vendredi 15 avril 2011

A brief history of the housing bubble

Michael Bury at Vanderbilt University. Il récapitule l'histoire du subprime. Et dit ça (via ZH):

"I am worried about a future of a nation that refuses to acknowledge the true causes for the crisis. A historic opportunity was lost. America has instead chosen its poison as its cure... Today I expect the US government to attempt to continue easy money policies into the next presidential term, past the foreclosure crisis, and past the corporate and public refinancing humps that are forthcoming. Junk bonds incredibly are again at all time highs. Quantitative Easing seems to be working for now. Buit this is an invalid validation of what America is doing. This is in fact a Pyrrhic gamble. As we continue to debase our currency, Bernanke says he is not printing money, again I disagree. As it stands I get an email from the Fed saying we bought another X billion in Treasurys. I don't know - that's pretty clear to me. In fact this program QE2 its scope and breadth raises the severe question of the Treasury's needs. The government's borrowing of money for the purposes of injecting cash into society, bailing out banks, brokers and consumers, is a short-sighted easy decoision for a population that has not yet learned that short-sighted, easy strategies are the route to long-term ruin. We never quite achieved the catharsis necessary to stoke the reevaluation of our wants, need, and feers. Importantly, the toxic twins: fiat currency and an activist Fed remain firmly entrenched, even more so with the financial reforms last year."

Fukushima et la crise financière

Il se passe la même chose d'un point de vue médiatique. Quand ça commence à devenir trop angoissant, nos médias décident qu'il vaut mieux regarder ailleurs. Et tout de suite, abracadabra: ça va mieux!

Et pour ceux qui ont encore le courage de se demander ce qui peut bien se passer à Fukushima, la lecture de Zero Hedge s'impose.

Note: et pour mémoire ce commentaire trouvé sur ZH
by NOPOMO
on Thu, 04/14/2011 - 12:13
#1169043

If you don't like the data....just throw it away. Banks do it, Governments doing it, we are all doing it....extend and pretend on steroids.

Dual justice system

"One for ordinary people and then one for people with money and enormous wealth and power."

Je ne sais pas comment les gens font pour s'accomoder de ça.

Dans la série "War, what is it good for?"

Cet article du Boston Globe détaille pourquoi les cris d'orfraie poussés par nos B52s déguisés en colombes sur les massacres "prévisibles" en Libye étaient une arnaque. Je cherche depuis le début des voix françaises qui s'opposent à cette guerre injustifiable et pour l'instant, je n'ai trouvé que... Dieudonné (j'en ai trouvé un autre: Rony Brauman). C'est un véritable scandale.

Tout cela rappelle bien sûr le comportement des élites américaines suite à la guerre en Irak: une fois que les commentateurs, dans un bel ensemble, ont soutenu une intervention, ils ont partie liée avec le pouvoir et il est très douloureux pour leur précieux amour propre de revenir en arrière (surtout après les rodomontades et le "rush psychologique" nécessaires au déclenchement d'aventures martiales de ce type).

Personne n'est donc responsable de ce fiasco. Personne n'examine les raisons, avouées ou inavouées, qui nous y ont conduit. Et la France et ses élites de goûter enfin à la transe guerrière dont Chirac les avaient privé en 2003 (un peu seulement - on n'a pas assez d'avions pour une vraie bonne guerre!). Avec bien sûr aucun recul ni aucune analyse sur les dysfonctionnements au plus haut niveau qui ont pu causer cette catastrophe.

Car ils sont nombreux aujourd'hui à prédire une catastrophe humanitaire en Libye. Et que va-t-on faire sinon reproduire le schéma irakien d'asphyxie de la population pour affaiblir l'autocrate? Déja 500000 personnes déplacées (retour au pays d'immigrés travaillant en Libye). Qu'ont fait les libyens pour mériter ce traitement? Et nos petits égos d'occidentaux désormais tout investis dans notre erreur initiale, prêt à faire souffrir le martyr à des millions de personnes pour ne pas avoir à affronter notre imbécillité.

