dimanche 21 février 2010
Statistiques du fisc américain sur les plus hauts revenus
- Les 400 foyers américains les plus riches ont déclaré en moyenne des revenus de $345 millions de dollar en 2007 (derniers chiffres disponibles). En hausse de 31% par rapport à l'année précédente.
- Ces revenus ont plus que doublé entre 2001 et 2007.
- Ces foyers ont payé 16% d'impôts, le niveau le plus bas depuis que les chiffres sont calculés en 1992. A l'époque, la taxe était de 29%. Les revenus du top 400 a été multiplié par 5 en 17 ans.
La "fake expansion" créée par le laxisme monétaire d' "Easy Al" (Greenspan) n'a pas été perdue pour tout le monde. Absolument destructrice pour la population en général (même si pendant un temps tout le monde pouvait se payer des écrans plats - quel intérêt si on est expulsé de chez soi quelques années plus tard?) ce déséquilibre économique artificiel a bénéficié de manière durable au sommet de la pyramide sociale notamment en raison des tax cuts simultanées. Avec la réaction de la FED à la crise depuis 2007, on revit le même phénomène mais en accéléré cette fois. Toujours le même système oscillant et instable.
Pas responsables, pas coupables
Extrait de l'interview de William Black pour ceux qui parlent anglais et qui n'ont pas le temps de regarder la vidéo linkée plus haut. Il n'y parle pas directement de l'absence de poursuites judiciaires mais de ce qui a permis la prospérité des banques quelques trimestres de plus: la manipulation comptable, souvent évoquée sur le Blogo (c'est l'assouplissement des règles comptables qui a amorcé le rebond boursier du printemps 2009).
PAUL SOLMAN: What would you have us do about the major financial institutions as they currently exist?
WILLIAM BLACK: First, stop them from getting bigger. The 19 largest institutions are what we call systemically dangerous institutions. Many of them are already insolvent on any real market value basis.
PAUL SOLMAN: What do you mean insolvent? I mean, they're reporting large enough profits, that they can give bonuses to their employees.
WILLIAM BLACK: They were able to get Congress to extort FASB, which is the Accounting Standards Board, to change the rules, so that you no longer have to recognize losses on your bad loans, unless and until you actually sell them.
PAUL SOLMAN: Extort FASB? Why would it be extorting FASB?
WILLIAM BLACK: They said, you will change the rules, and you will change the rules such that banks no longer have to recognize their losses, or we will remove your authority over the accounting rules, which is the whole reason for existence for FASB, right? So, that's extortion in anybody's language.
And for all those who still don't get just why the big banks don't care if they get even bigger and even more systematically riskier (and why the Fed is dying to regulate them, just so that ever more problems can be swept under the rug until it is too late).
PAUL SOLMAN: You see no arguments that keeping the system as it is, is a legitimate political objective?
WILLIAM BLACK: Well, then you are going to have recurrent crises that get bigger and are disastrous. The financial firms get this burst of short-term profits. They max out their personal bonuses of their executives. It's great for them, but it's terrible for the world.
Crise politique...
The founding document of the United States, the Declaration of Independence, states that governments derive “their just powers from the consent of the governed.” Today, however, just 21% of voters nationwide believe that the federal government enjoys the consent of the governed.
***
Seventy-one percent (71%) of all voters now view the federal government as a special interest group, and 70% believe that the government and big business typically work together in ways that hurt consumers and investors.That helps explain why 75% of voters are angry at the policies of the federal government, and 63% say it would be better for the country if most members of Congress are defeated this November…
In his new book, In Search of Self-Governance, Scott Rasmussen observes that the American people are “united in the belief that our political system is broken, that politicians are corrupt, and that neither major political party has the answers.” He adds that “the gap between Americans who want to govern themselves and the politicians who want to rule over them may be as big today as the gap between the colonies and England during the 18th century.”
vendredi 19 février 2010
On nous cache tout, on nous dit rien (sans rire)
Quatremer linke au passage vers cet article instructif de 2005 sur les manoeuvres mises en place par les Etats européens pour maquiller leurs comptes publics avec l'aide des banques d'affaires. Ce qu'on présente comme des "révélations" aujourd'hui (oui, même des swaps vendus à la Grèce par GS en 2002) étaient connus (au moins sur le principe). Cela me fait penser à cet article de 2004 sur le subprime qui montre également que la toxicité des pratiques qui ont abouti à la crise était bien connue. Dans ces deux cas de "bridge to nowhere" financier, les banques ont bénéficié extrêmement largement de la création de déséquilibres insoutenables.
