Comme signalé à diverses reprises sur le Blogo, la FED a décidé unilatéralement de ne plus publier son agrégat monétaire le plus large, l'agrégat M3. Au moment de l'interruption en 2006, la croissance de l'aggrégat était en pleine accélération et s'établissait autour de 11% par an. Cela renforçait les suspicions sur la volonté de la FED de jeter un écran de fumée sur ces données.
A l'époque , la croissance de M2 (un indicateur moins large) était de l'ordre de 7% par an. Dans cette news Bloom, il est indiqué que M2 est aujourd'hui à 14% (contre une moyenne à 6% sur les dix dernières années)... Bienvenue donc dans un monde d'inflation.
La reprise de l'inflation va d'ailleurs probablement devenir le meilleur indicateur du fait que la crise a atteint un point bas. La chute libre de l'activité économique crée pour l'instant des pressions déflationnistes qui contrebalancent le saut "Thelma et Louise" des banques centrales dans l'inconnu de la création monétaire. La politique monétaire est tellement inflationniste que dès que cette chute ralentira ou qu'un plancher sera atteint, cela sera immédiatement perceptible dans les chiffres de l'inflation.
mardi 14 avril 2009
lundi 13 avril 2009
Annuler et interdire les Credit Default Swaps
Il faut annuler les CDS existants et interdire la production de nouveaux CDS dans le futur.
(Avant de continuer, rapide didacticiel sur les CDS.)
Le Blogo a défendu cette position (radicale - je ne l'ai jamais vue défendue*) pour la première fois le 23 février. Comme pour la nationalisation des banques (défendue depuis le 9 octobre à un moment où ça n'était pas encore à la mode) je pense que ce thème va devenir important dans les mois à venir. La raison en est simple: ces contrats ne pourront pas être honorés. L'annulation de ces contrats n'est pas simplement nécessaire pour éviter la faillite des banques (elles sont déjà en faillite), c'est la seule solution pour éviter la faillite des Etats qui se sont portés garants de ces banques. Ils sont devenus à ce moment là des heureux participants du marché des CDS. Il aurait fallu dès cet instant que les gouvernements fassent place nette en mettant fin à tout trading de CDS (notamment) mais ils ont préféré faire confiance aux traders (qui avaient fait leurs preuves...) pour gérer au mieux l'argent des contribuables (voir ici).
L'idée d'annuler les contrats est délicate d'un point de vue juridique mais je crois que l'on va très vite se rendre compte qu'essayer de les honorer ne va pas être simplement "délicat" mais réellement impossible. Pour le moment, le gouvernement américain a démontré qu'il était déterminé à payer comme dans le cas d'AIG où les contreparties de CDS "subprime" ont toutes vu leurs paiements effectués rubis sur l'ongle. Une autre stratégie (qui revient à l'annulation des contrats sans le dire) a été de prévenir les faillites dans le système bancaire mais aussi dans l'automobile. En empêchant les évènements de défaut d'intervenir pour BS, ML, Wachovia etc..., l'Etat a épargné pour l'instant aux CDS d'apparaître pour ce qu'ils sont: des "financial weapons of mass destruction" (Warren Buffet).
Cette stratégie de boucher les fissures une par une fasse à un barrage sur le point de céder ne peut pas durer toujours et il va arriver un moment où le coût de ces pis-allers va devenir exorbitant. Enters the "annulation scheme"! (à prononcer en anglais même si "annulation" ne l'est guère). Il n'est pas impossible d'imaginer que cette révolution copernicienne se produira précisément au moment où Goldman Sachs n'estimera plus judicieux de faire face à ses obligations en matière de CDS. Just sayin...
Comme d'habitude depuis le début de la crise, l'anticipation est nulle car on confond "identifier une difficulté" et "créer une difficulté". Comme un enfant qui croit faire disparaître son interlocuteur en se cachant les yeux, les banquiers font disparaître la difficulté en l'évitant du regard.
D'une certaine manière, un des problèmes que posent les Credit Default Swaps (voir le didacticiel sommaire du Blogo sur les CDS dans le post précédent) touchait déjà les pools d'emprunts dans le subprime. Sur 1000 emprunts, on considérait que dans le pire des cas, 40 feraient défaut simultanément et pas 250 (ou plus) comme on le voit actuellement. Pour les CDS, le problème est similaire: les banques ont calculé qu'un certains nombre de sociétés pouvait faire défaut en même temps mais elles n'ont pas envisagé une crise comme celle que nous traversons. Loin d'imaginer une crise de cette ampleur, elles ont au contraire essayer de rationaliser l'idée selon laquelle les crises à venir seraient moins graves que par le passé. C'est ainsi qu'on lisait régulièrement avant 2007 que, dorénavant, les "technologies" de gestion du risque étaient arrivées à un niveau de sophistication jamais atteint, que le risque n'avait jamais été aussi bien maîtrisé dans l'histoire et qu'il était de plus réparti de manière homogène sur toute la planète (grâce à la sécuritisation). Cela a permis de rationaliser la plupart des excès de la période et il y avait peu d'esprit indépendant comme Stephen Roach de Morgan Stanley qui osait pointer du doigt qu'on était, bien au contraire, en train de constituer la plus grosse bombe financière de tous les temps (dire cela était mauvais pour les bonus ce qui ne faisait pas que des amis).
Le nombre de défauts possibles simultanément a été sous-estimé mais ça n'est pas le seul problème. Les CDS ont ceci de magique qu'à court terme, ils rapportent de l'argent à ceux qui en émettent. C'est typiquement ce qu'a fait AIG avant sa faillite mais il s'agit juste d'un cas particulier du mécanisme qui a poussé tout le système financier à produire des CDS à tour de bras depuis dix ans: on génère immédiatement du revenu sans immobilisation de capital. Après, on démontre à son département "risque" en prenant un historique de deux ans que l'on a pris un risque epsilonesque et on vient de trouver la poule aux oeufs d'or. Alors, on imprime des CDS "En veux-tu? En voilà." sans aucune limite. Dix ans plus tard, tout le monde est condamné à ce que tout se passe bien car sinon des montants à proprement parler astronomiques deviendraient exigibles si quelques évènements de défaut seulement se produisaient (on évalue entre $25 et $60 trilliards le notionnel de tous les CDS existants). Le seul défaut de General Motors pourrait rendre exigible 6 à 7 fois la dette de GM ($40 billion) selon Nouriel Roubini. D'autres parlent d'un trillion. On ne sait pas vraiment car ces produits ne sont pas traités sur un marché mais "over the counter" ce qui veut dire que deux intervenants de marché se mettent d'accord et qu'ils sont les deux seuls à être au courant de la transaction. De plus, cet engagement est hors-bilan.
Il faut noter ici que beaucoup de ces engagements se compensent les uns les autres car deux grandes institutions peuvent quotidiennement faire des trades qui annulent leurs effets en cas de défaut. Il n'en demeure pas moins qu'en raison des montants en jeux, un défaut à l'instant t peut mettre à terre une banque qui aurait été sauvée par un autre défaut à t+1 mais qui ne sera plus là pour le voir. C'est dans ce contexte que les CDS peuvent être considérés comme des "weapons of mass destruction". Sur le subprime, AIG était clairement la plus exposée et on a vu le résultat (même si elle avait en plus d'autres faiblesses).
Nous en sommes là. Les Etats font des pieds et des mains depuis le début de la crise pour qu'aucun "évènement de défaut" déstabilisateur ne vienne perturber ce système instable en rendant exigibles les garanties théoriquement apportées par les CDS. Le défaut est devenu interdit. Des faillites à répétition dans les banques auraient par exemple déclenché cette spirale infernale. Les gouvernements du monde entier tiennent le système à bout de bras, ici en évitant la faillite d'une banque, là en prenant à son compte les obligations d'une société d'assurance (AIG par exemple).
