lundi 9 novembre 2009
dimanche 8 novembre 2009
3,5%
Il y a beaucoup de raisons de relativiser ce chiffre mais ce n'est pas vraiment ce que je me propose de faire. Voici en gros comment tous les commentateurs (du mainstream à Zero Hedge) traitent le sujet: ces 3,5% ne sont que le produit du stimulus de $787 milliards décidé par Obama et le quatrième trimestre ne sera pas aussi bon (fin notamment de la prime à la casse). De plus, les chiffres de l'emploi sont déplorables et les difficultés à venir sont majeures. J'ai même entendu Peter Orszag (conseiller éco d'Obama) annoncer sur Charlie Rose que "la part des $787 milliards dépensée au Q3" = "entre 3% et 4% de croissance".
Et voilà: 3,5% - (entre 3% et 4%) = 0% (+/- 0,5%). Le tour est joué. Des questions?
J'imagine que les lecteurs du Blogo ont quand même des questions et ils ont raison. Où est la catastrophe promise (même 0% n'est pas -10%)? Et surtout: les mesures prises depuis le début de la crise se sont-elles finalement avérées être les bonnes puisque le système tient encore debout et semble même redémarrer? (disclosure: je ne réponds définitivement à aucune de ces questions pour ceux qui ne voudraient pas être pris en traître).
Pour ce qui est de la catastrophe, je l'ai d'abord annoncée pour 2009 avec une préférence pour le premier semestre. Puis je me suis rabattu sur 2009 et je vais bientôt devoir me replier sur 2010. Pour revenir à l' "avis général" (qui s'est trompé tellement de fois récemment qu'il n'est pas besoin d'y revenir) il est désormais communément admis que "we're back from the brink" ("nous sommes revenus du bord du précipice", Krugman notamment est sur cette ligne). Le Blogo considère toujours que nous sommes au bord du précipice et pense que nous allons tomber dedans. Ou peut-être sommes nous tombés dedans et n'avons nous simplement pas encore touché le fond.
Je vais donc développer cela en deux parties. Où est la catastrophe promise? puis La politique menée était-elle la bonne? Hopefully dans la semaine. Je refusionnerai le tout en un seul post à la fin. C'est une nouveauté du blogo pour ce mois de novembre: le roman par épisode.
Glenn Matters
Désormais autoproclamé "spécialiste de l'Iran", Ledeen répand une fausse rumeur sur le supposé décès d'Ali Khamenei, "Chef Suprême" iranien (ou quelque chose dans ce goût-là). Il a fait le coup en 2006 et a recommencé au mois d'octobre 2009. Khamenei n'est pas mort et a fait depuis des apparitions publiques.
Enters Glenn Greenwald qui réduit Ledeen en miettes en deux temps trois mouvements comme il se doit mais qui met aussi en cause le journaliste George Stephanopoulos (solidement installé au sommet du "pecking order" dans le journalisme politique des vieux médias) pour avoir fait un lien vers la rumeur de Ledeen à partir de son blog d'ABC News. Réponse quasi immédiate de Stephanopoulos sur Twitter:
C'est pour cela qu'Atrios apelle Greenwald "Glennzilla": il fout la trouille à tout le monde à Washington. S'il y avait eu ce type de réaction de bon sens des MSM (mensonge => disqualification) en 2003, nous n'en serions pas là où nous en sommes.Note: citations de Ledeen d'après sa fiche wikipédia (il dit en gros tout haut ce que l'administration Bush pensait tout bas):
- "the level of casualties (in Iraq) is secondary"
- "Change — above all violent change — is the essence of human history"
- "the only way to achieve peace is through total war"
- "The purpose of total war is to permanently force your will onto another people"
- "Every ten years or so, the United States needs to pick up some small crappy little country and throw it against the wall, just to show the world we mean business"
"The two met after Bush's election," the Post reported cheerfully, quoting Ledeen about Rove's request that "any time you have a good idea, tell me". "More than once, Ledeen has seen his ideas, faxed to Rove, become official policy or rhetoric," noted the newspaper.
vendredi 6 novembre 2009
jeudi 5 novembre 2009
Le château de sable législatif face aux marées du lobbying
Alors pour l'instant, ce projet d'agence a été vidé de ses propositions les plus intéressantes (par exemple obliger les banques à offrir des produits "étalons" extrèmement simples (plain vanilla) comme un emprunt immobilier 30 ans à taux fixe à côté des produits viciés qui sont le gagne-pain des banques). Du côté du système de santé, les intérêts représentés semblent avoir les choses bien en main et être en mesure d'éviter que des coups substantiels soient véritablement portés à leurs portefeuilles.
