vendredi 13 août 2010

L'horreur au service de l'horreur

Il y a beaucoup à dire sur l'utilisation de l'image horrible d'une femme s'étant fait couper le nez et les oreilles par son mari en couverture de "Time Magazine" pour justifier la poursuite à l'infini des opérations militaires américaines avec le sous-titre: "Ce qui se passe si nous quittons l'Afghanistan" (j'aurais préféré: "Ce qui se passe en Afghanistan alors que nous y sommes depuis 8 ans et que nous y dépensons militairement chaque année plusieurs fois le PIB de ce pays"). C'est le moment où la gestion à la petite semaine de l'acquiescement passif de la population américaine à ses devoirs impériaux ne suffit plus. Face aux attaques de Wikileaks, il faut sortir la Grosse Bertha. (Sans oublier également le petit détail évoqué sur le blogo selon lequel le directeur de la CIA n'évalue plus le nombre de membres d'Al Qaeda en Afghanistan qu'entre 50 et 100!!! Il n'y a pas d'erreur de zéro.)

Dès lors, le gant de fer propagandiste apparaît dans toute sa violence et son absence de scrupule (si ce gant de fer ne vous est pas familier, je le connais pour ma part très bien: c'est le même que celui qui s'était fait jour avant la guerre en Irak) et il matraque la population avec des opérations de propagande que Goebbels n'aurait pas reniées. Et "Time Magazine" de voler honteusement au secours de l'Empire à bout de souffle.

Les afghans ne sortiront pas de la barbarie grâce à l'invasion d'une force "civilisatrice" étrangère qui massacre au passage des milliers de civils avec abandon (notre civilisation du crime "propre": les drones par exemple). Doit-on rappeler aux américains qu'ils mettaient à mort des "sorcières" avec entrain il n'y a pas si longtemps? C'est le développement et la modernité qui apporteront à ces populations un système de valeurs plus similaire au nôtre, au moins si on croit comme c'est mon cas à l'universalité de ces valeurs (je parle ici des valeurs européennes car les Etats-Unis sont loin derrière nous comme en témoigne la peine de mort et l'utilisation extensive qu'ils font de leur système carcéral dans la régulation sociale de leurs minorités sans même parler de Guantanamo... Nous viendrait-il d'ailleurs à l'idée de leur reprocher formellement leur arriération?).

Les horreurs du conflit afghan (et irakien d'ailleurs), les massacres de civils sont soigneusement expurgés de nos médias qui participent de fait par omission à la perpétuation d'un culte de la guerre qui n'a toujours pas abandonné notre culture. Vous ne verrez pas de corps d'enfants déchiquetés, de soldats défigurés, de villages rasés sur vos écrans (on se souvient que Bush avait interdit les simples images de cercueils revenant des zones de conflit). Vous ne sentirez pas non plus l'odeur des corps décomposés. Car la guerre est immonde et ça va mieux en le disant. Et ça irait même encore mieux en le montrant. Mais non. L'horreur ne peut-être montrée que si elle mobilise nos populations pour poursuivre l'horreur bien dissimulée, elle, que nous générons et qui est (faut-il le rappeler?) autrement plus dévastatrice: la guerre.

Un autre point est le caractère possiblement exceptionnel de l'image de cette jeune afghane. Sans me faire l'avocat des talibans comme des défenseurs des droits de la femme, quelle assurance avons-nous que ces mutilations soient réellement la norme? Est-ce aussi systématique que de couper les mains des voleurs en Arabie Saoudite (Arabie Saoudite qu'on laisse singulièrement tranquille à ce sujet)? Où cette jeune femme a-t-elle été l'objet d'un crime extra-ordinaire qui, même s'il est le produit d'une réalité culturelle condamnable, n'est pas pour autant un bon résumé de cette dernière? On se demande en effet comment une société peut ne serait-ce que se reproduire si ses membres passent leur temps à se découper les uns les autres. N'y a-t-il pas un taliban qui aime sa femme? ses enfants? (si cela vous rappelle Sting, c'est normal). J'ai trop confiance dans le caractère universel de l'expérience humaine pour ne pas regarder avec suspicion tous les discours ouvertement déshumanisant au sujet de tels ou tels sous-groupes contre lesquels nous sommes comme par hasard en conflit armé. Comme c'est étrange... et pratique! Aussi, comment ne pas noter que nous nous moquions bien de ce genre d'exactions quand ces mêmes talibans luttaient contre l'envahisseur russe (voire le traitement pas piqué des hannetons des "bons sauvages" talibans dans Rambo III dans les années 80...) Et si on voulait décrire la société française en se basant sur tous les corps congelés que l'on retrouve un peu partout en ce moment? Comment "Time Magazine" peut-il considérer que cette photo constitue un argument recevable? Il y a une raison: la population occidentale a été formattée depuis des années à ne plus exercer de jugement critique et à procéder de manière pavlovienne à un amalgame (qui n'est autre que raciste) dès lors qu'il s'agit d'afghans, d'iraniens ou de musulmans en règle générale. Puisque certaines choses peu ragoutantes sont vraies, elles doivent toutes l'être et on ne va pas faire dans le détail.