Ces deux articles prouvent que les informations étaient là mais que la presse économique et nos MSM (mainstream media) ont soigneusement regardé ailleurs. Peut-on vraiment attendre d'eux aujourd'hui qu'ils donnent une image un tant soit peu crédible de la réalité? Autre chose qu'un cheerleading débilitant de tout ce que Bernanke et Summers peuvent avoir dans leurs manches?
jeudi 18 février 2010
Martin Wolf extends and pretends
Wolf valide les politiques menées jusqu'ici en affirmant que la priorité est de "soigner le secteur privé". Le problème de la thérapie entreprise jusqu'ici, c'est qu'elle se base sur des soins palliatifs et non curatifs. Pour soigner le secteur privé, il faut tailler dans le (plus ou moins) vif et notamment vider l'abcès financier qui a démontré sa toxicité (20% du PIB contre 10% historiquement et 40% des profits avant la crise au lieu de 20% historiquement). Alors oui, la vie semble à court terme plus confortable que si nous étions passés au bloc opératoire mais le système est toujours aussi profondément dysfonctionnel. De plus, si ces mesures palliatives semblent fonctionner, elles permettent surtout aux élites de vivre comme si de rien n'était mais le corps social est loin d'être épargné même si on le maintient pour l'instant en deçà du niveau de la révolte.
D'ailleurs, les mesures palliatives n'ont pas été prises pour épargner la population, elles ont été prises pour maintenir en place une structure de pouvoir faillie. C'est ce qui explique leur radicalité (basculement dans une économie "Alice in Wonderland"). Martin Wolf tombe donc lourdement du côté du "extend and pretend" (faire durer et faire semblant) qui sert si bien Wall Street. Pas de doute, il s'agit bien du triptyque.
Tant qu'on y est cet édito édifiant de "The Economist". Vous croyiez qu'il y avait un problème à Washington DC? Réponse de "The Economist" (and I quote): "We disagree." On ne peut pas être plus clair. Je n'avais rien lu de "The Economist" depuis longtemps mais j'ai été piégé par une couverture aguicheuse: "What's gone wrong in Washington" avec en couverture la statue de Lincoln la main sur le front en signe de consternation. Il n'y est même pas fait mention de la crise comme une responsabilité de la capitale impériale... Il est clair que dans le contexte actuel, une mémoire n'allant pas au-delà de l'année est ce qu'il y a de plus utile à la power structure. Let's move on...
Lagarde attaque les "anglo-saxons" et ZH attaque Lagarde
Et Zero Hedge attaque Lagarde en parlant de "chasse aux sorcières". ZH est en général beaucoup plus ouvert que ça aux "conspiracy theories" en tout genre. Ne disaient-ils pas hier qu'ils avaient la preuve de manipulations de la Bank of England et de la FED de New York sur le marché de l'or dans les années 30 et que ces manipulations pouvaient laisser présager des manipulations similaires et très graves dans la période présente?
On se demande bien pourquoi ils n'accordent pas à Lagarde le bénéfice du doute quand elle émet une hypothèse qui semble à la fois plausible et plus facile à démontrer que l'assertion précédente. Et l'argument mis en avant? "Lagarde ne devrait pas critiquer le libre fonctionnement des marchés mais s'intéresser plutôt à tous les problèmes de la Grèce". C'est d'une faiblesse inouïe: ZH passe son temps à disputer le libre fonctionnement des marchés! Il n'y a de toute façon plus un seul "free-market" réel sur la planète finance. Sans la garantie d'absolument tout par les Etats, tout serait à zéro. "Inconvenient truth" que ZH répète à longueur de posts. Whatever...
Etrange de voir un site qui a fait du scepticisme son fonds de commerce prendre fait et cause a priori pour des banques US sur un sujet qui inviterait tout observateur de bonne foi à la prudence. En invoquant de plus une infaillibilité des marchés qu'ils contestent par ailleurs en permanence. C'est important car si je suis comme beaucoup accro à ce site, cela ne m'empêche pas de garder une certaine méfiance envers ZH et son succès fulgurant. J'ai du mal à comprendre comment le site a pu proposer aussi vite un tel contenu. Si tout cela est financé avec des pubs Google, chapeau bas mais cela me paraît un peu optimiste.
