mercredi 21 janvier 2009
Obama Président
J'avais mis en garde sur le risque que Bush n'amnistie une ribambelle d'escrocs et de collaborateurs qui avaient commis des crimes en son nom. Cela ne s'est pas passé. Bush a exercé son droit de grâce avec mesure pendant tout son mandat et a été fidèle à ce principe jusqu'à la fin. Doit-on l'en féliciter? Certains disent dans la blogosphère que gracier son entourage aurait été se tirer une balle dans le pied pour Bush en raison du 5ème amendement à la constitution qui pose qu'un justiciable ne peut pas être appelé à témoigner contre lui-même. Les graciés éventuels auraient été libres de témoigner contre Bush car ils n'auraient pas été menacé eux-mêmes par leurs aveux. En revanche, des justiciables classiques se réfugieraient derrière le 5ème amendement et ne parleraient pas ce qui maintiendrait une chape de plomb sur ces procédures. Le droit de grâce n'est de toute façon pas utilisable pour immuniser contre des poursuites futures (je crois) donc cet argument me semble un peu creux. Dieu sait que je n'aime pas Bush mais je préfère m'en tenir à ses actes et lui rendre cette justice: il n'a pas abusé dans ses dernières heures de la grâce présidentielle comme je le redoutais.
Et le discours d'Obama que je pensais être un moment de vérité? Tout d'abord, je me suis trompé: je pensais que le discours de l'inauguration était similaire à un "Discours sur l'Etat de l'Union" avec un niveau de détails plus important (trois fois plus long) et un caractère programmatique. Il s'avère qu'il n'y a en général pas de State Of The Union Address les années où un nouveau président est inauguré (il peut y avoir quelque chose de similaire). Donc mes attentes n'étaient pas raisonnables quand j'ai écrit ça. Néanmoins, Obama a clairement placé sa présidence sous le signe de circonstances exceptionnelles (crise économique et engagements extérieurs). Il a replacé les Etats-Unis dans leur tradition historique et dénoncé en creux la présidence W comme une aberration. Je me réjouis de l'abandon apparent de la rhétorique absolument horripilante, orwellienne et stupide sur la "War on Terror" (pourquoi pas une "war on Error" comme le suggèrait Stephen Colbert?). Pour ce qui est de la mise en accusation de la "power structure" (doublement faillie, doit-on le rappeler? guerre et crise éco) on repassera. Tout le monde à Washington a dormi sur ses deux oreilles.
Alors, oui, un appel à reconstruire l'Amérique un peu comme si on appelait à reconstruire la Nouvelle Orléans après Katrina: "il faut se retrousser les manches et faire preuve d'optimisme car on est américain après tout". Mais sur le pourquoi de la crise économique et d'éventuels défauts dans la structure du pouvoir, absolument rien. Ah si ça:
Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some,
Aussitôt mitigé par ça:
but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age.
Autrement dit: y a peut-être bien des responsables quelque part mais ce qu'on va faire, c'est tous se retrousser les manches car c'est un peu notre faute à tous aussi. L'appel à l'effort et au sacrifice n'est évidemment jamais détaillé dans ce pays où une seule chose est plus appréciée qu'une tax cut, une tax cut plus importante*. Et la caravanne passe.
No revolution in sight. Obama ne semble pas vouloir s'appuyer sur son aura et sa popularité incroyable pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Pense-t-il que les fourmis auraient vite fait de l'avaler? Certains vont donc se réfugier dans la deuxième branche de l'alternative: Obama ne fera rien tout de suite mais réformera quand il aura assis son pouvoir (il sera alors mécaniquement moins populaire, donc attendre est un pari risqué). Les cyniques (qu'Obama dénonce - je veux bien mais après 8 ans de W on se demande s'il y a un choix entre le cynisme et la stupidité), envisageront une troisième possibilité: il ne tentera jamais de transformer profondément les Etats-Unis.