Le plus caractéristique de ces amalgames racistes est celui qu'on a demandé à la population américaine de faire lors de l'invasion de l'Irak. Car je vous le demande: quel était exactement le rapport entre le 11 septembre et l'Irak? Amalgame raciste donc (CQFD). Une bonne illustration de ces vérités qui nous sont assénées sans être examinées de manière critique est quand Sarkozy nous a admonesté l'été dernier en demandant aux français de soutenir la présence française en Afghanistan car on y coupait les mains des petites filles qui se mettaient du vernis à ongle alors même que cela n'avait été rapporté nulle part. Puisqu'il s'agissait de talibans, c'est passé comme une lettre à la poste. Je pense que Sarkozy croyait que c'était vrai ce qui montre que personne, même supposément le mieux informé, n'est imperméable à des formes de propagande qui créent, puis flattent, des préconceptions enfouies finalement si profondément qu'on ne songe plus à les questionner.

Aujourd'hui, John Gorenfeld nous dévoile que la journaliste qui a écrit ce papier sur cette jeune femme défigurée pour "Time Magazine" a un intérêt personnel dans l'occupatio de l'Afghanistan car elle est la femme d'un entrepreneur afghano-américain en affaire avec le gouvernement afghan et l'armée d'occupation. Nuff said... (contraction de "Enough said" voulant dire quelque chose comme "pas besoin d'en rajouter...")

The maimed face of 18-year-old Aisha, her nose and ears cut off as punishment by her Afghan husband for fleeing his home, made the cover of Time magazine last week and changed the debate over the country's military involvement in Afghanistan. Hitting stands just as a growing chorus of pundits and lawmakers had begun to question the costs, the goals and the point of the country's longest war ever, the gut-punch cover image, beneath a stunningly blunt coverline conspicuously missing a question mark — "What Happens if We Leave Afghanistan" — and accompanying story by Aryn Baker, the magazine's Afghan/Pakistan bureau chief, gave a boost to supporters of America's continued military involvement in the country.
But there was more than a question mark missing from the Time story, which stressed potentially disastrous consequences if the U.S. pursues negotiations with the Taliban. The piece lacked a crucial personal disclosure on Baker's part: Her husband, Tamim Samee, an Afghan-American IT entrepreneur, is a board member of an Afghan government minister's $100 million project advocating foreign investment in Afghanistan, and has run two companies, Digistan and Ora-Tech, that have solicited and won development contracts with the assistance of the international military, including private sector infrastructure projects favored by U.S.-backed leader Hamid Karzai.
In other words, the Time reporter who wrote a story bolstering the case for war appears to have benefited materially from the NATO invasion. Reached by The Observer, a Time spokesperson revealed that the magazine has just reassigned Baker to a new country as part of a normal rotation, though he declined to say where.


