mercredi 12 novembre 2008
Deep thought...
Nous bâtissons des instruments de mesure comme le LHC à Genève pour rechercher le "boson de Higgs" et des particules "supersymétriques" (dixit Wikipédia) et il nous serait impossible de déceler la formation d'une bulle spéculative de la taille de celle qui a existé dans l'immobilier américain et de prendre des mesures rectificatives avant que celle-ci ne menace l'économie mondiale?
Non bien sûr! Tout cela n'est pas arrivé parce que "ces problèmes nous dépassent" mais bien parce que certains y avaient intérêt. Il y a eu les organisateurs, les facilitateurs, les corrupteurs, les "cheerleaders" et bien sûr finalement les "idiots utiles" qui ont rendu cela possible en se persuadant que cette fois-ci, "c'était différent". La crise que nous traversons est bien la responsabilité d'élites corrompues (politiques, économiques, académiques et médiatiques), principalement aux Etats-Unis. Etre un bon banquier central ne relève pas de la "rocket science" mais plutôt de l'intégrité. Etre un professeur , un journaliste ou même un banquier qui dénoncent les pratiques des puissants demande plus de courage que de capacité d'analyse (surtout durant la dernière décennie pendant laquelle les excès américains se voyaient comme le nez au milieu de la figure).
Je vais parler d'économie sur El Blogo dans les semaines et les mois qui viennent. Il y a quelques années, j'aurais pris des précautions oratoires avant d'aborder un sujet académique comme celui-là (ou je ne l'aurais tout simplement pas fait). Ceci dit, devant l'ineptitude* généralisée de tous les commentateurs en cette matière et leur incapacité à porter le fer, je vais juste dire ce que j'en pense sans me couvrir plus que ça. Je n'ai pas l'imprimatur d'un grand journal ou d'une université mais vous pouvez au moins être sûr que je ne ménage personne ce qui représente un avantage sur un commentateur "sponsorisé" d'une manière ou d'une autre.
C'est aussi un devoir citoyen. Je ne m'avance pas trop en disant que dans cinq ans, nous en saurons tous beaucoup plus sur l'économie qu'aujourd'hui car nous aurons payé au prix fort notre manque de curiosité initiale. L'ampleur de la catastrophe à venir va certainement conditionner l'importance des leçons que les citoyens en tireront. Mais si le consensus monétariste allemand tire bien ses racines de l'hyperinflation de la République de Weimar, si les français ont bien adopté l'Euro car ils se sont lassés des fausses promesses des dévaluations compétitives, alors oui, le citoyen apprend et il est capable d'imprimer, s'il est bien servi par ses élites, un cours nouveau à l'histoire économique d'un pays. Encore faut-il qu'il n'abandonne pas ces questions à des apprentis sorciers qui, en un instant, se mettront au service du plus offrant plutôt qu'au service de l'intérêt général.
* "ineptitude" est un mot... anglais. Ca veut bien dire ce que vous pensez que ça veut dire.
Obama blues?
Bon, en tout cas c'est fini. Je suis rentré de New York hier. J'ai l'impression qu'au niveau de la crise économique, on ne fait qu'entrer dans le vif du sujet. Ma position au moment de l'apparition du "bailout plan" de $700 milliards de Paulson était que cela calmerait les choses jusqu'aux élections et sans doute plus longtemps. Le contrat est rempli pour ce qui était de tenir jusqu'aux élections mais les choses commencent à tanguer sérieusement (chiffres de l'emploi en chute libre vendredi, AIG 2 lundi, le sort des constructeurs automobiles qui se négocient entre les deux équipes présidentielles etc...). C'est le moment d'attacher vos ceintures. Nous avons été les témoins d'évènements extraordinaires ces 15 derniers mois mais je suis sûr que nous n'avons encore rien vu. Pour les lecteurs que j'ai perdus la dernière semaine, il est donc urgent de vous remettre à lire le Blogo.
En attendant et pour se remettre dans le bain, je vous suggère de jeter un coup d'oeil sur ces photos d'une photographe suivant la campagne Obama "backstage". Il faut cliquer plusieurs fois sur "Show More Images" en bas de la page pour les voir apparaître (via Daily Kos).
vendredi 7 novembre 2008
mercredi 5 novembre 2008
mardi 4 novembre 2008
Bob Herbert est d'accord avec El Blogo
Extraits:
As important as this choice has become, the election is just a small first step. What Americans really have to decide is what kind of country they want.
Right now the United States is a country in which wealth is funneled, absurdly, from the bottom to the top. The richest 1 percent of Americans now holds close to 40 percent of all the wealth in the nation and maintains an iron grip on the levers of government power.
This is not only unfair, but self-defeating. The U.S. cannot thrive with its fabulous wealth concentrated at the top and the middle class on its knees. (No one even bothers to talk about the poor anymore.) How to correct this imbalance is one of the biggest questions facing the country.
etAmericans have to decide if they want a country that tolerates this kind of debased, backward behavior. Or if they want a country that aspires to true greatness — a country that stands for more than the mere rhetoric of equality, freedom, opportunity and justice.
That decision will require more than casting a vote in one presidential election. It will require a great deal of reflective thought and hard work by a committed citizenry. The great promise of America hinges on a government that works, openly and honestly, for the broad interests of the American people, as opposed to the narrow benefit of the favored, wealthy few.
By all means, vote today. But that is just the first step toward meaningful change.
32,6% des votes sur machines électroniques
Toujours pas de dossier médical pour Palin
Alors la rumeur enfle. On dit qu'elle s'est faite avorter (elle est très "pro-life"). On dit qu'elle a masqué une grossesse de sa fille en prétendant que c'était la sienne. Quoi qu'il en soit, je trouverais scandaleux qu'elle ait réellement à faire ce type de déclaration.