C'est donc un peu une question théorique mais l'idée de ce post est la suivante: quand bien même une force politique appuyée sur le peuple américain réussirait un jour à imposer des lois qui représentent enfin l'intérêt général, ces lois ne seraient-elle pas vidées de leurs substances et de leurs éléments toxiques (aux vues des lobbyistes) par un travail de sappes continue à coup d'amendements et de "supplemental" pouvant s'étendre sur plusieurs mois ou plusieurs années? Le travail des lobbyists est d'identifier les points névralgiques de la loi, les "technicalities", qui font qu'une loi populaire pour les politiciens glissent sur les intérêts de leurs clients comme sur les plumes d'un canard (c'est tout le problème de la "public option" dans la réforme actuelle du système de santé).
Il est très possible que les Etats-Unis passent par une phase "Pénélope" ou des politiciens toujours alliés des lobbyists déferont le soir en cachette ce qu'ils auront accompli dans la journée pour s'attirer les faveurs de leurs administrés. Cela pourrait être la "next line of defense" du système que nous connaissons aujourd'hui. Les citoyens n'ont pas la "staying power" (faculté de persister) des lobbyists. Des châteaux de sable législatifs visant à domestiquer certains "special interests" seraient donc systématiquement emporté par les marées des lobbyists.
Nous n'en sommes pas là: pour l'instant les lois sont encore le plus souvent vidées de leurs aspects problématiques (pour les lobbies) avant même d'être votées. Mais cela pourrait être la nouvelle formule. C'est d'ailleurs un peu ce à quoi on a assisté avec le TARP (loi de sauvetage des banques): la loi prévoyait quelques contraintes liées à l'acceptation de l'argent de l'Etat qui déplaisaient aux banques. Ces dernières se sont empressées de le rembourser dès qu'elles ont été en mesure d'emprunter (grâce à la FED). Elles ont alors délaissé le TARP au profit des aides de la FED qui ont l'énorme avantage d'être secrètes. La loi ne plaisait pas: elle a été contournée avec le concours de la FED, des législateurs et des corporate media. Long, hard slog.
mercredi 4 novembre 2009
Post-It (1)
L'envers du décor de l'American Dream? La moitié des enfants américains utiliseraient les food stamps (aide alimentaire de l'Etat) à un moment de leur enfance. 90% des enfants noirs. Avant la crise. C'est le genre de chiffres qui oblige à se demander si l'image qu'on se fait de la société américaine est correcte: les jeunes vont bien à l'école à Beverly Hills 90210 ou sont des gossip girls dans l'Upper East Side, puis les américains vivent dans des lofts dans le village et passé 30 ans ils deviennent médecins à Seattle ou Housewives dans le Connecticut? Right? J'ai lu récemment que les 2/3 des programmes télés se focalisaient sur le top 20% de la société en termes de revenus en France (c'est cette étude du CSA même si le chiffre que j'avance n'est pas repris dans le lien). On peut comprendre que ce soit plus vendeur mais quel impact cela a-t-il sur nos perceptions? Sur nos politiques? Voire même sur la conscience de classe: les classes les plus nombreuses ne sont pas représentées. Comment peuvent-elle avoir conscience d'elles-mêmes si elles n'existent pas dans nos représentations? Si elles n'ont pas conscience d'elles-mêmes, comment peuvent-elles avoir une existence politique?
Au Q3, Goldman Sachs n'a perdu de l'argent qu'une journée sur 65 de trading. 2 journées au Q2. Zero Hedge parle d' "absolute perfection" mais avance que cela défie la loi des probabilités. Il invite la SEC à y plonger le nez. Vous savez l'institution qui vient de prendre comme COO pour une de ses divisions un goldmanite de 29 ans...
