dimanche 20 décembre 2009
Ratigan s'énerve
La BCE s'en remet encore et toujours à Moody's. Ridicule.
Cela ne doit pas faire oublier que la BCE a ouvert la voie de la FED au début de la crise dans la prise en pension de papiers extrêmement douteux dont elle n'a aucune maîtrise. Aux Etats-Unis, un mouvement au Congrès et un recours devant la justice demandent au moins à la FED une plus grande transparence. En Europe, c'est dans l'indifférence à peu près générale que la BCE a pris des mesures extraordinaires sans qu'on lui demande de comptes.
Ceci étant dit, le but de ce post est de dénoncer le ridicule absolu de la BCE qui se trouve tributaire des agences de rating américaines discréditées dans la définition de sa propre politique vis à vis de la Grèce notamment. Arrêtons le massacre.
Une des idées que je défends sur ce blog est que le leadership américain (qu'on peut aussi appeler "domination" ou "empire" selon vos préférences lexicales) n'a plus qu'un dernier refuge: nos têtes. La volonté de s'en remettre aux américains pour organiser le monde ne tient plus que par la force de l'habitude. Tout indique que le système politique américain est cassé et qu'il n'est plus en mesure d'assurer cette fonction. Plutôt que de prendre les devants, le monde entier attend dans l'angoisse l'effondrement total des Etats-Unis plutôt que d'assurer une transition plus douce vers un monde multi-polaire, en essayant de se persuader que rien n'est arrivé et que c'est "business as usual".
Case in point: le rôle encore accordé par la BCE aux agences de notation américaines, parties intégrantes du complexe "Wall Street-US Gov-FED", dans ses décisions de prise ou non en collatéral de la dette souveraine grecque. S&P ayant déjà fait passer la note de la Grèce en "spéculatif", la BCE s'en remet en principe à Moody's pour décider de la prise en pension de la dette grecque en 2011.
Au nom de quoi peut-on laisser ce genre de décision à une société américaine corrompue jusqu'à la moelle? Cela va sans nul doute être modifié mais ne pourrait-on pas espérer un peu plus de réactivité de la BCE dans le contexte actuel? (via ZH)
Bonne nouvelle
Agree with that
Folks, this is how the U.S. government now operates. You would think this steep downturn would have some effect. But the legislative reform process is broken. Industry lobbyists have too much influence on every major industry issue. Apparently, the only thing that will fix the process is a major depression that galvanizes enough popular support for draconian solutions.
vendredi 18 décembre 2009
Friday Plane Blogging
(Cliquez pour agrandir)
jeudi 17 décembre 2009
Double comptabilité sur tous les sujets
Contractor Creep
David Kurtz | December 15, 2009, 9:51AM
The escalation in Afghanistan will increase the number of private contractors who are part of the war effort by 16,000 to 56,000, for a total of 120,000-160,000 in country, according to the Congressional Research Service.
Les patrons de banque snobbent BO
| The Daily Show With Jon Stewart | Mon - Thurs 11p / 10c | |||
| Clusterf#@k to the Poor House - Flight Delay | ||||
| www.thedailyshow.com | ||||
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Death by a thousand cuts
Le blogo appelait ça un supplice chinois qui menaçait l'Euro mais dont le dollar était structurellement préservé. L'abaissement de la note, degré par degré, de la solvabilité des pays les plus faibles de la zone Euro constitue une vulnérabilité très importante de la monnaie unique. Quand on sait que les agences de notation les plus importantes ne sont que le bras armé du complexe "Wall Street - US gov - FED", il n'est pas difficile d'imaginer comment ces abaissements de note peuvent devenir l'outil de la politique monétaire américaine. La BCE peut bien essayer d'être "plus vertueuse": elle ne pourra jamais faire réellement d'ombre à la FED tant qu'on pourra lui mettre à peu de frais des peaux de bananes sous chacun de ses pas.
