samedi 5 juin 2010
Obama amoureux des predator drones?
Gareth Porter nous signale que l'administration Obama est en effet très friande de ces armes mais surtout que de nombreux cadres de la CIA commencent à les trouver inutiles et contre-productives. Au lieu d'entraîner la résignation des masses sous leurs feux, certains disent qu'elles ne font que les radicaliser.
Curieux* de voir Obama s'enticher d'une arme si dévastatrice et si peu économe en victimes collatérales. Est-il difficile de garder la tête froide quand on est à la tête de la première armée du monde? Quoi qu'il en soit, on a le droit d'être déçu une fois de plus par BO.
* Je me rends compte qu'en utilisant "curieux", je tombe dans le paneau classique de tous les commentateurs "de bonne volonté" qui consiste à prêter à Barack Obama de bonnes intentions. Ca n'est plus tellement "curieux" à ce stade.
mardi 1 juin 2010
Not that there is anything wrong with it...
Indeed, the president’s support for his Treasury secretary has been unwavering. (Axelrod would laugh at rumors that Geithner was about to get the boot: “Don’t these people realize they have a man-crush on each other?”
On imagine facilement Geithner fasciné par Obama mais la réciproque est un peu contre-intuitive. Il faut dire que Geithner représente Wall Street. C'est peut-être le secret de son charme. Mais si la vérité est qu'Obama fait la politique de Wall Street car il trouve Geithner sympa, c'est franchement inquiétant.
Epargner totalement les banques ne peut plus durer
Yves here. We are not suggesting that there are pretty or painless ways out. But the course of action underway makes shielding Eurobanks from losses one of its top priorities. Yet any program that is going to make average workers take big hits (remember, wage cuts will hit all workers, irrespective of whether they were prudent or reckless) also needs to have at least the patina of shared sacrifice. More costs need to be imposed on banks and bank investors. Equity and bond investors are risk capital, yet they are being shielded again and again from the consequences of their poor decisions. The longer that goes on, the greater the odds of political blowback that will undermine efforts to create greater stability within the eurozone.
Baroin affligeant
Non, nous ne sommes pas aidés. Le blogo ne cesse de rappeler que l'influence américaine n'existe plus que dans nos têtes mais avec des têtes comme celles de François Baroin, elle n'a pas de soucis à se faire.
J'ai peur que sa crédibilité comme ministre du bugdget ne repose que sur le ton grave qu'il adopte en toute circonstance. Il a ainsi déclaré hier que conserver la note AAA était pour la France "un objectif tendu". Comment mieux s'inscrire psychologiquement dans une structure de pouvoir qui vous est hostile? Alors, oui, qu'il ne pense qu'à cela jour et nuit est probablement inévitable vu sa position mais qu'il s'en vante est absolument consternant. Les dirigeants européens et mondiaux doivent changer de cadre de pensée. Si après ce qu'il s'est passé ils n'arrivent même pas à s'affranchir dans leurs discours de l'allégeance réflexive aux agences de notation, nous ne sommes vraiment pas rendus (la réalité étant probablement celle-là: nous ne sommes pas rendus!).
Bien sûr, on voit bien la ruse politique "à deux francs" pour un ministre du budget qui consiste à dire: "C'est pas moi qui suis méchant, c'est à cause de l'autre là-bas!" mais il peut tout aussi bien utiliser "les marchés" ou "la nécessité de maintenir notre réputation d'emprunteur" en évitant soigneusement de revalider ces agents de Wall Street discrédités comme arbitre des élégances en matière de solvabilité des Etats.
Est-ce seulement Baroin? Nos dirigeants ont-ils compris que l'économie mondiale était un casino et que le joueur principal était également croupier? Quand va-t-on arrêter de s'étonner d'avoir de mauvaises cartes?
Barry Ritholtz pense que personne n'échappe pas à sa culpabilité
Barry Ritholtz:
She introduces me to Lurch, but I’m only half listening, and I shake the old guy’s hand before bolting for my flight.
In the cab from the Bellagio to the airport, it dawns on me just what Sandra said: “Barry, this is Robert Rubin.” No bullshit, that’s who it was. He looked terrible; Clinton who just had quadruple bypass, looked much better.
