lundi 8 juin 2009

Post-it

Pour la n-ième fois le projet de rachat des actifs toxiques par des acteurs privés avec des subventions gouvernementales (sous-programme du TALF appelé PPIP si j'ai bien suivi et ça n'est pas facile) n'arrive pas à décoller. (via Calculated Risks)

Krugman examine la responsabilité de Reagan dans la crise actuelle. Il pointe essentiellement du doigt une loi de 1982 permettant l'obtention d'un emprunt immobilier sans mise initiale de l'emprunteur. Voici l'éclairage de Barry Ritholtz sur le sujet. A ma grande stupéfaction, il précise que les produit qui avaient cours lors de la grande dépression en matière de prêts immobiliers étaient déjà des emprunts "interest only" pendant 3 à 5 ans qu'on refinançait une fois arrivé au "reset" (quand on commence à rembourser le principal en plus des intérêts). It's like "déja vu" all over again" (Yogi Berra)

Mozilo, ancien CEO de Countrywide, est accusé de fraude. Les mails d'avertissement d'un employé de Countrywide figurent en bonne place dans le dossier d'instruction.

Grippe A

Un post du Daily Kos du 4 juin nous indique que l'OMS est de plus en plus proche de déclarer une pandémie. Point en anglais assez détaillé sur la question. Illustrations frappantes:

La carte des cas (on peut choisir "officiels" ou "déclarés dans les médias") du New England Journal of Medicine.

Grippes précédentes:

The Real West Wing

Chaque président ouvre traditionnellement les portes de la Maison Blanche à des journalistes pendant une journée entière en début de présidence. C'est Brian Williams de "Nightly News" sur MSNBC qui s'y colle cette fois-ci. C'est un programme consensuel, les journalistes font les relations publiques du président en échange d'un accès inhabituel à l'envers du décor (30 caméras pendant une journée!). Ce clip n'est qu'un extrait, pour les vrais fans, vous pouvez voir l'émission en entier par petits bouts sur le site de MSNBC (si vous voulez tout savoir sur le chien Bo notamment...).

dimanche 7 juin 2009

Roubini s'explique. Mais peut-on expliquer Roubini?

Nouriel Roubini a expliqué lors d'une conférence que la crise économique n'était pas un "Black Swan event" tel que les décrit Nassim Taleb. Taleb ne dit d'ailleurs pas autre chose si on l'écoute attentivement (son message est brouillé car pour la promotion de son livre, il vaut mieux laisser penser au public qu'il parle de la crise).

Il explique également qu'on ne doit pas l'appeler "Dr Doom" mais "Dr Realist", que beaucoup de gens avaient vu la crise venir (voir l'extrait plus bas pour les noms) et il ajoute qu'il n'a fait que "connect the dots" (expression référant au jeu pour enfant leur demandant de rejoindre des points avec des traits dans un ordre déterminé pour faire apparaître une forme). Il explique que la vraie question n'est pas pourquoi lui a prédit la crise mais pourquoi tous les autres ne l'ont pas fait. Il met en cause le fait que beaucoup d'analyste aime se cacher dans le troupeau, que la pression est forte pour générer un certain discours en période faste... Pour ma part, je trouve la question: "Pourquoi lui?" intéressante même si je risque de tomber dans la psychologie de bazar.

Le personnage qui dit "le roi est nu" dans le conte d'Andersen est un enfant car seule sa naïveté lui permet d'offenser ainsi l'empereur. Toutes les personnes adultes dans le conte font semblant de croire à la fiction. Roubini n'est pas un enfant mais des éléments dans son parcours font qu'il n'est pas irrationnel que lui, plutôt qu'un autre, se soit retrouvé dans la situation d'être la cassandre de la crise. Roubini est en effet une forme d'outsider: il a fait ses études en Europe (il a un très fort accent) et il n'a rejoint les Etats-Unis que pour son doctorat à 30 ans. Quand on arrive à 30 ans dans un système, il est plus facile de porter sur lui un regard critique que si on est le fils d'un mandarin par exemple.

De plus, il n'est pas une personnalité reconnue avant la crise: depuis son poste relativement modeste (dans le "pecking order" académique américain) d'enseignant à la Stern School of Business de NYU, sa voix ne portait pas beaucoup. S'il avait été plus loin dans sa carrière (mettons qu'il ait eu une chaire à Harvard par exemple), le champ de contraintes autour de lui aurait été plus resserré. Avançant dans sa carrière, il aurait sans doute eu des rapports plus étroits avec Wall Street qui l'auraient incité à mettre de l'eau dans son vin. Aussi, s'il avait véritablement gêné (au point que ses déclarations aient assez de retentissement pour inquiéter les marchés par exemple ou s'il avait eu l'oreille d'un politique), sa hiérarchie lui aurait sans doute demandé de se calmer. Il est d'ailleurs probable que son discours "contrarian"* et pessimiste avait déjà eu des effets négatifs sur sa carrière (en y posant un "glass ceiling" par exemple).

Ce n'est pas par hasard que l'économiste qui apparaît aujourd'hui comme ayant prédit la crise n'ait connu qu'une faible exposition médiatique avant celle-ci. Ce n'est pas un "bug" du système, c'est une "feature" (expression qui veut dire que le système était conçu pour qu'un économiste tenant ce genre de discours n'accède pas à une position de proéminence).

Voici la vidéo. Et un extrait de son intervention:

“there were a small but significant number of economists, thinkers and analysts who – early on – predicted many of the risks and vulnerabilities that eventually led to this crisis. In many ways I simply connected the dot in these different strands of thinking and warnings.

Among a few others Robert Shiller was one of the earliest ones to study in detail and warn about a housing bubble; Kenneth Rogoff and a few other economists warned early on about the unsustainability of the US current account deficits and of the global imbalances; Raghu Rajan presented one of the earliest and sharpest analyses of the agency problems and incentive distortions deriving from compensation schemes in financial institutions; Nassim Taleb and a few other finance scholars stressed the risk of fat tail extreme events in financial markets; Paul Krugman – who received his Nobel for his trade contributions – was the father of currency and financial crisis theories in international macro as at least three generations of currency crisis models were developed from his seminal work; Stephen Roach, David Rosenberg and a few other financial sector analysts warned about the shopped-out, saving-less, bubble-addict and debt-burdened US consumer ; Niall Ferguson provided vivid comparisons between historical episodes of financial crises and current vulnerabilities; Hyun Shin and other scholars in academia provided early modeling of illiquidity and of the perverse effects of leverage during asset bubbles; William White and his colleagues at the BIS were among the first – following the scholarship of Hyman Minsky – to analyze how the “Great Moderation” may paradoxically lead to “Financial Instability”, asset and credit bubbles and financial crises; Gillian Tett and a few other journalists at the Financial Times provided early clear explanations of the arcane complexity of credit derivatives and structured finance and of the systemic risks deriving from these new exotic financial instruments; dozen of serious and deep thinking scholars in academia modeled analytically – and tested empirically - the various aspects of systemic financial crises and the interactions between currency crises, systemic banking crises, systemic corporate and household debt crises and sovereign debt crises.

Given the important work done by these and other scholars and thinkers it was certainly easier for me to connect the analytically and empirical dots and warn early on in the middle of 2006 about the incoming economic and financial tsunami. It is important to recognize that a small but significant number of thinkers were willing to think outside the box and were aware of many risks and vulnerabilities. These thinkers - like myself - were not Dr. Dooms; they were rather Dr. Realists, analytically rigorous and intellectually honest and willing to engage in critical thinking rather than follow the herd of the easy consensus.”

Obama entérine des dérives Bushistes

(Post écrit pour l'essentiel il y a deux semaines)

Le vendredi 22 mai, Obama a fait un discours qui le place dans continuité de Bush sur les entorses à la constitution faites dans le but de "lutter contre le terrorisme". L'administration Obama a renoncé a utilisé le vocable de GWOT (Global War On Terrorism) mais à part ce changement sémantique, il semble que beaucoup de pratiques vont rester similaires à ce qu'elles étaient sous W.

Obama indique que son administration pourra recourir à des "détentions préventives" en dehors de toute procédure judiciaire. Obama ne va donc pas replacer les Etats-Unis dans la continuité des valeurs dont ils se sont réclamés historiquement. Il va au contraire, en entérinant les régressions bushistes, en modifier la trajectoire durablement.

Evidemment, la menace asymétrique est un fait relativement nouveau qui met les gouvernements face à un dilemme: que peuvent-ils ou non se permettre dans le but louable d'éviter le massacre de leurs concitoyens? A cette menace asymétrique s'ajoute une asymétrie dans l'information qui complexifie le problème dans un contexte démocratique: les gouvernements savent plus (du moins on peut l'espérer) que l'homme de la rue en matière d'activités terroristes. Dick Cheney, dans ses réponses à Obama sur la torture, ne s'est pas privé d'invoquer des documents "secrets" qui démontreraient selon lui que la torture était justifiée et qu'elle avait "sauvé des vies". Il a demandé à ce que ces documents soient déclassifiés et il faut bien reconnaître que si des documents prouvent par exemple qu'une grande ville aurait été rayée de la carte sans le "water boarding" d'un individu, les défenseurs des libertés publiques de tout poil vont avoir beaucoup de mal à avancer que dans le cas spécifique, cela n'était pas justifié. Encore faut-il croire Dick Cheney ce qui n'est pas du tout recommandé par El Blogo: cet homme n'a pas arrêté de mentir comme un arracheur de dents durant toute sa vice-présidence.*

Ces scénarios de science fiction à la Jack Bauer ne sont que cela: des mythes destinés à faire acquiescer la population à des pratiques barbares. On peut penser que l'exécutif a parfois recours à des méthodes illégales en cas de risque imminent. Jed Bartlett, le bon président démocrate de la série "West Wing" fait par exemple liquider le chef d'un cartel de la drogue en Amérique du Sud dans un épisode. Il n'en reste pas moins que le caractère illégal de ces méthodes est un rampart essentiel contre leur industrialisation.