Le cas d'AIG est particulièrement intéressant car AIG a émis massivement des CDS sur les obligations "subprime". L'intérêt pour eux était probablement d'obtenir des cashflows à court terme. En face, des institutions en meilleure posture ont clairement profité du fait qu'AIG était aux abois. Les CDS subprime n'existent que depuis 2005 (contre fin des années 90 pour le risque "corporate" et le risque souverain). Peu après leur apparition en 2005, la crise du subprime est apparue inévitable. Il semble qu'AIG ait offert de la protection sur ces bonds toxiques à un moment où tout le marché cherchait à prendre l'autre sens de ce trade. Et Goldman l' a fait particulièrement massivement. En toute logique, "shorter" le subprime à ce moment là n'aurait jamais dû rapporter: toute institution trop impliquée dans la vente de protection n'y résisterait pas et le risque de contrepartie aurait dû dissuader tout acteur raisonable de se couvrir de cette façon. Ce cas est également intéressant car si le marché des CDS corporate (plus vieux et plus important) dans son ensemble n'a pas encore connu beaucoup d'évènements de défaut, il y en a eu dans le subprime (sur des BBB par exemple même si j'ai aussi lu que l'évènement de défaut pouvait être un downgrade***). Les sommes importantes qui sont devenus dès lors exigibles ont coulé AIG mais elles ont été payées grâce à Uncle Sam (le gouvernement américain ayant payé les obligations AIG). Cela a permis à des intervenants qui avaient pris un risque idiot (le risque de contrepartie d'AIG) de se retrouver complètement protégées par des politiciens corrompus et des contribuables inertes.
Cela constitue donc un précédent: si une institution financière ne peut honorer les CDS qu'elle a vendus, l'Etat viendra à son secours. En réalité, les montants seront plus importants la prochaine fois et le gouvernement ne pourra pas faire face (si tant est qu'il ne soit pas d'ores et déjà "way over its head" mais ça, c'est une autre histoire pas directement liée aux CDS).
Vous souvenez-vous de la "Doomsday Machine" (machine infernale) du docteur folamour qui devait faire exploser la planète entière si une seule explosion atomique intervenait? C'est un peu ce que les CDS ont créé en matière de défaut dans le système financier international. Quelques défauts pourraient rendre exigibles des sommes tellement faramineuses que les ressources financières des Etats ne suffiraient pas à ramener la confiance. Annuler les CDS revient à désamorcer la Doomsday Machine. Dans le film, toute tentative de désamorçage conduit à son explosion une fois qu'elle est mise en route. Il est clair que l'annulation de tous les CDS causerait des remous importants mais je pense qu'ils seraient bien moindre que de laisser se dérouler passivement le jeu de massacre que nous avons devant nous.
* J'ai vu des articles où on suggérait de les interdire mais pas de les annuler.
** C'est un des nombreux sujets sur lesquels j'aimerais trouver des éclaircissments. Le rythme effréné de la crise ainsi que l'opacité des actions de la FED n'ont pas permis d'avoir des réponses sur les sujets suivants (si vous en avez, ça m'intéresse): Sur quels types de sous-jacents ont eu lieu ces paiement d'AIG-FP? Pour quels montants? Pour les CDS, quel a été l'évènement de défaut? Le paiement complet du notionel du CDS était-il la seule solution? Sinon, pourquoi a-t-elle été retenue? Vu l'état d'AIG-FP, n'était-il pas raisonable de ne payer qu'une partie des sommes exigibles par les contreparties (voire rien du tout)? etc...
Je me souviens par exemple que quand on m'a expliqué les CDS subprime, on m'a dit que l'évènement de défaut était que les cum loss se mettaient à rogner une tranche et qu'à partir de là, c'était "pay as you go" indépendamment des casflows prévus dans la structure (ce qui est énorme quand on y pense car cela veut dire que la structure compterait pour le cash mais pas pour le CDS). Depuis, j'ai lu que c'était le downgrade qui avait rendu ces notionnels de CDS exigibles... Vos éclairages/commentaires sont les bienvenus si vous en avez.
(Avant de continuer, rapide didacticiel sur les CDS.)
Le Blogo a défendu cette position (radicale - je ne l'ai jamais vue défendue*) pour la première fois le 23 février. Comme pour la nationalisation des banques (défendue depuis le 9 octobre à un moment où ça n'était pas encore à la mode) je pense que ce thème va devenir important dans les mois à venir. La raison en est simple: ces contrats ne pourront pas être honorés. L'annulation de ces contrats n'est pas simplement nécessaire pour éviter la faillite des banques (elles sont déjà en faillite), c'est la seule solution pour éviter la faillite des Etats qui se sont portés garants de ces banques. Ils sont devenus à ce moment là des heureux participants du marché des CDS. Il aurait fallu dès cet instant que les gouvernements fassent place nette en mettant fin à tout trading de CDS (notamment) mais ils ont préféré faire confiance aux traders (qui avaient fait leurs preuves...) pour gérer au mieux l'argent des contribuables (voir ici).
L'idée d'annuler les contrats est délicate d'un point de vue juridique mais je crois que l'on va très vite se rendre compte qu'essayer de les honorer ne va pas être simplement "délicat" mais réellement impossible. Pour le moment, le gouvernement américain a démontré qu'il était déterminé à payer comme dans le cas d'AIG où les contreparties de CDS "subprime" ont toutes vu leurs paiements effectués rubis sur l'ongle. Une autre stratégie (qui revient à l'annulation des contrats sans le dire) a été de prévenir les faillites dans le système bancaire mais aussi dans l'automobile. En empêchant les évènements de défaut d'intervenir pour BS, ML, Wachovia etc..., l'Etat a épargné pour l'instant aux CDS d'apparaître pour ce qu'ils sont: des "financial weapons of mass destruction" (Warren Buffet).
Cette stratégie de boucher les fissures une par une fasse à un barrage sur le point de céder ne peut pas durer toujours et il va arriver un moment où le coût de ces pis-allers va devenir exorbitant. Enters the "annulation scheme"! (à prononcer en anglais même si "annulation" ne l'est guère). Il n'est pas impossible d'imaginer que cette révolution copernicienne se produira précisément au moment où Goldman Sachs n'estimera plus judicieux de faire face à ses obligations en matière de CDS. Just sayin...
Comme d'habitude depuis le début de la crise, l'anticipation est nulle car on confond "identifier une difficulté" et "créer une difficulté". Comme un enfant qui croit faire disparaître son interlocuteur en se cachant les yeux, les banquiers font disparaître la difficulté en l'évitant du regard.
D'une certaine manière, un des problèmes que posent les Credit Default Swaps (voir le didacticiel sommaire du Blogo sur les CDS dans le post précédent) touchait déjà les pools d'emprunts dans le subprime. Sur 1000 emprunts, on considérait que dans le pire des cas, 40 feraient défaut simultanément et pas 250 (ou plus) comme on le voit actuellement. Pour les CDS, le problème est similaire: les banques ont calculé qu'un certains nombre de sociétés pouvait faire défaut en même temps mais elles n'ont pas envisagé une crise comme celle que nous traversons. Loin d'imaginer une crise de cette ampleur, elles ont au contraire essayer de rationaliser l'idée selon laquelle les crises à venir seraient moins graves que par le passé. C'est ainsi qu'on lisait régulièrement avant 2007 que, dorénavant, les "technologies" de gestion du risque étaient arrivées à un niveau de sophistication jamais atteint, que le risque n'avait jamais été aussi bien maîtrisé dans l'histoire et qu'il était de plus réparti de manière homogène sur toute la planète (grâce à la sécuritisation). Cela a permis de rationaliser la plupart des excès de la période et il y avait peu d'esprit indépendant comme Stephen Roach de Morgan Stanley qui osait pointer du doigt qu'on était, bien au contraire, en train de constituer la plus grosse bombe financière de tous les temps (dire cela était mauvais pour les bonus ce qui ne faisait pas que des amis).
