mercredi 9 décembre 2009

Climate change? Sceptiques contre fans

L'idée même de donner aux deux points de vue la même importance est iconoclaste. Mais vous lisez "El Blogo" après tout... (via TBP)
A noter qu'on dit que l'année 2009 va être la plus chaude "on record". Whatevah...
(cliquez pour lire - si ça n'est pas assez gros, suivre ce lien)

mardi 8 décembre 2009

Post-It

Putin: "je pourrais me présenter à la présidentielle de 2012". La raison pour laquelle Poutine s'est senti obligé de respecter la constitution en devenant Premier Ministre pendant quelques années m'échappe complètement. Si encore la Russie avait une tradition constitutionnelle de plusieurs siècles, je pourrais concevoir ce genre de stratagème mais dans le contexte, je trouve cette mascarade étonnante.

Déjà documenté dans le blogo mais repris dans le FT. Comment les top 5 executives de Bear Stearns et de Lehman n'ont finalement pas autant perdu que communément admis lors de l'effondrement de leurs boîtes.

Newsweek lave Barney Frank plus blanc. Naked capitalism remet les choses à leur place. et comment la saucisse législative en matière financière est fabriquée. (référence à cette citation de Bismarck: "Laws are like sausages, it is better not to see them being made.")

D'après une étude de Pivot Capital Management, la Chine va exploser en vol: "Given China’s importance to the thesis that emerging markets will lead the world economy out of its slump, we believe the coming slowdown in China has the potential to be a similar watershed event for world markets as the reversal of the US subprime and housing boom." (via Naked Capitalism)

Un organisme financier international s'en prend à la politique de la FED de taux bas qui a causé la crise. C'est assez rare pour être signalé. Il s'agit de la Bank of International Settlements. (via Naked Capitalism)

Geithner s'en prend à Goldman Sachs. C'est un peu tard, Timmy. Plus personne ne te prend au sérieux.

J'ai essayé de publier un commentaire sur Zero Hedge faisant remarquer qu'il publiait beaucoup de recherches de GS et que ça servait GS. Il n'a pas été publié. (les commentaires sont généralement facilement acceptés et peuvent être à la fois vulgaire, mal écrit, vide de contenu). J'ai eu un bandeau me précisant que mon commentaire était en attente de modération. Il attend toujours. Particulièrement "thin skin" sur ce sujet...
NOTE: les commentaires en question ont finalement été publiés. Ca a pris beaucoup plus de temps que d'autres commentaires que j'avais posté mais ça n'est pas comme s'ils avaient un engagement de rapidité sur la modération des commentaires...

lundi 7 décembre 2009

Souvenirs, souvenirs

Je me souviens de ma jeunesse où on me décrivait les périls du totalitarisme en me disant qu'en Union Soviétique, le courrier entre individus était ouvert de manière routinière par le gouvernement et que les téléphones étaient écoutés. Horreur absolue. J'en faisais des cauchemards*.

Aujourd'hui, nos vies sont complètement exposées par nos communications électroniques et les gouvernements ont décidé qu'ils y avaient plus ou moins librement accès. En tout cas aux Etats-Unis mais l'hadopi ne nous promet pas vraiment de "lendemains qui chantent" en matière de libertés publiques puisqu'elle place la France aux avant-postes du quadrillage des comportements des internautes par l'Etat.

Addendum: The big revelation is that one wireless telecom company in a single year processed 8 million law enforcement requests for GPS data on the company's wireless users. And that's just one company. (via TPM)

* J'ai plus tard perdu la naïveté qui consistait à croire que cela n'arrivait pas chez moi, notamment avec les écoutes de l'Elysée. Plus généralement, j'ai compris que les idéaux démocratiques étaient plus faciles à proclamer qu'à mettre en oeuvre en pratique. En tout cas (clin d'oeil à un lecteur qui se reconnaîtra et qui m'a fait remarquer que la formule "en tout cas" était surabondante sur le blogo), je préfère toujours les Etats qui les proclament. C'est déjà ça.

Plaque d'immatriculation

D'après Matt Taibbi, il s'agit de la plaque d'immatriculation de Rob Kindler, Vice-Chairman de Morgan Stanley. Il doit avoir son petit succès entre Greenwich et Manhattan où la bonne humeur visisblement règne. C'est marrant. Sauf si on essaye d'imaginer combien de Porsche Cayenne Turbo il pourra s'acheter grâce à l'application de ce concept. Self-deprecating humor? C'est marrant si on a obtenu un réel titre de gloire. Quand on fait fortune dans l'extorsion de fonds, c'est plus discutable.

Outing du blogo sur le réchauffement climatique

(Copenhague, Claude Allègre, le "climate gate" et l'émission "Ligne jaune" sur le site d' "Arrêt sur image" m'ont replongé dans le débat sur le réchauffement climatique. L'occasion pour moi de me remémorer ce que j'en ai pensé au fil des années et de constater que je suis redevenu sceptique. Beaucoup des modalités du discours sur le climat font tressaillir le bullshit detector du blogo. Quel meilleur sujet pour déchaîner les passions, les peurs et raconter n'importe quoi? Il y a un antidote: ça s'appelle la science mais comme l'économie, elle peut être corrompue. Les scientifiques peuvent-ils avoir la sagesse de se déclarer incompétents? Et s'ils le font, quel effet cela pourait-il bien avoir sur leurs financements et leurs statuts? Let me think...)

En 1994, j'ai vu un documentaire de la BBC cinglant expliquant que la science du réchauffement climatique (et de ses causes humaines) était beaucoup moins évidente que ce qui était en règle générale perçu dans les mass media. Ca a été une révélation pour moi (même si je ne serais pas étonné de voir qu'EXXON a payé une résidence secondaire confortable au journaliste de la BBC). J'ai ensuite pendant plusieurs années examiné avec un oeil critique tous les discours que je lisais sur le réchauffement. Et je dois dire que je n'étais pas souvent déçu. Le schéma était simple et sans cesse répété: je voyais un titre d'article alarmiste dans un journal et j'avais en général toutes les peines du monde à trouver dans le corps de l'article des éléments très substantiels qui auraient pu justifier l'alarmisme du titre. Et puis le sujet est devenu moins brûlant ou je m'en suis un peu désintéressé, je ne me souviens plus très bien.

Le plus révélateur pour moi sur la question ne se trouvait pas dans la science (balbutiante en cette matière) mais dans le discours. Quand on sent une intensité particulière, une intolérance, un matraquage sur un sujet déterminé, il est légitime de voir l'aiguille de son "bullshit detector" tressaillir. Il ne fallait pas être un inspecteur de l'ONU en Irak pour déterminer que les gouvernements britanniques et américains étaient dans un mode propagandiste avant la guerre. Un décryptage (même pas sophistiqué) du discours de ceux-ci y suffisait largement. Pas besoin d'être expert en climatologie pour s'interroger sur les discours qu'on entend sur le climat. Il suffit de lire.

Je n'ai pas d'affinité particulière pour le sujet. Ni même d'ailleurs de conviction définitive. Ca n'est pas ma guerre. J'ai d'ailleurs fini par céder aux sirènes "réchauffistes". J'en suis arrivé au milieu des années 2000 à m'en remettre au consensus. Oui, la terre se réchauffait à cause de nous et il fallait prendre le mors au dent en changeant nos comportements. Je ne suis pas devenu militant mais j'étais prêt psychologiquement à ce qu'on m'impose des taxes, des contraintes dans le but de diminuer le danger. Le film d'Al Gore et son Nobel a eu en la matière une certaine importance (c'était avant qu'on réalise avec le Nobel d'Obama que la vie était peut-être tout simplement un peu trop ennuyeuse en Norvège). Pendant longtemps, je me suis dit que même si je ne l'avais pas vu, ce film faisait le point et apportait une réponse définitive aux problèmes qui avaient suscité mon interrogation dans les années 90. Sans doute avait-on depuis le temps envoyé des satellites qui mesuraient la température de manière indiscutable et Al Gore nous apportait la mauvaise nouvelle, "An Inconvenient Truth".

Je m'étais donc trompé. Non pas que tous les discours dans les années 90 aient été limpides ou de bonne foi mais désormais, honnêtes ou pas, ces messages s'étaient avérés aller dans le bon sens d'un point de vue historique. Seuls les faits m'intéressent. Le dogmatisme m'insupporte. J'étais donc prêt à manger mon chapeau et à me ranger à cette nouvelle orthodoxie, estampillée "Al Gore". Jusqu'à ce qu'un jour je finisse par voir le film (très longtemps après sa sortie). A ce stade, j'en avais par avance accepté les conclusions. J'ai été terriblement déçu. Alors que je m'attendais à une démonstration implacable qui me montrerait comment 10 ans de science dure avait transfiguré le débat pendant que je regardais ailleurs, j'ai eu l'impression de regarder un bonimenteur de foire (c'est avec l'élévateur électrique qu'il m'a totalement perdu). Al Gore était devenu l'homme sandwich d'une cause. Cela ne favorise pas le pragmatisme et l'objectivité. Si vous regardez ce film avec quelques notions de scepticisme climatique, il est très loin d'emporter la décision. Les effets de manche et la place laissée à l'affectif ne peut que mettre mal à l'aise un individu qui ne demande qu'à être convaincu mais qui n'est pas pour autant gouroutisable en un claquement de doigt. Je ne voyais pas en Al Gore un prophète mais un homme objectif qui avait mis son poids dans la balance car la situation l'exigeait. Vu son envergure, je lui faisais confiance pour faire un film qui rassemble ce qu'il y avait de plus convaincant sur la question. Pour moi, ça a donc fait pschittttt.