Le problème est quand la torture devient une pratique institutionnelle et c'est la situation que Bush, aidé par ses conseillers juridiques, a créée. Concomitamment , des manuels sur la torture sont rédigés. Des "procédures standards" sont définies. De plus en plus de personnels de l'Etat, civils et militaires, sont compromis (exécuter un ordre n'exonère pas de responsabilité juridique en la matière selon le droit international). Ces personnels, formés à la torture, deviennent les complices de l'Etat dans des pratiques qui deviennent de plus en plus inhumaines et leur sort personnel devient lié à la poursuite ou du moins au "cover up" de la torture (d'où le risque aujourd'hui pour Obama de se mettre la CIA à dos s'il se prononce pour des poursuites - il s'est d'ailleurs prononcé contre). On apprend ici ou que tel prisonnier a été mutilé, que tels autres ont fait l'objet d'exécutions sommaires. L'adversaire ce faisant perd son humanité même pour ceux qui ne torturent pas directement mais qui savent qu'on torture "ces ordures" etc...

Le problème de la torture est désormais réglé (sauf les poursuites des tortureurs auxquelles s'opposent Obama mais auxquelles les Etats-Unis sont en principe contraints par les traités qu'ils ont signés). Il faut noter que l'essentiel de ces pratiques avaient déjà pris fin aux Etats-Unis avant l'arrivée d'Obama (devant leur inefficacité semble-t-il). Il n'en demeure pas moins que sur les détentions prolongées, Obama est en train de formaliser ce qui échappait sous Bush à un cadre juridique. En d'autres termes, grâce à son sourire, il souhaite rendre légales des pratiques que Bush n'osait que "sous le manteau". Bush en a sans doute rêvé, Obama le fait. Reste à espérer que la cour suprême mettra le hola à cette attaque frontale contre la constitution américaine et les traités qui engagent les Etats-Unis.

L'infrastructure et les pratiques mises en place dans la lutte contre le terrorisme peuvent avoir des répercussions dans la vie réelle et c'est pour ça que les démocraties ont plus que jamais besoin de citoyens exigeants en matière de libertés publiques. Les excès de la no-fly-zone qui interdit à des milliers de personnes de diverses nationalités d'utiliser des vols commerciaux au dessus des Etats-Unis en sont un exemple (extra-judiciaire et arbitraire, il est très difficiles de s'en faire sortir). Un autre exemple (inattendu) est le fichage systématique d'individus comme celui de Julien Coupat qui a été signalé aux autorités françaises par les autorités américaines en janvier 2008 à la suite d'une manifestation aux Etats-Unis qui a donc attiré initialement l'attention sur lui. Attention qui ne lui a pas plus réussi qu'au gouvernement qui ne sort pas grandi de cette affaire (et qui a sorti ce faisant un illuminé de l'obscurité en lui conférant un statut de prisonnier politique - Alliot-Marie devrait vraiment sauter sur ce coup**). Comme quoi en fichant n'importe qui, n'importe comment, on finit par faire n'importe quoi. Les écoutes sans contrôle judiciaire sont encore un autre exemple etc... On ne peut pas dire que depuis le 11 septembre les citoyens américains aient brillé par leur capacité à s'opposer aux desseins de leurs dirigeants en cette matière. A en croire les sondages, les américains sont d'ailleurs toujours très ambivalents, à la fois sur la torture et sur la fermeture de Guantanamo.

A noter: les méthodes inouïes de la police américaine. Il y a trois semaines, 4 individus ont occupé l'espace médiatique parce qu'ils avaient voulu faire un attentat dans l'Etat de New York. Heureusement, les bombes étaient factices car elles avaient été fournies par... le gouvernement. C'est une taupe du FBI qui avait recruté et fourni le plan à ces quatre homme trouvés dans (ou aux abords - on ne sait pas) d'une mosquée, qui avaient tous fait de la prison préalablement et qui ont été convaincu de faire cet attentat à coup de shit pour l'un ou de promesses de payer les frais médicaux d'un proche pour l'autre. Histoire ahurissante qui tombait à point nommé alors que le sort de du camp de Guantanamo était débattu et qu'on inquiétait les américains à l'idée que si on fermait le centre, des terroristes pourraient être relâchés dans la nature aux Etats-Unis. Voir également ce lien. C'est ce genre d'opérations de propagande répétées ad nauseum depuis 8 ans qui ont réduit les américains à perdre leur boussole sur la torture, les conventions de Genève et le respect des règles de droit.

* N'oublions jamais la médiocrité totalement radicale de cet homme qui, non content d'avoir obtenu 5 "deferments" pour le Vietnam (exemption pour une guerre qu'il soutenait par ailleurs), a supervisé le déchaînement littéralement sadique contre certains détenus de Guantanamo (on parle de deux cas où plus de 100 waterboarding auraient été pratiqués sur deux individus différents en quelques semaines). Cheney voulait obtenir de ces détenus des renseignements sur les liens entre l'Irak et le 11 septembre. Ce véritable psychopathe a donc fait torturer des gens spécifiquement pour obtenir des confessions bidons afin de déclencher une guerre bénéficiant directement à la société qu'il venait de quitter (Halliburton). Non décidément il est vraiment ce qui se rapproche le plus dans la vraie vie de Ernst Blofeld. El Blogo s'excuse du conditionnel employé trop souvent dans cette digression sur Cheney: il s'agit d'un résumé de mémoire sur "la torture et Dick Cheney" basé sur mes lectures des dernières semaines notamment sur TPM, je n'ai pas pris le temps de rechercher pour pouvoir affirmer avec plus d'exactitude et créer des liens.
** Le fait qu'Alliot-Marie ne saute pas donne l'impression que Sarkozy ne réalise pas que c'est une affaire grave (qu'il ait été décisionnaire sur la question ou pas). Incarcérer un homme pendant 6 mois alors que tout le monde sait que les charges sont inexistantes (sinon pourquoi ses complices putatifs auraient-ils été libérés les uns après les autres?) est un acte gravissime. Si l'homme en question est un opposant politique, c'est une faute majeure. Il y a sûrement des inculpations pour la sédition ou la subversion mais ce n'est pas ce qui lui était reproché. Son incarcération est donc un scandale sans nom. A noter que j'ai vu une émission avec l'éditeur du livre qu'on impute à Coupat et qu'il est clair que l'idéologie qui s'en dégageait semblait compatible avec des actes de sabotage, voire pire. Il n'en demeure pas moins que se perdre en conjectures et tirer des conclusions à la va-vite est admissible si on écrit sur El Blogo par exemple(!), mais ça n'est certainement pas un standard acceptable quand on a le monopole de la violence légale (ce qu'El Blogo ne revendique pas - heureusement pour le postérieur d'un certain nombre de banquiers).

samedi 6 juin 2009

Les élucubrations du trésor américain

Les Etats-Unis projettent un déficit de 13% du GDP cette année. Selon Wikipedia l'augmentation de la dette en 2009 sera à peine inférieure aux recettes fiscales: $2,7 trillions contre $2.56 trillions. Ces données sont provisoires et optimistes. Tout comme les projections grotesques de Geithner qui voient le déficit à 3% du GDP à nouveau dans quelques années (voir graphe ci-dessous). Les Etats-Unis ont fait banqueroute, il ne suffit plus que de dire "le roi est nu". Le problème c'est que pour l'instant il n'y que El Blogo qui le dise clairement.

Quand tout le monde commencera à comprendre qu'à force de vouloir préserver les banques (le rebond boursier n'est pas autre chose que la conséquence de l'afflux d'argent public dans les sociétés financières), le déficit 2010 sera en fait pire que 2009 et que le graphe ci-dessous n'est que de la poudre aux yeux, il va y avoir un vrai vent de panique.

Alors évidemment, la bourse aura tenu 6 ou 12 mois de plus... L'aggravation est cependant inéluctable et prévisible, exactement comme la crise du subprime. Et le public est toujours plongé dans la même ignorance crasse. Pourtant, maintenant, on ne peut pas dire qu'on ne sait pas où il faut regarder...

You read it here first!

Pot Pourri

La FED ne peut pas perdre. Il semble qu'elle soit sur le point d'hériter de beaucoup des prérogatives de la SEC. Cette dernière n'a pas brillé pendant la crise mais elle n'a pas l'honneur de l'avoir causée comme la FED. Evidemment, avec Larry et Timmy aux manettes, on ne pouvait sans doute pas espérer mieux.

Le frisson Obama. J'ai appris que j'avais frôlé Michelle, Sasha et Malia quand elles sont venues visiter la tour eiffel hier soir. C'était presque aussi incroyable que de rencontrer Camélia Jordana. Aujourd'hui, il y a un ballet d'hélicoptères continuel au-dessus de Paris. C'est bien simple: j'ai l'impression d'être à Manhattan. Pour finir sur ce séjour en France d'Obama, on dit que le séjour est court mais n'est-ce pas une sanction contre l'empressement de Sarkozy? Il a évincé la reine en dépit de la demande de son invité: le retour de bâton est compréhensible. Dicton légèrement modifié: "Qui trop étreint, mal embrasse".

