lundi 5 janvier 2009

Attali sur les démocraties anglo-saxonnes

Attali sans illusion sur la faible qualité représentative des démocraties US et britannique aujourd'hui (cheval de bataille central du Blogo). Il faut regarder de 13min10s à 15min00s pour voir ce à quoi je fais référence. Ca fait du bien un peu de soutien d’une tête connue car la dysfonctionnalité de la démocratie US semble avoir été démentie (à l’œil non exercé) par l’élection d’Obama. Il n’en est rien (sauf si Obama arrivait à réaliser un exploit personnel à la faveur de la crise comme évoqué souvent dans le Blogo – voir notamment à la fin de ce post).

Je trouve au passage que ce qui paraît évident au Blogo et à Attali (cette faiblesse démocratique) est extrêmement peu débattue dans la presse française. Si vous avez des exemples infirmant ce point, merci de les mettre dans les commentaires ou de m'envoyer des liens à la nouvelle adresse email du blogo: mail.el.blogo@gmail.com

Conseils de visionnage : N’essayez pas de comprendre ce que dit l’irritant Zemmour (un peu piqué et qui part en vrille) ni le débat sous-jacent sur l'immigration: il faudrait remonter un peu avant dans la vidéo et ça n’a aucun intérêt. Zemmour est manifestement très peu informé sur ces questions.
Aussi pour ceux que ça amuse, Attali saoûlé par ces clowns, met fin à l'interview et quitte le plateau à la fin. Moment de télé toujours marrant (tout à la fin).

dimanche 4 janvier 2009

Peter Schiff

Peter Schiff sur Bloomberg News. Selon lui, la crise devrait être moins grave dans le reste du monde qu'aux Etats-Unis. Espérons qu'il ait raison. Ce serait un juste retour des choses car ils en sont responsables et qu'ils ont également beaucoup plus bénéficié que les autres de la croissance par la dette qui a conduit au désastre. Il est encore trop tôt pour voir une telle tendance se dégager. Pour lui, le dollar va à la cave. "We need a recession: America must stop borrowing and spending and start saving and producing". Indeed.

L'opacité illustrée

Je devine que certains lecteurs du Blogo trouve le style un peu geignard. Tout est gravissime. Tout est terrible. Les dirigeants américains sont très très méchants. Les banquiers aiment trop l'argent. Et d'ailleurs, on se demande bien à quoi bon parler de tout ça puisque de toute façon, tout est foutu!

Bon, d'abord le Blogo est plein d'espoir mais vu qu'on ne fait pour l'instant que s'enfoncer dans une crise sans qu'elle soit encore assez grave pour discuter de réelles solutions autres que des chèques en blanc aux banquiers (quoique), il faut bien reconnaître que l'heure est plutôt au constat désabusé et à l'indignation grandiloquente. Le Blogo est un peu à l'économie et à la finance américaine ce que Jean-Pierre Coffe est au jambon sous cellophane ("Mais c'est de la M...!").

Il faut aussi que je rappelle que ce que nous vivons est absolument sans précédent dans l'histoire. Le hold-up de fonds publics afin de sauver le secteur économique responsable de la crise (la finance) est déjà en soi un scandale sans nom (surtout quand les cinq plus grosses banques ont distribué à elles seules $120 milliards de bonus dans les 5 années précédentes). Mais l'opacité totale qui préside à l'attribution de ces fonds la rend encore plus ubuesque et digne de la pire république bananière comme illustré ici (via The Big Picture):
Face à ça, le commentariat économique "mainstream" décrit plus ou moins bien la situation mais s'indigne très peu et ne crie pratiquement jamais au scandale alors qu'il est permanent. Le citoyen américain est maintenu dans une espèce d'acceptation résignée qui laissera bientôt place à un engagement politique beaucoup plus important de chacun. Espérons que nous éviterons de passer par la case émeutes et "social unrest".

Un ami précieux (littéralement)

J'ai un ami qui m'a conseillé à l'été 2007 de vendre mes actions US et d'acheter de l'or. Depuis, l'or a fait +31% et le Dow Jones -33%.

Larry Summers en 2005

Krugman sur son blog du NYT attire l'attention sur un papier exposé devant un aéropage d'économistes et de banquiers centraux par Raguram Rajan intitulé "Has Financial Development made the world riskier?" (via WSJ). Il le qualifie de prophétique.