Enfin, face aux remous dans le monde arabe, beaucoup de "démocrates" occidentaux friands de "chocs de civilisations" ne sont pas mécontents qu'on ait rappelé aux Arabes qu'on pouvait toujours les réduire en miettes à tout instant et qu'on le ferait sans aucun état d'âme dès que l'occasion s'en présenterait. Quelle meilleure publicité pour la prolifération nucléaire?

Note: le blogo soutient l'intervention en Côte d'Ivoire. Alors, oui, c'est la première fois que j'en parle (sauf pour m'étonner qu'on intervienne en Libye et pas là-bas) et ça fait vraiment "vol au secours de la victoire" mais il fallait bien que le dise. J'aurais préféré que la France ne soit pas aux premières loges en raison de son statut d'ancienne puissance coloniale. Mais il y avait eu des élections et l'intervention visait à aider la prise de pouvoir d'un dirigeant "légal". A noter les liens curieux entre le PS et Gbagbo soulignés par Juppé. Etranges pour le non-initié.

(Note sur la note: Je ne me suis pas fait assez de crédit, j'expliquais dès le 18 mars que l'intervention en Côte d'Ivoire me semblait plus justifiable: "Et où est la validation démocratique de cette nouvelle guerre? Qui va la payer? Quels sont les standards définissant la mise en place de zone d'exclusion aérienne? Et la Côte d'Ivoire? Tout le monde s'en fout? Au moins, là, il y a eu des élections qui pouvaient fonder un argument juridique pour une intervention. Ce n'est pas seulement l'occident qui décide si tel ou tel a "une sale gueule" ou pas.")


Note 2: cette collusion née d'une complicité initiale entre le commentariat et les dirigeants existe également dans la crise financière. Nos systèmes politiques ne sont pas conçus pour faire face de manière efficace à la faillite des élites. Ils sont conçus pour les préserver quoi qu'il arrive.

Extrait de l'article du Boston Globe:

EVIDENCE IS now in that President Barack Obama grossly exaggerated the humanitarian threat to justify military action in Libya. The president claimed that intervention was necessary to prevent a “bloodbath’’ in Benghazi, Libya’s second-largest city and last rebel stronghold.

But Human Rights Watch has released data on Misurata, the next-biggest city in Libya and scene of protracted fighting, revealing that Moammar Khadafy is not deliberately massacring civilians but rather narrowly targeting the armed rebels who fight against his government.

Misurata’s population is roughly 400,000. In nearly two months of war, only 257 people — including combatants — have died there. Of the 949 wounded, only 22 — less than 3 percent — are women. If Khadafy were indiscriminately targeting civilians, women would comprise about half the casualties.

Greenwald sur l'immunité de la classe financière dans la crise

GG écrit un livre intitulé "Liberty and justice for some" et s'intéresse, entre autre, à la crise financière.

Au passage, il nous rappelle (via NYT) que si l'esclavage a bel et bien été aboli aux US, les affranchis ne sont pas exactement libres mais confrontés au système judiciaire le plus impitoyable de la planète.
"The United States has 5% of the world population. But it has almost a quarter of the world's prisoners."

Note: Les Etats-Unis comptent plus de prisonniers que la Chine en valeur absolue mais ne manquent jamais une occasion de faire la morale à cette dernière qui commence à se lasser (reprise de GG):

Reuters, yesterday:

The United States is beset by violence, racism and torture and has no authority to condemn other governments' human rights problems, China said on Sunday, countering U.S. criticism of Beijing's crackdown. . . . "The United States ignores its own severe human rights problems, ardently promoting its so-called 'human rights diplomacy', treating human rights as a political tool to vilify other countries and to advance its own strategic interests," said a passage from the Chinese report.

China also "accused the U.S. . . . of pushing for Internet freedom around the world as a way to undermine other nations, while noting that Washington's campaign against secret-spilling website WikiLeaks showed its own sensitivity to the free flow of information," and further "lambasted the U.S. over issues ranging from homelessness and violent crime to the influence of money on politics and the negative effects of its foreign policy on civilians." China’s human rights record is atrocious, but can anyone contest the validity of its objections to the U.S. and the Obama administration’s purporting to act as human rights arbiters for the world?