Cela date un peu déjà mais le gouvernement anglais n'a pas voulu rendre public les résultats des stress-tests locaux de peur que "cela ne crée de l'instabilité sur les marchés". Rassurant. Formule exacte: "Disclosure of the results “at this time may lead to uncertainty in financial markets, either in relation to specific institutions or more generally,” the Treasury said"

Bill Gross, le pape du marché des obligations américaines, prédit un abaissement de la dette AAA américaine mais "dans longtemps". Je suis d'accord car avant que cela ne se produise, il faudra d'abord que toutes les notes des autres pays soient abaissées. Et cela a évidemment plus à voir avec la nationalité des agences qu'avec la véritable santé économique des Etats-Unis.

La phase 2 de la crise. Nous sommes désormais dans une autre phase de la crise. Les banques étant partout peu ou prou garanties par les Etats, on ne peut plus redouter la faillite d'une banque. Il est venu le temps, non pas des cathédrales, mais des crises monétaires. Il n'est cependant pas impossible que ce soit à la faveur des annonces d'une ou plusieurs banques que ces crises se déclenchent.

Arlette Chabot et les sondages

Un point particulier a attiré mon attention dans la série de petits extraits que j'ai vus de l'émission d'Arlette Chabot qui est partie en vrille jeudi soir. Bayrou a fait dans la "conspiracy theory" en disant qu'un sondage commandité par des chaînes publiques et "Le Monde" pouvait avoir eu pour objectif de le faire apparaître dans une position affaiblie juste avant l'élection. Arlette Chabot est consternée par cette mise en cause de l'intégrité des sondeurs et de la chaîne.

C'est au coeur d'une question que je me pose souvent: quel crédit accorder aux sondages en général?

J'ai une réponse simple: les sondages forment l'opinion au même titre que la télé ou les journaux. Il n'y donc aucune raison qu'ils ne soient pas soumis aux mêmes jeux d'influences que ceux-ci. Mais il y a la rigueur scientifique me direz-vous. Les agences de notation ont démontré que dans ce genre d'interaction, c'est le commanditaire qui fait la loi. Alors tous pourris les sondeurs? Non, mais comme lorsqu'on lit des journaux, je pense que la vigilance est de mise. Je n'imagine pas qu'un grand institut de sondage français puisse vous laisser choisir les résultats d'un sondage pourvu que vous le payiez. En revanche, jouer sur les marges d'incertitude statistique, manipuler les questions pour obtenir les réponses souhaitées sont à mon avis monnaie courante. Et puis si le sondage gêne on peut toujours ne pas le publier.

En gros, même si je ne soutiens pas Bayrou, le schéma qu'il décrit ne me paraît pas "ridicule" comme semble vouloir nous en persuader Arlette Chabot (il ne me paraît pas du tout "certain" non plus). Qu'à l'approche d'une élection, certains instituts s'emballent et qu'ils servent la soupe à des conseillers politiques amis ne me paraît pas hors de question comme semble le croire Arlette Chabot. Savoir si les élection européennes et Bayrou nécessitent ce genre d'intervention est plus difficile. Si c'est le cas, on se demande si un sondage TF1/Le Figaro n'est pas un véhicule plus naturel à une attaque Sarkozyste anti-Bayrou qu'un sondage Le Monde/Chaînes publiques.

Quoi qu'il en soit, ce que veut Arlette Chabot, c'est que le téléspectateur s'indigne avec elle qu'on puisse remettre en cause des institutions (au sens large) comme France 2, Le Monde et un institut de sondage. Cette demande est exorbitante. Une bonne dose de scepticisme et d'esprit critique chez les citoyens est un ingrédient essentiel de la démocratie. Le respect des institutions et la confiance que la société ont en elles permettent la vie en société. Mais ces institutions doivent prouver chaque jour au peuple qu'elles sont à la hauteur de la confiance qu'il leur porte. La confiance aveugle qui plairait à Mme Chabot est mauvaise conseillère (les banques aux Etats-Unis en sont un exemple mais à une moindre échelle, Enron ou le Crédit Lyonnais en sont d'autres exemples). Alors oui, on peut soupçonner un institut de sondage et ses commanditaires de collusion avec des intérêts politiques. On peut aussi plus prosaïquement les soupçonner de nullité comme en 2002 où le scénario de la présidentielle n'avait été ne serait-ce qu'envisagé par aucune d'entre elles (si je me souviens bien).

Arlette Chabot doit donc réaliser qu'aucune institution n'a le droit à une confiance inconditionnelle et que nous traversons précisément une période où, à juste titre devant leurs échecs patents, beaucoup d'entre elles pourraient voir leurs statuts et leur rôle contestés. Evidemment, le credo du blogo est que c'est beaucoup plus le cas aux Etats-Unis mais certaines évolutions récentes en France invite à toujours plus de vigilance (le cliché éculé n'est-il pas que les Etats-Unis ont vingt ans d'avance sur nous?).

Note: Les sondages ont un rôle complètement stratégique quand une campagne de propagande tente de gagner l'opinion à une cause comme ce fut le cas en 2003 sur l'Irak aux Etats-Unis. A ce moment là, j'avais vu de visu que le Washington Post avait manipulé sans vergogne des résultats (en allant sur le site de gallup, on constatait que les chiffres bruts étaient en contradiction avec l'article en rendant compte). Surtout, après les manifestations massives du 15 février, il y a eu une période très longue (au moins une semaine si je me souviens bien) où aucun sondage n'avait été publié.
Paradoxalement, cette expérience renforce plutôt mon image des sondages: si on ne les publie pas quand ils gênent, cela veut bien dire qu'on ne peut pas purement et simplement en acheter les résultats. On ne peut cependant généraliser et il en va très probablement des sondages comme du reste: selon les pays, les époques et les sujets, ils sont le résultat d'un processus parfois très intègre, parfois moins.

Richard Fisher à la FED de Dallas

Article sur Richard Fisher, Président de la FED de Dallas. Il affiche son opposition à la monétisation de la dette qui a commencé avec le rachat de $300 milliards de treasuries par la FED. Il dévoile qu'avant chaque meeting de la FED qui détermine sa politique, il contacte 50 CEOs aux Etats-Unis et dans le monde pour prendre le pouls de l'économie. Quel pourcentage de banques, Mr Fisher? Pourquoi ne pas appeler des responsables politiques, administratifs, syndicaux ou des "community organizers"? Eux pourraient vous dire si le marché immobilier est devenu fou par exemple... Il nous dit aussi que de tout temps, les politiciens ont recouru à l'inflation pour effacer des dettes devenues trop importantes et qu' "on ne peut laisser ça arriver". Ca fait sourire.

"Throughout history," he says, "what the political class has done is they have turned to the central bank to print their way out of an unfunded liability. We can't let that happen. That's when you open the floodgates. So I hope and I pray that our political leaders will just have to take this bull by the horns at some point. You can't run away from it."

Good luck with that.

Le grand écart d'Obama

Lors de la cérémonie de signature d'une loi, Obama rappelle doctement que "son équipe est là pour servir le peuple américain contre les intérêts particuliers". Le problème est que la loi en question a cédé précisément à ces intérêts particuliers dans une de ses dispositions majeures, n'autorisant finalement pas à un juge de modifier un emprunt hypothécaire. "Media Matters", une organisation "watchdog" des médias dénonce ici la manière dont le NYT a traité le sujet: pro-banques jusqu'à ce que la loi passe et dénonçant cette concession seulement après le passage de la loi. (via Atrios)

NYT:

As he often does, President Obama took the opportunity in a bill-signing ceremony last month to remind Congress "to do what we were actually sent here to do -- and that is to stand up to the special interests, and stand up for the American people."

But Mr. Obama did not mention that the measure he was signing, the Helping Families Save Their Homes Act, was missing its centerpiece: a change in bankruptcy law he once championed that would have given judges the power to lower the amount owed on a home loan.

It had been stripped out three weeks earlier in a showdown between Senate Democrats and the nation's banks, including many that are getting big government bailouts.


Addendum: toujours dans la catégorie "liberal media": pourquoi Liz Cheney (la fille) passe-t-elle autant à la télé?

L'indispensable Glenn Greenwald

Greenwald met en parallèle la demande d'Hillary Clinton aux autorités chinoises d'ouvrir une enquête sur Tiananmen et les agissements des Etats-Unis ces dernières années. En particulier les efforts frénétiques conjoints de l'administration et du congrès pour éviter une enquête sur la torture sous le "Bush Regime". Ames sensibles s'abstenir: c'est une boucherie.

vendredi 5 juin 2009

jeudi 4 juin 2009

Amity Shlaes verse une larme sur les riches trop taxés aux Etats-Unis

Amity Shlaes est une chroniqueuse de Bloomberg News qui connaît une carrière journalistique impeccable aux Etats-Unis. Yale, Editorial Board du Wall Street Journal, Bloomberg News, Financial Times. Sans compter des contributions à tous les magazines et journaux qui comptent. Membre du Council on Foreign Relations, elle fait partie de l'aristocratie américaine*.

