Alan Grayson enfonce des portes ouvertes qui méritent d'être enfoncées de temps en temps (via ZH):
“The Fed doesn't want to be audited. Who does? Do you want to be audited? I don't want to be audited, but sometimes it's necessary,” he said. “When you're handing out a trillion dollars at a time -- a trillion dollars at a time, which works out to $3,000 for every man woman and child in this country -- don't we have a right to know what happened to it?”
jeudi 6 mai 2010
mercredi 5 mai 2010
Obama fait une "Bush" (de plus...)
Bush avait fait une "blague" au White House Correspondents Dinner de 2004 sur le fait qu'il n'avait pas trouvé de "weapons of mass destruction" en Irak. Dans la même veine, Obama a mélé les "Jonas Brothers", Sasha et Malia et les "predator drones" dans une "joke" de très mauvais goût. Ces drones sont la cause de nombreuses morts civiles et sont devenus le symbole de la guerre asseptisé (de leur côté) que livrent les américains en Afghanistan, en Irak et à l'occasion n'importe où dans le monde. Des hommes se lèvent en effet le matin quelque part dans le Maryland, mangent leurs corn flakes, embrassent leurs femmes et leurs enfants, se rendent dans un centre de jeux vidéos militaires et aspergent de bombes des zones qu'ils ne connaissent pas à des milliers de kilomètres. Ha, ha, ha!
Everyone agrees that President Obama was funnier than Jay Leno at the White House Correspondents Association dinner on Saturday night. But this joke is inspiring some backlash:
"Jonas Brothers are here, they're out there somewhere. Sasha and Malia are huge fans, but boys, don't get any ideas. Two words for you: predator drones. You will never see it coming. You think I'm joking?"
"You have to wonder why in the world the president's speech writers would think it was a good idea to throw a joke about predator drones into the president's speech during the White House Correspondent's Dinner, given that an estimated one-third of drone casualties, or between 289 and 378, have been civilians," wrote Adam Serwer at the American Prospect.
Everyone agrees that President Obama was funnier than Jay Leno at the White House Correspondents Association dinner on Saturday night. But this joke is inspiring some backlash:
"Jonas Brothers are here, they're out there somewhere. Sasha and Malia are huge fans, but boys, don't get any ideas. Two words for you: predator drones. You will never see it coming. You think I'm joking?"
"You have to wonder why in the world the president's speech writers would think it was a good idea to throw a joke about predator drones into the president's speech during the White House Correspondent's Dinner, given that an estimated one-third of drone casualties, or between 289 and 378, have been civilians," wrote Adam Serwer at the American Prospect.
Intéressant
Des journalistes répètent un peu partout que les banques ont remboursé l'argent du TARP. Les plus crédules expliquent que l'Etat a fait un profit sur son investissement. Voilà ce qu'il s'est vraiment passé (via Atrios):
extrait:
As a bookkeeping matter we can say that the government "profitted" from these deals in the sense that it got interest on its loans. (It also received warrants from banks that it sold at a profit.) However, as a practical matter, these profits no more benefit the government's accounts than if the Federal Reserve Board just printed the same amount of money and handed it to the Treasury by purchasing government bonds. Unfortunately, few reporters covering the economy and the bailout understand this point, so they end up writing pieces that imply the country was somehow benefitted by the fact that the banks repaid their loans with interest.
extrait:
As a bookkeeping matter we can say that the government "profitted" from these deals in the sense that it got interest on its loans. (It also received warrants from banks that it sold at a profit.) However, as a practical matter, these profits no more benefit the government's accounts than if the Federal Reserve Board just printed the same amount of money and handed it to the Treasury by purchasing government bonds. Unfortunately, few reporters covering the economy and the bailout understand this point, so they end up writing pieces that imply the country was somehow benefitted by the fact that the banks repaid their loans with interest.
L'euro en-dessous de $1.30
Comment reprendre le dessus? La dynamique, bien engagée maintenant, fait de l'Europe l'amortisseur de la crise américaine. Car ne nous leurrons pas: nous sommes lancés dans une crise de financement généralisée et les américains, grâce à la soumission du reste du monde et bien qu'ils soient responsables de cette crise sont toujours aux manettes comme en témoignent les downgrades récents de pays européens. Ils vont sans doute avoir de graves difficultés également mais ils vont tout faire pour que le reste du monde tombe plus vite, plus bas.
Ou vont-ils finalement perdre le contrôle devant l'énormité de leurs propres problèmes? Ca ne dépend pas que d'eux. Il faut que les dirigeants du monde entier comprennent le plus vite possible que ça n'est pas l'école des fans et que tout le monde ne va pas gagner. Les américains ont choisi de ne pas gérer le monde en "bon père de famille", ils doivent être déboulonnés. Nous ne pouvons pas continuer à nous en remettre à leur système politique complètement corrompu pour organiser la planète (ni à leur monnaie tout aussi corrompue). Le changement ne va pas être facile mais il est indispensable.
Les Etats-Unis bénéficient d'une planche à billet et de la monnaie de réserve mondiale. Nous avons choisi de bâtir une monnaie sans assumer le fait qu'elle serait un instrument de puissance et qu'elle ne pourrait donc être un succès que si un jour elle réussissait un jour à challenger le dollar. La confrontation était inévitable et on ne peut pas dire qu'elle s'annonce sous les meilleurs auspices. Sous l'influence des socialistes français (Jospin mais n'oublions pas Strauss-Kahn puisque contrairement au premier il a peut-être un futur), nous avons choisi la voie des "bisounours monétaires" avec une monnaie très inclusive à l'expansion rapide. Les américains n'ont que peu ou pas protesté: ils savaient sans doute trop bien que cet édifice était fragile et qu'ils n'auraient aucune difficulté à le faire sauter si le besoin, un jour, s'en faisait sentir. Quand leurs difficultés seraient telles que le "fair play" ne serait plus de mise. L'absence de constitution européenne et la faiblesse institutionnelle qui s'en est suivie n'ont rien arrangé.