Les gens raisonnables attendront les premières semaines et mois de cette présidence (et peut-être un discours programmatique plus long, comme le State Of The Union mais n'en portant pas le nom - ça arrive) pour se faire une idée.
* Les tax cuts (massivement favorables aux plus aisés) sont la raison essentielle du creusement abyssal des déficits ces dernières années mais le tout dernier stimulus plan d'Obama reste imperturbablement basé pour un tiers sur des tax cuts (pour faire plaisir aux républicains - on se demande bien pourquoi, n'ont-ils pas perdu?). Alors même que les comptes publics partout dans le pays sont proches de la faillite (l'Etat de Californie par exemple) et que la seule chose qui persuade l'investisseur étranger de ne pas balancer ses bons du trésor US est la supposée capacité de l'Etat à lever l'impôt. Existe-t-elle réellement?
Le référencement du Blogo sur Google au plus mal
Blogo ne veut pas dire blog en espagnol ("blog" est utilisé), c'est dire si "El Blogo" n'avait pas beaucoup de concurrence sur Google France. Tant et si bien qu'assez vite, avec un faible trafic mais un trafic néanmoins, "El Blogo" est devenu le premier site apparaissant quand on faisait cette recherche (mi-décembre à peu près).
C'est bien fini maintenant. El Blogo n'apparaît qu'en deuxième page. Mieux (ou moins bien en réalité) "Blogo crise" ne donne que deux résultats et le blogo n'y est pas (c'était hier: aujourd'hui, il y a plus de résultats et le blogo finit second).
Il faut dire qu'il y a eu un pic d'audience mi-décembre en raison du surgissement du nom "Madoff" sur Google France qui avait exposé le Blogo plus que d'habitude sur les moteurs de recherche l'espace d'un week-end (avant l'explosion médiatique)...
Bush off the wagon?
Si ce que je lis est vrai, il y a eu assez d'instances délicates ces derniers mois pour que l'information sorte totalement d'ici à quelques mois (sans compter qu'on saura peut-être également s'il mène une vie normale au Texas ou pas). Le National Enquirer (journal absolument de caniveau mais qui a révélé par exemple que John Edwards avait une maîtresse plusieurs mois avant le reste des mainstream medias) date sa reprise de l'alcool à Katrina. Beaucoup ont noté que son agenda a été extrêmement léger ces 6 derniers mois.
mardi 20 janvier 2009
J'ai trouvé!

Occasion pour moi d'aborder un aspect de la présidence Bush-Cheney qui est bien trop peu débattu: l'aspect "profiteurs de guerre" de ces individus. L'invasion de l'Irak a été l'objet d'attribution de contrats de manière opaque pour des montants qui laissent complètement rêveur. Rappeler l'Etat à ses obligations quand à l'attribution de marchés a été, paraît-il, le moyen le plus sûr de fusiller sa carrière pour un fonctionnaire américain sous Bush. Cela mériterait que je m'y étende plus mais pour l'heure, ces seuls noms suffiront à vous rappeler de bons souvenirs (et l'inanité de ceux qui attribuaient des buts altruistes à l'intervention américaine - quelques intellectuels et hommes politiques français malheureusement promus depuis se reconnaîtront):
Halliburton
Bechtel
Blackwater
Dyncorps
Kellog Brown and Root (KBR)...
Historique? Pathétique?
Obama va-t-il "shooter for the stars" ou va-t-il répéter des platitudes de campagne matinées de la grandiloquence qui sied à l'évènement? Va-t-il se contenter du changement (cosmétique) que constitue son ethnicité?
La question que le Blogo se pose depuis le début: Obama a-t-il les ressources (et l'envie) de mener les combats qui pourraient faire de lui un grand président (financement de campagne)? va se voir apporter un début de réponse. Il n'a clairement menacé personne avec ses nominations. Certains à Washington trouveront-ils certains aspects de son discours inconfortable? J'ai bien peur que tout le monde dorme sur ses deux oreilles, ce soir, inside the beltway ce qui au vu de l'histoire récente serait un veritable scandale.