Extrait: "I will argue in this paper that the changes in the financial sector have altered managerial incentives, which in turn have altered the nature of risks undertaken by the system, with some potential for distorsions."

No shit!

Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a également un verbatim de la réaction des participants. Larry Summers (nouvelle star de l'équipe économique d'Obama), est condescendant et juge le propos "misguided". Une preuve s'il en fallait d'un des thèmes favoris du Blogo à savoir que les gens en charge aujourd'hui dans l'équipe d'Obama sont précisément ceux qui ont été les cheerleaders des excès qui nous ont conduit où nous en sommes.

Citation de Summers: "I was surprised by the tone of the recommendation..."; "But it seems to me that one needs to be very careful about stressing the negative aspects of the evolution, relative to the positive aspects of the evolution."; "The tendendy toward restriction that runs through the tone of the presentation seems to be quite problematic. It seems to me to support a wide variety of misguided policy impulses in many countries."
Way to go, Larry! Let's make you special counsel to the President for economic matters.

samedi 3 janvier 2009

Bailout plan: ça passe ou ça casse

Après avoir constaté que la crise n'a pas encore eu d'impact sur les portefeuilles de tous les américains ("The crisis is still more like a dark thundercloud than a pelting hurricane"), David Ignatius du Wapo examine deux scénarios pour la crise. Le bailout plan marche, ou pas.

S'il fonctionne, par définition, l'économie ira mieux à court terme mais toutes les règles de la vie économique auront été bafouées: on peut s'endetter à l'infini, on peut faire toutes les erreurs de management possibles, on peut surtout frauder sans retenue et arnaquer sans états d'âmes: cela n'est pas grave, à la fin on est bailed out. Ce serait les structures même de l'économie qui seraient menacées à moyen terme. Les dirigeants américains sont-ils prêts à compromettre irrémédiablement le moyen terme pour faire du "window dressing" (habillage) à court terme? Ca ne fait aucun doute: c'est ce qu'ils font depuis des années. Comme Ignatius le dit, citant un investisseur étranger, "In America, loans have gone from 'something to be repaid' to 'something to be refinanced.' "* Le succès du bailout plan ne serait pas autre chose que le plus grand refinancement de tout le temps: transfert de la dette privée américaine (en défaut) en dette d'Etat (as good as gold). Il poserait donc les bases d'une nouvelle structure économique molle (visqueuse vraiment) et qui porterait probablement en germe des dérèglements encore plus importants à moyen terme (exactement comme l'avortement par Greenspan de la récession de 2001 a porté en germe le naufrage actuel).

Si le bailout plan ne fonctionne pas (l'Etat américain perd sa capacité d'endettement infini au vu des difficultés du pays), les conséquences seront tragiques à court terme mais les règles de base de la vie économique auront été respectées. La fraude aura été sanctionnée et les acteurs ne développeront pas de nouvelles habitudes et des stratégies pernicieuses tenant compte des largesses infinies du contribuable (et du pigeon étranger) dans leurs calculs. En gros, le choc serait plus violent mais la réforme plus profonde et le redémarrage plus sain.

Le dilemme aujourd'hui est le suivant: doit-on souhaiter un effondrement américain rapide et spectaculaire qui permette des remises en cause en profondeur d'un système complètement corrompu? Doit-on souhaiter que les dirigeants américains restent en place au prix d'acrobaties financières et monétaires de plus en plus inouïes en espérant que ceux qui ont supervisé cette débacle arrivent à en dompter les effets et à lui donner une seconde vie (précaire)?

Qu'est-ce qui est souhaitable pour la société américaine? Pour le monde? Une des forces des américains et de répandre l'idée que ces intérêts sont alignés. Le sont-ils vraiment? Si les Etats-Unis sont les gardiens de règles universelles dans les relations internationales et de pratiques financières exemplaires, c'est défendable. Ca n'est plus le cas depuis la présidence Bush durant laquelle le droit international est devenu un paillasson et les flux financiers mondiaux ont été orientés de manière à alimenter un Ponzi scheme destiné à épargner une récession (2001) aux américains pour rendre indolore le coût de l'inepte "war on terrorism".

