Et le rouble baisse de 3,5% dans la foulée. Bien qu'il ait déjà perdu 30% en cinq mois, cette news bloom n'hésite pas à lier les deux évènements. C'est intéressant parce que ça voudrait dire qu'un simple discours de défiance serait désormais sanctionné. Ca voudrait dire que le roi sait qu'il est nu et qu'il en est désormais au point où il empêche à qui que ce soit d'ouvrir la bouche. Perilous Times.
Cela me conforte en tout cas dans l'idée que Sarkozy prenait un risque en attaquant la capacité d'endettement des Etats-Unis et le rôle du dollar. Je n'ai rien contre cette position en soi et si on souhaite que le monde soit plus équilibré beaucoup de déclarations courageuses vont être nécessaires. J'avais juste l'impression que Sarkozy menaçait les Etats-Unis de l'équivalent économique d'une guerre nucléaire de manière inconsidérée et mal préparé. Avant de sortir du bois, il faut se construire des soutiens et quand vient le moment de sortir du bois, autant le faire en masse. Dévoiler au détour d'une phrase une stratégie agressive ou des revendications remettant en cause de manière trop radicale l'ordre établi peut-être contre-productif (comme Mo Green dans "Le Parrain" - voir ici à la fin). Ce n'est pas parce que le monde a des griefs complètement légitimes envers le leadership américain que les Etats-Unis ne vont pas se battre becs et ongles pour conserver leurs privilèges. So if you shoot, shoot to kill. Les coups de semonce où les gesticulations ne servent à rien.
La Russie lève donc la voix aujourd'hui. La Chine s'est opposée avec virulence au "coaching" américain en matière monétaire cette semaine. Merkel et ses ministres ont été cinglants à plusieurs reprises. Partout dans le monde le mécontentement grandit et tout laisse penser que cela ne fait que commencer. Plutôt que de faire des déclarations tonitruantes, Sarkozy devrait essayer de donner une cohérence et une unité à cette contestation du rôle des Etats-Unis. Ca n'est que comme ça que l'on pourra progresser vers l'objectif stratégique d'émancipation. Cet objectif n'est pas de l'ordre du "nice to have" qui se traduirait simplement par plus d'écrans plats chez nous et moins chez eux. Avec leur système politique cassé, les américains ne peuvent plus assurer la stabilité de la planète. Il faut donc que nos dirigeants mettent en place rapidement un système de gouvernance mondiale décentralisé qui puisse leur succéder et garantir une forme de stabilité. Le temps jouait de toute façon contre la domination américaine. L'impérium aurait sans doute pu durer encore quelques années ou même décennies mais la présidence W ne lui a laissé aucune chance. Comme le dit le pseudo d'un lecteur du blogo : "Hubris kills."
vendredi 30 janvier 2009
D'accord avec Paul Krugman (cette fois)
Je suis d'accord avec Paul Krugman qui fait ce commentaire désabusé (présenté comme une plaisanterie) sur son blog:
"Under Bush, financial policy consisted of Wall Street types cutting sweet deals, at taxpayer expense, for Wall Street types. Under Obama, it’s precisely the reverse."
Traduction: "Sous Bush, la politique en matière de finance se résumait à des gars de Wall Street faisant des faveurs à des gars de Wall Street aux dépens du contribuable. Sous Obama, c'est l'inverse."
Ceci dit, je ne comprends pas comment cela peut-être compatible avec ce que le même Krugman avait écrit là et que j'avais vivement critiqué ici. Dans un cas il dit que Wall Street légifère pour Wall Street ce qui résume l'état déplorable de la démocratie américaine. Dans l'autre, il dit (je résume): "Les hommes politiques, possiblement sans s'en rendre compte, font des cadeaux énormes aux actionnaires des banques au détriment des contribuables". Les hommes politiques sont donc "possiblement" blancs comme neige, peut-être juste un peu distraits. Dans un cas la corruption est totale, dans l'autre, les politiciens sont des gars de bonne foi juste un peu patauds et maladroits. What's it gonna be, Paul?
Deux explications pour réconcilier ces deux perspectives:
- Krugman pense que les hommes politiques font ce que leur demandent les banquiers sans en comprendre les tenants et les aboutissants. On se demande alors pourquoi il se donne la peine de les mentionner.
- Krugman avait écrit quelque chose de plus cinglant mais il a été gentiment remis dans la droite ligne par un éditeur du New York Times avec une formule laissant une porte de sortie à la classe politique (le manque de vigilance). Cela semble possible dans la mesure où l'affirmation cinglante a été publiée sur son blog (hébergé par le NYT) et que l'éditorial "consens mou" respectueux du pouvoir a été publié dans la version papier du journal et a donc fait l'objet d'un "editing".
Donc Krugman nous donne deux versions de la réalité, une ou les hommes politiques ont disparu du système et des Wall Street guys font des sweet deals aux Wall Street guys (Obama ou pas). L'autre où des hommes politiques inattentifs mais toujours un peu aux commandes font ces mêmes cadeaux en raison de leur naïveté. Le premier est destiné à son blog, le second à "un journal de référence". La conclusion est donc comme toujours: vivement la fin des "journaux de référence" (ça n'est pas une vue de l'esprit: beaucoup de ces publications traversent des difficultés financières qui mettent leur survie en question, comme le Chicago Tribune et le LA Times par exemple mis en danger par la faillite de leur maison mère, la Tribune Company).
"Under Bush, financial policy consisted of Wall Street types cutting sweet deals, at taxpayer expense, for Wall Street types. Under Obama, it’s precisely the reverse."
Traduction: "Sous Bush, la politique en matière de finance se résumait à des gars de Wall Street faisant des faveurs à des gars de Wall Street aux dépens du contribuable. Sous Obama, c'est l'inverse."
