vendredi 5 juin 2009
jeudi 4 juin 2009
Amity Shlaes verse une larme sur les riches trop taxés aux Etats-Unis
Amity Shlaes est une chroniqueuse de Bloomberg News qui connaît une carrière journalistique impeccable aux Etats-Unis. Yale, Editorial Board du Wall Street Journal, Bloomberg News, Financial Times. Sans compter des contributions à tous les magazines et journaux qui comptent. Membre du Council on Foreign Relations, elle fait partie de l'aristocratie américaine*.
Elle s'inquiète dans son dernier article bloomberg de la proportion de l'impôt sur le revenu payé par le top 1% (I kid you not). 26% en 1986, 37% en 2000 et 40% en 2006. Elle déplore ensuite qu'en dépit de ces chiffres, Obama souhaite quand même plus taxer les riches. Elle sous-entend qu'à force de tirer la machine économique sous le poids d'une charge fiscale trop lourde, les riches vont se lasser et mettre pied à terre aux dépens de la population en général.**
La ficelle est énorme: c'est évidemment en gagnant une plus grosse part des revenus globaux que les riches en sont venus à augmenter leur part dans l'impôt sur le revenu. Pas, comme Amity veut nous le faire croire, parce qu'ils ont été soumis à une pression fiscale particulièrement forte ces vingt dernières années (les tax cuts de Bush lui rappellent-elles quelque chose?). Il faut bien comprendre que ce genre de désinformation constitue une part importante du discours économique aux Etats-Unis. La plupart des gens y disposant d'un porte-voix (dans les vieux médias) travaillent au service d'un discours qui encense les tax cuts, parent les riches de toutes les vertus et n'hésite pas à détourner le sens de certaines statistiques pour faire avancer la cause ploutocrate comme en l'espèce.
Dans un contexte où les Etats-Unis sont présisément malades d'avoir trop laissé se développer les inégalités (jusqu'au point de subvertir leur démocratie), défendre l'idée qu'il faille alléger la charge fiscale sur le top 1% comme le fait Amity est un tribut à la morgue aristocratique et au caractère complètement jusqu'auboutiste et "droite dans ses bottes" de la classe dirigeante américaine. C'est cette arrogance qui est aujourd'hui sur la sellette ou qui le sera quand nous nous serons plus enfoncés dans la crise. Et si cette crise ne suffisait pas à remettre profondèment en cause la classe dirigeante américaine, je fais une totale confiance à l'ubris de cette dernière pour causer finalement sa propre perte.
* "aristocratie américaine": Voilà une expression à mon avis exacte mais qui ferait se retourner dans leur tombe les pères fondateurs. Il faut dire qu'ils sont sans doute aujourd'hui en rotation permanente.
** C'est le mythe éternellement rabaché du caractère bénéfique à tous de la prospérité des plus riches. C'est un point central de propagande du parti républicain qui parle de "trickle down economics". L'oppulence qui part du sommet et ruisselle dans toute la société. La crise démontre précisément l'inverse.
Elle s'inquiète dans son dernier article bloomberg de la proportion de l'impôt sur le revenu payé par le top 1% (I kid you not). 26% en 1986, 37% en 2000 et 40% en 2006. Elle déplore ensuite qu'en dépit de ces chiffres, Obama souhaite quand même plus taxer les riches. Elle sous-entend qu'à force de tirer la machine économique sous le poids d'une charge fiscale trop lourde, les riches vont se lasser et mettre pied à terre aux dépens de la population en général.**
La ficelle est énorme: c'est évidemment en gagnant une plus grosse part des revenus globaux que les riches en sont venus à augmenter leur part dans l'impôt sur le revenu. Pas, comme Amity veut nous le faire croire, parce qu'ils ont été soumis à une pression fiscale particulièrement forte ces vingt dernières années (les tax cuts de Bush lui rappellent-elles quelque chose?). Il faut bien comprendre que ce genre de désinformation constitue une part importante du discours économique aux Etats-Unis. La plupart des gens y disposant d'un porte-voix (dans les vieux médias) travaillent au service d'un discours qui encense les tax cuts, parent les riches de toutes les vertus et n'hésite pas à détourner le sens de certaines statistiques pour faire avancer la cause ploutocrate comme en l'espèce.
Dans un contexte où les Etats-Unis sont présisément malades d'avoir trop laissé se développer les inégalités (jusqu'au point de subvertir leur démocratie), défendre l'idée qu'il faille alléger la charge fiscale sur le top 1% comme le fait Amity est un tribut à la morgue aristocratique et au caractère complètement jusqu'auboutiste et "droite dans ses bottes" de la classe dirigeante américaine. C'est cette arrogance qui est aujourd'hui sur la sellette ou qui le sera quand nous nous serons plus enfoncés dans la crise. Et si cette crise ne suffisait pas à remettre profondèment en cause la classe dirigeante américaine, je fais une totale confiance à l'ubris de cette dernière pour causer finalement sa propre perte.
* "aristocratie américaine": Voilà une expression à mon avis exacte mais qui ferait se retourner dans leur tombe les pères fondateurs. Il faut dire qu'ils sont sans doute aujourd'hui en rotation permanente.
** C'est le mythe éternellement rabaché du caractère bénéfique à tous de la prospérité des plus riches. C'est un point central de propagande du parti républicain qui parle de "trickle down economics". L'oppulence qui part du sommet et ruisselle dans toute la société. La crise démontre précisément l'inverse.
Merkel attaque la FED
Dans cette news bloom, il est rapporté que Merkel critique sévèrement la FED.
In Europe, German Chancellor Angela Merkel said yesterday she views “with great skepticism what authority the Fed has and the leeway the Bank of England has created for itself,” to purchase a range of assets in their efforts to end the crisis. She urged central banks to return to a “policy of reason.”
Asked by a lawmaker about Merkel’s comments, Bernanke said, “I respectfully disagree with her views.”
In Europe, German Chancellor Angela Merkel said yesterday she views “with great skepticism what authority the Fed has and the leeway the Bank of England has created for itself,” to purchase a range of assets in their efforts to end the crisis. She urged central banks to return to a “policy of reason.”
Asked by a lawmaker about Merkel’s comments, Bernanke said, “I respectfully disagree with her views.”
mercredi 3 juin 2009
What the ----?
Camélia s'est faite éliminée et le Blogo est complètement révolté à l'idée que "La Nouvelle Star" ne soit pas truquée et laisse s'en aller son meilleur élément. J'ai vu de visu Camélia chanter "Paint it black" hier et je l'ai trouvée géniale.
J'ai subi sans broncher (ou presque) les $700 milliards du TARP, les $2 trillions gagés par la FED et les $13 trillions mis en jeu pour renflouer des banques suspectes mais là, c'est juste un coup sous la ceinture que j'ai du mal à encaisser. Rendez-nous Camélia! En cette période de crise, je suis honnêtement un peu étonné que Sarko ne soit pas sur le coup.
J'ai heureusement pu témoigner à Camélia mon soutien de vive voix après l'émission*. Je lui ai rappelé qu'Amel Bent avait été contactée par Sony juste après son éjection et qu'elle aussi serait sûrement contactée très prochainement. Je l'ai conjurée d'accepter l'offre qui lui serait faite car si elle ne le faisait pas et qu'elle abandonnait la chanson, "cela me briserait le coeur". J'espère être entendu.
Forza Camélia!

* Histoire vraie!
J'ai subi sans broncher (ou presque) les $700 milliards du TARP, les $2 trillions gagés par la FED et les $13 trillions mis en jeu pour renflouer des banques suspectes mais là, c'est juste un coup sous la ceinture que j'ai du mal à encaisser. Rendez-nous Camélia! En cette période de crise, je suis honnêtement un peu étonné que Sarko ne soit pas sur le coup.
J'ai heureusement pu témoigner à Camélia mon soutien de vive voix après l'émission*. Je lui ai rappelé qu'Amel Bent avait été contactée par Sony juste après son éjection et qu'elle aussi serait sûrement contactée très prochainement. Je l'ai conjurée d'accepter l'offre qui lui serait faite car si elle ne le faisait pas et qu'elle abandonnait la chanson, "cela me briserait le coeur". J'espère être entendu.
