jeudi 23 octobre 2008

L'€ sous $1.29

Le $ a pris 25% face à l'€ en quelques mois. Dans un contexte où les investisseurs du monde entier viennent d'être trahis par les institutions financières américaines (agences de notations, régulateurs et ceux qui les payent mais plus généralement par la FED), c'est un peu surprenant.

La politique de création monétaire aux Etats-Unis continue sur un rythme effréné. Alors, certes, la BCE a entamé tout récemment une baisse des taux qui affaiblit mécaniquement l'euro mais la FED n'a cessé de signifier au marché dans la première année de la crise que son seul objectif (contrairement à ses statuts) est de maintenir autant que faire se peut le cours des actions. Depuis septembre 2007, les actions de la FED ont été dictées par les aléas des principaux indices boursiers (il n'y a qu'à en regarder le timing par rapport aux évolutions de la bourse pour s'en persuader: si vous shortiez les actions et que vous gagniez, vous deviez prendre en compte le fait qu'une action de la FED ne tarderait pas) beaucoup plus que par l'inflation, la croissance et l'emploi alors que ce sont ces données qui guident ses actions selon ses statuts. Si on se base sur la croissance de +2,8% du dernier "quarter", il n'y a aucune raison d'avoir baissé les taux si vite à 1.5% (wink wink...). L'inflation est élevée mais Bernanke a démontré plus d'une fois qu'une baisse 10% de la bourse l'inquiète beaucoup plus qu'une inflation à 10% (tant que cette dernière ne s'est pas matérialisée, les banquiers centraux aussi ont la mémoire courte). L'emploi, lui, a vraiment commencé une baisse substantielle mais le chiffre reste historiquement bas (en remontée rapide).

En gage de sa mauvaise foi, la FED a décidé en 2006 d'arrêter de publier la croissance de l'agrégat monétaire M3 (sans que le WSJ, le FT ou The Economist ne s'en émeuvent outre mesure). Il s'agit de l'agrégat monétaire le plus large donnant une idée de la quantité de dollars en circulation à l'échelle de la planète. Ca s'appelle casser le thermomètre.

On a d'un côté une FED qui se comporte comme un bandit en cavale (elle est responsable en grande partie des difficultés économiques mondiales) et une BCE qui joue les bons pères de famille. Résultat, les gens achètent des dollars et vendent des euros. Contre-intuitif, to say the least.

Le plus étonnant et que jusqu'à récemment, la crise avait de manière logique plutôt affaibli le dollar. La baisse des taux de la BCE (c'est plus qu'une baisse: c'est une inflexion de politique) a pu avoir un rôle mais la baisse de l'Euro a commencé avant qu'elle ne soit décidée et j'ai l'impression que la réaction a très largement overshooté ce simple effet.

Il semble finalement que le déclencheur principal de la hausse du dollar ait été la la baisse du pétrole (voir graphe plus bas). Il faudra regarder ce qui se produit quand celui là atteindra un plancher. En attendant, it's been quite a ride...

J'attends vos commentaires si vous avez des éclairages sur la question...

EUR/USD


BRENT


Seulement pour les FED ou BCE watchers, W. m'a envoyé ce graphe (merci W.). Cliquez dessus pour agrandir.

El Blogo, pouvez- vous étayer vos affirmations?

Le Blogo a beaucoup de faiblesses. L'une d'entre elles et que je considère comme admises un certain nombre d'affirmations sur les Etats-Unis qui doivent sembler un peu "fortes de café" à une partie des lecteurs. Cela doit même en irriter certains.
J'ai vécu cinq ans là-bas et durant cette période mes yeux n'ont cessé de s'écarquiller (oui, ils sont très écarquillés) devant les multiples dérèglements de la société américaine. La plupart du temps je ne les constatais pas en lisant les vieux médias (aka "corporate medias") mais en suivant des nouveaux médias qui proposaient parfois une lecture littéralement alternative de l'actualité (exemple: les corporate medias célébraient le discours de Powell à l'ONU comme une démonstration implacable alors que la blogosphère disait: il n'a rien, sa démonstration est nulle - l'histoire a tranché).

Le but d'El Blogo n'est pas de choquer mais de convaincre. Evidemment, il est difficile en deux semaines de tenter de faire partager une expérience de plusieurs années mais j'espère que par petites touches, la plupart de ces affirmations choquantes (les stats écos sont pipautées, les élections sont truquées, les politiciens sont corrompus (plus qu'ailleurs), l'information est scriptée etc...) se verront démontrées. Evidemment, la guerre en Irak et la crise économiques sont les deux faits les plus saillants qui devraient convaincre même le lecteur le plus rétif à ce genre de discours sur les Etats-Unis que l'heure est au moins à la vigilance et l'interrogation.

Aujourd'hui, je vous propose la lecture des entrées wikipédia relatives aux fraudes possibles et aux sondages sortie des urnes stupéfiants lors des élections de 2004. Désolé, c'est en anglais. Le fait que je publie ça (et les liens) sur El Blogo ne signifie pas que je considère toutes ces informations comme "vraies" ou parfaites. J'invite le lecteur au scepticisme qui est de mise sur internet, à évaluer la crédibilité des sources et à jauger la pertinence des discours.

Le problème c'est que ce scepticisme devrait être appliqué également à la lecture de nos journaux de référence (pour ceux qui ne l'ont pas encore abandonnée purement et simplement comme le suggère ce blogo). Ils ne sont pas des lieux d'information mais des lieux de pouvoir et le pouvoir, comme chacun sait, corrompt. Pour ceux qui veulent s'en persuader, vous pouvez relire les articles publiées par Judith "aluminium tube" Miller au NYT de septembre 2002 à mars 2003 (éventuellement après mars 2003 aussi mais je pense que cela devrait suffire).

Je voulais donc rappeler que les sondages sorties des urnes en 2004 avaient d'abord donné Kerry vainqueur avec une marge qui ne laissait supposément pas de place au doute et que beaucoup d'éléments laissent planer un doute sur l'intégrité des machines à voter américaines.

Pour ceux qui veulent approfondir sans se donner la peine d'une recherche google, vous avez quelques éléments ci-dessous:

Je vous propose de commencer par l'article "Circulez, y a rien à voir" du NYT le 12 novembre 2004 (je n'ai pas pu vérifier mais il semble qu'il était en première page).Le NYT dans son rôle du berger qui donne le tempo et définit l'acceptabilité ou non du discours (similaire au Monde en France). Vous noterez la quasi-absence de discussion sur le fond, juste un peu de "blogger bashing". La dernière édition de New York Magazine a un article qui décrit la famille actionnaire et la situation financière difficile du journal. Dans leur actionnariat, ils comptaient Morgan Stanley de 1996 jusqu'à récemment... To be fair, MS a eu beaucoup de difficultés avec la famille actionnaire. Ils ont détenu près de 8% à un certain point. Ca donne quand même une information pour ceux qui se demandent comment on arrive à une situtation où les contribuables payent les bonus des banquiers...


Ces deux articles sur les exit polls sont intéressants mais longs: ici et .

