mercredi 22 juillet 2009
Mitterrand et la licence globale
Avis défavorable [à la participation de 2€], ont répondu le ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et le rapporteur du texte Franck Riester (UMP). "C'est le retour de la licence globale qui a la vie dure. Les artistes n'en n'ont pas voulu", a déclaré M. Mitterrand.
On sait maintenant pour qui le gouvernement légifère exclusivement: "les artistes". Ils ont un droit de véto sur les dispositions de l'Hadopi. Et cela ne veut pas dire les citoyens qui entreprennent des activités artistiques évidemment. Il s'agit de la petite caste de ceux qui en vivent largement au moyen d'un système de distribution obsolète. Espérons que tous ceux qui n'appartiennent pas à cette caste se souviendront qu'on a légiféré exclusivement au profit de celle-ci et au mépris du bien commun (libertés individuelles et avancée globale de la société) au moment de voter.
mardi 21 juillet 2009
Le "brouillon de l'histoire" massacré
"Both banks received billions in government TARP loans last year but the funds were recently repaid." Les deux banques ont reçu de l'argent du TARP mais elles l'on remboursé récemment.
Fermez le ban.
JP et GS ont croqué de l'aide gouvernementale mais c'est bien fini. Sous-entendu: on ne peut pas leur reprocher dans le cadre de leurs annonces de résultats mirifiques. Quelle énormité! Quand on voit le "free pass" avec lequel les banques font avaler toutes les couleuvres à l'opinion, on se demande vraiment si ce qu'on a appris sur les crises passées a le moindre rapport avec ce qu'il s'est vraiment passé. Juste pour mémoire (au lecteur occasionel): toutes les banques doivent aujourd'hui leurs survies aux décisions du gouvernement et des banques centrales. C'est vrai depuis septembre et c'est toujours le cas aujourd'hui: si les banques centrales normalisaient leurs pratiques et les Etats supprimaient leurs garanties, tous les banquiers du monde pourraient éteindre leurs ordinateurs et rentrer chez eux dans la minute. Derrière les Etats, il y a les citoyens et surtout les contribuables. Les banquiers, non contents d'avoir planté leurs concitoyens une première fois en soudoyant les hommes politiques pour qu'ils autorisent des pratiques grotesquement frauduleuses, passent une seconde couche en leur extorquant des fonds publics pour pouvoir continuer à réaliser des profits factices. C'est sans conteste, de très très très très loin, le transfert de richesse le plus choquant de l'histoire et cela n'émeut pas plus que cela les journalistes des vieux médias...
Les invités de Charlie Rose sont cette fois Floyd Norris du New York Times et Dennis Berman du Wall Street Journal qui s'acquittent tous deux fort bien du cirage du pompe au système bancaire qui est ce pour quoi ils sont payés. Jusqu'à Berman qui finit par dire quelque chose dans le goût: on a tellement joué de malchance que là, vraiment, il serait normal que quelques choses aillent un peu mieux quelques temps (autour de la 22ème minute). Evidemment, la malchance n'a rien à voir à l'affaire. On ne sait pas s'il est vraiment idiot ou simplement menteur. A noter que Floyd Norris semble s'être abonné à la newsletter de Nouriel Roubini puisqu'il mentionne l'information selon laquelle la production d'électricité baisse en Chine et pas la croissance (vue dans le dernier "Post-It"). Ces hommes liges des banques commencent donc à s'informer sur les blogs et les sites sans légitimité historique, avant d'être balayés (espérons-le) par cette nouvelle concurrence.
Pour finir en apothéose, regardez la dernière minute où ces trois abrutis se donnent des airs importants en faisant des allusions au fait que "si vous voulez survivre dans le monde d'aujourd'hui, il faut avoir des contreparties importantes" (wink wink - clin d'oeil entendu). Ils font clairement allusion à la différence de traitement entre AIG et CIT, l'un ayant bénéficié d'être une contrepartie essentielle de GS. C'est effectivement intéressant mais pourquoi ces clins d'oeil entendus sans même citer les noms des sociétés dont ils parlent? C'est comme s'ils nous disaient: nous savons bien que le système est complètement pourri mais nous ne pouvons pas en parler et ça nous fait bien rigoler. WTF?
Et c'est le meilleur talk show aux US... A noter que l'émission est sponsorisée par Bloomberg et accessoirement tournée dans la tour Bloomberg à Manhattan. Il y défile à peu près tous ceux qui comptent dans la société américaine (et de temps en temps quelques étrangers, j'y ai vu Villepin, Sarkozy avant son élection et BHL par exemple). C'est le porte-voix des élites et il est donc normal que quand les élites faillisent collectivement, le show en pâtisse. Charlie Rose ne laisse pas transpirer ses inclinations politiques mais après des années de visionnage soutenu, j'ai échaffaudé qu'il était à la gauche du centre (!). Comme tout bon journaliste des vieux médias, il semble avoir une conscience très vive du côté sur lequel sa tartine est beurrée et il ne commet jamais d'impair. Les invités sont très respectueux, certains avouent: "je n'en reviens pas d'avoir été invité chez vous". En retour, ils ne sont jamais mis en difficulté. Tout cela reste toujours très civil, un talk-show entre "gens de bien". Quand une partie des "gens de bien" se met à voler et à tuer impunément, c'est un peu court.
vendredi 17 juillet 2009
Post-It
Glenn Greenwald célèbre les profits énormes de Goldman Sachs avec une sélection d'extraits d'articles depuis septembre 2008. C'est cinglant comme toujours. Vous verrez beaucoup de choses qui ont été citées dans le blogo. La démonstration de la corruption totale de la première puissance mondiale. Ame sensible s'abstenir. A noter que même Greenwald ne semblait pas avoir noté initialement que c'est le programme de prêts de la FED qui a été l'élément le plus important du sauvetage des banques et donc aussi de Goldman Sachs, $2 trillion ont été utilisés sur lesquels le public ne sait rien. $1 trillion est peut-être allé directement chez GS pour "spieler", impossible de savoir.
Le mécanisme est de fournir de l'argent frais en échange d'un collatéral pourri - comme ça, la baisse de valeur des obligations que les banques détiennent ne les empêche pas de se financer (la BCE et la FED l'ont fait plus que de raison dans une très grande opacité). C'est entre autre pour ça que le blogo ne cesse de répéter que TOUTES les banques américaines et la plupart des banques dans le monde ont fait faillite et sont en "life support" depuis septembre 2008.
Je ne peux pas "linker" car ce sont des pubs qui vont et viennent mais je tombe très fréquemment en ce moment sur des pubs pour la scientologie dans des sites d'information US très mainstream...
Jusqu'à la fin 2008, la production d'électricité en Chine était très corrélée avec la croissance économique. Ca n'est plus le cas depuis le dernier trimestre 2008 selon Adam Wolfe et Rachel Ziemba (via RGE Monitor) avec une baisse de 6% puis 4,3% en Q4 et Q1 alors que la croissance restait supérieure à 6% ces deux trimestres. Cela pose la question de la fiabilité des statistiques chinoises en général et il semble que cela soit un vaste sujet à en croire les nombreux sceptiques qui s'expriment sur la question. J'ai vu un autre commentateur qui semblait être à son affaire et parler mandarin (sur RGE monitor) se demandait si l'endettement de l'Etat chinois était de 50% du GDP ou 70%. N'y a-t-il pas des stats officielles? La Chine m'apparaît de plus en plus comme la boîte noire de l'économie mondiale. Un peu comme si le "financeur" en dernier ressort des Etats-Unis avait des choses à cacher. La Chine est les Etats-Unis vont-ils devenir un autre couple célèbre comme Enron et Arthur Andersen, les banques et les agences de notation ou Madoff et son auditeur employant 3 personnes? J'y reviendrai.