De toute façon, "the train has left the station" (le train à quitter la gare). Quels que soient nos souhaits, notre conservatisme (confort psychologique de rester dans ce que nous connaissons, le leadership américain) ou notre envie de réforme (envie légitime de voir les responsables sanctionnés), il est probable que plus personne ne maîtrise les évènements à l'heure d'aujourd'hui. Dans deux ans, on pourra probablement déterminer si les intrépides qui ont baissé les taux à 1% et encouragé les américains à utiliser leurs maisons comme une tirelire après le 11 septembre ont bien calculé leur coup ou se sont complètement ratés. Le Blogo pense qu'ils se sont plantés. Stay tuned.

* C'est exactement mon expérience quand on m'a appris les rudiments du subprime business: "et là, il fait quoi l'emprunteur au bout de deux ans quand ses intérêts doublent?", Réponse: "Il
refinance". Notons qu'en "refinançant", il engraissait au passage toute une foule d'intermédiaires. C'est très culturel, j'ai lu pendant la campagne qu'en 30 ans, Biden avait refinancé 29 fois ses mortgage.

L'opacité sauvera-t-elle l'économie américaine?

Dans l'opacité la plus totale (pour changer), la FED vient d'attribuer à quatre institutions financières privées la gestion de $500 milliards d'obligations hypothécaires pourries. Il n'y a pas eu d'appel d'offres, la rémunération des institutions n'est pas connue. Rien n'est dit sur de possibles conflits d'intérêt. La capitulation démocratique est totale. On a connu cette capitulation en matière de politique étrangère lors de l'invasion de l'Irak, on la retrouve de manière presque exactement symétrique en matière économique avec la gestion de la crise financière par l'Etat (passage en force avec menace d'apocalypse, pleins pouvoirs donnés à l'exécutif, mépris de tous les garde-fous censés garantir la bonne gouvernance et empêcher la corruption, irresponsabilité généralisée...).

Le ridicule américain est total, l'implosion flagrante. Pourtant, face à cela, le monde reste stoïque. La confiance du monde envers les Etats-Unis est confondante. L'investisseur étranger croyait à fond aux produits "subprimes" jusqu'à la dernière minute. Ce n'est même pas lui qui a découvert le pot aux roses! Il a fallu que les agences de notations disent qu'il y avait un problème en juillet 2007 (downgrade d'obligations par centaines) pour que le doute s'installe. Sinon, pas de problème, le papier américain aurait pu continuer à être placé encore quelques mois ou peut-être même plus. Et c'est toujours cette force des américains à imposer des fictions à la planète qui les maintient à flots aujourd'hui.

Un fonctionnement normal des marchés face à l'ampleur de la déroute américaine et l'opacité consternante des méthodes employées pour la contenir aboutirait à contraindre les Etats-Unis à la rigueur monétaire et fiscale comme le FMI le fait régulièrement avec un pays émergent (au prix de troubles sociaux qui valent au FMI sa popularité dans ces pays). Au lieu de ça, comme pour le subprime, le monde se refuse à voir les choses en face et ne s'y résoudra que contraint et forcé par la réalité de la situation là-bas.

Le monde est incapable de conceptualiser et de tirer les conséquences de la faillite américaine, il ne peut pour l'instant qu'être à sa remorque. Le choix a été fait de créer un magma informe de créances et de dettes sans aucun contrôle démocratique, de l'estampiller "USA" en le faisant garantir par le contribuable, de détruire au passage le dollar pour faire bonne mesure et de prier pour que le tout tienne le coup. Ca ne tiendra pas. You read it here first!

vendredi 2 janvier 2009

jeudi 1 janvier 2009

L'internet devant la presse selon PEW

L'internet passe devant la presse comme source d'informations pour les américains d'après une étude du PEW Research Center (via Big Picture). Alors ça ne veut pas dire que les gens soient d'ores et déjà mieux informés car il y a à boire et à manger sur internet où la force de frappe des "corporate medias" fait encore froid dans le dos. Un internaute sur CNN.com, par exemple, est maintenu dans la même ignorance crasse (war loving, bailout plan adoring...) qu'un téléspectateur de CNN. La différence c'est que l'analyse et le raisonnement critique sont seulement "one click-away".
Cela prépare le terrain pour l'apparition de nouvelles formes médiatiques qui vont révolutionner (et étendre) la démocratie. Pour les moins de 30 ans, l'internet est au niveau de la télévision comme source d'informations. L'internet ne va pas gagner ce combat en dépassant la télévision mais en l'avalant: avez-vous remarqué autour de vous à quelle vitesse l'ordinateur se substitue au téléviseur? Dans 10 ans (peut-être 5), on ne vendra plus de télés qui n'aient pas de microprocesseurs ou de disques durs. That's convergence you can believe in!