Le nombre de défauts possibles simultanément a été sous-estimé mais ça n'est pas le seul problème. Les CDS ont ceci de magique qu'à court terme, ils rapportent de l'argent à ceux qui en émettent. C'est typiquement ce qu'a fait AIG avant sa faillite mais il s'agit juste d'un cas particulier du mécanisme qui a poussé tout le système financier à produire des CDS à tour de bras depuis dix ans: on génère immédiatement du revenu sans immobilisation de capital. Après, on démontre à son département "risque" en prenant un historique de deux ans que l'on a pris un risque epsilonesque et on vient de trouver la poule aux oeufs d'or. Alors, on imprime des CDS "En veux-tu? En voilà." sans aucune limite. Dix ans plus tard, tout le monde est condamné à ce que tout se passe bien car sinon des montants à proprement parler astronomiques deviendraient exigibles si quelques évènements de défaut seulement se produisaient (on évalue entre $25 et $60 trilliards le notionnel de tous les CDS existants). Le seul défaut de General Motors pourrait rendre exigible 6 à 7 fois la dette de GM ($40 billion) selon Nouriel Roubini. D'autres parlent d'un trillion. On ne sait pas vraiment car ces produits ne sont pas traités sur un marché mais "over the counter" ce qui veut dire que deux intervenants de marché se mettent d'accord et qu'ils sont les deux seuls à être au courant de la transaction. De plus, cet engagement est hors-bilan.
Il faut noter ici que beaucoup de ces engagements se compensent les uns les autres car deux grandes institutions peuvent quotidiennement faire des trades qui annulent leurs effets en cas de défaut. Il n'en demeure pas moins qu'en raison des montants en jeux, un défaut à l'instant t peut mettre à terre une banque qui aurait été sauvée par un autre défaut à t+1 mais qui ne sera plus là pour le voir. C'est dans ce contexte que les CDS peuvent être considérés comme des "weapons of mass destruction". Sur le subprime, AIG était clairement la plus exposée et on a vu le résultat (même si elle avait en plus d'autres faiblesses).
Nous en sommes là. Les Etats font des pieds et des mains depuis le début de la crise pour qu'aucun "évènement de défaut" déstabilisateur ne vienne perturber ce système instable en rendant exigibles les garanties théoriquement apportées par les CDS. Le défaut est devenu interdit. Des faillites à répétition dans les banques auraient par exemple déclenché cette spirale infernale. Les gouvernements du monde entier tiennent le système à bout de bras, ici en évitant la faillite d'une banque, là en prenant à son compte les obligations d'une société d'assurance (AIG par exemple).
Le cas d'AIG est particulièrement intéressant car AIG a émis massivement des CDS sur les obligations "subprime". L'intérêt pour eux était probablement d'obtenir des cashflows à court terme. En face, des institutions en meilleure posture ont clairement profité du fait qu'AIG était aux abois. Les CDS subprime n'existent que depuis 2005 (contre fin des années 90 pour le risque "corporate" et le risque souverain). Peu après leur apparition en 2005, la crise du subprime est apparue inévitable. Il semble qu'AIG ait offert de la protection sur ces bonds toxiques à un moment où tout le marché cherchait à prendre l'autre sens de ce trade. Et Goldman l' a fait particulièrement massivement. En toute logique, "shorter" le subprime à ce moment là n'aurait jamais dû rapporter: toute institution trop impliquée dans la vente de protection n'y résisterait pas et le risque de contrepartie aurait dû dissuader tout acteur raisonable de se couvrir de cette façon. Ce cas est également intéressant car si le marché des CDS corporate (plus vieux et plus important) dans son ensemble n'a pas encore connu beaucoup d'évènements de défaut, il y en a eu dans le subprime (sur des BBB par exemple même si j'ai aussi lu que l'évènement de défaut pouvait être un downgrade***). Les sommes importantes qui sont devenus dès lors exigibles ont coulé AIG mais elles ont été payées grâce à Uncle Sam (le gouvernement américain ayant payé les obligations AIG). Cela a permis à des intervenants qui avaient pris un risque idiot (le risque de contrepartie d'AIG) de se retrouver complètement protégées par des politiciens corrompus et des contribuables inertes.
Cela constitue donc un précédent: si une institution financière ne peut honorer les CDS qu'elle a vendus, l'Etat viendra à son secours. En réalité, les montants seront plus importants la prochaine fois et le gouvernement ne pourra pas faire face (si tant est qu'il ne soit pas d'ores et déjà "way over its head" mais ça, c'est une autre histoire pas directement liée aux CDS).
Vous souvenez-vous de la "Doomsday Machine" (machine infernale) du docteur folamour qui devait faire exploser la planète entière si une seule explosion atomique intervenait? C'est un peu ce que les CDS ont créé en matière de défaut dans le système financier international. Quelques défauts pourraient rendre exigibles des sommes tellement faramineuses que les ressources financières des Etats ne suffiraient pas à ramener la confiance. Annuler les CDS revient à désamorcer la Doomsday Machine. Dans le film, toute tentative de désamorçage conduit à son explosion une fois qu'elle est mise en route. Il est clair que l'annulation de tous les CDS causerait des remous importants mais je pense qu'ils seraient bien moindre que de laisser se dérouler passivement le jeu de massacre que nous avons devant nous.
* J'ai vu des articles où on suggérait de les interdire mais pas de les annuler.
** C'est un des nombreux sujets sur lesquels j'aimerais trouver des éclaircissments. Le rythme effréné de la crise ainsi que l'opacité des actions de la FED n'ont pas permis d'avoir des réponses sur les sujets suivants (si vous en avez, ça m'intéresse): Sur quels types de sous-jacents ont eu lieu ces paiement d'AIG-FP? Pour quels montants? Pour les CDS, quel a été l'évènement de défaut? Le paiement complet du notionel du CDS était-il la seule solution? Sinon, pourquoi a-t-elle été retenue? Vu l'état d'AIG-FP, n'était-il pas raisonable de ne payer qu'une partie des sommes exigibles par les contreparties (voire rien du tout)? etc...
Je me souviens par exemple que quand on m'a expliqué les CDS subprime, on m'a dit que l'évènement de défaut était que les cum loss se mettaient à rogner une tranche et qu'à partir de là, c'était "pay as you go" indépendamment des casflows prévus dans la structure (ce qui est énorme quand on y pense car cela veut dire que la structure compterait pour le cash mais pas pour le CDS). Depuis, j'ai lu que c'était le downgrade qui avait rendu ces notionnels de CDS exigibles... Vos éclairages/commentaires sont les bienvenus si vous en avez.
Qu'est-ce qu'un CDS?
Un CDS est un contrat entre deux parties qui vise à inverser les paiements d'une obligation classique. Vous payez la prime liée au risque de crédit de l'emprunteur et si celui-ci fait défaut, votre contrepartie vous paye le principal. Le paiement du principal est en général déclenché par la faillite qu'on appelle "évènement de défaut".
Si, par exemple, vous achetez une obligation émise par El Blogo, vous lui donnez 100 millions de votre argent puis El Blogo vous paye 5% par an par exemple et vous rembourse à maturité. Si El Blogo fait défaut avant la maturité, vous perdez l'argent que vous avez prêté.
Si vous achetez une protection contre une faillite d'El Blogo (autrement dit, un CDS), vous payez 5% par an sur un notionel de votre choix (qui n'est pas contraint par le principal de la dette sous-jacente) et en cas de faillite ("évènement de défaut"), on vous paye 100% de ce montant .
