samedi 16 avril 2011

L'objectif militaire est désormais la chute de Khadafi

2003
2011
Barack Obama, David Cameron and Nicolas Sarkozy

Nos dirigeants ne peuvent avoir le droit de nous entraîner dans des opérations de changement de régime sans contrôle démocratique et sans mandat de l'ONU (voir l'extrait de GG plus bas, exemple classique du "mission creep"). On a de toute façon du mal à imaginer un "regime change" qui ne passe pas par la case "guerre d'agression" (Robert Jackson, chief American prosecutor au tribunal de Nuremberg: "To initiate a war of aggression, therefore, is not only an international crime; it is the supreme international crime differing only from other war crimes in that it contains within itself the accumulated evil of the whole.").

La dérive de l'intervention "humanitaire" en Libye en une opération de changement de régime est absolument scandaleuse. Avons-nous parcouru tout ce chemin pour voir des petits roitelets décider de la guerre et de la paix à la manière de Louis XIV? Et ils le font en mentant comme des arracheurs de dents qui plus est? Quels citoyens qui se respectent peuvent s'accomoder de ces pratiques? La guerre en Libye pour y apporter la démocratie, c'est le fait du prince chez nous! Nous voilà bien pour leur donner des leçons... Non à cette guerre imbécile. Non à l'arbitraire présidentiel. Non à la recolonisation de l'Irak et de la Libye. Non, non et non!

Et savez-vous dans quelle capitale moyen-orientale on interdit les manifestations lors de ce printemps arabe? A Baghdad. Qui veut faire croire aux bonnes intentions occidentales à la lumière de cette réalité consternante?

Non, nous ne devons pas baisser la tête devant tous ces esprits médiocres dont l'agressivité et la stupidité ne peuvent conduire qu'à faire ressembler le 21ème siècle au 20ème.

Repris de GG:

Barack Obama, March 28, 2011, explaining America's involvement in the war in Libya:

Of course, there is no question that Libya -– and the world –- would be better off with Qaddafi out of power. I, along with many other world leaders, have embraced that goal, and will actively pursue it through non-military means. But broadening our military mission to include regime change would be a mistake.

Barack Obama, David Cameron, Nicolas Sarkozy, joint Op-Ed, yesterday:

The bombing continues until Gaddafi goes

Our duty and our mandate under UN Security Council Resolution 1973 is to protect civilians, and we are doing that. It is not to remove Gaddafi by force. . . . However, so long as Gaddafi is in power, Nato and its coalition partners must maintain their operations so that civilians remain protected and the pressure on the regime builds. Then a genuine transition from dictatorship to an inclusive constitutional process can really begin, led by a new generation of leaders. For that transition to succeed, Colonel Gaddafi must go, and go for good.

Rony Brauman sur la Libye

Enfin une figure publique qui s'oppose à cette guerre imbécile. Je ne comprends cependant pas pourquoi Brauman déclare que cette guerre est légale. Le texte publié par le trio Cameron-Obama-Sarkozy n'outrepasse-t-il pas clairement le mandat du Conseil de Sécurité? A part ça, je suis d'accord avec tout ce qu'il dit, notamment sur le fait que les journalistes français ne questionnent jamais Sarkozy sérieusement sur la guerre en Afghanistan et que ce dernier se sort toujours sans difficulté du sujet en invoquant une histoire de propagande abjecte (petites filles dont on coupait les mains) taillée en pièce ici-même en 2009. Je ne connaissais pas le précédent vietnamien dont parle Brauman à ce sujet mais le bullshit detector du blogo s'était agité furieusement.

Libye : "guerre légale mais pas légitime" (Rony... par FranceInfo

vendredi 15 avril 2011

A brief history of the housing bubble

Michael Bury at Vanderbilt University. Il récapitule l'histoire du subprime. Et dit ça (via ZH):

"I am worried about a future of a nation that refuses to acknowledge the true causes for the crisis. A historic opportunity was lost. America has instead chosen its poison as its cure... Today I expect the US government to attempt to continue easy money policies into the next presidential term, past the foreclosure crisis, and past the corporate and public refinancing humps that are forthcoming. Junk bonds incredibly are again at all time highs. Quantitative Easing seems to be working for now. Buit this is an invalid validation of what America is doing. This is in fact a Pyrrhic gamble. As we continue to debase our currency, Bernanke says he is not printing money, again I disagree. As it stands I get an email from the Fed saying we bought another X billion in Treasurys. I don't know - that's pretty clear to me. In fact this program QE2 its scope and breadth raises the severe question of the Treasury's needs. The government's borrowing of money for the purposes of injecting cash into society, bailing out banks, brokers and consumers, is a short-sighted easy decoision for a population that has not yet learned that short-sighted, easy strategies are the route to long-term ruin. We never quite achieved the catharsis necessary to stoke the reevaluation of our wants, need, and feers. Importantly, the toxic twins: fiat currency and an activist Fed remain firmly entrenched, even more so with the financial reforms last year."

Fukushima et la crise financière

Il se passe la même chose d'un point de vue médiatique. Quand ça commence à devenir trop angoissant, nos médias décident qu'il vaut mieux regarder ailleurs. Et tout de suite, abracadabra: ça va mieux!

Et pour ceux qui ont encore le courage de se demander ce qui peut bien se passer à Fukushima, la lecture de Zero Hedge s'impose.

Note: et pour mémoire ce commentaire trouvé sur ZH
by NOPOMO
on Thu, 04/14/2011 - 12:13
#1169043

If you don't like the data....just throw it away. Banks do it, Governments doing it, we are all doing it....extend and pretend on steroids.

Dual justice system

"One for ordinary people and then one for people with money and enormous wealth and power."

Je ne sais pas comment les gens font pour s'accomoder de ça.

Dans la série "War, what is it good for?"

Cet article du Boston Globe détaille pourquoi les cris d'orfraie poussés par nos B52s déguisés en colombes sur les massacres "prévisibles" en Libye étaient une arnaque. Je cherche depuis le début des voix françaises qui s'opposent à cette guerre injustifiable et pour l'instant, je n'ai trouvé que... Dieudonné (j'en ai trouvé un autre: Rony Brauman). C'est un véritable scandale.

Tout cela rappelle bien sûr le comportement des élites américaines suite à la guerre en Irak: une fois que les commentateurs, dans un bel ensemble, ont soutenu une intervention, ils ont partie liée avec le pouvoir et il est très douloureux pour leur précieux amour propre de revenir en arrière (surtout après les rodomontades et le "rush psychologique" nécessaires au déclenchement d'aventures martiales de ce type).