La naïveté confondante de Paul Krugman
Alors voilà: dans son dernier édito Krugman nous explique comment l'Etat tente de résoudre la crise et pourquoi il pense que cette solution n'est pas la bonne. C'est didactique et divertissant mais j'ai un gros problème avec la naïveté stupéfiante des conclusions qu'il tire (il vaut mieux lire l'édito pour le contexte):
What I suspect is that policy makers — possibly without realizing it — are gearing up to attempt a bait-and-switch: a policy that looks like the cleanup of the savings and loans, but in practice amounts to making huge gifts to bank shareholders at taxpayer expense, disguised as “fair value” purchases of toxic assets.
Traduction abrégée: "Les politiques, peut-être sans s'en rendre compte, font un cadeau aux actionnaires des banques aux dépens du contribuable."
Je veux dire, là, c'est juste pas possible! Paul Krugman, prix nobel d'économie, n'est pas capable de "connect the dots" et de voir comment le bailout est le produit d'un système corrompu jusqu'à la moëlle où il n'y a virtuellement aucune divergence d'intérêts entre la classe politique et les banques? Il ne voit pas que cette crise n'a été possible que grâce à la démission généralisée du personnel politique qui a refusé d'exercer sa fonction de régulation? Fannie Mae et Freddie Mac arrosant le personnel politique (dont Rahm Emanuel, nouveau directeur de cabinet d'Obama), ça lui a échappé? Le PDG d'Ameriquest qui se reconvertit en ambassadeur aux Pays-Bas grâce à ses généreuses contributions de campagne, pas vu? La loi sur les faillites personnelles qui est rédigée par les credit card companies en 2005 (avec le concours du nouveau Vice President, Joe Biden), ça lui a échappé? Les plus grosses contributions de campagne venant des Wall Street, ça ne ring pas a bell? Les banques qui freinent des quatres fers contre toute tentative de régulations des prêts "subprime"? Etait-il sur une autre planète ces dernières années ($120 milliards de bonus en 5 ans pour 5 firmes)?
"Possibly without realizing it"? Avec le TARP dirigé par un jeune gars de 35 ans venu tout droit de chez Goldman Sachs et voté préférentiellement par les représentants touchant le plus d'argent des banques*? Parrainé par Hank Paulson ancien président de GS? C'est du second degré? J'espère, sinon c'est la première fois que je trouve Krugman atterrant. L'Etat n'a pas repris les banques en main comme le suggérait le blogo au moment du bailout plan car il a partie liée avec les banques. C'est bien simple, on ne peut tout simplement plus faire la différence! L'Etat essaye de préserver la continuité du pouvoir financier au travers de la crise dans l'opacité la plus totale alors qu'il devrait au contraire le sanctionner au grand jour et en organiser le renouvellement (comme suggéré ici). Avant la crise, les banques achetaient les politiques pour que ces derniers ne les empêchent pas de faire de l'argent frauduleusement et tranquillement. Depuis la crise, gagner de l'argent frauduleusement n'est plus possible alors les banques achètent les politiques pour qu'ils leur donnent directement l'argent du contribuable. C'est cet écosystème, qui se nourrissait sur l'endettement privé, qui a été sauvé in extremis par Paulson et qui se nourrit désormais sur l'endettement public (ou qui essaye plutôt de faire croire qu'il y parviendra le plus longtemps possible).
Alors Krugman devrait arrêter d'ouvrir ses grands yeux candides de petits garçons de dix ans et poser un regard adulte sur la situation (même s'il doit y perdre des chances de rallier l'administration Obama). Il devrait identifier les Etats-Unis pour ce qu'ils sont: un empire cédant sous le poids de sa propre corruption. Un empire qui ne traverse pas qu'une simple crise économique mais bien une crise politique.
