jeudi 1 janvier 2009

L'internet devant la presse selon PEW

L'internet passe devant la presse comme source d'informations pour les américains d'après une étude du PEW Research Center (via Big Picture). Alors ça ne veut pas dire que les gens soient d'ores et déjà mieux informés car il y a à boire et à manger sur internet où la force de frappe des "corporate medias" fait encore froid dans le dos. Un internaute sur CNN.com, par exemple, est maintenu dans la même ignorance crasse (war loving, bailout plan adoring...) qu'un téléspectateur de CNN. La différence c'est que l'analyse et le raisonnement critique sont seulement "one click-away".
Cela prépare le terrain pour l'apparition de nouvelles formes médiatiques qui vont révolutionner (et étendre) la démocratie. Pour les moins de 30 ans, l'internet est au niveau de la télévision comme source d'informations. L'internet ne va pas gagner ce combat en dépassant la télévision mais en l'avalant: avez-vous remarqué autour de vous à quelle vitesse l'ordinateur se substitue au téléviseur? Dans 10 ans (peut-être 5), on ne vendra plus de télés qui n'aient pas de microprocesseurs ou de disques durs. That's convergence you can believe in!

Note: El Blogo prend les sondages avec des pincettes et les soumet tous à un "reality check" ce qui est plus souvent utile qu'on ne le croit. Ici, l'augmentation de la consommation déclarée d'internet pour s'informer semble empiriquement très rapide par rapport aux années précédentes... Je ne pense à aucune amélioration technique pour l'expliquer. En revanche, une actualité chargée, avec Obama et la crise a pu générer un surcroît d'intérêt et des changements d'habitude. Enfin, en ce début d'année, je vais faire mon analyste financier et ne pas être trop regardant sur la crédibilité de l'info puisque les nouvelles sont bonnes!

By the way, Bonne année!

mardi 30 décembre 2008

Krugman et le "T word"

On s'oriente tout doucement vers l'adoption d'un plan de relance dont le montant sera compris entre $675 et $775 milliards. Cela vous rappelle quelque chose? Les $700 milliards du bailout plan par exemple? Ca n'est pas un hasard: ces montants, comme on a pu le constater avec l'implémentation du bailout plan, ne sont pas du tout ancrés dans la réalité économique ou le fruit de modèles sophistiqués. Comme les produits qu'on vend à 99,99 euros, il s'agit de marketing. Le pouvoir politique veut les coudées franches mais il reste intimidé à l'idée que le prix affiché de ces différents plans s'arrondissent au trillion. D'où l'unité de compte des mesures de lutte contre la crise: $700 milliards. Krugman ne dit pas autre chose dans cette interview à CBS quand il dit que c'est la peur du T-word (le mot trillion) qui a dicté l'enveloppe du plan de relance préparé par Obama. Il pense que le plan de relance devrait être plus important.

Krugman est pour ouvrir les vannes de la dépense publique (à ce stade, ça veut dire casser le robinet). Il flatte Larry Summers en disant qu'il est d'accord avec son évaluation: "les risques de faire trop sont moins importants que les risques de ne pas faire assez"*.

Krugman n'a pas peur. Il croit au crédit illimité des Etats-Unis. Fort de l'idéalisation du New Deal et du rejet quasi unanime de la discipline fiscale de Hoover, il ne fait aucun doute pour lui que la solution à la crise passe par la dépense publique. Tant qu'à faire dans le "revival" à l'identique, j'entends déjà ceux qui vont dire dans quelques années: il faut faire une troisième guerre mondiale, c'est ça qui nous avait sorti de l'ornière la dernière fois. Car au final, ce en quoi Krugman croit, c'est l'amérique éternelle, qui pourra toujours emprunter, toujours dépenser face à un monde toujours prêt à lui prêter quels que soient l'augmentation de ses risques. Un monde tellement avide d'ordre américain, tellement incapable de se penser en dehors de ce leadership qu'il apportera toujours, comme le serf au seigneur, sa taille à l'empire.

