vendredi 17 juin 2011

Glenn Greenwald sur les médias, le blogging et la démocratie

Greenwald explique la montée des nouveaux médias et la descente des vieux.

L'interventionnisme humanitaire, une idée maudite?

Ce site n'hésite pas depuis le début de l'aventure libyenne à taper à bras raccourcis sur l'intervention en Libye. Mais je dois bien reconnaître que, comme pour l'Irak, je pensais m'exposer à un possible ridicule passager: l'occident victorieux aurait son moment de gloire "Iraq style":et j'aurais dû alors de mon côté écrire un post vengeur reconnaissant la victoire militaire mais prédisant que cela ne durerait pas, que cette recolonisation ne mènerait nulle part et que le désir de contrôle des occidentaux était bien plus fort que leurs supposées "bonnes intentions désintéressées".

Mais non, même cela n'a pas été nécessaire. Cette idée d'intervention "humanitaire" semble désespérément maudite. Elle ne peut même plus donner le change quinze secondes. Déjà on nous annonce que les prochains dirigeants (tortionnaires à leurs heures) n'auront rien à envier à Kadhafi mais qu'ils seraient seulement (juste un temps) plus respectueux des besoins matériels occidentaux qu'un Kadhafi déterminé à tirer le maximum de profits de la manne pétrolière.

lundi 13 juin 2011

Les subprimes: une affaire criminelle

W. m’envoie ce lien vers une tribune du Monde d’un commissaire divisionnaire qui donne un avis de professionnel sur la crise des subprimes: c’est une fraude qui a été couverte par l’establishment. Il met courageusement en cause les médias.

Je vous renvoie à l’échange dans « Inside Job » entre le documentariste et Roubini :

Journaliste : « Why haven’t there been more investigations ? »

Roubini: “Because then you would find the culprits…”

samedi 11 juin 2011

Chirac votera Hollande

Difficile d'après la vidéo de savoir si c'est un geste politique ou s'il sucre les fraises mais c'est clairement divertissant!

Recolonisation du monde arabo-musulman (suite)

Nos gouvernements, toujours aussi soucieux d'exporter nos "valeurs" au Moyen-Orient en outrepassant illégalement les résolutions de l'ONU, sont comme culs et chemises avec les procureurs/tortionnaires des infirmières bulgares qui font partie du conseil national de transition (voire qui le dirigent...)

Toujours plus fort!

Comment les médias français peuvent-ils être aussi conciliants avec ce cirque pathétique?

(Le procureur qui a condamné à mort à plusieurs reprises les infirmières bulgares présenté à Sarkozy par BHL comme le "Massoud libyen" et devenu aujourd'hui notre meilleur ami...)

Europe 1 passe à la trappe un enregistrement d'Yves Bertrand associant Jack Lang à la rumeur

(Note: comme pour la vidéo de Tristane Banon clignotante, Europe 1 a finalement remis en ligne un article exhaustif comprenant la citation d'Yves Bertrand et l'extrait audio)

Hier vers 19H00 je regarde Google Actualités et je tombe sur le site d'Europe 1 sur un enregistrement d'Yves Bertrand dans une fenêtre dailymotion disant qu'il aurait pu faire part de "la rumeur" à Daniel Vaillant et Lionel Jospin mais "si j'en ai rendu compte, c'était à deux amis politiques de Jack Lang".

L'enregistrement a disparu de dailymotion. Vu que j'ai expérimenté récemment le caractère éphémère de l'information sur internet, j'ai enregistré la bande son que je posterai sous peu.

Depuis, la dépêche d'Europe 1 a fait l'objet d'editings répétés. Elle contenait d'abord deux paragraphes évoquant Jack Lang, puis un paragraphe présentant une fenêtre dailymotion d'Yves Bertrand évoquant Jack Lang, puis ce matin un seul paragraphe n'évoquant plus Jack Lang. Bizarrement, quand on suit le lien via google actualités, on voit apparaître quelques secondes les deux paragraphes citant Lang puis la page est rafraîchie et il n'y a plus rien sur Jack Lang. Je posterai aussi les copies d'écran (le titre passe de "Yves Bertrand cite Lang" à "Yves Bertrand lâche un nom" - Google Actualités référence "Yves Bertrand cite Lang").