Une enquête de McClatchy détermine que Goldman Sachs a continué à émettre du subprime alors même qu'ils achetaient de la protection contre ces produits. Par for the course. (via TBP) Un professeur de Boston University, Laurence Kotlikoff, s'indigne (c'est assez rare pour être relevé):“The Securities and Exchange Commission should be very interested in any financial company that secretly decides a financial product is a loser and then goes out and actively markets that product or very similar products to unsuspecting customers without disclosing its true opinion. This is fraud and should be prosecuted.”
Joseph Stiglitz: “We have this very strange situation today in America where we have given banks hundreds of billions of dollars and the president has to beg the banks to lend and they refuse. What we did was the wrong thing. It has weakened the economy and has increased our deficit, making it more difficult for the future.” Il est sur la Blogo Compliant List et ça se voit (ce n'est pas comme d'autres qu'il serait peut-être temps de retirer, une sortie "compliant" de ci de là ne doit pas vous rendre compliant pour toujours).
Alan Grayson dans le NYT. Ils ne font pas référence à son efficacité quand le congrès tient des "hearings". C'est dommage. (via TBP)
“Nearly four of five economists surveyed by USA TODAY say the stock market rally since March is heralding a sustainable recovery." Les mêmes qui n'ont pas vu la crise venir, trop content de regarder ailleurs pour faire plaisir à la FED ou aux banques... (via TBP) Voir aussi Naked Capitalism sur un article du WSJ qui explique que les économistes se sont trompés sans dire qu'ils étaient le plus souvent intéressés à leur erreur.
Ambrose Evans-Pritchard nous annonce la déconfiture prochaine du Japon (dont le gouvernemnet a eu le mauvais goût de déplaire récemment aux américains). C'est déjà un de ceux qui annonçait que la "crise des pays de l'Est" allait être le subprime européen à l'approche du G20 du printemps ce qui avait titillé le bullshit detector du blogo (à juste titre semble-t-il aujourd'hui). Bosse-t-il pour le gouvernement US ou réellement pour le Daily Telegraph? Il n'y a qu'à lire le titre pour mesurer la subtilité du propos: "It is Japan we should be worrying about, not America". Pour situer l'animal, il bossait précédemment pour The Economist. Je ne veux pas dire qu'il a tort sur tout. Je signale seulement qu'il a déjà fait office de "hitman" pour Washington et que le Japon déplaît en ce moment. De plus l'idée qu'on puisse se faire du soucis simultanément pour le Japon ET les Etats-Unis semble curieusement ne pas lui avoir traversé l'esprit...
Pendant ce temps là, aux pays des banques en faillites aux Etats-Unis:
Obama est-il sous prozac?
Obama a échoué à instaurer un véritable changement (vous savez, "Change you can believe in") sur à peu près tous les fronts: libertés civiles et transparence mises à mal sous Bush, guerres plus ou moins absurdes, meurtrières et coûteuses, réforme d'un système économique dont l'injustice a atteint un degré irréel qui le fragilise (Combien de temps peut-on continuer à transférer des richesses vers le "trou noir bancaire" au rythme actuel? Qu'a-t-on modifié structurellement pour que cela ne soit un jour plus nécessaire? Qu'en obtient-on en retour?). Reste la réforme du système de santé mais là encore, devant un congrès qui se mettait de manière surprenante à soutenir une réforme "dure" (i.e. qui égratigne un peu les assureurs et "Big Pharma"), la Maison Blanche aurait montré son vrai visage en souhaitant quelque chose de plus soft. La question n'est donc pas encore tranchée sur ce dernier point très emblématique mais j'anticipe une déception. Ca n'est pas le cas de Glenn Greenwald, par exemple, qui espère que la réforme du système de santé puisse être le début du reflux de la vague des "Reaganomics" qui ont submergé le paysage politique américain (et mondial) depuis 30 ans.
La vérité est qu'Obama n'a pas vraiment livré bataille et qu'il n'en a probablement jamais eu l'intention. C'est un ambitieux qui ne sert au fond à rien (si ce n'est à donner une seconde vie à un système politique à bout de souffle qui ne le méritait pas - rôle assez toxique) comme c'est le cas de beaucoup d'hommes politiques de par le monde (pas nécessairement loin de chez nous). L'histoire retiendra sans doute qu'il était trop jeune et surtout trop inexpérimenté pour qu'on ait pu raisonnablement en attendre quelque chose. On aurait aimé quelques réactions d'orgueil. On repassera.