Blair Président de l'Union Européenne?
Espérons que l'enquête au Royaume-Uni sur la participation à l'invasion de l'Irak mettra fin à ces élucubrations. Rien que le fait que l'hypothèse soit émise est choquant.
mercredi 15 juillet 2009
Bullshit détecteur du blogo dans le rouge
Après 5 ans d'exposition intensive à la propagande bushiste, j'ai développé un "bullshit detector" extrêmement efficace dont l'aiguille s'est immédiatement mise à tressauter furieusement. Cela me vaut de grands moments de solitude car quelqu'un d'averti se sent extrêmement seul devant la capacité de ses contemporains à avaler sans broncher la propagande du jour quand le sujet tourne autour du supposé "clash de civilisations".
Rapide recherche sur internet. L'histoire serait adaptée d'un rapport d'Amnesty International de 1996 qui semble faire état d'une instance "au moins" où la dernière phalange d'un pouce d'une femme afghane aurait été coupée en raison de l'application de vernis à ongles. Alastair Campbell (propagandiste de Blair) a semble-t-il commandé une étude sur les exactions talibanes et a placé cette mutilation en avant dans le cadre d'une opération de propagande qui a été relayée par les épouses respectives de Blair et de Bush en 2001 (la cause des femmes musulmanes est un axe important pour gagner le sexe supposément le moins belliqueux à l'idée de la guerre d'autant qu'il a des fondements bien réels. L'idée que "l'ennemi" couperait de manière routinière les mains de "petites" filles portant du vernis à ongle semble en revanche n'en avoir aucun).
La généralisation de Sarkozy est donc inacceptable vu la faiblesse des preuves factuelles sur lesquelles elle repose (en plus d'être factuellement fausse - couper les mains n'est pas la même chose que couper une phallange même si le blogo ne défend ni l'un ni l'autre). Il est courant dans les pays totalitaires de stigmatiser l'adversaire en présentant des faits isolés comme la "vraie nature" de l'ennemi. Les iraniens ont dit le mois dernier aux Etats-Unis qu'ils n'avaient rien à reprocher aux iraniens sur le traitement des émeutes récentes en raison des évènements de Waco au Texas par exemple. A quand les accusations sur les français "congeleurs de bébés"?
L'idée que les Talibans coupent systématiquement les mains aux ongles vernis est donc un élément maladroit de propagande qui affaiblit considérablement le discours présidentiel. Ce genre de déclaration ne s'adresse pas à notre intelligence mais à notre cerveau reptilien et nous rappelle les heures les plus noires de la propagande bushiste/blairiste. Si on prend ce discours au mot, on a envie de prendre son fusil et d'aller dégommer du Taliban. Cela ressemble un peu aux "deux minutes de la haine" dans 1984. Plus généralement, le doute ou la gêne qu'on peut ressentir en imaginant des drones terroriser des populations civiles en notre nom à l'autre bout de la planète sont complètement éradiqués: plus de doute, plus de réflexion, plus de mesure! La vie est belle.
Rien ne me fait plus froid dans le dos que ces discours de haine (car la déshumanisation de l'adversaire prépare le terrain à son extermination - toujours un risque vu le rapport de force) semblant nous intimer de laisser notre sens critique au vestiaire et nous enjoindre d'acquiescer à toutes les décisions de notre bienveillant leader qui veut débarrasser le monde d'un mal absolu et qui a besoin pour ce faire de pouvoirs non moins absolus (cf Bush, George W.).
Sarkozy ment-il? A-t-il été simplement victime (comme nous tous) de dizaines d'années de désinformation** et en a-t-il gardé cet exemple précis comme un élément structurant de sa pensée sur les talibans? Le problème est qu'il n'est pas au café du commerce et que quand on est président on ne peut pas faire des déclarations incendiaires galvanisant l'opinion sans un minimum de "fact checking". Surtout quand il s'agit de guerre et de paix.
La vérité est que personne ne sait ce que nous faisons en Afghanistan et qu'il est plus facile de recourir à ce genre d'arguments que d'essayer d'expliquer une stratégie inexistante. Ce n'est pas vrai, il est plus juste de dire qu'il y a bien une stratégie mais qu'elle n'a rien de militaire: elle est de faire plaisir à Obama sur ce plan en espérant s'y retrouver sur d'autres plans politiques (j'espère que ce n'est pas seulement contre un sourire, merveilleux il est vrai).
*Combien s'étonnent de voir sur les ondes une jeune iranienne agonisant alors que des scènes de ce type au moins aussi horribles sont tournées tous les jours dans toutes les zones de conflit du monde et qu'elles sont systématiquement occultées de nos journaux télévisés? (cette scène est passée en boucle aux Etats Unis en tout cas, je ne suis pas sûr pour la France) Le simple fait de demander qu'on applique les principes de rationalité, d'objectivité et d'égalité de traitement (supposément à la base de nos sociétés) à ces sujets fait froncer des sourcils.
** Vous souvenez-vous des irakiens qui enlevaient les incubateurs dans les cliniques en arrivant au Koweit? C'était une invention du Rendon Group, fournisseur du pentagon en opération de "relations publiques".
Note 1: Si quelqu'un a des informations spécifiques sur des mains coupées à cause de vernis à ongle, le blogo fera une correction.
Note 2: Je pense que cette note n'est pas utile pour les lecteurs fidèles mais elle peut l'être pour quelqu'un qui tomberait sur ce post de manière isolée. Le propos du blogo n'est pas ici d'exonérer les talibans ou d'expliquer que les difficultés des femmes talibanes sont en réalité de l'ordre de celles dénoncées par Cookie Dingler. Il s'agit de tirer les leçons de l'Amérique bushiste et d'adopter une politique de tolérance zéro devant des embryons de dérive similaire.
Et tant qu'on est sur Cookie Dingler:
Guaino découvre l'Amérique
“The question now is whether we decide to do something to fix that,” Guaino said today in an interview on France2 television. “No one in the U.S. or elsewhere can tolerate such a situation. Goldman Sachs wouldn’t exist had American taxpayers not come to its aid. To be drowning in dollars and bonus money today is utterly scandalous. It’s a problem the G-20 will have to deal with. Political leaders around the world are at the foot of a gigantic moral problem.”
Failure to act on bankers’ pay and bonuses could lead to “major political problems,” Guaino said.
“On the one hand, there’s this explosion in unemployment and social disintegration, and on the other, this perfectly indecent conduct continues,” Guaino said in the interview. “It’s the job of politicians to put an end to it."
Quand va-t-on commencer à s'interroger sur les causes structurelles de ces dérives? Pourquoi s'indigner seulement maintenant? Tout est normal pendant qu'on crée les conditions des abus et quand les abus se produisent, c'est l'indignation? Il faut quand même se réjouir de ces éructations Guainoesques: c'est beaucoup mieux que rien. Le blob de la corruption américaine recouvre désormais tellement le pays que même les observateurs étrangers ne peuvent plus faire semblant de ne pas le voir!