La capture d'un média, si elle est faite intelligemment, ne consiste pas à lui faire répéter la ligne du parti en permanence. Il suffit d'être sûr qu'il dira ce qu'il faut au moment où ça comptera. Il peut même être utile pour des banques de créer de toute pièce un site contestataire qui développe un discours séduisant pour un public excédé mais dont les frontières sont très précisément limitées. Et qui peut donner par exemple un coup de main discret si un jour une opération de spéculation contre un petit pays est engagée... Rappelons que nous savons très peu de choses de ZH, les contributeurs sont anonymes, on ne sait pas qui finance. Ce qu'on sait, c'est que tous les jours, de plus en plus de gens lisent le site et prennent pour argent comptant la posture dissidente de ce blog.
Un détournement "UIMM style" (un organisme travaillant officiellement pour X contre Y qui travaille en fait pour Y) ne serait même pas machiavélique. Simplement standard. Et si cela n'était pas vrai à l'origine (que ZH travaille pour les banques), devant l'aura grandissante du site, la tentation pour les banques de le "retourner" devient énorme et elles en ont probablement les moyens. En effet, pourquoi les contributeurs de ZH ont-ils choisi l'industrie financière initialement?
On en revient donc au classique mais néanmoins désespérant: "Trust no one". C'est un mode de vie inconfortable mais le blogo ne vous a jamais dit que ça serait facile!
Pourquoi le UK achète-t-il tant de treasuries?
Note: Il semble que UK dans les stats puissent être un faux-nez pour des achats chinois... (via Naked Capitalism)
mercredi 17 février 2010
Post-It
Ben Laden a eu plus d'impact sur la constitution américaine que bien des pères fondateurs. La capitulation devant le terrorisme n'a jamais été aussi spectaculaire que dans la dernière décennie aux Etats-Unis. Plutôt que de résister en étant fidèle à ses valeurs, le système politique a véritablement changé de nature au gré d'une seule attaque (très dévastatrice mais difficilement renouvelable). Greenwald critique le "pragmatisme" d'Obama qui a complètement renoncé à remettre le pays sur ses rails institutionnels (garanties constitutionnelles, libertés publiques, poursuites judiciaires de l'administration précédente) après les exactions Bushistes mais les a au contraire entérinées et légitimées. Change you can believe in.
"Astroturfing"! J'adore. Cela veut dire "déclencher un phénomène viral sur internet en donnant l'impression que l'engouement est spontané". Il s'agit de "créer le buzz" en toute discrétion. C'est un peu le soupçon que je jetais sur les débuts un peu trop fulgurants de Zerohedge (sans aucune certitude). Voir ici la définition et l'explication de Barry Ritholtz. Il est clair que si les MSM font l'objet de manipulations plus ou moins flagrantes, l'internet offre des possibilités absolument sans limites en termes de sophistication des méthodes de désinformation. J'ai toujours été frappé par le passage du fondateur de Daily Kos dans l'armée par exemple. Il dit qu'il a réfléchi a rentrer à la CIA puis qu'il a abandonné l'idée. Et s'il y était entré et qu'on lui ait suggéré de rester en civil pour mettre en place un site activiste de gauche? Il s'est probablement passé des choses plus incroyables dans l'histoire de la CIA. Il y aurait même pu y avoir un peu d'astroturfing!
Du biofuel à base d'algues? Absolument vertigineux. Article du Guardian via Naked Capitalism.
Nice! Despite the Bank of England’s base rate being at 0.5 per cent, average credit card interest rates have risen to 18.8 per cent. Banksters! (contraction popularisée par Atrios)
Exciting! Dans les semaines qui viennent, la politique monétaire se resserre en Chine et les Etats-Unis cessent de soutenir les obligations basées sur l'immobilier. Fasten your seatbelt!
ABC consumer confidence index toujours bas. Les économistes pensent que les US sont sortis de la récession. 88% des américains interrogés lors de cette enquête pensent le contraire...
More Vampire Squid stuff (via ZH) :
Otmar Issing, former ECB executive and current Goldman Sachs advisor: Europe cannot afford to rescue Greece (FT) and Simon Johnson's take down (Baseline Scenario)
(Un ancien de la BCE de mèche avec GS pond des opeds dans le FT sans signaler son affiliation à GS. SOP (Standard Operating Procedure) ) Que ferions-nous sans notre Vampire Squid?
Harrisburg a prévu son défaut pour le 1er mars. Un défaut d'une dette municipale est un évènement très rare qui pourrait avoir un impact sur les marchés.