Note: El Blogo prend les sondages avec des pincettes et les soumet tous à un "reality check" ce qui est plus souvent utile qu'on ne le croit. Ici, l'augmentation de la consommation déclarée d'internet pour s'informer semble empiriquement très rapide par rapport aux années précédentes... Je ne pense à aucune amélioration technique pour l'expliquer. En revanche, une actualité chargée, avec Obama et la crise a pu générer un surcroît d'intérêt et des changements d'habitude. Enfin, en ce début d'année, je vais faire mon analyste financier et ne pas être trop regardant sur la crédibilité de l'info puisque les nouvelles sont bonnes!

By the way, Bonne année!

mardi 30 décembre 2008

Krugman et le "T word"

On s'oriente tout doucement vers l'adoption d'un plan de relance dont le montant sera compris entre $675 et $775 milliards. Cela vous rappelle quelque chose? Les $700 milliards du bailout plan par exemple? Ca n'est pas un hasard: ces montants, comme on a pu le constater avec l'implémentation du bailout plan, ne sont pas du tout ancrés dans la réalité économique ou le fruit de modèles sophistiqués. Comme les produits qu'on vend à 99,99 euros, il s'agit de marketing. Le pouvoir politique veut les coudées franches mais il reste intimidé à l'idée que le prix affiché de ces différents plans s'arrondissent au trillion. D'où l'unité de compte des mesures de lutte contre la crise: $700 milliards. Krugman ne dit pas autre chose dans cette interview à CBS quand il dit que c'est la peur du T-word (le mot trillion) qui a dicté l'enveloppe du plan de relance préparé par Obama. Il pense que le plan de relance devrait être plus important.

Krugman est pour ouvrir les vannes de la dépense publique (à ce stade, ça veut dire casser le robinet). Il flatte Larry Summers en disant qu'il est d'accord avec son évaluation: "les risques de faire trop sont moins importants que les risques de ne pas faire assez"*.

Krugman n'a pas peur. Il croit au crédit illimité des Etats-Unis. Fort de l'idéalisation du New Deal et du rejet quasi unanime de la discipline fiscale de Hoover, il ne fait aucun doute pour lui que la solution à la crise passe par la dépense publique. Tant qu'à faire dans le "revival" à l'identique, j'entends déjà ceux qui vont dire dans quelques années: il faut faire une troisième guerre mondiale, c'est ça qui nous avait sorti de l'ornière la dernière fois. Car au final, ce en quoi Krugman croit, c'est l'amérique éternelle, qui pourra toujours emprunter, toujours dépenser face à un monde toujours prêt à lui prêter quels que soient l'augmentation de ses risques. Un monde tellement avide d'ordre américain, tellement incapable de se penser en dehors de ce leadership qu'il apportera toujours, comme le serf au seigneur, sa taille à l'empire.

Ou pas.

* : Il est un peu triste au passage de voir Krugman (économiste critique) flatter une des chevilles ouvrières du désastre actuel (Larry Summers) avec probablement en tête l'idée de se ménager un futur possible dans l'administration Obama. Ca montre bien qu'en dépit de la crise et de l'élection d'Obama, la structure de pouvoir reste complètement inchangée et qu'avoir été critique des errements passés comme Krugman ne dispense pas "d'embrasser les bagues" des dérégulateurs compulsifs des deux dernières décennies si on veut arriver quelque part. Le phénomène est similaire en matière de politique étrangère: s'être opposé à la guerre devrait être un facteur d'ascension rapide dans les cercles de politique étrangère Washingtoniens. Pas du tout. L''establishment a été tellement uniformément pro-guerre qu'il continue à considérer les gens qui s'y sont opposés comme des outsiders farfelus (cf Clinton aux affaires étrangères). Une fois encore, "Il vaut mieux avoir tort avec tout le monde que raison tout seul". La conséquence naturelle de l'inamovibilé d'élites faillies par le processus démocratique devrait être une situation pré-insurectionnelle. Le sourire d'Obama suffira-t-il à empécher ce genre de développement? Il a clairement donné aux élites américaines "a new lease on life", mais vu la violence des évènements qui se préparent, cela risque d'être de courte durée.