Then again, Slick Willie’s biggest crime was sexual, not economic in nature. Whatever rationales Rubin’s conscious mind may have made about his role in the collapse, his subconscious knows better. And while no one else seems to be doing this, his subconscious is in the process of kicking his own ass. He seems to be slowly dying inside, at the behest of his own brain’s sense of guilt.
Et la liste des 10 capitalistes américains les plus corrompus:
America’s Ten Most Corrupt Capitalists1. Robert Rubin
2. Alan Greenspan
3. Larry Summers
4. Phil and Wendy Gramm
5. Jamie Dimon
6. Stephen Friedman
7. Robert Steel
8. Henry Paulson
9. Warren Buffett
10. Goldman Sachs:
-Joshua Bolton, chief of staff for George W. Bush, was a Goldman man
-Current New York Fed President William Dudley is a Goldman man
-Current Commodity Futures Trading Commission Chairman Gary Gensler has been a responsible regulator under Obama, but he was a deregulatory hawk during the Clinton years, and worked at Goldman for nearly two decades before that.
-A top aide to Timothy Geithner, Gene Sperling, is a Goldman man
-Current Treasury Undersecretary Robert Hormats is a Goldman man
-Current Treasury Chief of Staff Mark Patterson is a former Goldman lobbyist
-Former SEC Chairman Arthur Levitt is now a Goldman adviser
-Neel Kashkari, Henry Paulson’s deputy on TARP, was a Goldman man
-COO of the SEC Enforcement Division Adam Storch is a Goldman man
-Former Sen. John Corzine, D-N.J., was Goldman’s CEO before Henry Paulson
-Rep. Jim Himes, D-Conn., was a Goldman Vice President before he ran for Congress
-Former House Minority Leader Dick Gephardt, D-Mo., now lobbies for Goldman
Volatilité: nous sommes repartis pour un tour
Via TBP. Il s'agit de la volatilité sur 10 ans (mesure de la volatilité implicite des options sur le S&P 500). Cela équivaut à l' "agitation" sur les marchés.
Amnésie collective
La fuite avait duré dix mois et elle avait fait diminuer les recettes du tourisme du Texas. 3,5 millions de barrils échappés, similaire à la fuite actuelle. 162 miles de côtes ont été touchés! Différence de taille: la fuite était à 40m sous la mer. Le fait qu'elle n'est pas été comblée avant qu'il y ait des "forages de soulagement" montre que cela sera sans doute similaire pour Deep Horizon car le défi technique à 1500m sous l'eau est encore autre chose. Les méthodes qui avaient été tentées étaient exactement les mêmes.
L'internet va sans doute empêcher ce genre d'amnésie collective (s'il a une mémoire à long terme ce qui reste à démontrer). (largement repris de TPM, essentiellement traduit)
lundi 31 mai 2010
Flotille
Glenn Greenwald, le "blogger hero" du blogo, s'insurge et nous rappelle une citation de Dov Weissglass (ancien conseiller d'Ehud Olmert) de 2006: "L'idée est de mettre les palestiniens au régime, pas de les faire mourir de faim".
Pour ce qui est du blogo, j'attire votre attention sur cet éditorial du Financial Times (pour une fois).
dimanche 30 mai 2010
Elles vous tiennent dans leurs mains...
Standard & Poor’s cut to junk the ratings on certain securities, backed by U.S. mortgage bonds, that it granted AAA grades when they were created last year ...
The reductions were among downgrades to 308 classes of so- called re-remics, or re-securitizations, created from 2005 through 2009 ...
“The downgrades reflect our assessment of the significant deterioration in performance of the loans backing the underlying certificates,” S&P analysts Cesar Romero and Terry G. Osterweil said in the statement.
La "fake economy" de l'immobilier américain (et du reste d'ailleurs...)
“This is a market purely on life support, sustained by the federal government. Having FHA do this much volume is a sign of a very sick system.”
Federal Housing Commissioner David Stevens at Mortgage Bankers Association Government Housing Conference (see Bloomberg, the FHA was involved in more transactions in Q1 than Fannie and Freddie combined)
Graphes de Calculated Risks:


Sur la réforme financière aux US
Historians will probably conclude that the package of reforms was surprisingly modest given the depth and severity of the 2008-09 financial crisis. A harsher historical judgment might find that the political and economic power wielded by the financial industry in the late 20th and early 21st centuries was so extensive that it could weather a near total collapse of the system without having to yield its power or privilege.