Note 1: Pour mémoire, voici ce qu'écrivait la CIA il y quelques mois (wikileaks):

Afghanistan: Sustaining West European Support for the NATO-led Mission—Why Counting on Apathy Might Not Be Enough (C//NF)
The fall of the Dutch Government over its troop commitment to Afghanistan demonstrates the fragility of European support for the NATO-led ISAF mission. Some NATO states, notably France and Germany, have counted on public apathy about Afghanistan to increase their contributions to the mission, but indifference might turn into active hostility if spring and summer fighting results in an upsurge in military or Afghan civilian casualties and if a Dutchstyle debate spills over into other states contributing troops. The Red Cell invited a CIA expert on strategic communication and analysts following public opinion at the State Department’s Bureau of Intelligence and Research (INR) to consider information approaches that might better link the Afghan mission to the priorities of French, German, and other Western European publics. (C//NF)
...
Afghan women could serve as ideal messengers in humanizing the ISAF role in combating
the Taliban because of women’s ability to speak personally and credibly about their experiences under the Taliban, their aspirations for the future, and their fears of a Taliban victory. Outreach initiatives that create media opportunities for Afghan women to share their stories with French, German, and other European women could help to overcome pervasives kepticism among women in Western Europe toward the ISAF mission.
...
Conversely, messaging that dramatizes the potential adverse consequences of an ISAF defeat for Afghan civilians could leverage French (and other European) guilt for abandoning them. The prospect of the Taliban rolling back hard-won progress on girls’ education could provoke French indignation, become a rallying point for France’s largely secular public, and give voters a reason to support a good and necessary cause despite casualties.

Note 2: Et pour ne pas faire simplement dans la critique des Etats-Unis et l'exemption des européens ou des français, je rappelle que l'occupation militaire de l'Afghanistan est menée par l'OTAN. Nous avons donc une responsabilité dans sa poursuite ad vitam aeternam de ce conflit alors même que sa rationnalité est de plus en plus mise en doute et qu'il ne semble plus justifier que par la volonté de maintenir l'Empire dans une posture offensive et de mettre de l'huile sur le feu dans le contexte fabriqué du "Clash des civilisations". Je remarque également au passage que le traitement actuel des Roms par Sarkozy donne réellement le vertige. Ne les instrumentalise-t-il pas pour faire oublier des difficultés politiques? N'est-ce pas le principe même de la logique du bouc-émissaire? Je disais que Sarkozy nous éloignait de nos valeurs en ce qui concerne l'Hadopi mais là, ça prend un tour encore plus nauséabond (car menaçant des individus de manière plus urgente). L'ONU ne s'y trompe d'ailleurs pas même si certains de nos politiciens trouvent les membres qui en font partie un peu trop basanés à leur goût (dans quel monde vit-on? Les objections de l'ONU doivent être examinés sur leurs mérites bien évidemment et pas en fonction de la nationalité des membres du comité qui les prononce).

Note 3: Sting!

mercredi 11 août 2010

Comme prédit de longue date...

La FED réactive la planche à billets qu'elle avait arrêtée en mars...

Aussi: Lawrence Kotlikoff:
"U.S. is bankrupt and we don't even know it" (news la plus lue sur Bloomberg). Lawrence aurait dû plus lire le blogo. Sa conclusion est totalement "blogo compliant" donc il atterrit sur la blogo compliant list:
"Our country is broke and can no longer afford no- pain, all-gain “solutions.” "

Génial!

Un stewart de Jet Blue a démissionné en utilisant le toboggan automatique d'un A320. Il avait préalablement pris deux bières dans les chariots et il est en train de devenir un véritable "folk hero" aux Etats-Unis. La scène s'est produite après une altercation avec un passager.Avant son coup d'éclat, il a déclaré au micro:
"To the passenger who called me a motherfucker, fuck you. I've been in the business 28 years. I've had it. That's it."

L'occasion d'un Wednesday Plane Blogging (une première - Pourquoi? PARCE QUE!)
(Cliquez pour agrandir)

lundi 9 août 2010

Big Brother est parmi nous

Je n'ai aucune confiance dans la capacité de l'Etat à se restreindre de lui-même dans l'usage des nouvelles technologies. La vie privée et les libertés publiques n'ont qu'à bien se tenir car elles vont subir un assaut plus féroce encore que ceux que leur ont infligés les pires régimes de l'histoire. La lutte à mener pour faire triompher les principes démocratiques va être titanesque. Même Orwell n'aurait pu cauchemarder les abus possibles dans cette société où tous les détails de la vie d'un invididu peuvent être contenus sur une simple clé USB et traverser la planète en quelques secondes.