Depuis, dans la plupart des articles référencés sur Google Actualités, il est question de Bertrand, Vaillant et Jospin mais pas de Jack Lang et les articles qui citent Lang renvoient à l'enregistrement devenu fantôme d'Europe 1. Peut-être Bertrand est-il revenu sur ses propos? Pourquoi Europe 1 ne publie pas alors un rectificatif plutôt que de supprimer la bande son ce qui fait plutôt penser à un cover-up façon "avant DSK"?

Le nom de Jack Lang a d'abord été cité dans la foulée de la déclaration de Ferry par "Arrêt sur Image" qui avait retrouvé un vieil article associant Jack Lang à une rumeur très similaire à celle décrite par Ferry. Puis Jean-François Kahn (qui nous avait pourtant promis de la fermer après son "troussage") a déclaré le lendemain que, non, il ne s'agissait pas de Lang car Ferry le lui avait dit hors plateau du Grand Journal où ils étaient invités tous les deux. Cette déclaration avait alors conduit le buzz vers Douste-Blazy dont les frasques à la Mamounia avaient également défrayé la chronique (jusqu'à des huées sur les bancs de l'assemblée dit-on).

Il semble ce soir qu'il y a bien eu une rumeur concernant Jack Lang en novembre 2001. Elle a selon Bertrand était rapportée à Vaillant et Jospin.

A noter que Bertrand, dans un mouvement qui ne renforce pas sa crédibilité, a déclaré (avant sont audition j'ai l'impression) qu'il ne se souvenait plus s'il en avait parlé à Jospin et Vaillant car la justice lui a soustrait ses "brouillons" à la suite de l'affaire clearstream, puis dans un revirement curieux a affirmé (après son audition je crois) qu'il les avait bien tous deux informé. Comprenne qui pourra comment un homme aussi changeant a pu diriger les renseignements généraux de 1992 à 2004.

Peut-être que sans les 35 heures, il aurait été possible de lancer une enquête? Où qu'un peu plus d'emploi-jeunes aurait fait l'affaire?

Les captures d'écrans (cliquez pour agrandir):
Avant:Après:
Je n'arrive pas à uploader le fichier son sur blogger qui est de plus dans un format un peu particulier (m4a). Je peux l'envoyer à ceux qui seraient intéressés...

vendredi 10 juin 2011

Scène de la vie quotidienne en Sarkozie?

J'arrive chez Virgin Boulevard Montmartre en écoutant France Info: des "indignés" français ont vu leur campement démonté en 5 minutes par la police cet après-midi. Ca me fait penser que je n'ai jamais lu (ni vu) le livre de Stéphane Hessel dont se réclame les manifestants. Je vais donc l'acheter.

Il n'est pas bien exposé. Cela m'étonne mais je demande et là je suis encore plus étonné: il n'est pas disponible. Quelqu'un est passé en acheter 30 (une femme me dit-on).

Après avoir constaté que le Mélenchon n'était pas exposé non plus mais sur une étagère, je me suis permis de leur rappeler que le bonhomme allait très probablement être candidat à l'élection présidentielle et que c'était dans moins d'un an mais je m'égare.

Alors quoi? Le mouvement des indignés devenant un problème politique, des barbouzes feraient le vide en achetant ce livre en masse? L'idée paraît saugrenue. D'autant que je viens de trouver le pdf sur internet. Ces méthodes ont cependant existé par le passé et je crois même me souvenir que de riches particuliers ont déjà mis cette tactique en oeuvre pour limiter la diffusion de livres qui les dérangeait dans certaines localités/régions. On peut aussi se demander l'intérêt de mettre le hola à la diffusion du plus grand succès de librairie de l'année déjà écoulé à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires (millions)? En revanche il est bien devenu depuis le porte-drapeau de mouvements qui n'auraient rien contre renverser quelques gouvernements deci delà. J'ai demandé s'il était disponible dans d'autres Virgin et le vendeur m'a assuré que oui (sans pour autant qu'il vérifie sur son ordinateur).

Donc finalement, pourquoi écrire ce post? A cause d'une coïncidence que j'espère inouïe. La dernière fois que j'étais allé dans un megastore (au Louvre cette fois) il y a presque deux ans, deux livres sur Carla Bruni avaient beaucoup de presse. L'un des deux étaient clairement à charge et je m'étais renseigné: il était indisponible chez Virgin sans que l'on puisse m'expliquer pourquoi...

jeudi 9 juin 2011

Libyens violeurs sous viagra? Le retour...

Ce que le blogo a déjà dénoncé comme une probable "psy-op" (psychological operation) destinée à mobiliser l'opinion occidentale en faveur de l'intervention en Libye refait son apparition par le biais du Procureur de la Cour pénale internationale. Il faut rappeler qu'après les déclarations de Susan Rice, des sources des services secrets et de l'armée US avaient démenti précisément cela.