Ceci dit, je ne comprends pas comment cela peut-être compatible avec ce que le même Krugman avait écrit là et que j'avais vivement critiqué ici. Dans un cas il dit que Wall Street légifère pour Wall Street ce qui résume l'état déplorable de la démocratie américaine. Dans l'autre, il dit (je résume): "Les hommes politiques, possiblement sans s'en rendre compte, font des cadeaux énormes aux actionnaires des banques au détriment des contribuables". Les hommes politiques sont donc "possiblement" blancs comme neige, peut-être juste un peu distraits. Dans un cas la corruption est totale, dans l'autre, les politiciens sont des gars de bonne foi juste un peu patauds et maladroits. What's it gonna be, Paul?
Deux explications pour réconcilier ces deux perspectives:
- Krugman pense que les hommes politiques font ce que leur demandent les banquiers sans en comprendre les tenants et les aboutissants. On se demande alors pourquoi il se donne la peine de les mentionner.
- Krugman avait écrit quelque chose de plus cinglant mais il a été gentiment remis dans la droite ligne par un éditeur du New York Times avec une formule laissant une porte de sortie à la classe politique (le manque de vigilance). Cela semble possible dans la mesure où l'affirmation cinglante a été publiée sur son blog (hébergé par le NYT) et que l'éditorial "consens mou" respectueux du pouvoir a été publié dans la version papier du journal et a donc fait l'objet d'un "editing".
Donc Krugman nous donne deux versions de la réalité, une ou les hommes politiques ont disparu du système et des Wall Street guys font des sweet deals aux Wall Street guys (Obama ou pas). L'autre où des hommes politiques inattentifs mais toujours un peu aux commandes font ces mêmes cadeaux en raison de leur naïveté. Le premier est destiné à son blog, le second à "un journal de référence". La conclusion est donc comme toujours: vivement la fin des "journaux de référence" (ça n'est pas une vue de l'esprit: beaucoup de ces publications traversent des difficultés financières qui mettent leur survie en question, comme le Chicago Tribune et le LA Times par exemple mis en danger par la faillite de leur maison mère, la Tribune Company).
jeudi 29 janvier 2009
The world according to TARP*
Katrina vanden Heuvel, l'éditrice de "The Nation" (magazine mythique, le plus à gauche à large diffusion aux US), a trouvé un sens différent à l'acronyme TARP.
"The Act Rewarding Plutocracy"
C'est bien plus proche de la réalité que le pourtant réel "Troubled Asset Relief Program" qui n'a finalement pas servi à racheter des "troubled asset" mais à recapitaliser les banques. Ce changement de destination a révélé ce qu'il était vraiment: un chèque en blanc dont les bénéficiaires ont été déterminés par Paulson et ses jeunes aides de Goldman Sachs dans l'opacité la plus totale. Il est aujourd'hui paré de la légitimité que confère la loi mais gageons qu'il restera dans l'histoire comme le plus grand scandale financier de tous les temps. Un des derniers spasmes (espérons-le!) d'un organisme complètement gangréné par la corruption.
* J'ai googlé ce titre et il a été utilisé en septembre 2008 par Paul Krugman que j'avais dû lire à l'époque.
"The Act Rewarding Plutocracy"
C'est bien plus proche de la réalité que le pourtant réel "Troubled Asset Relief Program" qui n'a finalement pas servi à racheter des "troubled asset" mais à recapitaliser les banques. Ce changement de destination a révélé ce qu'il était vraiment: un chèque en blanc dont les bénéficiaires ont été déterminés par Paulson et ses jeunes aides de Goldman Sachs dans l'opacité la plus totale. Il est aujourd'hui paré de la légitimité que confère la loi mais gageons qu'il restera dans l'histoire comme le plus grand scandale financier de tous les temps. Un des derniers spasmes (espérons-le!) d'un organisme complètement gangréné par la corruption.
* J'ai googlé ce titre et il a été utilisé en septembre 2008 par Paul Krugman que j'avais dû lire à l'époque.
Entendu sur BFM
Je rentre chez moi ce soir et j'entends ça sur BFM avant de couper le moteur:
"Cette crise est arrivée très vite. Ecoutez, il y a six mois, personne n'en parlait. Si elle est arrivée très vite, elle peut également s'arrêter très vite."
CQFD. J'ajouterais: "j'ai cassé cet oeuf en un dixième de seconde, je vais le reconstituer dans le même temps".
"Cette crise est arrivée très vite. Ecoutez, il y a six mois, personne n'en parlait. Si elle est arrivée très vite, elle peut également s'arrêter très vite."
CQFD. J'ajouterais: "j'ai cassé cet oeuf en un dixième de seconde, je vais le reconstituer dans le même temps".
lundi 26 janvier 2009
"and nonbelievers."
Retour sur le discours d'Obama. Après avoir été plus ou moins passée sous silence depuis des décennies (des siècles?), une nouvelle catégorie de citoyens américains a fait son apparition dans le discours d'inauguration d'Obama, les "nonbelievers".
We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus, and nonbelievers.
Un motif de réjouissance pour tous les américains qui appartiennent à cette catégorie. Tant que j'y suis, je me réjouissais du fait qu'Obama n'ait pas utilisé l'expression symbole du bushisme de "war on terror" dans son discours. Il s'en rapproche dangereusement avec des trucs dans le goût "war on terrorist forces"...
We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus, and nonbelievers.
Un motif de réjouissance pour tous les américains qui appartiennent à cette catégorie. Tant que j'y suis, je me réjouissais du fait qu'Obama n'ait pas utilisé l'expression symbole du bushisme de "war on terror" dans son discours. Il s'en rapproche dangereusement avec des trucs dans le goût "war on terrorist forces"...
Les agences de notation mènent toujours le bal
Les agences de notation demeurent écoutées bien qu'elles aient rendu cette crise possible en vendant leur crédibilité au plus offrant.
Elles ont sonné le début de la crise en downgradant plusieurs centaines d'obligations pourries en juin 2007. Ce faisant elles ont démontré qu'elles pouvaient influer sur le timing de la crise. Les marchés restent suspendus à leur avis en matière de dette souveraine. Ainsi, ce sont les agences de notation qui vont pouvoir déterminer quel pays mérite ou non d'être downgradé, quelle monnaie mérite ou non de plonger. Elles pourront aussi en décider le moment. Ce pouvoir serait déjà inquiétant s'il était exercé par des institutions honnêtes et indépendantes mais là, vu leurs antécédents, c'est tout simplement terrifiant. Souvenons-nous qu'elles n'ont pas seulement noté AAA des trillions d'obligations pourries très majoritairement américaines, elles ont également, pour être agréable au gouvernement américain, maintenu le rating de certains monoliners bien plus longtemps qu'il n'aurait été raisonnable. Elle regarde avec bienveillance la faillite totale de l'économie américaine en downgradant tranquillement l'Equateur ou l'Espagne.
