vendredi 20 mars 2009

Roubini toujours pas sur la "blogo compliant list"

Je commence à me dire que c'est une erreur mais je ne suis pas prêt à la corriger (je devrais peut-être bosser pour une agence de notation). Voici en tout cas un post de Roubini dont le titre ne figurera jamais en couverture du triptyque (FT, WSJ et The Economist pour ceux qui ne suivent pas). Cela montre aussi pourquoi Roubini a vu la crise venir là où tout le consensus mou de "US academia" s'autocongratulait idiotement: il est capable d'indépendance d'esprit. Ce genre de déclaration tonitruante ne le rapproche pas d'un poste dans l'administration Obama mais le rapproche de la "blogo compliant list". Dans la vie, il faut choisir.

Je vous conseille de suivre le lien vers le Q&A du FT qui est lumineux. c'est sa marque de fabrique.

Roubini: Anglo-Saxon model has failed

Nouriel Roubini | Feb 9, 2009

The Anglo-Saxon model of supervision and regulation of the financial system has failed, Nouriel Roubini, chairman of RGE Monitor and professor of economics at New York University, told the Financial Times on Monday.

Answering questions from FT.com readers, Prof Roubini, who is widely credited with having predicted the current financial crisis, said the supervisory system “relied on self-regulation that, in effect, meant no regulation; on market discipline that does not exist when there is euphoria and irrational exuberance; on internal risk management models that fail because – as a former chief executive of Citi put it – when the music is playing you gotta stand up and dance.”

Les marchés des changes ouvrent les yeux sur la FED

Chute rapide du dollar (la plus forte en 9 ans) suite aux largesses de la FED, l'euro atteint $1,37. Comme si le dernier trillion d'hier n'était pas dans la continuité de ce qui se passe depuis six mois... Evidemment, on va nous expliquer dans une semaine que le dollar remonte car c'est une valeur refuge en dépit de la détermination des autorités américaines à l'envoyer à la casse. Les américains doivent déprécier leur monnaie en faisant de l'inflation pour réduire leur endettement et ils vont y arriver. La persistance des investisseurs internationaux à tenir le dollar à bout de bras dans ce contexte est complètement stupéfiante. Au lieu de prendre les devants de la politique complètement téléphonée de la FED, les investisseurs continuent à remonter le courant. C'est étrange.

En 2006, tellement de gens répétaient depuis tellement longtemps que la bulle immobilière allait éclater qu'on finissait par se demander si elle ne pouvait pas finalement tenir le coup encore un temps. On en est à peu près au même point pour le dollar aujourd'hui: il semble toujours évident que quelque chose de grave va se passer mais c'est le cas depuis tellement longtemps qu'on n'ose plus s'avancer sur le timing.

Pourtant, le blogo (qui n'a peur de rien) s'est déjà un peu mouillé sur la question en promettant à ses lecteurs un "run" contre le risque de crédit de l'Etat américain (qu'on imagine mal sans crise monétaire) en 2009 et je suis même allé jusqu'à dire que le premier semestre semblait un meilleur candidat que le second (en janvier). Plus qu'une incursion dans le domaine réservé de Madame Soleil, cela traduisait essentiellement mon sentiment d'alors que les choses s'accéléraient et qu'on se rapprochait du dénouement. Ca n'est typiquement pas le sentiment que l'on retire de l'actualité récente mais est-ce le calme avant la tempète? Il est évident qu'on ne peut savoir aujourd'hui d'où viendra le coup de grâce (pour la bonne raison que les fragilités évidentes du système comme la relation sino-américaine par exemple sont probablement sécurisées) et qu'il arrivera de manière impromptue.

L'évolution récente du marché des obligations d'Etat américaines laisse pourtant penser qu'on se rapproche du moment de vérité. Ce marché a été qualifié de bulle spéculative jusqu'au début 2009, puis il s'est détendue jusqu'à l'annonce hier de l'achat par la FED de $300 milliards de treasuries. On peut faire une analogie entre le boom de l'origination des emprunts subprime dans les trois dernières années avant la débacle (2004-2006) à la croissance de la taille des émissions d'emprunts d'Etat américains que nous vivons actuellement. Dans les deux cas, l'innondation du marché s'est accompagnée d'un resserrement des spreads laissant penser qu'il n'y avait pas de limite à la demande. Cette croissance exubérante n'est-elle pas typique de la fin d'un phénomène de bulle?

Quel que soit le timing exact de cette crise de confiance, il s'agira du moment où les investisseurs du monde entier enverront une fois pour toute les américains en rehab de leur addiction à la dette et cesseront d'augmenter sans cesse la ligne de crédit qui leur est octroyée. Les américains ont en réalité déjà fait défaut sur leur dette et il ne reste plus qu'à en tirer les conséquences pratiques. C'est ce que le reste du monde, peu préparé intellectuellement à conceptualiser l'après-empire, se refuse à faire (pour l'instant). Au lieu de ça, nous faisons semblant de croire au coup de bonneteau des autorités américaines qui nous disent que ce que les agents économiques américains n'ont pas pu rembourser comme emprunteurs à titre privé, ils le pourront dès qu'ils mettront leurs casquettes de contribuables (l'Etat n'ayant cessé depuis le début de la crise de se porter garant d'une manière ou d'une autre de toutes les dettes privées qui faisaient défaut). C'était le sujet de ce post.

jeudi 19 mars 2009

Marrant

1) Un des premiers sondages pour 2012 donne Obama battant Palin de 20 points.

2) Vikram Pandit, le PDG de Citi, fait son cookie monster. D'après le WSJ :
Citigroup also disclosed on Monday that Chief Executive Vikram Pandit got a pay package valued at $38.2 million in 2008, according to a Securities and Exchange Commission filing. Most of that amount was in stock and options whose value has withered with the firm's share price.

C'est un scandale en soi mais en plus il y a ça:

Heureusement que le dollar ne vaudra bientôt plus rien car sinon ce serait un peu crispant.

Et ça continue encore et encore...

C'est que le début. D'accord, d'accord.

Au moins, on ne s'ennuie pas. La Fed s'apprête à acheter pour $700 milliards d'obligations Fannie Freddie et $300 milliards de treasuries. Plus besoin des chinois, le trésor américain vend directement ses obligations à la banque centrale.

Le Treasury ne nous déçoit pas non plus. Geithner avait du mal à staffer son ministère. Il a au moins trouvé un gars pour s'occuper des "domestic financial issues". Atrios nous signale que le nouveau venu se caractérisait en 2007 par... son optimisme:

Mr. Alexander's role as Citigroup's chief economist didn't entail significant management responsibilities. But his optimistic economic forecasts colored executives' views that the U.S. was unlikely to face a prolonged slump.

"I think that's not going to spill over more broadly into the economy, and so I think we're going to have a normal kind of housing cycle that's going to last through the middle of this year," Mr. Alexander said in a 2007 interview on PBS.

Toujours via Atrios, Harold Meyerson au Wapo:
But Geithner's indulgence of bankers' indulgences is fast becoming the Obama administration's Achilles' heel. The AIG debacle is the latest in a series of bewildering Geithner decisions that threaten to undermine the administration's efforts to restart the economy. So long as it's Be Kind to Bankers Week at Treasury -- and we've had eight straight such weeks since the president was inaugurated -- American banking, and the economy it is supposed to serve, will remain paralyzed. The Geithner plan to restart the banks provides huge taxpayer subsidies to hedge funds, investment banks and private equity companies to buy the banks' toxic assets without really having to assume the risk.
...
It's certainly not because Americans are dead set against bank nationalization: A Newsweek poll this month found that 56 percent of respondents supported it. Hell, Alan Greenspan supports it. But Geithner seems unable to imagine a banking system not run by its current leaders or owned by its current shareholders or engaged in the same arcane securitization practices that led to its collapse. An administration that is busily creating alternatives to our health-care system and our energy policies is being dragged down by a Treasury secretary who cannot conceive of an alternative to our ca:tastrophic system of banking.