Dernier exemple de l'incapacité des Etats à tenir leurs promesses en cette matière: l'assurance par les autorités qui ont introduit les "body scanners" dans les aéroports qu'aucune donnée ne serait conservée (photos de vous nu(e) en gros). Juré craché!
Et bien devinez quoi... (des dizaines de milliers d'images ont été conservées et les spécifications des nouveaux matériels commandés par les autorités incluent des systèmes de sauvegarde et de diffusion)

Et dans "le pays des droits de l'homme" tout votre trafic internet va bientôt être monitoré "préemptivement" par l'Hadopi pour que les droits d'auteur de la Première Dame soient bien respectés. Mais rassurez-vous, comme pour le "body scanner", il n'y aura pas d'abus une fois cette infrastructure terrifiante mise en place. Juré craché!

Note 1: La redéfinition des normes démocratiques et des libertés publiques à l'ère de l'internet est l'enjeu politique de ce siècle car il conditionnera tous les autres développements politiques. Grâce à Sarkozy et ses amis du show-bizz, la France commence bonne dernière contrairement à ce que voudrait sa tradition. La petitesse et le manque de vision du bonhomme n'apparaîtront sans doute jamais aussi clairement que sur ce sujet. Son manque de connaissance de l'histoire et des principes qui sont censés régir notre Nation également. Espérons que cela n'est qu'un faux départ et que des dirigeants futurs plus éclairés sauront faire de la France un exemple dans la définition de la citoyenneté numérique. Ils s'inspireront des idéaux de la révolution française et pas bolchévique.

Note 2: Vaguement en rapport. Je n'ai plus le lien mais un sondage aux Etats-Unis a attiré mon attention: il semble qu'en dessous de 50 ans les personnes interrogées considèrent Wikileaks en majorité positivement mais négativement au-delà de cet âge. (le lecteur W. a été plus courageux que moi et a retrouvé le lien vers ce sondage - c'est très frappant, 48/40 en faveur des "leaks" pour les plus jeunes, 55/34 en défaveur pour les plus âgés)

Note 3: J'ai déjà posté cet extrait du "Livre de la jungle" mais il colle si bien au sujet...

dimanche 8 août 2010

Education chez les chats

Voici ce qui arrive à un chaton dont l'accoutrement ne plaît pas à la maman ou au papa. Ca ne rigole pas. (Attention! Image d'une rare violence et modèle éducatif non cautionné par le blogo)L'insert youtube ne marche pas chez moi, s'il en est de même chez vous, vous pouvez aller regarder cette vidéo de 9 secondes ici. (via Atrios)

Let's REALLY think about it!

GG (le gras est de moi et fait référence au titre du post):

If one really thinks about it, it's an incredible spectacle that a lawsuit is being filed with the aim of having Barack Obama enjoined by a Federal Court from killing an American citizen, far away from any battlefield, without any due process whatsoever. That such a suit was never filed during the Bush years, but is now necessary under the rule of this Constitutional Scholar almost a decade after the 9/11 attack, speaks volumes about many important facts.

More here.

Friday Plane Blogging


On Sunday...

vendredi 30 juillet 2010

Friday Plane Blogging

L'A380 (vide) la ramène à Farnborough... (cliquez pour agrandir)

dimanche 25 juillet 2010

El Blogo is back

Et il n'est pas content. Leaner and meaner. Nouvelle infrastructure technique (!), bientôt un nouveau site avec l'ambition plus que jamais de dévoiler quotidiennement l'envers du décor de cette économie mondiale devenue un sketch des Monty Pythons tant les apprentis sorciers qui nous gouvernent sont prêts à maquiller la réalité pour nous faire croire que tout est normal et donc rester en place.

Donc d'abord, je note les questions de du Sénateur Chuck Grassley à Elizabeth Warren et Neil Barofsky au sujet du TARP. Ces questions sous-entendent que l'un et l'autre ne sont que des tigres de papier qui ont fait leur travail avec un niveau de diligence dosé exactement pour ne rien bousculer.