En dépit de la faillite totale du système financier impérial américain, les arbitres ultimes de la solvabilité des nations restent des institutions privées qui mangent dans la main de l'Etat US. Le monde arrivera-t-il à s'affranchir de cette tutelle qui après avoir longtemps été injustifiée est aujourd'hui devenue grotesque?
Note: Faut-il d'urgence créer une agence européenne capable de noter les Etats et les grandes entreprises? (pour la dette structurée, on va dire que ça n'est pas prioritaire!) Pas crédible me direz-vous? Mais Moody's et S&P ne sont pas plus crédibles dans le contexte actuel. Il faut contrer le bruit par le bruit. Cela aurait aussi la vertu de poser le problème de la légitimité politique de ces agences. Arrêtons de croire au mythe de l'impartialité et du jugement objectif. La crise l'a complètement démonté. Il faut torpiller ces institutions. Les américains ne le feront pas d'eux-mêmes car ce sont des instruments de puissance.
Elles ont sonné le début de la crise en downgradant plusieurs centaines d'obligations pourries en juin 2007. Ce faisant elles ont démontré qu'elles pouvaient influer sur le timing de la crise. Les marchés restent suspendus à leur avis en matière de dette souveraine. Ainsi, ce sont les agences de notation qui vont pouvoir déterminer quel pays mérite ou non d'être downgradé, quelle monnaie mérite ou non de plonger. Elles pourront aussi en décider le moment. Ce pouvoir serait déjà inquiétant s'il était exercé par des institutions honnêtes et indépendantes mais là, vu leurs antécédents, c'est tout simplement terrifiant. Souvenons-nous qu'elles n'ont pas seulement noté AAA des trillions d'obligations pourries très majoritairement américaines, elles ont également, pour être agréable au gouvernement américain, maintenu le rating de certains monoliners bien plus longtemps qu'il n'aurait été raisonnable. Elle regarde avec bienveillance la faillite totale de l'économie américaine en downgradant tranquillement l'Equateur ou l'Espagne.
En dépit de la faillite totale du système financier impérial américain, les arbitres ultimes de la solvabilité des nations restent des institutions privées qui mangent dans la main de l'Etat US. Le monde arrivera-t-il à s'affranchir de cette tutelle qui après avoir longtemps été injustifiée est aujourd'hui devenue grotesque?
Note: Faut-il d'urgence créer une agence européenne capable de noter les Etats et les grandes entreprises? (pour la dette structurée, on va dire que ça n'est pas prioritaire!) Pas crédible me direz-vous? Mais Moody's et S&P ne sont pas plus crédibles dans le contexte actuel. Il faut contrer le bruit par le bruit. Cela aurait aussi la vertu de poser le problème de la légitimité politique de ces agences. Arrêtons de croire au mythe de l'impartialité et du jugement objectif. La crise l'a complètement démonté. Il faut torpiller ces institutions. Les américains ne le feront pas d'eux-mêmes car ce sont des instruments de puissance.
dimanche 25 janvier 2009
La Californie proche de la faillite
Le problème du contribuable américain, c'est que l'Etat fédéral ne va pas être le seul à frapper à sa porte avec la récession. Continuer à faire des tax cuts dans ce contexte, c'est un saut dans l'inconnu.
The controller says California is down to Plan D on its checklist of paying bills. Its cash reserves are piddling; the special funds it borrows from are tapped out, and no one in the private sector is going to lend it any cash at a reasonable interest rate.
Voir article ici (via Atrios).
The controller says California is down to Plan D on its checklist of paying bills. Its cash reserves are piddling; the special funds it borrows from are tapped out, and no one in the private sector is going to lend it any cash at a reasonable interest rate.
Voir article ici (via Atrios).
"Obama Style" par Obama
Je n'ai pas trouvé d'où venait cet extrait. J'ai l'impression que c'était avant qu'il soit élu. Un poil autosatisfait mais c'est vrai qu'avec son sourire, ça passe en douceur! (via DailyKos)
Note: en regardant plus attentivement, il semble que ce soit il y a un an pendant les primaires du New Hampshire. C'est vrai que cette tactique de n'être pas à l'origine des affrontements s'est répétée au travers de la campagne.
Note: en regardant plus attentivement, il semble que ce soit il y a un an pendant les primaires du New Hampshire. C'est vrai que cette tactique de n'être pas à l'origine des affrontements s'est répétée au travers de la campagne.
samedi 24 janvier 2009
Obama garde son blackberry
Répondant à une question que se posait le blogo, Obama s'est arrangé pour conserver l'accès à un blackberry. Le président n'avait pour l'instant jamais eu d'emails. Seules des personnes autorisées pourront lui envoyer des emails. Ses copains pourront lui envoyer des articles... Le président sortira-t-il de la réalité officielle qu'on construit pour lui? S'informera-t-il en partie lui-même? Exciting times.
Lynch Merrill
Merrill aurait avancé les paiements de bonus à décembre cette année contre janvier ou février traditionnellement. $3 à $4 milliards de dollars auraient été payés. Cela semble avoir été fait pour précéder le passage sous contrôle officiel de Bank of America le 1er janvier 2009.
Alors pour ceux qui ne suivent pas ou plus, Merrill n'existe plus depuis la mi septembre, date à laquelle un accord a réglé sa reprise par Bank Of America. En raison sans doute d'une présentation frauduleuse de sa situation par Merrill, Bank of America a été obligée de demander $20 milliards au gouvernement début janvier ainsi qu'une garantie sur plus de $100 milliards d'actifs. Aide que le gouvernement a accordé sans ciller.
