vendredi 6 mars 2009

Friday Plane Blogging

Jon Stewart remet les journalistes éco à leur place

En particulier CNBC mais les autres méritent le même traitement.

jeudi 5 mars 2009

Kos et l'allégeance des médias à la ploutocratie

Kos demande aux médias US pourquoi ils ne cessent de parler d'une hausse des impôts alors que le plan d'Obama représente une baisse des impôts pour 95% de la population. C'est vrai ça, pourquoi? Why oh why? ;-)

Memo to the media
by kos
Wed Mar 04, 2009 at 09:50:04 AM PST

Dear media,

95 percent of Americans are getting a tax cut with Obama's budget. So framing this as a tax hike makes you look pretty stupid. And dishonest. And wrong. So stop it.

Hugs and kisses,

kos

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Le marketing du stimulus

Nouveau logo pour les projets financés par le "stimulus package" d'Obama qui vient d'être voté (O pour Obama?) :

Le logo en forme de O a déjà été utilisé pendant la campagne:

Je pense qu'il aurait mieux valu éviter l'ambiguïté.

Les engagements colossaux des américains face à la crise

Voici une news Bloomberg de la semaine dernière que je voulais poster dans sont intégralité (voir plus bas). Il s'agit d'un récapitulatif de tous les engagements pris par le gouvernement américain depuis le début de la crise. Il ne s'agit pas seulement de dépenses, ce sont pour beaucoup des garanties.

C'est énorme, $11,6 trillions ou plus de 80% du PIB*. C'est la bataille finale décrite ici qui se déroule devant nos yeux sur ce tableau. Elle voit l'Etat américain (les contribuables) se portait garant de la dette des acteurs privés qui ont fait défaut. Combien de temps avant que les investisseurs étrangers ne se rendent compte que les "contribuables" d'une part et "les acteurs privés qui ont fait défaut" d'autre part ne font en réalité qu'un? C'est le grand suspense. Ils siffleront alors la fin de la partie en limitant leurs achats de les bons du trésor américain ce qui enverra en rehab une fois pour toute. Le Blogo a parié que cela arriverait en 2009 et s'est même avancé jusqu'à dire que le premier semestre semblait le plus probable. Il faut noter cependant que la lenteur du déroulement de cette crise n'a pas cessé de surprendre depuis le début. Le pic dans l'immobilier américain se situe ainsi entre fin 2005 et début 2006.

* seul un tiers de cette somme ont été réalisé pour l'instant. L'augmentation (à la fois du total global et de la proportion réalisée) est extrèmement rapide.


U.S. Bailout, Stimulus Pledges Total $11.6 Trillion (Table)

By Mark Pittman and Bob Ivry

Feb. 24 (Bloomberg) -- The following table details how the U.S. government has pledged more than $11.6 trillion on behalf of American taxpayers over the past 19 months, according to data compiled by Bloomberg.

Changes from the previous table, published Feb. 9, include a $787 billion economic stimulus package. The Federal Reserve has new lending commitments totaling $1.8 trillion. It expanded the Term Asset-Backed Lending Facility, or TALF, by $800 billion to $1 trillion and announced a $1 trillion Public-Private Investment Fund to buy troubled assets from banks.

The U.S. Treasury also added $200 billion to its support commitment for Fannie Mae and Freddie Mac, the country’s two largest mortgage-finance companies.