Elle s'inquiète dans son dernier article bloomberg de la proportion de l'impôt sur le revenu payé par le top 1% (I kid you not). 26% en 1986, 37% en 2000 et 40% en 2006. Elle déplore ensuite qu'en dépit de ces chiffres, Obama souhaite quand même plus taxer les riches. Elle sous-entend qu'à force de tirer la machine économique sous le poids d'une charge fiscale trop lourde, les riches vont se lasser et mettre pied à terre aux dépens de la population en général.**

La ficelle est énorme: c'est évidemment en gagnant une plus grosse part des revenus globaux que les riches en sont venus à augmenter leur part dans l'impôt sur le revenu. Pas, comme Amity veut nous le faire croire, parce qu'ils ont été soumis à une pression fiscale particulièrement forte ces vingt dernières années (les tax cuts de Bush lui rappellent-elles quelque chose?). Il faut bien comprendre que ce genre de désinformation constitue une part importante du discours économique aux Etats-Unis. La plupart des gens y disposant d'un porte-voix (dans les vieux médias) travaillent au service d'un discours qui encense les tax cuts, parent les riches de toutes les vertus et n'hésite pas à détourner le sens de certaines statistiques pour faire avancer la cause ploutocrate comme en l'espèce.

Dans un contexte où les Etats-Unis sont présisément malades d'avoir trop laissé se développer les inégalités (jusqu'au point de subvertir leur démocratie), défendre l'idée qu'il faille alléger la charge fiscale sur le top 1% comme le fait Amity est un tribut à la morgue aristocratique et au caractère complètement jusqu'auboutiste et "droite dans ses bottes" de la classe dirigeante américaine. C'est cette arrogance qui est aujourd'hui sur la sellette ou qui le sera quand nous nous serons plus enfoncés dans la crise. Et si cette crise ne suffisait pas à remettre profondèment en cause la classe dirigeante américaine, je fais une totale confiance à l'ubris de cette dernière pour causer finalement sa propre perte.

* "aristocratie américaine": Voilà une expression à mon avis exacte mais qui ferait se retourner dans leur tombe les pères fondateurs. Il faut dire qu'ils sont sans doute aujourd'hui en rotation permanente.
** C'est le mythe éternellement rabaché du caractère bénéfique à tous de la prospérité des plus riches. C'est un point central de propagande du parti républicain qui parle de "trickle down economics". L'oppulence qui part du sommet et ruisselle dans toute la société. La crise démontre précisément l'inverse.

Merkel attaque la FED

Dans cette news bloom, il est rapporté que Merkel critique sévèrement la FED.

In Europe, German Chancellor Angela Merkel said yesterday she views “with great skepticism what authority the Fed has and the leeway the Bank of England has created for itself,” to purchase a range of assets in their efforts to end the crisis. She urged central banks to return to a “policy of reason.”

Asked by a lawmaker about Merkel’s comments, Bernanke said, “I respectfully disagree with her views.”

mercredi 3 juin 2009

What the ----?

Camélia s'est faite éliminée et le Blogo est complètement révolté à l'idée que "La Nouvelle Star" ne soit pas truquée et laisse s'en aller son meilleur élément. J'ai vu de visu Camélia chanter "Paint it black" hier et je l'ai trouvée géniale.

J'ai subi sans broncher (ou presque) les $700 milliards du TARP, les $2 trillions gagés par la FED et les $13 trillions mis en jeu pour renflouer des banques suspectes mais là, c'est juste un coup sous la ceinture que j'ai du mal à encaisser. Rendez-nous Camélia! En cette période de crise, je suis honnêtement un peu étonné que Sarko ne soit pas sur le coup.

J'ai heureusement pu témoigner à Camélia mon soutien de vive voix après l'émission*. Je lui ai rappelé qu'Amel Bent avait été contactée par Sony juste après son éjection et qu'elle aussi serait sûrement contactée très prochainement. Je l'ai conjurée d'accepter l'offre qui lui serait faite car si elle ne le faisait pas et qu'elle abandonnait la chanson, "cela me briserait le coeur". J'espère être entendu.

Forza Camélia!

* Histoire vraie!

mardi 2 juin 2009

Crash de l'A330 d'Air France

Je ne m'explique pas cet extrait d'un article de la BBC:
"French and US sources have ruled out terrorism as the cause of the plane's loss."

Cela implique que les français ont assez d'informations sur le crash pour savoir très exactement ce qu'il s'est passé et pour pouvoir l'expliquer de manière convainquante aux américains. La conclusion naturelle est donc qu'on nous cache pour l'instant l'explication de ce crash. Je ne prête pas d'intentions néfastes à ceux qui en ont la responsabilité et j'imagine qu'ils ont leurs raisons mais je ne vois pas d'autres explications possibles à ce rejet sans équivoque de la piste terroriste.

Aussi, la série A330/A340 et le 777 ont commencé leur carrière dans la première partie des années 90 et étaient les avions les plus modernes jusqu'à l'arrivée de l'A380. Aucun accident mortel en service commercial n'était encore arrivé à ces modèles ce qui laissait espérer que l'on avait passé un nouveau cap en matière de sécurité aérienne. C'est moins clair désormais.

Put the blame on the FED

Dean Baker dans cet article du Guardian s'étonne de l'opposition politique que rencontre la proposition d'un simple audit de la FED qui semble pourtant aller de soi. Cette dernière vient de prêter $2 trillions garantis par le contribuable contre du collatéral de très mauvaise qualité dans la plus grande opacité.

Pourtant seuls 30 représentants démocrates et 130 républicains soutiennent l'audit. Baker met en cause le contrôle de fait de la FED par Wall Street. La FED a une structure baroque qui donne beaucoup de poids aux directeurs régionaux, eux-mêmes désignés par les banques locales. Le résultat est donc qu'il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre les banques et la FED. C'est pour cela par exemple que les banques profitent de la crise pour évincer la SEC au profit de la FED comme organe supposé les contrôler. Le pouvoir de la FED et donc des banques serait remis en cause par un audit et ce dernier n'aura donc pas lieu en raison du poids étouffant qu'ont les banques sur les politiciens américains.

Contrairement aux années 30 qui avaient vu les banques faire des concessions importantes, tout se passe pour l'instant comme si en dépit de la crise (ou même à cause de la crise?) elles n'avaient jamais été aussi puissantes. Cela me fait penser que la crise n'en est qu'à ses débuts car les dérèglements ne font que s'accentuer (les banques ont plus de pouvoir, les américains s'endettent toujours plus - en tant que contribuables cette fois). Je vois la crise comme le moment où un système a tellement dévié de la norme qu'il revient de manière désordonné et douloureuse vers l'équilibre. Si cela s'avère vrai, on peut dire que la crise n'a même pas encore commencé. Nous vivons simplement les derniers efforts un peu pathétiques et grotesques des forces qui souhaitent maintenir le déséquilibre. Et si cette crise s'avérait moins grave que prévu à court terme (ce qui n'arrivera pas), combien de temps faudra-t-il avant que des banques plus dominantes que jamais ne créent encore plus de désolation?

Avec le sauvetage aveugle des banques, les problèmes de "moral hazard" (aléas moral)* sont devenus tellement vertigineux qu'on a vraiment le sentiment d'être confronté à un système en phase terminale, à deux doigts de la décomposition. La fusion entre les politiques et le système bancaire est devenue apparente. Les comportements deviennent complètement outranciers (les lobbyists puisent directement dans les caisses de l'Etat pour leur client). Les apparences qui étaient sans doute la seule chose qui faisait tenir le système debout sont désormais foulées aux pieds. L'Enronisation des Etats-Unis est désormais totale, le système va s'écrouler.

Note: Le Blogo milite depuis octobre pour qu'une ligne dure soit adoptée contre les banques. Je pense qu'il est facile pour le lecteur d'imaginer que le blogo fait dans la posture morale et souhaite "que les banques payent". Ca ne me déplairait pas en effet, je dois bien l'admettre. Il n'en demeure pas moins que cette ligne dure est pour moi une nécessité d'un point de vue complètement pragmatique. Il faut casser les banques car c'est le seul moyen de sortir de la crise sans préparer la suivante. Réformer l'oligarchie financière qui en porte la responsabilité est la première condition de sortie de la crise comme le dit Simon Johnson fort de son expérience dans les pays émergents. (Simon Johnson qui considère contrairement au blogo que la crise est passée, que les banques ont gagné et que l'occasion de réformer a été gâchée). Imaginer que conforter les banques dans leurs manières de faire est une voie qui nous apportera autre chose que quelques mois en plus de pillage est une absurdité.

* "Moral Hazard" est la formule consacrée aux Etats-Unis pour décrire l'action d'un agent économique qui prend à son profit des risques trop important car il ne pâtit pas des conséquences négatives ou dans des proportions limitées. Typiquement, le comportement d'un trader qui risque de planter sa banque et de perdre son job mais qui a une chance importante de gagner le jackpot est une conséquence d'un "moral hazard". Un "mortgage broker" qui prête de l'argent à un emprunteur subprime est dans la même situation. Cela pose "un problème d'agence", si je fais quelque chose pour quelqu'un, il faut que mes intérêts soient alignés avec cette personne. Si mes intérêts ne sont pas alignés je vais l'envoyer au casse pipe. C'est le problème qui vicie la titrisation et les ratings d'agence. Les intérêts des "titriseurs" et des agences de notation ne sont pas alignés sur ceux des consommateurs finaux de leurs produits: les investisseurs.

lundi 1 juin 2009

Bing

El Blogo n'est pas référencé sur le nouveau moteur de recherche de Microsoft, "Bing". On peut donc déjà parler d'un lancement raté pour Microsoft.

En supposant que Microsoft va se rattraper très bientôt, l'idée qu'un peu de concurrence vienne bousculer le monopole actuel de Google est une bonne nouvelle (quoi qu'on pense par ailleurs de Microsoft).

