dimanche 18 janvier 2009

Deux vidéos de Hubris Kills

Hubris Kills me suggère deux vidéos:

Un clip sur l'aisance verbale légendaire de W. (5 min)

Une vidéo de l'avion qui se crashe dans l'Hudson.

samedi 17 janvier 2009

Be careful what you wish for.* (un post indécis...)

* Faites attention à ce que vous désirez...

Sarkozy a dit ça jeudi (news bloom):

Separately, Sarkozy said “the world cannot revolve around a single currency, the dollar.” He added that global economies should not go on “financing the U.S. deficit.”

Réalise-t-il qu 'il appelle de ses voeux le scénario le plus noir (et le plus probable) pour les Etats-Unis? C'est tout l'enjeu de cette crise (comme développé ici). Si les américains ne peuvent plus emprunter alors même qu'ils ont fait de l'escalade dans la dette leur stratégie de sortie de crise, c'est game over. Sans ciller, Sarkozy déclare qu'il veut envoyer les américains en rehab. El Blogo could not agree more.

Bémol du blogo:

Ceci dit, c'est une chose pour El Blogo d'essayer de persuader ses quelques (highly valued) lecteurs que les Etats-Unis méritent "un pan sur le bec", mais c'est tout autre chose pour Sarkozy de se lancer dans des déclarations comme celles-là qui appuient exactement là où ça fait mal. Je ne sais pas si Sarkozy mesure bien les conséquences pour les américains s'il était tout à coup pris au pied de la lettre par les investisseurs du monde entier. Je ne serais pas étonné si ce discours était considéré comme hyper hostile par les américains dans le contexte de la crise.

Le mieux est donc peut-être de ne pas faire de déclaration déstabilisante tant que nous traversons la crise. Si les Etats-Unis perdent leur rôle dominant sur la scène financière internationale (comme c'est probable) nous ne serons pas vus comme ceux qui leur auront donné le coup de pied de l'âne (De Gaulle avait déjà demandé à convertir les dollars "français" en or en 1965 quand la convertibilité était devenu une blague - dire "le roi est nu" fait-il partie de l'esprit français? C'est un peu ce que Villepin a fait à l'ONU également). De toute façon, les cartes sont déjà distribuées et les déclarations des uns et des autres n'y changeront plus rien. La prudence voudrait sans doute qu'on prépare un nouveau Bretton Woods en coulisses pour mettre les américains devant le fait accompli le moment venu. En évitant en attendant à l'Euro de suivre le dollar dans sa descente aux enfers avec des taux d'intérêts trop bas.

Bémol sur le bémol

J'ai commencé ce post il y a deux jours ce qui m'a donné l'occasion de changer 2 fois d'avis. Alors quoi? Sarkozy fait des déclarations qui devraient remplir le blogo de joie et le blogo fait la fine bouche? Sarkozy se fait "sévère mais juste" en pourfendeur de l'imposture économique américaine et le blogo a des remords? Le blogo qui annonçait fièrement qu'il voulait envoyer les américains en rehab a un petit coup de mou et se demande dans l'ambulance en direction de la clinique si ce régime de cheval n'est pas finalement un peu dur pour le junkie? En gros, le blogo se déballone?
Je ne sais pas vraiment. J'assume cependant mon ambivalence qui est pour moi le reflet de la gravité de la situation. Il paraît légitime d'espérer que les Etats-Unis paient le prix de leurs excès mais les conséquences pratiques de cette sanction donnent un peu le vertige. Peut-on raisonnablement penser par exemple que si les Etats-Unis rencontrent de réelles difficultés pour financer leur déficit, les pays européens puissent en revanche s'endetter sans problème? Ca n'est pas impossible mais ça n'est pas le plus probable.

Bémol sur le bémol sur le bémol

J'ai décidé de me rallier au panâche blanc de Sarkozy en relisant ça (rien de tel que de relire un des premiers articles du blogo pour lui faire retrouver sa pureté idéologique!). Extrait:

Le meilleur espoir des américains à ce stade, c'est que les autres acteurs de l'économie mondiale soient incapables de briser leurs chaînes et de concevoir une nouvelle organisation économique mondiale. C'est le leadership par défaut: il n'est pas basé sur des données objectives mais seulement sur l'incapacité à penser ou à concevoir une organisation alternative de la part des autres acteurs.