Forza Camélia!

* Histoire vraie!
mardi 2 juin 2009
Crash de l'A330 d'Air France
Je ne m'explique pas cet extrait d'un article de la BBC:
"French and US sources have ruled out terrorism as the cause of the plane's loss."
Cela implique que les français ont assez d'informations sur le crash pour savoir très exactement ce qu'il s'est passé et pour pouvoir l'expliquer de manière convainquante aux américains. La conclusion naturelle est donc qu'on nous cache pour l'instant l'explication de ce crash. Je ne prête pas d'intentions néfastes à ceux qui en ont la responsabilité et j'imagine qu'ils ont leurs raisons mais je ne vois pas d'autres explications possibles à ce rejet sans équivoque de la piste terroriste.
Aussi, la série A330/A340 et le 777 ont commencé leur carrière dans la première partie des années 90 et étaient les avions les plus modernes jusqu'à l'arrivée de l'A380. Aucun accident mortel en service commercial n'était encore arrivé à ces modèles ce qui laissait espérer que l'on avait passé un nouveau cap en matière de sécurité aérienne. C'est moins clair désormais.
"French and US sources have ruled out terrorism as the cause of the plane's loss."
Cela implique que les français ont assez d'informations sur le crash pour savoir très exactement ce qu'il s'est passé et pour pouvoir l'expliquer de manière convainquante aux américains. La conclusion naturelle est donc qu'on nous cache pour l'instant l'explication de ce crash. Je ne prête pas d'intentions néfastes à ceux qui en ont la responsabilité et j'imagine qu'ils ont leurs raisons mais je ne vois pas d'autres explications possibles à ce rejet sans équivoque de la piste terroriste.
Aussi, la série A330/A340 et le 777 ont commencé leur carrière dans la première partie des années 90 et étaient les avions les plus modernes jusqu'à l'arrivée de l'A380. Aucun accident mortel en service commercial n'était encore arrivé à ces modèles ce qui laissait espérer que l'on avait passé un nouveau cap en matière de sécurité aérienne. C'est moins clair désormais.
Put the blame on the FED
Dean Baker dans cet article du Guardian s'étonne de l'opposition politique que rencontre la proposition d'un simple audit de la FED qui semble pourtant aller de soi. Cette dernière vient de prêter $2 trillions garantis par le contribuable contre du collatéral de très mauvaise qualité dans la plus grande opacité.
Pourtant seuls 30 représentants démocrates et 130 républicains soutiennent l'audit. Baker met en cause le contrôle de fait de la FED par Wall Street. La FED a une structure baroque qui donne beaucoup de poids aux directeurs régionaux, eux-mêmes désignés par les banques locales. Le résultat est donc qu'il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre les banques et la FED. C'est pour cela par exemple que les banques profitent de la crise pour évincer la SEC au profit de la FED comme organe supposé les contrôler. Le pouvoir de la FED et donc des banques serait remis en cause par un audit et ce dernier n'aura donc pas lieu en raison du poids étouffant qu'ont les banques sur les politiciens américains.
Contrairement aux années 30 qui avaient vu les banques faire des concessions importantes, tout se passe pour l'instant comme si en dépit de la crise (ou même à cause de la crise?) elles n'avaient jamais été aussi puissantes. Cela me fait penser que la crise n'en est qu'à ses débuts car les dérèglements ne font que s'accentuer (les banques ont plus de pouvoir, les américains s'endettent toujours plus - en tant que contribuables cette fois). Je vois la crise comme le moment où un système a tellement dévié de la norme qu'il revient de manière désordonné et douloureuse vers l'équilibre. Si cela s'avère vrai, on peut dire que la crise n'a même pas encore commencé. Nous vivons simplement les derniers efforts un peu pathétiques et grotesques des forces qui souhaitent maintenir le déséquilibre. Et si cette crise s'avérait moins grave que prévu à court terme (ce qui n'arrivera pas), combien de temps faudra-t-il avant que des banques plus dominantes que jamais ne créent encore plus de désolation?
Avec le sauvetage aveugle des banques, les problèmes de "moral hazard" (aléas moral)* sont devenus tellement vertigineux qu'on a vraiment le sentiment d'être confronté à un système en phase terminale, à deux doigts de la décomposition. La fusion entre les politiques et le système bancaire est devenue apparente. Les comportements deviennent complètement outranciers (les lobbyists puisent directement dans les caisses de l'Etat pour leur client). Les apparences qui étaient sans doute la seule chose qui faisait tenir le système debout sont désormais foulées aux pieds. L'Enronisation des Etats-Unis est désormais totale, le système va s'écrouler.
Note: Le Blogo milite depuis octobre pour qu'une ligne dure soit adoptée contre les banques. Je pense qu'il est facile pour le lecteur d'imaginer que le blogo fait dans la posture morale et souhaite "que les banques payent". Ca ne me déplairait pas en effet, je dois bien l'admettre. Il n'en demeure pas moins que cette ligne dure est pour moi une nécessité d'un point de vue complètement pragmatique. Il faut casser les banques car c'est le seul moyen de sortir de la crise sans préparer la suivante. Réformer l'oligarchie financière qui en porte la responsabilité est la première condition de sortie de la crise comme le dit Simon Johnson fort de son expérience dans les pays émergents. (Simon Johnson qui considère contrairement au blogo que la crise est passée, que les banques ont gagné et que l'occasion de réformer a été gâchée). Imaginer que conforter les banques dans leurs manières de faire est une voie qui nous apportera autre chose que quelques mois en plus de pillage est une absurdité.
* "Moral Hazard" est la formule consacrée aux Etats-Unis pour décrire l'action d'un agent économique qui prend à son profit des risques trop important car il ne pâtit pas des conséquences négatives ou dans des proportions limitées. Typiquement, le comportement d'un trader qui risque de planter sa banque et de perdre son job mais qui a une chance importante de gagner le jackpot est une conséquence d'un "moral hazard". Un "mortgage broker" qui prête de l'argent à un emprunteur subprime est dans la même situation. Cela pose "un problème d'agence", si je fais quelque chose pour quelqu'un, il faut que mes intérêts soient alignés avec cette personne. Si mes intérêts ne sont pas alignés je vais l'envoyer au casse pipe. C'est le problème qui vicie la titrisation et les ratings d'agence. Les intérêts des "titriseurs" et des agences de notation ne sont pas alignés sur ceux des consommateurs finaux de leurs produits: les investisseurs.
Pourtant seuls 30 représentants démocrates et 130 républicains soutiennent l'audit. Baker met en cause le contrôle de fait de la FED par Wall Street. La FED a une structure baroque qui donne beaucoup de poids aux directeurs régionaux, eux-mêmes désignés par les banques locales. Le résultat est donc qu'il n'y a pas l'épaisseur d'une feuille de papier à cigarette entre les banques et la FED. C'est pour cela par exemple que les banques profitent de la crise pour évincer la SEC au profit de la FED comme organe supposé les contrôler. Le pouvoir de la FED et donc des banques serait remis en cause par un audit et ce dernier n'aura donc pas lieu en raison du poids étouffant qu'ont les banques sur les politiciens américains.
Contrairement aux années 30 qui avaient vu les banques faire des concessions importantes, tout se passe pour l'instant comme si en dépit de la crise (ou même à cause de la crise?) elles n'avaient jamais été aussi puissantes. Cela me fait penser que la crise n'en est qu'à ses débuts car les dérèglements ne font que s'accentuer (les banques ont plus de pouvoir, les américains s'endettent toujours plus - en tant que contribuables cette fois). Je vois la crise comme le moment où un système a tellement dévié de la norme qu'il revient de manière désordonné et douloureuse vers l'équilibre. Si cela s'avère vrai, on peut dire que la crise n'a même pas encore commencé. Nous vivons simplement les derniers efforts un peu pathétiques et grotesques des forces qui souhaitent maintenir le déséquilibre. Et si cette crise s'avérait moins grave que prévu à court terme (ce qui n'arrivera pas), combien de temps faudra-t-il avant que des banques plus dominantes que jamais ne créent encore plus de désolation?