Ou pas.

* : Il est un peu triste au passage de voir Krugman (économiste critique) flatter une des chevilles ouvrières du désastre actuel (Larry Summers) avec probablement en tête l'idée de se ménager un futur possible dans l'administration Obama. Ca montre bien qu'en dépit de la crise et de l'élection d'Obama, la structure de pouvoir reste complètement inchangée et qu'avoir été critique des errements passés comme Krugman ne dispense pas "d'embrasser les bagues" des dérégulateurs compulsifs des deux dernières décennies si on veut arriver quelque part. Le phénomène est similaire en matière de politique étrangère: s'être opposé à la guerre devrait être un facteur d'ascension rapide dans les cercles de politique étrangère Washingtoniens. Pas du tout. L''establishment a été tellement uniformément pro-guerre qu'il continue à considérer les gens qui s'y sont opposés comme des outsiders farfelus (cf Clinton aux affaires étrangères). Une fois encore, "Il vaut mieux avoir tort avec tout le monde que raison tout seul". La conséquence naturelle de l'inamovibilé d'élites faillies par le processus démocratique devrait être une situation pré-insurectionnelle. Le sourire d'Obama suffira-t-il à empécher ce genre de développement? Il a clairement donné aux élites américaines "a new lease on life", mais vu la violence des évènements qui se préparent, cela risque d'être de courte durée.

lundi 29 décembre 2008

Gaza burning

Le discours change aux Etats-Unis. L'attaque du Liban en 2006 n'avait suscité de critiques que chez les "usual suspects" de la blogosphère. Cette fois-ci, avec l'attaque d'une bande de Gaza déjà maintenue à la limite de la famine, des voix qui se faisaient discrètes sur le sujet (Matt Yglesias, Spencer Ackerman ou Ezra Klein) commencent à hausser le ton contre la politique extrémiste des israéliens. Glenn Greenwald se montre aussi agressif. Pour certains, la coupe est pleine.

Les sites de gauche qui ont pignon sur rue continuent cependant à être extrêmement prudents (Atrios, TPM ou Daily Kos).

Ce changement dans le discours d'une partie de la blogosphère est un produit de l'élection d'Obama. Rien ne laisse cependant penser qu'Obama et ses supporters vont se départir de la ligne "Israel is always right" (Israël a toujours raison) qui a marqué les présidences Clinton et Bush 2. Pour l'instant. Cela pourrait changer si ces premières critiques ouvraient la voie à un véritable mouvement de contestation de la politique israélienne aux Etats-Unis.

samedi 27 décembre 2008

La course contre la montre de Julien D.

Existe-t-il en politique un comportement plus minable que celui de Julien Dray ? Et non, je ne vais pas prendre le temps d'en faire la démonstration avec des liens choisis, il n'en vaut pas la peine.

Et non, la présomption d'innocence n'a rien à voir avec ce sujet: c'est un principe juridique qui fait qu'il n'est pas en prison au jour d'aujourd'hui. Invoquer la présomption d'innocence dans un débat médiatique est une ineptie. Elle ne vaut que dans le cadre de la procédure judiciaire. On n'invoque pas la présomption d'innocence pour quelqu'un pris la main dans le sac. C'est exactement ce qui vient d'arriver à Dray. Honte à ceux qui émettent le moindre signe de soutien à son égard. Honte à ceux qui connaissent son niveau de corruption depuis des années et qui le tolèrent (ça fait sans doute beaucoup de monde).

vendredi 26 décembre 2008

dimanche 21 décembre 2008

Petite réflexion sur Madoff

Les derniers mois nous ont montré qu'il était difficile de séparer l'investisseur "intelligent" de l'idiot. Après les faits, on attribue de l'intelligence à ceux qui gagnent et de l'idiotie à ceux qui perdent mais c'est évidemment un peu facile. Un autre moyen de voir ça et que tout le monde a été très intelligent depuis 5 ans sauf dans la dernière année où tout le monde est devenu subitement stupide. Pourquoi vous ennuyer avec ces platitudes sur la proverbiale "random walk" de Wall Street?