(L'exemple précédent est simplifié, notamment parce que le prêteur récupère généralement une partie du principal.)
Il y a une limite au volume d'obligations qu'une société peut émettre: à partir d'un certain niveau, les analystes financiers vont se dire que le niveau de dettes est trop élevé par rapport aux actifs et les marchés vont couper le robinet de la dette (en la rendant plus chère). Ainsi, si une société fait défaut, elle peut "planter" ses créditeurs d'un nombre de milliards limités, proportionnel à son réel poids économique (des dizaines de milliards au maximum). C'est le "défaut à papa". Dans le cas des CDS, cette "real world" limite n'existe pas et on entre dans le défaut "New Age": l'évènement de défaut rend exigible un montant illimité. Etant donné qu'il n'y aucune limite aux transactions entre participants, l'évènement de défaut peut rendre exigible des dizaines ou des centaines de fois les montants perdus par les prêteurs originaux. C'est comme ça qu'une banque peut soutenir une société en difficulté car elle se sait très exposée à cette faillite en particulier à cause de son book de CDS. Une banque ayant fait le pari inverse peu quant à elle avoir intérêt au défaut...
On voit bien dans le fonctionnement de base d'un CDS qu'il représente une aubaine pour celui qui est en mesure d'en créer: à court terme, il reçoit du cash et il n'a pas à immobiliser de capital en collatéral. C'est la martingale. De l'autre côté du trade, un zozo paye l'illusion de la sécurité mais il sait qu'au risque de défaut contre lequel il se couvre s'ajoute un risque de contrepartie. Dans un contexte où les défauts sur des grands noms avaient quasiment disparu de la carte depuis l'an 2000, les CDS ont explosé. L'emprunteur subprime a du mal à résister à la notion de "cash immédiat" et le vendeur de CDS peut d'une certaine manière tomber dans le même panneau s'il est en difficulté comme cela semble avoir été le cas pour AIG.
Pour les conséquences néfastes de ces produits, voir ici. Le Blogo défend leur annulation et leur interdiction.
Si, par exemple, vous achetez une obligation émise par El Blogo, vous lui donnez 100 millions de votre argent puis El Blogo vous paye 5% par an par exemple et vous rembourse à maturité. Si El Blogo fait défaut avant la maturité, vous perdez l'argent que vous avez prêté.
Si vous achetez une protection contre une faillite d'El Blogo (autrement dit, un CDS), vous payez 5% par an sur un notionel de votre choix (qui n'est pas contraint par le principal de la dette sous-jacente) et en cas de faillite ("évènement de défaut"), on vous paye 100% de ce montant .
(L'exemple précédent est simplifié, notamment parce que le prêteur récupère généralement une partie du principal.)
Il y a une limite au volume d'obligations qu'une société peut émettre: à partir d'un certain niveau, les analystes financiers vont se dire que le niveau de dettes est trop élevé par rapport aux actifs et les marchés vont couper le robinet de la dette (en la rendant plus chère). Ainsi, si une société fait défaut, elle peut "planter" ses créditeurs d'un nombre de milliards limités, proportionnel à son réel poids économique (des dizaines de milliards au maximum). C'est le "défaut à papa". Dans le cas des CDS, cette "real world" limite n'existe pas et on entre dans le défaut "New Age": l'évènement de défaut rend exigible un montant illimité. Etant donné qu'il n'y aucune limite aux transactions entre participants, l'évènement de défaut peut rendre exigible des dizaines ou des centaines de fois les montants perdus par les prêteurs originaux. C'est comme ça qu'une banque peut soutenir une société en difficulté car elle se sait très exposée à cette faillite en particulier à cause de son book de CDS. Une banque ayant fait le pari inverse peu quant à elle avoir intérêt au défaut...
On voit bien dans le fonctionnement de base d'un CDS qu'il représente une aubaine pour celui qui est en mesure d'en créer: à court terme, il reçoit du cash et il n'a pas à immobiliser de capital en collatéral. C'est la martingale. De l'autre côté du trade, un zozo paye l'illusion de la sécurité mais il sait qu'au risque de défaut contre lequel il se couvre s'ajoute un risque de contrepartie. Dans un contexte où les défauts sur des grands noms avaient quasiment disparu de la carte depuis l'an 2000, les CDS ont explosé. L'emprunteur subprime a du mal à résister à la notion de "cash immédiat" et le vendeur de CDS peut d'une certaine manière tomber dans le même panneau s'il est en difficulté comme cela semble avoir été le cas pour AIG.
Pour les conséquences néfastes de ces produits, voir ici. Le Blogo défend leur annulation et leur interdiction.
dimanche 12 avril 2009
"Pessimism porn"
Voici la "catch phrase" trouvée par un journaliste de ABCNews pour catégoriser Peter Schiff et Gerald Celente (un autre prophète de malheur similaire à Peter Schiff mais dont je n'ai pas parlé sur le Blogo jusqu'à maintenant parce que je crois me souvenir qu'il avait des affiliations un peu plus suspecte). Ce journaliste explique que l'attrait du "pessimism porn" est lié au fait que "les gens se croient plus intelligents en écoutant des prédictions apocalyptiques". Peut-être est-ce lié à ce phénomène: "les gens se croient débiles en s'entendant dire que tout va bien alors que tout est sur le point d'exploser"? Il a complètement raison: la bêtise crasse est un allié essentiel des propagandistes dans son genre.
Extrait: "Now I should be clear: most mainstream economists don't agree wit Celente and Schiff at all."
I feel better already!
Extrait: "Now I should be clear: most mainstream economists don't agree wit Celente and Schiff at all."
I feel better already!
Blogging Goldman Sachs
Un blogueur américain a commencé un blog le 26 mars qui se veut "anti-Goldman". Le nom est goldmansachs666 à www. goldmansachs666.com. Merci à W. pour me l'avoir signalé. Le contenu du blog est moins "loony" que ne le laisse présager son nom qui comprend malheureusement le chiffre du diable: "666". Le blogueur suggère qu'il fait plutôt référence au point bas du S&P 500 qui est également 666. Pas très crédible en tout cas.
Ce qui est crédible en revanche, c'est que ce site s'est déjà attiré les foudres de Goldman qui le menace de poursuite en demandant qu'il change de nom. Le blogueur lance une forme d'appel à témoin et de travail coopératif qui ne doit pas réjouir les services de sécurité de la firme. Il y a un hit counter sur le site qui est à 32500 et qui était à 1000 de moins il y a 10 minutes.
Espérons que de nombreuses initiatives de ce genre nous permettrons d'apporter sur cette crise un éclairage différent de l'imbécilité complice dont nous gratifie les MSM. J'ai eu l'idée d'un site où tous les gens qui ont eu un rôle dans la crise pourrait venir témoigner (parfois anonymement) et apporter leurs explications mais je ne sais pas par où commencer (pour ceux qui ont des suggestions...). A noter dans NY Magazine, le témoignage du créateur d'Intex (société d'informatique central dans le trading d'ABS).
Note: c'est du délire, 1500 hits de plus en 10 minutes pour GoldmanSachs666. Plus de 34000!
Update: 77000 le nombre de hits a presque triplé. Le blowback internet contre Goldman se met en place.
Ce qui est crédible en revanche, c'est que ce site s'est déjà attiré les foudres de Goldman qui le menace de poursuite en demandant qu'il change de nom. Le blogueur lance une forme d'appel à témoin et de travail coopératif qui ne doit pas réjouir les services de sécurité de la firme. Il y a un hit counter sur le site qui est à 32500 et qui était à 1000 de moins il y a 10 minutes.