Puis un extrait de l'entrée wikipédia sur les élections de 2004 - les machines à voter:

Points of controversy

  • There is no individual federal agency with direct regulatory authority of the U.S. voting machine industry.[32] However the Election Assistance Commission has full regulatory authority over federal testing and certification processes, as well as an influential advisory role in certain voting industry matters.[33] Further oversight authority belongs to the Government Accountability Office, regularly investigating voting system related issues.[34]
  • The former president of Diebold Election Systems (Bob Urosevich) and the vice president of customer support at ES&S (Todd Urosevich)[35] are brothers.[36]
  • Walden O'Dell the former CEO of Diebold (the parent company of voting machine manufacturer Diebold Election Systems) was an active fundraiser for George W. Bush's re-election campaign and wrote in a fund-raising letter dated August 13, 2003, that he was committed "to helping Ohio deliver its electoral votes to the President."[37]
  • Republican Senator Chuck Hagel, who was on a short list of George W. Bush's vice-presidential candidates,[38][39] served as the chairman of ES&S in the early 1990s when it operated under the name American Information Systems Inc. (AIS).[40] ES&S voting machines tabulated 85 percent of the votes cast in Hagel’s 2002 and 1996 election races. In 2003 Hagel disclosed a financial stake in McCarthy Group Inc., the holding company of ES&S.[40]
  • Global Election Systems, which was purchased by Diebold Election Systems and developed the core technology behind the company's voting machines and voter registration system, employed five convicted felons as consultants and developers.[41]
  • Jeff Dean, a former Senior Vice-President of Global Election Systems when it was bought by Diebold, had previously been convicted of 23 counts of felony theft in the first degree. Bev Harris reports Dean was retained as a consultant by Diebold Election Systems,[42] though Diebold has disputed the consulting relationship.[41] Dean was convicted of theft via "alteration of records in the computerized accounting system" using a "high degree of sophistication" to evade detection over a period of 2 years.[42]
  • International election observers were barred from the polls in Ohio[43][44] by then Republican Ohio Secretary of State Ken Blackwell. Blackwell's office argues this was the correct interpretation of Ohio law.[44]
  • California Secretary of State Kevin Shelley decertified all Diebold Election Systems touch-screen voting machines due to computer-science reports released detailing design and security concerns.[45][46]
  • 30% of all U.S. votes cast in the 2004 election were cast on direct-recording electronic (DRE) voting machine, which do not print individual paper records of each vote.[47]
  • Numerous statistical analysis showed "discrepancy in the number of votes Bush received in counties that used the touch-screen machines and counties that used other types of voting equipment" as well as discrepancies with exit polls, favoring President George W. Bush.[48][49][50][51][52][53][54][55]

Pour finir, un extrait sur l'entrée wikipédia consacrée aux doutes sur les élections (différente de la précédente) qui s'intéresse aux exit polls:

Exit polling

The 2004 election brought new attention to the issue of exit polls[23], which are generally considered more reliable than pre-election opinion polls. Many[who?] pointed to widespread discrepancies between exit polls conducted during Election Day and the officially reported results. They pointed out that the official results were more favorable to Bush than were the polls, and that these discrepancies were more likely to arise in swing states.[24] They argue that the exit polls showing a Kerry victory were probably correct and that the official totals from the machines were wrong. Expert opinion was divided concerning what inferences should be drawn from the cited discrepancies.[25][26]

Mitofsky International, the company responsible for exit polling for the National Election Pool and its member news organizations, released a report detailing the 2004 election's exit polling.[27] At issue were the early release of some poll information, issues regarding correcting exit poll data using actual voter totals, and differences between exit polls and official results.

The NEP report stated that "the size of the average exit poll error ... was higher in 2004 than in previous years for which we have data." It concluded that these discrepancies between the exit polls and the official results were "most likely due to Kerry voters participating in the exit polls at a higher rate than Bush voters". Polling expert John Zogby later called this explanation "preposterous".[28]

A study performed by the Caltech / MIT Voting Technology Project concluded that "there is no evidence, based on exit polls, that electronic voting machines were used to steal the 2004 election for President Bush."[29] This study was criticized for using data that had been corrected to match the official count, and thus "essentially analyzing rounding error".[30] On December 5, 2004 Charles Stewart III of MIT released a revised report which, he said, used pre-corrected data.[31]

On December 7, 2004, Warren Mitofsky, who had overseen the exit polling, stated that the pre-corrected data were proprietary and would not be released.[32]

One paper concluded that discrepancies in the exit polls were evidence that the election results were off,[33] though others alleged this paper was unscientific.[34] [35]

mercredi 22 octobre 2008

Colonisation 2.0

Ca devrait bientôt se terminer mais les Etats-Unis ont vraiment commencé ce siècle de manière désastreuse: guerre d'agression puis colonisation d'un pays qui ne les avait pas provoqué avec à la clé des centaines de milliers de morts. Attaque justifiée par une campagne de propagande dont le ressort essentiel était un amalgame raciste: les criminels du 11 septembre étaient arabes/musulmans, les irakiens sont arabes/musulmans donc les envahir puis les coloniser est légitime. L'administration Bush l'a vendue comme une action de représailles. Voir ci-dessous un des "penseurs" du NYT sur la question, Thomas Friedman (pulitzer prize winner, multi best seller author, censé être un "libéral" au sens américain): (en vidéo voir après 2 minutes et quarante secondes - on est très loin des idéaux de la "Greatest Generation", celle qui a gagné WW2)

Evidemment, les américains n'ont trompé personne mais quand même, quel effroyable début de siècle. Ils pouvaient difficilement faire pire. Ah si. Ils pouvaient être en plus à l'origine de la crise économique la plus grave depuis 1929.

Joe Biden sur les robocalls



Addendum: Z me demande dans les commentaires ce qu'est un robocall. Il faut suivre ce lien.

Le Monde, le NYT ou l'extinction des dinosaures

J'ai quitté la France en 2002 avec une dent contre notre journal de référence: Le Monde (que je ne lis plus). JM Colombani avait été un tel soutien à la jospinie, tellement obséquieux sur les 35 heures et les emplois jeunes. Entre autre fait d'arme, l'autre abruti qui se la joue "new media" sur mediapart (que je ne lis pas) avait notamment désamorcé la "bombe" "Jospin est troskyste" avant l'été 2001 dans un pas de deux avec Matignon pour que cela ne soit plus un enjeu de campagne pour les présidentielles.
(Here's to you, Edwy: l'intérêt de l'internet est de cesser de se voir infliger ces danses dégradantes entre nos dirigeants et nos informants. Nous n'avons plus besoin des intrigants pathétiques de ton espèce. Alors tu peux bien frimer avec ton URL (un site payant? On devrait payer pour s'infliger ton discours biaisé? meme le NYT (que je ne lis plus) y a renoncé...) mais ton mode de pensée et ta façon d'opérer sont morts.)
Je n'avais jamais vu un organe de presse se vautrer dans une telle promiscuité avec le pouvoir. C'était avant que je ne me familiarise avec le NYT (que je ne lis plus) - dont acte.

Bon. Toujours est-il que je me pointe chez des amis et qu'on me dit que Le Monde voit Obama à 3 points du vieux. Alors je me lance dans une diatribe: "Tu sais mon ami, j'ai un blogo sur la politique américaine donc je t'explique la vie et ce que dit Le Monde ne casse pas trois pattes à un canard". Mais c'est "le journal de référence" alors je suis quand même un peu troublé. Je rentre chez moi ce soir et je vois ça. Mais il y a aussi ça. Et ça.

Et puis finalement, le site de Gallup... Pourquoi le monde a-t-il deux jours de retard? Pourquoi n'expliquent-ils pas que la notion de "likely voters" n'a jamais été aussi difficile à définir que pour cette élection où énormément de nouveaux électeurs sont inscrits? Pourquoi ne font-ils pas une moyenne des sondages connus? Par quel miracle le meme chiffre gallup deux jours après donne Obama à 51 contre 44? (c'est le dernier chiffre de Gallup by the way, toujours en "likely voters" - pourquoi un écart plus grand de 4 points en 2 jours sans évènement majeur?)

Non alors vraiment, si vous voulez être informés sur les élections américaines, lisez El Blogo et pas Le Monde. Ils pourraient au moins faire état du fait que leurs chiffres (qui ont déjà été actualisés deux fois depuis) sont infirmés par d'autres sondages.

D'ailleurs, quel que soit le sujet, ne lisez pas Le Monde. Nous sommes en 2008. Il existe désormais des moyens moins douteux de s'informer.

Ne lisez pas non plus "The Economist" (que je ne lis plus), mais ça, vous le saviez déjà. Quant à Mediapart, pas la peine que je vous fasse un dessin... El Blogo est d'ailleurs dorénavant interdit aux abonnés payants de Mediapart. Voilà, c'est dit. Le moment est venu de tirer un trait sur nos "journaux de référence" (sauf si vous voulez continuer à payer le bonus de vos banquiers avec vos impôts - more on this later). It's a brave new world ahead of us!