Avec le sauvetage aveugle des banques, les problèmes de "moral hazard" (aléas moral)* sont devenus tellement vertigineux qu'on a vraiment le sentiment d'être confronté à un système en phase terminale, à deux doigts de la décomposition. La fusion entre les politiques et le système bancaire est devenue apparente. Les comportements deviennent complètement outranciers (les lobbyists puisent directement dans les caisses de l'Etat pour leur client). Les apparences qui étaient sans doute la seule chose qui faisait tenir le système debout sont désormais foulées aux pieds. L'Enronisation des Etats-Unis est désormais totale, le système va s'écrouler.
Note: Le Blogo milite depuis octobre pour qu'une ligne dure soit adoptée contre les banques. Je pense qu'il est facile pour le lecteur d'imaginer que le blogo fait dans la posture morale et souhaite "que les banques payent". Ca ne me déplairait pas en effet, je dois bien l'admettre. Il n'en demeure pas moins que cette ligne dure est pour moi une nécessité d'un point de vue complètement pragmatique. Il faut casser les banques car c'est le seul moyen de sortir de la crise sans préparer la suivante. Réformer l'oligarchie financière qui en porte la responsabilité est la première condition de sortie de la crise comme le dit Simon Johnson fort de son expérience dans les pays émergents. (Simon Johnson qui considère contrairement au blogo que la crise est passée, que les banques ont gagné et que l'occasion de réformer a été gâchée). Imaginer que conforter les banques dans leurs manières de faire est une voie qui nous apportera autre chose que quelques mois en plus de pillage est une absurdité.
* "Moral Hazard" est la formule consacrée aux Etats-Unis pour décrire l'action d'un agent économique qui prend à son profit des risques trop important car il ne pâtit pas des conséquences négatives ou dans des proportions limitées. Typiquement, le comportement d'un trader qui risque de planter sa banque et de perdre son job mais qui a une chance importante de gagner le jackpot est une conséquence d'un "moral hazard". Un "mortgage broker" qui prête de l'argent à un emprunteur subprime est dans la même situation. Cela pose "un problème d'agence", si je fais quelque chose pour quelqu'un, il faut que mes intérêts soient alignés avec cette personne. Si mes intérêts ne sont pas alignés je vais l'envoyer au casse pipe. C'est le problème qui vicie la titrisation et les ratings d'agence. Les intérêts des "titriseurs" et des agences de notation ne sont pas alignés sur ceux des consommateurs finaux de leurs produits: les investisseurs.
lundi 1 juin 2009
Bing
El Blogo n'est pas référencé sur le nouveau moteur de recherche de Microsoft, "Bing". On peut donc déjà parler d'un lancement raté pour Microsoft.
En supposant que Microsoft va se rattraper très bientôt, l'idée qu'un peu de concurrence vienne bousculer le monopole actuel de Google est une bonne nouvelle (quoi qu'on pense par ailleurs de Microsoft).
En supposant que Microsoft va se rattraper très bientôt, l'idée qu'un peu de concurrence vienne bousculer le monopole actuel de Google est une bonne nouvelle (quoi qu'on pense par ailleurs de Microsoft).
Les banques se battent pour maintenir l'opacité dans les produits dérivés
Toute honte bue, les banques ont amorcé un effort de lobbying qui vise à empêcher/limiter la régulation des produits dérivés. Gretchen Mortgenson du NYT décrit une partie de cet effort de lobbying dans un article aujourd'hui.
Le 13 novembre, 9 des plus grosses banques ont créé le "CDS Dealers Consortium". Un avocat/lobbyist a été engagé pour superviser cet effort. Il a publié le 10 février un mémo que le secrétaire au trésor semble s'être peu ou prou approprié pour sa réforme (le lecteur du blogo ne cillera pas je l'espère devant pareil révélation). Les banques, sous perfusion d'argent du contribuable, tiennent maintiennent toujours leur "iron grip" sur les politiciens américains.
Mortgenson cite d'ailleur un membre de la chambre des représentants qui rejoint le sénateur Dick Durbin dans son affirmation que "banks frankly own the place".
“The banks run the place,” Mr. Peterson said. “I will tell you what the problem is — they give three times more money than the next biggest group. It’s huge the amount of money they put into politics.”
Colère saine de Barry Ritholtz:
Indeed, its all but impossible to see where the largesse of the Bush bailout policies ends and the Obama bailout policies begins. If today were November 2012, I would not vote for this team. As far as the banking sector is concerned, this gang is no different than the knaves and dolts who came before.
Addendum: Ce sujet avait été traité par Bloomberg une semaine plus tôt.
Le 13 novembre, 9 des plus grosses banques ont créé le "CDS Dealers Consortium". Un avocat/lobbyist a été engagé pour superviser cet effort. Il a publié le 10 février un mémo que le secrétaire au trésor semble s'être peu ou prou approprié pour sa réforme (le lecteur du blogo ne cillera pas je l'espère devant pareil révélation). Les banques, sous perfusion d'argent du contribuable, tiennent maintiennent toujours leur "iron grip" sur les politiciens américains.
Mortgenson cite d'ailleur un membre de la chambre des représentants qui rejoint le sénateur Dick Durbin dans son affirmation que "banks frankly own the place".
“The banks run the place,” Mr. Peterson said. “I will tell you what the problem is — they give three times more money than the next biggest group. It’s huge the amount of money they put into politics.”
Colère saine de Barry Ritholtz:
Indeed, its all but impossible to see where the largesse of the Bush bailout policies ends and the Obama bailout policies begins. If today were November 2012, I would not vote for this team. As far as the banking sector is concerned, this gang is no different than the knaves and dolts who came before.
Addendum: Ce sujet avait été traité par Bloomberg une semaine plus tôt.
dimanche 31 mai 2009
Pot-pourri
Ce documentaire sur la crise de PBS n'a à peu près que le mérite d'exister. L'analyse est superficielle, les "zoom-ins" interminables sur des photos d'officiels en noir et blanc sont horripilants. Et pourtant je l'ai regardé pendant 56 min. Belles images de Manhattan vue d'avion ceci dit.
Le saviez vous? Barry Ritholtz de TBP note que Youtube perd $500 millions par an.
Glenn Greenwald est en forme. Il élabore sur le vague à l'âme d'un journaliste peu scrupuleux qui se morfond d'avoir été, en gros, victime de son ire (ce n'est pas pour rien qu'Atrios l'appelle "Glennzilla"). Il n'y a pas que de l'amour sur internet. Beaucoup de liens vers les manquements des MSM durant la période récente.
Bill Moyers recommande ce documentaire sur la torture sous le "Bush Regime". Il démontre que Bush et Cheney sont deux criminels de guerre. La démonstration est implacable et les témoignages recueillis impressionants. Presque 2H00.
A 93 ans, le prix Nobel d'économie Paul Samuelson, semble moins abruti que son neveu Larry Summers. Il souhaiterait que la différence de rémunération entre les patrons et la médiane de leurs employés revienne à un facteur 40 (standard il y a 20 ans) au lieu du facteur 400 de la période récente. Il pense qu'il n'y aura pas de "reprise au second semestre" et pas de reprise sérieuse avant 2012 ou 2014. Il a le sentiment de revivre la grande dépression. Son interview est assez fascinante étant donné la perspective historique inhabituelle. Je la recommande pour ceux qui parlent anglais (elle est de plus assez courte).
Un reportage de 4 min de Fox News sur les villes fantômes en Californie. Sur la dislocation du marché immobilier.
Un nouveau moteur de recherche "Wolframalpha" qui est plus axé sur le travail académique que Google. En attendant le Bing de Microsoft qui devrait enfin offrir une alternative à Google.
Ritholtz nous signale que la confiance des ménages qui a rebondi quelque peu est en fait très corrélée à la bourse (qui a repris près de 40% en 10 semaines). Pas vraiment un signe de "green shoots".