* Sur le vote du TARP: "October 3, 2008 4:26 PM. House members voting for the bailout Friday have collected 41 percent more than opponents from the industries most eager for emergency aid. Senate vote was similarly divided."
lundi 19 janvier 2009
Parfum de fin du monde
Simultanément, les mauvaises nouvelles s'accumulent aux Etats-Unis. Bank of America qui a encore besoin de plus de fonds et de plus de garanties (racheter Merrill s'avère avoir été équivalent à jouer à la roulette russe avec un canon chargé de 5 balles). Tous les acteurs naviguent à vue dans le brouillard. Citi annonce des pertes de $8 milliards et son action tombe à $4. Le TARP II s'annonce aussi bien maîtrisé que le TARP I: après avoir débloqué les fonds, les banquiers se les partageront sans aucun contrôle et le contribuable n'aura que ses yeux pour pleurer.
Le Blogo soutient que c'est en 2009 qu'aura lieu le moment de vérité de la crise (quand le doute sur la solvabilité se reportera non plus sur les institutions financières mais sur les Etats), il semble que le premier semestre soit un meilleur candidat que le second.
dimanche 18 janvier 2009
Deux vidéos de Hubris Kills
Un clip sur l'aisance verbale légendaire de W. (5 min)
Une vidéo de l'avion qui se crashe dans l'Hudson.
samedi 17 janvier 2009
Be careful what you wish for.* (un post indécis...)
Sarkozy a dit ça jeudi (news bloom):
Separately, Sarkozy said “the world cannot revolve around a single currency, the dollar.” He added that global economies should not go on “financing the U.S. deficit.”
Réalise-t-il qu 'il appelle de ses voeux le scénario le plus noir (et le plus probable) pour les Etats-Unis? C'est tout l'enjeu de cette crise (comme développé ici). Si les américains ne peuvent plus emprunter alors même qu'ils ont fait de l'escalade dans la dette leur stratégie de sortie de crise, c'est game over. Sans ciller, Sarkozy déclare qu'il veut envoyer les américains en rehab. El Blogo could not agree more.
Bémol du blogo:
Ceci dit, c'est une chose pour El Blogo d'essayer de persuader ses quelques (highly valued) lecteurs que les Etats-Unis méritent "un pan sur le bec", mais c'est tout autre chose pour Sarkozy de se lancer dans des déclarations comme celles-là qui appuient exactement là où ça fait mal. Je ne sais pas si Sarkozy mesure bien les conséquences pour les américains s'il était tout à coup pris au pied de la lettre par les investisseurs du monde entier. Je ne serais pas étonné si ce discours était considéré comme hyper hostile par les américains dans le contexte de la crise.
Le mieux est donc peut-être de ne pas faire de déclaration déstabilisante tant que nous traversons la crise. Si les Etats-Unis perdent leur rôle dominant sur la scène financière internationale (comme c'est probable) nous ne serons pas vus comme ceux qui leur auront donné le coup de pied de l'âne (De Gaulle avait déjà demandé à convertir les dollars "français" en or en 1965 quand la convertibilité était devenu une blague - dire "le roi est nu" fait-il partie de l'esprit français? C'est un peu ce que Villepin a fait à l'ONU également). De toute façon, les cartes sont déjà distribuées et les déclarations des uns et des autres n'y changeront plus rien. La prudence voudrait sans doute qu'on prépare un nouveau Bretton Woods en coulisses pour mettre les américains devant le fait accompli le moment venu. En évitant en attendant à l'Euro de suivre le dollar dans sa descente aux enfers avec des taux d'intérêts trop bas.
Bémol sur le bémol
J'ai commencé ce post il y a deux jours ce qui m'a donné l'occasion de changer 2 fois d'avis. Alors quoi? Sarkozy fait des déclarations qui devraient remplir le blogo de joie et le blogo fait la fine bouche? Sarkozy se fait "sévère mais juste" en pourfendeur de l'imposture économique américaine et le blogo a des remords? Le blogo qui annonçait fièrement qu'il voulait envoyer les américains en rehab a un petit coup de mou et se demande dans l'ambulance en direction de la clinique si ce régime de cheval n'est pas finalement un peu dur pour le junkie? En gros, le blogo se déballone?