Les banques se battent pour maintenir l'opacité dans les produits dérivés

Toute honte bue, les banques ont amorcé un effort de lobbying qui vise à empêcher/limiter la régulation des produits dérivés. Gretchen Mortgenson du NYT décrit une partie de cet effort de lobbying dans un article aujourd'hui.

Le 13 novembre, 9 des plus grosses banques ont créé le "CDS Dealers Consortium". Un avocat/lobbyist a été engagé pour superviser cet effort. Il a publié le 10 février un mémo que le secrétaire au trésor semble s'être peu ou prou approprié pour sa réforme (le lecteur du blogo ne cillera pas je l'espère devant pareil révélation). Les banques, sous perfusion d'argent du contribuable, tiennent maintiennent toujours leur "iron grip" sur les politiciens américains.

Mortgenson cite d'ailleur un membre de la chambre des représentants qui rejoint le sénateur Dick Durbin dans son affirmation que "banks frankly own the place".

“The banks run the place,” Mr. Peterson said. “I will tell you what the problem is — they give three times more money than the next biggest group. It’s huge the amount of money they put into politics.”

Colère saine de Barry Ritholtz:
Indeed, its all but impossible to see where the largesse of the Bush bailout policies ends and the Obama bailout policies begins. If today were November 2012, I would not vote for this team. As far as the banking sector is concerned, this gang is no different than the knaves and dolts who came before.
Addendum: Ce sujet avait été traité par Bloomberg une semaine plus tôt.

dimanche 31 mai 2009

Pot-pourri

Ce documentaire sur la crise de PBS n'a à peu près que le mérite d'exister. L'analyse est superficielle, les "zoom-ins" interminables sur des photos d'officiels en noir et blanc sont horripilants. Et pourtant je l'ai regardé pendant 56 min. Belles images de Manhattan vue d'avion ceci dit.

Le saviez vous? Barry Ritholtz de TBP note que Youtube perd $500 millions par an.

Glenn Greenwald est en forme. Il élabore sur le vague à l'âme d'un journaliste peu scrupuleux qui se morfond d'avoir été, en gros, victime de son ire (ce n'est pas pour rien qu'Atrios l'appelle "Glennzilla"). Il n'y a pas que de l'amour sur internet. Beaucoup de liens vers les manquements des MSM durant la période récente.

Bill Moyers recommande ce documentaire sur la torture sous le "Bush Regime". Il démontre que Bush et Cheney sont deux criminels de guerre. La démonstration est implacable et les témoignages recueillis impressionants. Presque 2H00.

A 93 ans, le prix Nobel d'économie Paul Samuelson, semble moins abruti que son neveu Larry Summers. Il souhaiterait que la différence de rémunération entre les patrons et la médiane de leurs employés revienne à un facteur 40 (standard il y a 20 ans) au lieu du facteur 400 de la période récente. Il pense qu'il n'y aura pas de "reprise au second semestre" et pas de reprise sérieuse avant 2012 ou 2014. Il a le sentiment de revivre la grande dépression. Son interview est assez fascinante étant donné la perspective historique inhabituelle. Je la recommande pour ceux qui parlent anglais (elle est de plus assez courte).

Un reportage de 4 min de Fox News sur les villes fantômes en Californie. Sur la dislocation du marché immobilier.

Un nouveau moteur de recherche "Wolframalpha" qui est plus axé sur le travail académique que Google. En attendant le Bing de Microsoft qui devrait enfin offrir une alternative à Google.

Ritholtz nous signale que la confiance des ménages qui a rebondi quelque peu est en fait très corrélée à la bourse (qui a repris près de 40% en 10 semaines). Pas vraiment un signe de "green shoots".

Mankiw et Rogoff, deux économistes américains, militent pour une l'inflation autour de 6% par an qui "aiderait les consommateurs et le gouvernement à faire face à leurs obligations". Ca a le mérite de la candeur. Ils n'apprennent cependant rien à la FED qui va les satisfaire bien au-delà de leurs espérances.

Ritholtz, toujours lui, nous dit que les Hamptons sont calmes cette année (c'est le lieu de villégiature d'été des New Yorkais aisés).

Graphe intéressant du NYT:

vendredi 29 mai 2009

Faut-il créer une "Blogo Non-compliant List"?

Ce serait une tâche titanesque... Je pourrais en tout cas commencer par ce petit poisson John Dugan (via The Big Picture). Je ne sais pas quel deal il a avec les banques mais il est à peu près certain qu'il en a un.

12%

Atrios signale que 12% des américains qui ont un emprunt immobilier sont en retard dans le paiement ou ont vu une procédure d'éviction engagé contre eux. Il remet à leur place les idées de "jeune pousse" (green shoots) de la reprise ici et .

Bush sort de son silence...

Et quand on lui demande ce qui lui manque depuis qu'il a quitté la maison blanche, il répond "Rencontrer des GIs et la nourriture de la maison blanche". Il ajoute également "voler sur Air Force One". Whoaaa.

Contrairement à Cheney qui continue toute voile dehors à faire l'article pour la torture (dans le but évident de ne pas laisser se développer une atmosphère qui l'enverrait à terme dans le box des accusés), Bush a très peu parlé depuis qu'il a quitté la maison blanche. Il apparaît donc pour que ce qu'il est dans ses déclarations: un simplet absolu sans repères moraux complètement immature.

Sur la crise, il incrimine un "manque de régulation responsable" comme s'il débarquait de la planète Mars. Il dit que Fannie et Freddie n'auraient pas dû adopter certaines pratiques financières et ajoute "Je ne veux pas apparaître comme un gars qui s'autocongratule mais nous avons vraiment essayé de les en empêcher". Are you f-cking kidding me?

Je ne sais pas ce que font ses marionettistes mais à leur place, je ferais taire Bush au plus vite ou alors je l'encadrerais autant qu'à la maison blanche (ce qui coûterait sans doute trop cher).

Update: il semble que l'intervention de Bush ait été plus substantielle (et donc moins pathétique) que ce que j'avais cru à la lecture de la première dépêche (elle a duré 1H15). Pas de surprises néanmoins. Extraits:

"I can tell you,'' Bush said, "the information gained saved lives."

The president told an audience of about 2,000 in Benton Harbor of a White House meeting in September in which his economic advisers told him: "'You could be the president presiding over a depression even worse than the Great Depression'... That was a a sobering moment," Bush said. "And so I abandoned my principles. I'm a free-market person. I believe the market should sort things out."

That's when Bush acquiesced to a multibillion-dollar federal bailout of the nation's financial markets.

He called the invasion of Iraq one of his toughest decisions: "The intelligence was a disappointment, but it wasn't the only rationale I gave," he said. "Saddam was a dangerous man. I truly believe the world is better off without him. ... The (invasion) was truly worth it, I believe."

Les centaines de milliers de morts et les millions de déplacés "beg to differ".

Friday Plane Blogging

Confessions d'un néolibéral repenti (ou presque)

Stephen Colbert au sujet de George W. Bush: "The greatest thing about this man is he's steady. He believes the same thing Wednesday that he believed on Monday, no matter what happened Tuesday."

J'ai été néolibéral. Voilà, c'est dit. Je croyais que Thatcher et Reagan avaient imprimé une direction à l'économie mondiale qui était à la fois souhaitable et irrésistible. "Souhaitable" car elle permettait la croissance qui permettait à son tour l'épanouissement des populations. "Irrésistible" car à long terme, si vous ne croissez pas autant que vos voisins vous finissez par tomber sous leur coupe. Le refus de la France d'embrasser le corps de doctrine qui rendait nos voisins anglo-saxons si performants me semblait être une stratégie à très courte vue.

Evidemment, la description d'une "France Immobile" (Pierre Lellouche) face à un monde anglo-saxon en ébullition a été faite et refaite. On citera "La France Qui Tombe" de Nicolas Baverez, "L'aveuglement français" de Philippe Manière ou les tentatives d'incursion en politique d'un Christian Blanc. Ils assénaient les chiffres des performances économiques systématiquement défavorables à la France, ils affirmaient qu'après de très fortes années de croissance il valait mieux désormais être pauvre aux Etats-Unis qu'exclu en France. Ils y croyaient et moi aussi. Et quand bien même on aurait souhaité préserver quelques aspects de notre modèle social, ils n'auraient été finalement que des freins à la nouvelle religion économique mondiale: le marché supposément libre de toute entrave. De toute façon les français ne savaient pas de quoi ils parlaient, le gospel se trouvait dans les pages du triptyque (FT/WSJ/The Economist) et il ne restait aux continentaux qu'à regarder les anglo-saxons pour admirer et voir "how it's done". C'est l'époque du blairisme triomphant qui affirmait n'être "ni de droite ni de gauche mais pour ce qui marche". Les français ne parlaient de toute façon pas beaucoup: nous ruminions notre conservatisme mais personne ne songeait réellement à relever le sempiternel "défi américain". Quand on demandait à Martine Aubry ce qu'il fallait penser des jeunes diplômés français qui s'exilaient en Angleterre, elle répondait "qu'ils y restent" ou quelque chose dans ce goût-là.