Mankiw et Rogoff, deux économistes américains, militent pour une l'inflation autour de 6% par an qui "aiderait les consommateurs et le gouvernement à faire face à leurs obligations". Ca a le mérite de la candeur. Ils n'apprennent cependant rien à la FED qui va les satisfaire bien au-delà de leurs espérances.
Ritholtz, toujours lui, nous dit que les Hamptons sont calmes cette année (c'est le lieu de villégiature d'été des New Yorkais aisés).
Graphe intéressant du NYT:
Le saviez vous? Barry Ritholtz de TBP note que Youtube perd $500 millions par an.
Glenn Greenwald est en forme. Il élabore sur le vague à l'âme d'un journaliste peu scrupuleux qui se morfond d'avoir été, en gros, victime de son ire (ce n'est pas pour rien qu'Atrios l'appelle "Glennzilla"). Il n'y a pas que de l'amour sur internet. Beaucoup de liens vers les manquements des MSM durant la période récente.
Bill Moyers recommande ce documentaire sur la torture sous le "Bush Regime". Il démontre que Bush et Cheney sont deux criminels de guerre. La démonstration est implacable et les témoignages recueillis impressionants. Presque 2H00.
A 93 ans, le prix Nobel d'économie Paul Samuelson, semble moins abruti que son neveu Larry Summers. Il souhaiterait que la différence de rémunération entre les patrons et la médiane de leurs employés revienne à un facteur 40 (standard il y a 20 ans) au lieu du facteur 400 de la période récente. Il pense qu'il n'y aura pas de "reprise au second semestre" et pas de reprise sérieuse avant 2012 ou 2014. Il a le sentiment de revivre la grande dépression. Son interview est assez fascinante étant donné la perspective historique inhabituelle. Je la recommande pour ceux qui parlent anglais (elle est de plus assez courte).
Un reportage de 4 min de Fox News sur les villes fantômes en Californie. Sur la dislocation du marché immobilier.
Un nouveau moteur de recherche "Wolframalpha" qui est plus axé sur le travail académique que Google. En attendant le Bing de Microsoft qui devrait enfin offrir une alternative à Google.
Ritholtz nous signale que la confiance des ménages qui a rebondi quelque peu est en fait très corrélée à la bourse (qui a repris près de 40% en 10 semaines). Pas vraiment un signe de "green shoots".
Mankiw et Rogoff, deux économistes américains, militent pour une l'inflation autour de 6% par an qui "aiderait les consommateurs et le gouvernement à faire face à leurs obligations". Ca a le mérite de la candeur. Ils n'apprennent cependant rien à la FED qui va les satisfaire bien au-delà de leurs espérances.
Ritholtz, toujours lui, nous dit que les Hamptons sont calmes cette année (c'est le lieu de villégiature d'été des New Yorkais aisés).
Graphe intéressant du NYT:
vendredi 29 mai 2009
Faut-il créer une "Blogo Non-compliant List"?
Ce serait une tâche titanesque... Je pourrais en tout cas commencer par ce petit poisson John Dugan (via The Big Picture). Je ne sais pas quel deal il a avec les banques mais il est à peu près certain qu'il en a un.
12%
Atrios signale que 12% des américains qui ont un emprunt immobilier sont en retard dans le paiement ou ont vu une procédure d'éviction engagé contre eux. Il remet à leur place les idées de "jeune pousse" (green shoots) de la reprise ici et là.
Bush sort de son silence...
Et quand on lui demande ce qui lui manque depuis qu'il a quitté la maison blanche, il répond "Rencontrer des GIs et la nourriture de la maison blanche". Il ajoute également "voler sur Air Force One". Whoaaa.
Contrairement à Cheney qui continue toute voile dehors à faire l'article pour la torture (dans le but évident de ne pas laisser se développer une atmosphère qui l'enverrait à terme dans le box des accusés), Bush a très peu parlé depuis qu'il a quitté la maison blanche. Il apparaît donc pour que ce qu'il est dans ses déclarations: un simplet absolu sans repères moraux complètement immature.
Sur la crise, il incrimine un "manque de régulation responsable" comme s'il débarquait de la planète Mars. Il dit que Fannie et Freddie n'auraient pas dû adopter certaines pratiques financières et ajoute "Je ne veux pas apparaître comme un gars qui s'autocongratule mais nous avons vraiment essayé de les en empêcher". Are you f-cking kidding me?
Je ne sais pas ce que font ses marionettistes mais à leur place, je ferais taire Bush au plus vite ou alors je l'encadrerais autant qu'à la maison blanche (ce qui coûterait sans doute trop cher).
Update: il semble que l'intervention de Bush ait été plus substantielle (et donc moins pathétique) que ce que j'avais cru à la lecture de la première dépêche (elle a duré 1H15). Pas de surprises néanmoins. Extraits:
"I can tell you,'' Bush said, "the information gained saved lives."
Les centaines de milliers de morts et les millions de déplacés "beg to differ".
Contrairement à Cheney qui continue toute voile dehors à faire l'article pour la torture (dans le but évident de ne pas laisser se développer une atmosphère qui l'enverrait à terme dans le box des accusés), Bush a très peu parlé depuis qu'il a quitté la maison blanche. Il apparaît donc pour que ce qu'il est dans ses déclarations: un simplet absolu sans repères moraux complètement immature.
Sur la crise, il incrimine un "manque de régulation responsable" comme s'il débarquait de la planète Mars. Il dit que Fannie et Freddie n'auraient pas dû adopter certaines pratiques financières et ajoute "Je ne veux pas apparaître comme un gars qui s'autocongratule mais nous avons vraiment essayé de les en empêcher". Are you f-cking kidding me?
Je ne sais pas ce que font ses marionettistes mais à leur place, je ferais taire Bush au plus vite ou alors je l'encadrerais autant qu'à la maison blanche (ce qui coûterait sans doute trop cher).
Update: il semble que l'intervention de Bush ait été plus substantielle (et donc moins pathétique) que ce que j'avais cru à la lecture de la première dépêche (elle a duré 1H15). Pas de surprises néanmoins. Extraits:
"I can tell you,'' Bush said, "the information gained saved lives."
The president told an audience of about 2,000 in Benton Harbor of a White House meeting in September in which his economic advisers told him: "'You could be the president presiding over a depression even worse than the Great Depression'... That was a a sobering moment," Bush said. "And so I abandoned my principles. I'm a free-market person. I believe the market should sort things out."
That's when Bush acquiesced to a multibillion-dollar federal bailout of the nation's financial markets.
He called the invasion of Iraq one of his toughest decisions: "The intelligence was a disappointment, but it wasn't the only rationale I gave," he said. "Saddam was a dangerous man. I truly believe the world is better off without him. ... The (invasion) was truly worth it, I believe."Les centaines de milliers de morts et les millions de déplacés "beg to differ".
Confessions d'un néolibéral repenti (ou presque)
Stephen Colbert au sujet de George W. Bush: "The greatest thing about this man is he's steady. He believes the same thing Wednesday that he believed on Monday, no matter what happened Tuesday."
J'ai été néolibéral. Voilà, c'est dit. Je croyais que Thatcher et Reagan avaient imprimé une direction à l'économie mondiale qui était à la fois souhaitable et irrésistible. "Souhaitable" car elle permettait la croissance qui permettait à son tour l'épanouissement des populations. "Irrésistible" car à long terme, si vous ne croissez pas autant que vos voisins vous finissez par tomber sous leur coupe. Le refus de la France d'embrasser le corps de doctrine qui rendait nos voisins anglo-saxons si performants me semblait être une stratégie à très courte vue.