Addendum: Suite à un commentaire de Z qui me dit qu'il a lu que Reagan et Kerry avaient fait mentir des écarts similaires, j'ai trouvé un petit graphe qui semble le mettre en doute. Je n'y vois pas une preuve définitive (il ne s'agit que d'un seul institut à une date donnée et de toute façon je prends les sondages avec des pincettes en règle générale). Si tu prends sur le dernier mois de campagne, l'écart le plus large entre les candidats précédents et l'écart le moins large entre McCain et Obama, tu peux peut-être trouver une instance, dans un institut, où la différence semble la même. Tu t'attends juste à ce qu'un journal de référence pour des millions de personnes ne fassent pas ça. La conséquence de chiffres douteux est un discours douteux. La réalité, c'est que l'avance d'Obama est majeure et lui garantit quasiment l'élection (sauf fraude) et on pourrait compter sur Le Monde pour au moins rendre compte de cette réalité. Il y a les sondages mais il y a aussi plein d'"annecdotal evidence": le monde au meeting, l'argent record levé par Obama, le trafic des sites internets respectifs des candidats... Il y a aussi les sondages d'environnement commes les "favorability ratings" des 4 candidats qui sont assassins pour les républicains.
Je trouve qu'on ne rend pas assez compte depuis le début de cette élection en France de l'exaspération des américains envers les républicains. On considère toujours que c'est une n-ième resucée du même match de box mais cette fois-ci, à force d'être violentés par des élites sans scrupule, les américains semblent sur le point d'envoyer le premier signal fort du fait qu'ils souhaitent reprendre les choses en main. More power to them. Présenter cette élection comme un match serré, c'est passer complètement à côté de sa signification qui est une répudiation des républicains après 8 ans de bushisme.

mardi 21 octobre 2008

Message personnel

Je profite du fait que le blogo n'a pas encore des millions de lecteurs sur toute la planète pour passer un petit message personnel:

Bon anniversaire, Papy G!


Il se reconnaîtra...

Et un meeting de McCain, ça ressemble à quoi?


Vous allez me dire que c'est unfair et vous aurez raison.
Il n'en reste pas moins qu'Obama a fait 100000 à St Louis (record), 75000 à Kansas City et McCain 6000 à Belton, dans la banlieue de Kansas City. C'est un peu la différence entre Madonna et Annie Cordy.

Les démocrates n'en finissent pas de tendre l'autre joue

Les républicains, une fois de plus, se livrent à des attaques extrêmement virulentes contre les démocrates. Non content d'associer Obama au terrorisme et d'insister sur sa différence sur le mode "who is REALLY Barack Obama?", les républicains ont commencé une campagne de "Robocalls" qui sont des coups de fil automatiques passés aux américains avec un discours extrêmement agressif et mensonger.

Le discours est similaire à ce qu'on avait appelé le "swiftboating" de John Kerry, référence à ces bateaux de l'US Army qui remontaient les rivières durant la guerre du Vietnam. Kerry commandait une de ces embarcations et en dépit des récompenses qu'il avait gagnées, des anciens de son unité avaient participé à des publicités républicaines (sous un faux-nez) dénonçant son comportement à l'époque. Certains ont attribué la défaite de Kerry à ces tactiques. Et tout cela alors même que ces lâches de Bush et Cheney avaient usé de ruses et/ou de leurs relations pour échapper au Vietnam! Cheney a même déclaré qu'il avait "better things to do at the time".

Les républicains choisissent un axe d'attaque (peu importe le peu de substance de l'accusation ou la mauvaise foi - cette fois-ci ce sont les liens entre Obama et le "terroriste" Bill Ayers) et le serinent de manière compulsive jusqu'à ce que l'opposant démocrate soit associé à ces attaques de manière immédiate dans l'esprit de la population. On appelle ça le "Karl Rove playbook" et cela domine la politique américaine (sous cette forme) depuis G. W. Bush. McCain en a lui même fait les frais en 2000 contre Bush, il a d'ailleurs appelé la société qui avait fait les robocalls de Bush contre lui en 2000 pour attaquer Obama. Il avait appelé à l'époque les robocalls de Bush des "Hate Calls".

Ce qui est choquant, c'est que cette arme semble être le privilège exclusif des républicains. Les démocrates semblent hésiter à s'autoriser ces pratiques. Ils ne savent pas y réagir et ils savent encore moins utiliser ce genre d'arme contre les républicains. Alors ils encaissent. Alors ils perdent, et perdent, et perdent. C'est à se demander si les gens ne votent pas pour les républicains car la seule chose qu'ils retirent de la campagne est que les républicains sont forts et que les démocrates sont faibles. Pendant toute l'ère Bush, les démocrates se sont excusés et n'ont jamais vraiment porté le fer comme les multiples crimes de W auraient pu les y autoriser. Alors aujourd'hui les électeurs finissent par apprendre et risquent cette fois de ne pas se faire avoir mais j'enrage de voir les démocrates continuer à tendre l'autre joue.

Il s'agit de politique et ce qu'il faut c'est gagner. Si la mauvaise foi et la violence sont récompensées dans la culture politique américaine, on est bien obligé de s'y résoudre ou alors il faut faire autre chose. Je n'aime pas parler de l'ethnicité d'Obama car j'ai l'impression qu'on la surpondère dans l'explication de son existence politique. Je pense cependant que cela explique la (presque) passivité de la campagne Obama en cette matière: il ne peut pas "inquiéter" la majorité blanche avec un discours trop négatif sur un vieil homme blanc, héro de guerre. Et ce en dépit du déluge d'attaques dont il fait l'objet. Il semble néanmoins que le vent soit en train de tourner et que cette fois la "slime machine" républicaine ne gagne pas la partie. 60% des américains considèrent les attaques contre Obama "off limits" aujourd'hui. Espérons que cela dissuadera les républicains de faire appel à ce genre de tactiques à l'avenir et que les américains mettent ça un peu derrière eux. Un signe des temps et ce sénateur républicain du Maine dont le siège est en jeu et qui demande à la campagne McCain de cesser ces attaques sur son territoire de peur du backlash. Toujours est-il que cette passivité des démocrates et cette manière qu'ils ont de réajuster leur costume alors qu'ils sont sous le feu nourri des tomates républicaines est sur le principe exaspérant.

La bigger picture:
L'impuissance démocrate va cependant plus loin et on peut littéralement parler de collusion avec les républicains sur beaucoup de sujet (guerre en Irak, Fannie et Freddie, régulation des banques, financement de campagne etc...). La faiblesse démocrate a souvent autorisé le status quo. En 2004, on ne pouvait pas attaquer le "commander in chief during wartime". En 2006, Pelosi déclare que l'impeachment de Bush n'est pas "on the table" alors que la côte de popularité de Bush est au plus bas et que ses mensonges ont tué des centaines de milliers de personnes (Bill Clinton a été impeached alors que sa côte de popularité était au plus haut et que ses mensonges étaient sans conséquence). Alors que les démocrates sont majoritaires au congrès depuis 2006, Bush n'a cessé de remporter victoire sur victoire notamment et de manière inouïe sur la guerre en Irak (les démocrates ont laissé faire la "surge" de Bush alors que celui-ci atteignait un plancher en terme de popularité et que la population rejetait massivement la guerre). Après des résultats d'élections contestés dans certains états en 2004 (comme l'Ohio), les démocrates majoritaires n'ont même pas réussi à améliorer la situation en rendant le vote plus transparent pour 2008 (suppression des machines diebold à la sécurité déficiente etc...). L'amérique de Bush n'a été possible que grâce à la complicité passive des démocrates qui n'ont jamais "put up a real fight" contre W.

C'est pour ça qu'une victoire éventuelle d'Obama n'est qu'une bataille dans la reconquète de leur démocratie par les américains. Ca n'est certainement la fin de la guerre.

Dernière chose car j'ai déjà eu l'expérience de nombreux froncements de sourcils sur cette question: Bill Clinton a bel et bien été "impeached". Cela ne veut pas dire destitué.

lundi 20 octobre 2008

Obama à St Louis - La rock star

Barack just concluded his speech underneath the Gatway Arch in St. Louis, in front of a record crowd of over 100,000 people. "All I can say is, wow," Barack said as he took the stage.