Back to square one. Je suis toujours prêt à évoluer mais j'ai besoin d'être convaincu. L'idée que "tous les scientifiques" soient d'accord me laissent complètement froid. La force corruptrice capable de fédérer un tel unanimisme n'est pas difficile à décrypter: l'intérêt. La catastrophe imminente procure des crédits, du prestige et de l'attention à des scientifiques dont l'univers serait beaucoup plus morne s'ils n'étaient pas au coeur du "devenir de l'espèce humaine". Que le climat soit un lieu privilégié de développement des croyances et des superstitions est une réalité qui est trop peu examinée. Pourquoi ne met-on jamais en avant que la vie de climatologiste n'est pas la même selon qu'ils sont au centre du devenir de l'humanité ou qu'ils sont des scientifiques "nerdy" ignorés de tous? Le "climate gate" esquisse comment une orthodoxie peut être obtenue au sein d'une communauté si cette orthodoxie est alignée sur les intérêts de cette communauté. C'est exactement similaire au monde bancaire et au subprime (facile d'y croire quand ça rapporte). La FED n'arrrive-t-elle pas à faire régner une orthodoxie totale dans le monde académique américain sur l'économie? Il faut que les médias cessent de retranscrire des discours sans décrypter systématiquement les intérêts qu'ils servent. (Vaste programme! C'est celui du blogo.)

Voilà donc comment j'ai évolué sur le sujet (en fait pas tellement). Une opinion de plus me direz-vous et vous aurez raison. J'ai cependant une proposition: j'aimerais voir les scientifiques dont c'est la responsabilité faire des projections (températures en fonction de l'activité humaine). Une fois qu'ils auront remis leurs copies, on mettra en place le (ou les) systèmes de mesure qu'ils prescrivent et on confrontera leurs projections aux résultats. No more BS. Si ça n'est pas possible ou si leurs résultats sont faux, ils apparaîtront à la face du monde comme des escrocs. Sinon ils auront droit à une avalanche de Nobels. Any takers?

Cette formalisation des projections et des mesures est cruciale. Mon petit doigt me dit que les grands gourous du climat n'aimeront pas du tout ce nouveau carcan qui les contraindra à quitter les incantations pour rentrer dans un semblant de démarche scientifique. Pourtant il n'y a pas de piège: on leur demanderait d'un côté les projections et de l'autre la définition des méthodes de mesure adaptées. Le seul problème, c'est qu'une fois que le système est calibré, plus de filets: ils sont tributaires, comme le reste de leurs contemporains de données techniques.

Vous allez me dire: "Mais Mr Blogo, tout le monde sait qu'on ne peut pas prévoir le climat, que cela varie d'une année sur l'autre etc...". Prédire le climat est pourtant ce qu'ils font toute la journée en nous promettant au passage de brûler en enfer (bonjour la mesure). Mais s'il faut attendre 5 ans très bien. 10 ans pourquoi pas? 20 ans? Au delà, nous demander de prendre des mesures substantielles pour des effets qu'on ne peut pas mesurer ni prévoir relève trop de l'acte de foi. C'est inacceptable. Il faut un échéancier. Quelque chose de dur. Quand serons-nous frappés par quel fléau (remontée des eaux, désertification...). Il faut des engagements durs. S'ils ne peuvent pas en fournir, de quelle science se réclame-t-il donc qui mériterait qu'on les écoute? Cette confiance qu'il demande sans établissement préalable de crédibilité doit leur être refusée au nom du bon sens.

Le blogo n'ignore pas que des lobbies de toute sorte poussent dans l'autre sens. La raison pour laquelle je fais un post sur ce sujet sans en parler est que le vent souffle aujourd'hui très fortement dans les voiles des "réchauffistes". Une des réactions d'un climatologue suite au "climate gate" a été de dire: "Arrêtons la guerre de tranchée de tranchée idéologique: nous avons gagné". C'est un peu une victoire à la pyrrhus car même si le réchauffement est partout dans les médias et dans les esprits, les politiques ne font pas grand chose. C'est d'ailleurs probablement le meilleur indicateur du véritable "état de la science". Tout le monde "walk the walk and talk the talk" mais les émissions augmentent inexorablement. Cela permettra aux esprits curieux un jour d'en avoir le coeur net. Espérons que cela ne sera pas mort de soif dans un désert en Normandie. Au fond, j'en doute mais rien n'est impossible: le hasard peut faire que l'hystérie cohabite avec la vérité même si la première dessert la seconde.

Barry Ritholtz for the Swedish model

Reprise verbatim d'un extrait de ce post de "The Big Picture". (il dit que la voie du laxisme comptable et de la sauvegarde des banques (modèle japonais) était une erreur par opposition aux nationalisations/restructurations (modèle suédois) qui auraient dû être réalisées)

This is why the Japanese model of saving banks, versus the Swedish model of saving Banking, was such a poor choice.

Banks are currently operating in a survival mode: They are hording capital, not lending, making decisions based on their needs. It is what they are supposed to do, and anyone surprised by this does not understand how coprorate entities make decisions or operate.

It is the reason why throwing billions of dollars are banks in the first place was the wrong decision: We should have followed the Swedish model. The FDIC should have put insolvent banks into receivership; they senior management is replaced, the shareholders wiped out, the debt written down to zero. The assets — the bad paper, the accounts, the healthy parts of the bank — gets sold off or spun out as a new public entity. It is adequately capitalized, without crushing toxic assets and piles of leveraged debt.

What we would have gotten for out trillions of taxpayer dollars was a well capitalized, low leveraged, low debt financial sector, capable of making loans and driving the economy forward.

Instead, we have a grievously wounded banking sector, clinging to its cash, fighting to survive, economy be damned.

How long will we be locked into this ineffective paradigm? This is the ill conceived plan of Hank Paulson, Ben Bernanke and George W. Bush during the panic months of late 2008/09. That ill thought out approach was bad enough; making matters worse is the fact that the same failing approach has been embraced by Tim Geithner, Larry Summers and Barack Obama.

The sooner we admit that TARP was a disaster and that the financial sector remains a debacle, the sooner we can get rid of the horrific Japanese model.

The Swedes brighter banking system beckon . . .

vendredi 4 décembre 2009

Friday Plane Blogging

Rock & Roll. A300, 45 Kts de vent de travers. (Cliquez pour agrandir)

Les américains majoritairement pour la torture (grâce à Obama)

En choisissant de ne pas poursuivre les criminels du Bush Regime sur la torture, Obama a normalisé celle-ci dans la conscience (l'inconscience?) américaine. C'est la grande responsabilité d'Obama: la légitimation post-fact d'un grand nombre des transgressions de Bush qui va finalement encore plus changer la nature du pays que les exactions de Bush elles-mêmes. Hillary Clinton aurait eu droit à beaucoup plus de grognements des démocrates pour la même politique de blanchiment des exactions bushistes. C'est la magie d'Obama: si les élites américaines ne l'avaient pas, elles devraient l'inventer!

C'est donc un legs du benêt texan, d'Obama et de Jack Bauer: les américains sont désormais majoritairement pour la torture. Greenwald le relève:

Currently just over half of Americans say that the use of torture against suspected terrorists in order to gain important information can either often (19%) or sometimes (35%) be justified. This is the first time in over five years of Pew Research polling on this question that a majority has expressed these views. (NDLR: Merci Barack Obama!*) Another 16% say torture can rarely be justified, while 25% say it can never be justified.
...
With these new numbers, it's virtually impossible to find a country with as high a percentage of torture supporters as the U.S. has. In Iran, for instance, only 36% believe that torture can be justified in some cases, while 43% believe all torture must be strictly prohibited. Similarly, 66% of Palestinians, 54% of Egyptians, and over 80% of Western Europeans believe torture is always wrong.
...
Adam Serwer says that this is "what happens when one party in a two party system makes something outrageous part of its political platform: Even the most abhorrent behavior can be mainstreamed." That's basically true, but even leaving aside the fact that many Democrats acquiesced to if not outright supported the same polices, this outcome is also attributable to our collective and very bipartisan decision not to investigate and prosecute the torture crimes that were committed. After all, how is it possible to credibly maintain that we believe torture is some sort of extreme crime and absolute evil when we sat by while our political leaders did it and now refuse to comply with our obligations to prosecute it?