Personne n'est donc responsable de ce fiasco. Personne n'examine les raisons, avouées ou inavouées, qui nous y ont conduit. Et la France et ses élites de goûter enfin à la transe guerrière dont Chirac les avaient privé en 2003 (un peu seulement - on n'a pas assez d'avions pour une vraie bonne guerre!). Avec bien sûr aucun recul ni aucune analyse sur les dysfonctionnements au plus haut niveau qui ont pu causer cette catastrophe.

Car ils sont nombreux aujourd'hui à prédire une catastrophe humanitaire en Libye. Et que va-t-on faire sinon reproduire le schéma irakien d'asphyxie de la population pour affaiblir l'autocrate? Déja 500000 personnes déplacées (retour au pays d'immigrés travaillant en Libye). Qu'ont fait les libyens pour mériter ce traitement? Et nos petits égos d'occidentaux désormais tout investis dans notre erreur initiale, prêt à faire souffrir le martyr à des millions de personnes pour ne pas avoir à affronter notre imbécillité.

Enfin, face aux remous dans le monde arabe, beaucoup de "démocrates" occidentaux friands de "chocs de civilisations" ne sont pas mécontents qu'on ait rappelé aux Arabes qu'on pouvait toujours les réduire en miettes à tout instant et qu'on le ferait sans aucun état d'âme dès que l'occasion s'en présenterait. Quelle meilleure publicité pour la prolifération nucléaire?

Note: le blogo soutient l'intervention en Côte d'Ivoire. Alors, oui, c'est la première fois que j'en parle (sauf pour m'étonner qu'on intervienne en Libye et pas là-bas) et ça fait vraiment "vol au secours de la victoire" mais il fallait bien que le dise. J'aurais préféré que la France ne soit pas aux premières loges en raison de son statut d'ancienne puissance coloniale. Mais il y avait eu des élections et l'intervention visait à aider la prise de pouvoir d'un dirigeant "légal". A noter les liens curieux entre le PS et Gbagbo soulignés par Juppé. Etranges pour le non-initié.

(Note sur la note: Je ne me suis pas fait assez de crédit, j'expliquais dès le 18 mars que l'intervention en Côte d'Ivoire me semblait plus justifiable: "Et où est la validation démocratique de cette nouvelle guerre? Qui va la payer? Quels sont les standards définissant la mise en place de zone d'exclusion aérienne? Et la Côte d'Ivoire? Tout le monde s'en fout? Au moins, là, il y a eu des élections qui pouvaient fonder un argument juridique pour une intervention. Ce n'est pas seulement l'occident qui décide si tel ou tel a "une sale gueule" ou pas.")


Note 2: cette collusion née d'une complicité initiale entre le commentariat et les dirigeants existe également dans la crise financière. Nos systèmes politiques ne sont pas conçus pour faire face de manière efficace à la faillite des élites. Ils sont conçus pour les préserver quoi qu'il arrive.

Extrait de l'article du Boston Globe:

EVIDENCE IS now in that President Barack Obama grossly exaggerated the humanitarian threat to justify military action in Libya. The president claimed that intervention was necessary to prevent a “bloodbath’’ in Benghazi, Libya’s second-largest city and last rebel stronghold.

But Human Rights Watch has released data on Misurata, the next-biggest city in Libya and scene of protracted fighting, revealing that Moammar Khadafy is not deliberately massacring civilians but rather narrowly targeting the armed rebels who fight against his government.

Misurata’s population is roughly 400,000. In nearly two months of war, only 257 people — including combatants — have died there. Of the 949 wounded, only 22 — less than 3 percent — are women. If Khadafy were indiscriminately targeting civilians, women would comprise about half the casualties.

Greenwald sur l'immunité de la classe financière dans la crise

GG écrit un livre intitulé "Liberty and justice for some" et s'intéresse, entre autre, à la crise financière.

Au passage, il nous rappelle (via NYT) que si l'esclavage a bel et bien été aboli aux US, les affranchis ne sont pas exactement libres mais confrontés au système judiciaire le plus impitoyable de la planète.
"The United States has 5% of the world population. But it has almost a quarter of the world's prisoners."

Note: Les Etats-Unis comptent plus de prisonniers que la Chine en valeur absolue mais ne manquent jamais une occasion de faire la morale à cette dernière qui commence à se lasser (reprise de GG):

Reuters, yesterday:

The United States is beset by violence, racism and torture and has no authority to condemn other governments' human rights problems, China said on Sunday, countering U.S. criticism of Beijing's crackdown. . . . "The United States ignores its own severe human rights problems, ardently promoting its so-called 'human rights diplomacy', treating human rights as a political tool to vilify other countries and to advance its own strategic interests," said a passage from the Chinese report.

China also "accused the U.S. . . . of pushing for Internet freedom around the world as a way to undermine other nations, while noting that Washington's campaign against secret-spilling website WikiLeaks showed its own sensitivity to the free flow of information," and further "lambasted the U.S. over issues ranging from homelessness and violent crime to the influence of money on politics and the negative effects of its foreign policy on civilians." China’s human rights record is atrocious, but can anyone contest the validity of its objections to the U.S. and the Obama administration’s purporting to act as human rights arbiters for the world?

Friday Plane Blogging

jeudi 14 avril 2011

Operation "Iraqi Freedom". Ring a bell?

Non pas qu'il soit vraiment nécessaire d'illustrer plus encore l'hypocrisie américaine la plus flagrante des dix dernières années...

By SARA GHASEMILEE
Al Arabiya

Iraq has decided to officially ban street protests in the capital Baghdad and limited approved demonstrations sites to three soccer stadiums, a security official said on Wednesday, according to reports.

"We have specified Al-Shaab, Kashafa and Zawraa stadiums as permitted sites for demonstrations in Baghdad instead of Ferdus or Tahrir squares," the capital's security spokesman Major General Qassim Atta said at a news conference televised by state broadcaster Iraqiya TV.

The decision follows after regular demonstrations were held in Bagdad with thousands of people protesting against government corruption, poor basic services and unemployment.

mercredi 13 avril 2011

400 millions d'euros pour stabiliser la Côte d'Ivoire

C'est pas cher si on considère qu'il a fallu 285 millions d'euros pour "stabiliser" le seul Bernard Tapie.

La crise financière ou le Munich démocratique

La crise financière a été un munich démocratique. Le peuple, trompé par les médias et trahi par les politiques a envoyé le message suivant aux financiers: "nous vous donnerons ce que vous voudrez tant que vous nous laisserez regarder n'importe quoi sur nos écrans plats".