Les américains, après huit ans de Bush, sont donc sur la voie de réaliser que le "recours" démocrate n'en est pas vraiment un. Autrement dit que cette crise n'est pas une crise économique mais une crise politique et que tant que le système politique américain ne sera pas réformé (à commencer par les lois de financement des campagnes électorales), ils n'en sortiront pas. Et vu l'état du débat aujourd'hui sur ce sujet (en gros inexistant), il est à peu près certain qu'ils ont devant eux un "long, hard slog".
Note: En dépit de ce commentaire un peu acide, je suis comme tout le monde sous le charme de cet homme et de sa sympathique famille. Comment pourrait-il en être autrement? (via Atrios) C'est sûrement une meilleure explication à sa bonne humeur que le Prozac! Je n'en espère simplement plus rien. Je ne lui jette pas non plus la pierre personnellement car comme je l'ai dit dès avant son élection, il aurait fallu un concours de circonstances véritablement exceptionnel pour qu'il ait vraiment les moyens d'avoir un impact. Sans doute aurait-il dû être élu dans 4 ans, quand la crise aura probablement créé les conditions d'une vraie réforme (dans la douleur).
mardi 3 novembre 2009
Des Blogueurs (indépendants?) à la Maison Blanche...
"Naked Capitalism" a carrément été invité à la Maison Blanche. Les blogueurs éco deviennent donc des targets des opérations de com de la Maison Blanche. Problème pour les invités: que sont-ils prêts à faire (à écrire) pour être réinvités? Quel rapport coûts/avantages pour le blog? Peuvent-ils être subjuguer par l'équivalent américain des "ors de la République"? Ce sujet a été traité extensivement sur le blogo à l'occasion d'un commentaire avorté sur un film que je ne citerai plus*.
Voici les blogs invités:
None of us knew in advance how many attendees there would be; there were eight of us at a two-hour session, Interfluidity, Marginal Revolution, Kid Dynamite’s World, Across the Curve, Financial Armageddon, Accrued Interest, and Aleph (and of course, others may have been invited who had scheduling conflicts). There was a place card for Megan McArdle as well.
Pas de "The Big Picture", pas de "Zero Hedge", pas de "Calculated Risks", pas d' "Atrios"(cas différent mais Atrios est économiste de formation)... il faut dire qu'ils ne sont pas basés à Washington):
Je n'en connais que la moitié de nom et je ne suis que "Naked Capitalism". Ont-ils tous dévoilé cette invitation comme ce dernier?
En tout cas, la Maison Blanche a compris que "la vérité est ailleurs" et qu'elle lui échappe.* On m'a demandé aujourd'hui de mettre un lien vers un jeu lié à ce film: faut pas pousser. Pas de lien donc et plus de titre!
Sign o' the times
Saluzzi: Spending is the main concern. 70% of the economy is consumer driven. If these people are not confident which they are not, the disconnect between Wall Street and Main Street exists.
La "cheerleading journalist": I, I was at a department store: it was packed!
Saluzzi: Really? Where? In New York City right?
(Laughs)
L'autre cheerleading journalist: It sounds like a "yes".
Vous noterez au passage la vacuité du commentaire de la journaliste mais évidemment, tout est dans les rires. C'est l'injustice géographique, fille de l'injustice sectorielle en ce qui concerne les largesses du gouvernement américain, qui est en cause ici. Alors que le pays s'enfonce dans la crise, un déluge de dollar s'est abattu sur Wall Street ce qui crée un micro-climat économique. Cela ne va pas favoriser New York comme destination de shopping: si vous êtes en compétition avec des financiers qui vivent comme en 2006 (au frais du contribuable) cela pourrait offsetter l'avantage lié au dollar. Il vaut mieux aller faire du shopping à Detroit mais y a-t-il encore des magasins là-bas? Franck Sinatra chanterait aujourd'hui: "You'd better make it there cause you won't make it anywhere else".
Note: Le cheerleading des deux présentateurs pendant ces dix minutes est typique.