Pour signaler que s'il est difficile de gagner de l'argent, il est presque également (si on ne tient pas compte des frais de transaction) difficile d'en perdre. Ainsi, pour "perdre" $50 milliards, il faut manquer de chance de manière répétée tellement de fois que l'évènement devient extrêmement improbable.

Evidemment, l'arnaque Madoff reposait sur le principe de garantir 13% par an (ou dans ces eaux là) à l'investisseur ce qui crée d'emblée une érosion forte du capital disponible par rapport au capital déclaré (s'il ne rapporte rien voir perd en réalité). Et il n'est pas surprenant qu'une crise comme celle que nous traversons ait révélée l'arnaque. Il n'en reste pas moins qu'une des tâches primordiales des enquêteurs va être de déterminer si l'argent a été "perdu de bonne foi" ou s'il a été détourné. Plus exactement, ils devront déterminer quelle part a été détournée (autrement que pour le financement du style de vie de Madoff ou ses bonnes oeuvres - il en avait) et quelle part a été perdu de bonne foi.

vendredi 19 décembre 2008

Krugman est d'accord avec El Blogo

Krugman est d'accord avec El Blogo. Le pic de lectorat du début de semaine s'explique enfin. Il est quand même gonflé de ne même pas citer le Blogo.

Atrios se lâche...

Atrios, "blogger extraordinaire" (en anglais dans le texte), s'indigne d'un mensonge de plus d'Alberto Gonzales. On croirait lire El Blogo. Le discours de la blogosphère américaine évolue sensiblement vers plus de radicalité depuis l'élection d'Obama (ou la crise économique, au choix). It's about time.

"Villagers" fait référence au gens qui vivent à Washington DC, "inside the Beltway".

Liars

They lied. Hundreds of thousands of people died. Then they lied about lying.

How they live with themselves I do not know. How the Villagers get more upset about, say, John Edwards' big house than this stuff I do not know.

Friday Plane Blogging

Que faire?

Dans les cinq ans qui ont précédé la crise, entre les 5 (seulement) plus grosses firmes de Wall Street, $120 milliards de bonus ont été distribués. Depuis le début de la crise, les banques américaines ont dans leur ensemble annoncé 630 milliards de dollars de provisions. Les Profits s'en vont (spectaculairement) mais les bonus restent. Cette période aura créé une nouvelle classe d'américains: richissime et responsable de la faillite du reste de la population. C'est tout simplement révoltant. Les années 2000 resteront très certainement comme celles du plus grand transfert de richesses de l'histoire. A noter qu'au travers des Bush tax cuts (réduction d'impôts de l'ère Bush), les riches ont connu les impôts les plus bas depuis les années 20, ce qui a conduit Warren Buffett à déclarer ça.

Aujourd'hui encore, un article du NYT sur les bonus de Merrill Lynch. 7 milliards de dollars en 2007. Merrill a perdu trois fois ce montant depuis (et sans doute beaucoup plus puisque je vous rappelle qu'ils ont été rachetés par Bank of America et aussi qu'on ne sait rien sur les interventions de Benny (Bernanke) et l'impact qu'elles ont et qu'elles ont eu sur la santé des banques).

Que faire si vous êtes citoyen américain? Si vous avez été trahi aussi complètement par vos dirigeants qui en rajoutent une louche en vous endettant pour deux générations pour sauver leur pouvoir?

Note: Merrill Lynch a disparu. C'est évidemment pour ça que cet article se concentre sur eux. Moins de risque de poursuites, pas de réprimande d'actionnaires en colère, les langues des employés se délient... La presse mainstream, avec le courage et l'indépendance qui la caractérise, s'attaque à l'animal blessé du troupeau. Pardon, à l'animal mort. Vivement que ces "héros" de l'information disparaissent.