Les banquiers ont compris et vous pouvez être sûrs qu'ils ne vous laisseront que cela: vos écrans plats. Donc comme lors du Munich original, on peut répéter sans trop adapter: "Entre la crise et le déshonneur, vous avez choisi le déshonneur et vous allez avoir la crise". Je parle ici d'une crise transformatrice et pas du jeux de "smoke and mirrors" que la corruption totale de nos dirigeants a permis de préserver jusqu'ici.

Some truth from the FED, at long last...

Evidemment Hoenig n'a plus rien à perdre et part en octobre. Il déclare donc ce que les vieux médias ne cessent de maquiller de manière honteuse: les grandes banques sont devenues de fait des entités publiques pour pouvoir survivre mais se comportent toujours comme des entités privées pour que leurs salariés puissent continuer à se payer des maisons dans les Hamptons. Une citation de Jean-Yves Lafesse s'impose: "Ca peut plus durer". Tic, tac...

La mise à sac du trésor public et la destruction des institutions démocratiques sont désormais terminées. La seule question est combien de temps cela peut-il rester dissimulé?

Et quand les masques tomberont, j'ai bien peur que les banquiers aient beaucoup moins de scrupules que les potentats africains finissants à faire tirer sur la foule.

mardi 12 avril 2011

Hier soir à JFK

L'A380 bouscule un avion de 30 tonnes, comme un jouet... Voilà pourquoi on demande aux passagers de garder leurs ceintures jusqu'à "l'arrêt complet de l'appareil".

mercredi 6 avril 2011

Bienvenue aux Etats-Unis, "Land of the Free, Home of the brave"

Orwell n'avait jamais paru manquer d'imagination. Jusqu'à aujourd'hui. L'accumulation d'informations sur nos vies dans nos appareils informatiques est massive. Et la tentation pour les Etats d'y accéder est énorme. Empêcher ce comportement beaucoup plus intrusif encore que les telescreens de 1984 est un des combats les plus importants dans la définition de la citoyenneté moderne.

Pour que personne ne se méprenne sur les intentions des Etats en cette matière (et leurs tendances naturellement liberticides en général) un jugement en appel aux Etats-Unis confirment le droit pour le gouvernement de saisir et d'examiner pour une durée indéterminée tous les équipements électroniques détenus par des voyageurs traversant la frontière américaine. Sans mandat et sans aucune justification. Bienvenue aux Etats-Unis.

Et la France, toujours en pointe en matière de flicage (cf hadopi), reste à la hauteur de sa réputation en obligeant les opérateurs internets à conserver des données de plus en plus longtemps sur leurs "clients" (tout en compromettant leurs mots de passe au passage pour faire bonne mesure).

mardi 5 avril 2011

Le spectre des massacres en Libye était une grossière exagération

C'est en tout cas ce que dit cet auteur de "Reason Magazine", repris dans le "Chicago Tribune". Et celui-là. L'idée de base étant que Kadhafi n'aurait pas massacré tout le monde à Benghazi vu qu'il n'avait pas massacré tout le monde dans les villes reprises jusqu'alors. Quand la presse française s'y collera-t-elle? Contester son propre gouvernement en tant de guerre... Anyone? Bande de couards!

De toute façon, ce critère pour le déclenchement d'hostilités (un génocide "possible") n'est évidemment pas acceptable pour tout citoyen qui se respecte. Comme si nos dirigeants avaient démontré ses dernières années qu'ils méritent qu'on lâche la laisse un tant soit peu en cette matière (désolé de troubler votre sommeil en vous rappelant que, oui, nous sommes censés les tenir en laisse et que ça s'appelle la démocratie). Tout cela fait furieusement penser au pre-crime de "Minority Report". Mais faut-il le rappeler à nos dirigeants: C'EST UN FILM!

lundi 4 avril 2011

Obama lance sa campagne de réélection

Il pense lever $1 milliard. A noter que pour sa réélection de 1996, Clinton avait levé $50 millions.(ZH)

L'occasion d'une minute de nostalgie en revisitant cet article de Matt Taibbi qui nous rappelle que tout s'est joué dans les tous premiers moments du mandat d'Obama (comme dûment chroniqué à l'époque sur le blogo). Suite à l'annonce du deal qui sauve Citigroup le 23 novembre 2008, Robert Reich déclare:

"If you had any doubts at all about the primacy of Wall Street over Main Street," former labor secretary Robert Reich declares when the bailout is announced, "your doubts should be laid to rest."

dimanche 3 avril 2011

Marrant

Wapo:

“The president does not have power under the Constitution to unilaterally authorize a military attack in a situation that does not involve stopping an actual or imminent threat to the nation

— Sen. Barack Obama, interview with the Boston Globe published Dec. 20, 2007



“The Constitution is clear: Except in response to an attack or the imminent threat of attack, only Congress may authorize war and the use of force.”

— Sen. Joe Biden, interview with the Boston Globe published Dec. 20, 2007

“I do not believe that the President can take military action — including any kind of strategic bombing — against Iran without congressional authorization.”

— Sen. Hillary Rodham Clinton, interview with the Boston Globe published Dec. 20, 2007

vendredi 1 avril 2011

jeudi 24 mars 2011

L'inflation est là

Via ZH:

Days of inflatiory rage come to the US: "Police say a San Antonio Taco Bell customer enraged that the seven burritos he ordered had gone up in price fired an air gun at an employee and later fired an assault rifle at officers before barricading himself into a hotel room. Brian Tillerson, a manager at the Taco Bell/KFC restaurant, told the San Antonio Express-News that the man was angry the Beefy Crunch Burrito had gone from 99 cents to $1.49 each."

lundi 21 mars 2011

Sarkozy + BHL = interventionnisme imbécile

A moins d'un coup de bol genre "silver bullet" qui liquide Kadhafi dans les prochaines heures, l'absence d'objectif clair, de stratégie et de cohérence entre les membres de cette coalition nous mène tout droit à la catastrophe (lire l'enlisement). Très ridicule. Et même la chute de Kadhafi n'exempterait pas les occidentaux de la nouvelle responsabilité coloniale qu'ils viennent de s'attribuer. Quelle légitimité pour des rebelles qui ne devraient leur pouvoir qu'à l'arsenal occidental?

Tony Karon nous explique ici que les bonnes intentions ne constituent pas une stratégie (il y a beaucoup à dire sur les bonnes intentions de toute façon cf le débat: pétrole en libye, double standard (pourquoi pas la Côte d'Ivoire, Bahrain ou le Yémen etc...)).

