jeudi 18 février 2010

Martin Wolf extends and pretends

Martin Wolf signe un oped dans le FT en réponse à un article très négatif sur les Etats-Unis de Niall Ferguson la semaine dernière. Martin Wolf (symbole de la raison et de la mesure dans le commentariat économique, façon "The Economist") semble avoir un parti pris sur la question. Par exemple, il corrige les chiffres de dette en pourcentage du PIB de Ferguson en s'appuyant sur les projections de la maison blanche sans préciser que ces dernières se basent sur un compteur de croissance bloqué magiquement à 4% par an pour le futur prévisible. WTF?

Wolf valide les politiques menées jusqu'ici en affirmant que la priorité est de "soigner le secteur privé". Le problème de la thérapie entreprise jusqu'ici, c'est qu'elle se base sur des soins palliatifs et non curatifs. Pour soigner le secteur privé, il faut tailler dans le (plus ou moins) vif et notamment vider l'abcès financier qui a démontré sa toxicité (20% du PIB contre 10% historiquement et 40% des profits avant la crise au lieu de 20% historiquement). Alors oui, la vie semble à court terme plus confortable que si nous étions passés au bloc opératoire mais le système est toujours aussi profondément dysfonctionnel. De plus, si ces mesures palliatives semblent fonctionner, elles permettent surtout aux élites de vivre comme si de rien n'était mais le corps social est loin d'être épargné même si on le maintient pour l'instant en deçà du niveau de la révolte.

D'ailleurs, les mesures palliatives n'ont pas été prises pour épargner la population, elles ont été prises pour maintenir en place une structure de pouvoir faillie. C'est ce qui explique leur radicalité (basculement dans une économie "Alice in Wonderland"). Martin Wolf tombe donc lourdement du côté du "extend and pretend" (faire durer et faire semblant) qui sert si bien Wall Street. Pas de doute, il s'agit bien du triptyque.

Tant qu'on y est cet édito édifiant de "The Economist"
. Vous croyiez qu'il y avait un problème à Washington DC? Réponse de "The Economist" (and I quote): "We disagree." On ne peut pas être plus clair. Je n'avais rien lu de "The Economist" depuis longtemps mais j'ai été piégé par une couverture aguicheuse: "What's gone wrong in Washington" avec en couverture la statue de Lincoln la main sur le front en signe de consternation. Il n'y est même pas fait mention de la crise comme une responsabilité de la capitale impériale... Il est clair que dans le contexte actuel, une mémoire n'allant pas au-delà de l'année est ce qu'il y a de plus utile à la power structure. Let's move on...

Lagarde attaque les "anglo-saxons" et ZH attaque Lagarde

Lagarde a dit que six institutions anglo-saxonnes portent une responsabilité particulière dans la spéculation contre la Grèce.

Et Zero Hedge attaque Lagarde en parlant de "chasse aux sorcières". ZH est en général beaucoup plus ouvert que ça aux "conspiracy theories" en tout genre. Ne disaient-ils pas hier qu'ils avaient la preuve de manipulations de la Bank of England et de la FED de New York sur le marché de l'or dans les années 30 et que ces manipulations pouvaient laisser présager des manipulations similaires et très graves dans la période présente?

On se demande bien pourquoi ils n'accordent pas à Lagarde le bénéfice du doute quand elle émet une hypothèse qui semble à la fois plausible et plus facile à démontrer que l'assertion précédente. Et l'argument mis en avant? "Lagarde ne devrait pas critiquer le libre fonctionnement des marchés mais s'intéresser plutôt à tous les problèmes de la Grèce". C'est d'une faiblesse inouïe: ZH passe son temps à disputer le libre fonctionnement des marchés! Il n'y a de toute façon plus un seul "free-market" réel sur la planète finance. Sans la garantie d'absolument tout par les Etats, tout serait à zéro. "Inconvenient truth" que ZH répète à longueur de posts. Whatever...

Etrange de voir un site qui a fait du scepticisme son fonds de commerce prendre fait et cause a priori pour des banques US sur un sujet qui inviterait tout observateur de bonne foi à la prudence. En invoquant de plus une infaillibilité des marchés qu'ils contestent par ailleurs en permanence. C'est important car si je suis comme beaucoup accro à ce site, cela ne m'empêche pas de garder une certaine méfiance envers ZH et son succès fulgurant. J'ai du mal à comprendre comment le site a pu proposer aussi vite un tel contenu. Si tout cela est financé avec des pubs Google, chapeau bas mais cela me paraît un peu optimiste.