Evidemment, la description d'une "France Immobile" (Pierre Lellouche) face à un monde anglo-saxon en ébullition a été faite et refaite. On citera "La France Qui Tombe" de Nicolas Baverez, "L'aveuglement français" de Philippe Manière ou les tentatives d'incursion en politique d'un Christian Blanc. Ils assénaient les chiffres des performances économiques systématiquement défavorables à la France, ils affirmaient qu'après de très fortes années de croissance il valait mieux désormais être pauvre aux Etats-Unis qu'exclu en France. Ils y croyaient et moi aussi. Et quand bien même on aurait souhaité préserver quelques aspects de notre modèle social, ils n'auraient été finalement que des freins à la nouvelle religion économique mondiale: le marché supposément libre de toute entrave. De toute façon les français ne savaient pas de quoi ils parlaient, le gospel se trouvait dans les pages du triptyque (FT/WSJ/The Economist) et il ne restait aux continentaux qu'à regarder les anglo-saxons pour admirer et voir "how it's done". C'est l'époque du blairisme triomphant qui affirmait n'être "ni de droite ni de gauche mais pour ce qui marche". Les français ne parlaient de toute façon pas beaucoup: nous ruminions notre conservatisme mais personne ne songeait réellement à relever le sempiternel "défi américain". Quand on demandait à Martine Aubry ce qu'il fallait penser des jeunes diplômés français qui s'exilaient en Angleterre, elle répondait "qu'ils y restent" ou quelque chose dans ce goût-là.
Evidemment, plus qu'une France "résistante" aux formes anglo-saxonnes, de nombreuses voix de gauche (ou souverainistes) protestaient contre une soumission totale aux pages saumonées du Financial Times ou aux diktats de la nouvelle orthodoxie économique mondiale. Privatisations, fonds de pension, dérégulation: beaucoup de ces concepts développés aux Etats-Unis ont connu d'une manière ou d'une autre leur heure de gloire en France (et plus encore en Europe). Il a même été question encore récemment de transformer les maison françaises en tirelire en s'inspirant des méthodes utilisées avec les résultats que l'on sait aux Etats-Unis et en Angleterre. Après tout, eux, ils croissaient.
Qu'on s'en réclame ou qu'on l'exècre, l'idéologie libérale est devenue le prisme au travers duquel tous les débats politiques se sont organisés lors des dernières décennies. Face à ce rouleau compresseur qui nous promettait la fin de l'histoire, les clivages politiques se sont peu à peu effacés. La prospérité aidant, l'idée même de contestation est devenue désuète. Je ne vois guère qu'Emmanuel Todd qui n'ait pas été dupe des prouesses économiques américaines. Beaucoup de gens étaient viscéralement opposés au modèle américain mais tout le monde pensait qu'il y avait bien là un modèle et ceux qui ne l'aimaient pas en redoutaient quand même la puissance. L'idée qu'il était bâti sur du sable semblait simplement l'incantation d'un intellectuel mal dans son monde qui refusait la réalité. Et c'était peut-être le cas*.
Pour ma part, je pensais qu'il valait mieux adopter et adapter (autant que faire se pouvait) les formes anglo-saxonnes plutôt que de se résoudre à être d'abord à la remorque puis finalement racheter par une puissance économique supérieure. Plus que de la ferveur idéologique, il ne s'agissait en ce qui me concernait que de faire en sorte que les entités auxquelles j'appartiens (France, Europe) maintiennent autant d'indépendance que possible. D'aucuns diront que cela revient à se jeter dans la piscine pour éviter d'être mouillé par la pluie. Il faut quand même se rappeler que les entreprises du Cac 40 étaient possédées en grande partie par des fonds américains qui s'appropriaient ainsi les dividendes des plus grosses entreprises françaises. Des rumeurs ont prêté àPepsi l'intention de reprendre Danone en 2005, à Citigroup de reprendre la Société Générale en 2006 (SG a une capitalisation aujourd'hui supérieure à Citi...). Il y a eu des rapprochements réalisés de part et d'autre mais la puissance financière n'était globalement pas de notre côté (ni l'intelligence à en juger par l'escapade hollywoodienne de Jean-Marie Messier). Encore quelques années de croissance beaucoup plus forte dans la sphère anglo-saxonne et ce genre de scénarios se seraient multipliés...
Les choses ont bien changé et j'ai changé avec elle. Je me suis rendu compte en allant vivre aux Etats-Unis que ce que j'avais envisagé comme un exemple était en fait une impasse car l'accroissement des inégalités avait cassé l'appareil démocratique. C'est pour cela que la ritournelle préférée du blogo est que que la crise que nous traversons est d'abord une crise politique avant d'être une crise économique. Au début des années 2000, la démocratie américaine avait perdu peu ou prou son caractère représentatif. Les banques légiféraient pour les banques, les telcos pour les telcos, le complexe militaro-industriel pour le complexe militaro-industriel et ainsi de suite...
J'ai donc, contrairement au George W. Bush de Stephen Colbert, modifié mon jugement. J'ai désormais la certitude que quelle que soit la qualité des institutions, si on laisse libre cours aux inégalités au sein d'une société, les conditions seront tôt ou tard réunies pour que le système politique se mettent exclusivement au service des puissants. J'ai bien conscience que c'est inévitable dans une certaine mesure mais je parle d'un degré d'asservissement où des millions de citoyens peuvent financièrement se tirer une balle dans la tête (subprime) sans que le gouvernement n'intervienne. Je parle d'une inféodation des médias et du politique à l'économique qui fait régner le silence alors qu'on saigne ostensiblement à blanc les tranches de la population les plus faibles économiquement en faisant courir un risque systèmique à l'ensemble de la société. C'est vraiment du lourd. Pas une bête "amitié" entre un patron de chaîne de télé et un Président qui se rendent mutuellement des services (même si je n'ai guère de sympathie pour cette dernière non plus). Autrement dit, si on lâche totalement la bride aux élites, elles n'auront de cesse d'augmenter leur part du gateau économique jusqu'à contrôler totalement le processus politique. On peut alors parler de ploutocratie ou d'oligarchie. C'est en tout cas un pouvoir absolu qui, sans surprise, "corrompt absolument" et ce que nous vivons aujourd'hui en est la conséquence mécanique.
Alors quoi? Suis-je devenu dirigiste? Collectiviste? Ecologiste? Pas vraiment. Je suis devenu plus suspicieux envers les idéologies et les intérêts qu'elles servent, c'est certain. Je crois que l'expérience américaine de ces dernières années est une aberration de laquelle nous devons apprendre. Je crois qu'on doit incriminer une corruption généralisée et un manque de civisme au sein des élites américaines. Je ne crois pas qu'on puisse faire un procès similaire aux élites françaises (rassurez-vous, je suis pour leur reprocher énormément de choses aussi, je leur épargne juste ce procès là...). La corruption doit donc être prise au sérieux. Il ne s'agit pas simplement de moquer Julien Dray ou de s'amuser des dérives d'un potentat local. Les Etats-Unis prouvent que si la corruption se généralise dans l'environnement politique et médiatique, elle peut mettre en risque l'équilibre de la société.
Il faut donc prendre des mesures pour la tenir en respect. Le lobbying doit être limité au strict minimum (pour que les lois bénéficient quand même d'un avis technique) mais les arbitrages économiques doivent appartenir aux représentants du peuple. Le financement des campagnes électorales doit être encadré de manière obsessionnelle: on ne limitera jamais assez le rôle de l'argent dans le processus démocratique. Les inégalités ne doivent jamais atteindre des niveaux qui permettent à un nombre restreint d'individu de littéralement "se payer des lois" comme les tax cuts pour les plus aisés aux Etats-Unis sous Bush. Il faut également proscrire la possibilité de donner de l'argent exonéré d'impôts à des "charities" ou interdire à ces dernières toute activité de lobbying politique. Sinon, l'Etat subventionne sa propre subversion (comme lors du sauvetage des banques).
Si nous étions aux Etats-Unis, j'ajouterais qu'il faut également une révolution morale et citoyenne. L'appauvrissement inouï que connaissent un grand nombre d'américains aujourd'hui est la conséquence directe de l'enrichissement tout aussi inouï d'un petit nombre d'entre eux depuis quelques années. On ne le dit pas encore beaucoup parce que c'est "divisive" et qu'Obama le cache plus ou moins bien derrière son sourire de star mais c'est un fait ("An Inconvenient Truth" dirait Al Gore...). Peut-être qu'American Idol suffira à faire passer la valda mais je n'en suis pas si sûr (la formule consacrée est d'ailleurs "du pain et des jeux", les jeux n'ont jamais satisfait le peuple à eux seuls et c'est précisément le pain qui est en jeu en ce moment).