Antiwar.com

Site à visiter pour tous ceux qui veulent aller au-delà de la propagande pro-guerre que nos journalistes "fleur au fusil" ne vont pas manquer de nous servir.

Edito du jour de Justin Raimondo.

Sure enough...

“I hope it’s not too late,” Senator John McCain, Republican of Arizona, said on the CNN program “State of the Union” Sunday. “Obviously, if we had taken this step a couple of weeks ago, a no-fly zone would probably have been enough,” he said. “Now a no-fly zone is not enough. There needs to be other efforts made.”

Et…

Bill Kristol calls for U.S. ground forces in Libya

http://www.rawstory.com/rs/2011/03/20/bill-kristol-calls-for-u-s-ground-forces-in-libya/


Inutile de préciser la position du Sénateur Joe Lieberman sur la question...

dimanche 20 mars 2011

Première victime de la guerre: la vérité

Nos médias sont déjà en dérivation sur la propagande militaire. A garder à l'esprit à chaque fois que vous entendez la moindre information sur ce qui se passe en Libye.

Question: un dirigeant occidental a-t-il fait un chiffrage du nombre de victimes du régime libyen qui justifie ces bombardements massifs? Quel précédent cela crée-t-il? Tout dirigeant qui n'aura pas l'heur de plaire aux occidentaux sera bombardé derechef?

Si on n'appuie pas l'intervention sur des critères plus ou moins objectifs, c'est la porte ouverte au délit de sale gueule (délit dont Kadhafi est sans nul doute coupable).

Galloway:

Ouais! On va montrer à tous ces bicots c'est qui les patrons!!!

Ouais!!!!

Note: Pour ceux qui ne connaîtraient pas le site, c'est du second degré.

Readings

Pour ceux qui veulent aller au-delà de la simple fleur au fusil:

- Lybia War without policy
- Obama Libya's goal AOL
- "No-fly" may not stop Gaddafi says Air Force top uniformed leader (intéressant car opinion donnée quelques heures avant l'autorisation par l'ONU)

“Is it your assessment … that the situation is deteriorating to the point where it probably would require more than just a no-fly zone to reverse the momentum the Gadhafi forces have obtained?” asked McCain, the committee’s most vocal proponent of military intervention.

“Sir, that is exactly my point,” Schwartz responded. “Is a no-fly zone the last step or is it the first step?”

“But your assessment of the battlefield situation of this point, to reverse the momentum ...” McCain asked before being interrupted.

A no-fly zone, sir, would not be sufficient,” Schwartz said.

samedi 19 mars 2011

Nevermind...

(voir rectificatif plus bas (*) )

ARTICLE 35. La déclaration de guerre est autorisée par le Parlement.
Le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention. Il précise les objectifs poursuivis. Cette information peut donner lieu à un débat qui n'est suivi d'aucun vote.
Lorsque la durée de l'intervention excède quatre mois, le Gouvernement soumet sa prolongation à l'autorisation du Parlement. Il peut demander à l'Assemblée nationale de décider en dernier ressort.
Si le Parlement n'est pas en session à l'expiration du délai de quatre mois, il se prononce à l'ouverture de la session suivante.


Note: Ce nouveau type d'intervention, porté aux nues par Hubert Védrine, ne doit pas s'exempter de déclaration de guerre en droit interne. Il faut que la guerre reste un tabou sacré et que l'occident, aidé par une Chine et une Russie sûrement ravies de le voir s'embourber toujours plus dans des affaires qui ne le regardent pas, ne s'installe pas dans le rôle de flic mondiale débonnaire, brouillon et impulsif. Bush a vraiment réussi à remettre la guerre coloniale à la mode. Et Sarkozy a réussi contre toute attente à entériner le retour en grâce de cette pratique complètement anachronique (en plus d'être raciste et immorale).

Politique fiction: imaginons qu'au beau milieu du tumulte de la révolution française, une puissance externe infiniment supérieure militairement ait "en passant" déterminé ce que devait être le futur du pays en août 1789. Quelle humiliation! On en parlerait moins dans les livres d'histoire et la France aurait toujours été un pays vassal.

Et finalement, j'invite tous ceux qui s'enthousiasment pour cette intervention à lui appliquer un test simple: la situation en Libye mérite-t-elle qu'un de vos proches (ou vous-même) aille se battre là-bas? Quels intérêts majeurs y avons nous? Quel impératif moral qui ne s'appliquerait à des dizaines d'autres pays à travers le monde (à commencer par Bahrain ou nous défendons hypocritement le pouvoir en place)?

* Rectificatif: j'ai lu trop rapidement l'article 35 de la constitution et compris à tort qu'un vote au parlement devait autoriser la guerre dans les trois jours suivant l'intervention. C'est en fait dans les 4 mois (3 jours semblaient courts, 4 mois semblent beaucoup trop long). Le parlement doit juste être informé dans les 3 jours et il l'a été en l'occurence.

vendredi 18 mars 2011

Nous sommes en guerre contre la Lybie...

Une zone d'exclusion aérienne suppose le bombardement préventif d'un certains nombres de cibles militaires en Libye. Il est probable que dès aujourd'hui, les forces françaises vont bombarder la Libye. Où est la déclaration de guerre? Ca n'a plus vraiment cours mais ça éviterait à nos pays de faire n'importe quoi.

Et donc l'occident intervient militairement dans un monde arabe qui semblait justement lui échapper. Avec quelle légitimité? En quoi les expériences afghanes et irakiennes nous autorisent-elles à nous poser en juge rédempteur de ce qui doit ou non se passer dans les pays arabo-musulmans?

Quels crimes de Khadafi (à part le ridicule) justifie-t-il que l'on intervienne cette fois-ci? Combien de morts? On reste inerte quand un génocide fait des centaines de milliers de victimes au Rwanda et là, il faut bombarder toutes affaires cessantes alors que ce dirgeant était réhabilité par l'occident depuis 2004? Et la tente des Champs-Elysées? Oubliée?

Evidemment la tentation de voir Khadafi quitter le pouvoir est importante mais cela peut-il se faire dans le contexte du néocolonialisme destructeur remis à la mode par Bush? Et les zones d'exclusion aériennes ont-elles obligé Saddam Hussein à quitter le pouvoir? Faudra-t-il faire un embargo contre la Lybie pour fragiliser Khadafi?

Les gouvernements occidentaux dans les années récentes n'ont fait la preuve ni de leur maîtrise de ce genre d'opérations, ni de leur désintéressement quand ils les menaient.

Faire parler les canons occidentaux si peu de temps après l'émergence d'un "printemps" arabe est une erreur historique qui trahit notre désarroi et notre sentiment de perte de contrôle. Les dérapages vers le "conflit de civilisation" et de nouvelles guerres d'indépendances ne sont pas loin.