Je ne sais pas vraiment. J'assume cependant mon ambivalence qui est pour moi le reflet de la gravité de la situation. Il paraît légitime d'espérer que les Etats-Unis paient le prix de leurs excès mais les conséquences pratiques de cette sanction donnent un peu le vertige. Peut-on raisonnablement penser par exemple que si les Etats-Unis rencontrent de réelles difficultés pour financer leur déficit, les pays européens puissent en revanche s'endetter sans problème? Ca n'est pas impossible mais ça n'est pas le plus probable.
Bémol sur le bémol sur le bémol
J'ai décidé de me rallier au panâche blanc de Sarkozy en relisant ça (rien de tel que de relire un des premiers articles du blogo pour lui faire retrouver sa pureté idéologique!). Extrait:
Le meilleur espoir des américains à ce stade, c'est que les autres acteurs de l'économie mondiale soient incapables de briser leurs chaînes et de concevoir une nouvelle organisation économique mondiale. C'est le leadership par défaut: il n'est pas basé sur des données objectives mais seulement sur l'incapacité à penser ou à concevoir une organisation alternative de la part des autres acteurs.
La responsabilité des leaders asiatiques, africains, moyen-orientaux, européens et sud-américains est aujourd'hui de penser des institutions internationales qui cantonnent les Etats-Unis à un rôle de membre et plus à un rôle de leader. Il faut que les cinq autres continents se mettent d'accord et gèrent les Etats-Unis comme la Grande-Bretagne a été gérée dans l'Union Européenne: "si vous voulez en être vous êtes les bienvenus mais si vous traînez les pieds, les choses se feront sans vous".
La domination américaine n'existe plus que dans nos têtes. Faisons en sorte que nos têtes ne soient pas, pour elle, un refuge confortable.
Bémol sur le bémol sur le bémol sur le bémol
Encore faut-il au niveau politique ne pas prendre de risques inutiles, ou ne pas prendre de risques trop tôt. Dans "Le Parrain", un des chefs mafieux concurrents déclare trop tôt à Michael Corleone: "The Corleone family does not have that kind of muscle anymore". Il le paye ensuite au prix fort.
vendredi 16 janvier 2009
jeudi 15 janvier 2009
Premiers éléments de réforme de la finance US?
(du Wapo - lien)
NEW YORK -- A top economic adviser to the incoming Obama administration unveiled a plan today to radically rethink the global financial system, including a host of measures that would dramatically expand government control over the free market in the United States.
The plan -- which recommends limiting the size of banks, setting guidelines for executive pay and regulating hedge funds -- offers the first hint of the kind of changes to the financial system President-elect Barack Obama might push for in the coming weeks and months. Obama has pledged to present a comprehensive series of changes to prevent a repeat of the current financial crisis before world leaders gather in London for a major economic summit in April.
Transitions
Il était dit aussi que les transitions à la française où les gouvernements se forment grosso modo en une semaine et avec des législatives dans la foulée étaient trop courtes et chaotiques. Je suis d'accord. C'est probablement un héritage de la 4ème (et avant). Les gouvernements doivent se former vite en France vu qu'ils tombent souvent...
Digression: A l'inverse, les américains ont donné à leur système politique un rythme temporel qui prime sur tout. C'est un facteur de stabilité mais cela supprime également toute spontanéité ou flexibilité. En France, si le pays connaît une crise majeure (mai 68...), il est toujours possible de procéder à une élection anticipée pour remettre les compteurs à zéro. Pas là-bas. En revanche, le peuple y est consulté tous les deux ans.
mercredi 14 janvier 2009
Vente de détail en chute libre
Taux de chômage et réédition de la crise de 29
Most economists ridicule the idea that what we're experiencing now could ever become anything like the Great Depression. And, says Reuters, they all point to the same statistic: 25% of Americans were out of work in the worst of the 1930s and we're nowhere near that disaster.