Friday Plane Blogging

jeudi 14 avril 2011

Operation "Iraqi Freedom". Ring a bell?

Non pas qu'il soit vraiment nécessaire d'illustrer plus encore l'hypocrisie américaine la plus flagrante des dix dernières années...

By SARA GHASEMILEE
Al Arabiya

Iraq has decided to officially ban street protests in the capital Baghdad and limited approved demonstrations sites to three soccer stadiums, a security official said on Wednesday, according to reports.

"We have specified Al-Shaab, Kashafa and Zawraa stadiums as permitted sites for demonstrations in Baghdad instead of Ferdus or Tahrir squares," the capital's security spokesman Major General Qassim Atta said at a news conference televised by state broadcaster Iraqiya TV.

The decision follows after regular demonstrations were held in Bagdad with thousands of people protesting against government corruption, poor basic services and unemployment.

mercredi 13 avril 2011

400 millions d'euros pour stabiliser la Côte d'Ivoire

C'est pas cher si on considère qu'il a fallu 285 millions d'euros pour "stabiliser" le seul Bernard Tapie.

La crise financière ou le Munich démocratique

La crise financière a été un munich démocratique. Le peuple, trompé par les médias et trahi par les politiques a envoyé le message suivant aux financiers: "nous vous donnerons ce que vous voudrez tant que vous nous laisserez regarder n'importe quoi sur nos écrans plats".

Les banquiers ont compris et vous pouvez être sûrs qu'ils ne vous laisseront que cela: vos écrans plats. Donc comme lors du Munich original, on peut répéter sans trop adapter: "Entre la crise et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous allez avoir la crise". Je parle ici d'une crise transformatrice et pas du jeux de "smoke and mirrors" que la corruption totale de nos dirigeants a permis de préserver jusqu'ici.

Some truth from the FED, at long last...

Evidemment Hoenig n'a plus rien à perdre et part en octobre. Il déclare donc ce que les vieux médias ne cessent de maquiller de manière honteuse: les grandes banques sont devenues de fait des entités publiques pour pouvoir survivre mais se comportent toujours comme des entités privées pour que leurs salariés puissent continuer à se payer des maisons dans les Hamptons. Une citation de Jean-Yves Lafesse s'impose: "Ca peut plus durer". Tic, tac...

La mise à sac du trésor public et la destruction des institutions démocratiques sont désormais terminées. La seule question est combien de temps cela peut-il rester dissimulé?

Et quand les masques tomberont, j'ai bien peur que les banquiers aient beaucoup moins de scrupules que les potentats africains finissants à faire tirer sur la foule.

mardi 12 avril 2011

Hier soir à JFK

L'A380 bouscule un avion de 30 tonnes, comme un jouet... Voilà pourquoi on demande aux passagers de garder leurs ceintures jusqu'à "l'arrêt complet de l'appareil".

mercredi 6 avril 2011

Bienvenue aux Etats-Unis, "Land of the Free, Home of the brave"

Orwell n'avait jamais paru manquer d'imagination. Jusqu'à aujourd'hui. L'accumulation d'informations sur nos vies dans nos appareils informatiques est massive. Et la tentation pour les Etats d'y accéder est énorme. Empêcher ce comportement beaucoup plus intrusif encore que les telescreens de 1984 est un des combats les plus importants dans la définition de la citoyenneté moderne.

Pour que personne ne se méprenne sur les intentions des Etats en cette matière (et leurs tendances naturellement liberticides en général) un jugement en appel aux Etats-Unis confirment le droit pour le gouvernement de saisir et d'examiner pour une durée indéterminée tous les équipements électroniques détenus par des voyageurs traversant la frontière américaine. Sans mandat et sans aucune justification. Bienvenue aux Etats-Unis.