Espérons que de nombreuses initiatives de ce genre nous permettrons d'apporter sur cette crise un éclairage différent de l'imbécilité complice dont nous gratifie les MSM. J'ai eu l'idée d'un site où tous les gens qui ont eu un rôle dans la crise pourrait venir témoigner (parfois anonymement) et apporter leurs explications mais je ne sais pas par où commencer (pour ceux qui ont des suggestions...). A noter dans NY Magazine, le témoignage du créateur d'Intex (société d'informatique central dans le trading d'ABS).
Note: c'est du délire, 1500 hits de plus en 10 minutes pour GoldmanSachs666. Plus de 34000!
Update: 77000 le nombre de hits a presque triplé. Le blowback internet contre Goldman se met en place.
vendredi 10 avril 2009
Friday Madonna Blogging
Voir ci-dessous le dernier clip de Madonna. Il y a un thème récurrent qui ressemble à un sujet de préoccupation du vendredi pour le blogo. Un peu répétitif et pas cher, c'est la crise aussi pour Madonna.
Obama: le rêve s'estompe
Obama avait dénoncé l'utilisation abusive par Bush des "State Secret privileges" pendant la campagne. Il s'agit pour le président de pouvoir mettre fin à des enquêtes ou à un procès unilatéralement en invoquant, en gros, l'équivalent du secret défense. Bush s'en est servi pour empêcher les poursuites contre son administration de manière assez transparente. Obama a décidé de poursuivre ces pratiques et se voit assez violemment critiqué à gauche pour cette raison. Keith Olbermann, un journaliste qui a redonné une voix à la gauche à la télévision ces dernières années, a attaqué Obama sur ce point mercredi soir. Glenn Greenwald qui a tenu longtemps à laisser le bénéfice du doute à la nouvelle administration n'est plus très loin de tirer le tapis. Voir TPM également.
Obama est par ailleurs toujours dans l'idée de laisser de 35000 à 50000 militaires en Irak "indéfiniment" pour "aider les irakiens et protéger les intérêts américains". Le projet colonial néoconservateur demeure donc là-bas (avec la plus grande ambassade du monde notamment) et il n'est pas difficile d'imaginer un scénario où à la faveur d'un "réchauffement" de la situtation là-bas, Obama termine son mandat avec un niveau de troupe équivalent au niveau actuel (si la situation économique le permet). En attendant, des dizaines de milliers de manifestants irakiens se sont rassemblés contre l'occupation hier. Le premier budget militaire sous Obama est encore en augmentation.
Si on ajoute à cela le soutien indéfectible aux banques de l'administration qui n'a fait que renommer le "plan Paulson" en "plan Geithner" en gardant les mêmes transfuges de Goldman Sachs pour l'administrer, on doit reconnaître qu'Obama débute plus sa présidence en gardien du temple (vermoulu) qu'en agent du "change we can believe in". Obama n'a jamais vraiment troublé le sommeil de quiconque à Washington et cela ne semble pas à être à son programme anytime soon.
Obama est par ailleurs toujours dans l'idée de laisser de 35000 à 50000 militaires en Irak "indéfiniment" pour "aider les irakiens et protéger les intérêts américains". Le projet colonial néoconservateur demeure donc là-bas (avec la plus grande ambassade du monde notamment) et il n'est pas difficile d'imaginer un scénario où à la faveur d'un "réchauffement" de la situtation là-bas, Obama termine son mandat avec un niveau de troupe équivalent au niveau actuel (si la situation économique le permet). En attendant, des dizaines de milliers de manifestants irakiens se sont rassemblés contre l'occupation hier. Le premier budget militaire sous Obama est encore en augmentation.
Si on ajoute à cela le soutien indéfectible aux banques de l'administration qui n'a fait que renommer le "plan Paulson" en "plan Geithner" en gardant les mêmes transfuges de Goldman Sachs pour l'administrer, on doit reconnaître qu'Obama débute plus sa présidence en gardien du temple (vermoulu) qu'en agent du "change we can believe in". Obama n'a jamais vraiment troublé le sommeil de quiconque à Washington et cela ne semble pas à être à son programme anytime soon.
Obama hypocrite sur les limites de salaires
Les programmes d'aides illimitées aux banques qui ont débuté en octobre dernier comprennent généralement des provisions imposant des contraintes sur les établissements financiers qui en bénéficient. Une fois l'effet d'annonce passé, toutes ces contraintes sont décortiquées puis vidées de leur substance par les lobbyists des banques (ce qui inclut Geithner et Summers). Certaines contraintes font l'objet de plus d'attention que d'autres et on compte parmi elles (sans surprise) les restrictions portant sur les rémunérations des CEO de ces banques.
Cela est illustré dans cet article du wapo de samedi dernier. Il y est expliqué comment l'administration envisage de faire passer l'aide par des entités juridiques créées précisément dans le but de déjouer les provisions limitant la rémunération dans les banques participantes. Pretty depressing, no?
Axelrod (un conseiller d'Obama) et Geithner se sont vus poser cette question dimanche dans les "Sunday Talk Shows". Axelrod a admis et essayé de faire passer la valda tant bien que mal mais Geithner a simplement annoncé "That's not true". Problème de communication au sein de l'administration relevé ici. Cela donne aussi l'impression que Geithner n'hésite pas à mentir en regardant le public "droit dans les yeux" (façon Vikram Pandit) ce qui confirme l'idée que me faisais de lui (a real weasel).
Cela est illustré dans cet article du wapo de samedi dernier. Il y est expliqué comment l'administration envisage de faire passer l'aide par des entités juridiques créées précisément dans le but de déjouer les provisions limitant la rémunération dans les banques participantes. Pretty depressing, no?
Axelrod (un conseiller d'Obama) et Geithner se sont vus poser cette question dimanche dans les "Sunday Talk Shows". Axelrod a admis et essayé de faire passer la valda tant bien que mal mais Geithner a simplement annoncé "That's not true". Problème de communication au sein de l'administration relevé ici. Cela donne aussi l'impression que Geithner n'hésite pas à mentir en regardant le public "droit dans les yeux" (façon Vikram Pandit) ce qui confirme l'idée que me faisais de lui (a real weasel).
jeudi 9 avril 2009
Too good to be true
J'ai du mal à y croire mais même si cette pub est une blague, c'est marrant. Et si ça n'est pas une blague, c'est hilarant.
J'en profite pour faire un petit sondage:
Addendum: Cette pub est sur le site de boursorama. C'est donc bien une vraie pub. Elle est clairement ridicule mais elle va avoir un grand retentitssement. Faire rire de soi à gorge déployée, est-ce une stratégie de communication répertoriée? Y a-t-il des précédents?
J'en profite pour faire un petit sondage:
Addendum: Cette pub est sur le site de boursorama. C'est donc bien une vraie pub. Elle est clairement ridicule mais elle va avoir un grand retentitssement. Faire rire de soi à gorge déployée, est-ce une stratégie de communication répertoriée? Y a-t-il des précédents?
HADOPI rejetée...
En lisant ce titre ("L'Assemblée Nationale rejette la loi HADOPI"), je me suis dit que j'allais me lancer dans un éloge de la démocratie française. En lisant le détaitl, il semble que ce rejet soit plus lié à la nullité de notre ministre de la culture qu'au bon fonctionnement de notre démocratie.
A tout prendre, c'est quand même une bonne nouvelle car cela déstabilise un peu les soutiens de cette loi qui n'avaient pas besoin de cela (voir sondage plus bas). Même si nous ne devons ce rejet qu'à l'audace d'une poignée et pas à une majorité indignée comme je l'avais d'abord espéré, il est quand même rafraîchissant de voir certain nombre de nos représentants s'insurger contre une loi "citizen hostile".