But the definition of joblessness has changed since then. Not just in 1994, but also under Lyndon Johnson in the late 1960s, when discouraged workers out of job for more than a year were erased from the statistics. Out of work, out of luck, and out of sight.
Figures collected for Reuters by John Williams, from the electronic newsletter Shadowstats.com, suggest that, while we are not [at Great Depression levels yet], the comparison is not as outlandish as it might initially seem.
By his count, if unemployment were still tallied the way it was in the 1930s, today's jobless rate would be closer to 16.5 percent -- more than double the stated rate.
"I expect that unemployment in the current downturn, which will be particularly deep and protracted, eventually will rival, if not top, the 25 percent seen in the Great Depression," Williams said.
Les représentants démocrates déjà impopulaires
A noter que ce sondage est le premier que je vois commandité directement par Daily Kos (site internet de référence pour les démocrates). Il sera publié toutes les semaines et il est réalisé par un institut que je ne connaissais pas. Le monde change et c'est tant mieux car il en a bien besoin.
Every week, Research 2000 will poll 2,400 adults nationwide to get an idea of public sentiment for Obama, the Congressional leadership, the two parties in Congress, the two political parties, and sentiment for direction of the country. The first poll was conducted last week.
Research 2000 for Daily Kos. 1/5-9. All Adults. MoE 2% (No trendlines)
Approve Disapprove Don't Know
Obama 67 29 4
Pelosi 39 37 24
Reid 33 41 26
McConnell 29 46 25
Boehner 21 47 32
Congress Dems 36 53 11
Congress GOP 24 64 12
Democratic Party 53 39 8
Republican Party 32 60 8
mardi 13 janvier 2009
Y a-t-il un programme nucléaire militaire iranien?
La "confiance élevée" est le degré de confiance le plus élevé possible pour ces évaluations (comme décrit dans le document). Elle montre que le renseignement américain pense qu'il maîtrise cette question (caractère on/off du programme). Il montre aussi que les frappes dont ont parlé les israéliens et les américains seraient plus une rodomontade qu'une véritable nécessité stratégique: si le programme est inactif, on se demande bien comment les cibles seraient choisies. Quid du fantasme des bombes s'enfonçant dans le sol en faisant exploser des sites où les iraniens travaillent en secret sur la bombe: il n'y en a pas d'identifiables sinon le NIE en envisagerait au moins la possibilité (peut-être qu'il y en a... mon point est de dire que les américains ne savent pas où ils sont puisqu'ils pensent qu'il n'y en a pas).
Ce NIE a été embarassant (mais nullement dissuasif) pour nombre de personnes qui oeuvraient à créer la perception d'un programme nucléaire militaire iranien. Bush s'en est distancié et il a bien sûr fait hurler à la mort les nouveaux cons. Le problème c'est que Barack Obama a déclaré hier:
Iran is going to be one of our biggest challenges and as I said during the campaign we have a situation in which not only is Iran exporting terrorism through Hamas, through Hezbollah but they are pursuing a nuclear weapon that could potentially trigger a nuclear arms race. (traduction: les iraniens cherchent à obtenir l'arme nucléaire)
WTF?
Post largement inspiré par Glenn Greenwald.
lundi 12 janvier 2009
Madoff reste libre...
Gool ol' US of A! On est jamais déçu...
Update: Toujours délicat d'abuser des "...". Là, clairement, j'ai abusé.
"Tous les économistes disent que..."