                                  --- Amounts (Billions)---
Limit Current
===========================================================
Total $11,623.63 $3,800.18
-----------------------------------------------------------
Federal Reserve Total $7,565.63 $1,478.88
Primary Credit Discount $110.74 $65.14
Secondary Credit $0.19 $0.00
Primary dealer and others $147.00 $25.27
ABCP Liquidity $152.11 $12.72
AIG Credit $60.00 $37.36
Net Portfolio CP Funding $1,800.00 $248.67
Maiden Lane (Bear Stearns) $29.50 $28.82
Maiden Lane II (AIG) $22.50 $18.82
Maiden Lane III (AIG) $30.00 $24.34
Term Securities Lending $250.00 $115.28
Term Auction Facility $900.00 $447.56
Securities lending overnight $10.00 $5.59
Public-Private Investment Fund $1,000.00 $0.00
Term Asset-Backed Loan Facility $1,000.00 $0.00
Currency Swaps/Other Assets $606.00 $417.86
MMIFF $540.00 $0.00
GSE Debt Purchases $600.00 $33.58
Citigroup Bailout Fed Portion $220.40 $0.00
Bank of America Bailout $87.20 $0.00
-----------------------------------------------------------
FDIC Total $1,551.50 $400.30
FDIC Liquidity Guarantees $1,400.00 $261.30
GE $139.00 $139.00
Citigroup Bailout FDIC $10.00 $0.00
Bank of America Bailout FDIC $2.50 $0.00
-----------------------------------------------------------
Treasury Total $2,206.50 $1,621.00
TARP $700.00 $387.00
Tax Break for Banks $29.00 $29.00
Stimulus Package $168.00 $168.00
Stimulus II $787.00 $787.00
Treasury Exchange Stabilization $50.00 $50.00
Student Loan Purchases $60.00 $0.00
Citigroup Bailout $5.00 $0.00
Bank of America Bailout $7.50 $0.00
Support for Fannie/Freddie $400.00 $200.00
-----------------------------------------------------------
HUD Total $300.00 $300.00
Hope for Homeowners FHA $300.00 $300.00

To contact the reporters on this story: Mark Pittman in New York at mpittman@bloomberg.net; Bob Ivry in New York at bivry@bloomberg.net.

Last Updated: February 24, 2009 00:01 EST

Deux (petites) banques remboursent le TARP*

Deux banques ont décidé de rembourser l'argent qu'elles avaient reçu du gouvernement américain:

-Iberia Bank of Lafayette, Louisiana. Elle rembourse $90 millions reçus en décembre avant la fin mars.
- TCF Financial rembourse $361 millions.

Devant les exigences un peu plus importantes d'Obama envers les bénéficiaires des fonds, les broker-dealers de Wall Street (qui n'en sont plus) maugréent et laissent entendre qu'on ne les y reprendra pas. Elles n'ont qu'à suivre l'exemple de ces deux banques et rembourser l'argent. Et si elles ne le peuvent pas (ce qui est le cas), elles feraient mieux de se faire toute petite. Cette arrogance permanente est tout simplement inacceptable.

De toute façon comme décrit dans ce post, la finance américaine est à terre (many times over if I may say so) et ne perdure que grâce à ce qu'elle a investi dans le système politique depuis des années (décennies vraiment). Les grandes banques voudraient limiter le problème au seul fond du TARP qu'elles finiront peut-être par rembourser mais la réalité est qu'elles ont totalement explosé et qu'elles ne survivent que grâce aux garanties de l'Etat (plus de $200 milliards pour Citi seulement) et aux facilités de crédit apportées par la FED dans l'opacité la plus totale (plusieurs trillions). Enfin, l'Etat diffère l'exigibilité de trillions de CDS en empêchant tous les acteurs de poids de l'économie de faire défaut. Ce n'est que temporaire cependant car ce combat là est perdu d'avance.

Il n'y a plus aucune banque américaine debout.

* TARP = Bailout (clarification pour les lecteurs du blogo). La terminologie de TARP et de bailout n'est pas utilisée dans la presse française. Il s'agit de la même chose: les $700 milliards débloqués en octobre avec le soutien d'Obama pour aider les établissements financiers américains. La première tranche de $350 milliards a été complètement consommée par Bush sous la responsabilité d'un gars de Goldman sachs de 35 ans. La deuxième tranche a été débloquée par Obama. Une somme équivalente a été annoncée par Geithner. Ca n'est qu'un des aspects de l'aide de l'Etat aux établissements financiers.