Glenn Greenwald, le constitutionnaliste, commence à faire la loi sur ce qui concerne la crise économique également. Sur AIG, Summers, Emanuel et Geithner (l'équipe qui gagne!) ont essayé de faire porter le chapeau du paiement des bonus au sénateur Chris Dodd avec des fuites anonymes dûment répétées par la presse du beltway. Greenwald s'est attaché à remettre les choses à leur place (la réalité était strictement l'inverse - standard). Branle-bas de combat dans les rédactions des "journaux de référence" qui ont rectifié à la hâte. Greenwald est en train de devenir le personnage le plus redouté de tous les médias américains. L'honnêteté est tellement rare dans les médias aux Etats-Unis que quand elle apparaît, elle emporte tout sur son passage. Au milieu d'un système politico-médiatique en décomposition, sa bonne foi militante et son honnêteté intransigeante le font naturellement ressortir. Son impact est ahurissant. Il représente l'avenir. Plus de bonimenteurs vendus à des marchands d'arme, des entreprises de BTP ou de distribution d'eaux qui nous gavent de leurs opinions évidemment "indépendantes" mais des gens sérieux qui bâtissent leur réputation en étant sur chaque sujet irréprochables factuellement et sûrs dans leurs jugements. Et si ces nouvelles références venaient à nous trahir? Pas de problème: elles seront remplacées. Le même processus qui leur aura permis d'apparaître fera peser sur eux une pression concurentielle continue. The future looks bright ahead!

mercredi 18 mars 2009

Les dirigeants d'AIG se trompe de film

Michael Hudson (un commentateur obscur que je viens de découvrir et dont vous n'entendrez parler que dans le Blogo) trouve étrange que les médias et le monde politique américain s'indignent des bonus distribués chez AIG ($135 millions) alors qu'ils ne représentent que 0.1% des sommes débloquées pour aider l'entreprise à remplir ses engagements face à ses contreparties ($184 milliards). Combien ces contreparties ont-elles distribué en bonus grâce à ces sommes obtenues d'AIG? Sûrement beaucoup plus que $135 millions. Il faut bien dire que cette histoire est "front and center" dans tous les médias américains depuis le début du week-end. Obama et beaucoup d'hommes politiques sont venus porter leurs pierres à l'édifice de cet "outrage across the board".

Hudson s'indigne du fait qu'à l'occasion de cet emballement médiatique devenu cathartique, des politiques dans la poche des banques comme le sénateur Charles Schumer ou le député Barney Frank se donnent des airs de pourfendeurs de Wall Street alors qu'ils en sont en réalité les courroies de transmission au congrès.

Pour Hudson, cet "haro sur les bonus d'AIG" n'est qu'une diversion qui permet de canaliser la colère populaire contre un épouvantail afin de la détourner d'une cible plus évidente: l'ensemble du système bancaire. D'où la surenchère dans la dénonciation et le "posturing". Je suis globalement d'accord avec lui mais Hudson commet une erreur cruciale dans sa narration des faits car il attribue la révélation de la liste des contreparties qui a eu lieu dimanche soir au gouvernement alors que ce sont les dirigeants d'AIG qui ont "lâché le morceau" dans un communiqué de presse.

Voici la chronologie des évènements telle que je les comprends:
D'abord des attaques répétées tout le week-end suite à la révélation du paiement de $135 millions de bonus chez AIG. On rappellera pour mémoire que $4 milliards de bonus avaient été distribués chez la défunte Merrill en décembre juste avant son acte de décès officiel et après des renflouements massifs de l'Etat. La réaction médiatique avait été moindre (en gros, personne n'avait jamais réclamé sérieusement la restitution de l'argent ce qui commençait à être le cas pour AIG - your Wall Street type will gladly take abuse but will frown upon letting any money on the table). Se sentant injustement mis à l'index par rapport à tous leurs amis de Wall Street qui sont systématiquement épargnés par les médias, les dirigeants d'AIG sont amers. Ils savent à quel point leur sauvetage a été utile au reste de Wall Street et ils ne comprennent pas pourquoi ils sont livrés à la vindicte populaire. Par dépit et pour menacer tacitement l'establishment bancaire d'encore plus de révélations, ils rendent public la liste des contreparties qui ont bénéficié des quatre renflouements successifs d'AIG. Ils se croient à la fin de Reservoir Dogs (les deux clips ci-dessous contiennent des images très violentes - âmes sensibles s'abstenir).

Le problème c'est que leur coup n'a pas porté car comme le signale Hudson, les médias ne se sont pas intéressés à ces révélations (what a shocker!). En revanche, les dirigeants d'AIG se sont retrouvés comme dans la scène de Pulp Fiction où un personnage (AIG) décharge son révolver contre Jules et Vincent (Wall Street) sans les toucher: en situation de vulnérabilité.
(voir les 20 premières secondes de ce clip encore une fois très violent).

En brisant l'omerta sur le secret le mieux gardé de Wall Street (les petits arrangements entre amis liés au bailout plan) les dirigeants d'AIG ont accéléré la disparition de leur firme qui a de toute façon fait son office. D'où le ramdam encore amplifié depuis le début de la semaine.

Note: Il s'est passé des choses depuis que j'ai écrit ce post. Le président d'AIG a demandé à ses employés de restituer la moitié de leur bonus. Je serais étonné que cela règle le problème. Peut-être que cela aurait fonctionné le week-end dernier, mais depuis qu'ils ont publié la liste des contreparties, la question n'a plus rien à voir avec les bonus. Un système maffieux sain se débarrasse des balances.

Test: sondage sur le blogo

Je vais commencer à faire des sondages du lectorat du blogo. Si vous pouvez répondre à cette question, cela me permettra de vérifier le bon fonctionnement du sondage.

Quelle est votre couleur preferee?
Rouge
Vert
Jaune
Bleu
  
pollcode.com free polls

Nouvelle incursion du blogo dans le "sociétal"

J'apprends en lisant Glenn Greenwald que le Portugal a décriminalisé les drogues en 2001 (usage? commerce?). Greenwald y est allé en mission pour la Cato Institute et il présente l'initiative portugaise comme un succès. Je ne suis pas très attentivement les médias français mais je dois dire que je n'avais jamais entendu parler de cette expérience portugaise. Si les résultats sont bons, pourquoi des politiques en France ne se saisissent-ils pas du sujet?

A noter, pour faire quand même un lien avec le sujet du blogo*, que l'abandon de la prohibition date de 1933. Les dépressions sont-elles les moments idoines pour relâcher la pression sur ce genre de sujets? Attali semble aller dans ce sens quand il regrette (démagogiquement) au sujet de la loi Hadopi: "pour une fois qu’on pouvait donner quelque chose gratuitement à la jeunesse, première victime de la crise". Les crises entraînent-elles des périodes de plus grande permissivité?

Note: Après la loi Hadopi, le blogo se coltine la dépénalisation de la drogue. A quand des posts enflammés sur les "droits des malades enfin de vie"? Tant que j'y suis: je ne reproche pas au Pape ne pas vanter l'usage du préservatif sur des panneaux publicitaires "4 par 3" en Afrique. De là à ce qu'il déclare que les préservatifs "augmentent le problème" du sida comme il vient de le faire, il y a un pas. Ce genre de discours met franchement mal à l'aise.

* Le "sujet" du blogo est une notion un peu fluctuante. J'ai mis dès le début "Chronique d'une crise annoncée" en sous-titre mais je pensais démarrer un blog généraliste. J'ai pensé changer le sous-titre pour, par exemple, "Chronique de la chute de l'empire" (que j'aime bien). Rien n'est inscrit dans le marbre de toute façon. Il y a cinq ans, c'est la guerre américaine en Irak qui captivait mon attention. C'était le fait politique majeur du moment. Aujourd'hui c'est la crise économique. C'est également le fait politique du moment. Je vais essayer de faire du Blogo un blog sur ce qui est important, "a blog about what matters". Dans notre monde qu'on peut encore sans trop de risque qualifier d'empire américain, beaucoup des choses importantes se passent aux Etats-Unis. Mais si des pays se distinguent en bien (drogue au Porgugal) ou en mal (loi Hadopi en France) en prenant des chemins susceptibles d'être suivis par le reste du monde, cela mérite également d'être évoqué. Sans compter que si l'empire s'effondre, tous les pays le constituant auront joué un rôle dans son effondrement. Voilà, j'en ai fini avec ce qui à la relecture ressemble un peu à un "mission statement" du blogo. Long overdue anyway.