La responsabilité des leaders asiatiques, africains, moyen-orientaux, européens et sud-américains est aujourd'hui de penser des institutions internationales qui cantonnent les Etats-Unis à un rôle de membre et plus à un rôle de leader. Il faut que les cinq autres continents se mettent d'accord et gèrent les Etats-Unis comme la Grande-Bretagne a été gérée dans l'Union Européenne: "si vous voulez en être vous êtes les bienvenus mais si vous traînez les pieds, les choses se feront sans vous".

La domination américaine n'existe plus que dans nos têtes. Faisons en sorte que nos têtes ne soient pas, pour elle, un refuge confortable.

Bémol sur le bémol sur le bémol sur le bémol

Encore faut-il au niveau politique ne pas prendre de risques inutiles, ou ne pas prendre de risques trop tôt. Dans "Le Parrain", un des chefs mafieux concurrents déclare trop tôt à Michael Corleone: "The Corleone family does not have that kind of muscle anymore". Il le paye ensuite au prix fort.

vendredi 16 janvier 2009

jeudi 15 janvier 2009

Premiers éléments de réforme de la finance US?

Paul Volcker, le seul membre de l'équipe économique d'Obama qui ait reçu l'imprimatur du blogo, est à l'origine de propositions qui pourraient constituer un plan de reprise en main des institutions financières US. Ca plaira sûrement à Obama mais cela plaira-t-il à ceux qui financent une bonne part de la fête donnée pour son inauguration? On verra bien. On peut déjà être satisfait que Volcker ait pris l'initiative des propositions.

(du Wapo - lien)

NEW YORK -- A top economic adviser to the incoming Obama administration unveiled a plan today to radically rethink the global financial system, including a host of measures that would dramatically expand government control over the free market in the United States.

The plan -- which recommends limiting the size of banks, setting guidelines for executive pay and regulating hedge funds -- offers the first hint of the kind of changes to the financial system President-elect Barack Obama might push for in the coming weeks and months. Obama has pledged to present a comprehensive series of changes to prevent a repeat of the current financial crisis before world leaders gather in London for a major economic summit in April.

Transitions

Je regardais "C dans l'air" intitulé "Obama refait le monde". Il y était dit que le président américain prenait ses fonctions le 4 mars avant 1936 (les élections ont lieu le premier mardi de novembre de l'année précédente) et que le délais avait alors été réduit. On en est à 2 mois et demi. Ca paraît encore très long (voire interminable).

Il était dit aussi que les transitions à la française où les gouvernements se forment grosso modo en une semaine et avec des législatives dans la foulée étaient trop courtes et chaotiques. Je suis d'accord. C'est probablement un héritage de la 4ème (et avant). Les gouvernements doivent se former vite en France vu qu'ils tombent souvent...

Digression: A l'inverse, les américains ont donné à leur système politique un rythme temporel qui prime sur tout. C'est un facteur de stabilité mais cela supprime également toute spontanéité ou flexibilité. En France, si le pays connaît une crise majeure (mai 68...), il est toujours possible de procéder à une élection anticipée pour remettre les compteurs à zéro. Pas là-bas. En revanche, le peuple y est consulté tous les deux ans.

mercredi 14 janvier 2009

Vente de détail en chute libre

La bourse US en chute de -3% avec la baisse des ventes de détail. Pas étonnant vu que Julien Dray a dû mettre fin précipitamment à ses dépenses somptuaires...

Taux de chômage et réédition de la crise de 29

Via Daily Kos. Le taux de chômage atteint pendant les années 30 (25%) est souvent mis en avant pour refléter le fait que ce que nous vivons n'a rien à voir avec la grande dépression. Il y a un problème cependant, la méthode de calcul du taux de chômage a changé du tout au tout. En appliquant les méthodes de l'époque, le taux de chômage aujourd'hui ne serait pas de 7,2% mais de 16,5% selon John Williams de Reuters.

Most economists ridicule the idea that what we're experiencing now could ever become anything like the Great Depression. And, says Reuters, they all point to the same statistic: 25% of Americans were out of work in the worst of the 1930s and we're nowhere near that disaster.

But the definition of joblessness has changed since then. Not just in 1994, but also under Lyndon Johnson in the late 1960s, when discouraged workers out of job for more than a year were erased from the statistics. Out of work, out of luck, and out of sight.

Figures collected for Reuters by John Williams, from the electronic newsletter Shadowstats.com, suggest that, while we are not [at Great Depression levels yet], the comparison is not as outlandish as it might initially seem.