Cette crise n'est pas une crise du capitalisme si on définit celui-ci comme le moteur du développement économique du monde non-communiste depuis la révolution industrielle. C'est une crise politique liée à la subversion de la démocratie américaine par des intérêts économiques privés. On savait que cela pouvait arriver dans des pays pauvres, on sait désormais que cela peut arriver également dans la première puissance du monde.
Finalement, je n'ai aucune envie d'adhérer à un "isme" quel qu'il soit. Je suis surtout enthousiasmé à l'idée que nous ayons devant nous une glasnost technologique avec l'avènement de l'internet. Devant les difficultés économiques que nous avons devant nous, les enjeux politiques vont à nouveau prendre un rôle central dans la vie des citoyens et ils vont réaliser avec bonheur qu'ils n'ont jamais eu autant de moyens de peser sur la vie politique. Je crois donc que le débat est lancé. A cause de l'internet, je dirais même que le débat va décoller (il ne faut d'ailleurs pas que j'oublie le Friday Plane Blogging). Je suis persuadé que les formes politiques passées vont être transfigurées par l'internet. La démocratie est pour moi similaire au communisme en cela qu'elle est un objectif vers lequel on tend mais que l'on atteint finalement jamais. Il n'y a qu'à regarder TF1 ou examiner le traitement dans les médias de la loi HADOPI pour comprendre ce que je veux dire. Nous avons vécu jusqu'à aujourd'hui dans des sociétés où les centres de pouvoir pouvaient relativement facilement contrôler le discours sur les sujets qui les concernaient (l'idéologie néolibérale n'était finalement que cela: un discours au service d'un pouvoir). Ce contrôle va être de plus en plus difficile et le blogo entend bien apporter sa modeste pierre à ce nouvel état de faits réjouissant.
* Je dis que c'était "peut-être" le cas car je pense que les Etats-Unis auraient pu continuer encore longtemps sur la lancée de leur modèle de domination si le 11 septembre n'était pas venu accélérer la chute d'un empire dont le destin était de toute façon scellé à terme par le faible poids démographique de son centre (2030? 2050?). L'empire américain aurait sans doute pu enterrer Emmanuel Todd s'il avait été géré "en bon père de famille". Au lieu de cela, les multiples guerres entreprises depuis ont forcé à lâcher la bride sur la politique monétaire ce qui a finalement causé la crise que nous connaissons aujourd'hui. Ce résumé paraîtra sans doute un peu sommaire mais la réalité de cette séquence d'évènements est une évidence selon moi et j'aurais l'occasion d'y revenir sur le Blogo.
J'ai été néolibéral. Voilà, c'est dit. Je croyais que Thatcher et Reagan avaient imprimé une direction à l'économie mondiale qui était à la fois souhaitable et irrésistible. "Souhaitable" car elle permettait la croissance qui permettait à son tour l'épanouissement des populations. "Irrésistible" car à long terme, si vous ne croissez pas autant que vos voisins vous finissez par tomber sous leur coupe. Le refus de la France d'embrasser le corps de doctrine qui rendait nos voisins anglo-saxons si performants me semblait être une stratégie à très courte vue.
Evidemment, la description d'une "France Immobile" (Pierre Lellouche) face à un monde anglo-saxon en ébullition a été faite et refaite. On citera "La France Qui Tombe" de Nicolas Baverez, "L'aveuglement français" de Philippe Manière ou les tentatives d'incursion en politique d'un Christian Blanc. Ils assénaient les chiffres des performances économiques systématiquement défavorables à la France, ils affirmaient qu'après de très fortes années de croissance il valait mieux désormais être pauvre aux Etats-Unis qu'exclu en France. Ils y croyaient et moi aussi. Et quand bien même on aurait souhaité préserver quelques aspects de notre modèle social, ils n'auraient été finalement que des freins à la nouvelle religion économique mondiale: le marché supposément libre de toute entrave. De toute façon les français ne savaient pas de quoi ils parlaient, le gospel se trouvait dans les pages du triptyque (FT/WSJ/The Economist) et il ne restait aux continentaux qu'à regarder les anglo-saxons pour admirer et voir "how it's done". C'est l'époque du blairisme triomphant qui affirmait n'être "ni de droite ni de gauche mais pour ce qui marche". Les français ne parlaient de toute façon pas beaucoup: nous ruminions notre conservatisme mais personne ne songeait réellement à relever le sempiternel "défi américain". Quand on demandait à Martine Aubry ce qu'il fallait penser des jeunes diplômés français qui s'exilaient en Angleterre, elle répondait "qu'ils y restent" ou quelque chose dans ce goût-là.
Evidemment, plus qu'une France "résistante" aux formes anglo-saxonnes, de nombreuses voix de gauche (ou souverainistes) protestaient contre une soumission totale aux pages saumonées du Financial Times ou aux diktats de la nouvelle orthodoxie économique mondiale. Privatisations, fonds de pension, dérégulation: beaucoup de ces concepts développés aux Etats-Unis ont connu d'une manière ou d'une autre leur heure de gloire en France (et plus encore en Europe). Il a même été question encore récemment de transformer les maison françaises en tirelire en s'inspirant des méthodes utilisées avec les résultats que l'on sait aux Etats-Unis et en Angleterre. Après tout, eux, ils croissaient.
Qu'on s'en réclame ou qu'on l'exècre, l'idéologie libérale est devenue le prisme au travers duquel tous les débats politiques se sont organisés lors des dernières décennies. Face à ce rouleau compresseur qui nous promettait la fin de l'histoire, les clivages politiques se sont peu à peu effacés. La prospérité aidant, l'idée même de contestation est devenue désuète. Je ne vois guère qu'Emmanuel Todd qui n'ait pas été dupe des prouesses économiques américaines. Beaucoup de gens étaient viscéralement opposés au modèle américain mais tout le monde pensait qu'il y avait bien là un modèle et ceux qui ne l'aimaient pas en redoutaient quand même la puissance. L'idée qu'il était bâti sur du sable semblait simplement l'incantation d'un intellectuel mal dans son monde qui refusait la réalité. Et c'était peut-être le cas*.
Pour ma part, je pensais qu'il valait mieux adopter et adapter (autant que faire se pouvait) les formes anglo-saxonnes plutôt que de se résoudre à être d'abord à la remorque puis finalement racheter par une puissance économique supérieure. Plus que de la ferveur idéologique, il ne s'agissait en ce qui me concernait que de faire en sorte que les entités auxquelles j'appartiens (France, Europe) maintiennent autant d'indépendance que possible. D'aucuns diront que cela revient à se jeter dans la piscine pour éviter d'être mouillé par la pluie. Il faut quand même se rappeler que les entreprises du Cac 40 étaient possédées en grande partie par des fonds américains qui s'appropriaient ainsi les dividendes des plus grosses entreprises françaises. Des rumeurs ont prêté àPepsi l'intention de reprendre Danone en 2005, à Citigroup de reprendre la Société Générale en 2006 (SG a une capitalisation aujourd'hui supérieure à Citi...). Il y a eu des rapprochements réalisés de part et d'autre mais la puissance financière n'était globalement pas de notre côté (ni l'intelligence à en juger par l'escapade hollywoodienne de Jean-Marie Messier). Encore quelques années de croissance beaucoup plus forte dans la sphère anglo-saxonne et ce genre de scénarios se seraient multipliés...
Les choses ont bien changé et j'ai changé avec elle. Je me suis rendu compte en allant vivre aux Etats-Unis que ce que j'avais envisagé comme un exemple était en fait une impasse car l'accroissement des inégalités avait cassé l'appareil démocratique. C'est pour cela que la ritournelle préférée du blogo est que que la crise que nous traversons est d'abord une crise politique avant d'être une crise économique. Au début des années 2000, la démocratie américaine avait perdu peu ou prou son caractère représentatif. Les banques légiféraient pour les banques, les telcos pour les telcos, le complexe militaro-industriel pour le complexe militaro-industriel et ainsi de suite...