Curieux

Le Blogo fait des pics d'audience les jours où je fais référence à Bernard Madoff. Ne vous étonnez si dans les jours qui viennent je mets le nom Madoff à la fin de certains posts avec un lien vers ce post explicatif. C'est une des rares concessions du Blogo à la course effrénée à l'audience. Concession plus expérimentale que stratégique d'ailleurs.

mercredi 4 mars 2009

"So am I."

Cette réplique va-t-elle devenir aussi célèbre que celle de Schwarzeneger déclarant "I'll be back." dans Terminator? Obama a encore choisi une tribune relativement discrète pour allumer les "special interests" qui combattent son budget: la "weekly address" du président qui dure cinq minutes, n'est pas télévisée et ne fait pas les gros titres en général.

I know these steps won’t sit well with the special interests and lobbyists who are invested in the old way of doing business, and I know they’re gearing up for a fight as we speak. My message to them is this:
"So am I."


Pour continuer dans les références hollywoodiennes, ça rappelle aussi Michael Corleone face à un sénateur véreux dans le Parrain 2: "My answer to you is this: "Nothing!".Vous pouvez voir l'intervention complète de cinq minutes ci-dessous. Je vous suggère de ne regarder qu'à partir de 3min 04s.

Première fois que je mets une vidéo de la maison blanche sur le blogo. Les temps changent...

O'Reilly et Cavuto mettent les pieds dans le plat

Il fut un temps où quand un critique des médias disait: "une des raisons pour lesquels les journalistes défendent instinctivement les politiques de droite est qu'au sommet de la hiérarchie, ils ont un intérêt personnel bien réel à payer moins d'impôts.", on lui rétorquait que pas du tout, les journalistes étaient de purs esprits, que ce type de considérations ne pourrait jamais influencer une rédaction etc... (je me souviens d'échanges de ce type après la publication des "Nouveaux Chiens De Garde" de Serge Halimi qui mettait violemment en cause la nomenklatura médiatique française à la fin des années 90).

Nous sommes en 2009 et maintenant Bill O'Reilly de Fox News nous dit droit dans les yeux qu'il n'a pas, à titre personnel envie de payer un système de santé protégeant les pauvres (presque verbatim...) et il embarque avec lui un autre ponte de Fox News qui semble quand même un peu gêné du tour que prend la discussion:

Obama plaît moins dans le sud

Ca fait un peu froid dans le dos mais le taux d'approbation d'Obama est de seulement 48/46 dans le sud alors qu'il est de 71/25 en moyenne dans tout le pays (d'après le nouveau sondage hebdomadaire de Daily Kos réalisé par un institut que je crois relativement nouveau).

A noter que sans avoir étudié les résultats électoraux à la loupe, je ne m'étais pas rendu compte d'un fort biais anti-Obama dans le sud. A suivre donc...

Obama et les russes

Si vous trouvez un vieux truc nul dans votre grenier vous allez d'abord être tenté de le mettre à la poubelle. Et puis en y réfléchissant, vous vous direz peut-être "Et si j'essayais de le mettre sur ebay?" ou "Et si je le vendais dans un vide-grenier?". Pourquoi après tout ne pas essayer d'en tirer quelque chose?

C'est ce que vient de faire Obama en proposant aux russes d'abandonner le projet de bouclier antimissile en Europe de l'Est en échange de la collaboration russe sur l'Iran. Le bouclier anti-missile est en effet un programme extrêmement coûteux et hasardeux d'un point de vue technologique qu'Obama a sans doute décidé d'interrompre. Les russes on retoqué Obama. Difficile d'être maître du monde ces temps-ci. Les vieux trucs nuls valent zéro.

mardi 3 mars 2009

Que fument les analystes Actions?

Depuis le début de la crise les analystes "Equity" ne cessent de nous promettre monts et merveilles pour... dans un an. Bloomberg nous dit qu'après avoir interrogé 10 banques, le consensus semble être + 37% d'ici à la fin de l'année pour finir avec un S&P 500 vers 1010...

the prevailing view of Wall Street strategists, who forecast the S&P 500 will rebound 37 percent to end the year at 1,010, based on 10 estimates compiled by Bloomberg News.