Pour Zetattitude sur la Grèce et le Vampire Squid.
Mondo Dingo
"I have never seen such a scrum of bank lobbyists as I have in the last year -- and I've worked on quite a few bank issues over the years," said Ed Mierzwinski, a lobbyist for the U.S. Public Interest Research Group, a coalition of state consumer organizations. "It seems like everybody is out of work except for bank lobbyists." ...
At a hearing this month, Senate Banking Committee Chairman Christopher J. Dodd (D-Conn.), who has had a generally warm relationship with the financial community, lashed out at the "refusal of large firms to work constructively with Congress."
"Too many people in the industry have decided to invest in an army of lobbyists, whose only mission is to kill the common-sense financial reforms that we are working so hard up here to try to achieve," Dodd said.
Lobbying by insurers and banks, including Morgan Stanley, may kill a provision in the overhaul bill that would make retail brokers more accountable to their clients, Bloomberg News reported last week. ...
"Despite the decline in credibility with the public, the banks appear to have increasing power" on Capitol Hill, said Travis Plunkett, a lobbyist with the Consumer Federation of America.
mardi 16 février 2010
La paille et la poutre
L'arrogance d'avoir eu l'ambition un jour de s'affranchir des élites américaines d'un point de vue monétaire. Devant l'utilisation de plus en plus malhonnête de leur privilège monétaire par les US, les fondateurs de l'Euro n'ont jamais eu autant de raisons de penser que ce choix était le bon. Evidemment, dans l'exécution, ça laisse à désirer. Si on considère que la monnaie unique n'en sera vraiment une qu'après un baptème du feu réussi (ce qui était dès le départ une certitude), il aurait mieux valu affronter cela avec une zone euro compacte et regroupée et n'ouvrir la zone qu'après l'épreuve du feu.For the truth is that lack of fiscal discipline isn’t the whole, or even the main, source of Europe’s troubles — not even in Greece, whose government was indeed irresponsible (and hid its irresponsibility with creative accounting).
No, the real story behind the euromess lies not in the profligacy of politicians but in the arrogance of elites — specifically, the policy elites who pushed Europe into adopting a single currency well before the continent was ready for such an experiment.
Buzz très négatif sur l'euro chez les "faiseurs d'opinions" outre-atlantique en tout cas. Quand rentre-t-on dans l'opération de com? Affaiblir l'Euro est aujourd'hui (ou sera très bientôt) un objectif stratégique américain.
lundi 15 février 2010
Les services secrets espagnols, le triptyque et la dette souveraine dans la zone Euro
C'est un thème récurrent du blogo. La manière dont des talkings points déboulent dans l'environnement médiatique est parfois étrange. On nous explique par exemple un beau matin (au printemps dernier, souvenez-vous) que l'Europe de l'Est est le "subprime européen" et on en mange pendant des semaines sans que cela n'aboutisse à quoi que ce soit (et nos médias de reprendre ça en boucle non-stop...). Le bullshit detector du blogo était dans le rouge et, comme souvent, il y avait des raisons. Il y a un monopole anglo-saxon sur l'information économique (et d'ailleurs sur la théorie économique également - qu'est-ce qui, encore aujourd'hui, représente une alternative au néolibéralisme anglo-saxon des 30 dernières années?) et la notation (oui, je sais, Fitch n'est pas américain mais que pèse Fitch réellement face à Moody's et S&P?), il faut en tirer des conséquendes à moyen et long terme mais aussi à très court terme dans la gestion des remous actuels. Et il va falloir faire avec les moyens du bord car la crise est désormais une affaire de perception. Tout le monde est plus ou moins en faillite et il est certain que si les Etats-Unis flanchaient (lire le dollar), ils mettraient tout en oeuvre pour que la zone euro tombe plus bas, plus vite. Le blogo met en garde depuis longtemps contre la vulnérabilité intrinsèque de l'Euro (elle existe en raison des faiblesses structurelles de la monnaie unique qui ne sera pas achevée tant qu'un mécanisme de résolution des crises en béton armé ne sera pas mis en place) mais aussi sur sa vulnérabilité extrinsèque face à des tentatives d'affaiblissement orchestrées potentiellement par les agences de notation américaines ou d'autres organes qui pourraient tenter(/qui tentent) de détourner l'attention de la situation gravissime aux Etats-Unis. Il faut que les pays européens identifient rapidement les pourvoyeurs d'informations politisées et qu'ils les débusquent au fur et à mesure. La prise de conscience espagnole est donc la bienvenue.