Alors, oui, la situation de la Grèce n'est pas florissante (déficit de 13% du PIB et dette de plus de 100%). Néanmoins, il faut que l'Europe dénonce le caractère partisan des agences de notation et conteste formellement leur légitimité. Elles n'en ont pas. C'est le moment de frapper au coeur ces agences discréditées, vestige loufoque de l'infaillibilité naguère supposée des pratiques financières anglo-saxonnes.
Une avancée considérable serait qu'on puisse trouver un moyen crédible (ie: contraignant) de bailout (ou d'exclusion) des pays de la zone Euro qui donnent des signes de faiblesse. Plus facile à dire qu'à faire et c'est sur cette difficulté que repose le bras de levier des agences de notation. On peut d'ailleurs considérer que l'union monétaire n'a été jusqu'à maintenant qu'en construction et que seule l'adjonction d'un processus efficace de résolution de crise la parachèvera - ou pas. L'efficacité de ce processus déterminera la solidité de la monnaie et plus simplement sa survie. Paradoxalement, les années de stabilité qu'a permis la bulle de l'immobilier américain aura permis au ciment de l'Euro de prendre ce qui est déjà pas mal. Nous allons maintenant constater si les fondations étaient assez profondes.
Note: "Pour une poignée de Gulfos". Le gulfo est la monnaie unique décidée par les pays du golfe persique hier. Comme on le voit avec l'Euro, c'est une longue marche. “The US dollar has failed. We need to delink,” said Nahed Taher, chief executive of Bahrain’s Gulf One Investment Bank. Ouch! Je ne sais pas si ce genre de déclaration va aider le Gulfo mais en tout cas c'est divertissant.
L'absurdité inégalitaire...
In 1970 the ratio of the compensation of the top 100 CEOs compared to the average production worker was 45 to 1. By 2006 it was an astounding 1,723 to one! We didn't get there by accident.
Ecart entre rémunération des grands patrons et des ouvriers multiplié par 40 en 40 ans.
C'est toujours la même histoire des 100 habitants d'une île. Ils ont tous des dons et des qualités différentes. On peut argumenter qu'un certain niveau d'inégalité entre eux est raisonnable pour influencer les comportements dans un sens qui profite à tous les habitants. Mais jusqu'où? Peut-on donner toutes les ressources de l'île à celui qui réfléchit le plus vite? Qui court le plus vite? Qui jongle avec le plus de balles? Qu'est-ce qui représente trop d'inégalités? En 2006, le consensus aurait répondu: "RIEN. Il faut les laisser se développer sans limite aucune."
En 2009, le blogo affirme que les inégalités ne peuvent atteindre un niveau qui rende impossible un fonctionnement démocratique comme les Etats-Unis en font la démonstration. Il faut une théorie de "l'inégalité juste". Par quartile, par quintile, qu'est-ce qui va permettre d'organiser efficacement une société? Quelle part des revenus, quelle part du capital au top 1%? 2%? 20%? etc...
Et surtout dans la durée. Le modèle anglo-saxon en est venu à nous persuader que les inégalités pouvaient et devaient être sans limite. C'était une imposture. Mais comment résister à cette imposture si elle permet à un modèle d'être plus efficace pendant 20 ou 30 ans? A-t-on le choix? Est-on obligé de suivre? Cette crise est notre chance, en Europe continentale, de proposer autre chose au monde. Si on continue à suivre comme des moutons le modèle américain dans la réussite (c'est compréhensible) comme dans l'échec (c'est ridicule) sans essayer d'y opposer nos manières de faire, on peut tout aussi bien mettre la clé sous la porte et partir en RTT (c'est d'ailleurs ce qu'on fait). Jusqu'à ce que nos retraites soient dans des fonds de pension qui font pschittttt et que notre système de santé oublie 15% de la population. Wake-up people!