* A noter aussi que l'institut sondage ne pose cette question que depuis 5 ans! Avant, la réponse allait de soi... Happier times, quand le commandant Sylvestre m'apparaissait encore comme une caricature marrante mais grotesque.
"They who can give up essential liberty to obtain a little temporary safety, deserve neither liberty nor safety." Benjamin Franklin. Cela s'est vérifié assez rapidement.

jeudi 3 décembre 2009

Confirmation de Bernanke devant le Sénat

Il y a eu de l'action, grâce à Jim Bunning. 14 minutes d'un réquisitoire efficace même si la "delivery" n'est pas à la hauteur. La plupart des autres sénateurs du Senate Banking Committee ont ciré les pompes de Bernanke (mais pas tous cf Jim Demint). Il semble que deux sénateurs ont lancé une procédure qui va rendre la confirmation de Benny plus laborieuse.

Bunning ("The AIG Bailout alone is enough to send you back to Princeton.") Nice!

Demint

Rumeur: le Japon sur le point de vendre des treasuries?

Je n'ai pas l'impression que cela se soit vérifié à voir le dollar et le marché. Ca donne le vertige en tout cas. (via ZH, news bloomberg)

"Pay for delay"

De plus en plus de laboratoires pharmaceutiques américains utilisent une formule appelée "Pay for delay". Quand leurs brevets expirent, plutôt que de laisser des fabricants de produits génériques les concurrencer, les laboratoires détenant une licence leur reversent une partie de leurs profits pour pouvoir continuer à écouler leurs médicaments à des coûts exorbitants. En gros, si la fin du brevet fait passer le médicament de $150 à $10, il y a dans ces $140 assez de gras pour maintenir le statu quo, d'autant que les concurrents n'ont pas à se lancer dans une production qui reste coûteuse. La pratique n'est possible que parce qu'elle est "couverte" par des politiques soudoyés.

Le concept de "free-market" est vraiment complètement galvaudé aux Etats-Unis. C'est un "talking point" idéologique efficace car les concepts de base sont facilement compréhensibles. Dans la vraie vie, tous les agents économiques n'ont qu'une préoccupation: mettre à bas le "free market" pour augmenter ses rentes. D'où le caractère cardinal d'un corps politique sain dans une "démocratie de marché" car c'est à lui qu'il incombe d'être l'arbitre de ces intérêts économiques. Si le corps politique est corrompu jusqu'à la moëlle comme aux Etats-Unis, ça ne fonctionne pas et on va d'Enron en subprime en "Pay for delay" en Blackwater ou Halliburton en fonctions des intérêts en présence sans que l'idée d'un intérêt général ne puisse être ne serait-ce que formulée. (Via TPM)

mercredi 2 décembre 2009

Post-It

Socgen via Zero Hedge: US equity valuations did not reach revulsion levels in March this year. After some 15 years of gross overvaluation do we really believe that this valuation bear market that has been in place since 2000 will finish with equities looking cheap for only three months? Long term-valuation measures suggest equities will fall substantially below March lows.

Mark Pittman, le journaliste de Bloomberg à l'origine de la plainte demandant à la FED de faire la lumière sur le trillion + distribué aux banques en coulisse dans la foulée du TARP meurt à 52 ans.

Nassim Taleb décide de disparaître (médiatiquement parlant). Il refuse de participer au débat public en raison de son absurdité, illustrée selon lui par la volonté des politiciens américains de confirmer Ben Bernanke à son poste. C'est probablement une posture et gageons qu'on le reverra pointer son nez au prochain évènement majeur. Il faut dire que j'ai fait une recherche sur nom dans youtube il n'y a pas longtemps et qu'il a été de moins en moins sollicité par les médias depuis le début du rebond de la bourse en mars (ou depuis qu'il se montre verbalement assassin avec la FED, Summers et Geithner. A vous de voir...).

Zero Hedge relaie une étude de VoxEU sur le commerce mondial qui chute plus rapidement qu'en 1929.
L'arrogance bancaire est de retour. Il est vrai que ces voleurs vont mieux. Ils retrouvent leur morgue. Le Figaro nous dit que: "La City se déchaîne contre Nicolas Sarkozy", lequel s'était permis de critiquer le modèle anglo-saxon. Là je me mets à bien sentir des petits "comités du peuple". Comment osent-ils faire autre chose que regarder piteusement leurs chaussures? Ce niveau d'arrogance est le signe d'un pouvoir malade. Comme Rumsfeld en son temps, je m'aventure à pronostiquer: "the City is in its last throes". Rumsfeld avait dit sur l'Iraq: "The insurgency is in its last throes." Il s'était trompé.
Note: C'est Attali qui disait dans une vidéo que j'avais postée que la City contrôlait encore plus la politique brit que Wall Street ne contrôlait la politique US. Difficile à imaginer mais je lui fais confiance. Attali ne prend souvent pas de gants avec la City et Wall Street mais il faut se rappeler qu'il avait été villipendé par le triptyque et la City qui lui avait fait quitter la BERD.

Vous vous souvenez quand le Blogo s'attaquait à Nouriel Roubini et à son concept du carry-trade qui allait, en disparaissant avec la remontée des taux US, agir comme une force de rappel sur le dollar affaibli et le faire briller à nouveau de mille feux? Le Blogo essayait de garder la tête froide et demandait: les taux sont bas aux Etats-Unis depuis janvier, pourquoi faut-il un édito de Roubini dans le FT début novembre pour que cette question apparaisse "on the map" (même les dirigeants chinois l'ont repris à leur compte lors du voyage d'Obama en Chine qui a suivi). Surtout, le blogo demandait: "Pourquoi Roubini ne quantifie-t-il pas du tout l'effet de ce carry trade sur le marché des changes?". Après tout, le marché des changes est probablement le plus gros marché financier en volume et il n'a pas attendu le "carry-trade" pour avoir cette taille. "Le carry-trade!" éructait Roubini. "Combien de divisions?" répondait froidement le blogo. Et bien Caroline Baum de Bloomberg s'est posée la même question et Paul Kasriel lui répond qu'il n'y a pas (encore) de carry-trade substantiel. D'où probablement l'absence de données de Roubini pour soutenir sa thèse. Quant à savoir pourquoi il s'est mis à s'agiter sur ce sujet tout à coup... En tout cas, cela faisait planer un doute "pro-dollar" au-dessus des marchés. Je ne crois pas pour ma part que la confiance inébranlable de tous les commentateurs éco US de poids en leur économie soit un simple hasard...

Bloomberg a un article sensationnaliste nous expliquant que des banquiers de Goldman demandent des permis de port d'armes. Il n'y a pas grand chose derrière mais Zero Hedge en profite pour demander: "Ne sommes-nous pas allés trop loin dans le Goldman bashing/trashing"? Quelle question bizarre pour Zero Hedge. Une autre chose troublante est que Zero Hedge, en faisant souvant mine de la critiquer, ne cesse de poster de la recherche Goldman. Alors on peut justifier ça en disant: "ce sont les meilleurs, c'est leur recherche qui compte etc...". NON! La recherche de GS est comme toutes les autres recherches: elle sert GS. Full Stop. Alors Zero Hedge filiale du Vampire Squid? Il faut tout envisager. Au début de Zero Hedge, il y avait des infos privilégiées sur un scandale impliquant... GS. Qui diable aurait pu apporter ces informations? Quoi de mieux qu'une investment banks pour lancer le buzz sur un site traitant d'investment banking? Quelques articles dénonçant ZH dans des médias amis et hop, "emballé, c'est pesé", GS contrôlerait un site majeur apparemment contestataire. Goldman Sachs qui contrôle aussi El Blogo: ahahahahahahahahahahahahahah! (rire sardonique - d'ailleurs c'était téléphoné: dans blogo il y a "go" comme dans Goldman). Et même si Goldman n'a pas créé Zero Hedge, qui peut garantir qu'ils ne le contrôleront pas dans six mois? Vi-gi-lan-ce. Non, disons plutôt: paranoïa aigüe. Indispensable sur le net.

L'or à $1203

Après plusieurs incursions au-dessus de $1200 mardi, l'or semble maintenant au-dessus de $1200 pour au moins quelques heures...

Ca alors...

Le titre de ce livre montre qu'à la fin de cette crise, on aura probablement tout vu (et tout lu). via Daily Kos (voir ici pour une overview)
Bright-sided: How the Relentless Promotion of Positive Thinking Has Undermined America
By Barbara Ehrenreich
Metropolitan Books, Henry Holt: New York
Hardcover, 256 pages, $12.42
October 2009

dimanche 29 novembre 2009

Bernanke se tire dans le pied

Ben Bernanke, le Kim Jong Il américain*, sort l'édito qui tue sur la crise financière dans le Wapo. Il veut en gros qu'on arrête de l'embêter. Cet édito va aller directement dans les livres d'histoire. Il m'irrite beaucoup. Les réactions qu'il va susciter vont peser dans la portée qu'auront (ou pas) les mesures que le congrès va prendre contre la FED. Beaucoup des arguments de Benny ne sont que de simples arguments d'autorité. On se demande bien de quelle autorité il se réclame depuis que l'institution qu'il dirige a plongé l'économie mondiale dans le marasme. Il dit par exemple que les initiatives législatives qui le gênent sortent du "global consensus". Qui contrôle d'une main de fer le "débat" économique aux Etats-Unis? La FED (voir ici). La doxa économique américaine est ensuite diffusée dans le monde entier, notamment via le triptyque (WSJ, FT, The Economist), à tous les "gens-qui-comptent-à-l'anglais-impeccable" (et je ne vise pas que Christine Lagarde) qui s'imaginent que s'ils la répètent avec assez de conviction, l'année prochaine, c'est sûr, ils seront invités à Davos. C'est comme ça que se forme le "global consensus" et c'est sur celui-ci que Bernanke assoit sa légitimité? On hésite toujours entre la mauvaise foi et l'autisme avec Ben.