* C'est un péché mignon de la blogosphère: les blogueurs référencent presque systèmatiquement tous les gens qui parlent d'eux dans les vieux médias.
dimanche 1 novembre 2009
Two choices
That leaves only two choices for governments: let the debt cycle take its course. Bankruptcies will rise further, real estate will devalue another 30%, equities will lose 65%, and we will start with a clean sheet. That will wipe out the baby-boomers who are the main asset holders. Note by the way that the correlation between the number of 45/55 year-olds in our society and equities is historically positive. The other solution is to print as much as needed to prevent that from happening. It will be very difficult because leverage will only find people with sound balance sheets who will pour the resources into assets, driving asset inflation at the expense of sound economic recovery. Also despite what politicians may think asset inflation is a lot worse for the lower and middle class than is the debt cycle, or maybe they are just cynical. In the end, there is little chance that governments will be able to coordinate their actions like they did last fall, because fear then was a lot greater than now, when consequences of today's actions can in fact be more dramatic than they were then... In the end I think we will experience cycles of injection and draining of liquidity trying to dance between the two evils.
samedi 31 octobre 2009
Dream team
Visit msnbc.com for Breaking News, World News, and News about the Economy
vendredi 30 octobre 2009
mercredi 28 octobre 2009
Quelle horreur!
mardi 27 octobre 2009
Au risque de lasser...
The New York-based bank, 34 percent-owned by the U.S. government, is listed as a client by 46 of the 1,537 lobbyists who filed with Congress to work on President Barack Obama’s push for rules to limit financial risks and impose stricter consumer protections.
Anger management anyone?
Cela dit que Citigroup qui bénéficie de $45 milliards d'aides de l'Etat et qui est possédée par le contribuable à 34% est la société qui a le plus de lobbyists à Washington (46).
Buffett fait du Bourdieu "hardcore"
“The idea that the people who move money around are some favored class -- and they are in this country even in terms of taxes -- is getting pretty far away from where we should be.”
Et puis ce passage "Bourdieu for dummies":
“I was lucky at birth,” Buffett said. “I shouldn’t delude myself into thinking I am some superior individual. Most of the rich people in the United States and the U.K., they wouldn’t have done quite as well if they were in Bangladesh or some place like that.”
Citations
Niall Ferguson, Laurence A. Tisch Professor of History, Harvard University, William Ziegler Professor of Business Administration, Harvard Business School:
The problem of being a declining empire doesn’t have a solution.” (Referring to the suggestion that a great many, if not all, of America’s problems are fixable.)
Robert J. Shiller, Arthur M. Okun Professor of Economics, Yale University:
“Look up ‘bubble’ in an economic textbook and it’s not there.” (Referring to the shortcomings of the traditional economic curriculum.).
Elizabeth Warren, Chair, TARP Congressional Oversight Panel:
Jeffrey D. Sachs, Director of The Earth Institute, Quetelet Professor of Sustainable Development, and Professor of Health Policy and Management, Columbia University:“The reason banks lost confidence in each other is because they looked at their own books.” (Referring to the loss of confidence that roiled markets during the darkest days of the crisis.)
George Soros, Chairman, Soros Fund Management:“It was grotesque.” (Referring to fact that, despite its extraordinary size, the $62 trillion credit default swap market was essentially unregulated.)
“This was a crisis made in the U.S.” (Referring to the suggestion that China’s export policies played a key role in creating the credit bubble.)
“Bankers have too much power.” (Referring to the hold that Wall Street has over Washington.)
Stephen Roach, Chairman, Morgan Stanley Asia:
Those who are looking for a “V”-shaped recovery are in for “a rude awakening.”
“The imbalances going into the crisis were large to begin with. Now, they are bigger than ever.”
Sheila C. Bair, Chairman, Federal Deposit Insurance Corporation:
“Insured deposits are being used in ways that I don’t like to see.”
Post-It (3)
Asked whether tax cuts enacted during the Bush administration should be allowed to expire next year, he said, “it does not make sense to raise taxes in a recession” and that “getting growth on track led by the private sector is still our most important priority.” Tim Geithner laisse entrevoir que les tax-cuts (essentiellement pour les riches) mises en place par Bush et qui "expirent" normalement l'an prochain pourraient être reconduites. Il dit qu'augmenter les impôts nuit à la croissance et que les baisser la favorise. C'est un des faux théorèmes qui ont alimenté la phase de croissance déséquilibrée depuis 30 ans dont nous sortons actuellement. Les américains y croient dur comme fer (même si ça ne joue qu'en faveur d'un très petit nombre). Il faut dire qu'il n'y plus aucun lien entre ce que l'Etat américain gagne et ce qu'il dépense. C'est un peu comme si vous êtiez sûr que votre banque vous financerait à fonds perdus jusqu'à votre mort: a quoi bon aller demander une augmentation à votre employeur même si vous la méritez? La partie "revenus" n'a qu'une incidence mineure sur votre train de vie... (Si vous êtes vraiment malin vous avez peut-être déjà arrêté de bosser - dont acte.)