Au passage et pour que ce post puisse prétendre au titre de post le plus "gloubi-boulga", deux images tirées de l'entrée wikipédia française sur "empire américain" que j'ai trouvées impressionnantes:
George Lucas n'a pas autant d'imagination qu'on le croie:
Les guignols de l'info ont à peine modifié la vraie carte d'Etat-Major du commandant Sylvestre:

Le Blogo contre la loi Hadopi

Cette loi Hadopi est imbécile. Elle va échouer. La place logique de la France est aux avant-postes des nouvelles libertés numériques. Après des siècles de contrôle de la culture et des médias par un nombre limité d'individus surveillés de très près par les pouvoirs politiques et économiques, la technologie permet enfin un éclatement du pouvoir médiatique. Il est fort à parier que les démocraties pré-internet resteront dans l'histoire comme de simples esquisses (ou comme des farces pour certaines).

L'internet menace beaucoup de structures de pouvoir. Parmi celles qui sont menacées, les maisons de disques et de productions cinématographiques sont du menu fretin. Qu'elles aient réussi en France à s'attirer les faveurs des pouvoirs publics au détriment de l'immense majorité des citoyens du pays me rappelle précisément le fonctionnement routinier d'un autre pays où le pouvoir politique est devenu sourd au peuple et servile envers les "politically connected": les Etats-Unis (suprise! ;-) ).

Nous sommes donc, contrairement aux apparences, complètement dans le sujet du Blogo. J'ai lu sur Wikipédia qu'on suggérait aux blogs de s'habiller de noir pour s'opposer à la loi Hadopi. Le bandeau en haut du blogo devient donc noir aujourd'hui.

Cette loi va sans doute passer mais il est possible qu'elle se retourne contre ses auteurs. Il y a en effet une approche cynique de la loi Hadopi: en organisant une ségrégation entre les oeuvres "libres" et les oeuvres copyrightées, elle crée un marché où les premières ont un avantage déterminant sur les secondes. Combien de temps avant que les oeuvres libres ne se diffusent plus que les oeuvres payantes? Les "majors" ne perdront-elles pas plus vite leur influence en s'arc-boutant sur leurs copyrights? En se ghettoïsant dans le payant? (c'est exactement ce qu'a fait le NYT en faisant payer ses éditos pendant deux ans avant d'y renoncer). Quelle que soit la manière dont se manifestera finalement son échec, cette loi n'est qu'un château de sable devant la marée montante.

Sur l'internet en général, je pense que notre attention est une rémunération suffisante pour quelque oeuvre que ce soit. A charge pour l'artiste de trouver des moyens de se rémunérer à partir de l'attention que je lui ai consacré ou de vivre d'un autre travail si son activité artistique est bénévole.

Pour ceux que ça intéresse, je recommande la chronique de Jaques Attali sur la loi Hadopi dont voici la conclusion:

Cette loi sera sans doute votée, parce qu’elle est le pitoyable résultat d’une connivence passagère entre des hommes politiques, de gauche comme de droite, toujours soucieux de s’attirer les bonnes grâces d’artistes vieillissants et des chefs d’entreprises bien contents de protéger leurs profits sans rien changer à leurs habitudes.

Cela échouera, naturellement. Pour le plus grand ridicule de tous.

Et un petit message personnel pour finir aux sympathiques "gens du spectacles", "troubadours" et autres "saltimbanques" qui ont soutenu cette loi en dépit de la régression évidente qu'elle entraîne pour les libertés individuelles: GFY.

mardi 17 mars 2009

Le patrimoine des français serait en baisse de 3%

Selon l'Insee, le patrimoine des ménages aurait baissé de 3% en 2008. La FED donne -18% aux Etats-Unis en 2008 comme signalé récemment sur le blogo. A part ça, les performances économiques des deux pays sont similaires. On se demande vraiment par quel miracle (même si ces chiffres ne sont pas forcément calculés de la même manière - la différence semble assez significative).

Le retour du cookie monster

Le cookie monster avait fait son apparition sur le blogo à l'improviste dans ce post d'une manière qui m'avait moi-même surpris. Le revoilà pour nous expliquer le scandale Madoff (via The Big Picture).

lundi 16 mars 2009

La Socgen peut remercier le contribuable américain

Sur un total de $105 milliards versé à des contreparties, le sauvetage d'AIG a bénéficié à hauteur de $13 milliards à Goldman Sachs, plus gros bénéficiaire (chiffres AIG via Bloomberg). On pouvait supposer que des banques étrangères avaient bénéficié du sauvetage mais il se trouve qu'en position deux et trois parmi les récipiendaires, on trouve la Société Générale et la Deutsche Bank pour $12 milliards chacune!

Je me demande:
1) Pourquoi ces informations que la Fed refusait de dévoiler ont fait l'objet d'une fuite* d'AIG? Cela a-t-il à voir avec la polémique sur les bonus des dirigeants d'AIG? Est-ce un chantage de la direction d'AIG au monde financier: "Si vous n'êtes pas solidaires avec nous sur nos bonus, on dévoilera toutes les infos que vous préfèreriez confidentielles". Ce serait marrant: un début de dissension au sein du monolithe bancaire qui pourrait entraîner la fin de l'omerta sur certains aspects du "bailout plan". Les banques ont clairement intérêt à rester soudées mais ne serait-il pas moral que l'avidité exacerbée qui les unit finisse par causer leur perte? Nous n'en sommes pas là.
2) Comment les américains vont-ils prendre le fait que les choix de leurs représentants politiques les conduisent à donner des milliards à des banques étrangères dans le seul but de préserver un pouvoir financier qui n'a de cesse de les plumer?
* Ce que j'appelle une fuite est en fait un communiqué de presse...

Irréel: JPM joue au casino avec l'argent des autres

(cette news a deux semaines déjà, j'ai un peu tardé avant de faire le post)

Alors que l'année 2008 a été exécrable pour Wall Street dans son ensemble, JP Morgan a annoncé un profit de $5 milliards sur ses trades de dérivés de crédit. Revoilà donc une fois de plus des golden boys qui ont été plus plus intelligents que tout le monde et qui méritent à la fois gloire et richesse. A n'en pas douter, l'équipe de Matt Zames va être rémunérée à la hauteur de ses performances.

Il y a cependant un problème. Avant septembre 2008, si JP Morgan faisait de mauvais trades, elle aurait subi le sort de la Barings (coulée par Nick Leeson). La faillite était la sanction naturelle qui incitait les banques à ne pas laisser leurs trading desks faire n'importe quoi. C'est fini. Les oligarques américains ont créé depuis septembre 2008 un nouveau concept: la banque insubmersible car recapitalisée au fil de l'eau de manière illimitée par le contribuable.

Le "bailout plan" (TARP) et les interventions de la FED ont rendu le système bancaire de fait irresponsable. Dès lors, la prise de risque qui a permis ces $5 milliards de profits s'est faite aux dépens du contribuable. De plus, ces trades n'ont payé que parce que le même contribuable a empêché les contreparties de JP Morgan de faire faillite... La "banque-en-faillite-et-soutenue-par-l'Etat" A a fait $5 milliards de profits sur le dos des "banques-en-faillite-et-soutenues-par-l'Etat" B, C et D. Ce serait drôle si ça n'était pas tragique*. Les grandes banques de la place sont désormais comme des joueurs dans un casino qui ne jouent pas leur argent mais auxquels on donne des jetons en leur disant qu'ils peuvent jouer et garder les profits. Les banques avaient déjà du mal à contrôler leurs traders quand elles risquaient vraiment d'y laisser des plumes mais maintenant qu'elles vivent dans l'irresponsabilité la plus totale, on se demande bien ce qui va pouvoir instiller un peu de "fear of god" sur les marchés.

C'est ce que Jim Rogers dit depuis le début de la crise: empêcher les banques de faire faillite n'est pas seulement révoltant d'un point de vue moral, c'est aussi créer un précédent dont les conséquences sont forcément incalculables et désastreuses à moyen terme. Des banquiers qui savent qu'ils ont le droit de "lever l'impôt" en cas de difficultés seront beaucoup plus difficiles à contrôler et infiniment plus toxiques que des banquiers qui sont persuadés que le moindre écart sera impitoyablement (et logiquement) sanctionné par une faillite. A noter que ces banquiers (qui avaient en principe peur de la faillite) se sont déjà révélées extrêmement toxiques. Etait-il vraiment nécessaire de leur enlever toute raison de s'inquiéter?

Après l'échec pitoyable et grotesque de la banque 1.0, voici donc la banque 2.0: la banque sans risque. Devant l'incapacité des banques à gérer leurs risques, le contribuable compatissant a décidé de les abolir. Et puisqu'en plus d'être compatissant, notre contribuable est généreux, il n'a absolument rien demandé en échange.