Et où est la validation démocratique de cette nouvelle guerre? Qui va la payer? Quels sont les standards définissant la mise en place de zone d'exclusion aérienne? Et la Côte d'Ivoire? Tout le monde s'en fout? Au moins, là, il y a eu des élections qui pouvaient fonder un argument juridique pour une intervention. Ce n'est pas seulement l'occident qui décide si tel ou tel a "une sale gueule" ou pas.

Il est difficile de séparer la stratégie du risque maximum de Sarkozy de sa situation délicate dans les sondages si près de la présidentielle.

Alors évidemment, les canons vont parler et les hormones s'agiter. Il faut cependant garder la tête froide et ne pas s'enthousiasmer pour cette opération militaire qui va redéfinir nos relations avec le monde arabe sous le jour de notre supériorité technologique et pas des principes qui sont censés nous animer.

Il faut donc désormais tout faire pour que cette opération soit la plus courte possible, prier pour qu'elle permette le renversement de Khadafi, et prier plus encore pour qu'en cas de succès nos dirigeants sachent faire preuve de retenue comme les Etats-Unis circa 1945 et pas d'arrogance comme les Etats-Unis circa 2003 dans un monde arabe qui doit pouvoir enfin prendre son destin en main.

What, me, worried?

Note: il s'agit d'une réaction "à chaud". Et "à chaud", je trouve que ça sent très mauvais. Mais bon. Quel que soit les méandres, ce qui se passe sous nos yeux n'est pas autre chose que la chute de l'Empire. Et qu'il y ait des soubresauts militaires n'a tout bien considéré rien d'étonnant. Comment ces gouvernements la fleur au fusil vont-ils payer pour ces interventions?

vendredi 4 mars 2011

Friday Plane Blogging

(Cliquez pour agrandir)

vendredi 25 février 2011

Friday Plane Blogging


Il n' y a traditionnellement pas d'avions militaires dans le FPB. Mais quand un mirage lybien se pose à Malte car le pilote refuse de tirer sur ses concitoyens, cela mérite une exception...

jeudi 17 février 2011

Phony Economy!!!

Pour ceux qui pensent que tout est normal est que cela ne va pas tôt ou tard nous revenir dans la figure... Nous sommes désormais dans la totale "fake economy":

Tyler Durden's picture

JP Morgan Says It Had A Perfect Trading Second Half In 2010, Lost Money On Just 8 Days In 2010, Made Money On 96.9% Of Trading Days





For those wondering why nobody wants to trade ever again on what are now purely legalized fraud markets (and thank god Ze Germans are dumb enough to buy them at any price), here is the reason:

  • JPMORGAN RACKS UP THREE PERFECT TRADING QUARTERS IN 2010
  • JPMORGAN TRADERS HAD PERFECT SECOND HALF, BANK SAYS
  • JPMORGAN TRADERS LOST MONEY 8 DAYS IN 2010, DOWN FROM 42 IN '09

In other words, of 260 trading days in 2010, the firm lost money on 8, or 3.1%. In yet other words, the firm made money 96.9% of the time. We'll repeat that: JPM made money 96.9% of the time.


mercredi 16 février 2011

Défense de MAM

Baroin et Sarko défendent MAM. C'est le moment de lancer le jeu télévisé: "Devinez quels politiques français n'ont pas de parents co-actionnaires avec les autocraties locales de SCI louches adans le maghreb?" A mon avis assez peu.

F-cking disgraceful!

lundi 14 février 2011

Inconvenient Truth

Bob Herbert (une des rares voix de la raison au NYT) via DK:

Bob Herbert directs our attention to a sad truth: even as we are celebrating the growth of democracy elsewhere, we are facing the diminishment of the idea in the United States.

While millions of ordinary Americans are struggling with unemployment and declining standards of living, the levers of real power have been all but completely commandeered by the financial and corporate elite. It doesn’t really matter what ordinary people want. The wealthy call the tune, and the politicians dance. ... Ordinary Americans have no real access to the corridors of power, but you can bet your last Lotto ticket that your elected officials are listening when the corporate money speaks.

When the game is rigged in your favor, you win. So despite the worst economic downturn since the Depression, the big corporations are sitting on mountains of cash, the stock markets are up and all is well among the plutocrats.

Monday 747-8 Blogging



La dernière version du 747 a été présentée hier. L'oeil exercé remarquera que l'avion est plus long ainsi que son deuxième étage. Les moteurs sont plus gros et les "winglets" ont disparu au profit d'un dessin du bout d'aile retravaillé. Cet appareil doit permettre à Boeing de lutter un peu contre l'A380. Son plus gros problème est pourtant la concurrence d'un autre appareil de Boeing, le 777-300ER qui emporte presque autant avec seulement 2 moteurs et qui est donc beaucoup plus efficace. L'A380 a quatre moteurs également mais pour le coup une capacité bien plus importante.

Le nouveau 747-8 ravit le titre d'avion le plus long du monde à l'A340-600 avec 76,25m, 5,9m de plus que le 747 original.

vendredi 11 février 2011

Souleiman, complice et exécuteur des crimes américains

Complice des américains dans leur sous-traitance de la torture sous Bush dans le cadre du "rendition program".

Il aurait participé lui-même à des séances de torture.

Change we can believe in! Espérons que les égytptiens se débarrasseront de cette raclure sans tarder.

Note 1: à 19H08 heure française, il semble qu'il soit plus souvent fait référence à un transfert du pouvoir au "Conseil des Forces Armées" qu'à Suleiman directement. Puisque c'est ce dernier qui a annoncé la sortie de Mubarak et que le terrain avait été préparé à sa prise de pouvoir, on peut supposer que sa position sera confirmée bientôt. Le fait que le rôle de Suleiman n'ait pas été spécifié immédiatement montre qu'il sait qu'il ne va pas être accueilli favorablement. Et pourquoi le serait-il? S'il devait prendre les rênes pour de bon cette révolution n'aura été qu'une blague de mauvais goût.
Note 2: J'ai un peu perdu le fil sur la Tunisie mais il serait bon que le succès égyptien redonne un coup de booster aux démocrates tunisiens. Saine émulation.

Friday Plane Blogging

jeudi 10 février 2011

Moubarak out!

Aujourd'hui, le monde est un peu meilleur qu'hier. Ca n'a pas souvent été le cas au Moyen-Orient dans la décennie passée et c'est donc réconfortant. La lutte ne fait pour autant que commencer!