Autre point: qui peut dire que le ratio de 1 à 45 qui passe de 1 à 1723 a amélioré d'une quelconque manière nos sociétés? On mesure bien que l'inégalité est un choix politique. Elles s'exacerbent quand les élites font assez "masse" pour détourner toutes les ressources à leur profit (comme en ce moment de manière stupéfiante et glaçante aux Etats-Unis). Elles doivent-être tenues en respect par un système démocratique. Illusoire? Utopique? Pas du tout. Il n'y a qu'à voir la période d'après-guerre aux Etats-Unis: taux marginal d'imposition supérieur à 80% et inégalités bien moindre. Ca peut arriver et ça fonctionne très bien (la société tenait debout si je me souviens bien et on est même allé sur la Lune). Est-ce seulement l'effondrement du communisme qui a fait réapparaître cette face sombre du capitalisme? Peut-être bien. Il faut désormais trouver une méthode durable pour la maîtrise des inégalités ne repose pas sur l'aliénation d'une bonne moitié de la planète (le capitalisme n'aurait eu visage humain que sous la menace d'une alternative communiste - déjà développé sur le blogo à la fin de ce post). On ne peut donner toutes les ressources à un seul habitant de l'île. Sinon de toute façon, tôt ou tard, il se prendra un coup de pelle dans la tête. Ca n'est donc même pas dans l'intérêt de l'heureux élu.
Il faut trouver des modèles pour essayer de quantifier une "sustainable inequality" sur le moyen et long terme. Il faut des cibles. Pourquoi le PS ne met-il pas ça quelque part dans son programme? A oui, ils sont trop occupés à se ridiculiser.
Ne dites pas à ma mère que je suis trader chez Goldman...
Sujet évoqué dans les sessions de training chez Goldman Sachs: "Comment parler de Goldman aux membres de votre famille".
Still, Goldman’s tarnished reputation has become a hot topic inside the bank. A few months ago, at a meeting of Goldman’s in-house leadership program, known as the Pine Street Group, the bank’s image came up. The group of 30-odd people wrestled with questions like how to talk to family members about Goldman and its role in the financial world.
Another question that came up was what to do if someone at a cocktail party started criticizing Goldman. Mr. van Praag, who ran the meeting, suggested that the executives should explain how Goldman made its money. But another Goldman executive offered a different answer: change the subject.
Imaginez-vous que vous bossez chez Goldman, quelle solution choisissez-vous?Post-It
Un classement de blogs. Les quatre blogs financiers désignés sont les quatre que je lis. Good or bad?
Un psychologue très à gauche s'interroge sur la passivité de la population américaine face à l'avalanche de désastres qui s'abat sur elle. La réponse est un peu "lourde" mais la question est intéressante: A psychologist asks: Have consumerism, suburbanization and a malevolent corporate-government partnership so beaten us down that we no longer have the will to save ourselves?
Le gouvernement US change une règle fiscale en loucedé, résultat: $38 milliards d'exemption pour Citigroup. Par for the course. Voilà qui va aider cette banque à vertueusement rembourser son TARP pour pouvoir payer des bonus illimités. Change you can believe in.
Ludwig Von Mises (économiste de l'école autrichienne mort en 1974): "There is no means of avoiding a final collapse of a boom brought about by credit expansion. The alternative is only whether the crisis should come sooner as a result of a voluntary abandonment of further credit expansion, or later as a final and total catastrophe of the currency system involved."
Food for thought: la croissance américaine était de 10% en 1934.
La hausse du plafond du déficit américain a été votée. Seulement $290 milliars au lieu des $1,9 trillions qui ne passaient pas et qui auraient préservé les démocrates d'un nouveau vote avant les midterm. Il va donc y avoir un vote toutes les six semaines à ce rythme là. Olé!