By his count, if unemployment were still tallied the way it was in the 1930s, today's jobless rate would be closer to 16.5 percent -- more than double the stated rate.

"I expect that unemployment in the current downturn, which will be particularly deep and protracted, eventually will rival, if not top, the 25 percent seen in the Great Depression," Williams said.

Les représentants démocrates déjà impopulaires

Les démocrates sont majoritaires au congrès depuis 2006. Cela leur vaut avant même l'investiture d'Obama une popularité désastreuse (pour les membres du congrès). Pelosi qui est à la tête des démocrates à la chambre des représentants est dans le vert 39(approve)/37(disapprove) mais de peu ce qui montre qu'elle ne bénéficie pas d'un effet Obama. Son équivalent au sénat, Harry Reid, est sévèrement dans le rouge 33/41. Les représentants démocrates sont à 36/53. Le parti démocrate (53/39) et Obama (67/29) s'en tirent en revanche correctement. Cela montre le niveau de défiance élevé des américains envers leurs représentants même démocrates. Cela montre également que l'alignement d'Obama sur la ligne molle définie par les démocrates depuis 2006 ne peut-être une solution.

A noter que ce sondage est le premier que je vois commandité directement par Daily Kos (site internet de référence pour les démocrates). Il sera publié toutes les semaines et il est réalisé par un institut que je ne connaissais pas. Le monde change et c'est tant mieux car il en a bien besoin.

Every week, Research 2000 will poll 2,400 adults nationwide to get an idea of public sentiment for Obama, the Congressional leadership, the two parties in Congress, the two political parties, and sentiment for direction of the country. The first poll was conducted last week.

Research 2000 for Daily Kos. 1/5-9. All Adults. MoE 2% (No trendlines)

Approve Disapprove Don't Know
Obama 67 29 4

Pelosi 39 37 24
Reid 33 41 26
McConnell 29 46 25
Boehner 21 47 32

Congress Dems 36 53 11
Congress GOP 24 64 12

Democratic Party 53 39 8
Republican Party 32 60 8

mardi 13 janvier 2009

Y a-t-il un programme nucléaire militaire iranien?

La question va sembler farfelue à tous les observateurs inatentifs (voir émanant d'un dangereux jihadist terroriste qui "hate our freedom") qui pensent que, bien sûr, les "islamofascistes" iraniens travaillent jour et nuit dans leurs grottes à l'obtention d'une bombe nucléaire. Il n'en demeure pas moins que le dernier National Intelligence Estimate sur la question, publié il y a un an par les services de renseignement américain, déclare: "Nous jugeons avec une confiance élevée qu'à l'automne 2003, Téhéran a interrompu son programme d'armement nucléaire".

La "confiance élevée" est le degré de confiance le plus élevé possible pour ces évaluations (comme décrit dans le document). Elle montre que le renseignement américain pense qu'il maîtrise cette question (caractère on/off du programme). Il montre aussi que les frappes dont ont parlé les israéliens et les américains seraient plus une rodomontade qu'une véritable nécessité stratégique: si le programme est inactif, on se demande bien comment les cibles seraient choisies. Quid du fantasme des bombes s'enfonçant dans le sol en faisant exploser des sites où les iraniens travaillent en secret sur la bombe: il n'y en a pas d'identifiables sinon le NIE en envisagerait au moins la possibilité (peut-être qu'il y en a... mon point est de dire que les américains ne savent pas où ils sont puisqu'ils pensent qu'il n'y en a pas).

Ce NIE a été embarassant (mais nullement dissuasif) pour nombre de personnes qui oeuvraient à créer la perception d'un programme nucléaire militaire iranien. Bush s'en est distancié et il a bien sûr fait hurler à la mort les nouveaux cons. Le problème c'est que Barack Obama a déclaré hier:

Iran is going to be one of our biggest challenges and as I said during the campaign we have a situation in which not only is Iran exporting terrorism through Hamas, through Hezbollah but
they are pursuing a nuclear weapon that could potentially trigger a nuclear arms race. (traduction: les iraniens cherchent à obtenir l'arme nucléaire)

WTF?

Post largement inspiré par Glenn Greenwald.

lundi 12 janvier 2009

Madoff reste libre...

Après avoir envoyé pour plus d'un million de dollars de bijoux à de la famille et des amis...

Gool ol' US of A! On est jamais déçu...

Update: Toujours délicat d'abuser des "...". Là, clairement, j'ai abusé.

"Tous les économistes disent que..."