La capture d'un média, si elle est faite intelligemment, ne consiste pas à lui faire répéter la ligne du parti en permanence. Il suffit d'être sûr qu'il dira ce qu'il faut au moment où ça comptera. Il peut même être utile pour des banques de créer de toute pièce un site contestataire qui développe un discours séduisant pour un public excédé mais dont les frontières sont très précisément limitées. Et qui peut donner par exemple un coup de main discret si un jour une opération de spéculation contre un petit pays est engagée... Rappelons que nous savons très peu de choses de ZH, les contributeurs sont anonymes, on ne sait pas qui finance. Ce qu'on sait, c'est que tous les jours, de plus en plus de gens lisent le site et prennent pour argent comptant la posture dissidente de ce blog.

Un détournement "UIMM style" (un organisme travaillant officiellement pour X contre Y qui travaille en fait pour Y) ne serait même pas machiavélique. Simplement standard. Et si cela n'était pas vrai à l'origine (que ZH travaille pour les banques), devant l'aura grandissante du site, la tentation pour les banques de le "retourner" devient énorme et elles en ont probablement les moyens. En effet, pourquoi les contributeurs de ZH ont-ils choisi l'industrie financière initialement?

On en revient donc au classique mais néanmoins désespérant: "Trust no one". C'est un mode de vie inconfortable mais le blogo ne vous a jamais dit que ça serait facile!

Pourquoi le UK achète-t-il tant de treasuries?

C'est vraiment un mystère pour moi. Surtout dans sa situation financière. (graphe de ZH)Note: Il semble que UK dans les stats puissent être un faux-nez pour des achats chinois... (via Naked Capitalism)

mercredi 17 février 2010

Post-It

Le NYT rend compte du mouvement qui a canalisé l'essentiel de la réaction populiste post-crise aux Etats-Unis pour l'instant : les Tea Parties.

Ben Laden a eu plus d'impact sur la constitution américaine que bien des pères fondateurs. La capitulation devant le terrorisme n'a jamais été aussi spectaculaire que dans la dernière décennie aux Etats-Unis. Plutôt que de résister en étant fidèle à ses valeurs, le système politique a véritablement changé de nature au gré d'une seule attaque (très dévastatrice mais difficilement renouvelable). Greenwald critique le "pragmatisme" d'Obama qui a complètement renoncé à remettre le pays sur ses rails institutionnels (garanties constitutionnelles, libertés publiques, poursuites judiciaires de l'administration précédente) après les exactions Bushistes mais les a au contraire entérinées et légitimées. Change you can believe in.

"Astroturfing"! J'adore. Cela veut dire "déclencher un phénomène viral sur internet en donnant l'impression que l'engouement est spontané". Il s'agit de "créer le buzz" en toute discrétion. C'est un peu le soupçon que je jetais sur les débuts un peu trop fulgurants de Zerohedge (sans aucune certitude). Voir ici la définition et l'explication de Barry Ritholtz. Il est clair que si les MSM font l'objet de manipulations plus ou moins flagrantes, l'internet offre des possibilités absolument sans limites en termes de sophistication des méthodes de désinformation. J'ai toujours été frappé par le passage du fondateur de Daily Kos dans l'armée par exemple. Il dit qu'il a réfléchi a rentrer à la CIA puis qu'il a abandonné l'idée. Et s'il y était entré et qu'on lui ait suggéré de rester en civil pour mettre en place un site activiste de gauche? Il s'est probablement passé des choses plus incroyables dans l'histoire de la CIA. Il y aurait même pu y avoir un peu d'astroturfing!

Du biofuel à base d'algues? Absolument vertigineux. Article du Guardian via Naked Capitalism.

Nice! Despite the Bank of England’s base rate being at 0.5 per cent, average credit card interest rates have risen to 18.8 per cent. Banksters! (contraction popularisée par Atrios)

Exciting! Dans les semaines qui viennent, la politique monétaire se resserre en Chine et les Etats-Unis cessent de soutenir les obligations basées sur l'immobilier. Fasten your seatbelt!

ABC consumer confidence index toujours bas. Les économistes pensent que les US sont sortis de la récession. 88% des américains interrogés lors de cette enquête pensent le contraire...

More Vampire Squid stuff (via ZH) :
Otmar Issing, former ECB executive and current Goldman Sachs advisor: Europe cannot afford to rescue Greece (FT) and Simon Johnson's take down (Baseline Scenario)
(Un ancien de la BCE de mèche avec GS pond des opeds dans le FT sans signaler son affiliation à GS. SOP (Standard Operating Procedure) ) Que ferions-nous sans notre Vampire Squid?

Harrisburg a prévu son défaut pour le 1er mars. Un défaut d'une dette municipale est un évènement très rare qui pourrait avoir un impact sur les marchés.

Pour Zetattitude sur la Grèce et le Vampire Squid.

Mondo Dingo

Il n'y a plus de mots pour décrire l'étrangeté du monde. Et toujours cette passivité résignée des citoyens... Du LA Times via Daily Kos. (Résumé: les banques US (sauvées de la faillite par l'Etat) n'ont jamais fait autant de lobbying qu'en 2009). Il faut quand même noter que Chris Dodd est l'homme des banques!