Note 1: raté...
Note 2: Bah si finalement. Félicitations au peuple égyptien pour sa révolution. Il faut bien évidemment maintenant virer Suleiman, tortionnaire en chef du régime Mubarak.

vendredi 4 février 2011

Friday Plane Blogging

Bah où sont les "pro-Moubaraks"?

Ils n'ont même pas pu organiser un petit apéro facebook dans un coin du Caire?

mercredi 2 février 2011

Les pro-Moubaraks sont à cheval. Tout est normal...

Non, sérieusement. Sommes-nous aussi stupides que ça? Les policiers égyptiens ont oublié de mettre leurs uniformes ce matin mais est-ce une raison pour que nos médias les qualifient de contre-révolutionnaires? Maintenant c'est: "les pro-Moubaraks contre les antis".

Une raison de plus (s'il en fallait) pour arrêter de lire vos vieux médias. Ils mentent tout le temps mais encore plus quand c'est important.

Ouest France:
"Les pro-Moubaraks chargent les manifestants à dos de chameau. Certains étaient également à cheval"
Remarque du blogo: la police montée est partout une arme redoutable contre les manifestants. D'où les pro-Moubaraks sortent-ils leurs chevaux? Sont-ils des joueurs de polo qui ont décidé de se faire miliciens? Ouest-France: y a-t-il une limite à ce que ces imbéciles ne répèteraient pas comme des chiens de Pavlov?

Europe 1:
Pro et anti également.
Alors évidemment ils répètent tous la même dépêche d'agences consternante mais quand même. Ont-ils un cerveau?

Figaro:
Pro et anti également.

Pourquoi nos médias institutionnels s'accommodent-ils si bien de journalistes imbéciles?

Les égyptiens sont débarrassés de Moubarak

Moubarak s'en va. Probablement à très court terme mais au moins en septembre. Maintenant, les égyptiens doivent se débarrasser de la tutelle qui demeure: les Etats-Unis. L'abandon du pouvoir en septembre par Mubarak a été annoncé quasiment de concert avec les américains (Obama s'est rallié à cette annonce clairement insuffisante, au vu des manifs d'hier, en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "I'm a big phony!"). Le but est de donner le temps à ces derniers de se retourner pour qu'ils arrivent à garder le contrôle des égyptiens au moins sur les sujets qui leur importent.

Moubarak, tutelle US. One down, one to go...
C'est clair depuis le début mais soulignons au passage l'évidente hypocrisie américaine sur le rôle messianique auto-désigné de propagateur de la démocratie au Moyen-Orient. Quelle blague! Le problème c'est que désormais, ce sont les américains face au peuple égyptien. S'il y a de la répression maintenant, tout le monde saura clairement d'où elle vient.

Sommes-nous rentrés dans la phase politique de la chute de l'Empire? Stay tuned.

mardi 1 février 2011

Egypte ou la faillite du néoconservatisme

Il était temps...

Note: et je ne m'en étais pas trop rendu compte mais c'est le bins en Jordanie également.

samedi 29 janvier 2011

Obama, banquier dans l'âme

Via DKos. Robert Scheer au sujet du State Of teh Union speech:
The speech was a distraction from what seriously ails us: an unabated mortgage crisis, stubbornly high unemployment and a debt that spiraled out of control while the government wasted trillions making the bankers whole. Instead, the president conveyed the insular optimism of his fat-cat associates: “We are poised for progress. Two years after the worst recession most of us have ever known, the stock market has come roaring back. Corporate profits are up. The economy is growing again.” How convenient to ignore the fact that this bubble of prosperity, which has failed the tens of millions losing their homes and jobs, was floated by enormous government indebtedness now forcing deep cuts in social services, including state financial aid for those better-educated students the president claims to be so concerned about.
Note: toujours cette question...
Why are Americans such wusses? Threaten the Greeks with job losses and benefit cuts and they tie up Athens, but take away Americans' jobs, 401(k)s, even their homes, and they pretty much roll over. Tell British students that their tuition is about to go up and they take to the streets; American students just amp up their doses of Prozac. …

During the depression of 1892 to 1896, unemployed workers marched to Washington by the thousands in what was then the largest mass protest this country had seen. In 1932, even more jobless people -- 25,000 -- staged what was, at that time, the largest march on Washington, demanding public works jobs and a hike in the inheritance tax. From the '60s to the '80s, Americans marched again and again -- peacefully, nonviolently and by the hundreds of thousands -- for civil rights, women's rights, gay rights, economic justice and against wars.

vendredi 28 janvier 2011

Guts

Mise au pas en Egypte?

J'ai peur que le régime ne se montre impitoyable avec les manifestants.

Wind of change

mercredi 26 janvier 2011

mercredi 19 janvier 2011

Moody's downgrade la Tunisie

Cette capacité à distribuer les bons et les mauvais points de manière complètement arbitraire mais qui colle le plus souvent étrangement avec les intérêts américains est stupéfiante.

Indignons-nous!

J'écoute France-infos et j'entends Richard Prasquier, président du Crif, expliquer tranquillement qu'il a alerté "les autorités" sur le déroulement d'une conférence sur le mouvement BDS (Boycott, Divestment, Sanctions) à l'encontre de la politique israélienne à l'Ecole Normale Supérieure avec Stéphane Hessel en guest star. La conférence n'a en conséquence pas eu lieu dans les locaux de l'école mais place des Grands Hommes.

Prasquier reprend la rhétorique qu'on entend sur les campus américains, promue par des personnages comme Alan Dershowitz ou Daniel Pipes (directeur de "Campus Watch" qui entend faire la police sur les campus sur tout ce qui touche à Israël), qui vise à empêcher que les mouvements étudiants ne s'organisent de manière trop retentissante contre la politique du gouvernement israélien. Un des arguments de base (que Prasquier a d'ailleurs repris sur France Infos) est qu'aucune voix ne peut s'élever contre la politique israélienne si des voix ne sont pas présentes pour contrebalancer le discours. J'ai assisté à de nombreuses conférences dans ma vie organisées par des gens ayant une communauté de vues et qui ne donnaient pas la parole au point de vue diamétralement opposé. Doit-il y avoir des représentants d'Exxon à toutes les conférences sur le réchauffement climatique? C'est évidemment absurde.

Si Prasquier a des problèmes avec le niveau de popularité d'Israël, qu'il appelle Netanyahou et son ministre Lieberman plutôt que Pécresse pour qu'elle interdise des conférences à Normale Sup.

Ces manoeuvres en coulisse sont inacceptables et il faut, en nous indignant, en passer le goût aux Prasquiers de tout poil.

mardi 18 janvier 2011

Robert Fisk pessimiste sur la Tunisie...