Toujours est-il que son dossier est manquant. Ca en dit long au passage sur la faiblesse du "vetting process" (vérification qu'elle n'a pas de cadavre dans ses placards d'un point de vue politique, judiciaire mais aussi possiblement médical) dont elle a été l'objet. Il a été dit à l'époque de sa nomination que même le FBI n'avait pas eu le temps de faire l'enquète de routine automatique en pareil cas. On dit aussi qu'avant de la choisir comme co-listière, McCain l'avait rencontrée deux fois seulement.
Addendum: Une lettre de son docteur a été finalement publiée. RAS. Donc ça n'est pas quelque chose d'embarassant qui a repoussé la publication mais seulement l'impréparation de la campagne. Peut-être aussi qu'en publiant cela tardivement, la campagne évite de s'exposer à la contradiction.
All Quiet on the Upper West Side Front
C'est décidé, je vote... Bob Barr!
Je crois que l'argent est le mécanisme essentiel de discrimination. Je me base sur la candidature Perot en 1992 pour dire ça: elle n'a été possible que grâce à sa fortune personnelle.
Ralph Nader est encore candidat cette année. A gauche, on lui a beaucoup imputé la défaite de Kerry en 2004. Je crois que c'est pour ça que sa candidature a été complètement passée sous silence pendant la campagne (même dans la "leftwing blogosphere").
Le bipartisme est une des causes de la faillite américaine (déficit estimé à $1 trillion pour FY 2009). Il faut ouvrir une fenêtre dans la démocratie américaine et créer un appel d'air. "We the People of the United States" are suffocating...
W stands for Worst. President. Ever.

Et son approval rating sur une plus longue période. Vous n'aurez pas de mal à resituer certains évènements historiques:
Mc Cain ressemble à Austin Powers
Obama perd sa grand-mère
C'était la dernière personne de sa famille qui lui restait des générations précédentes. Parents ou grands-parents. Moment étrange pour que cela vous arrive.
lundi 3 novembre 2008
Ils ne vont pas aux meetings, iront-ils voter?
Le retour du révérend Wright
"The Economist" vote Obama
2004: Kerry ("with a heavy heart")
2000: G W Bush
1996: Dole
1992 Clinton
El Blogo à NYC
Bon alors pour le marathon, je n'ai pas pu car j'avais un problème de dossard et mon avion est arrivé en retard. Et puis j'ai un copain qui a fait 3H08 et personne ne le croit alors c'est à vous décourager des exploits sportifs... (d'ailleurs moi non plus je n'y crois pas... 3H08? Come on!)
Donc pour le marathon, "the dog ate my homework". Mais pour la couverture des élections, je suis chaud bouillant!
samedi 1 novembre 2008
Ferrari (Laurence) en baisse
La même chose s'est produite aux Etats-Unis avec l'arrivée de Katie Couric à CBS Evening News. Il semble que déboulonner les vieux rois du PAF soit un exercice périlleux. Bouvard était revenu car son éviction n'était qu'un pari marketing. Si PPDA doit réellement son départ à Sarkozy, il ne reviendra pas même si l'audience dévisse. L'ire présidentielle aura cependant coûté cher à Martin Bouygues. Gageons que ce dernier n'investit pas en pure perte.
vendredi 31 octobre 2008
Good!
Pour l'instant, tout le monde se rallie à Obama (oui, c'est bien un lien vers "The Economist", petite entorse à mes principes...) en espérant avoir un strapontin dans l'Obamaland qui se profile à l'horizon pour les quatre prochaines années. Les américains vont passer de peu (clinton lewinskynisé) ou pas (GW Bush) de président à un président élu magistralement avec une large majorité au sénat et à la chambre des représentants. C'est la résurection de la fonction présidentielle aux Etats-Unis.
Celle-ci avait été mise à bas à dessein et derrière les accolades et les sourires de circonstances, vous pouvez être sûrs que beaucoup aiguisent leurs couteaux. Surtout si Obama se donne pour objectif de réapprendre la décence à un système devenu fou comme il en indique l'intention plus haut.
Une explication inédite du succès de la "surge"
Officiellement, c'est cette augmentation des troupes qui a fait que durant l'année 2007, un certain nombre de statistiques se sont très nettement améliorées. Nombre d'attentats, nombre de morts américains, activité économique... Personne aujourd'hui ne conteste plus cette amélioration. Beaucoup de gens doutent de ce que la seule augmentation du nombre de soldats explique l'évolution.
Les débats ont lieu sur les causes de cette amélioration: il semble qu'elle soit due en grande partie à des renversements d'alliance (amadouage des sunnites?) et à un lâchage de lest général sur le degré de contrôle que les américains ambitionnent en Irak. Ils ont de grande difficulté avec les législateurs irakiens pour trouver un accord sur une prorogation "open-ended" de l'occupation. On parle aussi de soudoiements avec l'arrosage en cash d'un certain nombre de chefs de guerres locaux.
NB: On en parle peu mais je me souviens d'articles dès la fin de l'invasion qui parlaient d'avions entiers remplis de billets fraîchement imprimés qui devaient poser les jalons du renouveau économique irakien. Quant à savoir comment la comptabilité de ces petites coupures est faite aux US... Y a-t-il une mini branche de la FED chargée d'émettre en loucedé un dollar à usage irakien? Il faut savoir aussi que les dépenses liées à l'occupation de l'Irak sont comptabilisés "hors budget" de l'Etat. Les fous ont les clés de l'asile.)
Il y a aussi eu un serrage de boulon sur la couverture médiatique qui permet une répression et des méthodes qui doivent surement rappeler les autres occupations de l'histoire et donc à n'en pas douter faire froid dans le dos (à vous dégoûter d'aller faire vos courses à NYC - j'y vais dimanche...). La plupart des informations qui nous viennent d'Irak font l'objet d'un contrôle draconien des militaires américains, probablement plus efficace depuis que la situation s'est calmée (je trouve d'ailleurs qu'on a très peu d'infos sur l'Irak en France mais je ne lis pas assez les médias français pour l'affirmer).