"I have never seen such a scrum of bank lobbyists as I have in the last year -- and I've worked on quite a few bank issues over the years," said Ed Mierzwinski, a lobbyist for the U.S. Public Interest Research Group, a coalition of state consumer organizations. "It seems like everybody is out of work except for bank lobbyists." ...

At a hearing this month, Senate Banking Committee Chairman Christopher J. Dodd (D-Conn.), who has had a generally warm relationship with the financial community, lashed out at the "refusal of large firms to work constructively with Congress."

"Too many people in the industry have decided to invest in an army of lobbyists, whose only mission is to kill the common-sense financial reforms that we are working so hard up here to try to achieve," Dodd said.

Lobbying by insurers and banks, including Morgan Stanley, may kill a provision in the overhaul bill that would make retail brokers more accountable to their clients, Bloomberg News reported last week. ...

"Despite the decline in credibility with the public, the banks appear to have increasing power" on Capitol Hill, said Travis Plunkett, a lobbyist with the Consumer Federation of America.

mardi 16 février 2010

La paille et la poutre

Krugman nous explique que le problème, c'est l'arrogance des élites... européennes. La paille et la poutre donc.

For the truth is that lack of fiscal discipline isn’t the whole, or even the main, source of Europe’s troubles — not even in Greece, whose government was indeed irresponsible (and hid its irresponsibility with creative accounting).

No, the real story behind the euromess lies not in the profligacy of politicians but in the arrogance of elites — specifically, the policy elites who pushed Europe into adopting a single currency well before the continent was ready for such an experiment.

L'arrogance d'avoir eu l'ambition un jour de s'affranchir des élites américaines d'un point de vue monétaire. Devant l'utilisation de plus en plus malhonnête de leur privilège monétaire par les US, les fondateurs de l'Euro n'ont jamais eu autant de raisons de penser que ce choix était le bon. Evidemment, dans l'exécution, ça laisse à désirer. Si on considère que la monnaie unique n'en sera vraiment une qu'après un baptème du feu réussi (ce qui était dès le départ une certitude), il aurait mieux valu affronter cela avec une zone euro compacte et regroupée et n'ouvrir la zone qu'après l'épreuve du feu.

Buzz très négatif sur l'euro chez les "faiseurs d'opinions" outre-atlantique en tout cas. Quand rentre-t-on dans l'opération de com? Affaiblir l'Euro est aujourd'hui (ou sera très bientôt) un objectif stratégique américain.

lundi 15 février 2010

Les services secrets espagnols, le triptyque et la dette souveraine dans la zone Euro

Je dois croire Zerohedge sur parole car je ne parle pas espagnol mais il paraît que cet article d'El Pais dit que les services secrets espagnols travaillent sur l'hypothèse d'une conspiration d'investisseurs et d'organes de presse (anglo-saxons semble-t-il) contre l'Euro.

C'est un thème récurrent du blogo. La manière dont des talkings points déboulent dans l'environnement médiatique est parfois étrange. On nous explique par exemple un beau matin (au printemps dernier, souvenez-vous) que l'Europe de l'Est est le "subprime européen" et on en mange pendant des semaines sans que cela n'aboutisse à quoi que ce soit (et nos médias de reprendre ça en boucle non-stop...). Le bullshit detector du blogo était dans le rouge et, comme souvent, il y avait des raisons. Il y a un monopole anglo-saxon sur l'information économique (et d'ailleurs sur la théorie économique également - qu'est-ce qui, encore aujourd'hui, représente une alternative au néolibéralisme anglo-saxon des 30 dernières années?) et la notation (oui, je sais, Fitch n'est pas américain mais que pèse Fitch réellement face à Moody's et S&P?), il faut en tirer des conséquendes à moyen et long terme mais aussi à très court terme dans la gestion des remous actuels. Et il va falloir faire avec les moyens du bord car la crise est désormais une affaire de perception. Tout le monde est plus ou moins en faillite et il est certain que si les Etats-Unis flanchaient (lire le dollar), ils mettraient tout en oeuvre pour que la zone euro tombe plus bas, plus vite. Le blogo met en garde depuis longtemps contre la vulnérabilité intrinsèque de l'Euro (elle existe en raison des faiblesses structurelles de la monnaie unique qui ne sera pas achevée tant qu'un mécanisme de résolution des crises en béton armé ne sera pas mis en place) mais aussi sur sa vulnérabilité extrinsèque face à des tentatives d'affaiblissement orchestrées potentiellement par les agences de notation américaines ou d'autres organes qui pourraient tenter(/qui tentent) de détourner l'attention de la situation gravissime aux Etats-Unis. Il faut que les pays européens identifient rapidement les pourvoyeurs d'informations politisées et qu'ils les débusquent au fur et à mesure. La prise de conscience espagnole est donc la bienvenue.