Krugman dézingué. Il soutenait en 2001/2002 la création d'une nouvelle bulle pour remplacer la précédente du NASDAQ. Et cette bulle, il la voyait... dans l'immobilier! Il faut le lire pour le croire. Le débat dans les cercles économiques sur la création d'une bulle a donc bien eu lieu mais pas en catimini. Au vu et au su de tous. Evidemment, personne ne s'en souvient car les conséquences semblaient alors lointaines. Il parle tranquillement d'une bulle dans l'immobilier comme l'objectif naturel de Greenspan dans la situation donnée. Krugman circa 2002 dans le NYT: "To fight this recession the Fed needs…soaring household spending to offset moribund business investment. [So] Alan Greenspan needs to create a housing bubble to replace the Nasdaq bubble."
Can you believe that? Voir ici aussi. (via ZH)
THE BUBBLE WAS NOT A BUG, IT WAS A FEATURE.
Le vote de confirmation de Bernanke est demain! Le Sénateur Merkley l'avait lâché et McCain s'apprêtait à le faire. Le "man of the year" de Time peut-il briser le momentum? Il serait intéressant de voir à quelle date ont été nommé les autres "men of the year".
mercredi 16 décembre 2009
Time Magazine nomme Bernanke "Person of the year"
Cet homme est un de ceux qui portent la responsabilité la plus grande dans cette crise (pas étonnant que chacune de ses actions vise précisément à en dissimuler l'étendue le plus longtemps possible). Avant d'être à la FED, il a été président du "Council of Economic Advisors" de Bush. Toujours fidèle sidekick de Greenspan. C'est une catastrophe ambulante. Il symbolise à lui tout seul un système en faillite. "Man of the year"? Not quite. I'd rather crown him: "Disaster of the decade"!
Note: J'ai lu le début de l'article et il s'agit bien d'une apologie. Irréel.
mardi 15 décembre 2009
Le mépris de la démocratie dans l'intelligensia US
Germany’s chancellor, Angela Merkel, and France’s president, Nicolas Sarkozy, have repeatedly stated that their countries have a stake in the future of Afghanistan and the future of NATO. But both are wary of pushing their voters too far, too fast. (Both have essentially postponed their decisions on further troop contributions until late next month.) Democratically elected leaders cannot ignore public skepticism, but they should not surrender to it when they know better.
(Il est conseillé aux dirigeants européens d'être sourds à leurs opinions publiques en ce qui concerne l'Aghanistan.)
On est au coeur du mépris de la démocratie par les élites américaines. C'est vrai sur tous les sujets mais en particulier sur les guerres. Les "gueux" ne sont là que pour payer les rêves de grandeur de leurs élites et donner leurs vies (pour les militaires). Absolument méprisable. (relevé par Glenn Greenwald)
lundi 14 décembre 2009
Obama redéfinit l'hypocrisie
"I Did Not Run For Office To Be Helping Out A Bunch Of Fat Cat Bankers On Wall Street. Some people on Wall Street still don't get it."
Comme dit un "comment" de Zero Hedge, ça ressemble à l'URSS où on ne pouvait "rien croire avant que cela ne soit officiellement démenti". Il est trop tard pour ces accents populistes auxquels Summers s'est également essayé hier dans les "Sunday Talk Shows" ainsi que Geithner la semaine dernière. Ca ne trompe plus personne. Par contre, ce discours montre qu'ils ont compris qu'ils avaient un gros problème. Les sondeurs de la Maison Blanche avaient-ils omis la question jusque là? Est-ce une réponse à Matt Taibbi qui a encore frappé avec un article retentissant mettant en cause les connivences entre l'équipe économique d'Obama et Wall Street? La saison des bonus arrive et Obama a choisi d'y faire face avec des larmes de crocodile.