lundi 29 décembre 2008

Gaza burning

Le discours change aux Etats-Unis. L'attaque du Liban en 2006 n'avait suscité de critiques que chez les "usual suspects" de la blogosphère. Cette fois-ci, avec l'attaque d'une bande de Gaza déjà maintenue à la limite de la famine, des voix qui se faisaient discrètes sur le sujet (Matt Yglesias, Spencer Ackerman ou Ezra Klein) commencent à hausser le ton contre la politique extrémiste des israéliens. Glenn Greenwald se montre aussi agressif. Pour certains, la coupe est pleine.

Les sites de gauche qui ont pignon sur rue continuent cependant à être extrêmement prudents (Atrios, TPM ou Daily Kos).

Ce changement dans le discours d'une partie de la blogosphère est un produit de l'élection d'Obama. Rien ne laisse cependant penser qu'Obama et ses supporters vont se départir de la ligne "Israel is always right" (Israël a toujours raison) qui a marqué les présidences Clinton et Bush 2. Pour l'instant. Cela pourrait changer si ces premières critiques ouvraient la voie à un véritable mouvement de contestation de la politique israélienne aux Etats-Unis.

samedi 27 décembre 2008

La course contre la montre de Julien D.

Existe-t-il en politique un comportement plus minable que celui de Julien Dray ? Et non, je ne vais pas prendre le temps d'en faire la démonstration avec des liens choisis, il n'en vaut pas la peine.

Et non, la présomption d'innocence n'a rien à voir avec ce sujet: c'est un principe juridique qui fait qu'il n'est pas en prison au jour d'aujourd'hui. Invoquer la présomption d'innocence dans un débat médiatique est une ineptie. Elle ne vaut que dans le cadre de la procédure judiciaire. On n'invoque pas la présomption d'innocence pour quelqu'un pris la main dans le sac. C'est exactement ce qui vient d'arriver à Dray. Honte à ceux qui émettent le moindre signe de soutien à son égard. Honte à ceux qui connaissent son niveau de corruption depuis des années et qui le tolèrent (ça fait sans doute beaucoup de monde).

vendredi 26 décembre 2008

dimanche 21 décembre 2008

Petite réflexion sur Madoff

Les derniers mois nous ont montré qu'il était difficile de séparer l'investisseur "intelligent" de l'idiot. Après les faits, on attribue de l'intelligence à ceux qui gagnent et de l'idiotie à ceux qui perdent mais c'est évidemment un peu facile. Un autre moyen de voir ça et que tout le monde a été très intelligent depuis 5 ans sauf dans la dernière année où tout le monde est devenu subitement stupide. Pourquoi vous ennuyer avec ces platitudes sur la proverbiale "random walk" de Wall Street?

Pour signaler que s'il est difficile de gagner de l'argent, il est presque également (si on ne tient pas compte des frais de transaction) difficile d'en perdre. Ainsi, pour "perdre" $50 milliards, il faut manquer de chance de manière répétée tellement de fois que l'évènement devient extrêmement improbable.

Evidemment, l'arnaque Madoff reposait sur le principe de garantir 13% par an (ou dans ces eaux là) à l'investisseur ce qui crée d'emblée une érosion forte du capital disponible par rapport au capital déclaré (s'il ne rapporte rien voir perd en réalité). Et il n'est pas surprenant qu'une crise comme celle que nous traversons ait révélée l'arnaque. Il n'en reste pas moins qu'une des tâches primordiales des enquêteurs va être de déterminer si l'argent a été "perdu de bonne foi" ou s'il a été détourné. Plus exactement, ils devront déterminer quelle part a été détournée (autrement que pour le financement du style de vie de Madoff ou ses bonnes oeuvres - il en avait) et quelle part a été perdu de bonne foi.

vendredi 19 décembre 2008

Krugman est d'accord avec El Blogo

Krugman est d'accord avec El Blogo. Le pic de lectorat du début de semaine s'explique enfin. Il est quand même gonflé de ne même pas citer le Blogo.

Atrios se lâche...