On fait des alertes "orange" sur la neige et le froid, il ne serait pas très sorcier de discréditer en temps réel les articles à sensation de tel ou tel journaliste du triptyque (FT, The Economist, WSJ). Ce sont toujours les mêmes (Yes, Ambrose Evans-Pritchard, I'm looking at you!). Le problème, c'est que cela implique qu'on rentre officiellement dans l'ère de la méfiance ostensible envers les américains et nous n'en sommes pas encore là. Le plus tôt sera le mieux.

A la réflexion, cela ne serait pas très compliqué: il suffirait d'un communiqué systématique de la BCE face à ce genre de manoeuvres qui cite nommément les journalistes impliqués en retraçant leur histoire de "bias" et l'ambiance deviendrait tout de suite plus calme. Je n'ai pas suivi l'histoire grecque de très près (il faut bien dire que j'ai levé le pied, comme vous l'avez peut-être remarqué) mais s'il y a eu manoeuvre, ça ne doit pas être dur à établir. It's time to let the f---- gloves off!

Note: Je ne dis pas que les services secrets espagnols sont sur la bonne piste mais il faut quand même se poser la question suivante: pourquoi maintenant? Quel élément factuel est à l'origine de cette crise (il est possible que cela ait été lié à la décision de la BCE de continuer ou non à prendre en pension les obligations des pays du Club Med ce qui affaiblirait la thèse de la conspiration)? La dette grecque avait-elle un meilleur profil il y a six mois? Si des groupes l'ont déclenché, avaient-il intérêt à ce que soit en janvier 2010? Un "oui" renforce la suspicion, un "non" l'affaiblit etc...
C'est un problème qui se pose sur le démarrage de la crise en 2007. On peut dire qu'elle a été "démarrée" par le downgrade de centaines d'obligations en juin/juillet 2007. Certes, les défauts avaient commencé à augmenter mais pourquoi diable les agences ont-elles pris des mesures aussi violentes qui allaient créer une crise de liquidité dans les semaines qui suivaient? Pourquoi cela a-t-il été préféré à un long enlisement? Est-il possible que le déroulement de la crise (tout inexorable qu'il soit) soit "drivé" dans une certaine mesure par le complexe WaWa (Wall-Street+ Washington)?
Cela a beaucoup été dit aussi pour le bailout: septembre 2008 n'était-il pas le dernier créneau pour que l'administration Bush puisse donner une réelle impulsion dans la direction que prendrait le plan de sauvetage des banques? Certes, on ne peut pas dire que Geithner soit hostile à Goldman Sachs ou a Wall Street mais avec Paulson, les choses ne pouvaient pas mal se passer. On n'est jamais si bien servi que par soi-même.
Food for thought...

Note 2: Reprise de l'article d'El Pais dans le JDD. Le gras est de moi ainsi que l' "expletive" en anglais à la fin.

Economie | 14/02/2010 - 21:02
Enquête sur la spéculation en Espagne

Les services de renseignement espagnols enquêtent pour déterminer le rôle qu'ont joué ces dernières semaines les investisseurs et les médias sur la crise de la dette, rapporte dimanche El Pais. Le journal écrit que le "Centre national de renseignement" (CNI) enquête pour établir si les attaques par des investisseurs et l'agressivité de certains médias anglo-saxons "sont provoqués par les forces du marché et les défis auxquels l'écononomie espagnole est confrontée, ou s'il y a quelque chose d'autre derrière cette campagne". Le ministre des Travaux Publics, Jose Blanco, a affirmé il y a quelques jours que des "manoeuvres assez troubles" étaient à l'origine de la pression des marchés financiers sur l'Espagne. "Rien de ce qui se passe dans le monde, y compris les éditoriaux des journaux étrangers, n'est une coïncidence ou innocent", a-t-il dit.
No Shit!

dimanche 14 février 2010

Deux contre-feux

On ne peut pas dire que les membres de la power structure responsables de la crise économique doivent affronter de nombreuses récriminations dans le débat public (Bernanke, homme de l'année de "Time" par exemple). A toutes fins utiles, ils prennent cependant les devants et commencent à faire entendre une petite musique qui vise à les exonérer d'à peu près tout. Je note pour l'instant les tendances suivantes:

- Jamie Dimon devant le Congrès et Summers à Davos nous expliquent que les crises financières sont des "facts of life" qui arrivent "tous les 5 à 7 ans" selon Dimon et "tous les trois ans" selon Summers. Ils ne reconnaissent donc pas à cette crise de caractère exceptionnel. Un autre LTCM, une autre crise asiatique ou un autre crash de 1987: "a bump in the road" en quelque sorte. Circulez, il n'y a rien à voir.