J'ai donc, contrairement au George W. Bush de Stephen Colbert, modifié mon jugement. J'ai désormais la certitude que quelle que soit la qualité des institutions, si on laisse libre cours aux inégalités au sein d'une société, les conditions seront tôt ou tard réunies pour que le système politique se mettent exclusivement au service des puissants. J'ai bien conscience que c'est inévitable dans une certaine mesure mais je parle d'un degré d'asservissement où des millions de citoyens peuvent financièrement se tirer une balle dans la tête (subprime) sans que le gouvernement n'intervienne. Je parle d'une inféodation des médias et du politique à l'économique qui fait régner le silence alors qu'on saigne ostensiblement à blanc les tranches de la population les plus faibles économiquement en faisant courir un risque systèmique à l'ensemble de la société. C'est vraiment du lourd. Pas une bête "amitié" entre un patron de chaîne de télé et un Président qui se rendent mutuellement des services (même si je n'ai guère de sympathie pour cette dernière non plus). Autrement dit, si on lâche totalement la bride aux élites, elles n'auront de cesse d'augmenter leur part du gateau économique jusqu'à contrôler totalement le processus politique. On peut alors parler de ploutocratie ou d'oligarchie. C'est en tout cas un pouvoir absolu qui, sans surprise, "corrompt absolument" et ce que nous vivons aujourd'hui en est la conséquence mécanique.
Alors quoi? Suis-je devenu dirigiste? Collectiviste? Ecologiste? Pas vraiment. Je suis devenu plus suspicieux envers les idéologies et les intérêts qu'elles servent, c'est certain. Je crois que l'expérience américaine de ces dernières années est une aberration de laquelle nous devons apprendre. Je crois qu'on doit incriminer une corruption généralisée et un manque de civisme au sein des élites américaines. Je ne crois pas qu'on puisse faire un procès similaire aux élites françaises (rassurez-vous, je suis pour leur reprocher énormément de choses aussi, je leur épargne juste ce procès là...). La corruption doit donc être prise au sérieux. Il ne s'agit pas simplement de moquer Julien Dray ou de s'amuser des dérives d'un potentat local. Les Etats-Unis prouvent que si la corruption se généralise dans l'environnement politique et médiatique, elle peut mettre en risque l'équilibre de la société.
Il faut donc prendre des mesures pour la tenir en respect. Le lobbying doit être limité au strict minimum (pour que les lois bénéficient quand même d'un avis technique) mais les arbitrages économiques doivent appartenir aux représentants du peuple. Le financement des campagnes électorales doit être encadré de manière obsessionnelle: on ne limitera jamais assez le rôle de l'argent dans le processus démocratique. Les inégalités ne doivent jamais atteindre des niveaux qui permettent à un nombre restreint d'individu de littéralement "se payer des lois" comme les tax cuts pour les plus aisés aux Etats-Unis sous Bush. Il faut également proscrire la possibilité de donner de l'argent exonéré d'impôts à des "charities" ou interdire à ces dernières toute activité de lobbying politique. Sinon, l'Etat subventionne sa propre subversion (comme lors du sauvetage des banques).
Si nous étions aux Etats-Unis, j'ajouterais qu'il faut également une révolution morale et citoyenne. L'appauvrissement inouï que connaissent un grand nombre d'américains aujourd'hui est la conséquence directe de l'enrichissement tout aussi inouï d'un petit nombre d'entre eux depuis quelques années. On ne le dit pas encore beaucoup parce que c'est "divisive" et qu'Obama le cache plus ou moins bien derrière son sourire de star mais c'est un fait ("An Inconvenient Truth" dirait Al Gore...). Peut-être qu'American Idol suffira à faire passer la valda mais je n'en suis pas si sûr (la formule consacrée est d'ailleurs "du pain et des jeux", les jeux n'ont jamais satisfait le peuple à eux seuls et c'est précisément le pain qui est en jeu en ce moment).
Cette crise n'est pas une crise du capitalisme si on définit celui-ci comme le moteur du développement économique du monde non-communiste depuis la révolution industrielle. C'est une crise politique liée à la subversion de la démocratie américaine par des intérêts économiques privés. On savait que cela pouvait arriver dans des pays pauvres, on sait désormais que cela peut arriver également dans la première puissance du monde.
Finalement, je n'ai aucune envie d'adhérer à un "isme" quel qu'il soit. Je suis surtout enthousiasmé à l'idée que nous ayons devant nous une glasnost technologique avec l'avènement de l'internet. Devant les difficultés économiques que nous avons devant nous, les enjeux politiques vont à nouveau prendre un rôle central dans la vie des citoyens et ils vont réaliser avec bonheur qu'ils n'ont jamais eu autant de moyens de peser sur la vie politique. Je crois donc que le débat est lancé. A cause de l'internet, je dirais même que le débat va décoller (il ne faut d'ailleurs pas que j'oublie le Friday Plane Blogging). Je suis persuadé que les formes politiques passées vont être transfigurées par l'internet. La démocratie est pour moi similaire au communisme en cela qu'elle est un objectif vers lequel on tend mais que l'on atteint finalement jamais. Il n'y a qu'à regarder TF1 ou examiner le traitement dans les médias de la loi HADOPI pour comprendre ce que je veux dire. Nous avons vécu jusqu'à aujourd'hui dans des sociétés où les centres de pouvoir pouvaient relativement facilement contrôler le discours sur les sujets qui les concernaient (l'idéologie néolibérale n'était finalement que cela: un discours au service d'un pouvoir). Ce contrôle va être de plus en plus difficile et le blogo entend bien apporter sa modeste pierre à ce nouvel état de faits réjouissant.
* Je dis que c'était "peut-être" le cas car je pense que les Etats-Unis auraient pu continuer encore longtemps sur la lancée de leur modèle de domination si le 11 septembre n'était pas venu accélérer la chute d'un empire dont le destin était de toute façon scellé à terme par le faible poids démographique de son centre (2030? 2050?). L'empire américain aurait sans doute pu enterrer Emmanuel Todd s'il avait été géré "en bon père de famille". Au lieu de cela, les multiples guerres entreprises depuis ont forcé à lâcher la bride sur la politique monétaire ce qui a finalement causé la crise que nous connaissons aujourd'hui. Ce résumé paraîtra sans doute un peu sommaire mais la réalité de cette séquence d'évènements est une évidence selon moi et j'aurais l'occasion d'y revenir sur le Blogo.
Plus de chômage aux US qu'en Europe
Ca n'est pas arrivé depuis un moment. A noter que l'on compare probablement deux choses différentes en raison des méthodes appliquées de part et d'autre de l'Atlantique pour ces chiffres mais c'est quand même à relever. (Graphe du NYT via The Big Picture)
mercredi 27 mai 2009
Où l'on reparle d'AIG
Le sponsor de Manchester est AIG. Ils avaient au moins du nez pour le foot même si ça a l'air mal parti ce soir.
L'amère potion
UBS explique aux suisses (qui ont eu en général plus de mal que les américains à se faire à l'idée que leurs impôts devaient subventionner les banquiers) qu'UBS doit doubler le salaire de certains de ses employés pour pouvoir les garder à cause "du marché".
Il est probable qu'ils aient raison d'un point de vue purement gestionnaire. Les Etats-Unis ont permis à leur secteur bancaire de vivre en lévitation aux frais du contribuable et le marché en matière de banquiers étant mondial et fluide, ces derniers sont en mesure collectivement d'obtenir des rémunérations plus fortes.
Le corps social va-t-il accepter cette arnaque qui depuis 30 ans a conduit à un écart de rémunération de plus en plus fantastique entre les citoyens au nom du "marché"? En Suisse en tout cas, la lassitude face à ces arguments ne touche plus seulement la population mais aussi certains membres du personnel politique.
De toute façon, il n'est pas dit que la crise ait dit son dernier mot. Le relatif répit que connaît l'industrie bancaire après que les Etats aient joué leur carte maîtresse (la déclaration d'un soutien indéfectible, illimité et presque sans condition au système bancaire dans ses formes actuelles) pourrait en effet être de courte durée. Même dans l'hypothèse improbable d'une reprise rapide, si garantir le bilan de toutes les banques américaines n'a pris qu'une semaine, la note va en revanche être payée durant des années ce qui laisse beaucoup de temps aux populations pour s'organiser politiquement et finalement rétablir un peu de balance dans les décisions prisent à la va-vite par des gourvernants apeurés, sous influence ou aux ordres (ou un mélange des trois selon les pays).