Et la France, toujours en pointe en matière de flicage (cf hadopi), reste à la hauteur de sa réputation en obligeant les opérateurs internets à conserver des données de plus en plus longtemps sur leurs "clients" (tout en compromettant leurs mots de passe au passage pour faire bonne mesure).

mardi 5 avril 2011

Le spectre des massacres en Libye était une grossière exagération

C'est en tout cas ce que dit cet auteur de "Reason Magazine", repris dans le "Chicago Tribune". Et celui-là. L'idée de base étant que Kadhafi n'aurait pas massacré tout le monde à Benghazi vu qu'il n'avait pas massacré tout le monde dans les villes reprises jusqu'alors. Quand la presse française s'y collera-t-elle? Contester son propre gouvernement en tant de guerre... Anyone? Bande de couards!

De toute façon, ce critère pour le déclenchement d'hostilités (un génocide "possible") n'est évidemment pas acceptable pour tout citoyen qui se respecte. Comme si nos dirigeants avaient démontré ses dernières années qu'ils méritent qu'on lâche la laisse un tant soit peu en cette matière (désolé de troubler votre sommeil en vous rappelant que, oui, nous sommes censés les tenir en laisse et que ça s'appelle la démocratie). Tout cela fait furieusement penser au pre-crime de "Minority Report". Mais faut-il le rappeler à nos dirigeants: C'EST UN FILM!

lundi 4 avril 2011

Obama lance sa campagne de réélection

Il pense lever $1 milliard. A noter que pour sa réélection de 1996, Clinton avait levé $50 millions.(ZH)

L'occasion d'une minute de nostalgie en revisitant cet article de Matt Taibbi qui nous rappelle que tout s'est joué dans les tous premiers moments du mandat d'Obama (comme dûment chroniqué à l'époque sur le blogo). Suite à l'annonce du deal qui sauve Citigroup le 23 novembre 2008, Robert Reich déclare:

"If you had any doubts at all about the primacy of Wall Street over Main Street," former labor secretary Robert Reich declares when the bailout is announced, "your doubts should be laid to rest."

dimanche 3 avril 2011

Marrant

Wapo:

“The president does not have power under the Constitution to unilaterally authorize a military attack in a situation that does not involve stopping an actual or imminent threat to the nation

— Sen. Barack Obama, interview with the Boston Globe published Dec. 20, 2007



“The Constitution is clear: Except in response to an attack or the imminent threat of attack, only Congress may authorize war and the use of force.”

— Sen. Joe Biden, interview with the Boston Globe published Dec. 20, 2007

“I do not believe that the President can take military action — including any kind of strategic bombing — against Iran without congressional authorization.”

— Sen. Hillary Rodham Clinton, interview with the Boston Globe published Dec. 20, 2007

vendredi 1 avril 2011

jeudi 24 mars 2011

L'inflation est là

Via ZH:

Days of inflatiory rage come to the US: "Police say a San Antonio Taco Bell customer enraged that the seven burritos he ordered had gone up in price fired an air gun at an employee and later fired an assault rifle at officers before barricading himself into a hotel room. Brian Tillerson, a manager at the Taco Bell/KFC restaurant, told the San Antonio Express-News that the man was angry the Beefy Crunch Burrito had gone from 99 cents to $1.49 each."

lundi 21 mars 2011

Sarkozy + BHL = interventionnisme imbécile

A moins d'un coup de bol genre "silver bullet" qui liquide Kadhafi dans les prochaines heures, l'absence d'objectif clair, de stratégie et de cohérence entre les membres de cette coalition nous mène tout droit à la catastrophe (lire l'enlisement). Très ridicule. Et même la chute de Kadhafi n'exempterait pas les occidentaux de la nouvelle responsabilité coloniale qu'ils viennent de s'attribuer. Quelle légitimité pour des rebelles qui ne devraient leur pouvoir qu'à l'arsenal occidental?

Tony Karon nous explique ici que les bonnes intentions ne constituent pas une stratégie (il y a beaucoup à dire sur les bonnes intentions de toute façon cf le débat: pétrole en libye, double standard (pourquoi pas la Côte d'Ivoire, Bahrain ou le Yémen etc...)).