Il nous explique aussi qu'il faut le laisser faire parce que, voyez-vous, les affaires monétaires sont compliquées... C'est en fait très simple: Bernanke répétait en 2005 qu'il n'y avait pas de bulle dans l'immobilier. Les âmes charitables pensent que c'était une erreur. Le blogo pense que c'était un mensonge. Il doit partir et le peuple américain doit reprendre en main la FED et lui redonner une véritable indépendance (des politiques, certes, mais surtout de Wall Street). Ben, c'est un peu la Marie-Antoinette américaine: son pouvoir et ses privilèges lui semblent tellement aller d'eux-mêmes qu'il est éberlué à la simple idée qu'on puisse les contester. Et ce, même s'il utilise les planches à billets qui lui ont été confiées pour remplir directement les poches de ses amis (patrons) de Wall Street . A ce degré d'autisme, l'explication point par point n'y suffira pas: il ne reste plus qu'à espérer qu'il aura son épiphanie quand sa tête heurtera le panier en osier.

D'un point de vue pratique, je ne crois pas que cet édito va servir les intérêts de Ben qui doit être sous peu auditionné et confirmé par le Congrès pour son deuxième mandat (début décembre - Chris Dodd a dit que sa reconduction ne serait pas automatique - don't hold your breath). En tout cas, pour se rendre sympathique, il aurait mieux valu qu'il aille au Daily Show faire de la com à deux francs avec trois blagues scriptées. Evidemment il est un peu trop coincé, hautain et lunaire pour cela. Il faut dire que Kim Jong Il n'a jamais fait le Daily Show non plus.

* Le Blogo associe traditionnellement Bernanke à Kim Jong Il en raison du culte de la personnalité dont il fait l'objet aux Etats-Unis. Cela n'est pas propre à Bernanke mais à la fonction de président de la FED (souvenez-vous de Greenspan, a.k.a. "the maestro"). Voir ici. A côté de cela, l'infaillibilité papale fait rigoler.

vendredi 27 novembre 2009

Rectificatif sur Zero Hedge et l'anticipation d'un "big default" avant Dubaï

Zetattitude me demande: "Hey, mon ami, où t'as vu que Zero Hedge parlait de rumeurs sur un gros défaut ou sur des problèmes d'Obama avec les chinois?".

Il a bien fait de me demander car il s'est passé quelques jours entre ma lecture du post en question et la référence que j'y ai fait. A moins que Zero Hedge n'ait changé le wording (ce que j'ai déjà supposé pour "Naked Capitalism" et son invitation à la Maison Blanche ou au Secretary of Treasury), j'ai fait une erreur et cette référence n'était pas dans le post mais dans les commentaires. Et encore c'était une supposition plutôt qu'un réel compte-rendu de rumeurs entendues. Je n'avais pas vérifié avant de poster (avant Dubaï) c'est pourquoi j'avais rajouté "(highly speculative!)". Quand j'ai reparlé de ce post dans un post sur Dubaï, je n'ai pas mis ce bémol, emballé par la réalisation de ce que je croyais être une rumeur.

Je m'excuse donc auprès des lecteurs pour cette erreur.

Zero Hedge laissait quand même penser que quelque chose se tramait possiblement en coulisse mais sans être spécifique. Comme pour le subprime, les gens qui avaient le nez dessus devaient savoir qu'il y avait un problème pour Dubaï (pas nécessairement tous!). Il y avait d'ailleurs eu un remaniement important du management de Dubaï World début novembre. Il est donc à peu près certain qu'une rumeur circulait mais de là à ce qu'elle ait eu un impact sur les marchés (l'impression de flottement récent) ou qu'elle soit arrivée jusqu'aux oreilles de Zero Hedge, c'est impossible à démontrer. En ce qui concerne le Boss Asie de GS qui a vendu $12 millions d'actions GS la veille, on peut légitimement se demander!

L'or, les grandes manoeuvres...

Pas mal. L'or a baissé de $1191 vers 2H00 du matin à $1137 vers 8H00. Quelqu'un quelque part fait quelque chose. Qui?Maintenant à $1178. Keep on truckin'...Si des banques centrales ont essayé de faire baisser l'or, cela a été de courte durée. A noter que ces derniers jours ne sont pas normaux sur les marchés en raison de Thanksgiving. La bourse US n'est ouverte qu'une demi-journée aujourd'hui.

Enfin bon, l'or, c'est notoirement risqué (via W.):

Zero Hedge linkfest

Une linkfest sur "The Big Picture" (et d'autres blogs) est un agrégat de liens complètement massif qui plonge le lecteur dans le plus grand désarroi car il n'a évidemment pas le temps de lire tous les articles qui sont "linkés". Le lecteur peut parfois légitimement se demander si le blogueur a réellement lu l'intégralité de ce qui est proposé. A juste titre en l'occurrence car je ne suis pas venu à bout de toutes les lectures ci-dessous. Je les poste donc pour pouvoir y accéder facilement plus que pour l'édification du lecteur qui pourra quand même être, ici et là, intéressé. Tous les liens pointent vers des posts de Zero Hedge des trois dernières semaines et il faut parfois suivre leurs liens pour atteindre le document en question (l'introduction de ZH peut permettre de se faire une idée).

D'abord une cartographie du "shadow banking system" qui est derrière cette crise (venant du FMI).

Ensuite la recherche de la Société Générale qui envisage le "worst case scenario".

Un récapitulatif des manips de la FED et pourquoi tout va exploser bientôt.

Une critique du "Output Gap Inflation Model".

"What is they stop buying our debt?". It says what you think it says.

Les mystères de la réserve fédérale en résumé (très long quand même).

Tagwords:
IMF, Socgen, SG, FED, federal reserve

La récession en "H modifié"

V, U, W shape recovery. C'est le sport qui occupe une grande partie des économistes/commentateurs depuis le début de la crise: quelle forme va avoir la reprise? Le jeu est contraignant car il faut que la reprise ait une forme correspondant à une lettre de l'alphabet. Les plus pessimistes voient une récession en L mais cela ne semble déjà plus être une option vu qu'il y a eu de la croissance (révisée à la baisse à 2,7% suite à un déficit commercial plus important que prévu publié après la première estimation). Goldman avait prévu 2,8% pour la croissance et tout le monde avait été surpris de les voir démenti par les 3,5% annoncés. Maintenant à 2,7%, on se remet à croire à l'infaillibilité de GS. Aussi je vous rappelle que Peter Orszag, conseiller économique d'Obama, expliquait chez Charlie rose que l'effet du stimulus sur ce trimestre était de 3% à 4% de croissance ce qui avait fait dire au blogo que la croissance Q3 était nulle +/- 0,5%. Make it -0,8% +/- 0,5% après la révision. Whatever.

Roubini a mis son poids dans la balance en mettant ses jetons sur une récession en U ces jours derniers. J'ai décidé d'apporter la contribution du blogo à ce débat mais puisque la spécialité du blogo est de "think outside the box", je ne vais pas me laisser contraindre par l'étroitesse des figures géométriques que nous propose l'alphabet latin.

Je propose donc "la récession en H modifié":
Voici un H:

H
Je propose donc de supprimer la jambe gauche du H et son bras droit et vous avez la forme de la récession que suggère le Blogo.

Friday Plane Blogging

(Cliquez pour agrandir)

jeudi 26 novembre 2009

-3.41%

C'est le Cac 40 aujourd'hui et cela n'était pas arrivé depuis un petit bout de temps maintenant. Dubaï World était-il le défaut qui faisait frissonner les marchés? (évoqué par Zero Hedge dans le dernier Post-It - l'ambianceométre du Blogo avait décliné précédemment).

Vous avez donc jusqu'au 19 décembre pour vendre vos actions et acheter de l'or. Vous pouvez continuer après le 19 décembre mais ça ne me rapportera plus d'argent.

Et si le "double dip" démarrait bien en 2009 in fine? Si j'étais Dubaï World, j'appellerais la FED, elle n'est pas une écriture comptable près et après des dizaines de milliards donnés aux banques européennes via le conduit AIG, elle peut bien prendre en charge $62 pauvres milliards de "Dubaï World". Free for all.

C'est marrant comme il est toujours difficile d'imaginer par où le scandale va arriver. On savait que ça ne pouvait pas être une institution dans la sphère d'influence directe de la FED (on se serait arrangé entre amis). Dubaï. It makes sense.