On fait des alertes "orange" sur la neige et le froid, il ne serait pas très sorcier de discréditer en temps réel les articles à sensation de tel ou tel journaliste du triptyque (FT, The Economist, WSJ). Ce sont toujours les mêmes (Yes, Ambrose Evans-Pritchard, I'm looking at you!). Le problème, c'est que cela implique qu'on rentre officiellement dans l'ère de la méfiance ostensible envers les américains et nous n'en sommes pas encore là. Le plus tôt sera le mieux.
A la réflexion, cela ne serait pas très compliqué: il suffirait d'un communiqué systématique de la BCE face à ce genre de manoeuvres qui cite nommément les journalistes impliqués en retraçant leur histoire de "bias" et l'ambiance deviendrait tout de suite plus calme. Je n'ai pas suivi l'histoire grecque de très près (il faut bien dire que j'ai levé le pied, comme vous l'avez peut-être remarqué) mais s'il y a eu manoeuvre, ça ne doit pas être dur à établir. It's time to let the f---- gloves off!
Note: Je ne dis pas que les services secrets espagnols sont sur la bonne piste mais il faut quand même se poser la question suivante: pourquoi maintenant? Quel élément factuel est à l'origine de cette crise (il est possible que cela ait été lié à la décision de la BCE de continuer ou non à prendre en pension les obligations des pays du Club Med ce qui affaiblirait la thèse de la conspiration)? La dette grecque avait-elle un meilleur profil il y a six mois? Si des groupes l'ont déclenché, avaient-il intérêt à ce que soit en janvier 2010? Un "oui" renforce la suspicion, un "non" l'affaiblit etc...
C'est un problème qui se pose sur le démarrage de la crise en 2007. On peut dire qu'elle a été "démarrée" par le downgrade de centaines d'obligations en juin/juillet 2007. Certes, les défauts avaient commencé à augmenter mais pourquoi diable les agences ont-elles pris des mesures aussi violentes qui allaient créer une crise de liquidité dans les semaines qui suivaient? Pourquoi cela a-t-il été préféré à un long enlisement? Est-il possible que le déroulement de la crise (tout inexorable qu'il soit) soit "drivé" dans une certaine mesure par le complexe WaWa (Wall-Street+ Washington)?
Cela a beaucoup été dit aussi pour le bailout: septembre 2008 n'était-il pas le dernier créneau pour que l'administration Bush puisse donner une réelle impulsion dans la direction que prendrait le plan de sauvetage des banques? Certes, on ne peut pas dire que Geithner soit hostile à Goldman Sachs ou a Wall Street mais avec Paulson, les choses ne pouvaient pas mal se passer. On n'est jamais si bien servi que par soi-même.
Food for thought...
Note 2: Reprise de l'article d'El Pais dans le JDD. Le gras est de moi ainsi que l' "expletive" en anglais à la fin.
Economie | 14/02/2010 - 21:02
Enquête sur la spéculation en Espagne
Les services de renseignement espagnols enquêtent pour déterminer le rôle qu'ont joué ces dernières semaines les investisseurs et les médias sur la crise de la dette, rapporte dimanche El Pais. Le journal écrit que le "Centre national de renseignement" (CNI) enquête pour établir si les attaques par des investisseurs et l'agressivité de certains médias anglo-saxons "sont provoqués par les forces du marché et les défis auxquels l'écononomie espagnole est confrontée, ou s'il y a quelque chose d'autre derrière cette campagne". Le ministre des Travaux Publics, Jose Blanco, a affirmé il y a quelques jours que des "manoeuvres assez troubles" étaient à l'origine de la pression des marchés financiers sur l'Espagne. "Rien de ce qui se passe dans le monde, y compris les éditoriaux des journaux étrangers, n'est une coïncidence ou innocent", a-t-il dit.
No Shit!
dimanche 14 février 2010
Deux contre-feux
- Jamie Dimon devant le Congrès et Summers à Davos nous expliquent que les crises financières sont des "facts of life" qui arrivent "tous les 5 à 7 ans" selon Dimon et "tous les trois ans" selon Summers. Ils ne reconnaissent donc pas à cette crise de caractère exceptionnel. Un autre LTCM, une autre crise asiatique ou un autre crash de 1987: "a bump in the road" en quelque sorte. Circulez, il n'y a rien à voir.