Note: cette dépêche bloomberg n'est plus mise en avant sur le site de bloomberg, son passage en "une" aura été remarquablement court.
lundi 13 juillet 2009
L'art du sauvetage des banques
Ce sauvetage des banques me pose beaucoup de problème car j'aime bien les analogies un peu fumeuses et je trouve difficile d'en trouver sur ce sujet. C'est pour ça que j'aime bien ce dessin qui a un peu une qualité "Alice au pays des merveilles". (via TBP)
samedi 11 juillet 2009
Post-It
Si vous voulez savoir ce que donne l' "exact opposite" du discours du Blogo, c'est ici dans cet autre édito du NYT. En gros: la crise est la faute des régulateurs et il ne faut rien changer au système bancaire. Posner a été interviewé en juin par Charlie Rose. Il semble sucrer les fraises mais nous donne l'essence de son message à la fin de l'interview: "le plus dangereux est la précipitation dans la rerégulation". T'as raison, je suis terrifié.
Le wapo dans une nouvelle affaire. Ils proposaient d'organiser des rencontres entre lobbyists et responsables officiels au sujet du plan santé Obama. Des journalistes du Wapo devaient animer mais il était entendu que tout serait "off". Les vieux médias à leur meilleur!
Un grand nombre des programmes mis en place par la FED à l'automne 2008 pour sauver Wall Street ont été redimensionnés à la baisse fin juin suite à la normalisation des marchés. Alphabet soup anyone? AMLF, ABCP, CPPF, TSLF, TAF, TALF, currency swaps...
Le FMI veut vendre 12% de ses réserves d'or à partir du quatrième trimestre. 400 tonnes.
Deux pontes se prononcent contre l'extension des pouvoirs de la FED soutenue par l'oligarchie bancaire (qui contrôle la FED).
Les banques préparent une campagne publicitaire contre le projet d'Obama d'avoir une agence de protection des consommateurs sur les produits financiers. Le modèle est "Harry and Louise" utilisé en 1994 contre le plan santé des Clintons: le gouvernement veut décider à votre place. They have no shame.
Les SIVs ne sont plus selon le FT. RIP 2009.
Peter Schiff raconte son histoire et ses rapports avec les vieux médias
(Le lien est réparé suite à une remarque de W. Il faut descendre un peu dans le texte pour voir la vidéo. L'article est probablement intéressant mais je ne l'ai pas lu pour le moment.)
vendredi 10 juillet 2009
Friday Plane Blogging
jeudi 9 juillet 2009
Post-It
La bourse atteint un plus bas depuis deux mois. Une nouvelle série de pertes massives semble se profiler à l'horizon (on reparle d'AIG). La situation est singulièrement similaire à celle de l'été dernier. La bourse également s'était remise d'aplomb jusqu'à fin juin puis s'était retournée pendant l'été, pour finalement exploser en vol à la rentrée. Le plus haut en mai 2008 avait été 13000 points, en juin 2009, c'est un plus modeste 8800.
Morgan Stanley veut à nouveau "trancher" des CDOs pour donner un bon rating à une partie d'entre eux. Good luck with that. C'est en gros le mécanisme de structuration qui a permis cette crise. L'idée est toujours de faire estampiller AAA ces titres par les agences qui n'hésiteront pas à apposer doctement leur sceau.
Bon article de David Reilly de Bloomberg News sur les efforts de relations publiques des banques après la crise. En tentant de se disculper en réécrivant l'histoire de la crise ("c'est la faute à pas de chance"), elles veulent empêcher un retour de bâton de la régulation. Pour étayer son propos, le journaliste cite un professeurs d'Harvard de "Louisiana State" (je n'ai rien contre Louisiana State mais il est quand même désespérant de voir que les "elite institutions" n'arrivent toujours pas à critiquer les banques comme elles le méritent). Citant le groupement pour les relations publiques des banques: In other words, no one will buy it if we say Wall Street isn’t to blame but our members want to try anyway. (Personne ne nous croira si nous disons que Wall Street n'est pas responsable mais nous alons quand même essayer.) Good luck with that too.
Goldman Sachs et le coup d'Etat économique
D'après un "analyste actions" de Bank of America (autant dire Mme Soleil mais le jugement est quand même intéressant en raison de l'énormité de ce qu'il révèle), Goldman serait dans les clous pour battre en 2009 son record de gains de trading établi en 2007 (record dans l'histoire de la finance, $25 milliards). Cette petite entreprise ne connaît pas la crise.
C'est en fait normal. Toutes les barrières entre l'Etat et les banques ont sauté avec la faillite de ces dernières. De manière complètement stupéfiante, les institutions financières ont utilisé leurs propres faillites comme "forcing device" pour lancer (et réussir) une OPA hostile sur l'Etat. Là où on aurait pu croire que l'inverse se produise (la reprise par l'Etat de banques en faillite), les banques ont jeté le masque et ont révélé l'emprise qu'elles avaient sur les rouages de l'Etat dans une forme inédite dans l'histoire de "coup d'Etat économique". Tout cela couvert par le sourire de l'affable Obama.
Les banques sont de fait encore plus puissantes qu'avant la crise car elles se financent désormais directement à partir de la meilleure source qui soit: les fonds publics. Elles avaient déjà plus ou moins le privilège de "battre monnaie" vu l'influence qu'elles ont par statut sur la FED. Elles se sont arrogées le droit de lever l'impôt (ce droit n'existe plus vraiment aux Etats-Unis, il vaut mieux parler du droit d'augmenter la dette). Cette usurpation ne va pas tarder à faire son chemin auprès des autres Etats et surtout des investisseurs du monde entier mais il faut bien reconnaître que pour l'instant, l'arnaque est passée comme une lettre à la poste. Il s'agit donc en réalité d'un chant du cygne* avant la chute finale (ce système a déjà magistralement échoué et ne trouvera évidemment pas de rédemption ni même d'équilibre dans sa nouvelle hypertrophie) mais tout de même: chapeaux bas!
* Un chant du cygne façon scène finale d' "Akira" dans laquelle le héro négatif se transforme en blob détruisant la moitié de la ville avant de reprendre forme humaine.
Note: j'en profite pour caser le lien vers l'article de Matt Taibbi finalement en ligne et déjà évoqué ici dans le blogo. Il s'agit d'une critique assassine de Goldman Sachs comme on n'en lit... jamais!
mercredi 8 juillet 2009
PPIP
Il semble que le plus gros obstacle au fonctionnement d'un tel programme ait été le gouvernement: en assouplissant les règles comptables juste à temps pour les publications des résultats du premier trimestre, elles ont créé un environnement économique qui encourage les banques à faire le dos rond au-dessus de leurs actifs pourris plutôt que de s'en débarasser. L'Etat est donc devenu un buffet où les banques viennent se servir en fonction de leurs besoins. Le TARP impose des contraintes sur les rémunérations des dirigeants? Personne n'en mange. Le PPIP oblige à réaliser des pertes qu'on peut repousser dans le futur? Idem. La réforme comptable permet de repousser les difficultés? Tout le monde en croque.
C'est le règne de l'Etat fantoche: face à des banques qui ont ruiné/ruinent des millions d'américains soit par leurs pratiques frauduleuses, soit à coup de fonds publics, l'Etat ne fait que proposer aux banquiers attablés un menu à la façon d'un maître d'hôtel. Alors que ce client devrait précisément être mis au régime sec et à la plonge car il ne paye pas ses dettes et qu'il a grugé tous les autres clients du restaurant.