En tout cas, la théorie de Roubini sur l'inversion ultra-rapide du carry trade va être testée.Le dollar remonte d'ailleurs (2cts en quelques heures). L'or résiste relativement. Il faut que l'or se découple. It's now or never... (pour les "gold bugs")

Le WSJ annonce (trompette plutôt) fort à propos que les banques européennes sont les plus touchées (cela peut-il être une approximation dans le contexte? oui*). Rien dont une nouvelle dose de Quantitative Easing ne puisse venir à bout très certainenement. Jusqu'à quand?

Happy Thanksgiving. (les marchés US sont fermés - rare qu'un évènement de taille se produise sans la direction américaine - sauf les futures qui sont en baisse)

Note: From the vampire squid Nov. 26 (Bloomberg) -- Michael Evans, the Hong Kong-based vice chairman who was Goldman Sachs Group Inc.’s highest-paid executive officer last year, sold $12 million of stock this week, according to a company filing.
Evans, 52, sold 70,000 shares at prices ranging from $170.98 to $173.47 on Nov. 23 and Nov. 24, according to the filing with the U.S. Securities and Exchange Commission. The filing showed he retained 714,953 shares, which are worth $121 million at today’s closing share price of $168.92.
C'est pas beautiful?

* Enorme: Je dis que le chiffre de $40 milliards du WSJ pourrait être une approximation et boum, Crédit Suisse évalue le risque à $20 milliards. Le WSJ: des amis qui vous veulent du bien. Déclencher des rumeurs dans un contexte de crise est extrêmement toxique.
"Once is happenstance, twice is coincidence, thrice is enemy action." Auric Goldfinger (via W.).
Quand les élites européennes arrêteront-elles de s'abreuver d'opinions économiques issues du triptyque (WSJ, FT, The Economist) qui ne travaille clairement pas dans l'intérêt de l'Europe continentale? (Notons au passage Manuel Valls qui fait carrément ses éditos sur la cuisine interne du PS dans le FT et Christine Lagarde, brossée dans le sens du poil avec une récompense du FT - suis-je le seul à être angoissé? La-ministre-de-l'économie-à-l'anglais-impeccable mais qui n'y connaît rien... Why am I concerned?)
Note 2: nouvel article du WSJ qui répète le chiffre de $40 milliards en citant comme source Credit Suisse cette fois. Crédit Suisse qui dit $20 milliards selon l'AFP...

Don't wanna get Continental on you but...

Barry Ritholtz revient d'un voyage en Europe:

My pet theory is that all of the anger about Health Care Reform is misdirected rage at the corrupt Bailouts. I don’t want to get too Continental on you, but the conversation in Europe I encountered repeatedly was the sheer perplexity at why people are protesting health care coverage for all. One fund manager said to me in Berlin, “You give trillions to rogue bankers, yet you have 40 million uninsured American. Why is that?”

My answer: I haven’t the foggiest idea why.

mercredi 25 novembre 2009

Bye-Bye Dubaï?

Construite sur du sable? La plus haute tour du monde doit-être achevée en décembre. En tout cas, ça va aider l'or à atteindre mon strike ($1200).

Post-It

At Lehman, the top five executives received cash bonuses and proceeds from stock sales totaling $1 billion between 2000 and 2008, and at Bear, the top five received more than $1.4 billion… (d'après une étude de professeurs d'Harvard qui dit que la crise n'a pas ruiné les dirigeants de Bear Stearns ou Lehman)

Pour Bloomberg, nous sommes en 1938. C'est en 1938 qu'il y a eu pour la dernière fois simultanément des taux courts négatifs et une hausse des actions. Les taux à court terme n'ont pas été négatifs depuis la faillite de Lehman. Zero Hedge dit d'ailleurs qu'il y a des rumeurs sur une grosse faillite ou sur des tensions entre la Chine et les Etats-Unis après le voyage d'Obama. Highly speculative!

Une agence gouvernementale, la Federal Housing Agency (FHA) a repris a son compte le business du subprime. Depuis 2006, le nombre de firmes accréditées pour prêter avec la garantie de la FHA est passé de 16000 à 36000 selon ce long article de Businessweek. Parmi ces entreprises, de nombreux prêteurs subprimes à peine remis de leurs poursuites pour "predatory lending" et peu ou pas remaquillés s'en donnent à coeur joie dans les mêmes conditions. C'est une preuve de plus que le subprime n'a pas été fait contre le gouvernement et le régulateur mais avec son active complicité.
By fall 2008, FHA loans accounted for 26% of all new mortgages being issued nationwide, up from only 4% a year earlier. As of Sept. 30, the most recent date for which data are publicly available, the FHA had 4.4 million single-family mortgages under guarantee, worth a total of $475 billion.
Cela en dit long également sur les chiffres de reprise dans l'immo US. Note: Businessweek avait déjà mis fin à l'omerta sur l'immobilier avec cette couverture en septembre 2006:

mardi 24 novembre 2009

Lunettes roses pour le déficit américain

Graphe du NYT sur la dette US. A noter que ces projections sont basées sur des prévisions de croissance ultra-optimiste: la croissance 2010-2019 serait supérieure au rythme 2003-2007 (période dont la forte croissance n'a été due qu'à la nitroglycérine "subprime" qui a été rajoutée dans le moteur - Obama parle de "paper growth"). Grotesque? Certainement mais que pouvait-on espérer avec Larry Summers aux manettes?







The Debt Buildup


vendredi 20 novembre 2009

Mutation du virus H1N1 en Norvège

Le virus H1N1 aurait muté dans une forme plus grave en Norvège (d'après Bloomberg). “There is no indication that this change in the virus is of any importance for the effect of the vaccine or the effect of antiviral treatment.” Il n'est pas apparent que ce changement du virus n'ait une importance quant à l'effet du vaccin et des antiviraux.

La nouvelle ne semble pas encore avoir atteint les médias français (seulement suisses d'après "Google Actualités"). Si ça ne fait pas le 20H00 ce soir, il va peut-être être encore possible pour tout le monde de se faire vacciner demain (les centres sont ouverts le samedi matin). Une fois que cela aura atteint le public, il est possible que la fenêtre d'opportunité pour les gens sans "condition particulière" se referme.

Centres à Paris. Jusqu'à 19H30 le soir et de 10H00 à 13H00 le samedi.

Note: Le blogo à fond dans la psychose Grippe A. "J'avoue" comme disent les enfants à tout bout de champ. En même temps, think about it: si vous mourez de la grippe A, vous ne saurez jamais comment cette histoire de crise mondiale se termine! De plus, je ne peux faire l'économie d'un seul de mes lecteurs. Faites-vous vacciner!

La main

Hier j'entends deux gars geindre sur France Infos en disant qu'on ne pouvait pas être qualifié grâce à la main de Thierry Henry (dont un vaguement anti-sarkozyste - je peux comprendre qu'on n'aime pas Sarkozy mais de là à souhaiter que la France perde au foot, il faut qu'il consulte). Il paraît que cette histoire est partout dans la presse ce matin. Qui sont ces imbéciles qui ne savent pas que les erreurs d'arbitrage font partie du football? On peut défendre l'arbitrage vidéo (je suis pour) mais vouloir rejouer le match... Même Christine Lagarde dit qu'il faut le rejouer. N'importe quoi.

Qui se souvient que la France n'a pas été qualifiée pour la finale en 82 en Espagne en partie car le goal allemand n'a pas été expulsé suite à une prise de catch opéré sur un joueur français seul devant les buts?

Et puis tous ces gens qui parlent de "tricherie"... Depuis quand une faute est une tricherie? Tous les joueurs trichent-ils plusieurs fois par match?

C'est du délire absolu.
Note: Souvenirs, souvenirs.

Tout va bien

Je tape "Herman Van Rompuy" sur google et le "autocomplete" sort:
1) Herman Van Rompuy biography
2) Herman Van Rompuy antichrist

Tout va bien...

Friday Plane Blooging

(Cliquez pour agrandir et identifier cette partie du monde)

jeudi 19 novembre 2009

Something's got to give...

Je ne sais pas exactement ce qu'il se passe mais je trouve que l'ambiance se retourne très vite. Est-ce Meredith Whitney qui se remet à être bearish sur à peu près tout? Est-ce Roubini qui remet tout à coup ses habits de "gloom and doomer"? Est-ce le cours de l'or qui n'en finit pas de monter (pas aujourd'hui ceci dit)? Sont-ce les New Home Sales qui repartent à la baisse? Les évictions qui atteignent des sommets (y compris dans le secteur "prime")? Est-ce le chômage dont l'agravation diminue mais qui s'agrave toujours? Je ne sais pas. En tout cas, la bourse tient le coup. Est-ce le nombre de voix qui s'inquiètent de plus en plus ouvertement de la politique monétaire menée?

Ou bien les journées de plus en plus courtes finissent-elles par atteindre le moral du Blogo (elles commenceront à rallonger dans un mois maintenant) ? En tout cas, j'ai le vague sentiment que le coeur n'y est plus.