* Et please, dans le contexte actuel, interdisons le "prop trading" dans ces institutions. Il y a quand même des limites au ridicule. Mais pour cela, il faut na-tio-na-li-ser. Cela rejoint l'appel précédent du Blogo à l'interdiction des CDS. Et aussi l'appel à l'annulation des CDS existants. J'imagine que certains lecteurs ouvrent de grands yeux mais nous y arriverons, je ne vois pas d'autres solutions. Si vous en avez, vos commentaires sont les bienvenus.

Note: Pour les CEOs de banque vraiment anxieux, l'assurance tout risque contre la faillite semble être de faire massivement des trades pourris avec GS. Devoir énormément d'argent à GS est la meilleure garantie de voir l'argent du TARP se déverser sur votre institution à coups de dizaine de milliards de dollars.

Où l'on reparle de Judith Miller

J'ai déjà évoqué sur le blogo le peu de considération que j'avais pour Judith "aluminium tube" Miller, ex-journaliste du NYT qui avait été la propagandiste en chef de l'administration Bush avant (et après) l'invasion de l'Irak. Marc Andreesen, fondateur de Netscape, dit à Charlie Rose dans le clip suivant que la pilule "Judith" n'est pas passée chez lui non plus et qu'il en a conçu une certaine hostilité envers son journal, allant jusqu'à créer un "NYT Deathwatch" sur son blog. Cela convaincra le lecteur que les fixations du blogo ne sont pas si insolites que ça. Voir à partir de 28min50s.

A noter que l'interview est intéressante pour les gens qui s'intéresse à la technologie. Andreesen considère également que les journaux vont disparaître sous peu. Music to my hears.

dimanche 15 mars 2009

For further reference

Via "The Big Picture", des informations sur l'endettement des américains publiées sur "Optionarmageddon", d'après des chiffres de la FED. Je conseille le post dans son intégralité à ceux qui sont intéressés. Ou le large extrait ci-dessous (cliquez sur les graphes pour les voir en plus gros):

An explanation below Chart #2 on why this data indicates we’re still in the early stages of the financial crisis.* (Click charts to enlarge)



To put data from the chart above in perspective, the one below compares the data to GDP. I’m using annual data here, so the increase at the end of 2008 is understated. GDP for the full year 2008 was higher than 2007. But Q4 2008 GDP was lower compared to Q3. So towards the very end of the year, the denominator (GDP) is going down even as the numerator (Debt) is going up. On a percentage basis, this means Debt/GDP is presently rising at an accelerating rate.



It’s been said that the income statement is the past, but the balance sheet is the future. Our balance sheet is getting worse. Those who argue that, because the stock market has already fallen over 50% we must be in the later “innings” of this crisis, don’t understand the dynamic driving it: over-indebtedness. The equity value of our economy is going down—think housing equity (see below) and the stock market. At the same time our debt is going up. In other words, America’s leverage is spiking.

The only way to climb out of a debt-induced depression is to pay down debt. We have to reduce leverage.

But Americans have shown absolutely no political will to do this, so eventually our lenders will cut us off, forcing us to de-lever. (Note Chinese Premier Wen’s comments at the top of today’s links.)

Bullshit detector dans le rouge

Depuis quelques semaines, un nouveau concept est apparu dans le commentariat financier international: il y a un pendant européen à la crise du subprime américain: les engagements des banques d'Europe de l'Ouest dans les pays de l'Est. C'est le "subprime européen".

A lire le triptyque (WSJ, FT, The Economist), c'est: "1 partout, balle au centre".

Alors qui a tiré la sonnette d'alarme? Ce sont les agences de notations S&P et Moody's dans des recherches publiées mi-février. Il s'agit bien des agences dont le discrédit total n'a (magiquement) pas entamé l'influence comme je le regrettais ici en encourageant à ce qu'on les considère pour ce qu'elles sont dans cette crise: des agents américains.

Je parlais de cette situation hier avec un ami et je lui faisais part de mon scepticisme sur la question. C'était un peu un cas d'école de "bullshit detecting" car j'avais peu lu sur le sujet. Le caractère "sorti de nulle part" du concept, l'outrance de la proposition* et surtout la manière complètement transparente avec laquelle ce nouveau concept servait des intérêts facilement identifiables (les Etats-Unis, notamment dans la perspective du G20) ont tous contribué à me faire douter.

J'ai donc fait une recherche extrêmement sommaire et j'ai trouvé cet article du Christian Science Monitor. Alors ne nous trompons pas: cet article contribue à créer le buzz sur le "subprime européen". Il laisse cependant apparaître que des gouvernements d'Europe de l'Est ont commencé à allumer des contre-feux contre ce qui semble être une campagne médiatique et il nous rappelle comment cette question est arrivée sur le devant de la scène. Extraits:

Some in Eastern Europe ask: What economic crisis?
...

On the eve of a meeting of G-20 finance ministers near London Friday and Saturday, Poland, Slovakia, and Slovenia have also been campaigning to set the record straight. This is no mere public relations exercise. At stake is the foreign investment so crucial for financing much of the rebuilding in the former communist East since the fall of the Berlin Wall in 1989.

“While no country has been unaffected by the economic crisis, in terms of the CEE [Central and Eastern European] countries, the Czech Republic, Poland, Slovakia, and Slovenia are faring far better than other economies in the region,” explains Elizabeth Stephens, head of credit and political risk analysis at London’s Jardine Lloyd Thompson (JLT).

Specifically, experts cite the following factors as signs of relative economic health:

- The banking sectors in both Poland and the Czech Republic are regarded as healthy, carrying little if any “toxic debt.”
- Auto plants in the region, like the Czech carmaker Skoda, are witnessing an uptick in production.
- Slovenia and Slovakia are now part of the eurozone, which offers a currency buffered from the worst of the crisis.
- Relatively low-wage, highly skilled workforces make the region more likely to recover faster than Western Europe.

...

The Central Bank released the figures partially in response to erroneous information in Western media, and in particular stories in The Economist and Financial Times, which suggested the Czech Republic was facing serious debt issues.
In a letter to the Financial Times, the Czech National Bank’s vice governor, Mojmir Hampl, pointed out that “since the fall of communism 20 years ago, countries in the region have taken different paths in regard to economic policy.”

...

At about the same time in mid-February, Moody’s, the credit ratings agency, issued a report warning that the banking system in Eastern Europe is more and more vulnerable to the economic downturn. Another ratings agency, Standard & Poor’s, issued a similar warning.

...

“As a result of these warnings, CEE [Central and Eastern European] economies witnessed severe investor flight and currencies fell even more,” explains Ms. Stephens at JLT.

Polish, Czech, Romanian, Bulgarian, and Slovak bank supervisors have complained about the negative press over their financial sectors.

In an rare move, the supervisors issued a statement on March 4, saying “The published information … are often oversimplified and misleading, and it can have a negative impact on banks that are operating in these countries.”

Political analyst Gergely Boszormenyi-Nagy, from Budapest’s Perspective Institute, told the Associated Press that the lack of unity between Eastern European countries may have contributed to the EU’s rejection of Mr. Gyurcsany’s proposals.
“It seemed that some of the other countries, like Poland and the Czech Republic, were offended at Hungary’s attempt to lump them all in the same group with it,” Mr. Boszormenyi-Nagy said.

Away from the halls of power and number crunchers, average Czechs say all the talk about the crisis has remained more or less just that, talk. About two-thirds of respondents to a recent opinion poll say the crisis hasn’t impacted their lives, but many in the poll say they expect conditions to worsen.


Ce concept de "subprime européen" dans les pays de l'Est semble nous avoir été vendu comme de la savonnette au travers d'une campagne de communication. Je ne dis pas qu'il n'y a pas de problème et peut-être y a-t-il des problèmes graves. Il n'en demeure pas moins que nos médias doivent faire attention à ne pas répéter un discours prémâché sans comprendre d'où il vient et quels intérêts il sert. Si un de ces pays avait fait défaut, cela aurait sans doute justifié un réexamen de la situation. En l'espèce, il semble que rien n'ait suscité cet emballement sur l'Europe de l'Est à ce moment précis à part ces institutions à l'intégrité insoupçonnable que sont le FT, The Economist et les agences de notation.