- Il est souvent dit également que la bulle de l'immobilier était globale et qu'il est donc incorrect de mettre spécifiquement en cause les Etats-Unis et la FED (je crois que cela a été mis en avant spécifiquement dans une étude récente de la FED). Le subprime et Fannie/Freddie (véritables symboles de la "regulatory capture") n'ont donc pas été les éléments d'une évolution américaine spécifique. D'où ma question: Où sont les obligations pourries basées sur des emprunts hypothécaires français qui ont explosé dans des banques américaines? Cette banalisation du cas américain au prétexte que les prix ont monté, puis baissé partout est une tentative transparente de désinformation.

Dans le même registre, on peut noter que Bernanke exonère à bon compte la politique de taux extrêmement bas de la FED de tout rôle dans la bulle de l'immobilier. La confiance revient un peu du côté du corridor Wall Street-Washington. Encore quelques mois de calme relatif, un chômage qui baisse de 0.5% et on en sera presque à: "Une crise? Quelle crise?". Arrogance...

L'OVNI Palin

Certains OVNI politiques semblent n'obéir à aucune loi de la physique. Sarah Palin est clairement à placer dans cette catégorie. En dépit de confidences inquiétantes sur son ignorance crasse par des anciens de la campagne McCain, d'une facilité à l'oral qui rappelle W et de mauvais sondages, elle demeure complètement centrale dans le paysage politique et médiatique. Politico dit que c'est parce qu'elles génèrent plus de "hits" que les autres républicains sur leur site internet (il faut bien dire que c'est un peu le désert). TPM se penche sur les marionnettistes derrière Palin.

“Politicians want to pass the ball forward"

Un article du New York Times explique que quand des pays du Club Med ont voulu manipuler leurs comptes publics dans la dernière décennie, ils trouvaient toujours des banques d'investissement avec des produits foireux pour les y aider. Sans surprise et sûrement pas cantonné à ces pays là. On se demande vraiment comment des arrangements aussi grossiers ont pu tromper Bruxelles car cela devait bien être le but... Ce qu'on ne dit pas également, c'est combien de politiques grecs ayant trempé là-dedans ont touché subséquemment des subsides des grandes banques d'une manière ou d'une autre.

“Politicians want to pass the ball forward, and if a banker can show them a way to pass a problem to the future, they will fall for it,” said Gikas A. Hardouvelis, an economist and former government official who helped write a recent report on Greece’s accounting policies.

samedi 13 février 2010

$180 milliards, 900 000 chômeurs de plus. Yawn...

(CNN Money via Calculated Risks). Trou de $180 milliards dans le budget des états américains. Les coupes budgétaires pourraient entraîner 900000 chômeurs de plus. La routine.

States are looking to the federal government for more help balancing their budgets, but the Senate is not heeding their call. ...

States are looking at a total budget gap of $180 billion for fiscal 2011, which for most of them begins July 1. These cuts could lead to a loss of 900,000 jobs, according to Mark Zandi, chief economist of Moody's Economy.com.

To close this gap, governors and lawmakers will be forced to lay off state employees, cut services and postpone capital projects ...
Already, states laid off 44,000 workers in the 12 months ending in January, according to federal labor statistics.

Les auctions US se passent moins bien

Une des raisons de suivre Zero Hedge et qu'ils suivent de très près les ventes aux enchères d'obligations américaines. Il semble qu'il y ait eu une faiblesse substantielle de côté là cette semaine (sur les obligations longues de 30 ans). La composition des acheteurs est difficile à déterminer exactement mais les étrangers semblent moins demandeurs, ce qui collerait avec les tensions sino-américaines récentes.

Friday Plane Blogging

Encore un FPB publié le samedi... Photo en Russie, il faisait -25°C. Les traînées ne viennent pas des moteurs mais des volets. (cliquez pour agrandir)

vendredi 12 février 2010

Chronique d'un monde en faillite

J'ai supprimé le sous-titre "Chronique d'une crise annoncée" au début de l'année. Il y a deux semaine, je l'ai remplacé par "Chronique d'un monde en faillite". Certains lecteurs ont levé les yeux aux ciels sur l'air du "Won't you ever get with the program?". Et bien voilà qu'Albert Edwards de la SocGen rejoint le blogo:

Albert Edwards: At 500% Net Liabilities To GDP, It Is Too Late To Prevent The Collapse Of The G-7; Greece Is Irrelevant, We Are All Now Insolvent

Il commente en fait une recherche d'un collègue de la SocGen, Dylan Grice:

Just How Ugly Is The Sovereign Default Truth? How Self Delusions Prevent Recognition Of Reality

mercredi 10 février 2010

Nous allons payer les impôts des grecs...