Mais finalement c'est le suivisme de la Fed dans sa politique de taux ultra-bas post 11 septembre qui a révélé l'euro pour ce qu'il était: une monnaie influençable qui était inféodée aux objectifs stratégiques américains. Oh, il restait bien un peu de l'influence de la Bundesbank puisque nous sommes restés à 2% de taux d'intérêts sans nous aventurer jusqu'au 1% américain. Un peu comme un joueur de l'équipe de France au Zaman Café qui ne serait là "que pour regarder". Moralité, à un moment où les américains sacrifiaient leur monnaie sur l'autel de la guerre contre le terrorisme, nous sacrifions la nôtre à la guerre des américains. En bons vassaux. Nous aurions dû nous rappeler à ce moment là que l'Euro n'était pas la monnaie de réserve mondiale et n'avait jamais connu de retournement de conjoncture (sans parler du plus violent retournement depuis la guerre). Nous sautions dans le vide avec les américains dans un élan de solidarité mais sans faire attention au fait qu'ils avaient un parachute (l'assise du dollar) et pas nous (l'efficacité de leur parachute reste à démontrer: c'est la grande interrogation de cette crise).
Que faire? Les contingences politiques font que la question n'a pas grand intérêt. Nous allons continuer la politique du chien crevé au fil de l'eau jusqu'à ce l'amère pilule de l'austérité grecque arrive jusqu'à nous. Ca n'est plus évitable.
Oh bien sûr, on pourrait rêver. Promettre du sang, des larmes et la victoire. Cette austérité qu'on a devant nous, on pourrait l'affronter et l'embrasser au lieu de la subir et de la redouter. Créer un mécanisme crédible de défaut et d'exclusion de l'Euro (et de réintégration) en fonction de critères précis et exigeants. Réapprendre à vivre selon des paramètres d'endettement qui ne nous mettent plus à la merci d' "investment bankers" (ou des agences de notation qui mangent dans leurs mains) dont le caractère véreux n'est plus à démontrer. Créer une agence d'inspection des finances publiques européennes et d'autres choses encore (quelque chose me dit que j'aurais l'occasion d'y revenir).
Finalement, démonter les mécanismes de pouvoir américains qui ont failli et bâtir un système qui s'en affranchisse structurellement en tirant les leçons de leur échec. Encourager la planète entière à faire de même ce qui mettra fin aux dépenses militaires infinies des Etats-Unis et donc à l'empire désormais hors de contrôle (et à l'origine de nos difficultés).
Nous ne sommes de toute façon qu'au début de ces péripéties. L'Europe paraît mal placée aujourd'hui mais cela pourrait changer tant la situation est volatile et l'impression de maîtrise que donnent les américains depuis le sauvetage des banques pourrait s'évaporer rapidement. Leur déficit budgétaire est en effet à mi-chemin entre la Grèce et la moyenne européenne (10%, 14% et 6% du PIB en gros). Si on rajoute la dette de Fannie et Freddie garantie par l'Etat US, le volume de leur dette est très supérieur à la Grèce en pourcentage du GDP (autour de 130% - la dette d'agence est néanmoins garantie par des maisons mais la valeur d'une maison aujourd'hui aux Etats-Unis, si on enlève les mécanismes de soutien de l'Etat, ça n'est plus grand chose). Leurs besoins de refinancement mensuels sont abyssaux. Leurs dépenses militaires sont ridiculement élevées (et pour quel résultat?). Evidemment, ils ont le dollar. Le billet vert peut-il réellement payer pour tout cela? Bankruptcy is in the eye of the beholder.
Ou vont-ils finalement perdre le contrôle devant l'énormité de leurs propres problèmes? Ca ne dépend pas que d'eux. Il faut que les dirigeants du monde entier comprennent le plus vite possible que ça n'est pas l'école des fans et que tout le monde ne va pas gagner. Les américains ont choisi de ne pas gérer le monde en "bon père de famille", ils doivent être déboulonnés. Nous ne pouvons pas continuer à nous en remettre à leur système politique complètement corrompu pour organiser la planète (ni à leur monnaie tout aussi corrompue). Le changement ne va pas être facile mais il est indispensable.
Les Etats-Unis bénéficient d'une planche à billet et de la monnaie de réserve mondiale. Nous avons choisi de bâtir une monnaie sans assumer le fait qu'elle serait un instrument de puissance et qu'elle ne pourrait donc être un succès que si un jour elle réussissait un jour à challenger le dollar. La confrontation était inévitable et on ne peut pas dire qu'elle s'annonce sous les meilleurs auspices. Sous l'influence des socialistes français (Jospin mais n'oublions pas Strauss-Kahn puisque contrairement au premier il a peut-être un futur), nous avons choisi la voie des "bisounours monétaires" avec une monnaie très inclusive à l'expansion rapide. Les américains n'ont que peu ou pas protesté: ils savaient sans doute trop bien que cet édifice était fragile et qu'ils n'auraient aucune difficulté à le faire sauter si le besoin, un jour, s'en faisait sentir. Quand leurs difficultés seraient telles que le "fair play" ne serait plus de mise. L'absence de constitution européenne et la faiblesse institutionnelle qui s'en est suivie n'ont rien arrangé.
Mais finalement c'est le suivisme de la Fed dans sa politique de taux ultra-bas post 11 septembre qui a révélé l'euro pour ce qu'il était: une monnaie influençable qui était inféodée aux objectifs stratégiques américains. Oh, il restait bien un peu de l'influence de la Bundesbank puisque nous sommes restés à 2% de taux d'intérêts sans nous aventurer jusqu'au 1% américain. Un peu comme un joueur de l'équipe de France au Zaman Café qui ne serait là "que pour regarder". Moralité, à un moment où les américains sacrifiaient leur monnaie sur l'autel de la guerre contre le terrorisme, nous sacrifions la nôtre à la guerre des américains. En bons vassaux. Nous aurions dû nous rappeler à ce moment là que l'Euro n'était pas la monnaie de réserve mondiale et n'avait jamais connu de retournement de conjoncture (sans parler du plus violent retournement depuis la guerre). Nous sautions dans le vide avec les américains dans un élan de solidarité mais sans faire attention au fait qu'ils avaient un parachute (l'assise du dollar) et pas nous (l'efficacité de leur parachute reste à démontrer: c'est la grande interrogation de cette crise).