Les Robber Barrons à l'oeuvre. Personne n'a encore sifflé la fin de la partie. Il faut dire que l'arbitre est sous influence...
Alors pour ceux qui ne suivent pas ou plus, Merrill n'existe plus depuis la mi septembre, date à laquelle un accord a réglé sa reprise par Bank Of America. En raison sans doute d'une présentation frauduleuse de sa situation par Merrill, Bank of America a été obligée de demander $20 milliards au gouvernement début janvier ainsi qu'une garantie sur plus de $100 milliards d'actifs. Aide que le gouvernement a accordé sans ciller.
Les Robber Barrons à l'oeuvre. Personne n'a encore sifflé la fin de la partie. Il faut dire que l'arbitre est sous influence...
vendredi 23 janvier 2009
mercredi 21 janvier 2009
Obama Président
C'en est donc fini du règne du SPECTRE sur les Etats-Unis et tout le monde se sent tout à coup plus serein.
J'avais mis en garde sur le risque que Bush n'amnistie une ribambelle d'escrocs et de collaborateurs qui avaient commis des crimes en son nom. Cela ne s'est pas passé. Bush a exercé son droit de grâce avec mesure pendant tout son mandat et a été fidèle à ce principe jusqu'à la fin. Doit-on l'en féliciter? Certains disent dans la blogosphère que gracier son entourage aurait été se tirer une balle dans le pied pour Bush en raison du 5ème amendement à la constitution qui pose qu'un justiciable ne peut pas être appelé à témoigner contre lui-même. Les graciés éventuels auraient été libres de témoigner contre Bush car ils n'auraient pas été menacé eux-mêmes par leurs aveux. En revanche, des justiciables classiques se réfugieraient derrière le 5ème amendement et ne parleraient pas ce qui maintiendrait une chape de plomb sur ces procédures. Le droit de grâce n'est de toute façon pas utilisable pour immuniser contre des poursuites futures (je crois) donc cet argument me semble un peu creux. Dieu sait que je n'aime pas Bush mais je préfère m'en tenir à ses actes et lui rendre cette justice: il n'a pas abusé dans ses dernières heures de la grâce présidentielle comme je le redoutais.
Et le discours d'Obama que je pensais être un moment de vérité? Tout d'abord, je me suis trompé: je pensais que le discours de l'inauguration était similaire à un "Discours sur l'Etat de l'Union" avec un niveau de détails plus important (trois fois plus long) et un caractère programmatique. Il s'avère qu'il n'y a en général pas de State Of The Union Address les années où un nouveau président est inauguré (il peut y avoir quelque chose de similaire). Donc mes attentes n'étaient pas raisonnables quand j'ai écrit ça. Néanmoins, Obama a clairement placé sa présidence sous le signe de circonstances exceptionnelles (crise économique et engagements extérieurs). Il a replacé les Etats-Unis dans leur tradition historique et dénoncé en creux la présidence W comme une aberration. Je me réjouis de l'abandon apparent de la rhétorique absolument horripilante, orwellienne et stupide sur la "War on Terror" (pourquoi pas une "war on Error" comme le suggèrait Stephen Colbert?). Pour ce qui est de la mise en accusation de la "power structure" (doublement faillie, doit-on le rappeler? guerre et crise éco) on repassera. Tout le monde à Washington a dormi sur ses deux oreilles.
Alors, oui, un appel à reconstruire l'Amérique un peu comme si on appelait à reconstruire la Nouvelle Orléans après Katrina: "il faut se retrousser les manches et faire preuve d'optimisme car on est américain après tout". Mais sur le pourquoi de la crise économique et d'éventuels défauts dans la structure du pouvoir, absolument rien. Ah si ça:
Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some,
Aussitôt mitigé par ça:
but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age.
Autrement dit: y a peut-être bien des responsables quelque part mais ce qu'on va faire, c'est tous se retrousser les manches car c'est un peu notre faute à tous aussi. L'appel à l'effort et au sacrifice n'est évidemment jamais détaillé dans ce pays où une seule chose est plus appréciée qu'une tax cut, une tax cut plus importante*. Et la caravanne passe.
No revolution in sight. Obama ne semble pas vouloir s'appuyer sur son aura et sa popularité incroyable pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Pense-t-il que les fourmis auraient vite fait de l'avaler? Certains vont donc se réfugier dans la deuxième branche de l'alternative: Obama ne fera rien tout de suite mais réformera quand il aura assis son pouvoir (il sera alors mécaniquement moins populaire, donc attendre est un pari risqué). Les cyniques (qu'Obama dénonce - je veux bien mais après 8 ans de W on se demande s'il y a un choix entre le cynisme et la stupidité), envisageront une troisième possibilité: il ne tentera jamais de transformer profondément les Etats-Unis.
Les gens raisonnables attendront les premières semaines et mois de cette présidence (et peut-être un discours programmatique plus long, comme le State Of The Union mais n'en portant pas le nom - ça arrive) pour se faire une idée.
* Les tax cuts (massivement favorables aux plus aisés) sont la raison essentielle du creusement abyssal des déficits ces dernières années mais le tout dernier stimulus plan d'Obama reste imperturbablement basé pour un tiers sur des tax cuts (pour faire plaisir aux républicains - on se demande bien pourquoi, n'ont-ils pas perdu?). Alors même que les comptes publics partout dans le pays sont proches de la faillite (l'Etat de Californie par exemple) et que la seule chose qui persuade l'investisseur étranger de ne pas balancer ses bons du trésor US est la supposée capacité de l'Etat à lever l'impôt. Existe-t-elle réellement?