El Blogo pour le "harsher historical judgment", needless to say.
samedi 29 mai 2010
vendredi 28 mai 2010
Krach en direct...
Voyons quelle news a bien pu provoquer cette chute...
Comment la FED et Wall Street utilise les marchés pour prendre les Etats-Unis et le monde en otage
Une Sénatrice confie à un administré frustré qu'elle n'a voté pour la reconduction de Bernanke que sous la menace d'un krach boursier:
I was advised that rejecting his nomination would cause markets to nose dive, which would hurt retirees and families saving for their future. I am not enthusiastic in my support.
Un autre sénateur explique en réponse à un autre administré pourquoi cette situation est inacceptable:
While I have heard the concerns of many that the failure to confirm Mr. Bernanke would have damaged the financial markets and jeopardized our economy recovery, I do not believe that anyone, including Mr. Bernanke, is too big to be replaced. We should not hold our economy hostage to the Wall Street threat that total economic collapse is the sure result of not doing everything they want.
mercredi 26 mai 2010
Light Provence Blogging
Pas beaucoup de posts récemment. Il faut dire que je me suis perdu dans les Alpilles ce week-end et que vue de là-bas, la crise semble beaucoup moins inquiétante.
dimanche 23 mai 2010
Jim Rickards Blogo Compliant
Also discussed is Germany's ban on naked shorting, which Rickards applauds, not so much as a policy move, but as a symbolic stand by European sovereigns against the bullying power of Wall Street, something we fully agree with is long overdue. "Merkel will definitely be supported by others. I know the French were a little but upset that she did it, but they are not upset because she did it, but that she did it first. Sarkozy will join in."
...
Some critical insight from Rickards in terms of European geopolitics is the following: "People get so hung up on economics, and efficient markets, and all that which has been largely discredited at this point. But these are NATO allies. Greece controls the ceiling of the Eastern Mediterranean and the Aegean, they have a very robust military budget. Same thing with Spain. Spain's been a very important NATO ally throughout the cold war, Italy etc. Can you imagine if during the cold war the Soviet Union had undermined all the countries, it would have been the start of World War III. And yet we are letting investment banks do the same thing. We are letting investment banks undermine the finances, cast doubt on the credibility, create civil unrest, riots, death. It's the kind of thing that in a military frontal assault would be repelled, but somehow we let Wall Street attack the countries and do nothing about it. I am glad that someone is finally standing up, and I expect that Merkel will be joined by others. I am not against speculation. Let speculators put up some money, let them do on an exchange, let the pricing be transparent, let them do variation margin... This no money down shadow credit default swap market is completely destructive."
vendredi 21 mai 2010
mercredi 19 mai 2010
Merkel refuse l'inacceptable
Merkel jette donc un pavé dans la mare. Cela va-t-il déclencher une réaction en chaîne qui pourrait mettre le système financier international en difficulté? C'est une possibilité car les banques se doivent de répliquer si elles veulent protéger ce racket ô combien lucratif. L'euro a d'ailleurs déjà souffert pendant la nuit. Le chantage à l'implosion du système est le modus operandi des banques depuis le début de la crise. Si les choses devaient s'envenimer, des commentateurs "avisés" seraient alors nombreux à blâmer la Chancelière allemande pour cette mesure alors qu'elle n'aura été en réalité que la simple réponse à une situation intenable. Merkel ne fait que refuser l'inacceptable. En effet, par le passé, les spéculateurs devait mobiliser des capitaux substantiels pour mener un combat "à la loyale" avec les banques centrales (on pense à Soros en 1992 par exemple). Aujourd'hui, avec des produits dérivés comme les CDS, il n'y a pas de limite aux positions spéculatives que les intervenants de marché peuvent prendre face aux banques centrales. Comble du ridicule, ces positions purement factices qui ne nécessitent pas (ou beaucoup trop peu) de collatéral ne peuvent exister que parce que les banques sont soutenues à bout de bras par les Etats, les banques centrales et finalement tout le corps social!!! La vérité est qu'il est grand temps qu'un politique, quelque part, finisse par avoir le cran de remettre les banquiers à leur place.