Que faire? Les contingences politiques font que la question n'a pas grand intérêt. Nous allons continuer la politique du chien crevé au fil de l'eau jusqu'à ce l'amère pilule de l'austérité grecque arrive jusqu'à nous. Ca n'est plus évitable.
Oh bien sûr, on pourrait rêver. Promettre du sang, des larmes et la victoire. Cette austérité qu'on a devant nous, on pourrait l'affronter et l'embrasser au lieu de la subir et de la redouter. Créer un mécanisme crédible de défaut et d'exclusion de l'Euro (et de réintégration) en fonction de critères précis et exigeants. Réapprendre à vivre selon des paramètres d'endettement qui ne nous mettent plus à la merci d' "investment bankers" (ou des agences de notation qui mangent dans leurs mains) dont le caractère véreux n'est plus à démontrer. Créer une agence d'inspection des finances publiques européennes et d'autres choses encore (quelque chose me dit que j'aurais l'occasion d'y revenir).
Finalement, démonter les mécanismes de pouvoir américains qui ont failli et bâtir un système qui s'en affranchisse structurellement en tirant les leçons de leur échec. Encourager la planète entière à faire de même ce qui mettra fin aux dépenses militaires infinies des Etats-Unis et donc à l'empire désormais hors de contrôle (et à l'origine de nos difficultés).
Nous ne sommes de toute façon qu'au début de ces péripéties. L'Europe paraît mal placée aujourd'hui mais cela pourrait changer tant la situation est volatile et l'impression de maîtrise que donnent les américains depuis le sauvetage des banques pourrait s'évaporer rapidement. Leur déficit budgétaire est en effet à mi-chemin entre la Grèce et la moyenne européenne (10%, 14% et 6% du PIB en gros). Si on rajoute la dette de Fannie et Freddie garantie par l'Etat US, le volume de leur dette est très supérieur à la Grèce en pourcentage du GDP (autour de 130% - la dette d'agence est néanmoins garantie par des maisons mais la valeur d'une maison aujourd'hui aux Etats-Unis, si on enlève les mécanismes de soutien de l'Etat, ça n'est plus grand chose). Leurs besoins de refinancement mensuels sont abyssaux. Leurs dépenses militaires sont ridiculement élevées (et pour quel résultat?). Evidemment, ils ont le dollar. Le billet vert peut-il réellement payer pour tout cela? Bankruptcy is in the eye of the beholder.
La Fed savait...
C'est un des refrains du blogo mais il est marrant de le voir confirmer par les procès verbaux des délibérations de la Fed en 2004 qui viennent d'être rendus publics:
Du Huffington Post:
As top Federal Reserve officials debated whether there was a housing bubble and what to do about it, then-Chairman Alan Greenspan argued that dissent should be kept secret so that the Fed wouldn't lose control of the debate to people less well-informed than themselves.
"We run the risk, by laying out the pros and cons of a particular argument, of inducing people to join in on the debate, and in this regard it is possible to lose control of a process that only we fully understand," Greenspan said, according to the transcripts of a March 2004 meeting.
Pourquoi se méfier d'un débat si on est sûr de ses positions? Le Blogo dénonce depuis longtemps le contrôle par la FED du discours des économistes et du débat sur l'économie en général dans les milieux académiques et médiatiques. Gageons que nous ne sommes pas au bout de nos surprises... Encore plus difficile de s'opposer à un audit après ce genre de déclaration.
Et pour finir, la popopopopopoker face de Bernanke:
Du Huffington Post:
As top Federal Reserve officials debated whether there was a housing bubble and what to do about it, then-Chairman Alan Greenspan argued that dissent should be kept secret so that the Fed wouldn't lose control of the debate to people less well-informed than themselves.
"We run the risk, by laying out the pros and cons of a particular argument, of inducing people to join in on the debate, and in this regard it is possible to lose control of a process that only we fully understand," Greenspan said, according to the transcripts of a March 2004 meeting.
Pourquoi se méfier d'un débat si on est sûr de ses positions? Le Blogo dénonce depuis longtemps le contrôle par la FED du discours des économistes et du débat sur l'économie en général dans les milieux académiques et médiatiques. Gageons que nous ne sommes pas au bout de nos surprises... Encore plus difficile de s'opposer à un audit après ce genre de déclaration.
Et pour finir, la popopopopopoker face de Bernanke:
mardi 4 mai 2010
Cirque à l'ONU
Pendant le discours d'Ahmadinejad à l'ONU, des délégations ont quitté la salle plus de dix minutes après le début du discours.
Le "journal de référence" français rapporte ça:
Premier acte d'une journée qui pourrait tourner au bras de fer entre la chef de la diplomatie américaine et Mahmoud Ahmadinejad, plusieurs délégations occidentales, dont les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont boycotté le discours du président iranien, lundi 3 mai, en quittant la salle lorsqu'il est arrivé à la tribune, à l'ouverture de la conférence de suivi du traité de non-prolifération (TNP) à l'ONU. (...)
C'est tout simplement faux (voir ici, début du discours d'Ahmadinejad à 1H14, départ de la délégation US à 1H27). Ils ont quitté la salle plus de dix minutes après qu'il soit arrivé à la tribune. Il n'était pas très facile (même en écoutant attentivement) de faire le lien entre le discours d'Ahmadinejad et le départ de certaines délégations occidentales. Cela semblait en fait assez maladroit (soit il fallait partir avant le début, soit il fallait attendre qu'Ahmadinejad dise quelque chose qui justifie plus où moins le départ mais c'était en l'espèce étrange). Qu'à cela ne tienne, le "journal de référence" simplifie la situation pour le lecteur français (on ne va pas décrire les occidentaux se prendre les pieds dans le tapis devant le "Saddam Hussein" du moment). Le Monde adopte donc les standards du NYT: "il s'agit de l'Iran? Oh bah lâchons-nous, on peut vraiment raconter n'importe quoi..." Comme le NYT qui répète à l'envie que c'est Obama qui a dévoilé l'existence des installations de Qom en septembre 2009. Mensonge éhonté évidemment. Le NYT ne se démonte pas le 17 avril 2010 sous la plume de David Sanger (la "Judith Miller de l'Iran"):
Administration officials had hoped that the revelation by Mr. Obama in September that Iran was building a new uranium enrichment plant inside a mountain near Qum would galvanize other nations against Iran, but the reaction was muted.