29 avril NBC News and News services:
UNITED NATIONS — There is no evidence that Libyan military forces are being given Viagra and engaging in systematic rape against women in rebel areas, US military and intelligence officials told NBC News on Friday.

Pourquoi le procureur remet-il ça sur le tapis? Difficile de voir se dessiner le moindre élément de preuve concret en lisant les articles de presse qui le rapportent. Le "bullshit detector" du Blogo est donc toujours à fond dans le rouge. En plus des dénégations de ces officiels américains anonymes, l'histoire est tout simplement "too good to be true" et ressemble trop à des fantasmes et des projections d'occidentaux. Typiquement les trucs qui sortent des officines de psyops US. On rappellera les petites filles afghanes dont on coupe les bras si elles se mettent du vernis à ongle (mensonge cher à notre président auquel personne n'a osé demander s'il croyait véritablement à cette histoire ou s'il était un propagandiste de bas étage sur le sujet - Rony Brauman l'a interpelé précisément sur ce sujet). Ou les bébés koweïtiens privés d'incubateurs lors de l'invasion de 1990.

Les occidentaux peuvent-ils et doivent-ils instrumentaliser la Cour pénale internationale pour servir leurs objectifs politiques immédiats? Le blogo ne lâchera pas cette affaire quoi qu'il en soit même si (et surtout si) le bullshit detector du blogo s'avérait défectueux.

dimanche 5 juin 2011

Un homme guéri du SIDA

Il ne s'agit pas d'une thérapie simple à mettre en oeuvre mais c'est quand même extraordinaire. Et sans surprise selon New York Magazine, le New York Times a ignoré ce patient et la nomenklatura de la recherche contre le sida a combattu la bonne nouvelle car elle émanait d'un médecin d'une autre spécialité...

C'est bien d'une révolution dont nous avons besoin!

samedi 4 juin 2011

jeudi 2 juin 2011

Les erreurs du blogo...

Dans la foulée de l'élection d'Obama, j'écrivais ceci:

Avec la victoire d'Obama, parler devient moins risqué. Espérons que les langues vont se délier et que l'atmosphère d'omerta du "patriotisme" bushiste se dissipe peu à peu. Espérons qu'à coup de sorties comme celle-là, les frontières de l'acceptabilité redeviennent ce qu'elles ont été avant l'ère Bush et que le diable rentre dans sa boîte. Il est possible que l'impact le plus important de l'élection d'Obama dans un premier temps soit de libérer la parole, notamment au plus haut niveau. Ce faisant, elle permettrait dans un second temps aux Etats-Unis de changer plus que ne le laissent subodorer les premières nominations d'Obama.

Barack Obama a en réalité mené une guerre totale contre les fuites et candidats au fuitage après en avoir fait l'éloge pendant sa campagne (comme moyen d'exposer les failles du système). Voir ce post de Greewald pour le détail. C'est d'autant plus choquant que les responsables de l'administration n'ont pas été inquiétés une seule seconde pour leurs exactions. Obama a déclaré à leur sujet "Let's look forward, not backward.". En revanche quand il s'agit de "whistle blowers" qui ont permis de mettre à jour ces exactions, on "look backward" à fond les ballons. Justice à la Obama (professeur de droit constitutionnel, rappelons le, il ne peut plaider la débilité comme W).

mercredi 1 juin 2011

France Info sur la Libye

On se croirait à l'ORTF quand il reçoive ce soir un porte-parole du Quai d'Orsay. Aucune contestation toutes les affirmations sont prises pour argent comptant. Les journalistes français sont des enfants de choeur. On voit bien que la France n'était pas engagée dans la guerre en Irak. Si elle l'avait été, ceux qui nous servent de journalistes auraient eu une piqûre de rappel sur le fait que la première victime de la guerre et la vérité et qu'il n'y a pas plus menteur qu'un gouvernement qui lie son sort à des objectifs militaires.

Nous sommes tranquillement en train de recoloniser un pays du Maghreb et l'unanimisme en France sur la question rappelle l'unanimisme américain lors de la guerre en Irak. Quand les canons parlent, tout le monde se couche. L'illégalité de l'objectif de changement de régime est pourtant patente. Les américains n'avaient au moins pas accueilli Saddam Hussein en grande pompe à Washington quelques années avant. Et qui relève cette absurdité? Et qui vérifie que le président n'a pas outrepassé ses pouvoirs? Qui se souvient que nous prétendons vivre en démocratie? Les contrôles sur les pouvoirs militaires du Président sont-ils suffisants?