Le NYT veut (un peu...) un procureur spécial pour la torture

Et je peux vous garantir que Glenn Greenwald y est pour quelque chose.

Courageux pour les éditorialistes du NYT de réclamer que les crimes auxquels ils n'ont pas participé (la torture) soient poursuivis. Le crime initial est la guerre et ils en ont été complices. Ces "liberals" n'ont pas réalisé que la guerre pouvait mal tourner? Que des gens prêts à mentir éhontément pour l'obtenir n'avait sans doute pas un compas moral très fiable?

Vu l'influence qu'a encore ce journal, c'est une avancée majeure pour tous ceux qui souhaitent que ces crimes soient sanctionnés (même si le NYT ajoute qu'Obama ne le fera sans doute pas et semble déjà l'exonérer préemptivement de ce manque de courage politique qui n'est qu'un aveu de la puissance du courant pro-guerre, complètement décorrélée de la volonté populaire). On espère juste que le NYT va être doublé sur sa gauche (il y a beaucoup d'espace) et que son comité de rédaction et sa journaliste star, Judith Miller, se retrouveront un jour dans le box des accusés (elle a déjà fait trois mois de prison mais ça n'est évidemment pas assez).

Il y a clairement un effet Obama et cette prise de position du NYT en témoigne. Essaiera-t-il de le dompter ou de le chevaucher? C'est toute la question. A ce stade, il semble essayer de le dompter mais au fur et à mesure que les verrous de l'ère Bush tomberont, va-t-il entrevoir une opportunité politique et s'y engouffrer? Est-ce son plan depuis le début? Attendre que les racines de son pouvoir s'enfoncent un peu dans le sol grâce à son cabinet de hiérarques centristes avant de mettre en avant un agenda plus radical? Ce serait génial mais il faut bien reconnaître que ça sonne comme un rève de "liberal blogger".

mercredi 17 décembre 2008

The money hole

Via un lecteur New Yorkais.

In The Know: Should The Government Stop Dumping Money Into A Giant Hole?

L'amnésie sélective, refuge de la classe dirigeante américaine

Hubris Kills, un commentateur régulier (ou LE commentateur régulier d'El Blogo?) me dit que Time magazine a désigné Sarko comme n°3 dans leur classement des "hommes de l'année" 2008 (Obama est premier et Hank Paulson second).

Extrait de l'article: "He (Sarkozy) put France back on the map" (Sarkozy a remis la France sur la carte). Sous-entendu: elle n'y était plus depuis que Chirac avait défié la puissance américaine.

Pas étonnant que ce journaliste fasse semblant d'ignorer que c'est en réalité Chirac en 2003 qui a mis la France "back on the map" comme nouveau porte-drapeau des idéaux démocratiques et du droit international face à une amérique dénaturée par l'opportunisme de dirigeants sans scrupule suite au 11 septembre. Sarko n'aura sans doute pas l'occasion de le faire de manière aussi spectaculaire (espérons-le en tout cas). Ca fait parti des synapses qui n'arrivent pas à se connecter dans le cerveau des commentateurs US: la population a changé d'avis sur la guerre mais la propagande continue à prêter à la résistance française de 2003 des motivations suspectes (lien entre Chirac et Saddam etc...). Donner raison a posteriori aux français leur est complètement insupportable. Je n'ai entendu qu'un seul commentateur en six ans dans les médias US qui disait spécifiquement que la France avait eu raison: c'était un anglais dans un panel de "Charlie Rose" et la phrase de l'intervenant commençait par "Hard as it is to take," (Aussi dur que cela soit à admettre,).