Colin Powell tente de se racheter une conduite...

Il est trop tard pour toi, Colin. Go away. On viendra peut-être te chercher pour aller .

Le pari "Palin" fait pschttttt

Daily Kos a compilé un grand nombre d'éditoriaux éreintant McCain pour son choix de Palin. La démonstration est en gros la suivante:
Palin est inapte à gouverner.
Puisqu'il l'a choisie, McCain est également inapte.
CQFD.

samedi 18 octobre 2008

Décoloniser l'Irak

It's about time.

A stand-up comedian in every American?

Obama et McCain se sont retrouvés jeudi soir à un dîner à New York pour la "Alfred E. Smith" charity. Les deux discours sont drôles et révèlent des qualités de comiques des deux candidats, si ce n'est dans l'écriture, en tout cas dans la "delivery". On imagine mal ce genre de performance en France. Attention, il faut une connaissance assez pointue des évènements récents de la campagne pour comprendre toute les références.

-McCain 1

-McCain 2

-Réponse d'Obama

Et un reminder sur leur maître à tous les deux: Stephen Colbert en 2006. Je ne sais pas s'il y a beaucoup d'exemple d'un homme prenant à partie son auditoire de manière aussi cinglante dans un contexte aussi high-level. Il faut dire que son auditoire l'avait bien mérité. But still, un speech historique.

DSK fait le talk show américain le plus élitiste

Note: j'ai écrit ce post il y a quelques jours et j'ai laissé tomber parce que 1) l'interview de DSK n'avait pas grand intérêt et 2) la digression sur son apétit insatiable pour les journalistes semblait inutile. En fait, j'entends à la radio que ça relève bien du pathologique (il semble qu'il n'y ait vraiment pas de fumée sans feu en cette matière). Il a été nommé il y a un an seulement et il a été incapable de se contrôler sur un point où tout le monde l'attendait au tournant. L'enquète interne porte aussi sur un autre cas possible de favoritisme "for another unnamed female employee". Merci d'avoir été à la hauteur de la situation, Dominique.
Notons que le timing est étrange. C'est peut-être une tentative de déstabilisation de la présidence française du FMI en pleine crise et le jour où Sarkozy est à Washington pour expliquer la nouvelle organisation économique mondiale à Bush. Voici donc ce post moins long que l'introduction:


J'ai dans un coin de ma tête le souvenir que DSK a un penchant immodéré pour les journalistes et qu'on lui a un jour prêté les mots: "avec les journalistes de droite, c'est encore meilleur". J'espère pour lui que dans son exil américain il a pu réaliser ses fantasmes avec des journalistes de Fox News. Il ne trouvera pas plus à droite.

Toujours est-il qu'il est passé jeudi au talk show le plus select aux Etats-Unis: Charlie Rose.

vendredi 17 octobre 2008

Friday Plane Blogging



Dans le sillage d'un blogueur américain, Atrios, qui met tous les vendredi des photos de ses chats sur son blog (ça s'appelle Friday Cat Blogging), j'ai décidé de faire la même chose avec des photos d'avions. Vous pouvez cliquer dessus pour agrandir.

Problème d'agence dans les hedge funds

Les retraits dans les hedge funds ont été massifs le trimestre dernier.

Alors là, c'est la pochette surprise... Le modèle économique du hedge fund pose en effet un problème d'"agence" considérable: le gestionnaire du fonds est delui qui évalue les actifs du fonds mais simultanément, il est rémunéré si les actifs du fonds ont de bonnes performances. Pas besoin d'être allé en business school pour comprendre qu'il y a un problème.

En gros les probas pour que la valeur liquidative d'un fonds soit une bonne surprise (supérieure à 100% de la valeur-estimée-par-les-gens-qui-ont-intérêt-à-ce-qu'elle-soit-haute) sont infimes. Elle est presque fatalement inférieure à cause du phénomène ci-dessus. Inférieure de quelques pourcents si le fonds est sain et que le marché sur lequel il investit est liquide (et qu'il ne représente pas 30% du marché)? Inférieure de dizaines de pourcents si les actifs sont illiquides? C'est la pochette surprise.

Le seul moment de vérité est le moment où les investisseurs retirent leur argent (nous en sommes là). Cet évènement n'intervient par définition que dans un moment de crise de confiance avec comme corollaire des actifs moins liquides etc...

Ce mouvement semble avoir commencé. Que va-t-il se passer si, comme il est probable, les investisseurs qui retirent l'argent des hedge funds constatent que leurs actifs liquidés sont encore bien inférieurs à ce qu'ils avaient envisagé et que ce problème d'agence est immense? Cela va entraîner un phénomène boule de neige et pousser les investisseurs qui ne l'ont pas encore fait à se retirer également. Cette crise pourrait ainsi marquer la fin de cette industrie et entraîner une baisse générale de toute les classes d'actifs en raison de la liquidation de nombreux fonds.

Cela correspond à un problème structurel des hedge funds qui est identifiable sans y avoir jamais mis les pieds - cette analyse ne correspond en aucune manière à une expérience vécue (sérieusement).

La dislocation du marché de l'immobilier US

Je me dis depuis longtemps que pour expulser tous les gens qui devraient l'être aux Etats-Unis au terme de leur mortgage, il faudrait lever une petite armée spécialement dédiée (c'est un constat, pas quelque chose que je propose). Une des choses qui n'étaient pas chères pour les "serviceurs" de mortgage pendant le boom était l'éviction des mauvais payeurs: il y en avait extrêmement peu. En effet, la plupart des gens en difficulté se refinançaient dans un mortgage plus défavorable à long terme mais payable à court terme (ils en tiraient même souvent du cash). Qui plus est, si éviction il y avait, la maison était revendue rapidement à bon prix et cela finançait le processus d'éviction.

Désormais tout a changé: il y a énormément d'expulsions "à faire" mais celles-ci ne rapportent rien car la maison ne peut pas être vendue. Puisqu'elles ne rapportent plus rien, toutes ces fonction de "servicing" de mortgage sont forcément sous-staffées.

Cela crée une nouvelle dimension au problème: si votre voisin ne paye pas son mortgage et n'est pas expulsé parce qu'il n'y a pas de ressources allouées à son éviction, pourquoi paieriez-vous le vôtre? Le chaos étant total, on peut supposer que même des gens qui peuvent payer leur mortgage ne le font pas car ils savent qu'il n'y aura pas de répercussion à court et même à moyen terme.

Je me range évidemment du côté des particuliers dans cette affaire. Je sais bien que des méthodes de marketing frauduleuses ont été utilisées pour gaver les américains de ces mortgage toxiques et que c'est la base du problème. Je souligne juste le fait qu'"enforcer" tous ces contrats pourris est aujourd'hui devenu matériellement impossible. Si on ajoute à ça qu'une maison vide tombe en ruine assez rapidement, on se rend bien compte que quand l'Etat US aura ajouté ces mortgages à son bilan, il n'aura d'autre choix que de négocier avec les particuliers des conditions qui leur permettent de rester chez eux. Recréer un incentive au paiment ne sera pas le moindre de ses problèmes car il faut pour cela une menace potente (like it or not).

Voilà, l'origine (un peu lointaine) de ces réflexions est cet article qui explique que le sheriff d'un county de l'Illinois refuse désormais de procéder à des évictions car il les trouve injustes. More power to him.

Chicago's Cook County won't evict in foreclosures

CHICAGO (AP) — The sheriff here said Wednesday that he's ordering his deputies to stop evicting people from foreclosed properties because many people his office has helped throw out on the street are renters who did nothing wrong.

"We will no longer be a party to something that's so unjust," a visibly angry Cook County Sheriff Tom Dart said at a news conference.

jeudi 16 octobre 2008

Let's have more of this

Good.