Au passage: je m'étais étonné de ne pas avoir trouvé beaucoup de sondages disponibles quand je m'étais penché sur la loi HADOPI la semaine dernière. Un nouveau sondage est sorti. Sans surprise, 60% des internautes sont contre la loi. On se demande cependant pourquoi le sondage ne s'intéresse qu'aux internautes. Difficile d'imaginer les conséquences électorales possibles si le sondage ne porte que sur les internautes.
A tout prendre, c'est quand même une bonne nouvelle car cela déstabilise un peu les soutiens de cette loi qui n'avaient pas besoin de cela (voir sondage plus bas). Même si nous ne devons ce rejet qu'à l'audace d'une poignée et pas à une majorité indignée comme je l'avais d'abord espéré, il est quand même rafraîchissant de voir certain nombre de nos représentants s'insurger contre une loi "citizen hostile".
Au passage: je m'étais étonné de ne pas avoir trouvé beaucoup de sondages disponibles quand je m'étais penché sur la loi HADOPI la semaine dernière. Un nouveau sondage est sorti. Sans surprise, 60% des internautes sont contre la loi. On se demande cependant pourquoi le sondage ne s'intéresse qu'aux internautes. Difficile d'imaginer les conséquences électorales possibles si le sondage ne porte que sur les internautes.
"Twitter Revolution"? Give me a break...
Le NYT trouve un moldave qui a un compte "twitter" et nous voilà partis dans une "Twitter Revolution". Ridicule absolu du NYT une fois de plus mais impact considérable dans les médias internationaux. La CIA a simplement épuisé toutes les couleurs de l'arc-en-ciel pour ses révolutions sponsorisées et est donc passée à autre chose.
Le buzz "twitter" est un des phénomènes médiatiques les plus intriguants de ces derniers mois. Les intérêts financiers autour de twitter sont-ils à l'origine de cela où le concept mérite-t-il vraiment ce niveau d'attention? Il semble que le trafic SMS généré soit payant ce qui met déjà une grosse "constituency" dans la boucle: les telcos.
Si j'ai bien compris, il s'agit de diffuser et de s'inscrire à des "newsletters" de 140 caractères sur son téléphone mobile. Je ne sais pas qui paye pour le SMS: est-ce le récepteur? Cela ressemble un peu à une souscription volontaire à du spam. J'ai du mal à entrevoir exactement quels types de messages j'aurais envie de recevoir de manière automatique sous le format 140 caractères (et peut-être payants!). Je trouve déjà fastidieux de consulter mes mails, mes SMS et ma messagerie vocale (surtout ma messagerie vocale - quelle horreur!)... En plus, avec les nouveaux téléphones permettant les emails, le SMS n'est-il pas voué à l'extinction? Suis-je déjà trop vieux pour ce genre de trucs? Am I missing something here?
Note: Twitter est entré sur mon radar après les attentats de Bombay car on a fait grand cas à l'époque du rôle de Twitter (???). Des gens ont-ils créé des listes de diffusion Twitter "spéciales attentat"? Des gens pris en otage ont-ils twitté à des listes préexistantes? N'enverriez-vous pas plutôt des sms à vos proches dans ce genre de situation? Vraiment, on se demande... Ou bien est-ce un envoyé spécial de CNN qui en a profité pour faire la pub pour son flux? Twitter fait clairement vibrer l'aiguille du bullshit detector du Blogo. Stay tuned.
Le buzz "twitter" est un des phénomènes médiatiques les plus intriguants de ces derniers mois. Les intérêts financiers autour de twitter sont-ils à l'origine de cela où le concept mérite-t-il vraiment ce niveau d'attention? Il semble que le trafic SMS généré soit payant ce qui met déjà une grosse "constituency" dans la boucle: les telcos.
Si j'ai bien compris, il s'agit de diffuser et de s'inscrire à des "newsletters" de 140 caractères sur son téléphone mobile. Je ne sais pas qui paye pour le SMS: est-ce le récepteur? Cela ressemble un peu à une souscription volontaire à du spam. J'ai du mal à entrevoir exactement quels types de messages j'aurais envie de recevoir de manière automatique sous le format 140 caractères (et peut-être payants!). Je trouve déjà fastidieux de consulter mes mails, mes SMS et ma messagerie vocale (surtout ma messagerie vocale - quelle horreur!)... En plus, avec les nouveaux téléphones permettant les emails, le SMS n'est-il pas voué à l'extinction? Suis-je déjà trop vieux pour ce genre de trucs? Am I missing something here?
Note: Twitter est entré sur mon radar après les attentats de Bombay car on a fait grand cas à l'époque du rôle de Twitter (???). Des gens ont-ils créé des listes de diffusion Twitter "spéciales attentat"? Des gens pris en otage ont-ils twitté à des listes préexistantes? N'enverriez-vous pas plutôt des sms à vos proches dans ce genre de situation? Vraiment, on se demande... Ou bien est-ce un envoyé spécial de CNN qui en a profité pour faire la pub pour son flux? Twitter fait clairement vibrer l'aiguille du bullshit detector du Blogo. Stay tuned.
La crise du CRE est là
Le Blogo vous avait promis la crise du Commercial Real Estate (immobilier d'entreprise). La voilà.
Il ne s'agit ici que des surfaces commerciales louées dans les centres commerciaux mais la chute est sévère. La diminution de la surface louée au premier trimestre surpasse la baisse pour toute l'année 2008.
Il ne s'agit ici que des surfaces commerciales louées dans les centres commerciaux mais la chute est sévère. La diminution de la surface louée au premier trimestre surpasse la baisse pour toute l'année 2008.
La commission d'enquête sur la crise de 29
Bill Moyers partage une tribune avec Michael Winship. Ils reviennent sur l'allégeance de Summers à Wall Street (il a déclaré $7,2 millions de revenus de Wall Street en 2008) et se demandent comment on peut compter sur lui pour donner une image objective de la crise à Obama. Ils évoquent aussi l'interview de William H. black que j'ai déjà référencée ici.
La raison pour laquelle je parle de cette tribune est qu'il cite Ferdinand Pecora qui a mené la commission d'enquête sur la crise de 1929. L'extrait de l'introduction de son livre "Wall Street Under Oath" paru en 1939 semble intemporel:
Cela indique en tout cas que Wall Street en 1939 avait été sévèrement sanctionné. En sera-t-il de même en 2018? Ca n'en prend pas le chemin pour l'instant.
La raison pour laquelle je parle de cette tribune est qu'il cite Ferdinand Pecora qui a mené la commission d'enquête sur la crise de 1929. L'extrait de l'introduction de son livre "Wall Street Under Oath" paru en 1939 semble intemporel:
"That its leaders are eminently fitted to guide our nation, and that they would make a much better job of it than any other body of men, Wall Street does not for a moment doubt," Pecora wrote. "Indeed, if you now hearken to the Oracles of The Street, you will hear now and then that the money-changers have been much maligned.
“You will be told that a whole group of high-minded men, innocent of social or economic wrongdoing, were expelled from the temple because of the excesses of a few. You will be assured that they had nothing to do with the misfortunes that overtook the country in 1929-1933; that they were simply scapegoats, sacrificed on the altar of unreasoning public opinion to satisfy the wrath of a howling mob...."Cela indique en tout cas que Wall Street en 1939 avait été sévèrement sanctionné. En sera-t-il de même en 2018? Ca n'en prend pas le chemin pour l'instant.
mercredi 8 avril 2009
Le NYT et le Wapo servent la soupe aux banques
Les banques sont en difficulté? Comptez sur le gratin des éditorialistes du Washington Post et du NYT pour voler à leur secours. Je ne crois pas que ces éditoriaux grotesques soient faits pour convaincre. Je pense que l'idée est plutôt que pendant que les gens lisent ça, au moins, ils ne lisent pas autre chose de plus subversif...
David Brooks nous explique que Simon Johnson (qui figure sur la blogo compliant list) se trompe.