Nous avons vu récemment qu'Obama avait désormais un briefing quotidien de la CIA sur l'économie en plus de son briefing classique sur des aspects politiques. Les américains ont identifié la crise économique comme le risque essentiel pesant sur l'influence américaine (menace plus grave que le terrorisme selon eux) et ils ont modifié les briefings au président pour faire face à cette nouvelle réalité. Je serais surpris si ce nouveau briefing était la seule instance où les lignes se brouillent entre le militaire et l'économique à la faveur de la crise.

Les opérations de "psy-ops" pourraient être un nouveau lieu d'application de méthodes militaires au "théâtre d'opération" économique. Vous vous souvenez peut-être de ces soldats irakiens qui avaient enlevé les incubateurs de prématurés dans les cliniques Koweitiennes lors de la première guerre du golfe? C'était un mensonge mis au point par une agence de com commanditée par le pentagon (Rendon group) que les médias du monde entier avaient dûment avalé. Attendez-vous à des opérations dans ce goût sur des sujets économiques dans les années qui viennent.

*Le subprime est le produit du comportement frauduleux de tous les agents économiques américains concernés, publics et privés. Quel rapport avec l'octroi de prêts aux pays de l'Est? De plus, avec la différence de poids économique qui demeure entre l'Europe de l'Ouest et l'Europe de l'Est, jusqu'où la seconde peut-elle déstabiliser la première? Finalement, beaucoup de maisons aux Etats-Unis ne valent plus rien - peut-on imaginer que les pays de l'Est ne remboursent aucun principal sur la dette qu'ils ont contractée?

La richesse des américains en baisse

Selon la FED (ça vaut ce que ça vaut...), la richesse agrégée des foyers américains aurait baissé de 18% en 2008. Vu la baisse des actions et des prix de l'immobilier, une baisse significative semble en effet raisonnable. On peut aussi dire que les européens n'ont pas vu leur richesse s'effondrer dans les mêmes proportions (moins de gens sont investis en bourse, l'immobilier n'y est pas en chute libre). Dans ce contexte, et vu l'impact très important qu'a "l'effet richesse" sur la consommation et donc la croissance aux Etats-Unis, on peut s'étonner que la croissance américaine reste dans la bonne moyenne par rapport aux européens. Au 4ème trimestre de 2008, les Etats-Unis ont vu leur PIB supposément baisser de -6,2% (première annonce -3,8%!) alors que l'Allemagne baissait de plus de -8,4% (annualisés).

Les allemands sont-ils réellement les moins performants ou simplement ceux qui pipautent le moins?

vendredi 13 mars 2009

Cramer - Stewart

Hier, Jon Stewart recevait Jim Cramer. Je n'ai pas encore vu l'émission. Suivre ce lien pour ceux que ça intéresse.

Friday Plane Blogging

jeudi 12 mars 2009

Les bras m'en tombent...

L'unanimité des cheerleaders...

The consensus of the 51 forecasters surveyed looks for U.S. gross domestic product to tumble at a sharp 5.3 percent annual rate in the first quarter and to decline at a 2 percent pace in the second quarter.(Reuters)
(51 économistes consultés sont unanimes pour dire que la croissance va repartir au second semestre)

La vérité c'est qu'ils n'en savent rien alors pourquoi ces incantations permanentes? Les "économistes" sont à l'économie ce que Jim Cramer est à la bourse: une pom-pom girl. Vivement qu'ils se trouvent leur Jon Stewart.

Experts: Financial crisis threatens US security

Experts: "La crise financière menace la sécurité des Etats-Unis"

Vous pouvez lire tout l'article ici.

Extrait:
"The most important effect of the financial crisis and subsequent recession may be the least tangible — a serious worldwide erosion of confidence in American competence, a confidence which previously almost carried a sense of invincibility," Richard Cooper, an international economist at Harvard University and former chairman of the National Intelligence Council, told the House Armed Services Committee.

No shit! Ceci dit "l'incompétence" a bon dos. Dit-on de Madoff qu'il était incompétent? Le pauvre Bernie ne s'y retrouvait pas avec tous ces chiffres!

Pour les Etats-Unis, c'est pareil. N'importe quel gouvernement/banque centrale honnête aurait empêché et corrigé les excès criants des années Bush. J'en veux pour preuve les chiffres délirants dans l'immobilier depuis des années qui n'ont entraîné aucune mesure correctrice alors même que les contrats qu'on faisait signer à des millions d'américains étaient évidemment frauduleux. Ces deux aveuglements simultanés face à l'évolution aberrante des prix de l'immobilier (de 35% supérieurs aux normes historiques au haut de la bulle) d'une part, et aux pratiques honteuses des banques d'autre part n'ont pas pu être le fruit du hasard. On voudrait nous faire croire que c'est un problème de compétence alors qu'il est clair que c'est un problème d'honnêteté et d'élites qui ont sacrifié l'intérêt général à leurs propres intérêts sans aucun état d'âme depuis des années. Que penser ainsi du "J'm'ai trompé" de Greenspan avec son air de droopy alors qu'il a encouragé le subprime au pire moment et qu'il a lui même appelé les américains à s'endetter à taux variables* au moment précis où tout le monde savait que lui, Greenspan, allait monter les taux? Carton plein.

Selon William McChesney Martin, le rôle d'une banque centrale est de “take away the punch bowl just when the party starts getting interesting” (retirer le bol de ponch quand la fête commence à s'échauffer). Pourquoi en 2001 la FED décide-t-elle de faire précisément l'inverse? Le 11 septembre semble être la réponse mais pourquoi une baisse des taux aussi drastique (taux à 1% pour la première fois) face à une attaque spectaculaire mais aux conséquences matérielles limitées? Pourquoi cet évènement a-t-il conduit à la perte totale de tous les repères des américains en matière de politique étrangère mais aussi de politique économique? (même si dans ce dernier cas on ne s'en apperçoit que maintenant)

* Extrait de la fiche wikipédia de Greenspan ou pourquoi la Fed est clairement l'institution qui a la responsabilité la plus importante dans la crise actuelle. Elle l'a rendue possible. Elle n'a pas agi seule ceci dit, et a été influencée par Wall Street, le gouvernement et le congrès, les uns utilisant les autres pour arriver à leurs fins. Une déclaration récente de Greenspan nous en donne d'ailleurs un aperçu: “If we tried to suppress the expansion of the subprime market, do you think that would have gone over very well with the Congress?”

In a speech in February 2004, [6] Greenspan suggested that more homeowners should consider taking out Adjustable Rate Mortgages (ARMs) where the interest rate adjusts itself to the current interest in the market.[53] The fed own funds rate was at an all-time-low of 1%. A few months after his recommendation, Greenspan began raising interest rates, in a series of rate hikes that would bring the funds rate to 5.25% about two years later.[54] A triggering factor in the 2007 subprime mortgage financial crisis is believed to be the many subprime ARMs that reset at much higher interest rates than what the borrower paid during the first few years of the mortgage.

In 2008, Greenspan expressed great frustration that his 23 February 2004 speech was used to criticize him on ARMs and the subprime mortgage crisis, and stated that he had made countervailing comments eight days after it that praised traditional fixed-rate mortgages.[55]

In that speech on February 23, 2004, Greenspan had suggested that lenders should offer to home purchasers a greater variety of "mortgage product alternatives" other than traditional fixed-rate mortgages.[56] Greenspan also praised the rise of the subprime mortgage industry and the tools which it uses to assess credit-worthiness in an April 2005 speech:

Innovation has brought about a multitude of new products, such as subprime loans and niche credit programs for immigrants. Such developments are representative of the market responses that have driven the financial services industry throughout the history of our country … With these advances in technology, lenders have taken advantage of credit-scoring models and other techniques for efficiently extending credit to a broader spectrum of consumers. … Where once more-marginal applicants would simply have been denied credit, lenders are now able to quite efficiently judge the risk posed by individual applicants and to price that risk appropriately. These improvements have led to rapid growth in subprime mortgage lending; indeed, today subprime mortgages account for roughly 10 percent of the number of all mortgages outstanding, up from just 1 or 2 percent in the early 1990s.[57]

The subprime mortgage industry collapsed in March 2007, with many of the largest lenders filing for bankruptcy protection in the face of spiraling foreclosure rates. For these reasons, Greenspan has been criticized for his role in the rise of the housing bubble and the subsequent problems in the mortgage industry,[58][59] as well as "engineering" the housing bubble itself:

It was the Federal Reserve-engineered decline in rates that inflated the housing bubble … the most troublesome aspect of the price runup is that many recent buyers are squeezing into houses that they can barely afford by taking advantage of the lower rates available from adjustable-rate mortgages. That leaves them fully exposed to rising rates. —BusinessWeek, July 19, 2004, Is A Housing Bubble About To Burst?[60]

George Soros and Warren Buffett criticized derivatives while Greenspan defended them.[61]

Jon Stewart en guerre contre NBC/CNBC/MSNBC

Jon Stewart a pris à partie CNBC la semaine dernière. L'affrontement continue cette semaine. Voici le dernier épisode:

Stupid Idiot: Jamie Dimon

Jamie Dimon, le CEO de JP Morgan, en appelle à l'arrêt de la vilification de corporate america.