Un homme en colère

Nicholas Taleb est en colère et ça n'est pas à cause de ses performances (plus de +45% year to year). Il faut bien dire que la fureur a monté depuis des années avec l'objectivité qui se réfugiait dans à peine 1% des articles et des commentaires de la presse financière et du monde académique... (via "The Big Picture")

Il faut aussi prendre en compte le fait que si la plupart de s financiers ont intérêt à rassurer dans leur discours, sa stratégie d'investissements fait que Taleb a lui intérêt à inquiéter. Je le pense cependant sincère et je suis d'accord sur le fait que nous sommes au début de la crise.

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Debate "live blogging"

Obama, le Terminator. Il est trop fort. Mon expression favorite ces derniers mois était de dire qu'il était le "Roger Federer" de la politique. Comme au tennis, une des choses qui pouvait se passer lors du dernier débat était une forme de "peur de gagner" d'Obama. Le débat n'est pas fini mais il fait déjà montre de la maîtrise, du calme et de l'assurance des grands champions. C'est la Federer's touch d'Obama. Il a quand même sur le papier beaucoup moins d'expérience que son opposant et pourtant, à un âge où les carrières politiques ne sont souvent que balbutiantes, c'est lui le plus présidentiel.

Je me suis souvent dit qu'on avait tendance en France à mettre en avant le plus évident en ce qui concerne Obama: son origine ethnique improbable pour un présidentiable américain. Or ce n'est pas selon moi ce qui le caractérise principalement ou qui raconte le mieux son histoire. Ce qui le caractérise et qui fait de lui un homme politique exceptionnel, c'est son talent. Sa campagne depuis deux ans est un sans faute stratégique total. Même quand Clinton (qui s'avère avoir été un "tougher cookie" que McCain) perdait son sang-froid, il n'a jamais dérapé. Quand Clinton et McCain on dit dans un bel ensemble au printemps qu'il fallait une "gas tax holiday", il a refusé et a dit que c'était démagogique alors que les américains vivaient très douloureusement la hausse du pétrole. Aucun commentateur ne l'encourageait dans cette voie. Et une semaine plus tard, la population américaine (et les médias) était derrière lui contre toute attente. Je ne veux pas en faire un saint qui refuse la démagogie ou les compromissions en toute circonstance (c'est un homme politique - pas un bisounours), mais son instinct sur cette "gas tax holiday" a été stupéfiant.

Quand il a été mis en difficulté par les déclarations passées de son pasteur, le révérend Wright, il a produit un discours scotchant (voir ci-dessous - 37min) sur les relations interraciales en Amérique qui a tourné une difficulté en avantage. C'est un discours qu'il a écrit en grande partie lui-même (il fait référence à son expérience personnelle d'une manière qui ne trompe pas). C'est notamment en cela qu'il rend ses lettres de noblesse à la politique: il est capable, s'il le faut, de s'adresser au peuple sans la médiation des spin doctors. C'est ce qu'il fait en cas de difficulté et ça s'appelle le leadership.

Ne nous y trompons pas cependant: pour en arriver là où il en est aujourd'hui, Obama a fait toutes les concessions qu'il fallait à un système politique corrompu. Ce qui laisse espérer qu'il s'avère être une force réformatrice en dépit de cela, c'est qu'il n'a pas fait une concession de plus que nécessaire: il a mené la campagne la plus radicale possible dans le contexte des Etats-Unis de 2008. S'assurer les moyens de la victoire est quand même le premier talent nécessaire en politique.

Contrairement aux vieux crocodiles comme McCain ou Clinton, sa jeunesse en fait encore un outsider à Washington. Il demeure une wild card qui pourrait rendre aux américains leur démocratie. Il en a le talent mais c'est une tâche dantesque. Il va sans doute pouvoir s'appuyer sur un raz de marée démocrate. Si les évènements lui sont favorables, tout est possible (la crise économique est un double edged sword: ca peut l'embourber mais ça peut aussi augmenter sa capacité réformatrice).

Comment évaluer une présidence Obama alors? Le noeud gordien de la politique américaine est la loi de financement des campagnes électorales. C'est ce système vermoulu qui fait qu'aujourd'hui chaque grand secteur économique écrit lui-même ses lois (on a vu ce que ça donnait dans les mortgage) et que l'intérêt général est perdu corps et bien. Obama peut faire beaucoup de bonnes choses en deux mandats mais pour que son action soit durablement transformatrice, il faut qu'il change radicalement le financement de la politique aux USA. C'est ce que proposait John Edwards et c'est pour ça qu'il n'a eu droit qu'à une très faible couverture médiatique pendant les primaires.

Voilà, le débat est fini. Je n'ai finalement écouté que d'une oreille. Je crois que le prochain président américain va être Roger Federer et ils auraient pu plus mal tomber. Obama s'est imposé par son talent et en faisant les bonnes concessions aux pouvoirs en place (contrairement à John Edwards qui n'a pas su "amadouer" le système). Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il partage au fond, l'analyse de John Edwards sur la nécessité de réformer le rôle de l'argent dans la politique aux USA. Pourquoi? Tout simplement parce que n'importe quel observateur un peu attentif savait que la corruption était endémique aux USA et que la crise économique en a maintenant apporté la démonstration retentissante (John Edwards n'avait-il que 6 mois d'avance?). Barack Obama disposera-t-il un jour du capital politique nécessaire à une telle entreprise? Si lui n'y arrive pas, je crois en tout cas qu'on pourra se dire que personne d'autre n'y serait parvenu. S'il y parvenait, ce serait un peu un Federer qui aurait gagné le grand chelem.

-9.03% pour le S&P 500

Après le rebond de 11% lundi, on pouvait se demander si les bourses n'avaient pas atteint leur plus bas pour cette crise. Personnellement, je ne le pensais pas: la crise économique à venir va être terrible notamment pour les profits des entreprises donc pour leurs valeurs boursières. En revanche, j'avais l'impression que cela pouvait être un plus bas pour 6 mois ou au moins pour 2008. Las. Le S&P 500 est à 907.84 après la baisse d'aujourd'hui alors que le plus bas de lundi était 903.99. Une baisse de 0.42% suffirait à enfoncer le plancher. Ce "plus bas" risque donc de ne même pas tenir jusqu'à la fin de la semaine.

Et les nouvelles macro-économiques ne sont pas encore dramatiques: inflation 5.1%, chômage 6.1%, croissance annualisée au dernier trimestre 2.8%. Rien de catastrophique sur le papier. Deux phénomènes sont à l'oeuvre. D'une part, nous ne sommes qu'au début de la crise et les chiffres vont se dégrader très rapidement maintenant. D'autre part, pour avoir suivi avec attention tous les indicateurs économiques américains depuis longtemps maintenant, j'en ai acquis la certitude que les trois chiffres décrits plus haut font l'objet de manipulations ou sont basés sur des suppositions statistiques abracadabrantesques (le birth/death model pour les chiffres de l'emploi par exemple). J'aurais l'occasion d'expliquer mes différents griefs au fur et à mesure de la publication de ces données dans le futur.

Cette crise devrait aussi conduire à une remise à plat de l'appareil statistique américain qui, comme tant d'autres aspects de la société américaine, a été corrompu par l'argent facile des 15 dernières années. Stay tuned.

mercredi 15 octobre 2008

McCain le dos au mur - dernier débat ce soir

McCain semble complètement carbonisé. A ce stade, il pourrait tout tenter lors du débat de ce soir, y compris faire des claquettes. Il semble sur le point de perdre très largement l'élection présidentielle mais également d'être tenu pour responsable d'un raz-de-marée démocrate au congrès. On parle même d'une majorité qui n'autorise pas le filibuster républicain au Sénat (60 sénateurs - ce serait énorme car le sénat est à 50-50 today et est renouvelé par tiers).

Au niveau national, il est rare de voir un candidat cornerisé à ce point. Est-ce à dire que le débat de ce soir risque d'être explosif? Je ne le pense pas car le risque de partir en vrille (surtout pour McCain dont le tempérament colérique est connu) reste considérable. Espérons qu'il fasse le show mais j'en doute.