Cette crise a démontré que les analystes des banques étaient aux marchés ce que les mainstream media (MSM) sont au système politique: des cheerleaders (pom-pom girls).

John Sununu "poster child" de l'Amérique début de siècle

John Sununu a perdu son siège de sénateur du New Hampshire en novembre 2008. Il est désormais membre du COP (Congressional Oversight Panel) pour les fonds du TARP. Il s'agit de l'organisme de contrôle des fonds d'urgence débloqués par le gouvernement US en faveur des établissements financiers. Il est dirigé par Elisabeth Warren que vous avez déjà vu sur le Blogo dans cet interview assez pathétique où elle parle du travail de son groupe et dit, en gros, "on ne sait rien sur rien et c'est pas bien".

Donc Sununu, chargé de contrôler les fonds du TARP, vient de rejoindre le conseil d'administration d'une société contrôlée par Bank of New York, récipiendaire de $3 milliards du même TARP. Pour parachever le tout, Bank of New York a été chargée d'assurer la comptabilité et divers aspects administratifs du TARP. Only in America. Peut-être pas "only" mais en tout cas, c'est seulement aux Etats-Unis que ça a atteint le stade où tout a explosé.

Obama ou pas, zéro transparence sur le bailout

AIG vient de recevoir une aide gouvernementale pour la quatrième fois depuis septembre. Un éditorial du NYT demande: à qui cela profite-t-il? D'abord à leurs contreparties (tout le monde pense qu'AIG est mort de toute façon) et il semble qu'avant la crise, leur principal partenaire de trading était Goldman Sachs*. Il y a eu des couvertures massives de positions dans les subprimes via des CDS (il semble qu'AIG ait été du mauvais côté de ces trades). Cela a pris de telles proportions que cela mettait en risque les établissements financiers qui vendaient cette protection (que la logique rendait dès lors illusoire). Un peu comme si vous vous assuriez auprès de votre voisin contre l'incendie de votre immeuble.

Si en revanche, vous êtes assez "politically connected" pour que votre contrepartie soit remplacée le moment venu (en tirant quelques ficelles) par le gouvernement américain alors oui, ça peut valoir le coût de se protéger.

Certaines banques comme JP Morgan, Morgan Stanley ou Goldman Sachs ont accepté l'argent de l'Etat du bout des lèvres. La bruit a couru (fort à propos) qu'elles ne le faisaient que pour éviter à leurs concurrentes au bord du gouffre d'être stigmatisées par les marchés. Cette rumeur paraissait déjà assez "self-serving" à l'époque et destinée à ce que personne n'ose leur demander de comptes. Certaines de ces banques ont même déclaré** quand l'Etat s'est mis à devenir un peu plus exigeant (notamment sur le contrôle de la rémunération des dirigeants): "on va vous rembourser le plus vite possible" sous-entendant que, vraiment, ils avaient accepté l'argent mais n'en avaient pas réellement besoin ("le plus vite possible" était quand même 2010...).

On est donc ici au coeur du réacteur nucléaire du bailout: en sauvant AIG, le trésor américain sauve en réalité Goldman et les autres. La destination finale des fonds est cachée par l'opacité (injustifiable) du bailout. Quelle excellente opération de communication pour JP, MS, GS et Bank of America! Vous rajoutez une dose de mauvaise foi et de morgue aristocratique et voilà, le sommet de la hiérarchie bancaire américaine est préservé après avoir perpétré le crime du millénaire. Nice!

Bon évidemment, ces apprentis sorciers donnent aujourd'hui l'impression d'être parfois dépassés par les évènements et leur laboratoire semble sur le point d'exploser mais vraiment chapeaux bas: quel final grandiose!