Obama fait souvent référence au consensus des économistes sur la nécessité d'un plan de relance très important. Peut-on juste rappeler que "Tous les économistes disent que..." a perdu toute valeur depuis 18 mois? "Tous les économistes disent n'importe quoi" est la seule formule acceptable. J'ajouterais même "Tous les économistes disent n'importe quoi car ils sont tous pétrifiés à l'idée d'examiner honnêtement la situation est d'évaluer si oui ou non, le ponzi scheme américain touche à sa fin". La croyance dans le bailout plan et le stimulus est du même ordre: on y croit car on refuse d'imaginer l'alternative. Et celui qui met en garde contre l'alternative (qui ne cesse d'avoir raison depuis 18 mois) est toujours considéré comme un fâcheux. On a l'impression que les choses ont changé en 18 mois? Que l'on a appris? Pas du tout. Les clivages sont toujours les mêmes. J'ai juste l'impression que certains économistes "alternatifs" comme Roubini qui se sont montrés pessimistes à juste titre mettent maintenant de l'eau dans leur vin en espérant monnayer leur nouvelle notoriété/crédibilité pour rejoindre la nomenklatura (et peut-être un jour l'équipe Obama?). Le commentariat est toujours incapable de faire des anticipations négatives sur le court/moyen terme. Le problème, c'est que cela empêche de comprendre la crise, d'en examiner les causes et d'en déterminer les responsables. Comme un boxeur dans les cordes, le citoyen ne peut que se prendre les mauvaises statistiques dans la figure sans qu'on lui propose réellement une compréhension et une mise en perspective des évènements.

Cette idée que plus de dettes et plus de dépenses sont à la fois la cause et la solution de la crise est absurde. C'est pour ça qu'Obama a été élu un peu tôt. Il aurait mieux valu qu'il soit élu après la faillite du système que juste avant. Enfin... Cette faillite est déjà assez avancée pour qu'au moins on ne lui en attribue pas la paternité. On lui reprochera en revanche de l'avoir mal gérée. Et aussi rafraîchissant qu'il soit par rapport au président précédent, je ne donne pas cher de ses marges de manoeuvre quand le pays se sera enfoncé dans la crise.

J'ai entendu Peter Schiff faire l'analogie entre les grands travaux qu'on nous promet en amérique et la situation suivante pour un ménage: "Si vous rencontrez des difficultés financières à titre personnel allez-vous décider d'emprunter pour faire des travaux dans votre maison?". Alors, c'est vrai, les Etats-Unis ne sont pas exactement dans cette situation: ils empruntent dans leur propre monnaie et ils sont les seuls du quartier à avoir un révolver mais combien de temps cela va-t-il être suffisant pour les faire vivre dans l'irresponsabilité financière? Le postulat des "stimulateurs" est que la capacité d'emprunt des Etats-Unis ne faiblira pas. Que l'inflation ne menace pas. Ce sont les mêmes qui se sont trompés sur le subprime, sur Fannie Mae et Freddie Mac, sur Wall Street, sur l'immobilier commercial... Ils seront démentis cette année.

Update: à bien y réfléchir, les américains font un choix complètement rationnel en niant le plus longtemps possible leurs difficultés et en essayant de continuer à vivre aux crochets du monde. Il est très probable qu'ils vont devoir y renoncer mais pourquoi rendre cette issue certaine en reconnaissant d'eux-mêmes qu'ils ont fait fausse route? S'ils n'ont qu'une chance sur 100 de l'éviter en recréant une situation plus ou moins stable où les capitaux affluent chez eux, il doive la jouer car les conséquences de la perte de ces capitaux vont être très négatives pour leur économie. Il ne faut donc pas espérer qu'ils remettent leur maison en ordre d'eux-mêmes, ils ne le feront que sous la pression extérieure. On ne renonce à ses privilèges que sous la contrainte. Mais l'idée qu'ils accréditent depuis le début de la crise selon laquelle "la prospérité se décrète" et à laquelle "tous les économistes" font semblant de croire, n'a pas plus de sens que tous les autres contes de fées qu'on entend sur l'économie américaine depuis 20 ans et qui nous ont emmené là où nous en sommes.

samedi 10 janvier 2009

Rubin quitte Citigroup

Rubin part de Citigroup. Atrios commente ironiquement cette news bloom:

Saturday, January 10, 2009
Nice Work

Such a shame it all went bad. Hoocoodanode?
Jan. 10 (Bloomberg) -- Robert Rubin, the former Treasury secretary who advised Citigroup Inc. as it lost $20 billion in the subprime mortgage crisis, resigned his position as senior counselor and won’t stand for re-election to the board.
...
Rubin, who served at the Treasury’s helm from 1995 to 1999 under President Bill Clinton, was criticized by investors for collecting more than $150 million in pay in a decade while failing to steer Citigroup away from subprime securities. The investments led to four straight quarterly losses and prompted the bank to turn to the government for a rescue package.