Ne laissez pas vos parents voter McCain

Une publicité de MoveOn.org, merci Nico:

mardi 14 octobre 2008

"Les américains n'éliront pas un noir"

Avant que l'avance d'Obama ne devienne stratosphérique, j'ai l'impression d'avoir souvent entendu ça: "Oh bien sûr, les américains disent dans les sondages qu'ils vont voter pour Obama parce qu'ils n'osent pas dire le contraire mais dans le secret de l'isoloir ils vont voter McCain". Je n'y crois pas. Il est vrai que les électeurs de Le Pen sont notoirement timides avec les sondeurs mais la situation aux Etats-Unis n'a rien à voir: on peut très bien déclarer voter McCain et garder pour soi le fait que c'est parce qu'Obama est noir.

De toute façon dans un pays où l'on est pas très sûr de l'intégrité du processus électoral, il semble délicat d'accorder trop de crédits aux sondages. Quand on voit à quel point les agences de notations financières faisaient des pieds et des mains pour avoir des conclusions qui plaisaient à leurs clients, on ne peut que supposer que des phénomènes du même ordre sont à l'oeuvre entre les sondeurs et les commanditaires. D'autant que dans le cas des sondages, pour peu qu'on ne soit pas juste avant l'élection, l'erreur ne se voit pas. Les seuls sondages qui sont par nature réalisés sans biais sont les "internals" pour les équipes de campagne. Ils sont secrets et font l'objet de spéculations. En ce moment on dit qu'ils sont encore plus favorables à Obama que ceux qui sont publiés.

J'en arrive laborieusement à l'objet de ce post: on ne sait pas ce que feront les américains dans le secret de l'isoloir mais on sait déjà ce qu'ils font quand ils sont seuls devant leur ordinateur: ils vont massivement sur le site d'Obama plutôt que sur celui de McCain. Il y a sans doute un effet générationnel mais c'est quand meme massif.

Le New York Post

Il vaut mieux ne pas l'avoir en journal (article publié avant le rebond de 11%).

Les français mènent sans s'en rendre compte une vie paisible en n'étant (presque) jamais exposés aux publications ou aux chaînes du groupe Murdoch. El Blogo se propose de vous initier par petites doses au subtil mélange de stupéfaction et d'incrédulité que suscite chaque exposition.

Quizz du Blogo

En Europe, devant l'inanité des banquiers, les Etats reprennent la main et virent le management des banques (comme suggéré ici).
Aux Etats-Unis, on retient la solution suivante: les banquiers responsables du désastre forcent la main des représentants du peuple pour s'arroger de l'argent public et en disposer comme bon leur semble.

Question 1:
L'un de ces deux systèmes est complètement corrompu, pouvez-vous identifier lequel?
Question 2:
Si on vous laisse le choix d'investir dans l'un ou l'autre des deux systèmes, lequel privilégierez-vous?

(les réponses sont dans le premier commentaire)

Je mange mon chapeau

J'étais un peu sceptique sur la manière dont Sarkozy gérait ses relations avec Merkel après avoir entendu qu'il lui reprochait de faire cavalier(e?) seul(e?) la semaine dernière. Je dois donc manger mon chapeau car il semble que Sarkozy ait frappé fort aujourd'hui.

lundi 13 octobre 2008

Un message de soutien d'un journaliste US

Un journaliste de Slate pose la question "Is the European Credit Crisis our Fault?".

Short answer: Yes.
Long answer: Yes, moron.

Longer answer:
L'auteur, Christopher Beam, répond en fait à la question: "Not really - They were dumb enough to buy the mortgages". Il n'empêche que dans la chaîne causale, l'existence de ces mortgage pourris (qui relève de la responsabilité de l'environnement règlementaire US) est clairement en amont de la décision d'investissement des européens. Donc c'est un clear-cut case : Yes, you stupid dumbass.

Bon ceci dit, il a raison sur un point: si les européens avaient été assez smart pour comprendre que les Etats-Unis partaient dans le décor depuis le 11 septembre, ils ne se seraient sans doute pas gavés de ces mortgages. Il n'y aucune gloire dans le fait de se faire arnaquer de cette manière.

Mais, fear not, Christopher, maintenant on a bien compris (et les asiatiques aussi) que vous étiez une bande d'escrocs et on va réfléchir à deux fois avant de te prêter l'argent pour que tu t'achètes ta flat screen TV pour Noël. On va même peut-être te demander de rembourser l'emprunt de tes trois voitures au lieu de t'étendre ta ligne de crédit à l'infini. Merci de nous ouvrir les yeux. Tu n'y couperas pas.

dimanche 12 octobre 2008

Paulson: le plan B

D'après cet article du NYT, il semble que le plan Paulson soit en train de changer de nature. Il ne s'agit plus d'acheter les obligations pourries mais de prendre des prises de participation dans les banques.

Je trouve ça plutôt mieux mais ce qui est hallucinant, c'est la latitude totale qu'a Paulson. Son plan, passé dans la précipitation et sous la menace, n'en est pas un: c'est un gigantesque chèque en blanc. Le montant est connu ($700bln) mais les bénéficiaires sont à la totale discrétion d'une administration finissante dont la légitimité politique est des plus ténues. Ce sera la dernière insulte des bushies à la constitution américaine (insulte soutenue par Obama - on est pas rendu).

Le fait que l'homme aux manettes pour gérer cette crise soit un ancien dirigeant de Goldman Sachs (1998-2006) est à peu près tout ce qu'on a besoin de savoir sur la santé du système politique américain. En tant que CEO d'un broker dealer pendant 8 ans, Paulson n'a cessé d'influencer le cadre réglementaire dans un sens qui a rendu cette crise possible. Et maintenant que le système a finalement cédé sous ses assauts répétés, c'est lui (et ses jeunes "yes men" de 35 ans) qu'on va chercher pour remettre de l'ordre?

Il est temps de réviser ses classiques:
"Hamlet." Act I, Scene 4: Marcellus (an officer) says "Something is rotten in the state of Denmark," having just seen the ghost of Hamlet's father, the late king of Denmark.

El Blogo goes Global

Enters "El Globo Blogo". C'est comme El Blogo mais en anglais (more or less...). Lecteurs de "The Economist", passez votre chemin.

Une porte de sortie pour McCain?

McCain semble en situation de perdre non seulement l'élection mais également sa réputation à Washington. Sa seule réponse à la crise a été de multiplier les attaques contre Obama (100% des publicités de Mc Cain sont négatives, seulement 33% des pubs d'Obama). Il y a moins d'un an, sa femme et lui promettaient qu'ils ne recourraient jamais à des attaques négatives, que ces pratiques étaient pour ceux qui n'avaient rien à dire sur le fond et étaient bien trop basses pour le maverick... Il a aussi cyniquement choisi Palin comme running mate alors que les américains sont fatigués d'avoir des porte-manteaux aux responsabilités. Enfin, il a tellement chauffé à blanc ses partisans que ses meetings ont une ambiance nauséabonde.

Au moment où les deux candidats ont décidé de ne rien dire de substantiel sur la crise car il n'y a que des coups à prendre, McCain devrait sauter sur l'occasion: perdu pour perdu, il devrait dire la vérité aux Américains, dans le genre "la crise est grave, il faut augmenter les impôts, je vous promets du sang, des larmes et la victoire etc...". Ca ne l'empêcherait pas de perdre (sans doute très largement car les républicains veulent encore moins aller en rehab que les américains en général), mais au moins il ne serait pas humilié et pourrait dire qu'il a perdu en tenant un discours de vérité face à un adversaire démagogue. Ca lui permettrait de maquiller sa défaite en quelque chose de vaguement honorable. Il est sûr en plus d'être "vindicated" par l'histoire.

McCain pompier pyromane

McCain se voit reprocher de plus en plus la violence verbale de ses supporters contre Obama lors des meetings. Il est vrai que depuis quelques jours, les meetings de McCain était en train de se transformer en réunion du KKK (Palin qui l'associe au terrorisme, les chauffeurs de salle qui l'appelle Barack HUSSEIN Obama, des gens dans l'assistance qui hurle "traître" ou "kill him" quand il est cité dans les discours...). Même des responsables républicains se seraient plaints auprès de McCain de la tournure des évènements. Alors il a décidé d'éteindre l'incendie. Vous pouvez voir dans la vidéo plus bas plusieurs tentatives de sa part pour calmer les ardeurs de ses suporters.