J'avais mis en garde sur le risque que Bush n'amnistie une ribambelle d'escrocs et de collaborateurs qui avaient commis des crimes en son nom. Cela ne s'est pas passé. Bush a exercé son droit de grâce avec mesure pendant tout son mandat et a été fidèle à ce principe jusqu'à la fin. Doit-on l'en féliciter? Certains disent dans la blogosphère que gracier son entourage aurait été se tirer une balle dans le pied pour Bush en raison du 5ème amendement à la constitution qui pose qu'un justiciable ne peut pas être appelé à témoigner contre lui-même. Les graciés éventuels auraient été libres de témoigner contre Bush car ils n'auraient pas été menacé eux-mêmes par leurs aveux. En revanche, des justiciables classiques se réfugieraient derrière le 5ème amendement et ne parleraient pas ce qui maintiendrait une chape de plomb sur ces procédures. Le droit de grâce n'est de toute façon pas utilisable pour immuniser contre des poursuites futures (je crois) donc cet argument me semble un peu creux. Dieu sait que je n'aime pas Bush mais je préfère m'en tenir à ses actes et lui rendre cette justice: il n'a pas abusé dans ses dernières heures de la grâce présidentielle comme je le redoutais.
Et le discours d'Obama que je pensais être un moment de vérité? Tout d'abord, je me suis trompé: je pensais que le discours de l'inauguration était similaire à un "Discours sur l'Etat de l'Union" avec un niveau de détails plus important (trois fois plus long) et un caractère programmatique. Il s'avère qu'il n'y a en général pas de State Of The Union Address les années où un nouveau président est inauguré (il peut y avoir quelque chose de similaire). Donc mes attentes n'étaient pas raisonnables quand j'ai écrit ça. Néanmoins, Obama a clairement placé sa présidence sous le signe de circonstances exceptionnelles (crise économique et engagements extérieurs). Il a replacé les Etats-Unis dans leur tradition historique et dénoncé en creux la présidence W comme une aberration. Je me réjouis de l'abandon apparent de la rhétorique absolument horripilante, orwellienne et stupide sur la "War on Terror" (pourquoi pas une "war on Error" comme le suggèrait Stephen Colbert?). Pour ce qui est de la mise en accusation de la "power structure" (doublement faillie, doit-on le rappeler? guerre et crise éco) on repassera. Tout le monde à Washington a dormi sur ses deux oreilles.
Alors, oui, un appel à reconstruire l'Amérique un peu comme si on appelait à reconstruire la Nouvelle Orléans après Katrina: "il faut se retrousser les manches et faire preuve d'optimisme car on est américain après tout". Mais sur le pourquoi de la crise économique et d'éventuels défauts dans la structure du pouvoir, absolument rien. Ah si ça:
Our economy is badly weakened, a consequence of greed and irresponsibility on the part of some,
Aussitôt mitigé par ça:
but also our collective failure to make hard choices and prepare the nation for a new age.
Autrement dit: y a peut-être bien des responsables quelque part mais ce qu'on va faire, c'est tous se retrousser les manches car c'est un peu notre faute à tous aussi. L'appel à l'effort et au sacrifice n'est évidemment jamais détaillé dans ce pays où une seule chose est plus appréciée qu'une tax cut, une tax cut plus importante*. Et la caravanne passe.
No revolution in sight. Obama ne semble pas vouloir s'appuyer sur son aura et sa popularité incroyable pour donner un coup de pied dans la fourmilière. Pense-t-il que les fourmis auraient vite fait de l'avaler? Certains vont donc se réfugier dans la deuxième branche de l'alternative: Obama ne fera rien tout de suite mais réformera quand il aura assis son pouvoir (il sera alors mécaniquement moins populaire, donc attendre est un pari risqué). Les cyniques (qu'Obama dénonce - je veux bien mais après 8 ans de W on se demande s'il y a un choix entre le cynisme et la stupidité), envisageront une troisième possibilité: il ne tentera jamais de transformer profondément les Etats-Unis.
Les gens raisonnables attendront les premières semaines et mois de cette présidence (et peut-être un discours programmatique plus long, comme le State Of The Union mais n'en portant pas le nom - ça arrive) pour se faire une idée.
* Les tax cuts (massivement favorables aux plus aisés) sont la raison essentielle du creusement abyssal des déficits ces dernières années mais le tout dernier stimulus plan d'Obama reste imperturbablement basé pour un tiers sur des tax cuts (pour faire plaisir aux républicains - on se demande bien pourquoi, n'ont-ils pas perdu?). Alors même que les comptes publics partout dans le pays sont proches de la faillite (l'Etat de Californie par exemple) et que la seule chose qui persuade l'investisseur étranger de ne pas balancer ses bons du trésor US est la supposée capacité de l'Etat à lever l'impôt. Existe-t-elle réellement?
Le référencement du Blogo sur Google au plus mal
Quand j'ai commencé "El Blogo", une des choses qui m'intéressait était la manière dont le site allait être identifié et classé par Google. Pendant les premiers jours, le site n'apparaîssait pas ce qui me contrariait car il est hébergé par le site gratuit de Google pour les blogs: "Blogger". Après, on l'a vu apparaître à la 7ème ou 8ème position pendant assez longtemps (en faisant la recherche "El Blogo" (sans guillemets) sur Google France (on le trouvait sur Google US également mais en descendant loin dans la liste). Je disais alors aux gens qui n'avaient pas de signet qu'il fallait chercher "El Blogo" mais rajouter "crise" pour l'avoir en première position.
Blogo ne veut pas dire blog en espagnol ("blog" est utilisé), c'est dire si "El Blogo" n'avait pas beaucoup de concurrence sur Google France. Tant et si bien qu'assez vite, avec un faible trafic mais un trafic néanmoins, "El Blogo" est devenu le premier site apparaissant quand on faisait cette recherche (mi-décembre à peu près).
C'est bien fini maintenant. El Blogo n'apparaît qu'en deuxième page. Mieux (ou moins bien en réalité) "Blogo crise" ne donne que deux résultats et le blogo n'y est pas (c'était hier: aujourd'hui, il y a plus de résultats et le blogo finit second).
Il faut dire qu'il y a eu un pic d'audience mi-décembre en raison du surgissement du nom "Madoff" sur Google France qui avait exposé le Blogo plus que d'habitude sur les moteurs de recherche l'espace d'un week-end (avant l'explosion médiatique)...
Blogo ne veut pas dire blog en espagnol ("blog" est utilisé), c'est dire si "El Blogo" n'avait pas beaucoup de concurrence sur Google France. Tant et si bien qu'assez vite, avec un faible trafic mais un trafic néanmoins, "El Blogo" est devenu le premier site apparaissant quand on faisait cette recherche (mi-décembre à peu près).