Il y a donc finalement trois types de banques/établissements financiers aux Etats-Unis, les banques faillies, les banques moribondes maintenues en vie par l'Etat dans le seul but de renflouer en loucedé le troisième type de banque: les banques "élues" qui ont été désignées comme devant survivre et servir à la réorganisation du système bancaire américain dans le bureau du Secretary of Treasury à l'automne 2008. Secretary of Treasury qui était alors le CEO sortant de Goldman Sachs donc on peut dire "autodésignées". Et en faisant référence (de façon peu académique) à l'astérisque ci-dessous, on peut même se demander si ce meeting n'a pas en réalité eu lieu à la FED de New York avec le CEO sortant ET le CEO en fonction de Goldman Sachs, pour faire bonne mesure. A noter qu'à ce meeting, il y avait aussi Tim Geithner, le président de la FED de NY devenu depuis le nouveau Secretary of Treasury. Cela en dit long sur l'influence réelle de l'élection d'Obama sur ces évènements: à peu près nulle. Il ne sera pas facile pour Obama de changer les choses. Etre élu président n'était qu'un échauffement comme annoncé dans les deux derniers paragraphes de ce post.

Note: TPM Media sur le sujet.

*Goldman Sachs a vraiment un statut particulier au sein des institutions financières américaines (souligné par l'éditorial du NYT référencé plus haut: What is certain is that Goldman has lots of friends in high places — yet one more reason why this bailout has to be as transparent as possible. Lloyd Blankfein, Goldman’s chief executive, was the only Wall Street executive at a September meeting at the New York Federal Reserve to discuss the initial A.I.G. bailout.) et notamment à cause de sa propension à disséminer ses anciens dans toutes les administrations, républicaines et démocrates. C'est un peu le mirroir privé de l'inspection des finances en France qui, elle, dissémine ses fonctionnaires à la tête des grands établissements financiers français. Ce qui renvoie au rôle respectif du privé et du public dans les deux pays.

dimanche 1 mars 2009

Les médias US et la "Class Warfare"

Les "corporate media" sont bien évidemment dans la poche de la ploutocratie. Ca ne va pas être une révélation pour un lecteur attentif du blogo. Exemple de Jamison Foser de "Media Matters". La totalité de l'article est (via Atrios) et oui, vous avez déjà lu la citation de Warren Buffet dans le blogo.

Warren Buffett, who knows a thing or two about wealth, has noted that because of the way the tax code is structured, he effectively pays taxes at a lower rate than the secretaries who work for him, concluding: "There's class warfare, all right. But it's my class, the rich class, that's making war, and we're winning."

One reason they're winning is that the news media do not use the loaded phrases "class warfare" and "redistribution of wealth" to describe things like the Bush tax cuts for the wealthy, or the home mortgage deduction (which favors those who are wealthy enough to buy homes over those who are not) or countless other policies that benefit wealthier Americans at the expense of those who are less fortunate. Instead, the media pretend this is a one-sided war -- as though the wealthy are being unfairly assaulted by an army of bullying waitresses and janitors and farmers and teachers.

Another reason is articles like today's Washington Post front-pager. The Post tells us in paragraph one that Obama plans to raise taxes on the wealthy and waits until paragraph 18 to reveal that he plans to make permanent a tax credit for low- and middle-income workers. A tax increase that applies to almost nobody -- that leads the article. A tax credit that applies to much of the nation's workforce? Buried 18 paragraphs in.

And like this Los Angeles Times article, which announces near the beginning that Obama's budget "would raise taxes, redistribute income, spend more on social programs than on defense" and quotes House Republican leader John Boehner saying, "The era of big government is back, and Democrats are asking you to pay for it" -- without making clear that this is true only if you are among the very small number of very wealthy people whose taxes would go up. In the process, the Times twice refers to income "redistribution" and quotes another Republican congressman invoking the specter of "class warfare."

They're winning, in large part, because they have the media on their side.

Jamison Foser is Executive Vice President at Media Matters for America.