“When I hear the constant vilification of corporate America, I personally don’t understand it,”
Traduction du blogo: "Quand j'entends la vilification constante de corporate America, je ne la comprends pas personnellement."

Les mots me manquent... Ce n'est pas la première fois que le Blogo prend Jamie Dimon en flagrant délit mauvaise foi aggravée ceci dit.

"Tent cities" à Sacramento

Cet article d'un "blog" du New York Times nous signale l'augmentation de la population d'un bidonville dans les environs de Sacramento (voir aussi le reportage de NBC un peu plus bas). On parlait dans la crise des années 30 des "Hoovervilles" et Atrios nous propose la dénomination de "Bushvilles" cette fois-ci.

A noter qu'une maison sur 9 est supposément vide aux Etats-Unis. Cela représente 14 millions de maisons. Inoccupées, elles vont tomber en ruine en quelques années. Les financiers justifient souvent leur rôle social (et leurs richesses) en arguant du fait qu'ils permettent une meilleure allocation du capital. L'histoire récente montre qu'elle n'est "meilleure" que dans la mesure où les banquiers en ont plus...



Le blogo se targue de porter un regard critique sur les vieux corporate media et ce post ne fera pas exception. On peut s'interroger sur l'irruption d'une telle misère sur les écrans de télé américains. On sort en effet d'une période d'indifférence totale au sort des losers dans la société américaine. Le taux délirant de gens incarcérés et la dureté du discours envers les pauvres (notamment dans le débat sur le système de santé) sont le signe d'une société réellement indifférente à la souffrance de ses éléments défavorisés*. Alors on peut se demander: pourquoi soudainement cette sensibilité compasionnelle sur NBC News? Si la misère a été complètement passée sous silence pendant trente ans, on peut sûrement en rendre compte mezza voce pendant la crise. Le reportage sur la clochardisation de certains a une vertu: il permet à tous de tout à coup s'estimer heureux de ses difficultés si elles sont moindres.

Il y a une probabilité pour que ces journalistes n'aient eu pour intention que de rendre compte d'une nouvelle réalité sociale. Ceci dit, les médias participeront tôt ou tard à des opérations destinées à maintenir l'ordre social face aux difficultés économiques en créant de la résignation ou du consentement** (comme ils l'ont fait de manière spectaculaire pour la guerre ou le TARP notamment). Vous en serez tenus au courant sur le Blogo.

* Il y a une dimension raciale à ce problème car cette indifférence s'explique sûrement en partie par l'importance des minorités ethniques parmi les plus défavorisées. Il faut donc relativiser le miracle de l'élection d'Obama et des Etats-Unis qui nous donneraient supposément "une leçon de tolérance". La réalité est aussi que les minorités aux Etats-Unis sont massivement surreprésentées dans les prisons et parmi les gens qui n'ont pas d'assurance maladie. Alors je pose la question: est-il plus important que le dirigeant d'un pays soit issu d'une minorité où que cette minorité ait le même accès aux soins que le reste de la population? Je ne veux pas minimiser l'importance de l'élection d'Obama. Elle est réelle et quel meilleur moyen pour faire avancer la condition de ces minorités défavorisées que d'avoir un président qui en est issu? Il ne faut pas cependant tout confondre comme l'ont fait beaucoup de médias français. Voter pour un métis qui a été rédacteur en chef de la Harvard Law Review et qui se pose en garant de l'ordre établi est une chose. Dépenser ses "hard earned tax dollars" pour donner une chance à des minorités défavorisées d'échapper à un avenir écrit d'avance est autre chose. Et les attaques répétées contre l'Affirmative Action et les programmes sociaux en général depuis trente ans nous présentent une amérique qui ne tend pas la main à ses minorités en souffrance mais qui les ghettoïsent impitoyablement. Donc please: plus de leçons.
** "créer du consentement" est assez proche de la formule "Manufacturing Consent" popularisée par Noam Chomsky pour que je le signale.

mardi 10 mars 2009

Le Non Farm Payroll avance toujours masqué

Le Non Farm Payroll (chiffres de l'emploi) de février a été très mauvais mais conforme aux attentes. L'occasion de l'indignation mensuelle du blogo contre ces chiffres qui bien que désastreux nous sont toujours présentés de manière scandaleusement positives. La technique est simple: le "headline number" (littéralement "chiffre qui fait la une") est systématiquement optimiste. Il est révisé dans les mois qui suivent mais ce dont on parle alors est d'un nouvel "headline number" qui lui est toujours optimiste par rapport à la réalité. C'est un des éléments qui fait douter de la sincérité de l'appareil statistique américain et qui révèle l'utilisation politique qui en est faite*.

Je le répète depuis le début du blogo mais cette fois vous n'avez plus à me croire sur parole, un journaliste du NYT a listé les révisions récentes (via The Big Picture):

Here are the total job losses reported for recent months, as originally reported and as shown in the latest revisions.

August 2008: Initially 84,000, revised to 175,000

September 2008: Initially 159,000, revised to 321,000

October 2008: Initially 240,000, revised to 380,000

November 2008: Initially 533,000, revised to 597,000

December 2008: Initially 524,000, revised to 681,000

January 2009: Initially 598,000, revised to 655,000

February 2009: Initially 651,000, as released today.

On average, from August through January, the first estimate was too optimistic by 112,000 jobs.

* On citera dans ce registre les chiffres de la croissance mais aussi l'arrêt de la publication par la FED de données génantes pour la solidité du dollar en 2006 ("l'agrégat M3", un peu comme si une société côtée annonçait qu'elle ne publierait plus ses comptes sauf que là, il n'y a pas eu de conséquence sur le cours de bourse). Cet arrêt injustifiable n'a évidemment fait ciller aucun journaliste chez ces modèles d'indépendance et d'intégrité que sont le WSJ, le FT et The Economist, les trois cheerleaders de la catastrophe économique que nous avons sur les bras. Alors je ne sais pas ce qu'ont dit les presses françaises et allemandes sur le sujet en 2006 mais ma wild guess est que c'est passé complètement "below the radar" vu que notre commentariat économique ne fait pour l'essentiel que répéter le gospel économique de la presse anglo-saxonne. Peut-on compter sur Jean-Marc Sylvestre pour avoir une opinion qui sorte du cadre défini par le triptyque? You be the judge...

lundi 9 mars 2009

Problème de fonctionnement

Il semble que le blogo ne fonctionne pas idéalement ces jours-ci. Le site apparaît vide de posts par moment. Il semble que l'addition de ce nouveau post (celui que vous lisez) ait réglé le problème pour le moment.

Loufoque

Geithner semble avoir du mal à staffer le Treasury Department (ministère des finances) d'après le NYT. Il n'a pas encore d'adjoint par exemple ce qui est problématique pour un homme chargé de sauver la planète sans aucun super pouvoir. Il semble que tout le monde marche sur des oeufs car le même Geithner s'est vu reprocher d'avoir un arriéré d'impôts de $32,000 au moment de sa nomination. Depuis d'autres nominations ont dû être abandonnées en raison de problèmes fiscaux.

Tant et si bien qu'aujourd'hui, tout le monde est tétanisé à l'idée d'un nouveau ratage et les processus de "background check" et de confirmation pour tous les nouveaux membres de l'administration traînent en longueur (prix exorbitant à payer pour qu'Obama puisse nommer un "ami de Wall Street" déjà complètement embourbé dans les marécages du TARP 1 de Bush de Paulson de Goldman Sachs). En est-on au point où on ne peut plus supposer que l'écrasante majorité des gens pressentis pour être haut fonctionnaire au ministère des finances sont en règle avec le fisc?