Ce sont les iraniens qui ont révélé l'existence de ce site trois jours avant qu'Obama ne l'évoque. Ce détail a-t-il pu échapper au journaliste senior du NYT en charge du dossier iranien? ;-)
On sent une fébrilité en occident qui ressemble de plus en plus aux spasmes désordonnés et souvent ridicules qui ont précédé l'attaque contre l'Irak ("Saddam must disarm!" répété en boucle par un Bush de plus en plus hagard). Le casus belli est tellement peu clair que les occidentaux sont brouillons. Comme pour l'Irak, il maquille la faiblesse de leurs positions derrière le masque d'une indignation surjouée (bien obligé quand le but est "regime change" et que l'excuse officielle du nucléaire militaire n'est qu'un prétexte à l'action militaire qui vise en réalité, comme pour l'Irak, à éliminer un acteur stratégique de la région). Tragique de voir que la France, cette fois-ci, ne semble pas sur la voie de garder la tête froide et d'examiner les arguments pour une attaque de manière rationnelle. Les français ont l'air d'ores et déjà acquis à l'idée d'une frappe et on imagine que les communiqués de soutien à la suite de l'attaque ont déjà été rédigés. J'ai même lu que des "hawks" américains demandaient à des amis au Quai d'Orsay de faire pression sur l'administration américaine pour qu'elle adopte une posture plus vindicative vis à vis de l'Iran. Peut-être même va-t-on y aller de notre missile de croisière pour montrer notre résolution et avoir l'impression de faire partie de l'équipe. Cela pourrait être une carte à jouer pour redorer le blason d'un Sarkozy à la dérive. Voilà qui pourrait encore le grandir...
Alors comment vont-ils la jouer cette fois-ci? "Irak style" avec des vociférations de plus en plus violentes et irrationnelles intimant de plus en plus radicalement à l'Iran de prouver l'absence de programme militaire (avec la même difficulté pour les iraniens que naguère pour les irakiens: "how to prove a negative?"). "Vietnam style" avec un vrai-faux incident pour démarrer les hostilités?
Evidemment si nos journaux étaient honnêtes*, il se passerait la chose suivante: la charge de la preuve reposerait évidemment sur les nations qui proposent une action violente. Les iraniens devraient être obligés d'ouvrir la porte des sites qui sont soupçonnés d'abriter des activités nucléaires militaires. Seulement dans le cas d'un refus pourrait-on alors envisager une action militaire contre ce site. Les américains vont évidemment éviter cela à tout prix après que les inspecteurs leur aient presque gâché l'Irak.
Pour l'instant, les occidentaux vitupèrent mais ne rentrent jamais dans des accusations spécifiques. Et j'ai l'impression qu'ils l'évitent même soigneusement. Now why would that be?
* Si nos journaux étaient honnêtes, il n'y aurait pas de blogo...
Note 1: Le Monde, le NYT, je crois l'avoir déjà dit mais pour ceux qui l'auraient oublié: je n'irai pas pleurer sur leurs tombes.
Note 2: Je suis sûr que les lecteurs du Blogo se sont tous dits après l'Irak qu'on ne les y reprendrait plus (pour les quelques uns qui s'étaient fait prendre). Vraiment? La situation pour l'Iran est très similaire et je garantis à toute personne qui voudra y consacrer du temps que plus elle fouillera, et plus elle trouvera de similarités. Et il n'est hélas pas très surprenant de constater au passage à quel point les médias s'alignent sur le pouvoir, anti-guerre du temps de Chirac, pro-guerre avec Sarkozy. Les journalistes ne sont pas des héros...
Note 3: Pour ceux qui veulent voir le Washington Post se livrer aux mêmes manipulations que le New York Times, c'est ici.
Le "journal de référence" français rapporte ça:
Le discours du président iranien boycotté à l'ONU
Le Monde - Il y a 5 heures
Premier acte d'une journée qui pourrait tourner au bras de fer entre la chef de la diplomatie américaine et Mahmoud Ahmadinejad, plusieurs délégations occidentales, dont les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ont boycotté le discours du président iranien, lundi 3 mai, en quittant la salle lorsqu'il est arrivé à la tribune, à l'ouverture de la conférence de suivi du traité de non-prolifération (TNP) à l'ONU. (...)
C'est tout simplement faux (voir ici, début du discours d'Ahmadinejad à 1H14, départ de la délégation US à 1H27). Ils ont quitté la salle plus de dix minutes après qu'il soit arrivé à la tribune. Il n'était pas très facile (même en écoutant attentivement) de faire le lien entre le discours d'Ahmadinejad et le départ de certaines délégations occidentales. Cela semblait en fait assez maladroit (soit il fallait partir avant le début, soit il fallait attendre qu'Ahmadinejad dise quelque chose qui justifie plus où moins le départ mais c'était en l'espèce étrange). Qu'à cela ne tienne, le "journal de référence" simplifie la situation pour le lecteur français (on ne va pas décrire les occidentaux se prendre les pieds dans le tapis devant le "Saddam Hussein" du moment). Le Monde adopte donc les standards du NYT: "il s'agit de l'Iran? Oh bah lâchons-nous, on peut vraiment raconter n'importe quoi..." Comme le NYT qui répète à l'envie que c'est Obama qui a dévoilé l'existence des installations de Qom en septembre 2009. Mensonge éhonté évidemment. Le NYT ne se démonte pas le 17 avril 2010 sous la plume de David Sanger (la "Judith Miller de l'Iran"):
Administration officials had hoped that the revelation by Mr. Obama in September that Iran was building a new uranium enrichment plant inside a mountain near Qum would galvanize other nations against Iran, but the reaction was muted.