Cette idée que plus de dettes et plus de dépenses sont à la fois la cause et la solution de la crise est absurde. C'est pour ça qu'Obama a été élu un peu tôt. Il aurait mieux valu qu'il soit élu après la faillite du système que juste avant. Enfin... Cette faillite est déjà assez avancée pour qu'au moins on ne lui en attribue pas la paternité. On lui reprochera en revanche de l'avoir mal gérée. Et aussi rafraîchissant qu'il soit par rapport au président précédent, je ne donne pas cher de ses marges de manoeuvre quand le pays se sera enfoncé dans la crise.
J'ai entendu Peter Schiff faire l'analogie entre les grands travaux qu'on nous promet en amérique et la situation suivante pour un ménage: "Si vous rencontrez des difficultés financières à titre personnel allez-vous décider d'emprunter pour faire des travaux dans votre maison?". Alors, c'est vrai, les Etats-Unis ne sont pas exactement dans cette situation: ils empruntent dans leur propre monnaie et ils sont les seuls du quartier à avoir un révolver mais combien de temps cela va-t-il être suffisant pour les faire vivre dans l'irresponsabilité financière? Le postulat des "stimulateurs" est que la capacité d'emprunt des Etats-Unis ne faiblira pas. Que l'inflation ne menace pas. Ce sont les mêmes qui se sont trompés sur le subprime, sur Fannie Mae et Freddie Mac, sur Wall Street, sur l'immobilier commercial... Ils seront démentis cette année.
Update: à bien y réfléchir, les américains font un choix complètement rationnel en niant le plus longtemps possible leurs difficultés et en essayant de continuer à vivre aux crochets du monde. Il est très probable qu'ils vont devoir y renoncer mais pourquoi rendre cette issue certaine en reconnaissant d'eux-mêmes qu'ils ont fait fausse route? S'ils n'ont qu'une chance sur 100 de l'éviter en recréant une situation plus ou moins stable où les capitaux affluent chez eux, il doive la jouer car les conséquences de la perte de ces capitaux vont être très négatives pour leur économie. Il ne faut donc pas espérer qu'ils remettent leur maison en ordre d'eux-mêmes, ils ne le feront que sous la pression extérieure. On ne renonce à ses privilèges que sous la contrainte. Mais l'idée qu'ils accréditent depuis le début de la crise selon laquelle "la prospérité se décrète" et à laquelle "tous les économistes" font semblant de croire, n'a pas plus de sens que tous les autres contes de fées qu'on entend sur l'économie américaine depuis 20 ans et qui nous ont emmené là où nous en sommes.
samedi 10 janvier 2009
Rubin quitte Citigroup
Saturday, January 10, 2009
Such a shame it all went bad. Hoocoodanode?
- Jan. 10 (Bloomberg) -- Robert Rubin, the former Treasury secretary who advised Citigroup Inc. as it lost $20 billion in the subprime mortgage crisis, resigned his position as senior counselor and won’t stand for re-election to the board.
...
Rubin, who served at the Treasury’s helm from 1995 to 1999 under President Bill Clinton, was criticized by investors for collecting more than $150 million in pay in a decade while failing to steer Citigroup away from subprime securities. The investments led to four straight quarterly losses and prompted the bank to turn to the government for a rescue package.
“His reputation has very much been damaged by what has happened at Citi,” Bert Ely, chief executive officer of Ely & Co., a bank consulting firm in Alexandria, Virginia, said in a Bloomberg TV interview. “Fair or not, Citi’s problems do reflect negatively on him.”
Comment s (98)
Un dirigeant défaillant de banque s'en va. C'est un peu tard mais a priori, c'est une bonne nouvelle?
Non.
Pour mémoire, Geithner n'est pas seulement compromis par ses affinités avec des gens comme Rubin et Summers qui ont été des "cheerleaders" (pom pom girls) de la "debt economy" des 20 dernières années, il a pris une part active à la mise au point et à l'implémentation du bailout plan qui se révèle avoir été à l'économie américaine ce que la guerre en Irak a été à la politique étrangère US: le moment de vérité où, sous la menace, la corruption d'un pan entier de la politique de la nation éclate au grand jour.