A noter que selon le même article du NYT, il y a un département qui n'a pas perdu de staff malgré le changement de président, c'est celui qui est en charge de gérer le TARP* ! De manière complètement stupéfiante, Obama n'a pas encore repris en main l'organisme qui distribue les montants les plus colossaux avec le moins de contrôle et de transparence de toute l'administration (à part la FED, mais c'est une autre histoire). Il est toujours dirigé par le même Neel Kashkari débauché pour l'occasion de GS et dont la nomination m'avait à l'époque enthousiasmé (c'est ironique pour ceux qui ne suivront pas le lien). Preuve, s'il en était besoin, que les intérêts du système bancaire transcendent complètement les clivages politiques aux US. On se demande bien à quoi servent les élections. Si Obama n'a pas pris le TARP en main, doit-on supposer que c'est le TARP qui a pris Obama en main? Question moins bête qu'il n'y paraît.

*ou "bailout": les sommes distribuées par l'Etat selon les besoins des établissements financiers pour les empêcher de faire faillite dans l'opacité la plus totale depuis le mois de septembre. plusieurs centaines de milliards pour l'instant, on pourrait atteindre le trillion vers l'été.

Glenn Greenwald sur la "Blogo Compliant List"

Les lecteurs assidus s'étonneront que Glenn Greenwald ne rejoigne que maintenant la "Blogo Compliant List" étant donné que c'est probablement l'individu qui a été le plus référencé ici. C'est en partie un oubli mais c'est aussi lié au fait que son focus principal sont les atteintes répétées à la constitution perpétrées par l'administration Bush (couvertes et en partie continuées pour l'instant par Obama) et pas la crise économique per se.

Il déclare dans son dernier post que c'est cette même corruption (celle qui a permis les nombreux crimes de guerre sous Bush) qui autorise aujourd'hui les sauvetages frauduleux type AIG à non seulement se faire sous le sceau du secret mais à être en plus source de promotion pour ses concepteurs (référence assez transparente à Tim Geithner).

The accountability-free, self-loving mentality that demands that nothing be done about America's war crimes over the last eight years is hardly confined to America's detention, surveillance and interrogation policies. This is exactly the same bloated, insular corruption that allows multi-billion-dollar insider frauds like
this one not only to go unexamined but also to result in those responsible being further empowered with high government positions.

Welcome on the blogo compliant list, Glenn (where you belonged anyway).

Au passage:
Les rapports entre la guerre en Irak et la crise économique sont multiples. Le vrai révélateur du dérèglement de la politique américaine ces dernières années a été la guerre en Irak. L'observateur attentif aura su utiliser ce signe de dysfonctionnement majeur pour envisager que le pays pouvait se transformer en gigantesque Enron: la guerre en Irak a démontré à qui voulait le voir que les forces de rappel classiques dans une société saine ne fonctionnaient plus aux Etats-Unis. Les médias ne servaient plus le bien public et la mise à jour d'une forme de réalité objective (pas surprenant dans ces conditions qu'ils se soient tus alors que des millions d'américains se trouvaient engagés dans des contrats grotesques - subprime). Le congrès n'était pas non plus en mesure d'empêcher une guerre déclenchée pour des motifs risibles, réminiscents des pires dictatures fascistes. Le poisson était clairement en train de pourrir par la tête (je m'interroge sur la valeur de cette métaphore vu qu'il s'agit d'un poisson mort mais je fais confiance au lecteur affûté du blogo pour en comprendre l'essentiel et en rejeter l'accessoire). Si un pays peut se mentir sur des sujets aussi grave, pourquoi serait-il plus objectif sur un rating AAA? Si un système politique peut si aisément trahir son histoire et ses principes sur l'essentiel (le politique), que peut-on en espérer sur l'accessoire (l'économique)?

Le Blogo en profite donc au passage pour vous réitérer son mantra qui à force d'être répété va peut-être finir par devenir un slogan fluide: "Les Etats-Unis traversent d'abord une crise politique dont la crise économique n'est qu'un symptôme". Symptôme substantiel, je le concède.

samedi 7 mars 2009

The Obama Bear Market*

* "Le marché baissier d'Obama"

Un analyste (Dan Veru) a développé une idée qui a fait florès: la bourse ayant baissé de 20% depuis l'élection d'Obama, on peut désormais parler du "marché baissier d'Obama". En effet un "bear market" se définit par une baisse de 20% des cours de la bourse.

Cela a été repris assez largement, d'une manière qui laisse entrevoir combien les adversaires politiques d'Obama ont envie que le temps passe et que le public associe Obama à la crise (ce qui tôt ou tard finira bien par arriver). Le Wall Street Journal ici, Bloomberg . L'idée avancée est qu'Obama, quand il se départit un tant soi peu de la ligne souhaitée pas Wall Street, déstabilise le marché et qu'il est donc responsable de sa baisse. Barry Ritholtz remarque ici que la baisse du Nasdaq, qui avait commencé bien avant l'arrivée de Bush au pouvoir, ne lui a jamais été imputée par ces mêmes commentateurs (no surprise there). Media matters liste d'autres organes de presse ayant participé à cette campagne et démonte son présupposé (les actions d'Obama, plutôt que la situation économique préexistante, ont fait baisser la bourse depuis sa prise de fonction).

Cela montre encore une fois que quel que soit le capital politique d'Obama, l'entreprise de démolition est prête à commencer (ou a déjà commencé même si elle n'a aucune traction pour l'instant). On peut s'étonner de ce que la popularité d'Obama ne le préserve pas d'une campagne de dénigrement aussi cheap. Mais la popularité de Clinton tout au long du "scandale" Lewinski ne l'avait pareillement pas protégé de la férocité des médias. Inversement, l'impopularité extraordinaire de Bush ne lui a jamais valu d'attaques médiatiques véritablement déstabilisantes. W aurait pu être "impeached" pour 5 ou 6 raisons différentes... Clinton l'a été pour une raison ridicule. La totale déconnexion entre le discours (scripté) des médias aux Etats-Unis et le ressenti de la population est un des signes les plus flagrants de la crise politique qu'ils traversent. Qu'est-ce que ça aurait été si Obama n'avait pas d'ores et déjà donné de multiples gages de sa malléabilité (notamment au travers de ses nominations globalement consensuelles) au microcosme du beltway!

BofA préfère l'anonymat pour les voleurs de Merrill

Vous vous souvenez peut-être que Merrill Lynch avait avancé le paiement de $4 milliards de bonus avant le 1er janvier, date de sa reprise officielle par Bank of America (entérinée depuis septembre suite à des pertes colossales de Merrill).

Cela revient à du vol à la tire. Le procureur de l'Etat de New York a ouvert une enquète et les dirigeants de Bank of America ont refusé de donner la liste des bénéficaires et les montants de ces bonus prétextant qu'un "dommage grave et irréparable" serait causé à Bank of America si ces informations étaient révélées au public. On imagine ce que les dirigeants de Bank of America (qui sont aussi sous assistance respiratoire du gouvernement) ont concocté pour eux pour couvrir ainsi les voleurs de Merrill. Toujours selon BofA, la publication entraînerait "des dissensions internes et la consternation" au sein de l'entreprise ainsi que des risques de sécurité pour ces employés et leur famille (le vol est en effet mal vu par le reste de la société).

"The Big Picture" s'indigne

Barry Ritholtz du site "The Big Picture" s'indigne des révélations du Wall Street Journal qui dit aujourd'hui que $50 milliards des fonds distribués à AIG depuis septembre ont servi à payer des contreparties (on imagine qu'il s'agissait de CDS subprime en grande partie). Je ne comprends pas exactement pourquoi Ritholtz s'énerve maintenant car même si on ne le savait pas dans les détails, il était à peu près certain (et dans la logique des interventions du gouvernement) que cela se passait. Les seules nouveautés sont le montant (le double de ce que pensait Ritholtz) et le caractère quasi officiel (WSJ).

Enfin... Les indignations et les coups de gueule contre la mise à sac du trésor américain au profit du pouvoir de l'oligarchie bancaire sont trop rares pour ne pas être reproduits:

This is a giant FUCK YOU to the American taxpayer. Isn’t there some Congressmen (besides Ron Paul) who are morally offended by the Paulson plan, which is slowly becoming the Geithner plan? Isn’t there anything that can be done?