Atrios, "blogger extraordinaire" (en anglais dans le texte), s'indigne d'un mensonge de plus d'Alberto Gonzales. On croirait lire El Blogo. Le discours de la blogosphère américaine évolue sensiblement vers plus de radicalité depuis l'élection d'Obama (ou la crise économique, au choix). It's about time.

"Villagers" fait référence au gens qui vivent à Washington DC, "inside the Beltway".

Liars

They lied. Hundreds of thousands of people died. Then they lied about lying.

How they live with themselves I do not know. How the Villagers get more upset about, say, John Edwards' big house than this stuff I do not know.

Friday Plane Blogging

Que faire?

Dans les cinq ans qui ont précédé la crise, entre les 5 (seulement) plus grosses firmes de Wall Street, $120 milliards de bonus ont été distribués. Depuis le début de la crise, les banques américaines ont dans leur ensemble annoncé 630 milliards de dollars de provisions. Les Profits s'en vont (spectaculairement) mais les bonus restent. Cette période aura créé une nouvelle classe d'américains: richissime et responsable de la faillite du reste de la population. C'est tout simplement révoltant. Les années 2000 resteront très certainement comme celles du plus grand transfert de richesses de l'histoire. A noter qu'au travers des Bush tax cuts (réduction d'impôts de l'ère Bush), les riches ont connu les impôts les plus bas depuis les années 20, ce qui a conduit Warren Buffett à déclarer ça.

Aujourd'hui encore, un article du NYT sur les bonus de Merrill Lynch. 7 milliards de dollars en 2007. Merrill a perdu trois fois ce montant depuis (et sans doute beaucoup plus puisque je vous rappelle qu'ils ont été rachetés par Bank of America et aussi qu'on ne sait rien sur les interventions de Benny (Bernanke) et l'impact qu'elles ont et qu'elles ont eu sur la santé des banques).

Que faire si vous êtes citoyen américain? Si vous avez été trahi aussi complètement par vos dirigeants qui en rajoutent une louche en vous endettant pour deux générations pour sauver leur pouvoir?

Note: Merrill Lynch a disparu. C'est évidemment pour ça que cet article se concentre sur eux. Moins de risque de poursuites, pas de réprimande d'actionnaires en colère, les langues des employés se délient... La presse mainstream, avec le courage et l'indépendance qui la caractérise, s'attaque à l'animal blessé du troupeau. Pardon, à l'animal mort. Vivement que ces "héros" de l'information disparaissent.

Le NYT veut (un peu...) un procureur spécial pour la torture

Et je peux vous garantir que Glenn Greenwald y est pour quelque chose.

Courageux pour les éditorialistes du NYT de réclamer que les crimes auxquels ils n'ont pas participé (la torture) soient poursuivis. Le crime initial est la guerre et ils en ont été complices. Ces "liberals" n'ont pas réalisé que la guerre pouvait mal tourner? Que des gens prêts à mentir éhontément pour l'obtenir n'avait sans doute pas un compas moral très fiable?

Vu l'influence qu'a encore ce journal, c'est une avancée majeure pour tous ceux qui souhaitent que ces crimes soient sanctionnés (même si le NYT ajoute qu'Obama ne le fera sans doute pas et semble déjà l'exonérer préemptivement de ce manque de courage politique qui n'est qu'un aveu de la puissance du courant pro-guerre, complètement décorrélée de la volonté populaire). On espère juste que le NYT va être doublé sur sa gauche (il y a beaucoup d'espace) et que son comité de rédaction et sa journaliste star, Judith Miller, se retrouveront un jour dans le box des accusés (elle a déjà fait trois mois de prison mais ça n'est évidemment pas assez).

Il y a clairement un effet Obama et cette prise de position du NYT en témoigne. Essaiera-t-il de le dompter ou de le chevaucher? C'est toute la question. A ce stade, il semble essayer de le dompter mais au fur et à mesure que les verrous de l'ère Bush tomberont, va-t-il entrevoir une opportunité politique et s'y engouffrer? Est-ce son plan depuis le début? Attendre que les racines de son pouvoir s'enfoncent un peu dans le sol grâce à son cabinet de hiérarques centristes avant de mettre en avant un agenda plus radical? Ce serait génial mais il faut bien reconnaître que ça sonne comme un rève de "liberal blogger".

mercredi 17 décembre 2008