Cette intervention en Libye est une victoire posthume du "Bush Regime" (dont en réalité seul le nom a été aboli).

lundi 30 mai 2011

Et pendant ce temps-là...

Notre ministre de la culture est toujours l'auteur de ces lignes inoubliables:

»J’ai pris le pli de payer pour des garçons [...] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[...] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au cœur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas »

Le pire étant qu'il a ajouté ces confessions pour "faire le buzz" et vendre un peu plus de livres. C'est un choix. Choix compatible avec la fonction de ministre?

jeudi 26 mai 2011

Bien pire que 1984

Un Sénateur américain, Wyden, commence à expliciter ce qu'il se passe derrière le rideau. Et la réponse semble être: accès illimité du gouvernement à vos informations personnelles.

As a member of the intelligence committee, he laments that he can’t precisely explain without disclosing classified information. But one component of the Patriot Act in particular gives him immense pause: the so-called “business-records provision,” which empowers the FBI to get businesses, medical offices, banks and other organizations to turn over any “tangible things” it deems relevant to a security investigation.

mardi 24 mai 2011

Après 10 jours, enfin des éléments sur la défense de DSK

Il aurait donc été victime de chantage. Pourquoi n'est-il pas allé porter plainte? Pourquoi n'a-t-il pas dénoncé la femme de chambre à la direction de l'hotel?

La recolonisation n'est pas la solution

Sans qu'on sache exactement quel est le problème, on peut au moins être sûr que la recolonisation des pays arabes et musulmans entreprise par Bush et poursuivie par Obama avec le renfort récent de Sarkozy et de Cameron n'est pas la solution.

Et nos médias continuent de n'apporter aucun contestation à ce changement de régime honteux qui ne dit pas son nom. Bush avec sa guerre d'agression a ouvert la voie. Il est suivi par d'autres nains, Sarkozy, Cameron, et le dernier prix Nobel de la paix américain.

lundi 23 mai 2011

Cendres volcaniques

Les volcans sont de retour. Tout a déjà été dit à leur sujet sur le blogo la dernière fois, une semaine avant la fin d'interdiction de vol...

vendredi 20 mai 2011

Daniel Schneiderman trouve l'expression parfaite

Rectification: Il semble que Schneiderman ait en réalité repris l'expression en gras ci-dessous d'une interview de la mère de Tristane Banon. L'expression (que je trouve géniale car elle exprime parfaitement ce qu'on peut reprocher à DSK dans le cadre hexagonal: comportement inacceptable mais difficile d'envoyer le gars en prison) vient peut-être de l'entourage proche du bonhomme. Il ne serait pas étonnant qu'avec le temps, ses proches aient "croqué" parfaitement son comportement ou que cela soit basé sur une histoire vraie.

"Coinceur d'ascenseur"


(Via Rue 89)

DSK libéré sous caution, l'histoire n'est pas finie.

Ni pour lui (elle commence, mais devient déjà secondaire), ni pour le PS (que saviez-vous ? ) ni pour le journalisme politique français, qui va bien devoir un jour expliquer pourquoi il assistait, béat, enivré des vapeurs des sondages auto-réalisateurs, au long processus d'investiture d'un coinçeur d'ascenseurs notoire, jusqu'à la première marche.

« Et vous nous auriez laissés voter pour lui ? »

C'est ce que demanderont aux Joffrin, aux Domenach, aux Giesbert et aux autres, les citoyens qui les lisent encore. Et ils auront raison.

DSK, le génie des carpates

Le Département d'Etat et la Maison blanche sont distants d'environ un kilométre. Si vous tracez un trait entre les deux sur une carte, au milieu vous allez tomber sur... le FMI. Alors on a beaucoup glosé avant l'affaire sur le rôle "fantastique" de DSK dans cette institution mais il faut être raisonnable: l'adjoint de DSK était un américain et le FMI est un instrument du pouvoir américain dans le monde, un des bras armés de l'Empire.