Ce post de Naked Capitalism (déjà référencé dans un autre post mais longtemps après la publication) qui signale que les vieux médias US expliquent désormais aux américains que "seuls des losers minoritaires sont encore amers sur la crise" et que "It's time to move on". Les liens dans le post sont intéressants. On peut considérer que la population ne s'est jamais faite avoir par ses dirigeants dans ces proportions mais il y a une nouveauté par rapport à 1789 (par exemple): les citoyens sont désormais satisfaits avec des chips et un poste de télé. La capacité à avaler des couleuvres est donc démultipliée. Nous verrons donc.
Zero Hedge fricote avec Alex Jones. Zero Hedge a posté un extrait d'un documentaire d'Alex Jones. Alex Jones est un "truther" (vous savez: il y avait des petits hommes verts dans le World Trade Center qui ont tout fait péter etc...) qui est en train de faire une petite fortune en dénonçant "le complot global de tous contre tous". J'imagine que c'est inévitable sur internet et j'ai dû ici-même référencer des choses que je ne cautionnerais pas forcément après plus amples informations quelques mois après (même si rien ne me vient à l'esprit et que je pense être conservateur). Je suis un peu gêné qu'Alex Jones ne fasse pas partie des "not linkable" de Zero Hedge. Vigilance donc. Toujours.
La circulation de 400 journaux papiers chutent de 10% en 6 mois aux US. Je n'irai pas pleurer sur leurs tombes (je l'ai déjà dit?).
Après la 100ème faillite de l'année, Sheila Bair qui dirige le FDIC (l'organisme qui garantit les dépôts aux Etats-Unis) se fend d'une vidéo de 3min disant que tout va bien. Scary.
Le chaos administratif que va tôt ou tard dévoiler la crise de l'immobilier commence à se voir: “Bank of America and Countrywide Home Loans destroyed mortgage documents, and “recreate” them by “insert(ing) data as they see fit,” to cover up their own failure to keep records – or their fraud – according to a federal RICO class action. (via TBP) Tous ces prêts ont été faits en dépit du bon sens par des gens pressés de gagner quelques dollars. Qui plus est, s'il y avait vaguement quelques personnes disposées à "keep the records" durant le boom, il est clair que tout s'est très vite dégradé depuis que cela ne rapporte plus rien. C'est la dislocation du marché. C'est pour ça que la démocrate Marcy Kaptur a solennellement demandé à la chambre des représentants aux américains de squatter leurs propres maisons si les banques n'étaient pas en mesure de produire le mortgage. Dans de nombreux cas, elles ne le sont pas (ou avant 2015 en tout cas!). Voir également Gretchen Mortgenson du NYT sur la question ici. (via TBP aussi)
Dans le même ordre d'idée, tout le marché des mortgage est désormais nationalisé. Fannie/Freddie sont nationalisés et le subprime a disparu (remplacé en partie par le US gvt avec des trucs genre no money down etc...). Et ce n'est pas parce qu'on l'estampille "Etat" qu'un système complètement dysfonctionnel devient par miracle fonctionnel: les fous ont les clés de l'asile.
lundi 26 octobre 2009
Too big too fail
Extrait:
We’ve institutionalized the idea that there are firms that are too big to fail and, therefore, “we, the people” are obliged to see that they don’t — even if that means bankrupting the national treasury and undermining the living standards of ordinary people. What sense does that make?
If some company is too big to fail, then it’s too big to exist. Break it up.
Je suis d'accord bien évidemment mais la réduction de la taille des institutions financières n'y suffira pas. Si on laisse se développer entre elles des transactions sans aucun contrôle (comme les CDS d'AIG) et sans aucune limite (pas de collatéral, hors bilan...), qu'elles soient grosses ou petites, toutes les banques continueront à représenter un risque systèmique les unes pour les autres. Si vous avez 10 dominos disposés en cercle ou 100 dominos plus petits mais toujours disposés en cercle, si vous en renversez un, dans les deux cas, tous les autre dominos tomberont.