Note: Au moment où j'écris ça, je réalise que la bourse baisse de -1,5%... De toute façon, elle rebondira peut-être de 2% demain comme ces jours derniers. Le sentiment que je décris est plus un truc de fond.
Note 2: Ca pourrait aussi être le pic... (ça n'est pas la première fois que le blogo l'annonce, et qu'il se trompe)Note 3: Je vendrais tout aujourd'hui (si j'avais des actions). En vérité j'aurais vendu des actions dès l'été 2006 ce qui ferait qu'aujourd'hui, je serai à peine mieux que flat (nous sommes 5% en dessous du niveau de l'été 2006 - sans compter l'inflation il est vrai). En même temps, cette recommandation va à l'encontre du célèbre adage: "Don't fight the FED". Si Bernanke veut propulser le Dow Jones à 50000 points, il est vrai que ça ne tient qu'à lui et les évènements récents ont montré que si le DJI est à son niveau d'aujourd'hui , c'est en gros parce que ça lui plaît... Il est comme ça, Ben! Jusqu'à ce que le magnifique jouet des autorités monétaires US soit définitivement cassé. Il est vrai que ce à quoi nous assistons en ce moment est un mouvement oscillant instable: grave crise => taux à 1% => crise plus grave encore => taux à 0% => ????
Stay tuned!

La disparition (temporaire?) d'Alan Grayson

Alan Grayson est le membre de la chambre des représentants qui a les faveurs du blogo en raison de son attitude "je n'prends pas de prisonniers" qui est la seule adaptée dans les marécages de la politique US. Cependant il faut bien remarquer qu'il n'a pas fait de coups d'éclat depuis plusieurs semaines. Il semble que quelqu'un, quelque part, a réussi à le convaincre de se faire moins remarquer. C'est peut-être aussi une conséquence d'une sortie qui a été considérée comme un dérapage par tout le monde: il a qualifié une conseillère de la FED de "K-Street whore".

"Here I am the only member of Congress who actually worked as an economist, and this lobbyist, this K Street whore, is trying to teach me about economics," he said.

Il dit qu'il aurait employé le même terme de "whore" (prostituée - plusieurs niveaux de langue en-dessous) si la personne concernée avait été un homme. Seulement voilà: c'était une femme. La provocation est un art difficile.

Espérons en tout cas que la baisse de régime de Grayson n'est que temporaire et en attendant, j'ai plongé dans les archives pour retrouver cette sortie de fin octobre qui m'avait échappé où il traite Cheney de vampire*.* Cheney vampire? Non, ça n'est pas exagéré: les vampires se nourrissent du sang de leurs victimes tout comme Cheney. Je ne voulais cependant pas faire un commentaire aussi radical sans m'appuyer sur des éléments et là, je dois dire que j'ai été surpris. D'abord, la fiche Wikipédia de Cheney ne mentionne quasiment pas les problèmes de conflits d'intérêts lors de sa Vice-Présidence. WTF? Ensuite, les informations qu'on trouve ne sont pas abondantes et surtout pas "MSM" (mainstream media). Je ne pose pas comme condition de trouver des sources MSM pour établir quelque chose mais il est vrai que cela simplifie les démonstrations. Il est quand même certain que Cheney a bien continué a recevoir un salaire d'Halliburton après son élection et qu'il continuait à avoir des stock-options pendant toute la présidence Bush (qui ont augmenté de 3000% en 1985 pour s'établir à $8 millions selon le Sénateur Lautenberg). La manière dont cela a été glissé plus ou moins sous le tapis est stupéfiante. Cheney a dit qu'il allait donner ces profits à des charities - je demande à voir et il est de toute façon fort à parier que les "charities" de Cheney sont autant d'organismes visant à la guerre globale de tous contre tous (mais à son profit). Le pendant de ce lien étant bien évidemment les contrats faramineux et les passe-droits dont a bénéficié la firme pendant l'ère Bush (grâce à la guerre). J'ai trouvé ça, ça et encore ça mais ça m'a pris plus de temps qu'anticipé et je n'ai pas trouvé quelque chose qui condense les plus graves offenses (il faut dire qu'il y faudrait un livre en entier - livre qui doit d'ailleurs exister). Vampire indeed. Je suis surpris par le peu de trace qu'a laissé cette page très sombre de l'histoire américaine sur internet. Ai-je raison de l'être? Les MSM étaient fort à propos MIA (missing in action) sur ces sujets: c'était une condition sine qua non du "Bush Regime".

mardi 17 novembre 2009

Post-It

AFP: L'euro a reculé mardi face au dollar, après la diffusion de chiffres décevants sur la production industrielle américaine, qui ont entamé la confiance des investisseurs sur la reprise économique.
C'est à se taper la tête contre les murs! Enfin, le dollar remonte mais l'or ne baisse pas comme c'est devenu habituel... (23H00 mardi)

Bernanke ne pense pas que les prix des actifs américains soient mal évalués par le marché. De l'homme qui ne voyait pas de bulle dans l'immobilier en 2005...

L'Europe en croissance de 1.6% en rythme annuel au 3ème trimestre. Deux fois moins qu'aux Etats-Unis. Les merveilleux Etats-Unis avec leur "Fantastique Capacité de Rebond"© vont-ils encore nous montrer pendant dix ans "How it's done."?
Ils nous ont surtout démontré durant la dernière décennie comment faire de la croissance factice à crédit (ce n'est pas moi qui le dit, c'est Barack Obama: son expression est "paper growth") et ils ont bien l'intention de continuer aussi longtemps que le reste du monde voudra bien la financer. Le Japon fait lui 4,8%.

Que penser du rapport sur le sauvetage d'AIG? J'ai eu l'impression qu'il ne nous apprenait pas grand chose de nouveau. Yves Smith de Naked Capitalism explique pourquoi les conclusions de ce rapport sont beaucoup trop molles selon elle.

Etonnez-vos amis! Faites-vous vacciner contre la Grippe A

Je me suis fait vacciner contre la grippe A. J'ai appris qu'il y avait très peu de demandes dans les centres de vaccination (qui ne sont censés à ce stade ne vacciner que les personnes "à risque") en conséquence de quoi n'importe qui peut se rendre dans un centre et être vacciné.

Plusieurs facteurs m'ont fait franchir le pas. D'abord, j'ai un proche qui est tombé malade la semaine dernière. J'ai aussi un autre membre de ma famille qui s'est spécialisé en matière de grippe A et qui recommande le vaccin. J'ai appris en outre que les petites Obama s'étaient faites vacciner (même si notre président n'a pas encore donné l'exemple - soit dit en passant quelle bizarrerie... A-t-il peur des piqûres? Peur du vaccin?). Déjà vacciné contre la grippe saisonnière, je ne cours plus le risque de passer une semaine au lit. Je n'aurais pas non plus à me tenir à distance de gens touchés et je pourrais au contraire leur prêter main forte s'il en était besoin. Aussi, le vaccin n'est pas du tout en vogue: moralité, vu que je n'aime rient tant que prendre tout le monde à contre-pied (en bon "contrarian"), la tentation est devenue de plus en plus irrésistible. Enfin, quand on a la charge comme moi d'un blog dont le but est de faire vaciller la "power structure" de la finance mondiale, on ne peut pas prendre le risque de perdre sa voix au moment crucial! (qui chaque jour se rapproche d'une journée...)

J'ai demandé quelle était la capacité du centre (qui couvrait plusieurs quartiers parisiens): 1000/jour au max. A 18H00, le compteur était à 63. Je n'ai pas attendu et le tout a été réglé en vingt minutes. Il est clair que dès que le vaccin sera à la mode (et j'ai l'impression qu'il le sera bientôt), l'engorgement va être inévitable. Faire la queue une demi-journée avec d'autre gens (possiblement malades - talk about a self-defeating move) ne me paraît pas être une alternative très séduisante.

J'ouvre donc une rubrique "conseil de santé" sur le blogo qui pourrait bien n'avoir jamais qu'une entrée: Faites-vous vacciner avant le rush! (liste des centres de vaccination à Paris)

Autre conseil: vous n'avez plus que deux semaines environ pour faire vos cadeaux de Noël dans des conditions relativement sereines. (ouverture d'une rubrique "vie pratique")

Tant que j'y suis: Jocelyn Quivrin. Bon. On ne doit pas tirer sur les ambulances donc j'imagine pas non plus sur les corbillards mais s'il roulait bien à 230km/h, ne peut-on pas mettre un peu en sourdine la mystique "James Dean"et rappeler plutôt qu'il faisait courir un risque aux gens autour de lui? Même à 3H00 du matin dans le Massif central ce genre de vitesse n'est pas excusable mais à 23H30 un dimanche soir sur l'A13? WTF? L'hommage de Mitterrand ne peut-il pas faire référence aux "conditions à éclaircir de l'accident"? Mitterrand aurait-il eu la même compassion mièvre pour un trader ou l'aurait-il traité (en privé) de "gros con"? Faire comme si Quivrin avait été la victime innocente de la fatalité est irritant. Mitterrand aurait-il aimé être sur l'A13, décapité par le bolide de Quivrin rebondissant sur un rail de sécurité? (ouverture d'une rubrique: "commentaire complètement gratuit sur des faits de société choisis au hasard")

Et tant que j'y suis encore, un véritable "eye-opener" à la faveur de déambulations sur internet (good old-fashion web surfing!): ce mot de Bruno Roger-Petit sur Michel Drucker. Je n'étais pas sensibilisé à cet aspect "irrespectueux" de Michel Drucker et je l'aurais volontiers classé dans la catégorie des obséquieux vis-à-vis des pouvoirs quels qu'ils soient. Il semble que j'avais raté une constante réellement provocatrice dans sa carrière qui me le rend plutôt sympathique. Comme quoi... (ouverture d'une rubrique "médias")

Bon je crois que je suis maintenant aussi loin qu'on peut l'être de la "crise annoncée". J'arrête...