Pour ce qui est du "génie" économique de DSK il faut également relativiser. Cette formule est souvent employée à tort avec des "starifications" à l'emporte-pièce. On disait de Raymond Barre qu'il était "le meilleur économiste de France". Peut-on imaginer formule plus obséquieuse et plus absurde? La crise nous a démontré que la notion même de "bon économiste" voire d'économiste tout court était très contestable. En effet, la théorie économique et le commentaire économique sont presque exclusivement la chasse gardée de personnes qui sont sous l'influence des banques directement ou par la médiation de la sphère académique (sur laquelle pèse la FED). La meilleure preuve de ceci est la réaction médusée d'à peu près tout le monde devant la crise en 2007 alors que les Etats-Unis mettaient sciemment de la nitroglycérine dans le moteur depuis le 11 septembre 2001.

Les institutions monétaires et économiques qui fondent l'Empire sont parmi les plus obscures pour la population (à dessein). Pour qu'elles soient respectées religieusement, il est essentiel que les personnalités qui les dirigent soient incontestées, voire adulées. C'est pour ça que si le jeu démocratique organise un débat de plus en plus convenu entre la droite et la gauche, il y a une "métasphère" qui ne rencontre jamais la contradiction et qui isole les vrais centres de pouvoir de la critique tout autant qu'ils le sont en Corée du Nord ou en Chine communiste.

J'ai une expérience de première main en la matière. J'ai eu dans ma scolarité un professeur qui est devenu membre du Federal Reserve Board. Son cours m'avait ennuyé, il se noyait dans des anecdotes, il balbutiait, se reprenait ou perdait le fil de son discours. Pas charismatique, pas captivant. Et quand j'ai lu la dépêche Bloomberg concernant la nomination du bonhomme, je n'en ai pas cru mes yeux: c'était une hagiographie. J'avais l'impression que le gars était un super-héro auquel il ne manquait aucune qualité morale en plus d'être dans l'antichambre du Nobel (prix dont il faut également relativiser la valeur à l'aulne des évènements récents). L'expression qui m'avait frappé dans ce portrait de Bloomberg était "intellectual powerhouse".*

Depuis, et c'était en 2007, j'ai un regard particulièrement critique sur la manière dont sont traités les personnages qui ont pour rôle de diriger les institutions clés de voûte de l'empire. Et je n'ai pas été déçu quand Bernanke a été nommé "homme de l'année 2009" par Time Magazine qui choisit alors pour sa couverture une iconographie digne de la Corée du Nord:
Rappelons que cet homme ne s'était pas contenté de ne rien voir venir au sujet de la crise immobilière: il avait spécifiquement nié à plusieurs reprises que le secteur présentait le moindre problème. L'histoire qui reste à écrire est que Greenspan et lui ont présidé à une politique consciente d'encouragement de la bulle immobilière qui visait à donner aux américains l'illusion de la prospérité au moment même où on les lançait sans espoir de retour dans la "Guerre Contre le Terrorisme", un des concepts les plus ridicules de l'histoire des relations internationales.

J'invite donc les lecteurs du blogo à se méfier. L' "excellent économiste" DSK n'a produit aucune oeuvre pendant 23 ans entre 1977 et 2000 et ses oeuvres récentes relèvent plus de la littérature politique écrite à 24 mains que de sommes sur l'économie comme Raymond Barre en avait écrit (un économiste au sens strict même si je ne cautionne pas non plus sa béatification à l'époque).

Une autre personne qui semble marcher dans les pas de DSK est Christine Lagarde, pressentie pour prendre sa succession. Avocate de formation, elle a une compétence "unanimement" reconnue comme Ministre de l'Economie. Le Financial Times lui tresse des couronnes depuis quatre ans. Elle a un anglais impeccable et elle est complètement formattée à un environnement professionnel anglo-saxon. Si elle est nommée, vous allez voir surgir partout des articles hagiographiques sur sa "très grande maîtrise" des dossiers économiques, le fait qu'elle est une "quick learner" et que rien ne lui échappe des subtilités des "CDO square" les plus machiavéliques. Les politiques ont besoin de cette image de compétence et les vieux médias sont heureux d'apporter leur pierre à la qualité de vie de ces grands hommes. Si une forme de compétence existe, on la magnifie, si elle fait défaut, on l'invente.

C'est comme ça que le système marche.

Note: Sans même parler du ministre du budget François Baroin qui répète sans cesse à la radio ce qu'il a compris de ce qu'on lui a expliqué de son métier: "il faut faire plaisir aux agences de notation sinon on va se faire taper sur les doigts." Way to go, François. Avez-vous déjà lu un article questionnant sa compétence? (je veux dire autre part que sur le blogo).