C'est bien fini maintenant. El Blogo n'apparaît qu'en deuxième page. Mieux (ou moins bien en réalité) "Blogo crise" ne donne que deux résultats et le blogo n'y est pas (c'était hier: aujourd'hui, il y a plus de résultats et le blogo finit second).
Il faut dire qu'il y a eu un pic d'audience mi-décembre en raison du surgissement du nom "Madoff" sur Google France qui avait exposé le Blogo plus que d'habitude sur les moteurs de recherche l'espace d'un week-end (avant l'explosion médiatique)...
Bush off the wagon?
Il y a des rumeurs persistantes sur le fait que Bush soit tombé "off the wagon" ce qui veut dire retomber dans l'alcool pour un ancien alcoolique. C'est comme si les langues se déliaient maintenant que le danger est passé. C'est pas si grave: on a bien eu Yeltsin avec le doigt sur le bouton nucléaire précédemment.
Si ce que je lis est vrai, il y a eu assez d'instances délicates ces derniers mois pour que l'information sorte totalement d'ici à quelques mois (sans compter qu'on saura peut-être également s'il mène une vie normale au Texas ou pas). Le National Enquirer (journal absolument de caniveau mais qui a révélé par exemple que John Edwards avait une maîtresse plusieurs mois avant le reste des mainstream medias) date sa reprise de l'alcool à Katrina. Beaucoup ont noté que son agenda a été extrêmement léger ces 6 derniers mois.
Si ce que je lis est vrai, il y a eu assez d'instances délicates ces derniers mois pour que l'information sorte totalement d'ici à quelques mois (sans compter qu'on saura peut-être également s'il mène une vie normale au Texas ou pas). Le National Enquirer (journal absolument de caniveau mais qui a révélé par exemple que John Edwards avait une maîtresse plusieurs mois avant le reste des mainstream medias) date sa reprise de l'alcool à Katrina. Beaucoup ont noté que son agenda a été extrêmement léger ces 6 derniers mois.
mardi 20 janvier 2009
J'ai trouvé!
J'ai entendu que Cheney était en chaise roulante lors des cérémonies et j'ai immédiatement pensé au dirigeant du spectre! Il ne manque à Cheney sur sa chaise roulante qu'un chat angorra blanc et voilà! Ernst Stavro Blofeld! Depuis 8 ans, les Etats-Unis sont dirigés par le SPECTRE! (SPECTRE: Special Executive for Counter-intelligence, Terrorism, Revenge and Extortion)

Occasion pour moi d'aborder un aspect de la présidence Bush-Cheney qui est bien trop peu débattu: l'aspect "profiteurs de guerre" de ces individus. L'invasion de l'Irak a été l'objet d'attribution de contrats de manière opaque pour des montants qui laissent complètement rêveur. Rappeler l'Etat à ses obligations quand à l'attribution de marchés a été, paraît-il, le moyen le plus sûr de fusiller sa carrière pour un fonctionnaire américain sous Bush. Cela mériterait que je m'y étende plus mais pour l'heure, ces seuls noms suffiront à vous rappeler de bons souvenirs (et l'inanité de ceux qui attribuaient des buts altruistes à l'intervention américaine - quelques intellectuels et hommes politiques français malheureusement promus depuis se reconnaîtront):
Halliburton
Bechtel
Blackwater
Dyncorps
Kellog Brown and Root (KBR)...

Occasion pour moi d'aborder un aspect de la présidence Bush-Cheney qui est bien trop peu débattu: l'aspect "profiteurs de guerre" de ces individus. L'invasion de l'Irak a été l'objet d'attribution de contrats de manière opaque pour des montants qui laissent complètement rêveur. Rappeler l'Etat à ses obligations quand à l'attribution de marchés a été, paraît-il, le moyen le plus sûr de fusiller sa carrière pour un fonctionnaire américain sous Bush. Cela mériterait que je m'y étende plus mais pour l'heure, ces seuls noms suffiront à vous rappeler de bons souvenirs (et l'inanité de ceux qui attribuaient des buts altruistes à l'intervention américaine - quelques intellectuels et hommes politiques français malheureusement promus depuis se reconnaîtront):
Halliburton
Bechtel
Blackwater
Dyncorps
Kellog Brown and Root (KBR)...
Historique? Pathétique?
Que va dire Obama? Va-t-il reconnaître la gravité de la situation? L'accélération de la crise pendant la campagne l'a aidée politiquement mais ni lui ni McCain n'ont pris le risque de tenter d'y apporter un début de réponse. Après la nomination d'une équipe d'apparatchiks bon teint (faillis: Clinton pro-guerre et Geithner pro "debt economy"), peut-il incarner seul à la tête de l'Etat un changement substantiel?
Obama va-t-il "shooter for the stars" ou va-t-il répéter des platitudes de campagne matinées de la grandiloquence qui sied à l'évènement? Va-t-il se contenter du changement (cosmétique) que constitue son ethnicité?
La question que le Blogo se pose depuis le début: Obama a-t-il les ressources (et l'envie) de mener les combats qui pourraient faire de lui un grand président (financement de campagne)? va se voir apporter un début de réponse. Il n'a clairement menacé personne avec ses nominations. Certains à Washington trouveront-ils certains aspects de son discours inconfortable? J'ai bien peur que tout le monde dorme sur ses deux oreilles, ce soir, inside the beltway ce qui au vu de l'histoire récente serait un veritable scandale.
Obama va-t-il "shooter for the stars" ou va-t-il répéter des platitudes de campagne matinées de la grandiloquence qui sied à l'évènement? Va-t-il se contenter du changement (cosmétique) que constitue son ethnicité?
La question que le Blogo se pose depuis le début: Obama a-t-il les ressources (et l'envie) de mener les combats qui pourraient faire de lui un grand président (financement de campagne)? va se voir apporter un début de réponse. Il n'a clairement menacé personne avec ses nominations. Certains à Washington trouveront-ils certains aspects de son discours inconfortable? J'ai bien peur que tout le monde dorme sur ses deux oreilles, ce soir, inside the beltway ce qui au vu de l'histoire récente serait un veritable scandale.