Mais pas à cause de la Tunisie, à cause de nous. Il dit en gros que les occidentaux sont parfaitement à l’aise avec les autocrates arabes « amis » de tout poil et que la force principale qui les maintient en place, c’est l’occident (où comme vous avez pu vous en apercevoir, il n’y a pas eu de révolution au cours du week-end).

http://www.independent.co.uk/opinion/commentators/fisk/the-brutal-truth-about-tunisia-2186287.html

samedi 15 janvier 2011

Tunisie: REVOLUTION

La Tunisie se débarasse courageusement d'un régime ploutokleptocratique. Qu'attendent les américains?

De notre côté, les démissions de Frédéric Mitterrand et de Michèle Alliot-Marie s'imposent (d'abord de cette dernière par ordre de préférence). Le personnel politique a le droit de se tromper. Les erreurs doivent être sanctionnées.


ALLIOT-MARIE propose d'aider la Tunisie dans la répression
Hochgeladen von SuperBeurkMan. - Neueste Nachrichten Videos.

mardi 11 janvier 2011

Tout bien considéré...

Les Etats-Unis ne sont certes pas downgradés mais le quantitative easing n’est en réalité rien d’autre qu’un défaut… Tout bien considéré, le défaut américain ne pouvait pas se passer autrement. Et il est maintenant derrière nous.

samedi 11 décembre 2010

No comment (via ZH)

False flag operation

La routine. Ce Post rappelle à quel point l'utilisation de fausses entreprises terroristes fait partie de l'arsenal des gouvernements pour atteindre leurs buts politiques. Scary stuff. (via ZH)

jeudi 9 décembre 2010

Sarkozy et Greenspan

Nos élites ne font vraiment que répéter ce qu'elles lisent dans le triptyque (en l'occurrence même pas Sarko qui ne parle pas anglais). Et elles ne payent jamais le prix de leur stupidité et de leurs aveuglements. (Wikileaks)

Sarkozy à l'ambassadeur US en 2005:

On the deficit, Sarkozy said that for 25 years France has been living beyond its means. Now it is paying the price for that. He said that the U.S. had two advantages that France did not have: "Greenspan and the dollar."...

Turning to Chairman Greenspan, Sarkozy said, "he is a genius. A genius. He has pursued exactly the right policies."

DSK ou la paresse intellectuelle

(via wikileaks)DSK en mai 2006 en parlant l'ambassadeur américain (de G. W. Bush faut-il le rappeler?):

"He lamented that France was not a more mature democracy like the U.S."

Quelle hauteur de vue!

mercredi 8 décembre 2010

La fin de la "magic bullet"

Le Quantitative Easing n'y fait rien: cette fois-ci, les taux remontent.

Le 10 ans US (graphe plus clair qu'hier). L'évolution du 10 ans reflète celle des taux des emprunts immobiliers. Si le taux monte en peu, la demande dans l'immobilier diminue de manière non-linéaire. Surtout quand les taux ont été aussi bas aussi longtemps.(Cliquer pour agrandir)

Bernanke vient de nous offrir son épitaphe

100%.

Il a déclaré qu'il était "100%" sûr de pouvoir contrôler l'inflation quand elle se manifestera. Nous verrons. Je pense pour ma part que cette formule va lui coller à la peau jusqu'à sa tombe et au-delà.

"The Ben Bernank": propagandiste en chef

Pourquoi tout le le monde se déchaîne-t-il en permanence contre Ben Bernanke? Voici une des raisons: c'est un menteur (via Zero Hedge):
The Daily Show With Jon StewartMon - Thurs 11p / 10c
The Big Bank Theory
www.thedailyshow.com
Daily Show Full EpisodesPolitical HumorThe Daily Show on Facebook

Quand Obama s'énerve, ça n'est jamais contre les républicains

Depuis qu'il est Président, Obama ne s'énerve que pour répondre aux critiques de la gauche. Sinon il est toujours d'un cool inébranlable. Cela illustre bien son rôle de "puppet" de la kleptoploutocratie. Hier encore à sa conférence de presse sur la prorogation des Bush tax cuts:
Tout ce que son ethnicité mixte lui apportait de bona fide progressiste automatique (et de votes), il l'a transformé en espèces sonnantes et trébuchantes pour la power structure. Ou comment recycler la mémoire des souffrances de l'esclavage et la piètre condition des noirs américains aujourd'hui (voir l'occupation des prisons notamment) au profit du top 0.1%.

Question acide que posait TPM hier (enfin je crois mais je ne retrouve pas le post - trop agressif contre Obama pour ces garde-chiourmes du parti démocrate, donc du bipartisme, donc du système?): Quand est-ce que Will.I.am va mettre en musique cette dernière sortie? ;-)
Il ne manque plus qu'une attaque contre l'Iran et il ravira à Bush le titre de pire président de l'histoire. Ca se présente bien.

Le 10 ans US se casse la figure

mardi 7 décembre 2010

Eric Besson se prend pour Bush

Toujours sa quête étrange et effreinée du titre de personnage le plus méprisable de la politique française. Maintenant, il se prend pour une espèce de mini-Bush pathétique.

Quel est son problème avec l'Etat de droit?

Et ça continue encore et encore...

Obama se couche une fois de plus (cet homme n'est-il jamais debout?) devant les ploutocrates en reconduisant les "Bush Tax cuts" pour tous les américains (le projet démocrate visait à les supprimer pour les 2% les plus riches). Il s'agit d'une des mesures les plus destructrices de l'ère Bush qui a envoyé la taxation marginale des américains les plus riches vers des plus bas historiques. Cela a creusé de façon majeure le déficit budgétaire.

Et si les investisseurs étrangers commençaient à se lasser de cette kleptocratie grotesque complètement hors de contrôle?

dimanche 5 décembre 2010

My name is Robert Paulson

En réponse à Cantona, Lagarde et Minc (notamment) ont fait semblant de ne pas comprendre. Lagarde a répondu: "chacun son métier". Minc a répondu: "Est-ce que je me mèle d'entraîner une équipe de foot?". Ils ont fait semblant d'ignorer que Cantona ne visait pas à faire une proposition constructive visant à préserver le système actuel (seule attitude possible selon eux) mais à le faire tomber. Dans leur arrogance, ils n'ont tout simplement pas admis que Cantona puisse proposer un dynamitage. Ce faisant, ils se sont dispensés à bon compte de répondre sur la légitimité du système. Normal: il n'en a plus.