L'imbécile* Richard Cohen nous explique que Larry Summers était bien payé l'année dernière ($7,2 millions) et que les américains, au lieu de l'accuser de conflits d'intérêts, devrait le remercier d'avoir rejoint le service public en acceptant une baisse de salaire. Il fallait oser.
Note: j'essaierai d'ajouter d'autres op-eds ridiculement "pro-banques" comme ceux-ci dans la soirée. J'en lis beaucoup en ce moment.
*après le speech de Powell aux Nations-Unies en 2003 qui n'avait absolument rien démontré quant aux armes de destruction massive irakiennes, Richard Cohen déclarait la chose suivante dans un op-ed du wapo: "The evidence he [Powell] presented to the United Nations—some of it circumstantial, some of it absolutely bone-chilling in its detail—had to prove to anyone that Iraq not only hasn’t accounted for its weapons of mass destruction but without a doubt still retains them. Only a fool—or possibly a Frenchman—could conclude otherwise."
David Brooks nous explique que Simon Johnson (qui figure sur la blogo compliant list) se trompe.
L'imbécile* Richard Cohen nous explique que Larry Summers était bien payé l'année dernière ($7,2 millions) et que les américains, au lieu de l'accuser de conflits d'intérêts, devrait le remercier d'avoir rejoint le service public en acceptant une baisse de salaire. Il fallait oser.
Note: j'essaierai d'ajouter d'autres op-eds ridiculement "pro-banques" comme ceux-ci dans la soirée. J'en lis beaucoup en ce moment.
*après le speech de Powell aux Nations-Unies en 2003 qui n'avait absolument rien démontré quant aux armes de destruction massive irakiennes, Richard Cohen déclarait la chose suivante dans un op-ed du wapo: "The evidence he [Powell] presented to the United Nations—some of it circumstantial, some of it absolutely bone-chilling in its detail—had to prove to anyone that Iraq not only hasn’t accounted for its weapons of mass destruction but without a doubt still retains them. Only a fool—or possibly a Frenchman—could conclude otherwise."
Le plan Geithner
La dernière version du plan Geithner repose sur un mensonge: il n'y aurait plus de marché pour un certain type d'obligations comme les Residential Morgage Backed Securities (obligations garanties par des emprunts hypothécaires résidentiels). C'est faux. Il existe un marché. Le problème est que les institutions financières refusent de faire des transactions aux niveaux de prix indiqués par le marché. Ainsi, j'ai entendu qu'en gros, Le RMBS AAA s'échangerait autour de 30 cents du dollar alors que les banques (et autres) en demandent 60 cents du dollar.
La différence pour les banques, c'est qu'à 30 cents du dollar, elles doivent redemander des aides à l'Etat avec un risque de retour de bâton politique qui pourrait mettre en danger leur management. Le problème pour les acheteurs potentiels, c'est qu'à 60 cents du dollar ils sont quasiment certains de perdre de l'argent.
L'idée de Geithner est donc de subventionner l'achat de ces obligations de telle sorte qu'un marché réapparaisse. Il ne s'agirait pas vraiment d'un marché mais plutôt d'une "one way street" ou seuls les acheteurs subventionnés achèteraient. Cela a le mérite de ressembler à un marché ce qui est une composante importante du plan média de cette opération: "Le free market, c'est tellement super bien que ça va même nous sortir de l'ornière de la crise et même qu'on est pas des communistes etc...".
Je dis "le plan média" car concrètement, la substance du plan Geithner est une subvention aux banques réalisée de telle sorte qu'elle ne remette pas politiquement en cause la structure du pouvoir financier aux Etats-Unis. C'est un plan des banques pour les banques dont le principe général avait été établi par Henry Paulson, CEO de Goldman Sachs de 1998 à 2006.
Un des mensonges qu'on essaye de faire avaler aux américains est que ce plan va rapporter de l'argent. Là, on est vraiment dans le boniment de foire. Beaucoup de gens pensait qu'à 95 cents du dollar ces obligations étaient une affaire, qu'à 80 cents ce n'était qu'un trou d'air qui se règlerait rapidement. Après tout, ces obligations n'étaient-elles pas adossées à de véritables maisons, construites en dur avec des vrais matériaux de construction? Les américains n'avaient-ils pas besoin de se loger quand même? And so the story went... Le problème est que le subprime n'est pas réparti uniformément sur le territoire américain. Il y a eu des complexes immobiliers entiers qui ont été construits pour alimenter la frénésie spéculative liée à ce type de financement. La fraude massive a conduit à des no man's land parsemés de maisons qui décrépissent. C'est comme ça qu'une maison avec de la plomberie, des vitres, des serrures peuvent avoir une valeur quasi nulle. Certaines d'entre elles n'ont d'ailleurs jamais été achetées pour être habitées mais simplement pour être revendues un peu plus tard.
Quatorze millions de maisons seraient vides aux Etats-Unis (une sur neuf). L'histoire est que même à 30 cents du dollar, on est sûr de rien. Tout le monde pousse pour qu'on trouve de la valeur à ces machins et ça n'est pas un bon contexte pour modélisez sereinement. De plus, on tente toujours de modéliser de l'immobilier alors qu'il faut désormais modéliser une bulle spéculative. Le sous-jacent et ses spécificités sont devenus secondaires. Le plan Geithner pousse à nouveau les modélisateurs à la surestimation de la valeur de ces obligations. C'est le même biais depuis le début du subprime: des PHDs de mathématiques et des stars de l'informatique en sont réduits à mettre du rouge à lèvre à un cochon. Et comme le remarquait Obama pendant sa campagne, le maquillage n'y fait rien: "It's still a pig".
Le plan Geithner est donc un artifice pour faire endosser les pertes aux contribuables américains sans que cela ne soit directement une recapitalisation. C'est un scandale sans nom.
Alors bien sûr, on peut faire l'inventaire des contributions des banques (et hedge funds etc...) aux campagnes politiques depuis dix ans (ou plus). On peut faire la liste des "whistle blowers" qui ont vu leurs avertissements ignorés ostensiblement par le régulateur. On peut aussi s'amuser à compter le nombre d'employés de Goldman Sachs qui sont venus éclairer de leurs lanternes le ministère des finances américain. On peut aussi observer les aller-retours entre Fannie/Freddie et le monde politique américain. Mais à l'heure de choisir un seul élément qui témoigne de la corruption des politiques par Wall Street dans la période récente, quel meilleur symbole que le plan (Paulson/) Geithner qui saigne à blanc les contribuables américains en échange d'absolument rien?
La différence pour les banques, c'est qu'à 30 cents du dollar, elles doivent redemander des aides à l'Etat avec un risque de retour de bâton politique qui pourrait mettre en danger leur management. Le problème pour les acheteurs potentiels, c'est qu'à 60 cents du dollar ils sont quasiment certains de perdre de l'argent.
L'idée de Geithner est donc de subventionner l'achat de ces obligations de telle sorte qu'un marché réapparaisse. Il ne s'agirait pas vraiment d'un marché mais plutôt d'une "one way street" ou seuls les acheteurs subventionnés achèteraient. Cela a le mérite de ressembler à un marché ce qui est une composante importante du plan média de cette opération: "Le free market, c'est tellement super bien que ça va même nous sortir de l'ornière de la crise et même qu'on est pas des communistes etc...".
Je dis "le plan média" car concrètement, la substance du plan Geithner est une subvention aux banques réalisée de telle sorte qu'elle ne remette pas politiquement en cause la structure du pouvoir financier aux Etats-Unis. C'est un plan des banques pour les banques dont le principe général avait été établi par Henry Paulson, CEO de Goldman Sachs de 1998 à 2006.