Après ces différents éléments, j'en arrive à mon explication inédite. Les Irakiens ne sont-ils pas moins combatifs car ils savent que la situation politique aux Etats-Unis va irrémédiablement vers une sortie de l'Irak? A quoi bon risquer sa vie si l'objectif politique semble garanti à moyen terme? L'invasion américaine a pris fin de facto dans le chaos et la déprime qui a frappé l'opinion puis les politiques américains (et les militaires) à la fin 2006. Obama a battu Clinton à cause de l'Irak. Une fois que l'opinion américaine a été fermement acquise à la cause du départ d'Irak, n'était-il pas raisonnable pour les irakiens de "sit out" l'armée américaine plutôt que de continuer de risquer leur vie pour accélérer un processus qui ne dépendait de toute façon plus que du calendrier politique américain?
Si, demain, un Obama improbablement converti aux vertues de l'empire (ou McCain, ce qu'à dieu ne plaise) décide à nouveau de faire en Irak un protectorat américain gouverné par Exxon et la CIA pour les 1000 prochaines années, est-il raisonnable de penser que beaucoup d'Irakiens risquent d'envisager la présence américaine à nouveau comme intolérable?
Les irakiens sont calmes parce qu'ils ont gagné. Ils n'ont plus qu'à attendre.
La nouvelle ampleur de la crise économique ne peut d'ailleurs que les conforter dans ce calcul (si calcul il y a).
Exit polls 2008 - les américains feront-ils l'autruche comme en 2006?
C'est une expérience vécue: je travaillais aux Etats-Unis dans une salle de marché le jour de l'élection en 2004 et les yeux étaient rivés sur les sites qui organisaient des paris sur l'élection de l'un ou de l'autre. A 14H00, la messe était dite: Kerry l'avait emporté dans les exit polls avec une marge assez importante pour que tout retournement de tendance soit impossible (tronche de mes collègues massivement républicains...). Je suis parti du bureau à 19H00 avec la certitude que Kerry avait gagné. Quand je suis arrivé chez moi, mon roommate m'a dit ça n'était pas joué.
Etant habitué aux élections françaises avec des exit polls qui donnent des résultats souvent fiables au dixième de pourcent près, j'ai toujours considéré le manque d'explication définitive sur ces différences comme une tâche (encore une!) sur le processus démocratique aux Etats-Unis.
Les midterm elections de 2006 allaient-elles confirmer ou infirmer cette tendance aux exit polls "all over the place"? J'avais les yeux fixés précisément sur cette question le soir de l'élection et j'ai constaté que le problème avait trouvé une solution typique de l'amérique bushiste: dans un bel ensemble, tous les networks et agences de presse n'ont tout simplement pas publié d'exit polls! En cas de problème, vous pouvez compter sur les médias américains pour casser le thermomètre. C'est un peu le même mécanisme que pour la crise financière: on aurait attendu très en amont un rôle de vigie et d'alerte des commentateurs et des politiques devant des abus manifestes (beaucoup de contrats de mortgage subprime étaient tout bonnement risibles) mais nous n'avons systématiquement eu droit qu'à des silences complices. La poussière, inlassablement, se voyait glissée sous le tapis.
C'est donc à nouveau une grande question de cette élection: va-t-on ou non avoir des exit polls dignes de ce non qui puissent valider la qualité du processus électoral? Déclaré Obama vainqueur est une chose mais savoir que les exit polls le donnaient à 57/43 et que les résultats finaux sont 54/46 est une donnée intéressante (to say the least).
jeudi 30 octobre 2008
McCain lance des robocalls en Arizona
Le "modèle" social américain
L'argumentaire "ultra-libéral" (terminologie française) repose beaucoup sur l'efficacité: les inégalités sont nécessaires pour créer des richesses. Et que dire quand on voit la croissance américaine dépasser la croissance française de 1, 2 ou 3 points par an pendant 15 ans (1993-2008)? Le refus (relatif) français d'appliquer toutes les recettes du gospel économique "anglo-saxon" (fonds de pensions, baisse des impôts, moins d'Etat, dérégulation...) finissait par ressembler de plus en plus à de l'autisme ou à de l'obscurantisme.
La vraie critique raisonnable était une critique de long terme: si on laisse des richesses phénoménales se concentrer dans les mains de quelques uns, ces derniers prendront tôt ou tard les rênes du système politique et l'orienteront en leur faveur: c'est l'amérique de Bush. Une fois que le système politique est complètement corrompu, on ne peut plus compter sur lui pour réguler efficacement et le pays devient un "runaway train". Plus facile à dire quand l'issue de ce cycle économique se dessine de plus en plus précisément sous nos yeux...
Merci Hubris Kills.
mercredi 29 octobre 2008
Richard Cohen, le Weekly Standard et Sarah Palin (Mégamix)
Ceci étant posé sur Richard Cohen, intéressons-nous à son dernier op-ed dans lequel il fait le point sur le rôle qu'ont eu Bill Kristol, Fred Barnes et Michael Gerson dans le choix de Palin pour la vice-présidence.
Bill Kristol et Fred Barnes dirigent le Weekly Standard. Il s'agit d'une revue hebdomadaire financée (sans doute à perte) par Ruppert Murdoch. C'est l'organe de presse qui a eu les relations les plus incestueuses avec la présidence Bush. C'est le temple de la religion nouvelle conne.
Kristol a fondé le Weekly Standard en 95. En 97, il est fondateur avec Robert Kagan du Project for a New American Century, un think tank idéologique militant pour la prééminence américaine et qui pose le cadre de la dérive extrême-droitière du Bushisme en matière de politique étrangère.