Le problème, c'est que quand une femme lui dit dans un town hall meeting "I can't trust Obama, I have read about him and he's not, he's not, he is an Arab." il répond de manière pathétique: "No Mam, no Mam, he's a decent family man, citizen, that I just happen to have disagreements with". C'est choquant pour des européens mais en réalité, l'opposition "Arab/Decent family man" est assez symptomatique de l'Amérique de George Bush. Peu de gens y froncent encore les sourcils pour ce genre d'amalgame.

Soros chez Bill Moyers

George Soros a donné une interview à Bill Moyers sur la crise (40 min, pour ceux que ça intéresse). Sa dernière phrase (en gras) résume assez bien mon expérience américaine:

GEORGE SOROS:That's my ideology. As a child, I experienced Fascism, the Nazi occupation and then Communism, two false ideologies. And I learned that both of those ideologies are false. And now I was shocked when I found that even in a democracy people can be misled to the extent that we've been misled in the last few years.

Je pense qu'il faut regarder le problème à l'envers: quand "les gens peuvent être manipulés au point où ils l'ont été aux Etats-Unis ces dernières années", on ne peut plus vraiment parler de démocratie. Pour ceux qui auraient besoin d'un début de démonstration vous pouvez aller regarder ce documentaire du même Bill Moyers sur la collusion entre les médias US et l'administration Bush avant la guerre en Irak.

vendredi 10 octobre 2008

Sarkozy reproche à Merkel de faire cavalier seul? WTF?

Là, il y a un problème: Sarkozy ne peut aller dans cette direction. Ca n'est juste pas une option. Quelle que soit la mauvaise volonté allemande et la frustration de Sarkozy, ces problèmes doivent se régler en coulisse. Qui plus est Sarkozy peut-être soupçonné de suivisme américain avec la proposition du plan de 300 milliards (si c'était pas un "me-too product" dans le sillage du grand-frère yankee, je me demande bien ce que c'était) et son ministre des finances à l'anglais "im-pec-ca-ble" (elle ne doit lire QUE "The Economist"). Il ne faudrait pas qu'à l'occasion de cette crise, Sarko nous annonce qu'on fait partie de la new Europe et qu'on va brown noser les américains. Maintenant c'est l'europe continentale à la vie, à la mort.

Il fragilise l'Euro avec ce genre de déclaration. Faut vite lui faire faire une session d'anger management. Il faudrait lui donner une poupée Greenspan en caoutchouc pour qu'il passe ses nerfs à bon escient.

S'il continue sur ce chemin, l'histoire sera impitoyable avec lui (et avec nous).

L'or est plus haut que le SPX

Je crois que quand cette crise sera finie, on aura littéralement tout vu.

Who pays $273 000 on household help?

Looks like we have much more to fear than fear itself

-10.5% au Japon. -3% sur les futures S&P.

jeudi 9 octobre 2008

Nationalisons!

A ce stade de la crise, il paraît clair que les Etats vont prendre les paumes pour la bonne et simple raison que ce sont les seules entités qui en soient capables. Une fois que cela est accepté par tous, il n'y a qu'une solution possible pour les Etats: prendre le contrôle de tous les établissements financiers qui ne sont pas capables de faire face à leurs obligations (ça risque d'être tous car le seul marché des CDS suffit à lier tous les intervenants de marché sur un modèle de dominos). L'idée du plan Paulson qui revient à mettre en place un scheme pour que l'Etat prenne effectivement les paumes mais que les mêmes restent à la manoeuvre dans le secteur financier est tout simplement inacceptable.

L'Etat doit donc investir les établissements financiers, virer l'upper management et demander aux nouveaux responsables issus du rang de se conformer aux nouvelles régulations. Vous verrez que dans la situation de crise qui nous attend, les nouveaux dirigeants seront bien contents de travailler pour un salaire de haut fonctionnaire. Pour ce qui est des régulations, je pense que les innovations financières qui ont péché dans cette crise doivent être interdites (les plus nocives sont mortes d'elle-mêmes mais l'interdiction enfonce le clou). Pour les innovations qui n'ont pas contribué à la crise, elles doivent être passées en revue. Le modèle économique des agences de notations doit être rendu illégal.

Tout prêteur doit voir son revenu lié au futur remboursement (ou non) du principal de la dette. S'il n'y a pas alignement d'intérêts entre celui qui accorde le prêt et celui qui apporte l'argent, ça n'est pas de la finance, c'est du vent (ça me fait penser qu'il y a comme un goût de Bertrand Cantat dans la finance aujourd'hui).

J'ai vu un reportage sur l'île Longue dans le Finistère où sont maintenus les sous-marins nucléaires français. Il y avait un panneau dans les hangars sur lequel était écrit: "Tout ce qui n'est pas expressément autorisé est interdit". Je pense que cela devrait être la règle appliquée pendant la convalescence de l'industrie bancaire.

Et quand la convalescence sera finie, je propose que tout individu tenant un discours du type: "Les innovations financières permettent la croissance, elles sont un signe de développement. D'ailleurs, les marchés financiers permettent une allocation plus efficace du capital et ils sont créateurs de richesses. Et puis les banquiers sont sympas et j'adore The Economist!" soit exécuté sur le champ. Sans sommation.

update: Il y a une rumeur selon laquelle le crash actuel est lié au solde ce vendredi de $400 milliards de CDS Lehman... Cela montrerait que les CDS ont transformé les banques en un seul bloc monolithique dont les éléments sont devenus interdépendants.

-5% en deux heures pour le S&P 500 et le DJI

Après avoir vivoté toute la journée, les deux principaux indices US crashent de 5% dans les deux dernières heures. La raison semble être que S&P a mis GM et GMAC en watch neg. La belle affaire! Au moment où tout le monde sait que c'est les Etats-Unis qui devraient être downgradés de 3 notches, ça ne semble pas une énorme news...

Le moment est venu de poser la question: "Et vous? Quel est votre plan B après la finance?".

Ou alors on peut tenter le batman signal. Ou mieux encore, on peut appeler le Wolf (voir vidéo plus bas). J'aimerais bien voir la réaction du Wolf quand Paulson lui dira: "A please would be nice".

Drôle

Le compteur représentant la national debt à Times Square n'a plus assez de zéros...

La BCE doit-elle baisser les taux?

La baisse des taux est inflationniste. L'européen épargne alors que l'américain est endetté. L'inflation nuit aux épargnants et bénéficie aux emprunteurs. Dès lors, la BCE défend ses "constituents" en défendant la monnaie et la FED a raison de sacrifier le dollar ce qui revient à un défaut "light" des emprunteurs en $US (en laissant de côté le fait que c'est précisément cette politique de taux ridiculement bas qui nous a emmené là où nous en sommes).

L'Europe ne doit pas se laisser entraîner dans la voie de l'inflation. Et pour tous ceux qui pensent que le risque est la déflation et pas l'inflation, je leur suggère d'arrêter de lire "The Economist". L'inflation est la porte de sortie la moins douloureuse pour les américains, c'est celle qu'ils vont choisir (et qu'ils ont déjà choisi en réalité). D'ailleurs, si la création monétaire n'est pas au programme aux US, pourquoi la FED aurait-elle fait ça ?

Envoyons les américains en "rehab"

Paulson veut renflouer des banques. Il est fort à parier que comme pour le bailout (et la guerre by the way), c'est la dette qui financera cet effort. Pourtant, la raison profonde de la crise est présisément le surendettement d'un certain nombre d'acteurs économiques américains.

Les Etats-Unis se retrouvent donc dans la situation de l'addict qui voit dans la drogue (la dette) son salut alors qu'elle représente sa perte. Les américains, clairement, ne veulent pas aller en "rehab" mais comme l'a montré cette jeune personne à différentes reprises, on ne choisit pas toujours.