Ce sont les iraniens qui ont révélé l'existence de ce site trois jours avant qu'Obama ne l'évoque. Ce détail a-t-il pu échapper au journaliste senior du NYT en charge du dossier iranien? ;-)
On sent une fébrilité en occident qui ressemble de plus en plus aux spasmes désordonnés et souvent ridicules qui ont précédé l'attaque contre l'Irak ("Saddam must disarm!" répété en boucle par un Bush de plus en plus hagard). Le casus belli est tellement peu clair que les occidentaux sont brouillons. Comme pour l'Irak, il maquille la faiblesse de leurs positions derrière le masque d'une indignation surjouée (bien obligé quand le but est "regime change" et que l'excuse officielle du nucléaire militaire n'est qu'un prétexte à l'action militaire qui vise en réalité, comme pour l'Irak, à éliminer un acteur stratégique de la région). Tragique de voir que la France, cette fois-ci, ne semble pas sur la voie de garder la tête froide et d'examiner les arguments pour une attaque de manière rationnelle. Les français ont l'air d'ores et déjà acquis à l'idée d'une frappe et on imagine que les communiqués de soutien à la suite de l'attaque ont déjà été rédigés. J'ai même lu que des "hawks" américains demandaient à des amis au Quai d'Orsay de faire pression sur l'administration américaine pour qu'elle adopte une posture plus vindicative vis à vis de l'Iran. Peut-être même va-t-on y aller de notre missile de croisière pour montrer notre résolution et avoir l'impression de faire partie de l'équipe. Cela pourrait être une carte à jouer pour redorer le blason d'un Sarkozy à la dérive. Voilà qui pourrait encore le grandir...
Alors comment vont-ils la jouer cette fois-ci? "Irak style" avec des vociférations de plus en plus violentes et irrationnelles intimant de plus en plus radicalement à l'Iran de prouver l'absence de programme militaire (avec la même difficulté pour les iraniens que naguère pour les irakiens: "how to prove a negative?"). "Vietnam style" avec un vrai-faux incident pour démarrer les hostilités?
Evidemment si nos journaux étaient honnêtes*, il se passerait la chose suivante: la charge de la preuve reposerait évidemment sur les nations qui proposent une action violente. Les iraniens devraient être obligés d'ouvrir la porte des sites qui sont soupçonnés d'abriter des activités nucléaires militaires. Seulement dans le cas d'un refus pourrait-on alors envisager une action militaire contre ce site. Les américains vont évidemment éviter cela à tout prix après que les inspecteurs leur aient presque gâché l'Irak.
Pour l'instant, les occidentaux vitupèrent mais ne rentrent jamais dans des accusations spécifiques. Et j'ai l'impression qu'ils l'évitent même soigneusement. Now why would that be?
* Si nos journaux étaient honnêtes, il n'y aurait pas de blogo...
Note 1: Le Monde, le NYT, je crois l'avoir déjà dit mais pour ceux qui l'auraient oublié: je n'irai pas pleurer sur leurs tombes.
Note 2: Je suis sûr que les lecteurs du Blogo se sont tous dits après l'Irak qu'on ne les y reprendrait plus (pour les quelques uns qui s'étaient fait prendre). Vraiment? La situation pour l'Iran est très similaire et je garantis à toute personne qui voudra y consacrer du temps que plus elle fouillera, et plus elle trouvera de similarités. Et il n'est hélas pas très surprenant de constater au passage à quel point les médias s'alignent sur le pouvoir, anti-guerre du temps de Chirac, pro-guerre avec Sarkozy. Les journalistes ne sont pas des héros...
Note 3: Pour ceux qui veulent voir le Washington Post se livrer aux mêmes manipulations que le New York Times, c'est ici.
dimanche 2 mai 2010
L'audience du blogo explose mais...
L'audience du blogo a explosé ces deux derniers jours mais non, ça n'est pas une grande victoire pour la vérité et la justice. Pourquoi?
Je dois cette hausse très significative de l'audience au retour sur le devant de la scène de l'histoire d'adultère qu'on prête à Obama avec la jeune "Vera Baker" (relativement). J'avais en effet écrit pendant la campagne de 2008 que cette histoire, vraie ou pas (sachant que même si elle était vraie il est improbable qu'il y ait quoi que ce soit à reprocher à Obama mais nous sommes aux Etats-Unis...), allait planer au-dessus d'Obama pendant toute sa présidence. Pas étonnant que ça ressorte dix jours après qu'un responsable de Goldman Sachs ait déclaré que la guerre est désormais totale avec la maison blanche ("all-out war").
Alors le blogo est-il une référence sur Vera Baker? Non. Je ne donnais pas d'information extraordinaire mais j'avais mis trois photos. Et l'une d'entre elle sort aujourd'hui dans les dix premiers résultats si on tape "Vera Baker" dans google image dans le monde entier. Et boum, un click sur le blogo. Et le monde, c'est grand. Sans compter que c'est la première photo de cette série ce qui veut dire que quelqu'un de curieux et d'exhaustif va nécessairement cliquer dessus.
(cliquer pour agrandir la photo qui mène au blogo est la cinquième en partant de la gauche sur google US et je crois partout dans le monde car c'est le même agencement pour Google France)
J'ai donc maintenant un problème d'éthique car je déclarais en 2008 que si ce post qui colportait ces rumeurs apportait au Blogo une audience supérieure au trafic normal, je le supprimerais. Je me rends compte maintenant que le blogo aussi est corruptible car je crois que je vais laisser ce post et faire preuve ce faisant d'un cynisme digne du pire investment banker. Mais dites-vous bien, cher lecteur, que j'ai un plan et que cette compromission à court terme n'a pour but que de rétablir la paix et la justice dans la galaxie à long terme. Le plan est le suivant: tout le revenu "Google Ads" que je tirerai de ce surcroît d'audience sera réinvesti dans des tickets d'Euromillions (il pourrait s'agir de plusieurs euros). Une fois le gros lot gagné, je ferai une donation substantielle aux organismes compétents pour rétablir la paix et la justice dans la galaxie.
Cela s'appelle "click-whoring". Un peu comme si j'avais changé il y a quelques jours le sous-titre du blogo en "Chronique de Zahia Dehar-Govou-Ribery-Benzema". Il y a aussi eu un pic d'audience sur le blogo quand j'avais fait un post un vendredi soir avec "Madoff" alors que la news n'avait été traitée massivement en France que le lundi suivant. Les buzz words sont importants pour le référencement surtout quand un nom propre inhabituel est propulsé sur le devant de la scène . J'imagine qu'un post contenant "Tourre" et "Goldman" aurait pu attirer de l'audience également dès que le nom de Fab Fab a été connu. Je pourrais avoir un encart sur le blog en permanence avec tout les buzz-words du moment. C'est un peu ce que constitue ce paragraphe. "Click-whoring" disions-nous...