* Il s'agissait de Frederik Mishkin, complètement ridiculisé dans le documentaire "Inside Job" pour avoir écrit un rapport dithyrambique sur l'économie islandaise en 2006. Tous les gens qui ont vu inside job n'auront aucun mal à comprendre mon scepticisme quand j'ai lu les éloges de Bloomberg suite à sa nomination.

jeudi 19 mai 2011

Lettre aux abrutis qui nous "informent"

Il y a des débats (pas assez) sur ce qu'on peut dire, ce qu'on ne peut pas dire, ce qu'on savait ou ce qu'on ne savait pas sur DSK. Hier à "Ce Soir où Jamais" un journaliste corporatiste et de mauvaise foi sur les faits ("il n'y avait aucun signe précurseur"* affirme-t-il, et Tristane Banon, coco?) laisse entendre que percer à jour DSK était extrêmement difficile sans enfreindre la loi et patati patata (loi qu'ils enfreignent dès que ça peut leur rapporter un euro sur des crimes de personne lambda selon un contradicteur dans l'émission).

On apprend parallèlement (via Le Point) que la dernière phrase prononcée par DSK avant son arrestation a été "Quel beau cul!" à l'adresse d'une hôtesse de l'air.

Il ne m'en fallait pas plus que cette déclaration publique "à la volée" pour savoir que je ne voulais pas voter pour cet homme. Je ne préjuge pas de la véracité de cette citation ou du fait que ça ait été sa dernière phrase (ça semble un peu trop commode), mais si DSK est vraiment le porc qui se dessine de plus en plus, était-il si difficile de trouver une déclaration équivalente dans les derniers mois? Sans même parler d'une enquête approfondie et difficile sur Tristane Banon...

Dans le tableau qui se dégage généralement de cette homme, il semble qu'il suffise de le suivre un après-midi pour révéler des faits qui, en ce qui me concerne, suffisent à me convaincre de ne pas voter pour lui (et me donnerait envie de lui coller une gifle si j'étais une femme).

Ils nous ont donc menti et ont couvert un homme qui n'avait (selon toute probabilité et je ne me base pas sur cette seule affirmation du Point pour soutenir cette affirmation) aucun respect pour plus de la moitié de ses électeurs potentiels.

Cela ne m'apprend rien sur les journalistes et nos élites en général. Beaucoup sont malhonnêtes, beaucoup sont imbéciles. Aujourd'hui même et depuis trois ans, ils taisent (ou ne comprennent pas) un scandale bien plus conséquent encore que DSK: la dégénérescence finale du système financier international qui ressemble chaque jour un peu plus à l'énorme blob englobant Tokyo à la fin d'Akira et qui, si son implosion imminente peut faire l'objet d'un débat (comme la capacité de DSK à violer vendredi), l'immoralité radicale se déploie de manière détestable au vu et au su de tous les journaleux de la terre chaque jour que dieu fait. Les chiffres de la dernière saison de bonus dans la finance en France en étant l'expression de l'instant.

Et donc à tous ces défenseurs pavloviens d'un système indéfendable j'annonce sans ciller: We're taking over.

Note 1: Long story short: les bonus ne sont possibles dans les activités financières que parce que les élites bancaires captent leur argent à sa source: la Federal Reserve américaine et ses auxiliaires plus ou moins conciliants (BCE, BOJ...). Ces profits bancaires ne sont depuis 2007 que des écritures comptables permises par la corruption finale des institutions auxquelles on a confié la création monétaire. Il n'y a plus "un système économique" duquel la finance extrait son écot (en théorie contre un service: l'allocation efficace des ressources), la finance ne survit que sous l'assistance respiratoire (plus lucrative que jamais) de la FED. En clair: on leur donne du faux argent avec lesquels ils achètent de vraies choses. Voilà une petite histoire sur laquelle cette belle brochette d'incapables auraient pu enquêter plutôt que de faire l'éloge du génie économique de Strauss-Kahn en réalité fonctionnaire complice d'un système moribond. Nos politiques ont tout cédé aux banquiers pour acheter un peu de tranquilité mais ils ont créé un "Blob". Ce "blob" informe et déstructuré enrichit les "banksters" comme jamais et ne connaît comme force de rappel que l'effondrement final du système. Assez simple en réalité. Tout cela sera l'objet d'un autre site, légèrement plus radical. Car si nous sommes des citoyens et pas un cheptel bovin, il va bien falloir faire une révolution et le plus tôt sera le mieux.

Note 2: La fin d'Akira. Si vous ne reconnaissez pas le système financier international, "you haven't been paying attention".
* paraphrase