J'entendais Jacques Généreux ce week-end déclarer que l'attitude des politiques face aux banques dans la crise relevait jusqu'à maintenant de l' "esprit de Munich". David Abiker le mettait en garde aussitôt en lui rappelant la règle de Godwin (selon laquelle les gens qui n'ont plus rien à dire dans un débat finisse d'une manière ou d'une autre par invoquer l'Allemagne nazie). Je crois cependant que l'analogie a un peu de mérite. Depuis l'automne 2008, les politiques n'ont fait que se coucher devant les institutions financières sous l'impulsion des Etats-Unis où les banques font la pluie et le beau temps (Goldman Sachs a été le second contributeur de la campagne d'Obama, le Sénateur Dick Durbin a déclaré que les banques "possédaient franchement le Congrès" etc...). Pourtant, et c'est là que l'analogie avec Munich se justifie: plus on leur donne, et plus elles sont en appétit. Il faut donc que quelqu'un dise "stop!" car les banques ne se calmeront pas d'elles-mêmes. Pourquoi? La raison en est simple: elles sont elles-mêmes abasourdies par le volume de soutien qu'elles reçoivent et elles savent bien que cela ne peut pas durer. En conséquence de quoi, plus que jamais, la seule chose qui compte est le prochain bonus car tout le monde sait que c'est très probablement le dernier. Le système de bonus combiné à l'afflux quasi illimité de liquidité rend donc impossible la modération et "l'atterrissage contrôlé" du système bancaire. Les banquiers ne peuvent être apaisés! Nous ne pourrons que les mettre au pas. Et il ne faut cependant pas se tromper: cela va nous coûter dans un premier temps. Comme à Munich, faire face à nos responsabilités n'a rien de réjouissant mais en différer le moment ne fera qu'aggraver les choses.
Depuis que la prise d'otage des citoyens par les banques a commencé à l'automne 2008, nos hommes politiques ont connu un véritable syndrome de Stockholm. Nous avons en gros suivi l'exemple américain sans réaliser qu'il nous condamnait à appliquer chez nous les mesures que Wall Street ordonnait à Washington et qui aboutissait sans surprise à engraisser prodigieusement une seconde fois les banques qui avaient déjà fait "jackpot" en causant la crise. Le conservatisme, le manque d'indépendance d'esprit et le confort psychologique que nous procure l'ordre américain nous ont conduit à une position de soutien illimité à des banquiers faillis et à un système financier international également failli. C'est un peu l'histoire de la femme battue qui ne veut pas envoyer son conjoint en prison pour préserver son mode de vie mais qui fait l'objet de plus en plus de violence.
Merkel en a donc eu assez de tendre l'autre joue et nous lui en sommes redevables. Quelles que soient les difficultés à venir (et elles seront pires que celles que nous avons connues jusqu'à aujourd'hui), il fallait bien que quelqu'un se décide à prendre le mors aux dents. Le status quo actuel qui permet aux banques de s'abreuver directement de cash à la fontaine des banques centrales ne peut pas et ne doit pas durer. Cette situation grotesque sape les fondements de notre système économique. Il est tragique que pendant 18 mois, la faillite économique des banques aient été suivie par une faillite morale qui a ridiculisé les politiques du monde entier. Cette faillite morale n'était pas nécessaire et elle a corrompu les fondations des principales économies mondiales (création monétaire débridée au profit quasi exclusif de la sphère financière, abrogation pure et simple de règles comptables gênantes dans la finance, généralisation de l'aléas moral, collusion entre pouvoir politique et financier, récompense de l'échec, destruction du pacte social et de la confiance des citoyens dans leurs élites, concentration accrue des banques surtout aux Etats-Unis...). L'infection de dettes pourries qui aurait dû être traitée alors qu'elle était encore circonscrite à la sphère financière a maintenant atteint les finances publiques et ronge tout le corps social. Il est grand temps qu'on essaye sérieusement d'arrêter le massacre.
Elections partielles, primaires, la vieille garde massacrée
Dure soirée pour les caciques.