- Il est souvent dit également que la bulle de l'immobilier était globale et qu'il est donc incorrect de mettre spécifiquement en cause les Etats-Unis et la FED (je crois que cela a été mis en avant spécifiquement dans une étude récente de la FED). Le subprime et Fannie/Freddie (véritables symboles de la "regulatory capture") n'ont donc pas été les éléments d'une évolution américaine spécifique. D'où ma question: Où sont les obligations pourries basées sur des emprunts hypothécaires français qui ont explosé dans des banques américaines? Cette banalisation du cas américain au prétexte que les prix ont monté, puis baissé partout est une tentative transparente de désinformation.
Dans le même registre, on peut noter que Bernanke exonère à bon compte la politique de taux extrêmement bas de la FED de tout rôle dans la bulle de l'immobilier. La confiance revient un peu du côté du corridor Wall Street-Washington. Encore quelques mois de calme relatif, un chômage qui baisse de 0.5% et on en sera presque à: "Une crise? Quelle crise?". Arrogance...
L'OVNI Palin
“Politicians want to pass the ball forward"
“Politicians want to pass the ball forward, and if a banker can show them a way to pass a problem to the future, they will fall for it,” said Gikas A. Hardouvelis, an economist and former government official who helped write a recent report on Greece’s accounting policies.
samedi 13 février 2010
$180 milliards, 900 000 chômeurs de plus. Yawn...
States are looking to the federal government for more help balancing their budgets, but the Senate is not heeding their call. ...
States are looking at a total budget gap of $180 billion for fiscal 2011, which for most of them begins July 1. These cuts could lead to a loss of 900,000 jobs, according to Mark Zandi, chief economist of Moody's Economy.com.
To close this gap, governors and lawmakers will be forced to lay off state employees, cut services and postpone capital projects ...
Already, states laid off 44,000 workers in the 12 months ending in January, according to federal labor statistics.
Les auctions US se passent moins bien
Friday Plane Blogging
Encore un FPB publié le samedi... Photo en Russie, il faisait -25°C. Les traînées ne viennent pas des moteurs mais des volets. (cliquez pour agrandir)
vendredi 12 février 2010
Chronique d'un monde en faillite
Albert Edwards: At 500% Net Liabilities To GDP, It Is Too Late To Prevent The Collapse Of The G-7; Greece Is Irrelevant, We Are All Now Insolvent
Il commente en fait une recherche d'un collègue de la SocGen, Dylan Grice:
Just How Ugly Is The Sovereign Default Truth? How Self Delusions Prevent Recognition Of Reality
mercredi 10 février 2010
Nous allons payer les impôts des grecs...
While a fifth of the population lives beneath the poverty line, some 20% of Greeks are believed to earn more than €100,000 annually – even if, according to income tax records, 90% declare salaries of less than €30,000 a year.
"Greece has a lot of rich people who are not being taxed properly because there is so much tax evasion," finance minister Giorgos Papaconstantinou, told the Observer. "If you look at the actual numbers, you will see that the number of people declaring over €100,000 a year is roughly 15,000," he said. "I don't think that there is anyone in this country who believes there are only 15,000 Greeks earning more than €100,000 a year."
And as if the Greek population needed any more reasons to deteset the current economic fiasco, and to draw even more distinct lines of social separation:
---------------------------------------The growing flight of funds from Greece has whipped up much resentment among the public. "It's revolting," said one popular radio chat-show host last week. "After pillaging the country, they flee with their ill-gotten gains at the very mention of the word tax."
Aussi de Zero Hedge, une comparaison Californie/Grèce:
With Greece getting all the imminent default attention, have we forgotten California? Jim Grant chimes in.
- Greece: 3% of Eurozone GDP
- California: 13% of USA GDP
Rate Curves:
Greece
- 3 year: 3.45%
- 30 year: 6.26%
- 5 Year CDS: 400+
California
- 3 year: 1.89%
- 30 year: 5.59%
- 5 Year CDS: 333
Grant points out Trichet's Jan 14 commentary: "belonging to the euro area, you have an easy means of financing your current account deficit. You share a currency that is credible, so that you have a quality of financing that corresponds to that of a credible currency." Further: "this should be borne in mind, compared with the share of CALIFORNIA, FOR INSTANCE, in the overall GDP of the USA."
Grants reviews CA's Baa1/A- rating as the worst in the US, the S&P downgrade and the structural not cyclical problem of California.
- State Revenue up 22% in decade debt service cost +143%.
- Interest expense to consume 10% of revenues by 2013.