Pour ma part, je pense qu'il est de la responsabilité des investisseurs internationaux d'envoyer les américains en rehab le plus vite possible et d'en faire des acteurs économiques et politiques normaux. C'est une des différences entre la ligne éditoriale du blogo et celle de "The Economist". Le leadership américain a perdu sa légitimité politique et morale en recourant à une guerre d'agression à un moment où il semblait possible d'éradiquer cette pratique (en cela ils ont déstabilisés notre environnement géopolique pour des décennies à venir). Le leadership américain a perdu sa légitimité économique en plongeant le monde dans la crise par une politique économique irresponsable rendue possible par la corruption totale de leur système politique.

S'ils arrivent à sortir de cette crise sans perdre leur statut d'"hyperpuissance", chapeau bas. J'espère pour ma part que nous allons les renvoyer en rehab (where they belong) ASAP.

Le meilleur espoir des américains à ce stade, c'est que les autres acteurs de l'économie mondiale soient incapables de briser leurs chaînes et de concevoir une nouvelle organisation économique mondiale. C'est le leadership par défaut: il n'est pas basé sur des données objectives mais seulement sur l'incapacité à penser ou à concevoir une organisation alternative de la part des autres acteurs.

La responsabilité des leaders asiatiques, africains, moyen-orientaux, européens et sud-américains est aujourd'hui de penser des institutions internationales qui cantonnent les Etats-Unis à un rôle de membre et plus à un rôle de leader. Il faut que les cinq autres continents se mettent d'accord et gèrent les Etats-Unis comme la Grande-Bretagne a été gérée dans l'Union Européenne: "si vous voulez en être vous êtes les bienvenus mais si vous traînez les pieds, les choses se feront sans vous".

La domination américaine n'existe plus que dans nos têtes. Faisons en sorte que nos têtes ne soient pas, pour elle, un refuge confortable.

McCain fatigue

"My fellow prisoners" au lieu de "my fellow citizen"? Weird. Vous noterez qu'il ne sait visiblement pas faire les noeuds de cravate.

mercredi 8 octobre 2008

Capitulation?

Après la dernière chorégraphie des banques centrales, il semble que plus rien ne peut provoquer ces rallies de 3%+ qui ont été la règle à chaque intervention de la FED depuis la première baisse des taux en septembre 2007.

Les banquiers centraux ont appuyé sur le buzzer "+3%+" tellement de fois qu'il n'a plus aucune efficacité. Nous sommes passés de l'autre côté du mirroir.

Ouch! Le nikkei est au plus mal

-9.4%.

Aussi futures S&P -2.11%. Après -5.74% hier. Unchartered territories...

Fascinant

Debate Obama/McCain

Tom Brokaw (le modérateur) est ostensiblement pour McCain. Solidarité de génération sans doute. Le débat est assez ennuyeux. Pour l'instant pas de moments très saillants. Reste 25mn.

Le débat est fini. RAS. Donc défaite pour McCain. Il était possible que, perdu pour perdu, McCain essaye d'être agressif et de changer la donne. Il ne l'a pas fait.

I watch it so you don't have to

Et voilà, 3H00 du matin et je regarde le débat McCain/Obama...

I got news for you, Robert Hall

Le pauvre Robert du NBER a l'air complètement à la rue alors j'ai décidé de lui donner un petit coup de main (voir après l'extrait de news bloom ci-dessous):
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NBER's Hall Says `Perplexing' Data Make Recession Call Tough

By Steve Matthews and Thomas R. Keene

Oct. 7 (Bloomberg) -- The Stanford University economist who heads the panel that dates economic cycles said that while U.S. growth is at risk, it's not clear a recession has begun.

``We've had this perplexing period of rising output and declining employment'' since the end of last year, Robert Hall, who leads the National Bureau of Economic Research's business cycle dating committee, said today in a Bloomberg Radio interview.

The U.S. labor market is shrinking, with Labor Department figures showing last week that payrolls fell by 159,000 in September for the biggest reduction in five years. Still, the economy, fueled by exports, grew at an annual rate of 2.8 percent in the second quarter.

``We're struggling with some interesting questions about the difference between the indicators,'' Hall said. ``We see output or real GDP growing at the same time that employment has been declining and we're trying to make sense out of that.''

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Je ne sais pas si Robert Hall lit "El Blogo" mais si tu es avec nous Robert: "Ton gouvernement te pipote depuis des années sur les stats éco." and if you don't speak French, here it is in plain spoken English: "They pipote you big time Robert!".

Can you and your friends make sense out of that?

"How to" du blogo

On m'a dit qu'il était difficile de laisser un commentaire sur le blogo sans voir le nom de son compte Google apparaître.

Je crois qu'il faut explorer la solution de signature avec "OpenId" qui est proposée également quand on ajoute un commentaire. Cela ne doit laisser apparaître que la signature choisie.

mardi 7 octobre 2008

Citigroup révise son objectif pour le S&P 500

Citigroup a révisé son objectif de -23% pour le S&P 500 à 1200. Cela veut dire qu'il y a deux heures, l'objectif de citi pour fin 2008 était 1558 points. Il est parfois trop tard pour bien faire.

Le S&P 500 est à 1061 (996.23 à la clôture).

Vous venez de changer de banque!

Erratum: cette information ("La France garantit les dépôts à 100%.") n'est pas exacte. je ne l'avais pas vérifiée car la source en question est en général fiable. Je laisse ce post car je ne veux pas en supprimer (règle éditoriale sinon il est trop facile pour le blogueur d'éviter un embarassement en effaçant ses erreurs) et aussi parce que cela pourrait devenir vrai très prochainement.

La France garantit les dépôts à 100%.
Le logo de votre nouvelle banque:






(Armoiries de la République Française)

Les trois vilains petits canards européens

Tous les pays européens (ou à peu près) ont vu leurs établissements financiers acheter du papier pourri américain.

En revanche trois pays en particulier ont organisé une forme de "subprime redux" qui, comme aux Etats-Unis, ont eu un impact sur leur croissance: Irlande, RU et Espagne. Eux aussi ont vendu du papier pourri dans l'Europe entière et ils en ont tiré des bénéfices.

Il serait bon que l'Europe prenne cela en compte si un plan de sauvegarde à l'échelle de l'Union devait apparaître. Il serait également normal que ces trois pays aient moins d'influence dans les négociations et qu'ils soient mis au banc des accusés. No free lunch.

Résignation à la victoire d'Obama?

Je m'attendais depuis le début de la campagne à une agitation médiatique sans précédent pour faire échouer Obama. Et puis avec la crise financière, je me suis demandé si les pouvoirs constitués aux Etats-Unis ne s'étaient pas résignés à une victoire d'Obama. Les medias ont en effet été plutôt friendly avec Obama récemment.

Et puis boum, le New York Times a écrit un long article pour explorer les relations entre Obama et un activiste de gauche (Ayers) qui avait posé des bombes contre des bâtiments publics car il était contre le Vietnam. C'est donc un "terroriste" pour les américains ce qui le range automatiquement au niveau des hijackers du 11 septembre. Avec la "War on Terror", on ne fait pas dans la nuance là-bas. Quelques heures après, Sarah Pallin a dénoncé Barack Obama for "palling around with terrorists".

Ca rappelle l'article du 8 septembre 2002 sur le nucléaire Irakien qui a marqué le début de la campagne de propagande pour la guerre en Irak (pour le choix de la date, un membre de l'administration Bush avait déclaré "You don't launch a new product in August"). Flashback: le bureau du VP fuite des mensonges à base d'"aluminium tubes" à Judith Miller du NYT. Le NYT publie l'info, et Cheney va à la télé et cite le le NYT. Cheney ne ment pas: il cite le NYT. Trop fort! Un des très nombreux épisodes qui ont irrémédiablement sali la réputation du journal et qui l'ont rendu complice de l'administration Bush dans la campagne de lavage de cerveaux d'avant l'invasion).

Font-ils le même genre de pas de deux médiatiques avec la campagne McCain? Les "liberal media" aux US sont "liberal" sauf à chaque fois qu'il y a un enjeu. Si le NYT se spécialise dans l' "Obama bashing" en loucedé, vous en serez informé sur El Blogo.

Justice! At long last...

Et en plus j'ai appris un nouveau mot en anglais au passage:
Lehman CEO was reportedly coldcocked at the gym after the company declared bankruptcy.