Kristol, qui n'a pas fait le Vietnam (en bon "chickenhawk"), a un sourire robotique qui fait froid dans le dos (vidéo plus bas). Il a l'arrogance et le côté un peu "spooky" d'un individu qui se croit investi d'un pouvoir de vie et de mort sur le reste de l'humanité. Les frontières, les peuples, sont de la terre glaise qu'il convient de modeler dans la poursuite de ses objectifs. Cet homme est prêt à vous regarder dans les yeux et à prendre la responsabilité sans ciller pour des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. On vous dit aristocrate américain bon teint? Je vous dis Pol Pot, Staline, Hitler et autres sociopathes. La volonté de puissance est
Le Weekly Standard a eu un rôle structurant dans
Dernier chef d'oeuvre en date de ces "intellectuels", comme le décrit Richard Cohen, est la nomination de Sarah palin sur le ticket républicain. Tous les ans ou presque, les éditeurs du Weekly Standard organisent une croisière. Il y a 18 mois, c'était en Alaska. C'est là que Barnes, Kristol et Gerson sont tombés amoureux de Palin (reçus deux fois chez le gouverneur). Il n'y a pas de limites à leur bellicosité, à leur stupidité et malheureusement à leur influence. La prochaine croisière est en méditerrannée pour ceux qui seraient intéressés.
Ce qui, entre autre chose, démontre qu'il y a un problème grave dans la structure du pouvoir américaine est que Kristol le sociopathe, au lieu de devenir un paria après avoir été à l'origine de tant de misère humaine pour le peuple irakien et de misère financière pour les américains, a obtenu en 2008 ce qui se fait de mieux en terme de tribune médiatique aux Etats-Unis, un poste d'éditorialiste au New York Times! Celui qui devrait être ostracisé se trouve récompensé. C'est symptomatique des Etats-Unis aujourd'hui.
Voici Bill la veille du déclenchement de la guerre en Irak invité chez Charlie Rose (call it timely). Ca dure une heure mais les deux premières minutes donnent un apperçu de l'émission ("It's better to scare a little bit than to be held in contempt" ou la loi du ghetto appliquée à la première puissance mondiale) :
lundi 27 octobre 2008
Meet "Vera Baker"
Cette histoire date du 11 octobre et n'a quasiment pas été reprise. Rien sur "Google actualités France", pas grand chose sur "Google News". Elle ne sortira sans doute pas lors de ces élections: McCain a plein de casseroles de cet ordre et les médias sont entrés prématurément en phase d'"Etat de Grâce" pour tout ce qui touche à Obama (on ne compte plus les commentateurs conservateurs bon teints qui reconnaissent toutes les qualités du monde à Obama).
Donc voilà, Vera Baker est passée pour l'instant à côté de ses 15 minutes de gloire et de son "book deal" à $1Million avec adaptation au cinéma mais ça n'est sans doute que partie remise (si elle a eu le bon sens de ne pas envoyer au pressing ce qui méritait de l'être).
Si cette histoire est vraie, cela affaiblit la situation d'Obama et le rend vulnérable à des tentatives de Lewinskynisation. Cela doit également rassurer ceux aux Etats-Unis qui pensaient avoir affaire à un moine soldat impossible à compromettre... Ou peut-être qu'Obama arrivera à faire passer le cap aux américains et à rendre ces histoires inefficaces d'un point de vue politique?
C'est en fait un peu déjà le cas: Schwarzenegger a été dénoncé durant sa campagne pour de multiples actes de "groping" et cela n'a eu aucun impact (il faut dire que c'est une movie star et que c'est la Californie). Aussi, Clinton a été élu après avoir reconnu des infidélités conjuguales (après la confession télévisée, soutenu par Hillary). L'affaire Lewinsky a causé des problèmes au même Clinton mais surtout dans les médias et beaucoup moins dans l'opinion. L'indignation de circonstance qui suit ce genre de révélations est beaucoup plus une création médiatique qu'un sentiment populaire qui a des conséquences en terme de votes.
Dernière chose, quand on voit qu'aucune rumeur n'a jamais circulé au sujet de W, on peut se demander dans quelle mesure les américains ne vont pas exiger à l'avenir d'avoir des womanizers à la maison blanche.
dimanche 26 octobre 2008
Sunday Provence Blogging

J'étais à un mariage "en Avignon" hier. Je suis sur cette place de village aujourd'hui. Il fait 22°. Je me demande si la Provence n'est pas la seule solution raisonnable à cette crise. Ils ont le wifi ici aussi.
vendredi 24 octobre 2008
Palin, plus gros boulet que Bush?
Les américains ont raison. Si on en croit les tables actuarielles, McCain a 15% de chances de mourir avant la fin d'un premier mandat et une chance sur trois de mourir avant la fin d'un deuxième.
De toute façon, les vice-présidents qui aiment la chasse n'ont pas un bon track record.
Money, money, money. It's a rich man's world!
Il ne s'agit pas, contrairement aux républicains, de faire de la "character assassination" de l'opposant mais de dénoncer les robocalls républicains. Ca me paraît être le minimum.
Cela traduit surtout le fait que les démocrates sont "awash in cash" (voici finalement le lien avec le titre du post - pour ceux qui se demandaient...). Ils peuvent répondre aux républicains sur tous les terrains. Obama a levé tellement d'argent qu'il est même prévu une publicité de 30 minutes sur tous les grands networks dans les jours précédents l'élection. Du jamais vu. Je trouve ça très contestable. Ca met en avant l'avantage financier d'Obama d'une manière très bling bling et je ne vois pas en quoi ça peut l'aider à ce stade. Sans compter qu'il s'insinue dans les foyers et bouleverse les habitudes (les programmes et même le base-ball sont déplacés) au moment où les gens semblent commencer à saturer sur cette campagne (les extraits youtube que je vois se terminent quasiment tous par un journaliste faisant une remarque dans le genre: "12 more days to go and we can put all that behind us").
Il ne va pas faire passer de messages politiques substantiels vu qu'il a décidé (comme McCain) de différer toute discussion sérieuse de la crise économique à après l'élection. Ca va donc être une infomerciale d'une demi-heure. Je pense que c'est une connerie. Enfin, d'autres hommes politiques ont survécu au bling bling, voir même au ultimate bling bling: la ultimate trophy wife...