L'or à $1141.2

L'or monte. J'ai acheté de l'or en 2007. A l'époque, je pensais que "tout allait péter" et que l'or allait "spiker" (de "spike" atteindre un pic très rapidement). L'or allait être la valeur refuge devant le chaos que la crise allait produire. J'avais pour modèle la hausse extrêmement rapide de l'or du début des années 80 qui avaient vu l'or monter autour de $800 ce qui, compte tenu de l'inflation, représenterait $2200 dollar aujourd'hui. Pour l'instant, cela ne s'est pas produit. Il est clair cependant que si le dernier rempart contre le chaos économique global venait à céder (si les marchés se mettaient à douter sérieusement de la capacité des Etats à rembourser leurs dettes), l'or connaîtrait une hausse des prix très rapide et exponentielle.

Le cours de l'or est quasiment devenu aujourd'hui la preuve numéro 1 d'une angoisse diffuse et impalpable (la bourse s'envole!) qui semble rôder un peu partout. L'utilisation de l'or comme une protection contre le chaos est désormais bien ancré dans la psychologie du marché (ça n'était pas vrai il y a un an quand face à Lehman, poussé par le dollar qui remontait, l'or a chuté jusque sous les $800 démentant pendant un temps complètement ma théorie). Je misais donc sur une crise pour faire exploser le cours de l'or. La crise est venue (septembre 2008 et mars 2009) mais l'or n'a pas spiké. La hausse de l'or n'est pas la conséquence directe d'une crise comme au début des années 80 mais paraît en être à ce stade un signe annonciateur.

Nous verrons donc. Il faut aussi qu'un certain nombre de corrélations puissantes qui se sont établies récemment se découplent pour que l'or puisse vraiment monter dans une période d'incertitude. Notamment le caractère de "valeur refuge" du dollar en cas d'inquiétude doit disparaître car il fait baisser l'or au moindre coup de vent. C'est peut-être ce découplement qui est en train de se passer mais nous n'aurons la réponse que quand les mouvements récents s'inverseront (hausse des actions et de l'or en même temps qu'une baisse du dollar). Roubini notamment explique que le dollar va rebondir violemment en raison de l'inversion brutale du phénomène qui expliquerait l'essentiel de sa baisse aujourd'hui: le carry-trade* qui est désormais financé en dollar (nouveauté).

L'or est finalement aujourd'hui l'indicateur essentiel du fait qu' "il y a quelque chose de pourri au Royaume du Danemark". J'exagère: il y a en en réalité plein d'autres signes de "clear and present danger" mais disons que les médias choisissent de mettre en avant la bourse et la croissance qui ne sont pas "pas si pires" (expression québécoise pour les non-initiés). Pourquoi pas l'emploi? Les faillites bancaires (FDIC hebdomadaire)? Les dettes pourries qui continuent à augmenter imperturbablement (FHA, Fannie-Freddie, credit cards)? Les évictions qui ne diminuent pas? Et également les bonus dans les banques! Bonne nouvelle me direz-vous? Absolument pas, ce seul chiffre est le plus inquiétant: il démontre de manière implacable à l'observateur attentif que le système est mort sans espoir de retour car il est incapable de se réformer et pourtant complètement livré à lui même. Ce dévoiement de l'argent public est le meilleur indicateur du fait que la situation du système financier atteint un stade terminal: ceux qui le dirigent n'essayent même pas d'en assurer la pérennité, ils essayent de réaliser une dernière fois les hold-ups invraisemblables qui ont permis à tant de gens de s'enrichir pour des générations en quelques "saisons de bonus" avant la crise. C'est le seul objectif poursuivi et il a une utilité sociale absolument nulle. Ca ne peut pas bien se terminer.

* Cette thèse du carry-trade qui va s'inverser en emportant tous les "dollar bears" sur son passage me paraît un peu un conte pour enfants visant à faire peur aux investisseurs qui jouent contre le dollar. Roubini dit que le carry-trade est immense mais ne se donnent pas la peine de le quantifier par rapport aux autres forces qui influencent le marché des changes. Il dit qu'on emprunte des dollars pour les investir ailleurs ce qui fait augmenter toutes les classes d'actif de la planète. Très bien mais les actifs américains s'apprécient également et semblent toujours donner le la (il faut dire qu'au rythme où la FED crée de la monnaie, il y en a pour tout le monde - littéralement!). Cette thèse du carry-trade fait tressaillir le bullshit detector du blogo. Est-il déraisonnable de demander à Roubini de chiffrer son effet carry-trade avant de faire de son idée une "une" du Wall Street Journal? N'y a-t-il pas toujours des éléments objectifs qui peuvent expliquer la baisse du dollar? La manière dont cette thèse est devenue en quinze jours l'explication unique de tous les mouvements du dollar me semble très suspecte (en tout cas après la lecture de l'édito du 2 novembre de Roubini dans le FT qui est à l'origine de l'affaire et qui encore une fois ne présente aucun chiffre - où l'on mesure encore une fois l'impact inouï qu'ont quelques faiseurs d'opinions sur les marchés ou en tout cas sur les "narratives" qui leur sont vendus).
Addendum (18/11/2009): à la relecture, l'expression "conte pour enfants" me semble excessive. Le phénomène est réel mais on dirait qu'il a été lancé selon un plan média. Ca fait un peu penser au "subprime européen" au printemps. L'idée étant que les taux sont à zéro depuis le début de l'année et il est un peu étonnant que ce sujet déboule sur le devant de la scène tout à coup en emportant tout sur son passage dans les discussions sur les taux de change. Just sayin'.

lundi 16 novembre 2009

I'm shocked! Shocked!

Du NYT (via Atrios):


WASHINGTON — In the official record of the historic House debate on overhauling health care, the speeches of many lawmakers echo with similarities. Often, that was no accident.

Statements by more than a dozen lawmakers were ghostwritten, in whole or in part, by Washington lobbyists working for Genentech, one of the world’s largest biotechnology companies.

E-mail messages obtained by The New York Times show that the lobbyists drafted one statement for Democrats and another for Republicans.


(Des lobbyists du healthcare ont écrit les discours de représentants à la chambre lors du récent débat sur le système de santé. What a shocker!)

samedi 14 novembre 2009

Ordos - China

Assez scotchant.Ca fait penser aux lotissements fantômes aux US sauf que c'est à la dimension chinoise.(via Zero Hedge)Et rappelons-nous que c'est sur les épaules de ce pays que repose la stabilité de l'économie mondiale. On ne peut pas non plus exclure que le reportage force le trait sustantiellement. Granted. Il n'empêche que c'est un élément de plus qui envoie le "bullshit detector" du blogo dans le rouge au sujet de l'économie chinoise. J'ai particulièrement aimé: "personne n'a jamais perdu d'argent sur l'immobilier en Chine". J'ai déjà entendu ça quelque part...

vendredi 13 novembre 2009

Friday Plane Blogging

(Cliquez pour agrandir)

mercredi 11 novembre 2009

Post-It

La maturité moyenne de la dette anglaise est 15 ans, France et Allemagne 10 ans et USA 5 ans. (via RGE). Le Royaume-Uni qui est en "negative watch" pourrait être le premier de ces pays à perdre sa note AAA qui abaisse le coût global de l'endettement.

Madoff n'a pas "raté sa vie": il avait 17 Rolex.

Brilliant:

mardi 10 novembre 2009

Roubini et Summers, Récho et Frigo?

Dans l'économie US, vous avez Dark Vador: c'est Larry Summers (dérégulateur fou, "bubble apologist", payé plus de $100000 euros par prestation pour des conférences dans les banques etc...). Et vous avez Luke Skywalker: c'est Nouriel Roubini à la tête d'une petite entreprise de conseil, modestement professeur à la Stern School of business de NYU mais qui a eu raison sur la crise en dénonçant la bulle dans l'immobilier quand ça n'était pas encore à la mode.

J'ai regretté à plusieurs reprises depuis que la crise est rentrée dans une phase aiguë que Roubini soit moins percutant et se fasse même parfois l'apologiste de l'administration. Il a loué les nominations de Geithner et de Summers qui sont l'un et l'autre à l'origine de la crise. Il s'est fendu d'un édito dans le NYT appelant à la reconduction de Bernanke (on peut considérer que c'est un moindre mal mais de là à faire un op-ed...). J'ai mis ça sur le compte de l'ambition: Roubini avait fait son "breakthrough" avec la crise et son ambition naturelle était de rentrer dans l'establishment et peut-être au gouvernement.