La raison pour laquelle la France continue à être "short changed" (maltraitée) est que la position française d'alors représente un angle mort de leur réflexion collective sur la guerre. L'histoire officielle raconte encore que le gouvernement américain s'est trompé de bonne foi. Leur phrase préférée est de dire "every nation, every intelligence in the world thought Saddam Hussein had WMDs". Dès lors, les français apparaîssent dans toute leur duplicité: ces salauds de froggies étaient persuadés que l'Irak avait des WMDs mais ils n'ont pas voulu y aller quand même! Le caractère rationnel de l'invasion est toujours défendu. L'histoire officielle est que la CIA a induit le gouvernement en erreur. Sans rire. La pertinence et la bonne foi de l'opposition française (pourtant spectaculairement soulignées par l'absence d'armes de destruction massive en Irak d'une part et par les massacres contre lesquels la France avait mis en garde d'autre part) est niée.

Que des éléments disséminés au sein de l'administration avec des relais puissants dans les médias aient participé à une opération de propagande sans précédent (que j'ai vécu sur place) pour faire croire à la menace irakienne est complètement passé sous silence. Les politiques et les journalistes américains évitent le sujet car l'affronter les conduirait directement en prison, ou pire.

Voilà la question que je poserais à tous ceux qui ont défendu ou qui défendent encore l'intervention, ou certains de ces aspects: "Vous défendez l'intervention mais cette intervention n'a été possible que par un mensonge d'Etat. Défendez-vous le mensonge d'Etat qui l'a rendue possible?"

Le problème alors est qu'une réponse affirmative est incompatible avec les exigences d'un régime démocratique. Notons au passage que l'instauration de la "démocratie" en Irak est présentée comme l'objectif de la guerre... Une tartufferie (parmi tant d'autres) des soutiens de cette guerre qui, au plus haut niveau, ont démontré par leurs mensonges qu'ils étaient des opposants aux principes de base de la démocratie. Ils ne défendent pas la démocratie comme un système politique mais comme un buzzword désignant en réalité un régime favorable aux intérêts américains (en témoigne le peu d'insistance américaine pour que des pays comme l'Egypte, l'Arabie Saoudite ou la Jordanie deviennent démocratiques - ils ne gènent pas).

Madoff, de l'eau au moulin d'El Blogo

S'il en était besoin... Un des buts du blogo est de sensibiliser les lecteurs à la corruption endémique du système politique américain. La crise que nous traversons ne relève pas de la FPC (Faute à Pas de Chance), elle est le produit d'un système dévoyé. Les médias financiers et les recherches des banques qui ont menti depuis 10 ans en nous racontant que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes vont maintenant essayer de nous faire croire à une fatalité économique, au fait que tout est affaire de cycle, qu'après le beau temps vient la pluie etc... C'est une imposture dont le but est de préserver, en la disculpant, une structure de pouvoir faillie.

Les problèmes auxquels font face l'économie mondiale sont la conséquence d'une mécanique inexorable et relativement simple qui a fait du gouvernement américain un outil d'enrichissement à la disposition des plus offrants. La perversion de ce système et qu'il est le plus souvent légal et toléré culturellement (pour l'instant). Les dominants, comme d'habitude, ont donné à leur système de domination l'apparence de la normalité, ils l'ont légitimé dans le discours et lui ont conféré un caractère d'inévitabilité. Sans surprise, la politique menée l'a été dans le mépris total de l'intérêt général.

L'affaire Madoff nous donne aujourd'hui un petit aperçu sur la manière dont on achète de l'influence politique et de la respectabilité en Amérique:

But lobbying is just a piece of Madoff's influence in Washington. His family has contributed nearly $400,000 to political committees.

Voir également ça.

On a parlé de la crise du subprime, puis de la crise immobilière, puis de la crise économique. La réalité est que les Etats-Unis traversent une crise po-li-ti-que. La seule solution durable est la réforme des lois de financement de campagne à tous les échelons de la politique américaine (comme l'avait proposé trop tôt John Edwards lors des primaires démocrates (voir vers la fin du post où il est question d'Edwards)). Tant que cela ne sera pas fait, des systèmes de régulation pervertis produiront les résultats désastreux que nous observons en ce moment.