Il vaut mieux ne pas l'avoir en journal...
jeudi 23 octobre 2008
L'€ sous $1.29
La politique de création monétaire aux Etats-Unis continue sur un rythme effréné. Alors, certes, la BCE a entamé tout récemment une baisse des taux qui affaiblit mécaniquement l'euro mais la FED n'a cessé de signifier au marché dans la première année de la crise que son seul objectif (contrairement à ses statuts) est de maintenir autant que faire se peut le cours des actions. Depuis septembre 2007, les actions de la FED ont été dictées par les aléas des principaux indices boursiers (il n'y a qu'à en regarder le timing par rapport aux évolutions de la bourse pour s'en persuader: si vous shortiez les actions et que vous gagniez, vous deviez prendre en compte le fait qu'une action de la FED ne tarderait pas) beaucoup plus que par l'inflation, la croissance et l'emploi alors que ce sont ces données qui guident ses actions selon ses statuts. Si on se base sur la croissance de +2,8% du dernier "quarter", il n'y a aucune raison d'avoir baissé les taux si vite à 1.5% (wink wink...). L'inflation est élevée mais Bernanke a démontré plus d'une fois qu'une baisse 10% de la bourse l'inquiète beaucoup plus qu'une inflation à 10% (tant que cette dernière ne s'est pas matérialisée, les banquiers centraux aussi ont la mémoire courte). L'emploi, lui, a vraiment commencé une baisse substantielle mais le chiffre reste historiquement bas (en remontée rapide).
En gage de sa mauvaise foi, la FED a décidé en 2006 d'arrêter de publier la croissance de l'agrégat monétaire M3 (sans que le WSJ, le FT ou The Economist ne s'en émeuvent outre mesure). Il s'agit de l'agrégat monétaire le plus large donnant une idée de la quantité de dollars en circulation à l'échelle de la planète. Ca s'appelle casser le thermomètre.
On a d'un côté une FED qui se comporte comme un bandit en cavale (elle est responsable en grande partie des difficultés économiques mondiales) et une BCE qui joue les bons pères de famille. Résultat, les gens achètent des dollars et vendent des euros. Contre-intuitif, to say the least.
Le plus étonnant et que jusqu'à récemment, la crise avait de manière logique plutôt affaibli le dollar. La baisse des taux de la BCE (c'est plus qu'une baisse: c'est une inflexion de politique) a pu avoir un rôle mais la baisse de l'Euro a commencé avant qu'elle ne soit décidée et j'ai l'impression que la réaction a très largement overshooté ce simple effet.
Il semble finalement que le déclencheur principal de la hausse du dollar ait été la la baisse du pétrole (voir graphe plus bas). Il faudra regarder ce qui se produit quand celui là atteindra un plancher. En attendant, it's been quite a ride...
J'attends vos commentaires si vous avez des éclairages sur la question...
EUR/USD

BRENT

Seulement pour les FED ou BCE watchers, W. m'a envoyé ce graphe (merci W.). Cliquez dessus pour agrandir.
El Blogo, pouvez- vous étayer vos affirmations?
J'ai vécu cinq ans là-bas et durant cette période mes yeux n'ont cessé de s'écarquiller (oui, ils sont très écarquillés) devant les multiples dérèglements de la société américaine. La plupart du temps je ne les constatais pas en lisant les vieux médias (aka "corporate medias") mais en suivant des nouveaux médias qui proposaient parfois une lecture littéralement alternative de l'actualité (exemple: les corporate medias célébraient le discours de Powell à l'ONU comme une démonstration implacable alors que la blogosphère disait: il n'a rien, sa démonstration est nulle - l'histoire a tranché).
Le but d'El Blogo n'est pas de choquer mais de convaincre. Evidemment, il est difficile en deux semaines de tenter de faire partager une expérience de plusieurs années mais j'espère que par petites touches, la plupart de ces affirmations choquantes (les stats écos sont pipautées, les élections sont truquées, les politiciens sont corrompus (plus qu'ailleurs), l'information est scriptée etc...) se verront démontrées. Evidemment, la guerre en Irak et la crise économiques sont les deux faits les plus saillants qui devraient convaincre même le lecteur le plus rétif à ce genre de discours sur les Etats-Unis que l'heure est au moins à la vigilance et l'interrogation.
Aujourd'hui, je vous propose la lecture des entrées wikipédia relatives aux fraudes possibles et aux sondages sortie des urnes stupéfiants lors des élections de 2004. Désolé, c'est en anglais. Le fait que je publie ça (et les liens) sur El Blogo ne signifie pas que je considère toutes ces informations comme "vraies" ou parfaites. J'invite le lecteur au scepticisme qui est de mise sur internet, à évaluer la crédibilité des sources et à jauger la pertinence des discours.
Le problème c'est que ce scepticisme devrait être appliqué également à la lecture de nos journaux de référence (pour ceux qui ne l'ont pas encore abandonnée purement et simplement comme le suggère ce blogo). Ils ne sont pas des lieux d'information mais des lieux de pouvoir et le pouvoir, comme chacun sait, corrompt. Pour ceux qui veulent s'en persuader, vous pouvez relire les articles publiées par Judith "aluminium tube" Miller au NYT de septembre 2002 à mars 2003 (éventuellement après mars 2003 aussi mais je pense que cela devrait suffire).
Je voulais donc rappeler que les sondages sorties des urnes en 2004 avaient d'abord donné Kerry vainqueur avec une marge qui ne laissait supposément pas de place au doute et que beaucoup d'éléments laissent planer un doute sur l'intégrité des machines à voter américaines.