La naïveté confondante de Paul Krugman
J'aime bien Paul Krugman. Il est l'un des rares américains avec une véritable tribune qui ait résisté à l'orwellienne hystérie pro-guerre de début 2003. Ca n'était pas le plus en pointe sur la crise économique mais il était du bon côté de la barrière. Il a fait un édito il y a trois jours, courageux à nouveau, qui demande à ce qu'on n'amnistie pas "de fait" les crimes bushistes en ne les poursuivant pas. Sur la guerre et sur les crimes de Bush, il refuse d'entrer dans le consensus convenu washingtonien et c'est assez rare pour être remarqué. En plus dans son dernier édito, il se prononce, comme le blogo il y a trois mois (sinon ça ne serait pas le blogo) pour une nationalisation des banques. Alors pourquoi suis-je furieux? Parce qu'il omet dans sa dénonciation des solution trouvées à la crise (TARP etc...) de relever la collusion scandaleuse entre les politiques et les banques. Est-ce un manque de capacité d'observation ou (plus probablement) un manque de courage? En tout cas, c'est très décevant et c'est une attaque frontale contre les positions du blogo (peut-être qu'il ne le lit pas mais google analytics me dit que je score très bien avec les prix nobels d'économie donc ça m'étonnerait).
Alors voilà: dans son dernier édito Krugman nous explique comment l'Etat tente de résoudre la crise et pourquoi il pense que cette solution n'est pas la bonne. C'est didactique et divertissant mais j'ai un gros problème avec la naïveté stupéfiante des conclusions qu'il tire (il vaut mieux lire l'édito pour le contexte):
What I suspect is that policy makers — possibly without realizing it — are gearing up to attempt a bait-and-switch: a policy that looks like the cleanup of the savings and loans, but in practice amounts to making huge gifts to bank shareholders at taxpayer expense, disguised as “fair value” purchases of toxic assets.
Traduction abrégée: "Les politiques, peut-être sans s'en rendre compte, font un cadeau aux actionnaires des banques aux dépens du contribuable."
Je veux dire, là, c'est juste pas possible! Paul Krugman, prix nobel d'économie, n'est pas capable de "connect the dots" et de voir comment le bailout est le produit d'un système corrompu jusqu'à la moëlle où il n'y a virtuellement aucune divergence d'intérêts entre la classe politique et les banques? Il ne voit pas que cette crise n'a été possible que grâce à la démission généralisée du personnel politique qui a refusé d'exercer sa fonction de régulation? Fannie Mae et Freddie Mac arrosant le personnel politique (dont Rahm Emanuel, nouveau directeur de cabinet d'Obama), ça lui a échappé? Le PDG d'Ameriquest qui se reconvertit en ambassadeur aux Pays-Bas grâce à ses généreuses contributions de campagne, pas vu? La loi sur les faillites personnelles qui est rédigée par les credit card companies en 2005 (avec le concours du nouveau Vice President, Joe Biden), ça lui a échappé? Les plus grosses contributions de campagne venant des Wall Street, ça ne ring pas a bell? Les banques qui freinent des quatres fers contre toute tentative de régulations des prêts "subprime"? Etait-il sur une autre planète ces dernières années ($120 milliards de bonus en 5 ans pour 5 firmes)?
"Possibly without realizing it"? Avec le TARP dirigé par un jeune gars de 35 ans venu tout droit de chez Goldman Sachs et voté préférentiellement par les représentants touchant le plus d'argent des banques*? Parrainé par Hank Paulson ancien président de GS? C'est du second degré? J'espère, sinon c'est la première fois que je trouve Krugman atterrant. L'Etat n'a pas repris les banques en main comme le suggérait le blogo au moment du bailout plan car il a partie liée avec les banques. C'est bien simple, on ne peut tout simplement plus faire la différence! L'Etat essaye de préserver la continuité du pouvoir financier au travers de la crise dans l'opacité la plus totale alors qu'il devrait au contraire le sanctionner au grand jour et en organiser le renouvellement (comme suggéré ici). Avant la crise, les banques achetaient les politiques pour que ces derniers ne les empêchent pas de faire de l'argent frauduleusement et tranquillement. Depuis la crise, gagner de l'argent frauduleusement n'est plus possible alors les banques achètent les politiques pour qu'ils leur donnent directement l'argent du contribuable. C'est cet écosystème, qui se nourrissait sur l'endettement privé, qui a été sauvé in extremis par Paulson et qui se nourrit désormais sur l'endettement public (ou qui essaye plutôt de faire croire qu'il y parviendra le plus longtemps possible).
Alors Krugman devrait arrêter d'ouvrir ses grands yeux candides de petits garçons de dix ans et poser un regard adulte sur la situation (même s'il doit y perdre des chances de rallier l'administration Obama). Il devrait identifier les Etats-Unis pour ce qu'ils sont: un empire cédant sous le poids de sa propre corruption. Un empire qui ne traverse pas qu'une simple crise économique mais bien une crise politique.
* Sur le vote du TARP: "October 3, 2008 4:26 PM. House members voting for the bailout Friday have collected 41 percent more than opponents from the industries most eager for emergency aid. Senate vote was similarly divided."
Alors voilà: dans son dernier édito Krugman nous explique comment l'Etat tente de résoudre la crise et pourquoi il pense que cette solution n'est pas la bonne. C'est didactique et divertissant mais j'ai un gros problème avec la naïveté stupéfiante des conclusions qu'il tire (il vaut mieux lire l'édito pour le contexte):
What I suspect is that policy makers — possibly without realizing it — are gearing up to attempt a bait-and-switch: a policy that looks like the cleanup of the savings and loans, but in practice amounts to making huge gifts to bank shareholders at taxpayer expense, disguised as “fair value” purchases of toxic assets.
Traduction abrégée: "Les politiques, peut-être sans s'en rendre compte, font un cadeau aux actionnaires des banques aux dépens du contribuable."