Il semble que payer ses impôts soit un peu optionnel en Grèce (surtout pour les revenus élevés). De plus, Zero Hedge (citant "The Guardian") nous dit qu'un resserrement de la discipline fiscale à venir serait une cause non négligeable de la fuite actuelle des capitaux de Grèce. Tout cela n'invite vraiment pas à la mansuétude (l'italique est de ZH, le reste du Guardian):

While a fifth of the population lives beneath the poverty line, some 20% of Greeks are believed to earn more than €100,000 annually – even if, according to income tax records, 90% declare salaries of less than €30,000 a year.


"Greece has a lot of rich people who are not being taxed properly because there is so much tax evasion," finance minister Giorgos Papaconstantinou, told the Observer. "If you look at the actual numbers, you will see that the number of people declaring over €100,000 a year is roughly 15,000," he said. "I don't think that there is anyone in this country who believes there are only 15,000 Greeks earning more than €100,000 a year."

And as if the Greek population needed any more reasons to deteset the current economic fiasco, and to draw even more distinct lines of social separation:

The growing flight of funds from Greece has whipped up much resentment among the public. "It's revolting," said one popular radio chat-show host last week. "After pillaging the country, they flee with their ill-gotten gains at the very mention of the word tax."

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Aussi de Zero Hedge, une comparaison Californie/Grèce:

With Greece getting all the imminent default attention, have we forgotten California? Jim Grant chimes in.

  • Greece: 3% of Eurozone GDP
  • California: 13% of USA GDP

Rate Curves:

Greece

  • 3 year: 3.45%
  • 30 year: 6.26%
  • 5 Year CDS: 400+

California

  • 3 year: 1.89%
  • 30 year: 5.59%
  • 5 Year CDS: 333

Grant points out Trichet's Jan 14 commentary: "belonging to the euro area, you have an easy means of financing your current account deficit. You share a currency that is credible, so that you have a quality of financing that corresponds to that of a credible currency." Further: "this should be borne in mind, compared with the share of CALIFORNIA, FOR INSTANCE, in the overall GDP of the USA."

Grants reviews CA's Baa1/A- rating as the worst in the US, the S&P downgrade and the structural not cyclical problem of California.

  • State Revenue up 22% in decade debt service cost +143%.
  • Interest expense to consume 10% of revenues by 2013.
Howerver Grant's notes that Californida's debt / gdp ratio of "perhaps 25% is dwarfed by Greece 113%"

Un complot américain contre l'euro?

C'est ce que dit Jean Quatremer sur son blog. L'article date de vendredi. Je ne sais pas l'écho qu'il a reçu. Je ne suis pas en avance en ce moment et je paie le prix de mes sources d'informations exclusivement anglo-saxonnes. Si c'est ça, c'est la guerre. Mais autant que cela soit clair après tout!

Je suis donc en retard sur l'info mais pas sur la mise en garde sur le fait que les américains ne sont pas nos amis. Ils mettront tout en oeuvre durant cette crise pour que quel que soit le niveau où tombe l'économie américaine, le reste du monde tombe plus bas.

mardi 9 février 2010

Où l'on reparle de titrisation

Floyd Norris a un article dans le NYT sur la titrisation. Il y cite largement le Comptroller of the Currency qui vient de s'adresser à l'American Securitization Forum. Il n'y a choqué personne en se déclarant pour un "vibrant securitization market". Car les banques voyez-vous ne sont pas en mesure de distribuer assez de crédits pour faire "repartir l'économie". Que l'économie américaine ne soit qu'un énorme Walmart où on ne fait que dépenser sans jamais rien créer ne choque plus personne aujourd'hui. Il faut donc faire repartir le système qui a échoué: une économie axée sur la consommation et financée par le crédit.

Pour les politiques, la titrisation (securitization) n'est pas autre chose que cette nitroglycérine qui permet au moteur d'aller plus vite. Cette croyance, entretenue par tous les gens qui en vivent, a même réussi à pénétrer jusqu'aux hautes sphères de l'Etat français qui n'en a cependant pas croqué (Sarkozy aurait défendu la titrisation comme facteur de croissance l'année dernière dans la réunion avec des journalistes où il a également dit que Zapatero était souvent pris pour un imbécile).

Tout semble s'orienter vers une reprise de ce marché sans aucun changement. On a dit qu'on pourrait améliorer le process en obligeant les banques à garder sur leurs books un pourcentage de chaque deal mais même cela, qui paraît un absolu minimum, semble déjà difficile à mettre en oeuvre à ce pauvre John C. Dugan (encore un régulateur inflexible!). On peut donc s'attendre à un produit exactement identique. Et puisque la FED va continuer à abreuver le marché de liquidités, il va bien arriver un moment où même ces obligations vont finir par se vendre. Et hop! Back to square one.