Quelle ironie qu'on présente aujourd'hui Elizabeth Warren comme la candidate anti-Wall Street pour le poste de dirigeante de l'agence de "défense des consommateurs" de la finance! On nous décrit un bras de fer épique entre Geithner et les progressistes de l'équipe Obama dans lequel le Secrétaire au Trésor aurait perdu la partie. La vérité appartient à Papy G qui après avoir regardé une vidéo youtube l'avait très justement affublé du surnom de "Mamie Nova". Cela reflète très exactement le positionnement de cette dernière face aux requins de Wall Street.

samedi 24 juillet 2010

"On m'aurait menti?"

Surprise! Les prévisions budgétaires américaines se font moins roses avec le temps qui passe. Elles font rigoler depuis un moment déjà. En août 2009, le Blogo se moquait de ce graphe du Congressional Budget Office (il faut dire que le postulat était un rebond rapide et une croissance de 4%/an ad vitam aeternam alors que ce genre de niveau n'a été atteint qu'en période de bulle - internet puis immobilière):Et bien la Maison Blanche annonce (Wapo) qu'ils seront au-dessus de $1,4 trillions en 2010 et 2011 (contre $1,2 et $0,9 d'après la lecture du graphe qui faisait rigoler). Et là, il y a quelques mois encore j'aurais demandé en espérant maintenir le lecteur en haleine: que vont en penser les marchés? J'ai compris depuis que cela n'avait aucune espèce d'importance puisque tous les compteurs ont été cassés. Prochaine étape: l' "échappement" du cancer économique que nous n'aurons finalement jamais traité ni d'ailleurs tout simplement diagnostiqué.

vendredi 23 juillet 2010

Pas de tutelle pour Bettencourt

J'attends depuis 24 heures de tomber sur un article qui m'explique enfin la situation ubuesque que nous décrivent (sans s'en étonner outre-mesure) les rares journalistes stagiaires restés à Paris au milieu de l'été: "Bettencourt n'est pas mise sous tutelle car elle refuse un examen médical" nous dit-on. Ca n'a aucun sens. Ou si cela en a un, ca ne fait que démontrer de manière grotesque que Courroye ne veut pas de mise sous tutelle indépendamment du fond de l'affaire. Pourquoi, Procureur Courroye? La justice vous pose-t-elle un problème?

Tout semble confirmer ce que le blogo supputait il y a 15 jours: l'establishment (de droite principalement) ne veut pas tuer la poule aux oeufs d'or et se trouve donc de fait du côté des François-Marie Banier de la terre. Comment l'entourage de Sarkozy a-t-il pu ne pas voir cela venir? Il fallait qu'ils commencent à prendre tranquillement leurs distances dès que les abus de Banier ont commencé à faire surface. Pourquoi cet entêtement aveugle? On ne peut jamais écarter la simple stupidité mais on peut aussi se demander si l'importance des financements "Bettencourt" n'est pas sous-estimée. Ces financements sont-ils en réalité assez significatifs pour faire perdre la tête de nos politiques au point qu'ils n'aient plus aucune réticence à l'idée de sembler être du côté de ce photographe véreux?

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(San Francisco - Cliquer pour agrandir)

dimanche 18 juillet 2010

samedi 17 juillet 2010

Quand Woerth va-t-il démissionner?

Je ne me souviens pas d'exemple d'un tel pétage de plomb dans la très haute bourgeoisie. Ca n'en donne pas une image très ragoutante mais c'est très divertissant. On ne s'ennuie pas avec cette histoire. "It's the gift that keeps on giving".

On apprend aujourd'hui que Patrice de Maistre a embauché la femme de Woerth sur la suggestion de ce dernier et "pour faire plaisir" (via W.). Tout cela a un parfum d'épisode "Jean Sarkozy": la bonne décision sera finalement prise mais quelle obstination! Que de dégâts! C'est notamment dans ces moments que le petit Nicolas aura démontré qu'il n'avait pas la stature. Son exercice du pouvoir rêvé n'est selon lui soumis à aucune règle mais à son seul arbitraire. C'est inacceptable. Sarkozy a un régime de retard.