Pour ceux qui veulent approfondir sans se donner la peine d'une recherche google, vous avez quelques éléments ci-dessous:
Je vous propose de commencer par l'article "Circulez, y a rien à voir" du NYT le 12 novembre 2004 (je n'ai pas pu vérifier mais il semble qu'il était en première page).Le NYT dans son rôle du berger qui donne le tempo et définit l'acceptabilité ou non du discours (similaire au Monde en France). Vous noterez la quasi-absence de discussion sur le fond, juste un peu de "blogger bashing". La dernière édition de New York Magazine a un article qui décrit la famille actionnaire et la situation financière difficile du journal. Dans leur actionnariat, ils comptaient Morgan Stanley de 1996 jusqu'à récemment... To be fair, MS a eu beaucoup de difficultés avec la famille actionnaire. Ils ont détenu près de 8% à un certain point. Ca donne quand même une information pour ceux qui se demandent comment on arrive à une situtation où les contribuables payent les bonus des banquiers...
Ces deux articles sur les exit polls sont intéressants mais longs: ici et là.
Puis un extrait de l'entrée wikipédia sur les élections de 2004 - les machines à voter:
Points of controversy
- There is no individual federal agency with direct regulatory authority of the U.S. voting machine industry.[32] However the Election Assistance Commission has full regulatory authority over federal testing and certification processes, as well as an influential advisory role in certain voting industry matters.[33] Further oversight authority belongs to the Government Accountability Office, regularly investigating voting system related issues.[34]
- The former president of Diebold Election Systems (Bob Urosevich) and the vice president of customer support at ES&S (Todd Urosevich)[35] are brothers.[36]
- Walden O'Dell the former CEO of Diebold (the parent company of voting machine manufacturer Diebold Election Systems) was an active fundraiser for George W. Bush's re-election campaign and wrote in a fund-raising letter dated August 13, 2003, that he was committed "to helping Ohio deliver its electoral votes to the President."[37]
- Republican Senator Chuck Hagel, who was on a short list of George W. Bush's vice-presidential candidates,[38][39] served as the chairman of ES&S in the early 1990s when it operated under the name American Information Systems Inc. (AIS).[40] ES&S voting machines tabulated 85 percent of the votes cast in Hagel’s 2002 and 1996 election races. In 2003 Hagel disclosed a financial stake in McCarthy Group Inc., the holding company of ES&S.[40]
- Global Election Systems, which was purchased by Diebold Election Systems and developed the core technology behind the company's voting machines and voter registration system, employed five convicted felons as consultants and developers.[41]
- Jeff Dean, a former Senior Vice-President of Global Election Systems when it was bought by Diebold, had previously been convicted of 23 counts of felony theft in the first degree. Bev Harris reports Dean was retained as a consultant by Diebold Election Systems,[42] though Diebold has disputed the consulting relationship.[41] Dean was convicted of theft via "alteration of records in the computerized accounting system" using a "high degree of sophistication" to evade detection over a period of 2 years.[42]
- International election observers were barred from the polls in Ohio[43][44] by then Republican Ohio Secretary of State Ken Blackwell. Blackwell's office argues this was the correct interpretation of Ohio law.[44]
- California Secretary of State Kevin Shelley decertified all Diebold Election Systems touch-screen voting machines due to computer-science reports released detailing design and security concerns.[45][46]
- 30% of all U.S. votes cast in the 2004 election were cast on direct-recording electronic (DRE) voting machine, which do not print individual paper records of each vote.[47]
- Numerous statistical analysis showed "discrepancy in the number of votes Bush received in counties that used the touch-screen machines and counties that used other types of voting equipment" as well as discrepancies with exit polls, favoring President George W. Bush.[48][49][50][51][52][53][54][55]
Pour finir, un extrait sur l'entrée wikipédia consacrée aux doutes sur les élections (différente de la précédente) qui s'intéresse aux exit polls:
Exit polling
The 2004 election brought new attention to the issue of exit polls[23], which are generally considered more reliable than pre-election opinion polls. Many[who?] pointed to widespread discrepancies between exit polls conducted during Election Day and the officially reported results. They pointed out that the official results were more favorable to Bush than were the polls, and that these discrepancies were more likely to arise in swing states.[24] They argue that the exit polls showing a Kerry victory were probably correct and that the official totals from the machines were wrong. Expert opinion was divided concerning what inferences should be drawn from the cited discrepancies.[25][26]
Mitofsky International, the company responsible for exit polling for the National Election Pool and its member news organizations, released a report detailing the 2004 election's exit polling.[27] At issue were the early release of some poll information, issues regarding correcting exit poll data using actual voter totals, and differences between exit polls and official results.
The NEP report stated that "the size of the average exit poll error ... was higher in 2004 than in previous years for which we have data." It concluded that these discrepancies between the exit polls and the official results were "most likely due to Kerry voters participating in the exit polls at a higher rate than Bush voters". Polling expert John Zogby later called this explanation "preposterous".[28]
A study performed by the Caltech / MIT Voting Technology Project concluded that "there is no evidence, based on exit polls, that electronic voting machines were used to steal the 2004 election for President Bush."[29] This study was criticized for using data that had been corrected to match the official count, and thus "essentially analyzing rounding error".[30] On December 5, 2004 Charles Stewart III of MIT released a revised report which, he said, used pre-corrected data.[31]
On December 7, 2004, Warren Mitofsky, who had overseen the exit polling, stated that the pre-corrected data were proprietary and would not be released.[32]
One paper concluded that discrepancies in the exit polls were evidence that the election results were off,[33] though others alleged this paper was unscientific.[34] [35]
mercredi 22 octobre 2008
Colonisation 2.0
Evidemment, les américains n'ont trompé personne mais quand même, quel effroyable début de siècle. Ils pouvaient difficilement faire pire. Ah si. Ils pouvaient être en plus à l'origine de la crise économique la plus grave depuis 1929.