L'administration a même fait savoir qu'elle n'avait pas l'intention d'utiliser ses actions de banques nouvellement acquises pour exercer une influence dans les conseils d'administration. Geithner et Summers ne sont que de pathétiques hommes liges du système bancaire mais Obama ne s'en apercevra que trop tard.
A noter pour terminer sur une note d'espoir qu'Obama a organisé un dîner avec son équipe économique d'un côté et Stiglitz, Krugman et autres "contrarian" de l'autre en avril ou mai (c'est un contexte très déséquilibré: il aurait fallu qu'Obama soit seul face à eux... En bonne société et à la maison blanche en particulier, on ne confronte pas les conseillers existants en disant qu'ils sont entre les mains de Wall Street). Il est donc conscient qu'il y a une dissidence mais il est bien trop prudent pour se jeter dans cette voie qui ulcèrerait Wall Street. Il faudrait pour cela que la crise s'agrave. Le problème est que maintenant que le système bancaire fait compte commun avec l'Etat, le moment de la crise où les banques étaient à genou est passé pour de bon. On imagine mal comment des évènements traumatiques pourraient arriver à faire suffisament masse pour recréer une situation où l'Etat a les banques "en joue" à nouveau (dans un contexte où la dette pourrie qui "dépasse" est reprise par l'Etat au fil de l'eau). C'est donc le sort d'un Etat-Banque qui se joue désormais (ou plutôt de Banques-Etat). La prochaine étape de la crise n'est donc pas des faillites bancaires mais bien des faillites souveraines ce qui veut dire des crises monétaires.
On loue beaucoup les Etats pour avoir évité le "risque systémique". C'est faux. Ils se sont seulement portés garants du système et nous vivons sur le capital de crédibilité qu'il leur reste. Ils rassurent mais ils sont complètement dépassés par ces évènements auquels ils ne comprenaient déjà absolument rien avant la crise. Ils n'ont entrepris aucune réforme de structure et se sont contentés de mettre un sarcophage d'argent public sur le problème, "Tchernobyl style". Ils sont conseillés par les savants fous qui ont créé la centrale et qui sont obsédés à l'idée de la remettre en route (elle les fait manger mais elle est inutile au reste de la population qui ne fait que subir ses radiations toxiques). A part ça, tout va bien.
L'euphémisme, allié indispensable de l'Amérique Bushiste et post-Bush
Dans l'Amérique post-Bush, un autre euphémisme est de plus en plus utilisé dans la sphère économique depuis un mois ou deux: "regulatory capture" (capture du régulateur par les intérêts qu'il régule). Le concept n'est pas nouveau comme me l'a fait remarquer "W.". Il y a même une entrée wikipédia à son sujet qui le fait remonter à Woodrow Wilson. Il a en tout cas une nouvelle vie dans le débat public depuis peu. Comment mieux décrire la réalité américaine actuelle que par la "capture" des régulateurs par les industries qu'ils sont censés réguler?
Il y a en réalité une bien meilleure description: on doit parler de corruption. Le problème c'est qu'en utilisant "corruption" (comme en utilisant "torture") on sort du débat policé et on ne laisse plus à la population la possibilité confortable de nier l'évidence et d'accepter l'inacceptable. Sans euphémisme, pas de bushisme.
Note: l'entrée wikipédia sur "regulatory capture" parle de "deep capture", stade plus avancé dont la description fait vraiment penser à la situation actuelle: Some economists, such as Jon Hansen and his co-authors, argue that the phenomenon extends beyond just political agencies and organizations. Businesses have an incentive to control anything that has power over them, including institutions from the media to academia to popular culture, and thus will try to capture them as well. When this happens, they call this phenomenon "deep capture." En plus de la complicité des régulateurs, la bulle de l'immobilier a eu besoin d'un soutien médiatique et académique pour suivre le cour grotesque qu'elle a suivi:

A la lecture de ce graphe, on ne peut que rester circonspect face aux "J'm'ai trompé" embarassés de la FED. N'y a-t-il personne dans cette institution qui n'ait été capable de lire un graphe?
Post-It
Troubles en Chine. S'agit-il seulement de tensions inter-ethniques ou la crise économique a-t-elle un rôle dans le développement de ces émeutes? Il y a un contentieux économique entre les Hans et les Ouïghours semble-t-il. Est-il exacerbé par la crise?
Roubini ne voit pas de reprise avant 2010 et une reprise très faible d'ici là. Le point bas pour les prix de l'immobilier est prévu pour la mi-2010 (Newsletter d'aujourd'hui).
Il est déjà question d'un deuxième stimulus aux Etats-Unis. Il est vrai qu'il est communément admis que l'endettement n'a aucune conséquence. Dès lors, pourquoi s'en priver? A noter que la maison blanche indique que ces discussions sont prématurées.
mardi 7 juillet 2009
La City et Wall Street
Je crois comprendre comment la volonté de Wall Street est relayée dans les lobbies du pouvoir à Washington mais le Royaume-Uni est un peu dans un angle mort pour le Blogo. J'ai déjà cité Jacques Attali disant que la City avait un poids considérable dans la politique britannique. Il semble que Michel Rocard ait les mêmes infos et je n'ai aucune raison de douter de leur analyse.
lundi 6 juillet 2009
Une récession pas comme les autres...
samedi 4 juillet 2009
Ploutocratie
(Par le biais d'un journaliste connu qui a reçu le questionnaire.)
C'est une réalité qui est difficile à appréhender si on n'a pas vécu aux Etats-Unis à proximité des classes privilégiées mais qui est au coeur du système social que dénonce le blogo. Il est très facile de déterminer des différences objectives de performances entre des individus mais beaucoup plus délicat de déterminer comment ces différences doivent se traduire en termes économiques. Il est souhaitable que la société rétribue l'effort. Il est également normal qu'en fonction de ses capacités, de ses efforts et de sa sensibilité, un individu puisse avoir le choix entre des carrières plus ou moins rémunératrices.
Une fois qu'on a dit ça, tout est affaire de degrés et c'est là que le bât a blessé aux Etats-Unis circa 90s-00s. Laisser des différences toujours croissantes s'instaurer entre les revenus des individus conduit tôt ou tard à la ploutocratie. Passé un certain point (qui peut varier selon les structures politiques d'un pays - rigueur des lois de financement de campagne par exemple) assez d'argent rassemblé dans assez peu de mains fini par être capable de corrompre les institutions d'un pays au service exclusif d'un petit groupe. Dès lors, une mécanique implacable se met en place visant à renforcer en permanence la richesse et l'influence de cette fraction de la population et cela se termine par ce à quoi on a assisté ces dernières années aux Etats-Unis (voir les "Bush tax cuts"). La concentration des richesses dans trop peu de mains est un risque qui peut s'avérer fatal pour les démocraties. C'est un risque insidieux car comme la proverbiale grenouille qui ne sent pas que l'eau dans laquelle elle se trouve est portée à ébullition, cette évolution est progressive et le moment exact du basculement n'est pas facilement identifiable (quand le parti de gauche se met à défendre les plus riches avec le même entrain que le parti de droite, comme sous Clinton par exemple, on peut dire en gros que la messe est dite). L'hypocrisie consistant à dire que des rémunérations extravagantes sont justifiées par un "mécanisme de marché" n'est que cela: un moyen spécieux de justifier tout et n'importe quoi dans un but idéologique. Les mécanismes de marché pur et parfait n'existent nulle-part dans nos sociétés*, les invoquer précisément en cette matière est une mascarade. L'idée que les inégalités débridées augmentent le bien commun ("trickle down economics" voir fin du post) est une ineptie en train d'être démentie par la crise (c'était une clé de voûte de l'argumentaire de vente néolibérale - RIP 2007).