Il semble que cette explication soit incomplète.

D'après les publications rendues nécessaires par son accession au poste de conseiller économique d'Obama, Summers a investi dans la boîte de Roubini en janvier 2006 (voir p. 22 du PDF plus bas). Problème: à l'époque les deux hommes semblent aux antipodes l'un de l'autre. Summers fait notamment des présentations dans des pays d'Asie en recommandant d'acheter du subprime. Comment peut-il au même moment investir dans l'entreprise de l'homme qui fait un fonds de commerce de dire que tout va péter? Mind boggling. Le silence médiatique quasi-total sur ce lien tangible entre deux acteurs en principe opposés dans le débat économique est très étonnant. L'internet permet l'exposition de ce genre de lien à condition qu'ils soient relevés par les journalistes. J'ai aussi réalisé que Roubini avait été adjoint de Geithner en 98 quand celui-ci était Undersecretary de Clinton (je me souvenais qu'il avait eu un rôle sous Clinton mais pas pour Geithner directement).

Roubini était dithyrambique sur la nomination de Summers et Geithner, il avait été interviewé le 25 novembre 2008 dans Newsweek. Titre de l'article: "Even Dr Doom likes them". L'article ne fait pas mention du lien préexistant (je n'irai pas pleurer...). Heureusement, Roubini faisait une mise au point sur son blog: "First, I told the Newsweek reporter – as full disclosure – that I had worked for Tim Geithner and Larry Summers when they were both at Treasury". Et les actions de Summers dans ta société, Nouriel? Elle n'était pas très "full" cette "disclosure"...

Summers est-il le père de Nouriel Roubini comme Vador était le père de Luke Skywalker ? En tout cas, je comprends mieux pourquoi Roubini semble si souvent ambigu face au côté obscur. (via un commentateur de Zero Hedge et ce site - ce n'est pas un scoop l'info date d'avril).

Voir p. 22, la boite de Roubini s'appelle RGE Monitor:
Disclosure LSummers04032009

Post-It (2)

Jean Sarkozy meets Benjamin Button: Jamie Dimon, le PDG de JP Morgan, embauche son père de 78 ans.

Bankers Start Feasting Again at London Eateries, Chefs Say "Les grands chefs londoniens disent que les banquiers festoient à nouveau". Partying like it's 2006...

Le convoyeur-voleur lisait-il le Blogo? (via "20 Minutes"): Seul indice qui aurait pu mettre la puce à l’oreille de ses collègues, un changement de comportement depuis quelques mois. D’impénétrable, l’homme est devenu contempteur des patrons et banquiers, se comportait de façon «bizarre depuis plusieurs mois», et se plaignait «d’être mal payé».

Brown soutient la taxe Tobin. Avec Sarko et Merkel, ça commence à faire du monde (j'ai vérifié rapidement mais ils semblent tous deux y avoir été favorables). Wall Street a donné une fin de non-recevoir par l'intermédiaire de Geithner. Plus étonnant, DSK se prononce également contre ce qui n'est pas très smart pour un présidentiable PS. Je ne sais pas si cette taxe pourrait être applicable régionalement. Je n'ai pas d'avis sur la question car le problème restait traditionnellement confiné aux pages du monde diplomatique. Peut-on imaginer une partie du monde avec un capital très fluide et une autre où la viscosité est plus grande? La taxe est-elle naturellement un frein à la croissance comme les banques ne vont pas manquer de le dire (elles ne tolèrent qu'un élément de viscosité: leurs fees!) ou un élément de stabilisation comme c'est avancé? Ca pourrait en tout cas être un moyen pour les politiques d'essayer, si ce n'est de reprendre la main, au moins de se faire entendre un petit peu.

C'était un peu la surprise des élections allemandes: les allemands votent toujours massivement pour l'équivalent de Madelin malgré la crise financière. Ce graphe traduit cette réalité également. Vu la position française, il semble que l'Europe ait un problème...
L'augmentation du chômage se tasse aux US même si le taux de chômage a franchi les 10% à 10,2%.
Et ce graphe que j'avais déjà posté mais qui est actualisé. Il montre la spécificité de cette crise parmi celles qui ont eu lieu depuis la guerre:

lundi 9 novembre 2009

dimanche 8 novembre 2009

3,5%

3,5%. C'est la croissance américaine annoncée au troisième trimestre il y a plus d'une semaine. J'ai immédiatement reçu un email d'un lecteur qui était curieux de connaître la position du Blogo sur un chiffre qui n'allait pas vraiment dans le sens du "désastre imminent" qui est promis ici à longueur de posts.

Il y a beaucoup de raisons de relativiser ce chiffre mais ce n'est pas vraiment ce que je me propose de faire. Voici en gros comment tous les commentateurs (du mainstream à Zero Hedge) traitent le sujet: ces 3,5% ne sont que le produit du stimulus de $787 milliards décidé par Obama et le quatrième trimestre ne sera pas aussi bon (fin notamment de la prime à la casse). De plus, les chiffres de l'emploi sont déplorables et les difficultés à venir sont majeures. J'ai même entendu Peter Orszag (conseiller éco d'Obama) annoncer sur Charlie Rose que "la part des $787 milliards dépensée au Q3" = "entre 3% et 4% de croissance".

Et voilà: 3,5% - (entre 3% et 4%) = 0% (+/- 0,5%). Le tour est joué. Des questions?

J'imagine que les lecteurs du Blogo ont quand même des questions et ils ont raison. Où est la catastrophe promise (même 0% n'est pas -10%)? Et surtout: les mesures prises depuis le début de la crise se sont-elles finalement avérées être les bonnes puisque le système tient encore debout et semble même redémarrer? (disclosure: je ne réponds définitivement à aucune de ces questions pour ceux qui ne voudraient pas être pris en traître).

Pour ce qui est de la catastrophe, je l'ai d'abord annoncée pour 2009 avec une préférence pour le premier semestre. Puis je me suis rabattu sur 2009 et je vais bientôt devoir me replier sur 2010. Pour revenir à l' "avis général" (qui s'est trompé tellement de fois récemment qu'il n'est pas besoin d'y revenir) il est désormais communément admis que "we're back from the brink" ("nous sommes revenus du bord du précipice", Krugman notamment est sur cette ligne). Le Blogo considère toujours que nous sommes au bord du précipice et pense que nous allons tomber dedans. Ou peut-être sommes nous tombés dedans et n'avons nous simplement pas encore touché le fond.

Je vais donc développer cela en deux parties. Où est la catastrophe promise? puis La politique menée était-elle la bonne? Hopefully dans la semaine. Je refusionnerai le tout en un seul post à la fin. C'est une nouveauté du blogo pour ce mois de novembre: le roman par épisode.

Glenn Matters

Glenn Greenwald s'en prend classiquement à un propagandiste en chef pro-guerre en Irak: Michael Ledeen (impliqué notamment dans l'affabulation sur les "aluminium tubes" de Saddam Hussein). Ledeen s'est depuis recyclé dans le battage de tam-tam contre l'Iran. Il faut dire que cette évolution de carrière semble presque naturelle tant elle a été suivie.

Désormais autoproclamé "spécialiste de l'Iran", Ledeen répand une fausse rumeur sur le supposé décès d'Ali Khamenei, "Chef Suprême" iranien (ou quelque chose dans ce goût-là). Il a fait le coup en 2006 et a recommencé au mois d'octobre 2009. Khamenei n'est pas mort et a fait depuis des apparitions publiques.

Enters Glenn Greenwald qui réduit Ledeen en miettes en deux temps trois mouvements comme il se doit mais qui met aussi en cause le journaliste George Stephanopoulos (solidement installé au sommet du "pecking order" dans le journalisme politique des vieux médias) pour avoir fait un lien vers la rumeur de Ledeen à partir de son blog d'ABC News. Réponse quasi immédiate de Stephanopoulos sur Twitter:
C'est pour cela qu'Atrios apelle Greenwald "Glennzilla": il fout la trouille à tout le monde à Washington. S'il y avait eu ce type de réaction de bon sens des MSM (mensonge => disqualification) en 2003, nous n'en serions pas là où nous en sommes.


Note: citations de Ledeen d'après sa fiche wikipédia (il dit en gros tout haut ce que l'administration Bush pensait tout bas):
  • "the level of casualties (in Iraq) is secondary"
  • "Change — above all violent change — is the essence of human history"
  • "the only way to achieve peace is through total war"
  • "The purpose of total war is to permanently force your will onto another people"
  • "Every ten years or so, the United States needs to pick up some small crappy little country and throw it against the wall, just to show the world we mean business"
Jim Lobe: WASHINGTON - When The Washington Post published a list of the people whom Karl Rove, President George W Bush's closest advisor, regularly consults for advice outside the administration, foreign policy veterans were shocked when Michael Ledeen popped up as the only full-time international affairs analyst.

"The two met after Bush's election," the Post reported cheerfully, quoting Ledeen about Rove's request that "any time you have a good idea, tell me". "More than once, Ledeen has seen his ideas, faxed to Rove, become official policy or rhetoric," noted the newspaper.