Evidemment, plus qu'une France "résistante" aux formes anglo-saxonnes, de nombreuses voix de gauche (ou souverainistes) protestaient contre une soumission totale aux pages saumonées du Financial Times ou aux diktats de la nouvelle orthodoxie économique mondiale. Privatisations, fonds de pension, dérégulation: beaucoup de ces concepts développés aux Etats-Unis ont connu d'une manière ou d'une autre leur heure de gloire en France (et plus encore en Europe). Il a même été question encore récemment de transformer les maison françaises en tirelire en s'inspirant des méthodes utilisées avec les résultats que l'on sait aux Etats-Unis et en Angleterre. Après tout, eux, ils croissaient.

Qu'on s'en réclame ou qu'on l'exècre, l'idéologie libérale est devenue le prisme au travers duquel tous les débats politiques se sont organisés lors des dernières décennies. Face à ce rouleau compresseur qui nous promettait la fin de l'histoire, les clivages politiques se sont peu à peu effacés. La prospérité aidant, l'idée même de contestation est devenue désuète. Je ne vois guère qu'Emmanuel Todd qui n'ait pas été dupe des prouesses économiques américaines. Beaucoup de gens étaient viscéralement opposés au modèle américain mais tout le monde pensait qu'il y avait bien là un modèle et ceux qui ne l'aimaient pas en redoutaient quand même la puissance. L'idée qu'il était bâti sur du sable semblait simplement l'incantation d'un intellectuel mal dans son monde qui refusait la réalité. Et c'était peut-être le cas*.

Pour ma part, je pensais qu'il valait mieux adopter et adapter (autant que faire se pouvait) les formes anglo-saxonnes plutôt que de se résoudre à être d'abord à la remorque puis finalement racheter par une puissance économique supérieure. Plus que de la ferveur idéologique, il ne s'agissait en ce qui me concernait que de faire en sorte que les entités auxquelles j'appartiens (France, Europe) maintiennent autant d'indépendance que possible. D'aucuns diront que cela revient à se jeter dans la piscine pour éviter d'être mouillé par la pluie. Il faut quand même se rappeler que les entreprises du Cac 40 étaient possédées en grande partie par des fonds américains qui s'appropriaient ainsi les dividendes des plus grosses entreprises françaises. Des rumeurs ont prêté àPepsi l'intention de reprendre Danone en 2005, à Citigroup de reprendre la Société Générale en 2006 (SG a une capitalisation aujourd'hui supérieure à Citi...). Il y a eu des rapprochements réalisés de part et d'autre mais la puissance financière n'était globalement pas de notre côté (ni l'intelligence à en juger par l'escapade hollywoodienne de Jean-Marie Messier). Encore quelques années de croissance beaucoup plus forte dans la sphère anglo-saxonne et ce genre de scénarios se seraient multipliés...

Les choses ont bien changé et j'ai changé avec elle. Je me suis rendu compte en allant vivre aux Etats-Unis que ce que j'avais envisagé comme un exemple était en fait une impasse car l'accroissement des inégalités avait cassé l'appareil démocratique. C'est pour cela que la ritournelle préférée du blogo est que que la crise que nous traversons est d'abord une crise politique avant d'être une crise économique. Au début des années 2000, la démocratie américaine avait perdu peu ou prou son caractère représentatif. Les banques légiféraient pour les banques, les telcos pour les telcos, le complexe militaro-industriel pour le complexe militaro-industriel et ainsi de suite...

J'ai donc, contrairement au George W. Bush de Stephen Colbert, modifié mon jugement. J'ai désormais la certitude que quelle que soit la qualité des institutions, si on laisse libre cours aux inégalités au sein d'une société, les conditions seront tôt ou tard réunies pour que le système politique se mettent exclusivement au service des puissants. J'ai bien conscience que c'est inévitable dans une certaine mesure mais je parle d'un degré d'asservissement où des millions de citoyens peuvent financièrement se tirer une balle dans la tête (subprime) sans que le gouvernement n'intervienne. Je parle d'une inféodation des médias et du politique à l'économique qui fait régner le silence alors qu'on saigne ostensiblement à blanc les tranches de la population les plus faibles économiquement en faisant courir un risque systèmique à l'ensemble de la société. C'est vraiment du lourd. Pas une bête "amitié" entre un patron de chaîne de télé et un Président qui se rendent mutuellement des services (même si je n'ai guère de sympathie pour cette dernière non plus). Autrement dit, si on lâche totalement la bride aux élites, elles n'auront de cesse d'augmenter leur part du gateau économique jusqu'à contrôler totalement le processus politique. On peut alors parler de ploutocratie ou d'oligarchie. C'est en tout cas un pouvoir absolu qui, sans surprise, "corrompt absolument" et ce que nous vivons aujourd'hui en est la conséquence mécanique.

Alors quoi? Suis-je devenu dirigiste? Collectiviste? Ecologiste? Pas vraiment. Je suis devenu plus suspicieux envers les idéologies et les intérêts qu'elles servent, c'est certain. Je crois que l'expérience américaine de ces dernières années est une aberration de laquelle nous devons apprendre. Je crois qu'on doit incriminer une corruption généralisée et un manque de civisme au sein des élites américaines. Je ne crois pas qu'on puisse faire un procès similaire aux élites françaises (rassurez-vous, je suis pour leur reprocher énormément de choses aussi, je leur épargne juste ce procès là...). La corruption doit donc être prise au sérieux. Il ne s'agit pas simplement de moquer Julien Dray ou de s'amuser des dérives d'un potentat local. Les Etats-Unis prouvent que si la corruption se généralise dans l'environnement politique et médiatique, elle peut mettre en risque l'équilibre de la société.

Il faut donc prendre des mesures pour la tenir en respect. Le lobbying doit être limité au strict minimum (pour que les lois bénéficient quand même d'un avis technique) mais les arbitrages économiques doivent appartenir aux représentants du peuple. Le financement des campagnes électorales doit être encadré de manière obsessionnelle: on ne limitera jamais assez le rôle de l'argent dans le processus démocratique. Les inégalités ne doivent jamais atteindre des niveaux qui permettent à un nombre restreint d'individu de littéralement "se payer des lois" comme les tax cuts pour les plus aisés aux Etats-Unis sous Bush. Il faut également proscrire la possibilité de donner de l'argent exonéré d'impôts à des "charities" ou interdire à ces dernières toute activité de lobbying politique. Sinon, l'Etat subventionne sa propre subversion (comme lors du sauvetage des banques).

Si nous étions aux Etats-Unis, j'ajouterais qu'il faut également une révolution morale et citoyenne. L'appauvrissement inouï que connaissent un grand nombre d'américains aujourd'hui est la conséquence directe de l'enrichissement tout aussi inouï d'un petit nombre d'entre eux depuis quelques années. On ne le dit pas encore beaucoup parce que c'est "divisive" et qu'Obama le cache plus ou moins bien derrière son sourire de star mais c'est un fait ("An Inconvenient Truth" dirait Al Gore...). Peut-être qu'American Idol suffira à faire passer la valda mais je n'en suis pas si sûr (la formule consacrée est d'ailleurs "du pain et des jeux", les jeux n'ont jamais satisfait le peuple à eux seuls et c'est précisément le pain qui est en jeu en ce moment).

Cette crise n'est pas une crise du capitalisme si on définit celui-ci comme le moteur du développement économique du monde non-communiste depuis la révolution industrielle. C'est une crise politique liée à la subversion de la démocratie américaine par des intérêts économiques privés. On savait que cela pouvait arriver dans des pays pauvres, on sait désormais que cela peut arriver également dans la première puissance du monde.

Finalement, je n'ai aucune envie d'adhérer à un "isme" quel qu'il soit. Je suis surtout enthousiasmé à l'idée que nous ayons devant nous une glasnost technologique avec l'avènement de l'internet. Devant les difficultés économiques que nous avons devant nous, les enjeux politiques vont à nouveau prendre un rôle central dans la vie des citoyens et ils vont réaliser avec bonheur qu'ils n'ont jamais eu autant de moyens de peser sur la vie politique. Je crois donc que le débat est lancé. A cause de l'internet, je dirais même que le débat va décoller (il ne faut d'ailleurs pas que j'oublie le Friday Plane Blogging). Je suis persuadé que les formes politiques passées vont être transfigurées par l'internet. La démocratie est pour moi similaire au communisme en cela qu'elle est un objectif vers lequel on tend mais que l'on atteint finalement jamais. Il n'y a qu'à regarder TF1 ou examiner le traitement dans les médias de la loi HADOPI pour comprendre ce que je veux dire. Nous avons vécu jusqu'à aujourd'hui dans des sociétés où les centres de pouvoir pouvaient relativement facilement contrôler le discours sur les sujets qui les concernaient (l'idéologie néolibérale n'était finalement que cela: un discours au service d'un pouvoir). Ce contrôle va être de plus en plus difficile et le blogo entend bien apporter sa modeste pierre à ce nouvel état de faits réjouissant.

* Je dis que c'était "peut-être" le cas car je pense que les Etats-Unis auraient pu continuer encore longtemps sur la lancée de leur modèle de domination si le 11 septembre n'était pas venu accélérer la chute d'un empire dont le destin était de toute façon scellé à terme par le faible poids démographique de son centre (2030? 2050?). L'empire américain aurait sans doute pu enterrer Emmanuel Todd s'il avait été géré "en bon père de famille". Au lieu de cela, les multiples guerres entreprises depuis ont forcé à lâcher la bride sur la politique monétaire ce qui a finalement causé la crise que nous connaissons aujourd'hui. Ce résumé paraîtra sans doute un peu sommaire mais la réalité de cette séquence d'évènements est une évidence selon moi et j'aurais l'occasion d'y revenir sur le Blogo.