Je veux dire, là, c'est juste pas possible! Paul Krugman, prix nobel d'économie, n'est pas capable de "connect the dots" et de voir comment le bailout est le produit d'un système corrompu jusqu'à la moëlle où il n'y a virtuellement aucune divergence d'intérêts entre la classe politique et les banques? Il ne voit pas que cette crise n'a été possible que grâce à la démission généralisée du personnel politique qui a refusé d'exercer sa fonction de régulation? Fannie Mae et Freddie Mac arrosant le personnel politique (dont Rahm Emanuel, nouveau directeur de cabinet d'Obama), ça lui a échappé? Le PDG d'Ameriquest qui se reconvertit en ambassadeur aux Pays-Bas grâce à ses généreuses contributions de campagne, pas vu? La loi sur les faillites personnelles qui est rédigée par les credit card companies en 2005 (avec le concours du nouveau Vice President, Joe Biden), ça lui a échappé? Les plus grosses contributions de campagne venant des Wall Street, ça ne ring pas a bell? Les banques qui freinent des quatres fers contre toute tentative de régulations des prêts "subprime"? Etait-il sur une autre planète ces dernières années ($120 milliards de bonus en 5 ans pour 5 firmes)?
"Possibly without realizing it"? Avec le TARP dirigé par un jeune gars de 35 ans venu tout droit de chez Goldman Sachs et voté préférentiellement par les représentants touchant le plus d'argent des banques*? Parrainé par Hank Paulson ancien président de GS? C'est du second degré? J'espère, sinon c'est la première fois que je trouve Krugman atterrant. L'Etat n'a pas repris les banques en main comme le suggérait le blogo au moment du bailout plan car il a partie liée avec les banques. C'est bien simple, on ne peut tout simplement plus faire la différence! L'Etat essaye de préserver la continuité du pouvoir financier au travers de la crise dans l'opacité la plus totale alors qu'il devrait au contraire le sanctionner au grand jour et en organiser le renouvellement (comme suggéré ici). Avant la crise, les banques achetaient les politiques pour que ces derniers ne les empêchent pas de faire de l'argent frauduleusement et tranquillement. Depuis la crise, gagner de l'argent frauduleusement n'est plus possible alors les banques achètent les politiques pour qu'ils leur donnent directement l'argent du contribuable. C'est cet écosystème, qui se nourrissait sur l'endettement privé, qui a été sauvé in extremis par Paulson et qui se nourrit désormais sur l'endettement public (ou qui essaye plutôt de faire croire qu'il y parviendra le plus longtemps possible).
Alors Krugman devrait arrêter d'ouvrir ses grands yeux candides de petits garçons de dix ans et poser un regard adulte sur la situation (même s'il doit y perdre des chances de rallier l'administration Obama). Il devrait identifier les Etats-Unis pour ce qu'ils sont: un empire cédant sous le poids de sa propre corruption. Un empire qui ne traverse pas qu'une simple crise économique mais bien une crise politique.
* Sur le vote du TARP: "October 3, 2008 4:26 PM. House members voting for the bailout Friday have collected 41 percent more than opponents from the industries most eager for emergency aid. Senate vote was similarly divided."
lundi 19 janvier 2009
Parfum de fin du monde
Il est difficile de tirer des conclusions sur les marchés quand ils sont fermés aux Etats-Unis comme aujourd'hui. Néanmoins, il apparaît que la journée a été mauvaise pour la finance britannique (euphémisme: RBS et Barclays sont des penny stocks désormais). Pour l'Euro également avec des prévisions de croissance déplorables: -2% en gros pour 2009 (j'ai peur que l'Europe soit désavantagée par sa bonne foi en la matière par rapport aux Etats-Unis dont la prospérité récente s'explique par le "window dressing" de ses performances économiques). La croissance française sera en berne au quatrième trimestre. La dette souveraine espagnole a été downgradée. L'Euro va être malmené et sa fragilité politique va sûrement bénéficier au dollar. C'est le "stress test" évoqué ici.
Simultanément, les mauvaises nouvelles s'accumulent aux Etats-Unis. Bank of America qui a encore besoin de plus de fonds et de plus de garanties (racheter Merrill s'avère avoir été équivalent à jouer à la roulette russe avec un canon chargé de 5 balles). Tous les acteurs naviguent à vue dans le brouillard. Citi annonce des pertes de $8 milliards et son action tombe à $4. Le TARP II s'annonce aussi bien maîtrisé que le TARP I: après avoir débloqué les fonds, les banquiers se les partageront sans aucun contrôle et le contribuable n'aura que ses yeux pour pleurer.
Le Blogo soutient que c'est en 2009 qu'aura lieu le moment de vérité de la crise (quand le doute sur la solvabilité se reportera non plus sur les institutions financières mais sur les Etats), il semble que le premier semestre soit un meilleur candidat que le second.
Simultanément, les mauvaises nouvelles s'accumulent aux Etats-Unis. Bank of America qui a encore besoin de plus de fonds et de plus de garanties (racheter Merrill s'avère avoir été équivalent à jouer à la roulette russe avec un canon chargé de 5 balles). Tous les acteurs naviguent à vue dans le brouillard. Citi annonce des pertes de $8 milliards et son action tombe à $4. Le TARP II s'annonce aussi bien maîtrisé que le TARP I: après avoir débloqué les fonds, les banquiers se les partageront sans aucun contrôle et le contribuable n'aura que ses yeux pour pleurer.
Le Blogo soutient que c'est en 2009 qu'aura lieu le moment de vérité de la crise (quand le doute sur la solvabilité se reportera non plus sur les institutions financières mais sur les Etats), il semble que le premier semestre soit un meilleur candidat que le second.
dimanche 18 janvier 2009
Deux vidéos de Hubris Kills
Hubris Kills me suggère deux vidéos:
Un clip sur l'aisance verbale légendaire de W. (5 min)
Une vidéo de l'avion qui se crashe dans l'Hudson.
Un clip sur l'aisance verbale légendaire de W. (5 min)
Une vidéo de l'avion qui se crashe dans l'Hudson.
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