Je n'ai d'ailleurs pour ma part jamais compris comment des actionnaires pouvaient accorder ces rémunérations astronomiques à des dirigeants. Assez vite, le dirigeant devient indépendant financièrement (les actionnaires n'ont plus de prises sur lui car à la fin des fins, il a fortune faite) et il ne trouvera donc plus de motivation financière que dans une surenchère permanente et une prise de risque maximale. Les actionnaires des banques ont payé au prix fort l'imbécilité des pratiques de rémunérations qu'ils avaient laissées se mettre en place (et encore, Obama leur a sauvé la mise en empêchant que leurs actions tombent à leurs niveaux réels: zéro).
* Laisser libre cours aux mécanismes de marché aboutit à la concentration et au monopole. L'Etat doit alors organiser la concurrence avec notamment des mesures anti-trust (jetées aux oubliettes sous la présidence Bush par exemple - il n'y a quasiment pas eu de procédures engagées). Sans Etat, pas de marchés. Evidemment, l'Etat organise bien trop souvent des oligopoles comme dans la téléphonie mobile ou dans l'audiovisuel en France au lieu d'une vraie concurrence qui bénéficie aux citoyens (le lecteur "W." me dit que l'internet fixe en France est un exemple plutôt réussi d'organisation du marché qui a abouti à une "saine émulation" conduisant à un taux d'équipement et à une vitesse d'internet plus élevée en France que dans d'autres pays). De toute façon, quel que soit le secteur, aucune bataille n'est gagnée une fois pour toute et il est primordial qu'en toute circonstance, un régulateur respecté ait la volonté et les moyens d'imposer les règles de marché qui bénéficient le plus possible aux consommateurs. Trouver les moyens de rendre ces régulateurs efficaces et indépendants des entreprises du secteur qu'ils pilotent est un des enjeux managériaux cruciaux du monde de l'après-crise. La lutte des régulés pour acheter le régulateur ne connaît aucun répit, le régulateur doit l'accepter et mener également une lutte sans répit pour l'empêcher. Il appartient aux représentants du peuple d'identifier et de rectifier toute situation qui dérape. On pourrait imaginer par exemple qu'un groupe d'une vingtaine de députés soit en mesure de déclencher des enquêtes sur un marché donné...
vendredi 3 juillet 2009
jeudi 2 juillet 2009
mardi 30 juin 2009
Roubini sur la Blogo Compliant List
Nouriel Roubini: The process that will lead - in the medium to long term - to a challenge of the U.S. dollar as the major global reserve currency has started. The U.S. creditors - the BRICs, the Gulf states and others - are becoming increasingly alarmed that the U.S. will deal with its unsustainable fiscal path via inflation and debasement of the value of the U.S. dollar via depreciation. So they will not sit idly waiting for this to happen: they are already diversifying into gold, into resources (as China purchases mines and energy, mineral and commodity resources all over the world)
Goldman Sachs bashing (avec de l'extra violence!)
Des années 20 au TARP en passant par la bulle internet et la bulle de l'immobilier, tout y passe. On est souvent tenté de remplacer "Goldman" par "Wall Street" dans l'article mais il faut bien reconnaître que s'il y a un barycentre des pôles de décision dans la sphère politico-financière (en incluant dans le mix la FED, le gouvernement et le congrès qui font désormais "compte commun" avec le système bancaire), il ne peut pas raisonnablement être très éloigné de 85, Broad Street*. Dans cet ensemble, Goldman a une place complètement centrale. Que ce soit en termes de résultats financiers, d'appuis politiques ou de soutiens médiatiques, Goldman est "second to none" (en première position). Rôle central illustré par exemple par la présence incongrue de son CEO en septembre 2008 dans une réunion sur le sauvetage d'AIG entre le gouvernement, la FED et les régulateurs. Ce sauvetage a été opéré selon des modalités qui allaient faire de GS son premier bénéficiaire ($13 milliards).
Selon Taibbi, tout est la faute de Goldman. Et si d'autres étaient également responsables, Goldman est encore plus coupable car ils ne se sont pas faits avoir. Alors excessif et délirant? Not so fast... Dans des marchés financiers qui déboussolent à peu près tout le monde, l'idée que le chaos puisse être organisé et que des firmes passent systématiquement par "la case départ en touchant 20,000 francs" est répandue. La crise a démontré que Wall Street n'a pas de fondations éthiques (contrairement à ce que voulait nous faire croire le conte moral relaté en 1987 dans le film éponyme qui a décidément vieilli). Les ententes, les manipulations de cours, les fraudes, la corruption y sont monnaie courante et presque jamais sanctionnées. Sans parler de l'extorsion pure et simple de fonds du gouvernement dans des proportions irréelles quand le besoin s'en est fait sentir. La SEC et les autres régulateurs sont des tigres de papier (Madoff, subprime etc...).
La crise aurait dû être l'occasion de la remise à plat de Wall Street et de son institution phare, Goldman Sachs. Leurs agissements ont causé assez de désolation pour justifier un examen plus approfondi que l'admiration béate que nous propose le tryptique (WSJ, FT, The Economist qui n'ont cessé de nous présenter depuis des années les responsables de la sphère financière comme des divinités grecques, des directeurs de la FED aux CEOs de banques). Plus d'articles critiques comme celui de Taibbi permettraient de créer le soutien nécessaire à la restructuration du système bancaire devenu un énorme boulet pour la démocratie américaine (et le contribuable). Pour l'instant, la crise a plutôt renforcé les (nombreux) acteurs qui ont été secourus en créant un magma comptable dans lequel on ne peut plus distinguer la dette des banques et la dette de l'Etat. Avec le trésor de guerre accumulé par les banques (et les banquiers) ces dernières années, il est clair qu'elles ont les moyens de faire la pluie et le beau temps à Washington pendant encore un certain temps. La crise s'aggravera-t-elle assez pour que l'Etat restructure finalement les institutions financières** et qu'on revienne à un système fonctionnant plus ou moins comme dans la période 1945-1985?
Si cela ne se produit pas, on peut compter sur les banques livrées à nouveau à elles-mêmes pour générer une nouvelle crise plus grave dans quelques années qui aboutira cette fois-ci aux restructurations et à l'assainissement nécessaires. La thèse du Blogo est que cette crise est "la bonne", celle qui va obliger à la réforme. Si cela s'avère vrai, ça n'est bien évidemment pas une bonne nouvelle car seule une crise très grave peut déstabiliser un système financier qui a une telle emprise sur le pouvoir politique. Comme le montre le sauvetage des banques, il est clair que la structure de pouvoir ne se rendra pas sans combattre et que sa déstabilisation apparaît comme une proposition politique très risquée. Il n'en demeure pas moins que ce genre de séïsme arrive comme l'a prouvé la fin de l'empire soviétique (ce sont bien les structures de l'empire américain qui sont testées aujourd'hui - notamment son financement par la dette en particulier de son armée).
*adresse de GS.