Plus de chômage aux US qu'en Europe

Ca n'est pas arrivé depuis un moment. A noter que l'on compare probablement deux choses différentes en raison des méthodes appliquées de part et d'autre de l'Atlantique pour ces chiffres mais c'est quand même à relever. (Graphe du NYT via The Big Picture)

mercredi 27 mai 2009

Où l'on reparle d'AIG

Le sponsor de Manchester est AIG. Ils avaient au moins du nez pour le foot même si ça a l'air mal parti ce soir.

L'amère potion

UBS explique aux suisses (qui ont eu en général plus de mal que les américains à se faire à l'idée que leurs impôts devaient subventionner les banquiers) qu'UBS doit doubler le salaire de certains de ses employés pour pouvoir les garder à cause "du marché".

Il est probable qu'ils aient raison d'un point de vue purement gestionnaire. Les Etats-Unis ont permis à leur secteur bancaire de vivre en lévitation aux frais du contribuable et le marché en matière de banquiers étant mondial et fluide, ces derniers sont en mesure collectivement d'obtenir des rémunérations plus fortes.

Le corps social va-t-il accepter cette arnaque qui depuis 30 ans a conduit à un écart de rémunération de plus en plus fantastique entre les citoyens au nom du "marché"? En Suisse en tout cas, la lassitude face à ces arguments ne touche plus seulement la population mais aussi certains membres du personnel politique.

De toute façon, il n'est pas dit que la crise ait dit son dernier mot. Le relatif répit que connaît l'industrie bancaire après que les Etats aient joué leur carte maîtresse (la déclaration d'un soutien indéfectible, illimité et presque sans condition au système bancaire dans ses formes actuelles) pourrait en effet être de courte durée. Même dans l'hypothèse improbable d'une reprise rapide, si garantir le bilan de toutes les banques américaines n'a pris qu'une semaine, la note va en revanche être payée durant des années ce qui laisse beaucoup de temps aux populations pour s'organiser politiquement et finalement rétablir un peu de balance dans les décisions prisent à la va-vite par des gourvernants apeurés, sous influence ou aux ordres (ou un mélange des trois selon les pays).

Dans la confrontation opposant les banques au reste de la population, si on considère que le début de la partie a eu lieu à l'été 2007*, on en est clairement à 1-0 pour les banques qui ne se sont vues pour l'instant opposer aucune résistance mais le match ne fait que commencer. Si l'histoire peut servir d'indication, il est quand même envisageable que les citoyens américains finissent par reprendre un peu de contrôle. Il faut aussi envisager qu' "American Idol"** et le "Superbowl" soient de nouveaux moyens d'abrutissement des masses tellement efficaces qu'ils vouent à l'échec toute velléité de politisation de la "citizenry". Stay tuned.

* Il est sans doute plus juste de replacer cet affrontement dans le contexte plus large d'une guerre des classes amorcée et gagnée par les riches selon Warren Buffett qui dure depuis les années 80 aux Etats-Unis.
** Je regrette cette attaque cheap contre American Idol car cette émission est l'équivalent américain de mon programme de télé français préféré: "La Nouvelle Star". J'espère que le lecteur saura faire la part des choses et retenir l'idée générale. J'en profite pour réitérer le soutien du Blogo à Camélia Jordana.

mardi 26 mai 2009

La fin de la crise du crédit?

Ces différents graphes montrent que le coût du crédit pour différents types d'emprunteurs semble se stabiliser après un "écartement" sans précédent depuis l'été 2007. Ce resserrement des spreads est un signe de normalisation du marché du crédit. Le blogo soutient que ce n'est que temporaire et que la crise que nous traversons est plus une crise de solvabilité qu'une crise de liquidité. Une partie des risques de défauts (notamment pour tout le système bancaire et Fannie/Freddie) a certes été endossé par les Etats mais ceux-ci ne sont pas à l'abri eux-même de défauts et ils ne pourront pas porter à bout de bras toute l'économie comme on essaye de le faire croire. Ils ne pourront que noyer ce triste spectacle sous un déluge de création monétaire qui conduira à une inflation à deux chiffres qui feront faire les gros yeux à des commentateurs hypocrites (je vois déjà les headlines du triptyque: "Obama and Bernanke Vow to Fight Inflation". My a--!).

Le dégonflement de la bulle immobilière et le deleveraging battent leur plein et ils suivront leurs cours inexorablement avec des conséquences désastreuses pour l'économie pendant plusieurs années. A noter également que ce résultat n'a été obtenu que grâce au $12.8 trillions que la FED et le gouvernement ont décidé d'allouer, de dépenser ou de garantir (chiffrage de Bloomberg). Personne ne sait qui va payer ni si cela sera suffisant. La dégradation continue du marché de l'immobilier laisse penser que les hypothèses de travail du "stress-test" et du PPIP (surpaiement des obligations pourries par l'Etat pour sauver les banques en préservant leur pouvoir - à l'inverse d'augmentations de capital qui ne préserve pas les apparences) sont un énorme mensonge de plus du trésor et de la FED.
(graphes via The Big Picture)


lundi 25 mai 2009

Obama "humbled" par les autres "power centers" américains

Lors de sa conférence de presse au sujet des 100 premiers jours de sa présidence, un journaliste a demandé à Obama ce qui l'avait le plus surpris, le plus plus enchanté, le plus "rendu plus humble" (je n'ai pas trouvé meilleure traduction pour "humbled") et le plus perturbé durant ces 100 premiers jours.

Ce qui a rendu Obama plus humble de son propre aveu, ce sont les limites du pouvoir de la présidence face aux autres centres de pouvoir dans la société américaine. Il cite les banques et le congrès.

Humbled by the — humbled by the fact that the presidency is extraordinarily powerful but we are just part of a much broader tapestry of American life. And there are a lot of different power centers, and so I can’t just press a button and suddenly have the bankers do exactly what I want, or turn on a switch and suddenly Congress falls in line. And so what you do is to make your best arguments, listen hard to what other people have to say, and coax folks in the right direction.

vendredi 22 mai 2009

mardi 19 mai 2009

Let's party like it's 2006!*

Le regain d'optimisme sur les marchés et dans les médias est complètement décorrélé de la situation économique. Il a une et une seule justification: les banques de Wall Street ont désormais de bonnes raisons de penser qu'elles n'ont pas perdu en influence avec le changement d'administration et que l'Etat américain est toujours prêt à se jeter sous un train pour les sauver.

Il n'y a rien dans les données économiques qui justifie cette idée de plus en plus omniprésente que "la crise est derrière nous". Ni les résultats de la "earnings season", ni le marché de l'immobilier (qui aurait touché un plancher alors que les foreclosures battent des records...), ni les chiffres de l'emploi, ni les chiffres de la croissance. Rien. Nada. Zilch.** Le cheerleading qu'on entend en ce moment est du même ordre que celui qui a permis cette crise: on se croirait revenu en 2006.

La crise bat son plein. You read it here first (bon, sur ce coup, peut-être pas).

* Faisons la fête comme si nous étions en 2006!
**Ah si! Peut-être le "dead cat bounce" de la confiance des ménages qui croient, après tout, ce qu'ils lisent (ils ne sont pas raisonnables aussi).
Note: post publié avant "la surprise" des très mauvais chiffres sur l'immobilier US publiée à 14H30.

La CJR donne un bonnet d'âne aux médias eco

La Columbia Journalism Review s'est lancée dans l'examen minutieux du traitement de la crise du subprime entre le 1er janvier 2000 et le 30 juin 2007 par les journaux suivants: The Wall Street Journal, The New York Times, the Los Angeles Times, The Washington Post, Bloomberg News, Financial Times, Fortune, Business Week, and Forbes. Le réquisitoire est extrêmement sévère. La critique de la "corruption institutionnelle" (leur expression) qui a atteint le financement du housing est quasiment absente des organes de presse passés en revue. A noter qu'ils ont mis en ligne avec l'article un fichier Excel avec plus de 700 articles recensés sur la période.

Voici quelques paragraphes sélectionnés:

This isn’t about identifying which journalist or economist was “prescient,” the business-press parlor game du jour. What’s important is that forthright press coverage and uncompromised regulation combined to create a virtuous cycle of reform.
...

Alas, any fair reading of the record will show the business press subsequently lost its taste for predatory-lending investigations and developed a case of collective amnesia about Wall Street’s connection to subprime, rediscovering it only after the fact.

There are a number of explanations (though no excuses) for this. First and foremost, was the abdication of regulatory responsibility at the federal level. Uncompromised regulation and great journalism go hand-in-hand. But when such regulation disappears, journalistic responsibilities only increase. What is important to understand first is that this press failure did occur.
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What makes this development especially maddening is that subprime lending and Wall Street’s CDO production at this point were only just getting started. Subprime mortgages in 2002 were $200 billion, 6.9 percent of all mortgages. By 2006 they were $600 billion and 20 percent of the market. Add poorly documented “Alt-A” mortgages and the 2006 figures rise to $958 billion and 32 percent. CDO production went from next to nothing in 2000 to half a trillion in 2006.
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These are valuable stories. But to get the public involved you need more. You need stories of institutionalized corruption. There’s no way around it.