Le Monde, le NYT ou l'extinction des dinosaures
(Here's to you, Edwy: l'intérêt de l'internet est de cesser de se voir infliger ces danses dégradantes entre nos dirigeants et nos informants. Nous n'avons plus besoin des intrigants pathétiques de ton espèce. Alors tu peux bien frimer avec ton URL (un site payant? On devrait payer pour s'infliger ton discours biaisé? meme le NYT (que je ne lis plus) y a renoncé...) mais ton mode de pensée et ta façon d'opérer sont morts.)
Je n'avais jamais vu un organe de presse se vautrer dans une telle promiscuité avec le pouvoir. C'était avant que je ne me familiarise avec le NYT (que je ne lis plus) - dont acte.
Bon. Toujours est-il que je me pointe chez des amis et qu'on me dit que Le Monde voit Obama à 3 points du vieux. Alors je me lance dans une diatribe: "Tu sais mon ami, j'ai un blogo sur la politique américaine donc je t'explique la vie et ce que dit Le Monde ne casse pas trois pattes à un canard". Mais c'est "le journal de référence" alors je suis quand même un peu troublé. Je rentre chez moi ce soir et je vois ça. Mais il y a aussi ça. Et ça.
Et puis finalement, le site de Gallup... Pourquoi le monde a-t-il deux jours de retard? Pourquoi n'expliquent-ils pas que la notion de "likely voters" n'a jamais été aussi difficile à définir que pour cette élection où énormément de nouveaux électeurs sont inscrits? Pourquoi ne font-ils pas une moyenne des sondages connus? Par quel miracle le meme chiffre gallup deux jours après donne Obama à 51 contre 44? (c'est le dernier chiffre de Gallup by the way, toujours en "likely voters" - pourquoi un écart plus grand de 4 points en 2 jours sans évènement majeur?)
Non alors vraiment, si vous voulez être informés sur les élections américaines, lisez El Blogo et pas Le Monde. Ils pourraient au moins faire état du fait que leurs chiffres (qui ont déjà été actualisés deux fois depuis) sont infirmés par d'autres sondages.
D'ailleurs, quel que soit le sujet, ne lisez pas Le Monde. Nous sommes en 2008. Il existe désormais des moyens moins douteux de s'informer.
Ne lisez pas non plus "The Economist" (que je ne lis plus), mais ça, vous le saviez déjà. Quant à Mediapart, pas la peine que je vous fasse un dessin... El Blogo est d'ailleurs dorénavant interdit aux abonnés payants de Mediapart. Voilà, c'est dit. Le moment est venu de tirer un trait sur nos "journaux de référence" (sauf si vous voulez continuer à payer le bonus de vos banquiers avec vos impôts - more on this later). It's a brave new world ahead of us!
Addendum: Suite à un commentaire de Z qui me dit qu'il a lu que Reagan et Kerry avaient fait mentir des écarts similaires, j'ai trouvé un petit graphe qui semble le mettre en doute. Je n'y vois pas une preuve définitive (il ne s'agit que d'un seul institut à une date donnée et de toute façon je prends les sondages avec des pincettes en règle générale). Si tu prends sur le dernier mois de campagne, l'écart le plus large entre les candidats précédents et l'écart le moins large entre McCain et Obama, tu peux peut-être trouver une instance, dans un institut, où la différence semble la même. Tu t'attends juste à ce qu'un journal de référence pour des millions de personnes ne fassent pas ça. La conséquence de chiffres douteux est un discours douteux. La réalité, c'est que l'avance d'Obama est majeure et lui garantit quasiment l'élection (sauf fraude) et on pourrait compter sur Le Monde pour au moins rendre compte de cette réalité. Il y a les sondages mais il y a aussi plein d'"annecdotal evidence": le monde au meeting, l'argent record levé par Obama, le trafic des sites internets respectifs des candidats... Il y a aussi les sondages d'environnement commes les "favorability ratings" des 4 candidats qui sont assassins pour les républicains.
Je trouve qu'on ne rend pas assez compte depuis le début de cette élection en France de l'exaspération des américains envers les républicains. On considère toujours que c'est une n-ième resucée du même match de box mais cette fois-ci, à force d'être violentés par des élites sans scrupule, les américains semblent sur le point d'envoyer le premier signal fort du fait qu'ils souhaitent reprendre les choses en main. More power to them. Présenter cette élection comme un match serré, c'est passer complètement à côté de sa signification qui est une répudiation des républicains après 8 ans de bushisme.
mardi 21 octobre 2008
Message personnel
Bon anniversaire, Papy G!
Il se reconnaîtra...
Et un meeting de McCain, ça ressemble à quoi?

Vous allez me dire que c'est unfair et vous aurez raison.
Il n'en reste pas moins qu'Obama a fait 100000 à St Louis (record), 75000 à Kansas City et McCain 6000 à Belton, dans la banlieue de Kansas City. C'est un peu la différence entre Madonna et Annie Cordy.
Les démocrates n'en finissent pas de tendre l'autre joue
Le discours est similaire à ce qu'on avait appelé le "swiftboating" de John Kerry, référence à ces bateaux de l'US Army qui remontaient les rivières durant la guerre du Vietnam. Kerry commandait une de ces embarcations et en dépit des récompenses qu'il avait gagnées, des anciens de son unité avaient participé à des publicités républicaines (sous un faux-nez) dénonçant son comportement à l'époque. Certains ont attribué la défaite de Kerry à ces tactiques. Et tout cela alors même que ces lâches de Bush et Cheney avaient usé de ruses et/ou de leurs relations pour échapper au Vietnam! Cheney a même déclaré qu'il avait "better things to do at the time".
Les républicains choisissent un axe d'attaque (peu importe le peu de substance de l'accusation ou la mauvaise foi - cette fois-ci ce sont les liens entre Obama et le "terroriste" Bill Ayers) et le serinent de manière compulsive jusqu'à ce que l'opposant démocrate soit associé à ces attaques de manière immédiate dans l'esprit de la population. On appelle ça le "Karl Rove playbook" et cela domine la politique américaine (sous cette forme) depuis G. W. Bush. McCain en a lui même fait les frais en 2000 contre Bush, il a d'ailleurs appelé la société qui avait fait les robocalls de Bush contre lui en 2000 pour attaquer Obama. Il avait appelé à l'époque les robocalls de Bush des "Hate Calls".