Peter Schiff il y a un an

La bourse était au plus bas et lui au sommet de sa gloire (pour l'instant). Il fait beaucoup rire l'assistance. Evidemment, il promettait de l'hyperinflation "peut-être" pour 2010 et nous n'en sommes toujours pas là (comme le blogo)... Il faut dire qu'il protestait contre la bulle de l'immobilier dès 2002-2003 donc on peut dire de lui qu'il est un habitué des prévisions lentes à se réaliser.

Je pense que Peter Schiff a raison sur l'essentiel (même s'il a des réflexes de républicains: il blâme l'Etat pour avoir échoué dans son rôle de régulateur des banques mais c'est les banques qui ont contrôlé tout du long cette fonction de régulation! C'est vraiment l'oeuf et la poule. Dire que l'oligarchie bancaire n'est pas un produit du capitalisme mais d'un capitalisme "dévoyé" sonne vraiment comme des discours d'idéologues attachés à la terminologie. Peut-on avoir des discussions pragmatiques et adultes qui n'essayent pas d'attribuer à des termes "sacrés" comme "capitalisme" ou "free enterprise" uniquement des défauts ou uniquement des qualités? It's so 20th century.) mais qu'il sous-estime à quel point le monde a soif de leadership américain quel que soit son inefficacité, sa corruption et le discrédit dont il est l'objet. "Better the devil you know."

Economiquement, le Ponzi Scheme américain est une aberration mais comme on l'a vu souvent, cela ne veut pas dire qu'il ne peut pas durer encore plusieurs années. Il n'est pas non plus impossible que le monde traverse cette crise et que les privilèges économiques américains demeurent (relativement au reste du monde) à peu près intacts. Les mandarins et les "chiens de garde" du système sont d'ailleurs ressortis de leurs niches et ne craignent plus désormais de réengager le débat avec Peter Schiff sur les mêmes bases qu'en 2005-2007 (en gros, ils se moquent de lui). On sait comment ça s'est terminé la dernière fois...

Voici donc ce flash back du Peter schiff flamboyant et très drôle d'il y a un an, avant que l'Empire ne contre-attaque:



Et les 7 autres parties ici. (1H20 à peu près)

Exception

Je n'ai fait ça qu'exceptionnellement sur le blogo et je ne suis pas sûr que cela soit très conforme à la "nétiquette" (si ce concept est formalisé quelque part) mais je reproduis ce post de Glenn Greenwald dans son intégralité car... IL FAUT LE LIRE. "Trop bien!", comme disent les enfants.

(Pour les non-anglophones qui veulent savoir de quoi il s'agit en (très) gros, voir la note à la fin.)

Monday, Feb 8, 2010 06:09 EST
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Political science professors could require students to read this article from today's New York Times and little else would be needed to convey the essence of the American political system. The article describes how Wall Street -- which poured massive amounts of money into the Obama campaign and the Democratic Party over the last several years, ensuring unparalleled access and influence -- is now threatening to support the Republicans if Obama keeps saying mean things about them. Wall Street executives are angry that, after duly purchasing the Democrats (they have receipts and everything), the Obama White House is now rousing the dirty rabble with their anti-banker rhetoric:

Republicans are rushing to capitalize on what they call Wall Street’s "buyer’s remorse" with the Democrats. And industry executives and lobbyists are warning Democrats that if Mr. Obama keeps attacking Wall Street "fat cats," they may fight back by withholding their cash.

"If the president doesn’t become a little more balanced and centrist in his approach, then he will likely lose that support," said Kelly S. King, the chairman and chief executive of BB&T. Mr. King is a board member of the Financial Services Roundtable, which lobbies for the biggest banks, and last month he helped represent the industry at a private dinner at the Treasury Department.

"I understand the public outcry," he continued. "We have a 17 percent real unemployment rate, people are hurting, and they want to see punishment. But the political rhetoric just incites more animosity and gets people riled up" . . . "If the president wanted to turn every Democrat on Wall Street into a Republican," one industry lobbyist said, "he is doing everything right."

There are numerous points to note about all of this. First, there simply is no more odious faction inside the U.S. than Wall Street bankers -- and that's saying quite a bit. Just over a year ago, they almost caused a complete global economic collapse -- and did cause extreme economic suffering around the world which continues to this day -- with their sleazy, piggish and lawless behavior. Yet barely a year later, they now turn around and threaten their purchased politicians with punishment if their behavior is meaningfully restricted or even if they're publicly criticized. In light of what they did -- and are still doing -- they should consider themselves lucky that the public hasn't stormed their homes and offices in mass rage. Far less pernicious behavior has triggered such uprisings in the past, and if the American public hadn't been as ingrained with the passivity and learned helplessness they've been trained to accept, one would certainly have seen some of that. In a rational, democratically engaged society, multi-million dollar taxpayer-enabled banker bonuses, combined with mass unemployment and home foreclosures (combined with establishment threats to reduce Social Security and Medicare), is not the ideal means for maintaining social order.