Tant qu'à faire...

Goldman décide de ne plus payer d'impôts. A quoi bon faire semblant de redouter un redressement?

Ben baisse les taux à 0.25%

Téléphone enfin entendu...


mardi 16 décembre 2008

En attendant la FED

La Fed annonce sa décision à 20H15. C'est un peu désespérant de penser que nous en sommes arrivés là parce que la Fed avait mis les taux à leur plus bas de l'histoire récente, 1%, et que la décision de ce soir va être de les abaisser à 0.5% voire 0.25%. Quelles seront les conséquences à moyen terme de cette politique? Veulent-ils vraiment essayer de regonfler le bibendum américain? Dans quel but? Démontrer que prêter n'importe quoi à n'importe qui peut être un modèle de croissance désirable? La seule chose qu'ils sont sûrs de faire c'est de démontrer à toute la planète que le dollar ne vaut plus rien. En était-il besoin?

C'est en fait la manière américaine de faire discrètement défaut sur leur dette: nous remboursons toujours mais notre monnaie ne vaut plus rien.

La "démocratie" irakienne

De la BBC:

Muntadar al-Zaidi has suffered a broken hand, broken ribs and internal bleeding, as well as an eye injury, his older brother, Dargham, told the BBC.

(Selon son frère, Muntadar al-Zaidi a eu une main cassée, des côtes cassées et une hémorragie interne ainsi qu'une blessure à l'oeil en détention.)

L'abjection Bushiste continue son petit bonhomme de chemin.

Le dollar à 1.37

On n'a pas le temps de s'ennuyer.

Encore Greenwald

Les lecteurs assidus savent que Glenn Greenwald est un avocat constitutionaliste devenu blogger qui se bat pour que les responsables de l'administration Bush qui ont commis des exactions au regard de la constitution soient jugées et condamnés. Un rapport du sénat vient de déclarer Rumsfeld et d'autres hauts dignitaires du bushisme responsables des tortures à Abu Ghraib et à Guantanamo. Rien de très surprenant pour ceux qui faisaient attention. Comme évoqué ici, les complicités démocrates à l'époque ont été telles que ces crimes ne seront jamais sanctionnés.

Greenwald nous rappelle cependant fort à propos qu'après le scandale d'Abu Ghraib, on a jugé et condamné des personnages répugants (ici, ici et ici), certes, mais qui se sont avérés avoir agi sur ordres. Pour tenter d'apaiser une opinion publique outragée, les dirigeants qui avaient commandité les tortures ont donc encouragé les poursuites contre les fidèles soldats qui avaient exécuté leurs ordres.

S'il s'agissait alors de crimes, on se demande bien pourquoi on en exonère aujourd'hui les vrais coupables désormais identifiés. La réponse est peut-être à trouver dans le titre d'un des bouquins de Greenwald: "Great American Hypocrites".

The bipartisan Senate Armed Services Committee report issued on Thursday -- which documents that "former Defense Secretary Donald Rumsfeld and other senior U.S. officials share much of the blame for detainee abuse at Abu Ghraib prison in Iraq, and Guantanamo Bay, Cuba" and "that Rumsfeld's actions were 'a direct cause of detainee abuse' at Guantanamo and 'influenced and contributed to the use of abusive techniques ... in Afghanistan and Iraq'" -- raises an obvious and glaring question: how can it possibly be justified that the low-level Army personnel carrying out these policies at Abu Ghraib have been charged, convicted and imprisoned, while the high-level political officials and lawyers who directed and authorized these same policies remain free of any risk of prosecution?

Note: je conseille à ceux qui parlent anglais la lecture en entier du post dont cet extrait est tiré. Ca confirme mon précept selon lequel l'opposition viscérale à l'Amérique de George Bush n'est pas affaire de conviction mais d'éducation (âmes sensibles s'abstenir sur ces deux derniers liens).