** La non-restructuration n'est pas forcément un mauvais choix pour l'instant du point de vue américain: que resterait-il de la puissance américaine (ie: de sa capacité à attirer des capitaux) si l'Etat avait été honnête sur la situation de l'industrie bancaire en l'envoyant à la casse? Le "rêve américain" des investisseurs n'y aurait sans doute pas résisté et les Etats-Unis auraient sans doute déjà connu une grave crise de financement (et nous aussi probablement). Les américains ont tout intérêt à maintenir les apparences le plus longtemps possible. La réforme ne pourra venir que de l'extérieur quand les créditeurs tireront l'échelle. Ne comptons pas sur les américains pour donner le coup de pied de l'âne à un système dont ils sont les bénéficiaires. Les MSM (vieux médias) nous disent que cette crise systémique a été évitée. El Blogo maintient qu'elle n'a été que repoussée. Pour combien de temps? J'avais mis beaucoup de jetons sur l'année 2009 et sur le premier semestre en particulier (qui se termine aujourd'hui... raté). Stay tuned.
La FED fuite...
dimanche 28 juin 2009
Post-It
L'inflation prédite partout (sur le blogo aussi) n'arrive pas toujours pas.
La FED n'intéressait pas les lobbyists dans le passé. Maintenant qu'elle fait la pluie et le beau temps sur les marchés en décidant quelles obligations sont autorisées ou non dans ses programmes (TARP TALF PPIP and all this alphabet soup), les lobbyists fondent sur elle comme le décrit Caroline Baum de Bloomberg News. Cela me rappelle une émission de feu "La 5" de Berlusconi: "Mondo Dingo" (c'est pas beau l'internet? voir ci-dessous).
samedi 27 juin 2009
La face cachée du TARP
Deux semaines après, le TARP était accepté après une grosse pression médiatique pro-banques (dans le goût "nous allons tous mourir très prochainement si les banques ne sont pas innondées d'argent public" ou à peu près). Il s'avère que la seule pression médiatique n'y a pas suffi et que les votes ont été gagné à l'américaine, représentant par représentant, chacun monnayant son vote contre des dépenses bénéficiant à leurs soutiens de campagne (pas à leurs électeurs bien évidemment...).
Bloomberg évalue à $150 milliards les "tax breaks" (baisses d'impôts) qui ont été nécessaires pour faire passer les $700 milliards du TARP. On sera donc rassuré de voir que les dépenses insensées réalisées pour le sauvetage du banque n'ont été possibles qu'en autorisant en loucedé core plus de dépenses. $7 pour les banques coûtent ainsi $1,5 pour tous les autres lobbies. On se demande vraiment pourquoi plus de voix ne se font pas entendre pour exiger qu'il soit mis fin à l'impérium financier américain sur le monde quand on voit la réalité du fonctionnement du système politique. Cela montre également à quel point l'idée de responsabilité est éloignée des politiques américains: frappé par une crise financière qui, de manière évidente, annonce une période de vache maigre, les mesures de sauvetage du système (bonnes ou mauvaises - en l'occurrence mauvaises selon le blogo) sont l'occasion de diminuer encore les ressources de l'Etat. C'est toujours l'idéologie des trente dernières années de "la baisse d'impôts favorisant la croissance" qui domine. Son corollaire, la dette, est caché sous le tapis (qui commence à avoir une forme bombée).
Extrait de la news bloom:
The hurried legislation adopted by a Congress voting under the threat of sudden global economic collapse led to hidden tax breaks for firms in dozens of industries. They included builders of Nascar auto-racing tracks, restaurant chains such as Burger King Holdings Inc., movie and television producers — and London’s Diageo.
“It’s kind of like the magician’s sleight of hand,” says former House Ways and Means Committee Chairman William Thomas, a California Republican who ran the committee from 2001 to 2007 and oversaw all tax legislation. “They snuck these things in a bill that was focused on other things.”
Congress inserted the tax benefits for companies other than banks in a fog of confusion and panic after the House of Representatives rejected the first attempt to fund the bank support effort urged by then President George W. Bush and Treasury Secretary Henry Paulson
CRA et subprime
Cet article remet les choses à leur place et met probablement aussi le doigt sur une campagne médiatique qu'il serait probablement intéressant d'analyser (éditorial du WSJ, Larry Kudlow sur CNBC... Où cet élément de désinformation est-il né? Qui l'a propagé? Quel a été son impact dans la déflection des reproches contre Wall Street alors qu'AIG, Lehman et Fannie Freddie périclitaient et que Paulson préparait le plus grand détournement de fonds de l'histoire?). Another day on Wall Street... (via The Big Picture)
Obama aussi opaque que Bush dans de nombreux domaines
Ni à Jon Stewart:
| The Daily Show With Jon Stewart | Mon - Thurs 11p / 10c | |||
| Cheney Predacted | ||||
| thedailyshow.com | ||||
| ||||
vendredi 26 juin 2009
Michael Jackson est mort
jeudi 25 juin 2009
La dislocation du marché de l'immobilier US (suite)
Free Rent
Loan servicers just aren't equipped to handle this many foreclosures.
-Atrios 12:48
Comments (313)
Traduction: les administrateurs d'emprunts immobiliers ne sont pas équipés pour gérer un tel nombre d'expropriations. Le lien va vers un article expliquant que des gens ayant quitté leur maison ne sont pas expropriés car personne ne s'occupe du dossier.
C'est une thèse défendue par le Blogo depuis longtemps: le marché de l'immobilier américain ne fait pas que baisser, il se disloque. Le système (pas sympathique mais crucial) qui fait qu'un individu qui arrête de payer son emprunt se fait exproprier est complètement engorgé. Dès lors, le non-paiement n'entraîne plus de sanction.
Les problèmes sont alors bien plus préoccupants qu'une simple baisse des prix (pourtant gravissime dans les proportions actuelles). On entre peu à peu dans une situation de non-droit où les contrats ne peuvent plus être respectés. Les banques n'arrivent plus à se réapproprier assez vite les propriétés, les emprunteurs ne quittent plus les lieux. C'est déjà comme ça que se terminait la confession du journaliste du NYT qui avait sombré dans l'engrenage du subprime suite à un divorce: il attendait depuis 8 mois que la banque lui propose quelque chose mais on lui répondait qu'elle était débordée.
Toutes les ressources privées qui ont permis de gérer administrativement le boom se nourrissaient (très grassement) sur la bête. Le crash ne génère évidemment pas les mêmes profits et on ne peut compter sur le secteur privé pour en administrer les conséquences (comme les expropriations massives). L'Etat est lui trop lent dans sa réflexion: il aurait évidemment dû créer une "administration de l'immobilier" qui empêche de laisser ce marché sombrer dans l'anarchie avec une partie de l'argent qui a été donné à Wall Street. Si Obama croit que Wall Street va faire du "service public" et dépenser de l'argent (possiblement distribuable en bonus!) dans le but d'assurer la stabilité du pays, il n'a rien compris à l'histoire récente...
On est un peu comme dans une ville après une coupure d'électricité (mémoire du black-out de 24H00 à NYC en août 2003): quelqu'un défonce une vitrine et se sert dans un magasin. La police complètement débordée ne se manifeste pas. Deux, trois, puis bientôt dix autres passants vont piquer dans le magasin. On a alors le sentiment bizarre que tout peut basculer.
