié de manière durable au sommet de la pyramide sociale notamment en raison des tax cuts simultanées. Avec la réaction de la FED à la crise depuis 2007, on revit le même phénomène mais en accéléré cette fois. Toujours le même système oscillant et instable.

Pas responsables, pas coupables

William Black explique ici que le scandale des S&L avaient conduit à la condamnation de milliers de personnes pour fraudes dans les années 80/90. Pour le subprime, rien. "La faute à pas de chance", "tout le monde le faisait" etc... Un témoignage de plus du fait que le subprime n'a pas vu le jour contre la power structure mais qu'il en est bien au contraire le rejeton. Voir l'interview de William Black sur ZH (8min). Voir aussi une interview récente d'Elliot Spitzer sur fora.tv qui note qu'un des drames de cette crise est la faiblesse du dispositif de sanction (il est nécessaire pour qu'il y ait un sentiment de justice mais aussi pour donner le sentiment que le crime ne paiera pas à l'avenir- l'inverse a été fait).

Extrait de l'interview de William Black pour ceux qui parlent anglais et qui n'ont pas le temps de regarder la vidéo linkée plus haut. Il n'y parle pas directement de l'absence de poursuites judiciaires mais de ce qui a permis la prospérité des banques quelques trimestres de plus: la manipulation comptable, souvent évoquée sur le Blogo (c'est l'assouplissement des règles comptables qui a amorcé le rebond boursier du printemps 2009).

PAUL SOLMAN: What would you have us do about the major financial institutions as they currently exist?

WILLIAM BLACK: First, stop them from getting bigger. The 19 largest institutions are what we call systemically dangerous institutions. Many of them are already insolvent on any real market value basis.

PAUL SOLMAN: What do you mean insolvent? I mean, they're reporting large enough profits, that they can give bonuses to their employees.

WILLIAM BLACK: They were able to get Congress to extort FASB, which is the Accounting Standards Board, to change the rules, so that you no longer have to recognize losses on your bad loans, unless and until you actually sell them.

PAUL SOLMAN: Extort FASB? Why would it be extorting FASB?

WILLIAM BLACK: They said, you will change the rules, and you will change the rules such that banks no longer have to recognize their losses, or we will remove your authority over the accounting rules, which is the whole reason for existence for FASB, right? So, that's extortion in anybody's language.

And for all those who still don't get just why the big banks don't care if they get even bigger and even more systematically riskier (and why the Fed is dying to regulate them, just so that ever more problems can be swept under the rug until it is too late).

PAUL SOLMAN: You see no arguments that keeping the system as it is, is a legitimate political objective?

WILLIAM BLACK: Well, then you are going to have recurrent crises that get bigger and are disastrous. The financial firms get this burst of short-term profits. They max out their personal bonuses of their executives. It's great for them, but it's terrible for the world.


Crise politique...

La défiance envers le système politique aux US n'a jamais été aussi grande. (via Naked Capitalism)

The founding document of the United States, the Declaration of Independence, states that governments derive “their just powers from the consent of the governed.” Today, however, just 21% of voters nationwide believe that the federal government enjoys the consent of the governed.

***

Seventy-one percent (71%) of all voters now view the federal government as a special interest group, and 70% believe that the government and big business typically work together in ways that hurt consumers and investors.That helps explain why 75% of voters are angry at the policies of the federal government, and 63% say it would be better for the country if most members of Congress are defeated this November…

In his new book, In Search of Self-Governance, Scott Rasmussen observes that the American people are “united in the belief that our political system is broken, that politicians are corrupt, and that neither major political party has the answers.” He adds that “the gap between Americans who want to govern themselves and the politicians who want to rule over them may be as big today as the gap between the colonies and England during the 18th century.”

vendredi 19 février 2010

Friday Plane Blogging

(cliquez pour agrandir)