Aussi, on doit se demander "à qui profite la fuite?" Est-ce l'administration qui veut réaffirmer son pouvoir sur les banques en donnant des éléments sur l'étendue de l'aide accordée? Dans ce cas pourquoi transmettre l'information au Wall Street Journal qui apparaît plutôt "banques friendly" que pro-gouvernement?

vendredi 6 mars 2009

Friday Plane Blogging

Jon Stewart remet les journalistes éco à leur place

En particulier CNBC mais les autres méritent le même traitement.

jeudi 5 mars 2009

Kos et l'allégeance des médias à la ploutocratie

Kos demande aux médias US pourquoi ils ne cessent de parler d'une hausse des impôts alors que le plan d'Obama représente une baisse des impôts pour 95% de la population. C'est vrai ça, pourquoi? Why oh why? ;-)

Memo to the media
by kos
Wed Mar 04, 2009 at 09:50:04 AM PST

Dear media,

95 percent of Americans are getting a tax cut with Obama's budget. So framing this as a tax hike makes you look pretty stupid. And dishonest. And wrong. So stop it.

Hugs and kisses,

kos

* Permalink ::
* Discuss (317 comments)

Le marketing du stimulus

Nouveau logo pour les projets financés par le "stimulus package" d'Obama qui vient d'être voté (O pour Obama?) :

Le logo en forme de O a déjà été utilisé pendant la campagne:

Je pense qu'il aurait mieux valu éviter l'ambiguïté.

Les engagements colossaux des américains face à la crise

Voici une news Bloomberg de la semaine dernière que je voulais poster dans sont intégralité (voir plus bas). Il s'agit d'un récapitulatif de tous les engagements pris par le gouvernement américain depuis le début de la crise. Il ne s'agit pas seulement de dépenses, ce sont pour beaucoup des garanties.

C'est énorme, $11,6 trillions ou plus de 80% du PIB*. C'est la bataille finale décrite ici qui se déroule devant nos yeux sur ce tableau. Elle voit l'Etat américain (les contribuables) se portait garant de la dette des acteurs privés qui ont fait défaut. Combien de temps avant que les investisseurs étrangers ne se rendent compte que les "contribuables" d'une part et "les acteurs privés qui ont fait défaut" d'autre part ne font en réalité qu'un? C'est le grand suspense. Ils siffleront alors la fin de la partie en limitant leurs achats de les bons du trésor américain ce qui enverra en rehab une fois pour toute. Le Blogo a parié que cela arriverait en 2009 et s'est même avancé jusqu'à dire que le premier semestre semblait le plus probable. Il faut noter cependant que la lenteur du déroulement de cette crise n'a pas cessé de surprendre depuis le début. Le pic dans l'immobilier américain se situe ainsi entre fin 2005 et début 2006.

* seul un tiers de cette somme ont été réalisé pour l'instant. L'augmentation (à la fois du total global et de la proportion réalisée) est extrèmement rapide.


U.S. Bailout, Stimulus Pledges Total $11.6 Trillion (Table)

By Mark Pittman and Bob Ivry

Feb. 24 (Bloomberg) -- The following table details how the U.S. government has pledged more than $11.6 trillion on behalf of American taxpayers over the past 19 months, according to data compiled by Bloomberg.

Changes from the previous table, published Feb. 9, include a $787 billion economic stimulus package. The Federal Reserve has new lending commitments totaling $1.8 trillion. It expanded the Term Asset-Backed Lending Facility, or TALF, by $800 billion to $1 trillion and announced a $1 trillion Public-Private Investment Fund to buy troubled assets from banks.

The U.S. Treasury also added $200 billion to its support commitment for Fannie Mae and Freddie Mac, the country’s two largest mortgage-finance companies.


                                  --- Amounts (Billions)---
Limit Current
===========================================================
Total $11,623.63 $3,800.18
-----------------------------------------------------------
Federal Reserve Total $7,565.63 $1,478.88
Primary Credit Discount $110.74 $65.14
Secondary Credit $0.19 $0.00
Primary dealer and others $147.00 $25.27
ABCP Liquidity $152.11 $12.72
AIG Credit $60.00 $37.36
Net Portfolio CP Funding $1,800.00 $248.67
Maiden Lane (Bear Stearns) $29.50 $28.82
Maiden Lane II (AIG) $22.50 $18.82
Maiden Lane III (AIG) $30.00 $24.34
Term Securities Lending $250.00 $115.28
Term Auction Facility $900.00 $447.56
Securities lending overnight $10.00 $5.59
Public-Private Investment Fund $1,000.00 $0.00
Term Asset-Backed Loan Facility $1,000.00 $0.00
Currency Swaps/Other Assets $606.00 $417.86
MMIFF $540.00 $0.00
GSE Debt Purchases $600.00 $33.58
Citigroup Bailout Fed Portion $220.40 $0.00
Bank of America Bailout $87.20 $0.00
-----------------------------------------------------------
FDIC Total $1,551.50 $400.30
FDIC Liquidity Guarantees $1,400.00 $261.30
GE $139.00 $139.00
Citigroup Bailout FDIC $10.00 $0.00
Bank of America Bailout FDIC $2.50 $0.00
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Treasury Total $2,206.50 $1,621.00
TARP $700.00 $387.00
Tax Break for Banks $29.00 $29.00
Stimulus Package $168.00 $168.00
Stimulus II $787.00 $787.00
Treasury Exchange Stabilization $50.00 $50.00
Student Loan Purchases $60.00 $0.00
Citigroup Bailout $5.00 $0.00
Bank of America Bailout $7.50 $0.00
Support for Fannie/Freddie $400.00 $200.00
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HUD Total $300.00 $300.00
Hope for Homeowners FHA $300.00 $300.00

To contact the reporters on this story: Mark Pittman in New York at mpittman@bloomberg.net; Bob Ivry in New York at bivry@bloomberg.net.

Last Updated: February 24, 2009 00:01 EST

Deux (petites) banques remboursent le TARP*

Deux banques ont décidé de rembourser l'argent qu'elles avaient reçu du gouvernement américain:

-Iberia Bank of Lafayette, Louisiana. Elle rembourse $90 millions reçus en décembre avant la fin mars.
- TCF Financial rembourse $361 millions.

Devant les exigences un peu plus importantes d'Obama envers les bénéficiaires des fonds, les broker-dealers de Wall Street (qui n'en sont plus) maugréent et laissent entendre qu'on ne les y reprendra pas. Elles n'ont qu'à suivre l'exemple de ces deux banques et rembourser l'argent. Et si elles ne le peuvent pas (ce qui est le cas), elles feraient mieux de se faire toute petite. Cette arrogance permanente est tout simplement inacceptable.

De toute façon comme décrit dans ce post, la finance américaine est à terre (many times over if I may say so) et ne perdure que grâce à ce qu'elle a investi dans le système politique depuis des années (décennies vraiment). Les grandes banques voudraient limiter le problème au seul fond du TARP qu'elles finiront peut-être par rembourser mais la réalité est qu'elles ont totalement explosé et qu'elles ne survivent que grâce aux garanties de l'Etat (plus de $200 milliards pour Citi seulement) et aux facilités de crédit apportées par la FED dans l'opacité la plus totale (plusieurs trillions). Enfin, l'Etat diffère l'exigibilité de trillions de CDS en empêchant tous les acteurs de poids de l'économie de faire défaut. Ce n'est que temporaire cependant car ce combat là est perdu d'avance.

Il n'y a plus aucune banque américaine debout.

* TARP = Bailout (clarification pour les lecteurs du blogo). La terminologie de TARP et de bailout n'est pas utilisée dans la presse française. Il s'agit de la même chose: les $700 milliards débloqués en octobre avec le soutien d'Obama pour aider les établissements financiers américains. La première tranche de $350 milliards a été complètement consommée par Bush sous la responsabilité d'un gars de Goldman sachs de 35 ans. La deuxième tranche a été débloquée par Obama. Une somme équivalente a été annoncée par Geithner. Ca n'est qu'un des aspects de l'aide de l'Etat aux établissements financiers.

Curieux

Le Blogo fait des pics d'audience les jours où je fais référence à Bernard Madoff. Ne vous étonnez si dans les jours qui viennent je mets le nom Madoff à la fin de certains posts avec un lien vers ce post explicatif. C'est une des rares concessions du Blogo à la course effrénée à l'audience. Concession plus expérimentale que stratégique d'ailleurs.