Note: Pourquoi s'oppose-t-il à une taxe sur les bonus similaire à celles qui se préparent au Royaume-Uni et en France? Quel hypocrite!
dimanche 13 décembre 2009
The largest guilt trip ever*
Felix Salmon, ancien de l'équipe de Roubini qui tient désormais un blog pour Reuters, décrit dans ce post comment à peu près toutes les institutions américaines (Obama y compris) essayent de faire en sorte que les américains ne quittent pas leurs maisons et continuent à payer leurs mensualités en les culpabilisant alors que cela n'est pas du tout à leur avantage. Mais ça marche. Seuls 3% des américains recoureraient au "défaut stratégique" alors que 32% auraient un emprunt supérieur à la valeur de leur maison.
Salmon explique que tous les acteurs économiques rationnels dans cette situation rendraient leurs clés mais que la culpabilisation parvient à convaincre la population d'agir contre son intérêt. Il note par exemple qu'Hank Paulson recommandait aux particuliers un comportement qui aurait conduit un employé de Goldman Sachs à être licencié s'il avait appliqué ces préceptes dans son travail*. Je crois l'argument recevable et je pense que tous les politiques ou journalistes qui donnent des conseils financiers fallacieux aux américains sous prétexte de préserver "le système" devraient être dénoncés. Cette culpabilisation n'est probablement pas le seul facteur ceci dit. On peut quand même imaginer que de nombreux américains n'ont tout simplement pas envie de partir de chez eux (ou de ce qu'ils croyaient être chez eux).
Quoi qu'il en soit, mon rapide résumé ne fait pas vraiment justice à ce post et aux liens qui y figurent. Je vous le recommande (en anglais).
* Hank Paulson était ministre des finances mais aussi ancien CEO de GS.
Je suis rassuré...
“Steps can be taken to re-launch securitization, but to re-launch it on a sound basis so as to facilitate the provision of credit to the economy and the better distribution of risk among market participants,” Papademos said.
The ECB can influence the asset-backed bond market because it accepts the securities as collateral for loans to banks. It said on Nov. 20 that from March, newly issued asset-backed securities it is presented as collateral must be graded AAA/Aaa from two ratings companies instead of just one.
En gros, la BCE a compris que les agences de notation racontaient n'importe quoi en matière de produits titrisés (notamment) alors elle a décidé de régler le problème en demandant leur avis à deux agences plutôt qu'une (ce qui me semblait déjà être la norme). C'est affligeant. Le problème est évidemment le conflit d'intérêts de ces agences, pas le nombre d'avis sollicités! Et cela représente de plus une manne pour ces acteurs faillis.
A noter: la plupart des deals aux Etats-Unis étaient notés par deux agences ce qui n'apportait évidemment aucune garantie. L'impatience qu'ont tous les gens qui en vivent de relancer la titrisation sans réfléchir une seule seconde aux défauts structurels du produit est compréhensible. Ce qui est surtout fascinant, c'est qu'on les laisse faire avec Sarkozy par exemple qui, influencé par les acteurs du secteur, a déclaré au printemps qu'il fallait "relancer la titrisation car elle permet la croissance". Et ce alors qu'il dirige un pays plutôt épargné par ce fléau... Les "talking points" des banques ont encore un écho étonnnant dans la sphère politique à qui il incombe pourtant de faire le ménage.
Obamania no more
Je ne me base pas seulement sur sa faible popularité (à ce stade du mandat selon Gallup) mais sur un chiffre plus inquiétant encore (DailyKos/Research 2000) qui montre que la tiédeur de l'ambition réformatrice d'Obama semble fortement démobiliser la base démocrate (alors même que les républicains sont galvanisés). 81% des républicains se déclarent enclins à aller voter aux prochaines "midterm elections" contre seulement 56% des démocrates. Ceux qui manquent sont ceux que Bush avait radicalisés et qui jugent qu'Obama est trop dans la continuité (crise financière, militarisme, réforme a priori "washi washa" du Health Care, libertés publiques...). C'est la rupture liée à l'incapacité du système politique américain à offrir une véritable alternance. Les américains viennent de tourner le volant et ils réalisent avec effroi que la direction ne répond plus. C'est pour ça que le Blogo dit que le système politique américain est cassé et que la crise est d'abord politique avant d'être économique. La crise économique ne peut d'ailleurs être finie puisque sa cause, la crise politique, n'a pas encore été résolue ni même identifiée (figurez-vous que les bien-nommés "Corporate Media" ne sont pas en pointe là-dessus...).