Je dois cette hausse très significative de l'audience au retour sur le devant de la scène de l'histoire d'adultère qu'on prête à Obama avec la jeune "Vera Baker" (relativement). J'avais en effet écrit pendant la campagne de 2008 que cette histoire, vraie ou pas (sachant que même si elle était vraie il est improbable qu'il y ait quoi que ce soit à reprocher à Obama mais nous sommes aux Etats-Unis...), allait planer au-dessus d'Obama pendant toute sa présidence. Pas étonnant que ça ressorte dix jours après qu'un responsable de Goldman Sachs ait déclaré que la guerre est désormais totale avec la maison blanche ("all-out war").
Alors le blogo est-il une référence sur Vera Baker? Non. Je ne donnais pas d'information extraordinaire mais j'avais mis trois photos. Et l'une d'entre elle sort aujourd'hui dans les dix premiers résultats si on tape "Vera Baker" dans google image dans le monde entier. Et boum, un click sur le blogo. Et le monde, c'est grand. Sans compter que c'est la première photo de cette série ce qui veut dire que quelqu'un de curieux et d'exhaustif va nécessairement cliquer dessus.
(cliquer pour agrandir la photo qui mène au blogo est la cinquième en partant de la gauche sur google US et je crois partout dans le monde car c'est le même agencement pour Google France)J'ai donc maintenant un problème d'éthique car je déclarais en 2008 que si ce post qui colportait ces rumeurs apportait au Blogo une audience supérieure au trafic normal, je le supprimerais. Je me rends compte maintenant que le blogo aussi est corruptible car je crois que je vais laisser ce post et faire preuve ce faisant d'un cynisme digne du pire investment banker. Mais dites-vous bien, cher lecteur, que j'ai un plan et que cette compromission à court terme n'a pour but que de rétablir la paix et la justice dans la galaxie à long terme. Le plan est le suivant: tout le revenu "Google Ads" que je tirerai de ce surcroît d'audience sera réinvesti dans des tickets d'Euromillions (il pourrait s'agir de plusieurs euros). Une fois le gros lot gagné, je ferai une donation substantielle aux organismes compétents pour rétablir la paix et la justice dans la galaxie.
Cela s'appelle "click-whoring". Un peu comme si j'avais changé il y a quelques jours le sous-titre du blogo en "Chronique de Zahia Dehar-Govou-Ribery-Benzema". Il y a aussi eu un pic d'audience sur le blogo quand j'avais fait un post un vendredi soir avec "Madoff" alors que la news n'avait été traitée massivement en France que le lundi suivant. Les buzz words sont importants pour le référencement surtout quand un nom propre inhabituel est propulsé sur le devant de la scène . J'imagine qu'un post contenant "Tourre" et "Goldman" aurait pu attirer de l'audience également dès que le nom de Fab Fab a été connu. Je pourrais avoir un encart sur le blog en permanence avec tout les buzz-words du moment. C'est un peu ce que constitue ce paragraphe. "Click-whoring" disions-nous...
vendredi 30 avril 2010
El Blogo au pouvoir!
Michel Barnier se réveille et appelle à la création d'une agence de rating européenne.
Je vous invite donc à relire ce post du blogo de janvier 2009.
Extraits:
Les marchés restent suspendus à leur avis [celui des agences de notations] en matière de dette souveraine. Ainsi, ce sont les agences de notation qui vont pouvoir déterminer quel pays mérite ou non d'être downgradé, quelle monnaie mérite ou non de plonger. Elles pourront aussi en décider le moment. Ce pouvoir serait déjà inquiétant s'il était exercé par des institutions honnêtes et indépendantes mais là, vu leurs antécédents, c'est tout simplement terrifiant.
...
Faut-il d'urgence créer une agence européenne capable de noter les Etats et les grandes entreprises? (pour la dette structurée, on va dire que ça n'est pas prioritaire!) Pas crédible me direz-vous? Mais Moody's et S&P ne sont pas plus crédibles dans le contexte actuel. Il faut contrer le bruit par le bruit. Cela aurait aussi la vertu de poser le problème de la légitimité politique de ces agences. Arrêtons de croire au mythe de l'impartialité et du jugement objectif. La crise l'a complètement démonté. Il faut torpiller ces institutions. Les américains ne le feront pas d'eux-mêmes car ce sont des instruments de puissance.
Il est clair qu'il aurait été plus intelligent (et surtout plus efficace) d'avoir un coup d'avance à la matière. Mais les américains étaient nos amis, non? On n'allait pas les brusquer en leur imputant de mauvaises intentions! "Oh bah non alors!" (Coluche)
Le Blogo avait raison sur la création d'une agence européenne mais surtout sur le diagnostic du caractère "adversarial" que notre relation avec les américains allait nécessairement finir par prendre. Comme je l'ai répété maintes et maintes fois: ce ne sont pas nos amis. Ils nous ont d'abord vendu (et au monde entier) des produits frauduleux et maintenant ils veulent se sortir de la crise en usant de leur influence basée sur leur privilège monétaire. Première cible (trop facile malheureusement): l'Euro.
Note: Mais évidemment ne vous en faites pas, le vrai danger, c'est la burqa! Et là, on prend des mesures ma bonne dame!
Je vous invite donc à relire ce post du blogo de janvier 2009.
Extraits:
Les marchés restent suspendus à leur avis [celui des agences de notations] en matière de dette souveraine. Ainsi, ce sont les agences de notation qui vont pouvoir déterminer quel pays mérite ou non d'être downgradé, quelle monnaie mérite ou non de plonger. Elles pourront aussi en décider le moment. Ce pouvoir serait déjà inquiétant s'il était exercé par des institutions honnêtes et indépendantes mais là, vu leurs antécédents, c'est tout simplement terrifiant.
...