Second, stories like this ought to put to rest forever the notion that the Republican Party is some sort of haven for populist anger. As subservient as the Democrats have been to Wall Street -- note that, more than a year later, Wall Street can only complain about "rhetoric," not any actual legislation that has been passed -- the Republicans are out there promising Wall Street to be even more loyal servants if they're given the dog treats that have recently been going to the Democrats:

Senator John Cornyn of Texas, chairman of the National Republican Senatorial Committee, said he visited New York about twice a month to try to tap into Wall Street’s "buyers’ remorse." "I just don’t know how long you can expect people to contribute money to a political party whose main plank of their platform is to punish you," Mr. Cornyn said.

So the GOP is out there successfully pretending in front of the angry tea partiers that they, too, are furious about Wall Street's gorging and domination of Washington, all while simultaneously crawling to Wall Street and pledging to be good little boys and girls -- and to keep the agitated masses at bay -- if Wall Street once again purchases them rather than the Democrats. The only thing more absurd than the Democrats' pretending to be the Populist Party of the People is the Republican Party's doing so.

Third, that Wall Street is dissatisfied with the Democrats and the Obama administration reveals how extreme are their expectations of control of the Government. The second-highest-ranking Democratic Senator, Dick Durbin, recently conceded of the Democratic-controlled Congress: "frankly, bankers own the place." It's impossible to find a more loyal and attentive servant to bankers than Obama Treasury Secretary Tim Geithner. As the NYT article this morning details, Wall Street executives and their lobbyists have virtually unfettered access to the administration and to the President himself. You would think they'd be satisfied with the state of affairs in Washington. Yet so extreme are their perceived entitlements of control that even mere symbolic and rhetorical disobedience from the politicians they own -- he said some mean things about us -- creates a sense of righteous grievance: our government employees do not behave this way toward us and will be punished if it continues.

Finally, marvel at the cowardice, as well as the journalistic shoddiness, evident in these anonymity-based passages:

The expectation in Washington is that "We can kick you around, and you are still going to give us money," said a top official at a major Wall Street firm, speaking on the condition of anonymity for fear of alienating the White House. "We are not going to play that game anymore." . . .

"If the president wanted to turn every Democrat on Wall Street into a Republican," one industry lobbyist said, "he is doing everything right."

In essence, Wall Street executives said to David Kirkpatrick, the NYT reporter who wrote this story: "I want to threaten and criticize the President, but I'm too much of a coward to do so with my name attached, so will you let me do it in your paper anonymously"? And Kirkpatrick replied: "Oh, absolutely; that's what anonymity is for: to let the country's most powerful people spew venom and issue threats while being shielded and protected by journalists from accountability." Perhaps one of those nameless executives might have inquired of Kirkpatrick: "but didn't your newspaper publish very stringent guidelines limiting the use of anonymity in the wake of the Iraq debacle?", to which Kirkpatrick could easily and truthfully have replied: "oh, those? Please. Nobody worries about that, least of all us. That's just there to placate the same angry rabble whom you're now ordering your political property to more efficiently pacify."

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Note: En très bref pour les non-anglophones: Greenwald se sert de l'irritation exprimée par Wall Street envers la rhétorique (car il ne s'agit que de rhétorique bien évidemment) anti-banques des démocrates pour décrypter le rapport de force dans le système politique américain. Le rapport de force n'est pas en faveur des démocrates ni en faveur des républicains. Il est en faveur des banques ce qui ne surprendra aucun des lecteurs du blogo.

samedi 6 février 2010

Le blogo sur la ligne McCain (circa 1999)

McCain a longtemps eu une image de "maverick" (intrépide, casse-cou) parmi les politiques américains. En 2006, c'était déjà bien fini et Stephen Colbert se moquait durement de cette image surfaite lors de son speech mémorable devant Bush et le Washington Press Corps. Je ne soupçonnais pas que quelques années auparavant, il était sur la même ligne que le blogo. C'est ce que rapporte Dana Milbank du Washington Post:

I miss the McCain I sat with on a flight from San Diego to Phoenix back in 1999, when he defended his oft-ridiculed belief that campaign finance was the most important issue in America: because the corrupting influence of money in politics was preventing all other issues -- taxes, abortion, you name it -- from being solved.

"Until I draw my last breath, I will fight for it," he liked to say back then.

A couple of weeks ago, the Supreme Court issued a ruling that gutted the McCain-Feingold campaign-finance legislation, essentially destroying the cause that had been so dear to McCain.

His response: Whatever.

"I don't think there's much that can be done, to tell you the truth," he told CBS's Bob Schieffer. "It is what it is," he added.

"Reform is dead?" Schieffer asked.

"Oh, I think so," McCain answered, at least for now. "The Supreme Court has spoken. I respect their decision."

So much for that bit about "last breath."