What was missing—and needed—were more stories like the one that ran on February 4, 2005 in the Los Angeles Times by Mike Hudson and Scott Reckard: “Workers Say Lender Ran ‘Boiler Rooms.’ ”
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It is disingenuous, I believe, to suggest, as many financial journalists do, that they are unfairly expected to have been soothsayers in the economic crisis (e.g. “Financial Journalism and Its Critics,” Robert Teitelman, TheDeal.com, 3/6/09: “Why, among all other journalists, are financial reporters expected to accurately predict the future?”). Rather, the expectation is merely that financial outlets do their best to report on what is happening now, including, one would hope, confronting powerful institutions directly about basic business practices. This is not complicated.
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In light of this general system failure, what are the lessons for the general reader and the business press itself? First, the public should be aware—warned, so to be speak—that its interests and those of the business press may not be in perfect alignment. :-) No Shit! J'adore...

Confessions d'un emprunteur américain

Un article hors du commun dans le New York Times Magazine. Il raconte la "crise du crédit" personnelle de l'auteur, journaliste au NYT. L'article est long: c'est une tranche de vie. Je vous en conseille la lecture mais j'imagine que la plupart des lecteurs du blogo n'ont pas le temps de se lancer dans un article de 6 pages (ou ne parlent pas anglais). J'en ai donc fait un rapide résumé.

L'auteur commence par raconter comment cette histoire n'aurait pas dû lui arriver: journaliste économique au NYT, il avait déjà écrit des articles sur les dérives de l'immobilier aux Etats-Unis quand son histoire commence en 2004. Il explique comment l' "amour" et la perspective de refonder une famille recomposée après un divorce lui a fait perdre la boussole de ses finances personnelles.

S'ensuit l'achat d'une maison trop onéreuse par rapport à ses revenus (essentiellement parce qu'il paye $4000 de pension alimentaire à son ex-femme ce qui lui laisse $2700 - sa rémunération annuelle est de $120000). Il veut utiliser son bon "FICO score" (note mesurant la qualité de crédit de tous les américains, il est bon si vous payez vos dettes en temps et en heure) et son boulot stable pour obtenir le meilleur emprunt possible. Son "mortgage broker" lui conseille de ne pas faire état de ses obligations relatives à la pension alimentaire. Un problème administratif apparaît alors: son ancien emprunt immobilier (repris par sa femme) refait surface. S'il révèle qu'il est désormais exclusivement au nom de son ex-femme, la question de la pension alimentaire se posera forcément.

Apparté: dans une société qui n'est pas corrompue depuis des années par des banquiers véreux qui ont systématiquement fait sauter toutes les contraintes règlementaires sur l'octroi de crédit, c'est ici que cette histoire se serait arrêtée. Mais nous sommes aux Etats-Unis en 2004...

Son mortgage broker commence alors à se comporter comme un "pusher" qui donne de la drogue pour se constituer une clientèle. Il lui suggère de faire un emprunt sans déclaration sur son patrimoine ("No Assets"). Notre journaliste achète la maison pour $500000. Au bout de six mois, en 2005, il réalise qu'il est en difficulté: plus d'argent à la banque. S'ensuit une cavalcade à coups de dépenses de credit cards qui lui sont évidemment proposées. Il paiera jusqu' à 27% d'intérêts sur ses credit cards. Son couple frôle la rupture en raison de tensions sur les dépenses.

Vient alors la deuxième couche: il retourne voir son dealer (le mortgage broker) et se refinance cette fois dans du subprime pur et dur (son FICO score ne lui permet plus d'accéder aux emprunts de meilleur qualité). Il obtient un nouvel emprunt en 2006 en bénéficiant du fait que sa maison s'est appréciée mais son paiement mensuel augmente de 30% à $3700. Il consolide au passage ses dettes de carte de crédit ce qui lui crée mécaniquement de nouvelles lignes de crédits. Cela tombe bien car sa compagne perd à nouveau son emploi... Il est pris à la gorge en octobre 2008 et contacte sa banque pour modifier son prêt (il a déjà deux mois de retard).

L'article se finit cependant sur une note inattendue qui conforte une hypothèse émise de longue date sur El Blogo: il habite sa maison depuis 6 mois sans payer son emprunt et il ne lui arrive rien. L'infrastructure qui expulse et se réapproprie les biens immobiliers est engorgée: ne plus rembourser n'entraîne plus l'éviction "manu militari". Si on se place du point de vue de Robin des Bois, on peut voir ça avec un peu de sympathie mais cela trahit en fait une dislocation du marché immobilier américain qui est extrêmement inquiétante. Quand le bruit commence à courir que le non paiement n'entraîne plus l'éviction, qui continue à rembourser son mortgage?

Ces disruptions font en réalité froid dans le dos et donnent réellement envie de "water boarder" notre commentariat économique qui s'accorde aujourd'hui massivement pour une reprise au second semestre (même si quelques fortes têtes isolées ne la situe que début 2010...). La réalité est que depuis 10 ans les américains ont signé tellement de contrats insensés qu'il faudrait une armée entière pour en obtenir aujourd'hui l'application et réduire en esclavage pendant plusieurs années la moitié de la population. Les lobbyists des banques sur Capitol Hill mettent tout en oeuvre pour que toute la force coercitive de l'Etat s'applique sur les mauvais payeurs mais ils ne prennent pas en compte le fait que "l'infrastructure de recouvrement" à l'échelle nationale est cassée (il faut dire que personne n'en parle et qu'on ne le devine ici que par la bande, à l'occasion d'une anecdote à l'issue d'un long article).

Le dernier contrat insensé signé aux Etats-Unis est celui par lequel d'un trait de plume, le gouvernement s'est porté garant du système bancaire. Comme pour tous les autres contrats foireux depuis dix ans, la planète entière tente de se persuader que celui-là sera honoré. Tout le monde ne veut-il pas sa part de rêve américain?

samedi 16 mai 2009

Friday Plane Blogging

A une heure près j'évitais de poster une fois de plus le Friday Plane Blogging le samedi. C'est encore un lecteur assidu qui m'a rappelé à l'ordre en me signifiant que tous ces "FPBs on Saturday" commençaient à faire désordre. Je le reconnais et je m'en excuse auprès de lui.

L'occasion pour moi de sensibiliser les fans du FPB au fait qu'en cliquant sur l'image, ils peuvent obtenir une photo de bien meilleure résolution. C'est vrai depuis le début. Pour les vrais fans, vous pouvez faire une recherche sur le blogo avec "friday plane blogging" et vous verrez toutes les photos s'afficher depuis le début. Vous pourrez ensuite agrandir à loisir celles qui vous ont plu.

vendredi 15 mai 2009

GDP

La révélation des chiffres de GDP suit pour l'instant la même dynamique que le trimestre précédent (les deux seuls trimestres postérieurs à la "phase 2" de la crise commencée en septembre 2008). Les Etats-Unis ouvrent le bal avec -6%, les européens suivent avec un chiffre bien plus noir: -10%. Au trimestre dernier, un dernier acte avait vu les américains rejoindre les niveaux européens lors de la première révision mensuelle (disponible dans quelques jours pour Q1). Le GDP allemand se contracte de 15,2% en rythme annuel contre 4,8% seulement pour la France.

Cette différence entre les deux plus grosses économies de la zone euro est complètement stupéfiante.

A noter ce miracle: toute ma vie j'ai entendu les chiffres de la croissance exprimés en rythme annuel. En l'espace de 6 mois, par une opération du Saint-Esprit semble-t-il, ils sont désormais tous exprimés par trimestre. Il faut donc mutiplier tous les chiffres par 4 pour pouvoir les comparer aux chiffres qu'on a enregistré dans nos cerveaux depuis 30 ans. Les vieux médias semblent avaler ce changement sans broncher. Je n'irai pas pleurer sur leurs tombes.

Il faut remarquer que ces niveaux sont sans précédent. Cela remet en cause la valeur statistique de ces chiffres. Une partie des calculs sont basés sur des projections et sur des modèles qui se sont affinés pour retranscrire (plus ou moins fidèlement) la réalité dans une période de relative stabilité. L'ouragan qui souffle aujourd'hui sur l'économie mondiale les rend caducs. Il faut donc les prendre plus que jamais avec des pincettes. Seules des différences extrêmement frappantes comme France/Allemagne méritent qu'on s'y arrête. Les allemands sont-ils, comme j'en avais émis l'hypothèse au sujet des chiffres du trimestre dernier, les seuls à dire la vérité?

La relative bonne tenue des Etats-Unis est également un grand point d'interrogation. Epicentre de la crise, on glose beaucoup sur leur effort de relance supérieur mais je rappelle qu'on reprochait beaucoup à Obama que cet effort soit trop peu "front loaded" (peu d'efforts sur 2009). On nous a longtemps répété que la croissance américaine reposait en grande partie sur la consommation...

Ces chiffres invitent donc à la circonspection et ceux qui essaieront de s'en servir pour valider ou non des modèles ou des idéologies économiques seront de mauvaise foi. Ce qu'on peut en tirer, c'est que nous traversons la crise économique la plus grave de notre histoire et qu'elle était toujours au trimestre dernier en phase d'aggravation.

Note: j'ai lu dans la dépêche Bloomberg que ces chiffres de GDP n'étaient compilés que depuis 1970 en Allemagne et depuis 1980 en Italie. J'avais pour ma part dans l'idée qu'ils avaient toujours existé. Cela veut dire essentiellement que toutes les données sur l'histoire économique que j'ai apprises dans ma scolarité reposaient sur des chiffres reconstitués et pas des chiffres publiés à l'époque... Good to know.

Temps à perdre?

Si vous avez du temps à perdre, vous pouvez regarder cet album photo sur les 100 premiers jours d'Obama. Les photos sont belles et les amateurs de "West Wing" apprécieront. Vous pouvez obtenir des commentaires sur chaque photo.