Faut-il d'urgence créer une agence européenne capable de noter les Etats et les grandes entreprises? (pour la dette structurée, on va dire que ça n'est pas prioritaire!) Pas crédible me direz-vous? Mais Moody's et S&P ne sont pas plus crédibles dans le contexte actuel. Il faut contrer le bruit par le bruit. Cela aurait aussi la vertu de poser le problème de la légitimité politique de ces agences. Arrêtons de croire au mythe de l'impartialité et du jugement objectif. La crise l'a complètement démonté. Il faut torpiller ces institutions. Les américains ne le feront pas d'eux-mêmes car ce sont des instruments de puissance.
Il est clair qu'il aurait été plus intelligent (et surtout plus efficace) d'avoir un coup d'avance à la matière. Mais les américains étaient nos amis, non? On n'allait pas les brusquer en leur imputant de mauvaises intentions! "Oh bah non alors!" (Coluche)
Le Blogo avait raison sur la création d'une agence européenne mais surtout sur le diagnostic du caractère "adversarial" que notre relation avec les américains allait nécessairement finir par prendre. Comme je l'ai répété maintes et maintes fois: ce ne sont pas nos amis. Ils nous ont d'abord vendu (et au monde entier) des produits frauduleux et maintenant ils veulent se sortir de la crise en usant de leur influence basée sur leur privilège monétaire. Première cible (trop facile malheureusement): l'Euro.
Note: Mais évidemment ne vous en faites pas, le vrai danger, c'est la burqa! Et là, on prend des mesures ma bonne dame!
Le moteur de recherche du blogo
Absolument pathétique: le moteur de recherche du blogo ne fonctionne pas. Essayez "Friday" et tous les "Friday Plane Blogging" devraient en théorie apparaître. Il n'y en a en gros qu'un sur quatre.
Alors évidemment, le service est gratuit donc on ne peut pas vraiment se plaindre. En gros, sur Blogger (le service de blog de Google que j'utilise), on en a pour son argent: pas grand chose.
Alors évidemment, le service est gratuit donc on ne peut pas vraiment se plaindre. En gros, sur Blogger (le service de blog de Google que j'utilise), on en a pour son argent: pas grand chose.
jeudi 29 avril 2010
Toujours marrant...
Barney Frank (responsable des institutions financière à la chambre des représentants) en 2005, "pas de bulle" (via ZH):
Lloyd
| The Colbert Report | Mon - Thurs 11:30pm / 10:30c | |||
| The Real Lloyd Blankfein | ||||
| www.colbertnation.com | ||||
| ||||
mercredi 28 avril 2010
Deux posts d'Atrios...
Qui parleront aux gens qui ont travaillé dans les produits structurés, les "skimmers" que dénoncent atrios. Je suggère de suivre le lien du premier post:
Fab Fab's Fee Fees
Some skimmers provide the illusion of expertise, but it's just a scam.
Fab Fab's Fee Fees
Some skimmers provide the illusion of expertise, but it's just a scam.
-Atrios 14:37
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The Skimmer Economy
Some day I hope more people realize that large segments of our economy don't actually do anything (health insurance, much of finance/real estate), they simply position themselves in the middle of transactions and take their cut. That isn't to say there are no transactions which legitimately require skilled middlemen, or that there is no legitimate function for the finance and banking industries, but to a great degree the skimmers just don't do anything productive at all. Except take our money.
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The Skimmer Economy
Some day I hope more people realize that large segments of our economy don't actually do anything (health insurance, much of finance/real estate), they simply position themselves in the middle of transactions and take their cut. That isn't to say there are no transactions which legitimately require skilled middlemen, or that there is no legitimate function for the finance and banking industries, but to a great degree the skimmers just don't do anything productive at all. Except take our money.
Tout va péter!
Tout le Blogo est résumé dans le titre du post. Il faut bien dire que ça fait longtemps que ce blog ne démord pas de ses prévisions apocalyptiques (le blogo, "long or et short actions" depuis août 2007!). Il semble pourtant que finalement tout cela prenne tournure. La Grèce aujourd'hui est un peu à la crise monétaire généralisée qui se profile ce que les deux hedge funds de Bear Stearns qui ont explosé en juin 2007 étaient à la crise du crédit: un signe annonciateur.
Alors Bis Repetita? Pas exactement. Cette fois-ci, il n'y a plus de "joker" qui permette de faire croire pendant quelques mois/années à la possibilité de continuer à vivre dans le monde des bisounours. Non cette fois-ci, c'est l'occident qui va être sur la sellette avec finalement la remise en cause de notre organisation américano-centrée, de notre domination sans partage, de nos systèmes sociaux et un effondrement probable de la structure impériale (armée US essentiellement) qui ne tient debout que par la grâce du roi dollar (qui est nu, bien évidemment).
Cette fois-ci, c'est donc comme l'effondrement de Lehman mais sans le parachute. Plus d'autorité "supérieure" (en théorie...) vers laquelle se tourner pour lui refiler la patate chaude de la banqueroute en la différant un peu. Boum. Pas étonnant que l'or soit au plus haut en euros et pas tellement loin en dollars. Les banquiers arriveront-ils à s'assurer une dernière année de bonus? Ils ont bien réussi ce tour de force en 2009 mais rien n'est moins sûr pour 2010.
L'infection de la dette pourrie est donc en train d'emporter tout sur son passage. Oh bien sûr, elle aurait pu être arrêtée en 2001 avec une vraie récession alors qu'elle ne touchait encore qu'un orteil. Elle n'en était qu'à ses balbutiements. Mais il y a eu le 11 septembre, la FED a soutenu l'effort de guerre (et la BCE aussi, il faut bien l'admettre). Et au lieu de soigner la plaie, nous l'avons laissée puruler en nous gavant d'antidouleurs. Quand toute la jambe a été infectée en octobre 2008, nos médecins moyenâgeux ont décidé de calmer l'infection en la diffusant dans le corps en entier. Plutôt que d'amputer la jambe financière malade et de s'acheter des béquilles, on a préféré répartir l'infection dans tout le corps en préservant la jambe. L'infection de la dette pourrie se répartissant, pendant un temps, tout semblait aller mieux et la jambe pourrie a même paru redevenir fonctionnelle (à l'oeil non exercé et avec la complicité des médias dont le rôle essentiel est de battre le tambour dans la galère, pas de faire se demander aux galériens pour quoi ou pour qui ils rament). Ceux qui parlaient d'amputation sont alors passés pour des imbéciles.