De Daily Kos:
But a bigger indicator of peril comes from a new survey question added the DK tracking poll for the first time this week. The poll now includes a rather simple indicator of baseline voter enthusiasm for the year 2010. The question offered to respondents is a simple question about their intentions for 2010:
QUESTION: In the 2010 Congressional elections will you definitely vote, probably vote, not likely vote, or definitely will not vote?
The results were, to put it mildly, shocking:
Voter Intensity: Definitely + Probably Voting/Not Likely + Not Voting
Republican Voters: 81/14
Independent Voters: 65/23
DEMOCRATIC VOTERS: 56/40
Two in five Democratic voters either consider themselves unlikely to vote at this point in time, or have already made the firm decision to remove themselves from the 2010 electorate pool. Indeed, Democrats were three times more likely to say that they will "definitely not vote" in 2010 than are Republicans.
vendredi 11 décembre 2009
"Carbon rights". It's so 2006...
L'idée que les marchés financiers pouvaient être une solution au réchauffement climatique est "So 2006!". Cela a en tout cas rallié une "powerful constituency" (la finance) à la cause de l' "irrémédiable réchauffement qui va nous faire rôtir très rapidement si nous ne tradons pas des dérivés de droits carbones ASAP et sans modération".
On peut être sûr qu'une fois que les banques se goinfreront là-dessus, la science ne sera pas victime d'influence indue ou de manipulation... (nous en sommes d'ailleurs sans doute déjà là - les intérêts financiers liés au réchauffement ont probablement déjà une influence sur le débat).
Déjà cité récemment sur le blogo mais éclairant en l'espèce. Paul Volcker: "I wish somebody would give me one shred of evidence linking financial innovation with a benefit to the economy." Mr Volcker's favorite innovation in the last 25 years? The ATM "It really helps people. It's useful." (ATM = Distributeur de billets). Avait-on vraiment besoin d'associer les banques à cette danse? Ne devrait-on pas revenir en arrière maintenant que les marchés financiers, tels qu'ils se sont développés dans les 15 dernières années, sont totalement discrédités*?
Why do I smell a rat? Serais-je trop méfiant? Les banquiers sont des gens responsables qui souhaitent simplement améliorer les choses. On peut leur faire confiance. Right?
* Totalement discrédités? Est-ce exagéré? Je ne le pense pas. Les banques centrales essayent de nous faire croire que "ça n'est pas si grave" et qu' "on s'en remettra" mais le blogo begs to differ.
Note 1: Le Blogo n'ignore pas que sur ce sujet précis, il se situe politiquement au centre de la mouvance bushiste. Curieuse et inhabituelle compagnie. Ceci dit, l'idée que l'ensemble des opinions d'un individu doit être gouverné par son allégeance (ou son opposition) à un homme, un groupe ou une idéologie m'a toujours semblé être une insulte à son intelligence et une aliénation.
Note 2: Influence majeure sur le débat dans la décennie écoulée: Al Gore et son film (avec le vent dans le dos de l'aversion à Bush d'à peu près tout le monde - Al Gore aurait dû être président à sa place, remember?). Mais aussi la hausse du pétrole et le mythe du "peak oil" que les propagandistes ont avancé pour rationnaliser la manipulation du marché du pétrole de 2008 (Brown et Sarkozy demandent d'ailleurs fort justement que les pratiques sur ce marché soient encadrées dans leur récent édito conjoint sur la finance). L'influence de cette manipulation sur le débat climatique est oblique mais à mon avis majeure.