Il ne faut pas seulement que les dominos soient plus petits. Il faut surtout qu'ils ne soient pas disposés en cercle! C'est cet enchevêtrement de transactions non régulées aux nominaux ridicules qui protège Wall Street comme un bloc monolithique qu'on protège ou qu'on laisse tomber globalement sans solution intermédiaire.
Point de vue sur "Capitalism: A Love Story" (finalement)
"Capitalism: A Love Story" n'est pas dépaysant pour les gens qui ont vu les précédents films de Michael Moore. Le film est divertissant et instructif sur certains points mais je me demande si la balle que Moore avait dans son pistolet sur le sujet de "La Crise" n'aurait pas pu être mieux employée:
- Moore s'en prend au capitalisme en général ce qui est très ambitieux et prend en gros de front 98% des américains. Est-ce bien calculé? (j'ai vu sur Box Office Mojo que le film avait moins bien marché que "Sicko", est-ce surprenant? Il faut dire qu'il n'est pas aidé par les gros titres du moment qui s'accordent sur le point que la crise est derrière nous.). Ces terminologies de la guerre froide ont-elles vraiment encore cours? Est-ce le meilleur moyen de lancer le débat?
- Si on prend le capitalisme en ligne de mire, peut-on vraiment se contenter de juxtaposer des vignettes (façon "Capital" larmoyant ) sur différentes victimes du système qui n'ont pas ou peu de rapport entre elles? La moitié du film est consacrée à des gens expulsés de leur maison, des pilotes d'avion sous-payés, des sociétés qui ont bénéficié de la mort d'employés en souscrivant des assurances-vies... La réalité sociale qui est dépeinte est souvent tragique et émouvante mais on ne peut pas non plus ignorer que le tout est monté dans un sens qui vise à maximiser les effets.
- Michael Moore nous apprend qu'il est catholique et il donne la parole à deux prêtres et à un "archbishop" qui pourfendent le capitalisme. Est-ce fédérateur? Instiller du religieux dans ce débat ne me semble pas utile (just the facts, please).
- Finalement, à moins que j'ai eu un moment d'inattention, il commet une erreur factuelle majeure en omettant de préciser que les $700 milliards du TARP ne sont que la partie émergée de l'iceberg de l'aide totale aux banques. Sans rentrer dans le détail de l' "alphabet soup" des différents programmes d'aide, une référence rapide aux autres programmes aurait permis d'éviter une mauvaise représentation des faits.
Il y a aussi des choses positives:
- Moore met à jour une réalité sociale qui est mal connue et n'intéresse pas assez les vieux médias.
- Il établit clairement à quel point le subprime n'est pas le produit d'un régulateur négligent mais bien de politiques corrompus jusqu'à la moëlle. Il montre que de nombreux politiques de haut niveau ont bénéficié des largesses de "prêteurs subprime" comme Countrywide (avec une mention spéciale à Chris Dodd, Chairman du Senate Banking Committee (encore aujourd'hui!) ). C'est vraiment extrêmement louable car cette réalité n'est pas assez relatée (It could lead to reform! God forbid!).
- Il met à jour une déclaration de Roosevelt lors de son dernier discours sur l'Etat de l'Union où il propose un cadre social très ambitieux pour le pays.
Je recommande donc le film à tous les gens intéressés par le sujet (a priori le cas des lecteurs du blogo) car il est instructif et divertissant (pour ceux qui auraient peur de s'ennuyer). Je trouve dommage que Moore n'ait pas circonscrit son discours à la crise et à la corruption du système politique américain: la démonstration aurait été plus cinglante et le coup porté aurait été plus efficace. "Sicko" atteignait mieux son but de ce point de vue là et il n'est pas impossible qu'il ait été une des raisons pour lesquelles le débat sur le système de santé soit allé aussi loin (la roue tourne toujours quant au résultat final). A l'inverse, je pense que "Capitalism: A Love Story" n'aura que peu ou pas d'impact sur le débat politique américain ce qui est le standard auquel Moore doit dorénavant être mesuré (more power to him).