Ce qui est choquant, c'est que cette arme semble être le privilège exclusif des républicains. Les démocrates semblent hésiter à s'autoriser ces pratiques. Ils ne savent pas y réagir et ils savent encore moins utiliser ce genre d'arme contre les républicains. Alors ils encaissent. Alors ils perdent, et perdent, et perdent. C'est à se demander si les gens ne votent pas pour les républicains car la seule chose qu'ils retirent de la campagne est que les républicains sont forts et que les démocrates sont faibles. Pendant toute l'ère Bush, les démocrates se sont excusés et n'ont jamais vraiment porté le fer comme les multiples crimes de W auraient pu les y autoriser. Alors aujourd'hui les électeurs finissent par apprendre et risquent cette fois de ne pas se faire avoir mais j'enrage de voir les démocrates continuer à tendre l'autre joue.
Il s'agit de politique et ce qu'il faut c'est gagner. Si la mauvaise foi et la violence sont récompensées dans la culture politique américaine, on est bien obligé de s'y résoudre ou alors il faut faire autre chose. Je n'aime pas parler de l'ethnicité d'Obama car j'ai l'impression qu'on la surpondère dans l'explication de son existence politique. Je pense cependant que cela explique la (presque) passivité de la campagne Obama en cette matière: il ne peut pas "inquiéter" la majorité blanche avec un discours trop négatif sur un vieil homme blanc, héro de guerre. Et ce en dépit du déluge d'attaques dont il fait l'objet. Il semble néanmoins que le vent soit en train de tourner et que cette fois la "slime machine" républicaine ne gagne pas la partie. 60% des américains considèrent les attaques contre Obama "off limits" aujourd'hui. Espérons que cela dissuadera les républicains de faire appel à ce genre de tactiques à l'avenir et que les américains mettent ça un peu derrière eux. Un signe des temps et ce sénateur républicain du Maine dont le siège est en jeu et qui demande à la campagne McCain de cesser ces attaques sur son territoire de peur du backlash. Toujours est-il que cette passivité des démocrates et cette manière qu'ils ont de réajuster leur costume alors qu'ils sont sous le feu nourri des tomates républicaines est sur le principe exaspérant.
La bigger picture:
L'impuissance démocrate va cependant plus loin et on peut littéralement parler de collusion avec les républicains sur beaucoup de sujet (guerre en Irak, Fannie et Freddie, régulation des banques, financement de campagne etc...). La faiblesse démocrate a souvent autorisé le status quo. En 2004, on ne pouvait pas attaquer le "commander in chief during wartime". En 2006, Pelosi déclare que l'impeachment de Bush n'est pas "on the table" alors que la côte de popularité de Bush est au plus bas et que ses mensonges ont tué des centaines de milliers de personnes (Bill Clinton a été impeached alors que sa côte de popularité était au plus haut et que ses mensonges étaient sans conséquence). Alors que les démocrates sont majoritaires au congrès depuis 2006, Bush n'a cessé de remporter victoire sur victoire notamment et de manière inouïe sur la guerre en Irak (les démocrates ont laissé faire la "surge" de Bush alors que celui-ci atteignait un plancher en terme de popularité et que la population rejetait massivement la guerre). Après des résultats d'élections contestés dans certains états en 2004 (comme l'Ohio), les démocrates majoritaires n'ont même pas réussi à améliorer la situation en rendant le vote plus transparent pour 2008 (suppression des machines diebold à la sécurité déficiente etc...). L'amérique de Bush n'a été possible que grâce à la complicité passive des démocrates qui n'ont jamais "put up a real fight" contre W.
C'est pour ça qu'une victoire éventuelle d'Obama n'est qu'une bataille dans la reconquète de leur démocratie par les américains. Ca n'est certainement la fin de la guerre.
Dernière chose car j'ai déjà eu l'expérience de nombreux froncements de sourcils sur cette question: Bill Clinton a bel et bien été "impeached". Cela ne veut pas dire destitué.
lundi 20 octobre 2008
Obama à St Louis - La rock star
Barack just concluded his speech underneath the Gatway Arch in St. Louis, in front of a record crowd of over 100,000 people. "All I can say is, wow," Barack said as he took the stage.
Le pari "Palin" fait pschttttt
Palin est inapte à gouverner.
Puisqu'il l'a choisie, McCain est également inapte.
CQFD.
samedi 18 octobre 2008
A stand-up comedian in every American?
-McCain 1
-McCain 2
-Réponse d'Obama
Et un reminder sur leur maître à tous les deux: Stephen Colbert en 2006. Je ne sais pas s'il y a beaucoup d'exemple d'un homme prenant à partie son auditoire de manière aussi cinglante dans un contexte aussi high-level. Il faut dire que son auditoire l'avait bien mérité. But still, un speech historique.
DSK fait le talk show américain le plus élitiste
Notons que le timing est étrange. C'est peut-être une tentative de déstabilisation de la présidence française du FMI en pleine crise et le jour où Sarkozy est à Washington pour expliquer la nouvelle organisation économique mondiale à Bush. Voici donc ce post moins long que l'introduction:
J'ai dans un coin de ma tête le souvenir que DSK a un penchant immodéré pour les journalistes et qu'on lui a un jour prêté les mots: "avec les journalistes de droite, c'est encore meilleur". J'espère pour lui que dans son exil américain il a pu réaliser ses fantasmes avec des journalistes de Fox News. Il ne trouvera pas plus à droite.
Toujours est-il qu'il est passé jeudi au talk show le plus select aux Etats-Unis: Charlie Rose.