Le problème est qu'il ne s'agit pas en l'espèce d'une coupure d'électricité mais de la faillite d'institutions critiques: Etat, Banques, médias. Pendant dix ans, elles ont laissé se créer une situation qui allait mettre à la rue des millions d'américains dans une période de temps assez courte pour risquer la cassure du marché de l'immobilier. Il n'est donc pas question de mettre cette rupture du cadre légal sur le dos des citoyens. Elle a d'ailleurs l'avantage d'éviter qu'une partie de la population se retrouve dans des tentes de fortune alors que des millions de maisons sont vides (le squattage est une autre solution que "la nature" a trouvé contre ce problème). Déterminer jusqu'où ces dérèglements peuvent aller et quelles politiques publiques peuvent en atténuer les effets est la difficile tâche d'Obama. Encore faut-il qu'il se pose la question assez tôt, occupé qu'il est à s'assurer que les banquiers qui ont causé ce désastre traversent la crise le plus agréablement possible.
mardi 23 juin 2009
Albanel out!
La réforme de la finance US par Obama
Donc cette réforme satisfait les banques. Il n'y a pas grand chose d'autre à ajouter. Quelques points ont suscité leurs "doutes ou interrogations" mais le blogo fait confiance à leurs armées de lobbyists pour aplanir les difficultés. Par exemple, l'idée qu'une agence s'occupe de protection du consommateur semble exorbitant à nombre d'institutions financières. Barney Frank et Chris Dodd (les récho et frigo des "banking comittee", le premier à la chambre des représentants et le second au sénat) semblent optimistes sur le fait que la majeure partie de cette loi devrait être adoptée sans difficulté. Après ce qui vient de se passer, on aurait plutôt imaginé des débats fracassants et une remise à plat totale du système mais non, c'est toujours l'ambiance "clubby" qui règne entre Wall Street et Washington.
La FED est portée aux nues, première responsable de la crise, elle hérite d'un certain nombre de prérogatives nouvelles comme celle d'analyser et de lutter contre les risques systémiques. C'est le nouveau pompier dont tout le monde sait qu'il est un dangereux pyromane. On le savait déjà mais tout le monde s'accorde sur le fait que casser le monolithe "Too Big Too Fail" ne peut-être une solution. Pour la bonne raison que tout le monde fait partie du monolithe. Krugman a même pris parti pour le monolithe (ticket d'entrée dans une prochaine administration?).
L'incapacité du système à se réformer face à une crise de cette ampleur est très inquiétante et montre son état de pourrissement avancé. Le monolithe avait précédemment recours aux méthodes les plus douteuses pour extraire de la population l'écot le plus important possible mais après le bailout, il a désormais le pouvoir de lever l'impôt et de puiser directement dans les finances publiques. Le "runaway train" continue donc inexorablement sa route. Personne n'essaye d'actionner les freins mais ils ne marchent sans doute plus de toute façon.
Après l'enrichissement des années fastes bâti sur le plus grand Ponzi Scheme de l'histoire (les capitaux du monde entier contribuaient à l'explosion des prix de l'immobilier orchestrée par la FED), on aurait pu penser que l'effondrement allait entraîner une remise à plat du système bancaire. Ca n'est pas encore le cas mais si on compare cette crise à celle de 29, nous ne sommes qu'en 1931. Cette capacité du système bancaire à préserver sa structure et son pouvoir jusqu'ici a en tout cas démontré le contrôle inouï qu'il a sur le système politique, et a fait de ce contrôle le premier suspect quand on essaye d'identifier les causes de la crise.
Money talks...
In 2005, Fortune placed Countrywide on its list of “Most Admired Companies,” and Barron’s named Mozilo one of the thirty best C.E.O.s in the world. The following year, American Banker presented him with a lifetime-achievement award.
En 2005, Fortune a inclu Countrywide dans sa liste des sociétés les plus admirées. Le magazine Barron's a élu Mozilo un des 30 meilleurs dirigeants d'entreprise du monde. En 2006, le magazine American Banker lui a remis un prix d'honneur pour toute sa carrière.
Le Blogo déplore souvent les manquements des MSM (vieux médias) et leur incapacité à dénoncer les abus dans l'immobilier durant la dernière décennie. Comme le montre les différents honneurs qui ont été faits à Mozilo, cette critique ne rend pas justice à la complicité active de ces médias dans la frénésie immobilière qui a touché l'Amérique. Au moment où il reçoit ces honneurs, Countrywide est occuppée à corrompre toutes sortes de dignitaires américains avec des emprunts préférentiels dont les divers bénéficiaires (pas tous connus) allaient d'un sénateur (Chris Dodd - sénateur à la tête du "Banking, Housing and Urban Affairs comittee"* - ça ne s'invente pas) au président de Fannie Mae.
Surtout, Countrywide produit chaque année des millions d'emprunts dont le caractère radicalement abusif et financièrement suicidaire aurait sauté aux yeux de tout journaliste, régulateur ou homme politique qui s'y seraient arrêtés quelques minutes. Countrywide développe des call centers pour que le maximum de gens en croque. Des propriétaires ayant déjà remboursé leur logement rempilent avec un nouvel emprunt (c'est ainsi que des personnes âgées qui auraient dû être à l'abris se retrouvent aujourd'hui à la rue). Pendant ce temps-là les MSM, les régulateurs et les politiques (tous sous influence) n'ont pas cessé d'encourager ce mouvement destructeur.
Les plus consensuels ("on ne va pas se fâcher pour si peu...") y verront une hallucination collective et les plus belliqueux y verront le crime du siècle. La vérité est que c'est un mélange des deux. Un certain nombre d'idiots utiles n'ont fait qu'accompagner le mouvement mais énormément de responsables savaient que tout cela ne pouvait pas bien se terminer. Une bonne approximation est sans doute que la naïveté des acteurs était inversement proportionnelle au profit qu'ils tiraient de la situation. A noter que le profit n'a pas été que financier: cette injection de dopants dans l'économie a dégagé des marges de manoeuvre politiques importantes (tax cuts, guerres...)
*Chris Dodd est toujours à la tête de ce comité, on ne change pas une équipe qui gagne... La superstructure politico-financière n'a pas bougé d'un iota bien qu'elle soit responsable de la crise comme le déplore le blogo à longueur de posts. The future looks bright ahead!
lundi 22 juin 2009
Un petit dessin vaut mieux qu'un long discours...
Il s'agit d'un diagramme des montants évalués à plusieurs reprises par Bloomberg (et linkés par le Blogo en mars) correspondant à tous les engagements pris par l'Etat américain depuis le début de la crise. Il ne s'agit bien évidemment pas de cash exigible immédiatement sinon la faillite serait d'ores et déjà avérée.
Il est clair qu'à la Maison Blanche (et en bonne société en général), on fait semblant de croire qu'une partie importante de ces "carrés" ne sont que des garanties apportées temporairement et qu'une fois l'orage passé (vous savez: après "la reprise du second semestre"), tout va rentrer dans l'ordre et que les actifs pourris vont reprendre du poil de la bête. En attendant, l'immobilier continue sa chute qui va être à la fin des fins le déterminant majeur de la profondeur de la cicatrice que laissera cette crise sur l'économie mondiale. Il est possible que certaines de ces lignes de crédit ne soient effectivement pas utilisées entièrement mais il est également possible que certains carrés explosent (Fannie/Freddie par exemple). Ce total évalué aujourd'hui à $15 trillions par Ritholz ne s'élevait ainsi qu'à $12,8 trillions fin mars selon Bloomberg et $11,6 trillions fin février toujours selon Bloomberg.Ce dessin donne l'ordre de grandeur de ce qui est en train de se passer. Alors penser que cela n'est qu'un petit nid de poule sur l'autoroute de la croissance et de la prospérité relève de la méthode Coué, laquelle a été adoptée sans coup férir par l'Etat, les banques et les médias américains car elle leur permet à court terme d'échapper à leurs responsabilités. A noter qu'il ne s'agit en rien d'une crise de confiance mais bien de l'effondrement du "bridge to nowhere" financier que les autorités monétaires américaines ont décidé de construire à la suite des attentats du 11 septembre* en redéfinissant au passage le concept d' "apprentis sorciers".