Il y est dit que le parti pris d'Obama de ramener la taxation des hauts revenus au niveau des années 90 et d'alléger les impôts pour "95% de la population" est taillé en pièce dans les MSM (mainstream media). Obama ne réussira que s'il arrive à établir une relation avec le peuple américain qui "bypass" les mainstream media. Il semble que cela ait déjà un peu commencé car le débat sur le stimulus notamment a été très critiqué dans les médias sans impact sur le taux d'approbation du plan dans la population. Aussi, avec l'internet, de nouvelles formes de communication peuvent apparaître. Par exemple, le Press Corps de la maison blanche publie chaque jour un "résumé des évènements de la journée". Au début de la présidence Obama, la maison blanche a dit: nous allons rédiger le nôtre. Après des cris d'orfraie des journalistes, les conseillers présidentiels ont reculé mais si la situation venait à s'envenimer (et elle s'envenimera), la maison blanche pourra trouver de nouveaux moyens de s'adresser à la population. Aussi, des blogueurs ont été accrédités à la maison blanche ce qui est, je crois, une nouveauté.

samedi 28 février 2009

bailout hearings

Via The Big Picture

Obama sur la "Blogo compliant" list

J'ai rajouté Barack Obama à la "Blogo Compliant" list. C'est à cause de cette déclaration (écrite):

"This crisis is neither the result of a normal turn of the business cycle nor an accident of history. We arrived at this point as a result of an era of profound irresponsibility that engulfed both private and public institutions from some of our largest companies' executive suites to the seats of power in Washington, D.C"

"Prudent investments in education, clean energy, health care, and infrastructure were sacrificed for huge tax cuts for the wealthy and well-connected. In the face of these trade-offs, Washington has ignored the squeeze on middle-class families that is making it harder for them to get ahead… There's nothing wrong with making money, but there is something wrong when we allow the playing field to be tilted so far in the favor of so few."

Commentaire du blogo: It's war!
Les républicains sont tout de suite montés au créneau en dénonçant la nouvelle "class warfare" d'Obama (lutte des classes). Il ne s'agit en réalité (si le président arrive à ses fins) que d'une réponse à une lutte des classes engagée depuis belle lurette par les plus riches contre le reste de la population (à en croire Warren Buffet). On devrait en fait parler de "class counter strike".

A noter qu'il n'a pas déclaré ça devant le congrès mais par écrit dans l'introduction d'un document présentant le nouveau budget. Je pense que ces déclarations écrites d'Obama constituent une menace voilée pour l'establishment de Washington: soit vous me suivez, soit ces déclarations écrites (donc non médiatiques) deviendront télévisées sous peu. I can't wait.

Je ne sais pas ce qu'Obama arrivera à faire mais ce genre de déclaration me laisse penser qu'il a une bonne idée des origines de cette crise qui est une crise politique avant d'être une crise économique (leitmotiv du blogo: j'utilise la répétition, entre autre méthode de propagande, pour convaincre mes lecteurs).

A noter que cette semaine a également vu une nomination audacieuse pour la direction du National Intelligence Council. Cette nomination est un véritable camouflet pour toute la clique nouvelle conne de Washington ce qui est, en gros, une bonne chose pour le reste de la planète.

Go Barack!

vendredi 27 février 2009

Première révision de la croissance américaine Q4

La croissance américaine a été de -6,2% au quatrième trimestre et pas -3,8% comme annoncé précédemment. Les -3,8% m'avaient un consterné et j'y voyais une manoeuvre destinée à créer l'illusion que, dans la croissance ou dans la crise, les Etats-Unis étaient toujours "Number 1". Ils n'ont pas tenu sur cette ligne plus d'une révision (il y en a en théorie trois par annonce mais ils ont fait des révisions sur trois ans en 2007 donc en gros c'est n'importe quoi). Il y en a encore une le mois prochain. On se demande bien à quoi sert le premier chiffre s'il peut-être révisé dans ces proportions. Enfin bon: Don't get me started!