Dans la confrontation opposant les banques au reste de la population, si on considère que le début de la partie a eu lieu à l'été 2007*, on en est clairement à 1-0 pour les banques qui ne se sont vues pour l'instant opposer aucune résistance mais le match ne fait que commencer. Si l'histoire peut servir d'indication, il est quand même envisageable que les citoyens américains finissent par reprendre un peu de contrôle. Il faut aussi envisager qu' "American Idol"** et le "Superbowl" soient de nouveaux moyens d'abrutissement des masses tellement efficaces qu'ils vouent à l'échec toute velléité de politisation de la "citizenry". Stay tuned.
* Il est sans doute plus juste de replacer cet affrontement dans le contexte plus large d'une guerre des classes amorcée et gagnée par les riches selon Warren Buffett qui dure depuis les années 80 aux Etats-Unis.
** Je regrette cette attaque cheap contre American Idol car cette émission est l'équivalent américain de mon programme de télé français préféré: "La Nouvelle Star". J'espère que le lecteur saura faire la part des choses et retenir l'idée générale. J'en profite pour réitérer le soutien du Blogo à Camélia Jordana.
Il est probable qu'ils aient raison d'un point de vue purement gestionnaire. Les Etats-Unis ont permis à leur secteur bancaire de vivre en lévitation aux frais du contribuable et le marché en matière de banquiers étant mondial et fluide, ces derniers sont en mesure collectivement d'obtenir des rémunérations plus fortes.
Le corps social va-t-il accepter cette arnaque qui depuis 30 ans a conduit à un écart de rémunération de plus en plus fantastique entre les citoyens au nom du "marché"? En Suisse en tout cas, la lassitude face à ces arguments ne touche plus seulement la population mais aussi certains membres du personnel politique.
De toute façon, il n'est pas dit que la crise ait dit son dernier mot. Le relatif répit que connaît l'industrie bancaire après que les Etats aient joué leur carte maîtresse (la déclaration d'un soutien indéfectible, illimité et presque sans condition au système bancaire dans ses formes actuelles) pourrait en effet être de courte durée. Même dans l'hypothèse improbable d'une reprise rapide, si garantir le bilan de toutes les banques américaines n'a pris qu'une semaine, la note va en revanche être payée durant des années ce qui laisse beaucoup de temps aux populations pour s'organiser politiquement et finalement rétablir un peu de balance dans les décisions prisent à la va-vite par des gourvernants apeurés, sous influence ou aux ordres (ou un mélange des trois selon les pays).
Dans la confrontation opposant les banques au reste de la population, si on considère que le début de la partie a eu lieu à l'été 2007*, on en est clairement à 1-0 pour les banques qui ne se sont vues pour l'instant opposer aucune résistance mais le match ne fait que commencer. Si l'histoire peut servir d'indication, il est quand même envisageable que les citoyens américains finissent par reprendre un peu de contrôle. Il faut aussi envisager qu' "American Idol"** et le "Superbowl" soient de nouveaux moyens d'abrutissement des masses tellement efficaces qu'ils vouent à l'échec toute velléité de politisation de la "citizenry". Stay tuned.
* Il est sans doute plus juste de replacer cet affrontement dans le contexte plus large d'une guerre des classes amorcée et gagnée par les riches selon Warren Buffett qui dure depuis les années 80 aux Etats-Unis.
** Je regrette cette attaque cheap contre American Idol car cette émission est l'équivalent américain de mon programme de télé français préféré: "La Nouvelle Star". J'espère que le lecteur saura faire la part des choses et retenir l'idée générale. J'en profite pour réitérer le soutien du Blogo à Camélia Jordana.
mardi 26 mai 2009
La fin de la crise du crédit?
Ces différents graphes montrent que le coût du crédit pour différents types d'emprunteurs semble se stabiliser après un "écartement" sans précédent depuis l'été 2007. Ce resserrement des spreads est un signe de normalisation du marché du crédit. Le blogo soutient que ce n'est que temporaire et que la crise que nous traversons est plus une crise de solvabilité qu'une crise de liquidité. Une partie des risques de défauts (notamment pour tout le système bancaire et Fannie/Freddie) a certes été endossé par les Etats mais ceux-ci ne sont pas à l'abri eux-même de défauts et ils ne pourront pas porter à bout de bras toute l'économie comme on essaye de le faire croire. Ils ne pourront que noyer ce triste spectacle sous un déluge de création monétaire qui conduira à une inflation à deux chiffres qui feront faire les gros yeux à des commentateurs hypocrites (je vois déjà les headlines du triptyque: "Obama and Bernanke Vow to Fight Inflation". My a--!).
Le dégonflement de la bulle immobilière et le deleveraging battent leur plein et ils suivront leurs cours inexorablement avec des conséquences désastreuses pour l'économie pendant plusieurs années. A noter également que ce résultat n'a été obtenu que grâce au $12.8 trillions que la FED et le gouvernement ont décidé d'allouer, de dépenser ou de garantir (chiffrage de Bloomberg). Personne ne sait qui va payer ni si cela sera suffisant. La dégradation continue du marché de l'immobilier laisse penser que les hypothèses de travail du "stress-test" et du PPIP (surpaiement des obligations pourries par l'Etat pour sauver les banques en préservant leur pouvoir - à l'inverse d'augmentations de capital qui ne préserve pas les apparences) sont un énorme mensonge de plus du trésor et de la FED.
(graphes via The Big Picture)


Le dégonflement de la bulle immobilière et le deleveraging battent leur plein et ils suivront leurs cours inexorablement avec des conséquences désastreuses pour l'économie pendant plusieurs années. A noter également que ce résultat n'a été obtenu que grâce au $12.8 trillions que la FED et le gouvernement ont décidé d'allouer, de dépenser ou de garantir (chiffrage de Bloomberg). Personne ne sait qui va payer ni si cela sera suffisant. La dégradation continue du marché de l'immobilier laisse penser que les hypothèses de travail du "stress-test" et du PPIP (surpaiement des obligations pourries par l'Etat pour sauver les banques en préservant leur pouvoir - à l'inverse d'augmentations de capital qui ne préserve pas les apparences) sont un énorme mensonge de plus du trésor et de la FED.
(graphes via The Big Picture)
lundi 25 mai 2009
Obama "humbled" par les autres "power centers" américains
Lors de sa conférence de presse au sujet des 100 premiers jours de sa présidence, un journaliste a demandé à Obama ce qui l'avait le plus surpris, le plus plus enchanté, le plus "rendu plus humble" (je n'ai pas trouvé meilleure traduction pour "humbled") et le plus perturbé durant ces 100 premiers jours.
Ce qui a rendu Obama plus humble de son propre aveu, ce sont les limites du pouvoir de la présidence face aux autres centres de pouvoir dans la société américaine. Il cite les banques et le congrès.
Humbled by the — humbled by the fact that the presidency is extraordinarily powerful but we are just part of a much broader tapestry of American life. And there are a lot of different power centers, and so I can’t just press a button and suddenly have the bankers do exactly what I want, or turn on a switch and suddenly Congress falls in line. And so what you do is to make your best arguments, listen hard to what other people have to say, and coax folks in the right direction.
Ce qui a rendu Obama plus humble de son propre aveu, ce sont les limites du pouvoir de la présidence face aux autres centres de pouvoir dans la société américaine. Il cite les banques et le congrès.
Humbled by the — humbled by the fact that the presidency is extraordinarily powerful but we are just part of a much broader tapestry of American life. And there are a lot of different power centers, and so I can’t just press a button and suddenly have the bankers do exactly what I want, or turn on a switch and suddenly Congress falls in line. And so what you do is to make your best arguments, listen hard to what other people have to say, and coax folks in the right direction.
vendredi 22 mai 2009
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