Ces charlatans qui ne font que répéter toute la journée ce qu'ils lisent dans le Financial Times devraient cependant s'habituer à rencontrer une opposition plus musclée. First they ignore you...

Cantona justement:

Go Canto! Une réapppropriation citoyenne du système bancaire est nécessaire. Les politiques ont été incapables de le faire (en Europe) ou ont refusé de le faire (aux US) en 2007-2008. Il va donc falloir d'une manière ou d'une autre reprendre la main. Je pense que pour des raisons démonstratives et après avoir tellement attendu, il est préférable pour l'instant d'attendre que le système rende gorge plutôt que d'endosser la responsabilité du coup de pied de l'âne. Je ne souhaite donc pas que l'appel de Cantona ne pose trop de problème.

Toutefois, si la situation que nous connaissons devait s'éterniser (plus d'un an encore par exemple?), tous les citoyens dignes de ce nom devraient envisager des méthodes radicales de pression contre le système bancaire*. Plus que "retirer son argent" comme le propose Canto, il faudrait alors faire pression sur le système bancaire en organisant des listes d'établissements bancaires acceptables et encourager la population à déménager leurs comptes (vers des banques qui s'engagent à limiter leurs pratiques de trading - pas de CDS serait un bon début). Aller en France vers des groupes mutualistes par exemple et aux Etats-Unis vers des banques régionales pour casser les reins de Wall Street. Si les politiques sont incapables de reprendre le pouvoir, les citoyens peuvent leur montrer la voie.

La démocratie ne se limite pas au droit de vote, les citoyens peuvent et doivent s'organiser pour faire pression sur les établissements bancaires qui contrôlent peu ou prou le système politique. Avec internet, plus que jamais, c'est possible. Cantona vient de cristalliser dans l'esprit des gens cette capacité à la résistance pacifique. Espérons que l'opération aura assez d'écho pour poser les termes du débat et pas assez pour avoir des conséquences déstabilisatrices graves.

* Pourquoi? Parce que le servage est une condition indigne. Humiliante pour les serfs mais tout bien considéré, humiliante également pour les seigneurs si on éclaire leurs pratiques à l'aulne des idéaux supposés de nos sociétés. Regarder durablement ailleurs est inacceptable.

Tant que j'y suis, l'excellent Paul Jorion face à une hiérarque bancaire de base:



Et pour ceux qui ne connaîtraient pas encore "The Quantitative Easing", "The Ben Bernank" and their friend "The Goldman Sachs"...

samedi 4 décembre 2010

Wikilent

A écouter les MSM, on perd souvent de vue que wikileaks n'a fuité pour l'instant que 683 cables diplomatiques. Il faut dire que c'est moins vendeur que les 250000 dont on nous rabat les oreilles. C'est vrai que le process est un peu long: lecture et censure par le NYT, débat avec le département d'Etat...

Wikileaks

¶7. (S) The Ambassador asked if the corruption and infighting are worse now than before. Idenov paused, thought, and then replied, “No, not really. It’s business as usual.” Idenov brushed off a question if the current maneuverings are part of a succession struggle. “Of course not. It’s too early for that. As it’s always been, it’s about big money. Capitalism — you call it market economy — means huge money. Listen, almost everyone at the top is confused. They’re confused by their Soviet mentality. They’re confused by the corrupt excesses of capitalism. ‘If GOLDMAN Sachs executives can make $50 million a year and then run America’s economy in Washington, what’s so different about what we do?’ they ask.”

vendredi 3 décembre 2010

Wikileaks

Lien vers wikileaks:
http://213.251.145.96/

Bernie Sanders

Sénateur du Vermont.

jeudi 2 décembre 2010

200 ans en 4 minutes (via TPM)

Le TARP ou le "big lie"

Un blogger, Zach Carter, livre ses impressions en "live blogging" alors qu'il découvre les documents révélés hier par la FED. Il eviscère au passage le "narrative" de la power structure qui répète à l'envie que l'argent du TARP a été remboursé. Ca n'est vrai que parce que la FED donnait aux banques de manière plus discrète (et sans contrainte quand aux rémunérations des banquiers) plusieurs fois de quoi rembourser. Non pas que cela soit une surprise pour les lecteurs du blogo. Nous avons seulement désormais plus de détails.

Pour attribuer plus spécifiquement ce mensonge à l'administration américaine et à tous les mainstream médias, voir cette interview de Tim "The Weasel" Geithner. Le mensonge est proféré dans l'introduction par Charlie Rose et puis à la minute 21:30 par Geithner. Ce dernier va même jusqu'à s'interroger sur les raisons pour lesquelles on ne fait pas assez crédit à l'administration pour ce programme fantastique. Et aussi l'article du même Geithner dans le wapo sur le TARP.

UPDATE 3:

The Fed accepted CCC-or-lower collateral under the Primary Dealer Credit Facility from September 15, 2008 until May 12, 2009. A total of $490.9576 billion in such collateral was accepted. That's billion, with a "b." And you thought TARP was a bailout.

...

UPDATE 5:

The Fed accepted a total of $1.31 trillion in junk-rated collateral between Sept. 15, 2008 and May 12, 2009 through the Primary Dealer Credit Facility. TARP was nothing compared to this.

...

UPDATE 8:

This Fed Audit data should shame all of the conventional-wisdom Democrats out there declaring TARP a success because of the recent CBO score. To put it mildly, these folks are totally missing the point. TARP was a "success" in large part because of the Fed's no-strings-attached efforts. And we now know that the Fed was willing to accept junk-- literally junk bonds-- as collateral for its no-strings-attached loans.

TARP and the stress tests only "worked" insofar as they convinced banks that the government would shoulder infinite future losses from the banking sector. We're now paying the price for that commitment in the form of massive foreclosure fraud, in which untold numbers of borrowers are being improperly kicked out of their homes in the name of bank profits.

TARP failed. Its losses are so low because the Fed stood behind the banks, allowing them to play one arm of the government against the other. Even if we had "turned a profit" on TARP at its formal interest rate without Fed malfeasance, look what we got in return. In the Depression, FDR secured massive national foreclosure relief and still turned a profit. Today, we have a predatory program called HAMP.

Via GG

The Economist's Democracy in America blog has an equally excellent analysis:

The careerists scattered about the world in America's intelligence agencies, military, and consular offices largely operate behind a veil of secrecy executing policy which is itself largely secret. American citizens mostly have no idea what they are doing, or whether what they are doing is working out well. The actually-existing structure and strategy of the American empire remains a near-total mystery to those who foot the bill and whose children fight its wars. And that is the way the elite of America's unelected permanent state, perhaps the most powerful class of people on Earth, like it.