Un des mensonges qu'on essaye de faire avaler aux américains est que ce plan va rapporter de l'argent. Là, on est vraiment dans le boniment de foire. Beaucoup de gens pensait qu'à 95 cents du dollar ces obligations étaient une affaire, qu'à 80 cents ce n'était qu'un trou d'air qui se règlerait rapidement. Après tout, ces obligations n'étaient-elles pas adossées à de véritables maisons, construites en dur avec des vrais matériaux de construction? Les américains n'avaient-ils pas besoin de se loger quand même? And so the story went... Le problème est que le subprime n'est pas réparti uniformément sur le territoire américain. Il y a eu des complexes immobiliers entiers qui ont été construits pour alimenter la frénésie spéculative liée à ce type de financement. La fraude massive a conduit à des no man's land parsemés de maisons qui décrépissent. C'est comme ça qu'une maison avec de la plomberie, des vitres, des serrures peuvent avoir une valeur quasi nulle. Certaines d'entre elles n'ont d'ailleurs jamais été achetées pour être habitées mais simplement pour être revendues un peu plus tard.
Quatorze millions de maisons seraient vides aux Etats-Unis (une sur neuf). L'histoire est que même à 30 cents du dollar, on est sûr de rien. Tout le monde pousse pour qu'on trouve de la valeur à ces machins et ça n'est pas un bon contexte pour modélisez sereinement. De plus, on tente toujours de modéliser de l'immobilier alors qu'il faut désormais modéliser une bulle spéculative. Le sous-jacent et ses spécificités sont devenus secondaires. Le plan Geithner pousse à nouveau les modélisateurs à la surestimation de la valeur de ces obligations. C'est le même biais depuis le début du subprime: des PHDs de mathématiques et des stars de l'informatique en sont réduits à mettre du rouge à lèvre à un cochon. Et comme le remarquait Obama pendant sa campagne, le maquillage n'y fait rien: "It's still a pig".
Le plan Geithner est donc un artifice pour faire endosser les pertes aux contribuables américains sans que cela ne soit directement une recapitalisation. C'est un scandale sans nom.
Alors bien sûr, on peut faire l'inventaire des contributions des banques (et hedge funds etc...) aux campagnes politiques depuis dix ans (ou plus). On peut faire la liste des "whistle blowers" qui ont vu leurs avertissements ignorés ostensiblement par le régulateur. On peut aussi s'amuser à compter le nombre d'employés de Goldman Sachs qui sont venus éclairer de leurs lanternes le ministère des finances américain. On peut aussi observer les aller-retours entre Fannie/Freddie et le monde politique américain. Mais à l'heure de choisir un seul élément qui témoigne de la corruption des politiques par Wall Street dans la période récente, quel meilleur symbole que le plan (Paulson/) Geithner qui saigne à blanc les contribuables américains en échange d'absolument rien?
mardi 7 avril 2009
Le pire n'est pas passé
Depuis que le "plan Geithner" a été rendu public, les bourses mondiales ont progressé de manière telle qu'on peut se demander si, d'un point de vue boursier, le pire n'est pas derrière nous. Tout le monde s'accorde sur le fait que les dégâts macroéconomiques de la crise vont continuer à s'aggraver mais les marchés anticipent la reprise.
Avec un G20 qui semble avoir été une réussite médiatique, le scénario pourrait être le suivant: le plancher macroéconomique est atteint dans les 12 mois qui viennent et les cours de bourse ne redescendront pas en dessous du plus bas atteint il y a trois semaines.
Je ne crois pas à ce scénario pour de multiples raisons sur lesquelles je reviendrai dans les jours qui viennent. Rapidement:
- la correction des prix de l'immobilier aux Etats-Unis n'est pas finie,
- les programmes d'endettement massif des Etats ne font que commencer et nul ne sait si leur capacité à emprunter est réellement infinie comme ils le supposent,
- la résolution du problème de tous les CDS qui ont été vendus en période faste ($28 trillions, dit-on) avant la crise et qui ne pourront être honorés sera nécessairement un (le?) temps fort de la crise et il est encore devant nous,
- cette crise a des racines très profondes et beaucoup de "retours vers la moyenne" ne sont qu'amorcés*.
* Kevin Philipps avance par exemple ici que la part du secteur financier est passée de 10 à 20% du PIB entre 1980 et 2009. Cela fait beaucoup de reconversions en peu de temps pour ceux qui attendent la reprise "au second semestre".
Avec un G20 qui semble avoir été une réussite médiatique, le scénario pourrait être le suivant: le plancher macroéconomique est atteint dans les 12 mois qui viennent et les cours de bourse ne redescendront pas en dessous du plus bas atteint il y a trois semaines.
Je ne crois pas à ce scénario pour de multiples raisons sur lesquelles je reviendrai dans les jours qui viennent. Rapidement:
- la correction des prix de l'immobilier aux Etats-Unis n'est pas finie,
- les programmes d'endettement massif des Etats ne font que commencer et nul ne sait si leur capacité à emprunter est réellement infinie comme ils le supposent,
- la résolution du problème de tous les CDS qui ont été vendus en période faste ($28 trillions, dit-on) avant la crise et qui ne pourront être honorés sera nécessairement un (le?) temps fort de la crise et il est encore devant nous,
- cette crise a des racines très profondes et beaucoup de "retours vers la moyenne" ne sont qu'amorcés*.
* Kevin Philipps avance par exemple ici que la part du secteur financier est passée de 10 à 20% du PIB entre 1980 et 2009. Cela fait beaucoup de reconversions en peu de temps pour ceux qui attendent la reprise "au second semestre".
"I'm the president. And you're not."
"I'm the president. And you're not."
C'est le message qu'aurait voulu faire passer Obama lors d'un rendez-vous avec les dirigeants des banques les plus importantes. Cet article du site "Politico" (faux-nez internet des MSM genre Huffington Post) nous donne un aperçu de l'ambiance entre Obama et les banquiers. Attention quand même, il ne s'agit pas d'une information de première main.
Extraits:
“These are complicated companies,” one CEO said. Offered another: “We’re competing for talent on an international market.”
But President Barack Obama wasn’t in a mood to hear them out. He stopped the conversation and offered a blunt reminder of the public’s reaction to such explanations. “Be careful how you make those statements, gentlemen. The public isn’t buying that.”
“My administration,” the president added, “is the only thing between you and the pitchforks.”
...
“The only way they could have sent a more Spartan message is if they had served bread along with the water,” says a person who attended the meeting. “The signal from Obama’s body language and demeanor was, ‘I’m the president, and you’re not.’”
According to the accounts of sources inside the room, President Obama told the CEOs exactly what he expects from them, and pushed back forcefully when they attempted to defend Wall Street’s legendarily high-paying ways.
C'est le message qu'aurait voulu faire passer Obama lors d'un rendez-vous avec les dirigeants des banques les plus importantes. Cet article du site "Politico" (faux-nez internet des MSM genre Huffington Post) nous donne un aperçu de l'ambiance entre Obama et les banquiers. Attention quand même, il ne s'agit pas d'une information de première main.
Extraits:
“These are complicated companies,” one CEO said. Offered another: “We’re competing for talent on an international market.”
But President Barack Obama wasn’t in a mood to hear them out. He stopped the conversation and offered a blunt reminder of the public’s reaction to such explanations. “Be careful how you make those statements, gentlemen. The public isn’t buying that.”
“My administration,” the president added, “is the only thing between you and the pitchforks.”
...
“The only way they could have sent a more Spartan message is if they had served bread along with the water,” says a person who attended the meeting. “The signal from Obama’s body language and demeanor was, ‘I’m the president, and you’re not.’”
According to the accounts of sources inside the room, President Obama told the CEOs exactly what he expects from them, and pushed back forcefully when they attempted to defend Wall Street’s legendarily high-paying ways.
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