Note 3: Food for thought pour les lecteurs du Blogo. Josh Marshall de TPM nous livre ses impressions qui à mon avis sont similaires à un grand nombre de "bobos de base":
For years I hoped that the climate skeptics (and in the past there was still a decent amount of legit scientific skepticism) might have a point since the reality of global warming is so frightening and I have my doubts about the world's ability to get its act together to do something about it.
Unfortunately, virtually all the skeptics being freaks and eccentrics brought me little solace.
Avant de discréditer les sceptiques, il avait écrit cela dans un post précédent (il révèle malgré lui à quel point la pression sociale est centrale dans sa prise de parti "réchaufiste"):I can't say that I really have any sophisticated understanding of the science of climate change. I don't think that most people I know who are pro-cap and trade do either. For me, the fact that the vast majority of people with specialized knowledge in the field think there's a problem is good enough for me.
Put baldly like that, perhaps it suggests a certain incuriousness. But I can't be knowledgeable about everything. And I'm comfortable with the modern system in which the opinions of really knowledgeable people with expertise counts more in cases like this than people who know nothing at all.
I would not be terribly shocked if the predictions we're getting today about the climate turned out to be dramatically off. (Of course, it could be dramatically worse as well as dramatically better.) For political reasons, because there's so much nonsense in the air, you're not supposed to say that I guess. But there's inevitable uncertainty about how such a complex system as the global climate functions.Quelle part de bien-pensance dans l'ambiance actuelle? Ces sentiments (militant convaincu par mimétisme le jour mais un peu moins assuré quand il se réveille au milieu de la nuit) ne sont-ils pas extrêmement répandus? Comment peut-on, après la guerre en Irak, après la crise financière, s'en remettre au consensus? A l'opinion générale? Just the facts, please. Qui expertise les experts et surtout leurs conflits d'intérêts?
Le réchauffement climatique? "It's a slam dunk!" (c'est ce qu'avait affirmé le directeur de la CIA sur les armes de destruction massives de Saddam Hussein - ça veut dire "c'est certain"). C'est précisément dans ce genre de contexte que la dissidence est primordiale. Elle ne devrait pas être redoutée mais embrassée. L'incapacité à la tolérer est l'élément essentiel qui fait toujours vibrer le bullshit detector du blogo. Mon problème essentiel, comme je l'ai dit déjà est que j'ai l'impression que les scientifiques qui nous parlent de climat n'ont pas établi assez clairement leur maîtrise du sujet. Pour cela, il faut des prévisions réalisées. Un modèle validé par la réalité. Qui a réussi cette performance? Qui a eu un prix Nobel pour cela? Et si rien n'est démontrable scientifiquement, de quoi parle-t-on exactement? Ce brouhaha vaguement intégriste me déplaît. La science ne marche pas par consensus. La théorie de la relativité était-elle le fruit d'un "consensus" politisé par des scientifiques aux intérêts convergents (self agrandizement)? Non, elle était l'oeuvre identifiable d'un individu. Elle était palpable, réfutable. Cette théorie du climat au nom de laquelle on exige des changements politiques substantiels n'a pas de visage. Elle est insaisissable.
Est-il déraisonnable de demander aux scientifiques qui soutiennent la thèse du réchauffement lié à l'activité de l'homme de nous donner des niveaux de température observables dans les dix ans qui viennent qui corroboreraient ou infirmeraitent leurs thèses? Pourquoi ne veulent-ils pas jouer à ce jeu là? Soutiennent-ils agressivement une thèse (climategate) ou bien analysent-ils une réalité objective sans prendre parti? De combien ont augmenté leurs crédits et leur influence dans les années qui viennent de s'écouler? Que rapporte l'alarmisme? Quelles mesures ont-ils pris pour que cet évident conflit d'intérêt ne vienne pas perturber leurs recherches? ;-) Ont-ils identifié ce conflit d'intérêt? L'ont-ils analysé?