El Blogo vous souhaite donc une joyeuse "reprise du second semestre" (plus qu'une grosse semaine à attendre!).
*Pour ceux qui se demandent ce que le 11 septembre vient faire là-dedans et qui pensent être tombés sur un site conspirationniste (9/11 "truthers"), je tiens à les rassurer sur le fait qu'il n'y a aucun lien entre El Blogo et Jean-Marie Bigard et je les invite à suivre le lien suggéré. Si vous n'êtes pas convaincus par le post (et même si vous l'êtes d'ailleurs), vos critiques et vos commentaires sont les bienvenus pour faire avancer la réflexion du Blogo.
vendredi 19 juin 2009
Un avocat dézingue Guaino
mercredi 17 juin 2009
ENOUGH with this "Twitter Revolution" non-sense!
Que dire devant le nouveau buzz énorme et absolument absurde sur l'Iran et Twitter? Cet article du Wapo m'a fait sortir de mes gonds (en confirmant au passage tous les soupçons que j'avais sur cette rumeur idiote). Comme c'est très souvent le cas dans les campagnes de désinformation, le titre de l'article ("Twitter Is a Player In Iran's Drama") n'a pas grand chose à voir avec son contenu.
Il y est dit que le Département d'Etat est intervenu auprès de Twitter (information provenant d'une "source anonyme", une des plaies du journalisme moderne aux Etats-Unis - à noter que plus loin dans l'article on relègue cette source au rang de "low level") pour repousser une opération de maintenance mardi matin qui aurait pu mettre à mal les communications entre les citoyens iraniens "tech-savvy" alors qu'ils se préparaient à manifester. Twitter confirme qu'ils ont repoussé la maintenance mais ne disent rien à propos du Département d'Etat (Obama a d'ailleurs dit que les Etats-Unis n'essaieraient pas d'influer sur les évènements en Iran - on voit mal comment cela est compatible avec cette "fuite" sur les agissements du "foggy bottom" - whatever). Ici, le Seattle Post Intelligencer dramatise: "State Dept. to Twitter: Iran too important, site fix can wait". Si cela ne vous fait pas regarder votre Iphone comme la nouvelle clé de voûte du monde démocratique, nothing will.*
Le problème, c'est que l'article contient en lui-même la contradiction à ce "narrative" complètement calqué sur la "révolution moldave": Twitter ne gère pas le Persan. On voit mal comment ce truc que personne n'utilise pourrait avoir un rôle politique en Iran si les iraniens ne peuvent pas s'en servir.
On voit donc en deux paragraphes la thèse entière de l'article s'effondrer:
It is hard to say how much twittering is actually going on inside Iran itself. The tweets circulated by expats in the United States tend to be in English -- the Twitter interface does not support the use of Farsi. And though many people may be sending tweets out of Iran, their use inside Iran may be low, some say.
"Twitter's impact inside Iran is zero," said Mehdi Yahyanejad, manager of a Farsi-language news site based in Los Angeles. "Here, there is lots of buzz, but once you look . . . you see most of it are Americans tweeting among themselves."
Ce qui n'empêche le Wapo de poursuivre son bonhomme de chemin et de propager l'idée mise en avant dans le titre. Il y a sûrement des flux twitters sur la Grippe A. Pourquoi ne nous abreuve-t-on pas de "Twitter flu" (grippe Twitter)? Encore une raison de célébrer quand on annoncera que le Wapo met la clé sous la porte. En attendant, je suggère aux lecteurs du Blogo de faire comme moi et de ne croire à peu près rien des informations qui nous viennent d'Iran. Même Juan Cole, qui est pour moi le one-stop shop quand je me pose des questions sur cette région du monde, tire des conclusions rapides qui me laissent un peu sur ma faim (à vous de juger). Je suggère donc la circonspection en attendant que la poussière retombe. Quand on voit à quel point une "low level source" peut faire écrire n'importe quoi au Wapo, on imagine facilement que des "high level sources" peuvent lui faire écrire ce qu'elles veulent.
* Les médias français ne résistent évidemment pas à la diffusion pavlovienne de toutes les imbécilités qui nous viennent des Etats-Unis. L'Express pose même cette question cruciale: Pourquoi l'Iran ne parvient pas à censurer à Twitter? How about this: Parce que personne s'en sert!
Update: Facebook pareillement ne gère le persan que depuis le jeudi 19 juin en version béta. Il y a donc une énorme projection des américains sur les technologies utilisées chez eux par des gens originaires d'Iran et ce qu'il se passe réellement sur place. Le "narrative" sur les nouvelles technologies renversant les mollahs est sans doute irrésistible même s'il est faux, les MSM ne nous ont pas habitué à autre chose.
mardi 16 juin 2009
Le NYT dans ses oeuvres
dimanche 14 juin 2009
Post-It
Le Dow Jones positif sur 2009. Rappelons que GM et Citigroup ont été remplacé dans l'indice par Cisco et Travelers. La confiance des consommateurs en hausse pour un quatrième mois. Comme vu précédemment, le meilleur prédicteur de la confiance est l'évolution de la bourse.
James Kwak malmène la recherche de JP Morgan: "Annoying Bank Propaganda". JP prétend que les banques ont continué à prêter en dépit de la crise. Il semble que la réalité soit plus complexe. Effectivement mais qui se soucie encore de la recherche des banques?
La richesse des foyers américains baisse de 2.5% au premier trimestre. Contre -8% au dernier trimestre 2008.
La FED donne plus d'info sur le trillion prêté ces derniers mois, notamment les ratings (comme si cela était important dans le contexte...). Les noms des emprunteurs restent toujours inconnus: sans nom et sans montant, il n'est pas difficile pour les banques de faire croire à la fiction qu'elles peuvent rembourser l'argent du TARP et qu'elles tiennent debout toute seule. Cette collusion entre la FED et les banques est complètement scandaleuse.
Geithner met de l'eau dans son vin. Suite à une levée de bouclier, il tempère son ambition de faire de la FED le régulateur unique en charge des risques systèmiques.
"The Economist" trouve certains banquiers un peu gonflés: There is a startling lack of grace: Jamie Dimon, the boss of JPMorgan, has fantasised about sending an ironic accompanying “Dear Timmy” thank-you letter to America’s treasury secretary, Tim Geithner, saying “We hope you enjoyed the experience as much as we did.” The boss of Wells Fargo has called the solvency tests “asinine”.
Weird this Dugan fellow. On a l'impression qu'il n'y a que dans une république bananière qu'un régulateur peut agir ostensiblement contre l'intérêt du public et le clamer haut et fort. Meet John Dugan.
Change?

*Wikipedia: In 2005, Ameriquest Capital and three of its subsidiaries comprised four of the 53 entities that each contributed the maximum of $250,000 to the second inauguration of President George W. Bush.[4][5] Writes USA Today, "Inaugural fundraisers Dawn and Roland Arnall found a creative way to pump more than the $250,000 limit into the event. Their mortgage firm, Ameriquest Capital, contributed the maximum, as did three subsidiaries, for a total of $1 million. The company declined to comment on its political giving."[6]