“His reputation has very much been damaged by what has happened at Citi,” Bert Ely, chief executive officer of Ely & Co., a bank consulting firm in Alexandria, Virginia, said in a Bloomberg TV interview. “Fair or not, Citi’s problems do reflect negatively on him.”
It's all so unfair.
Comme déjà signalé ici, si vous regardez la fiche Wikipedia du nouveau Secretary of Treasury, Tim Geithner, vous constatez qu'il est présenté par certains comme un "Rubin protégé" (en anglais dans le texte). On est donc bien dans la sempiternelle farce dénoncée par le blogo: en dépit de la faillite la plus spectaculaire de l'histoire pour les américains, l'équipe dirigeante reste inchangée.
Pour mémoire, Geithner n'est pas seulement compromis par ses affinités avec des gens comme Rubin et Summers qui ont été des "cheerleaders" (pom pom girls) de la "debt economy" des 20 dernières années, il a pris une part active à la mise au point et à l'implémentation du bailout plan qui se révèle avoir été à l'économie américaine ce que la guerre en Irak a été à la politique étrangère US: le moment de vérité où, sous la menace, la corruption d'un pan entier de la politique de la nation éclate au grand jour.

El Globo Blogo

J'ai commencé à poster (en anglais) sur El Globo Blogo. Chaque post (ou groupe de posts) apparaissant sur El Globo Blogo sera référencé avec un lien sur El Blogo.

vendredi 9 janvier 2009

Dernier scandale pour Bush?

Bush a tout raté. C'est un imbécile meurtrier sans conscience. La question est: peut-il encore nuire alors qu'il ne lui reste que 10 jours comme président?

La réponse est oui. Un des pouvoirs du président qu'il exerce avant son départ est la grâce présidentielle. Bill Clinton avait grâcié des personnages peu savoureux sans qu'on en comprenne vraiment la raison si ce n'est la corruption pure et dure (ce gars vient à l'esprit par exemple). Le problème de Bush est qu'un certain nombre d'individus ont commis des exactions en servant le président ce qui n'était pas forcément le cas avec Clinton (cet homme, dont la peine a déjà été commuée, est un exemple). S'il les gracie, il crée un précédent: les subordonnés d'un président peuvent faire n'importe quoi car ils seront grâciés subséquemment par le Président.

Bush pourra-t-il résister à faire cette dernière insulte aux institutions (anciennement) démocratiques des Etats-Unis? On ne peut pas compter sur ses aides pour lui éviter cette dernière honte. Ces huit ans auront été un long dîner de con durant lequel on aura fait porter à cet imbécile un nombre de crimes jusqu'au quel il ne sait sans doute pas compter. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Let's humiliate this idiot one last time.

Qui paye la fête de l'inauguration d'Obama?

Voir cet article du Wall Street Journal. Barack a empêché que les agappes ne soient payées par des entreprises directement (contrairement à W). Résultat ce sont des fundraisers: des individus membres d'une société (le plus souvent) côtisent et l'argent est donné au nom de la société (limite individuelle à $50000, limite des agrégats à $30000). Pas très différent. Sur les $27 mln collectés, $6 mln viennent de Wall Street constituant la plus grosse contribution. 378 individus ont fourni 70% des fonds collectés. Ploutocratie disions-nous?

Le système est le même (à une autre échelle) pendant les élections présidentielles: la limite des dons individuels est $2300. Alors des gens d'une banque rassemblent de l'argent et donnent au nom de la société (ou des cabinets d'avocats, ou des lobbyists). Bien sûr, les broker dealers de Wall Street sont les sociétés qui comptent le plus d'individus capables de donner le maximum.

Dans le cas d'Obama il y a eu une nouveauté: il a obtenu énormément de fonds par le biais de petites donations et via internet. Mais les banquiers ont fini par abonder massivement dans le sens du vainqueur des primaires démocrates. Cela a eu deux conséquences: Obama est de loin le candidat qui a levé le plus d'argent dans l'histoire et il n'est que marginalement plus libre de ses mouvements que les présidents précédents.