Comment les Etats-Unis qui sont l'épicentre de cette crise pourrait ne pas en subir les conséquences les plus dramatiques? Leur économie reposait sur la consommation à crédit et le crédit a disparu... C'est leurs institutions et leur modèle de croissance qui sont remis en cause au premier chef. Alors on va encore tenter de nous expliquer qu'ils "marchent sur l'eau" mais c'est ce qu'on nous dit depuis dix ans et il est maintenant avéré que c'était un mensonge. Je serais surpris que cela devienne vrai dans les deux ans qui viennent.La vérité, c'est que je n'ai aucune confiance dans les stats éco américaines et que je suis persuadé qu'elles seront manipulées sans vergogne dans le but de faire croire à la possibilité de la continuation du leadership américain.

Le marché des capitaux a donné depuis 15 ans une prime inouïe à la première économie mondiale en matière d'afflux de capitaux. Cet afflux a eu un effet d'entraînement car grâce à lui c'est effectivement aux Etats-Unis qu'on avait la plus forte croissance (il y avait des raisons structurelles pour qu'ils aient plus de croissance mais pas du tout dans ces proportions). C'était vraiment "The winner takes it all". Les américains sont devenus accrocs au capital étranger et doivent maintenant aller en rehab. Ils sont pour l'instant en salle de dégrisement et ils ont encore l'impression qu'en soudoyant leurs gardiens, ils obtiendront encore un fix. D'où les pipos statistiques actuels et à venir.

Note: c'est peut-être en voyant que les chiffres européens et japonais publiés après leur première annonce étaient tellement mauvais qu'ils se sont dits qu'ils pouvaient s'en tirer avec moins de contorsions statistiques. Ils sont toujours, à les en croire, dans le peloton de tête des pays "les moins mauvais". How convenient.

Friday Plane Blogging

mercredi 25 février 2009

Bill Moyers ne l'emportera pas au paradis...

Bill Moyers est un journaliste de PBS (Public Broadcasting System) que j'ai référencé assez souvent. Il a interviewé Simon Johnson (ancien économiste du FMI qui ose parler "d' oligarchie" aux Etats-Unis). Il offre depuis l'élection une tribune à Glenn Greenwald qui donne des cauchemards à tout l'establishment de Washington (il a quasiment empêché à lui tout seul que Tom Daschle devienne ministre de la santé alors que sa confirmation par le congrès semblait acquise et que nombre de dignitaires washingtoniens s'étaient prononcés en sa faveur). Il a invité la semaine dernière l'auteur de "So Much Damn Money - The triumph of lobbying and the corrosion of American Government"*. Il a aussi réalisé un documentaire extraordinaire en 2007, "Buying the war", qui s'en prenait à la complicité des médias avec le "Bush Regime" pour la guerre en Irak. Moyers est donc complètement "Blogo Compliant" (je vais d'ailleurs l'ajouter derechef à la liste des gens qui le sont).

Toujours est-il qu'il fait l'objet d'une attaque conjointe dans "Slate" (nouveau refuge de Colombani si j'ai bien compris), le Wall Street Journal et "The Atlantic". Moyers aurait contribué dans les années 60 à des actions gouvernementales qui visaient des homosexuels parce qu'ils étaient homosexuels. Cela se serait passé quand Moyers travaillait comme aide à la maison blanche dans l'administration Johnson. Je n'ai pas d'opinions sur le fond du dossier pour l'instant.

Ce qui est sûr, c'est que quelqu'un a payé quelqu'un pour aller déterrer des trucs sur Moyers. Standard Operating Procedure. Le fait qu'ils aient dû remonter 40 ans en arrière me laisse plutôt penser qu'ils n'ont pas trouvé grand chose.

* Vous retrouverez les posts correspondants à ces diverses émission de Moyers en tapant "Moyers" dans la fonction "recherche" du blogo (dans la barre d'outils tout en haut).