Maintenant, c'est la septicémie, la maladie de la sphère financière s'est diffusée dans tout le corps, plus rien ne peut l'arrêter. Nous sommes sur le point de payer le prix d'abandon des rênes du pouvoir à des banquiers véreux (Wawa). On peut bien sûr les blâmer et ils le méritent. Ils n'ont pu faire cependant que ce qu'une population abrutie et incapable d'exiger l'application de règles démocratiques de base les a laissé faire. Espérons que cette-fois, c'est la dernière fois.
Note: Bien sûr, après le bailout il reste toujours une porte de sortie à la structure de pouvoir: la guerre. C'est la dernière carte à jouer. A l'origine de nos problèmes, celle-ci va très vite apparaître comme une solution aux docteurs folamours qui nous dirigent.
Alors Bis Repetita? Pas exactement. Cette fois-ci, il n'y a plus de "joker" qui permette de faire croire pendant quelques mois/années à la possibilité de continuer à vivre dans le monde des bisounours. Non cette fois-ci, c'est l'occident qui va être sur la sellette avec finalement la remise en cause de notre organisation américano-centrée, de notre domination sans partage, de nos systèmes sociaux et un effondrement probable de la structure impériale (armée US essentiellement) qui ne tient debout que par la grâce du roi dollar (qui est nu, bien évidemment).
Cette fois-ci, c'est donc comme l'effondrement de Lehman mais sans le parachute. Plus d'autorité "supérieure" (en théorie...) vers laquelle se tourner pour lui refiler la patate chaude de la banqueroute en la différant un peu. Boum. Pas étonnant que l'or soit au plus haut en euros et pas tellement loin en dollars. Les banquiers arriveront-ils à s'assurer une dernière année de bonus? Ils ont bien réussi ce tour de force en 2009 mais rien n'est moins sûr pour 2010.
L'infection de la dette pourrie est donc en train d'emporter tout sur son passage. Oh bien sûr, elle aurait pu être arrêtée en 2001 avec une vraie récession alors qu'elle ne touchait encore qu'un orteil. Elle n'en était qu'à ses balbutiements. Mais il y a eu le 11 septembre, la FED a soutenu l'effort de guerre (et la BCE aussi, il faut bien l'admettre). Et au lieu de soigner la plaie, nous l'avons laissée puruler en nous gavant d'antidouleurs. Quand toute la jambe a été infectée en octobre 2008, nos médecins moyenâgeux ont décidé de calmer l'infection en la diffusant dans le corps en entier. Plutôt que d'amputer la jambe financière malade et de s'acheter des béquilles, on a préféré répartir l'infection dans tout le corps en préservant la jambe. L'infection de la dette pourrie se répartissant, pendant un temps, tout semblait aller mieux et la jambe pourrie a même paru redevenir fonctionnelle (à l'oeil non exercé et avec la complicité des médias dont le rôle essentiel est de battre le tambour dans la galère, pas de faire se demander aux galériens pour quoi ou pour qui ils rament). Ceux qui parlaient d'amputation sont alors passés pour des imbéciles.
Maintenant, c'est la septicémie, la maladie de la sphère financière s'est diffusée dans tout le corps, plus rien ne peut l'arrêter. Nous sommes sur le point de payer le prix d'abandon des rênes du pouvoir à des banquiers véreux (Wawa). On peut bien sûr les blâmer et ils le méritent. Ils n'ont pu faire cependant que ce qu'une population abrutie et incapable d'exiger l'application de règles démocratiques de base les a laissé faire. Espérons que cette-fois, c'est la dernière fois.
Note: Bien sûr, après le bailout il reste toujours une porte de sortie à la structure de pouvoir: la guerre. C'est la dernière carte à jouer. A l'origine de nos problèmes, celle-ci va très vite apparaître comme une solution aux docteurs folamours qui nous dirigent.
dimanche 25 avril 2010
Food for thought
George Orwell via Mike Krieger via ZH:
In the end the Party would announce that two and two made five, and you would have to believe it. It was inevitable that they should make that claim sooner or later: the logic of their position demanded it. Not merely the validity of experience, but the very existence of external reality was tacitly denied by their philosophy. The heresy of heresies was common sense. And what was terrifying was not that they would kill you for thinking otherwise, but that they might be right. For, after all how do we know that two and two make four? Or that the force of gravity works? Or that the past is unchangeable? If both the past and the external world exist only in the mind, and if the mind itself is controllable – what then?
- Winston Smith in George Orwell’s 1984
In the end the Party would announce that two and two made five, and you would have to believe it. It was inevitable that they should make that claim sooner or later: the logic of their position demanded it. Not merely the validity of experience, but the very existence of external reality was tacitly denied by their philosophy. The heresy of heresies was common sense. And what was terrifying was not that they would kill you for thinking otherwise, but that they might be right. For, after all how do we know that two and two make four? Or that the force of gravity works? Or that the past is unchangeable? If both the past and the external world exist only in the mind, and if the mind itself is controllable – what then?
- Winston Smith in George Orwell’s 1984
S&P 500, toujours -30% par rapport aux plus hauts
Toby O'Conner de Goldscents, via ZH.Le S&P 500 depuis les plus hauts:
(Cliquer pour agrandir)
Ce deuxième graphe illustre les variations du S&P 500 depuis plus de 10 ans en fonction des différentes bulles. Il identifie la dernière bulle comme une « currency bubble » ce qui est un choix éditorial de leur part. Tout le monde sait que tant qu’une bulle n’a pas explosée, elle n’existe pas…
(Cliquer pour agrandir)
(Cliquer pour agrandir)Ce deuxième graphe illustre les variations du S&P 500 depuis plus de 10 ans en fonction des différentes bulles. Il identifie la dernière bulle comme une « currency bubble » ce qui est un choix éditorial de leur part. Tout le monde sait que tant qu’une bulle n’a pas explosée, elle n’existe pas…
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