Swinging London

La banque d'Angleterre a mis ses taux hier au niveau le plus bas depuis sa fondation (1694). Tout va bien. L'idée que la solution à cette crise est de faire disparaître la monnaie est complètement hallucinante. A noter que cette idée nous vient précisément de ceux qui nous ont apporté cette crise. On peut leur faire confiance. Espérons que la BCE ne se laisse pas entraîner sur cette pente. C'est là qu'il va falloir compter sur la corde de rappel allemande.

En gros, il est communément admis que cette crise est venue de la baisse des taux américains à 1% autour de la fin 2003. On a alors fait marcher la planche à billets à plein pour éviter une récession substantielle aux Etats-Unis. Et pourtant, la FED juge raisonnable de baisser les taux, non pas à 1% mais à 0.25%. Les fous ont les clés de l'asile.

Non Farm Payrolls -524K

Les "Non Farm Payrolls" sont les chiffres de l'emploi reportés chaque mois par le Bureau of Labor Statistics. Le chiffre du mois de décembre est -524000 (pertes d'emplois). Comme maintes fois dénoncés sur le blogo (ici et ici par exemple), ces chiffres sont sujets à caution: chaque mois, le chiffre annoncé est minimisé et se voit corrigé les mois suivants à la hausse. Ainsi on nous annonce pour novembre et octobre une correction de -154000 sur un total de -853000 d'abord estimé pour la période (18% en + sachant que le mois de novembre sera encore révisé une fois et on sait déjà dans quel sens...).

Cela fait deux ans que je suis ces chiffres avec attention et ça a été une constante. En gros, si on prenait toutes les corrections vers le bas sur l'année et qu'on les annonce d'un coup un mois donné en les intégrant dans le "headline number" (chiffre mis en avant dans les medias), la bourse ferait -5% ce jour là.

Cela ne peut pas être par hasard. Je maintiens donc qu'en dépit des nouvelles gravissimes qu'on nous annonce, tout est fait pour limiter l'impact de cette crise sur les esprits, y compris la manipulation des chiffres même si cela va devenir de plus en plus dérisoire. Je suis persuadé que ce n'est pas la seule statistique qui fait les frais de ce "massaging" (voir les chiffres de la croissance ici). Quand on voit les énergumènes aux commandes, on ne peut pas s'attendre à autre chose.

Friday Plane Blogging

jeudi 8 janvier 2009

La croyance mystique du jour

Le monde financier va de croyance mystique en croyance mystique et se voit à chaque fois complètement démenti par les faits. D'abord, l'essentiel de la dette subprime était AAA, après Fannie et Freddie étaient solides, puis les broker dealers de Wall Street avaient les reins solides...

Aujourd'hui, ces mystiques se sont réfugiés dans la dernière place forte: les Etats sont des emprunteurs fiables et leur capacité d'emprunt est sans limite (d'où l'entourloupe: nous nous sortirons de la crise en endettant le contribuable, alors qu'il a déjà fait défaut à titre privé... tout cela est développé ici).

Les petits Etats ont déjà des difficultés importantes (Islande, Equateur, certains pays de l'est) mais les ventes aux enchères de dette des grands pays commencent à être accueilli avec circonspection: UK et de l'Allemagne.

Aussi pour la première fois (selon moi), des voix sceptiques commencent à se faire entendre sur l'énormité de l'endettement américain prévisible à moyen terme. Extrait:

“CBO’s deficit projections are jaw-dropping,” said Senate Budget Committee Chairman Kent Conrad, a North Dakota Democrat. “This is one of the worst budget forecasts I have seen in my lifetime. President-elect Obama is being handed an absolute fiscal disaster.”

Madoff toujours libre...

Ca pourrait se terminer ceci dit car il a envoyé à sa famille et ses amis pour plus d'un million de dollars de bijoux. Il ne pensait pas que cela allait contre le gel de ses actifs car lui et sa femme ne voyaient dans ces bijoux qu'une valeur sentimentale (dixit son avocat).

Et de l'or? Et du cash? Tout a-t-il été intercepté? Ce maintien en liberté de Madoff est un scandale. Il est clair qu'il a dû tout faire, en coordination avec des membres de son entourage plus mobiles (il est quand même assigné à résidence), pour sauver ce qui peut l'être et brouiller les pistes. Comment les juges ont-ils pu imaginer qu'il puisse en être autrement?