Sans compter les humiliations répétées qu'il inflige à toute son équipe en les obligeant à se ridiculiser dans les médias en défendant des causes perdues. Démontrant en cela leur peu de valeur et leur soummission veule (sauf Rama Yade qui avait critiqué l'avènement de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad et qui est dûment tombée en disgrâce depuis).

vendredi 16 juillet 2010

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(Los Angeles au coucher du Soleil - Cliquez pour agrandir)

vendredi 9 juillet 2010

Guerre contre le terrorisme. De qui se moque-t-on?

Vous savez pourquoi nous sommes en Afghanistan: pour priver les terroristes d'une base arrière (safe haven). Et bien Leon Panetta, le directeur de la CIA a évalué le nombre de terroristes d'Al Qaeda en Afghanistan entre "cinquante et cent" il y a une semaine. Entre cinquante et cent.

Mais, "Minute!" allez-vous me dire. "Tous les terroristes qui étaient en Afghanistan sont passés au Pakistan et si on partait d'Afghanistan ils y reviendraient." Sauf que quand on demande à Michael Leiter, le directeur du centre national contre-terroriste (National Counterterrorism Center - NCTC), combien il y a de terroristes au Pakistan, il répond "plus de 300". Plus de 300.

On se moque de nous.(Via Glenn Greenwald.)

Note: d'après les estimations les plus conservatrices, il a été dépensé entre $500 millions et $1 milliard pour venir à bout de chacun de ces bonshommes.

Friday Plane Blogging

(Cliquez pour agrandir)

mercredi 7 juillet 2010

L'Europe gagne à l'extérieur!

Avec l'élimination de l'Uruguay, il est désormais acquis qu'un pays d'Europe va gagner la coupe du monde et je crois que cela met fin à une malédiction qui voulait que les pays européens ne gagnaient jamais en dehors du territoire européen. (Le début d'une nouvelle tradition peut-être puisque puisque c'était la première compétition en Afrique.)

C'est aussi une bonne nouvelle d'un point de vue économique car il semble qu'une victoire à la coupe du monde favorise la croissance. Si cela est vrai, c'est l'Allemagne qu'il faut soutenir car c'est le pays où un coup de booster à l'économie aura le plus d'impact en Europe.

mardi 6 juillet 2010

Dylan Ratigan intime aux américains de quitter leurs logements et de planter les banques

Alors que tout l'establishment économique leur demande d' "honorer leurs obligations". Ratigan begs to differ.

Et au passage cette explication historique totalement dans la ligne du Blogo.

Almost all of you were not subprime borrowers or speculators, but merely people buying a house that they thought they could afford at the time. You were just unlucky in that you bought a house during a time when an outdated Wall Street and their complicit politicians decided to use housing to regain the income they lost due to the Schwabs and Etrades of the internet age.

Cette crise a des origines très simples. Ce n'est pas "la faute à pas de chance". Face au 11 septembre et à l'éclatement de la bulle internet, la FED a baissé les taux pour financer la guerre contre le terrorisme (les "minutes" de la FED font une référence à peine voilée à la guerre en Irak qui s'annonce quand elle abaisse pour la dernière fois ses taux à des niveaux sans précédent dans l'histoire à l'automne 2002). A court terme, la ruse a marché. Ils ont fait le pari qu'ils arriveraient à en gérer les conséquences. C'est ce qui se joue actuellement. Pour l'instant ça fonctionne mais l'économie mondiale ressemble à un sketch des Monthy Pythons. Et les médias institutionnels sont à des années lumières d'accuser les responsables. D'accuser qui que ce soit d'ailleurs. Les citoyens sont censés regarder docilement le mondial et ne pas chercher à regarder derrière le rideau.

C'est là que le Blogo a établi ses quartiers.

Le gouvernement américain aide BP à censurer les images de la fuite de pétrole

"Corporate America" in action (songez que certains politiciens de Louisiane ont défendu BP becs et ongles après la fuite! Only in America...):

dimanche 4 juillet 2010

Le système qu' "ils" protègent...

Via TBP

This week, Floyd Norris received an email from a retired investment banker regarding what Wall Street compensation used to look like, and why that curtailed excessive behavior, and private gains, socialized losses:

“The old pay system (era of John Whitehead): you work at an investment bank for 30 years, have a reasonable draw and cash bonus, build up stock in the firm as most of your bonus, and when you decide to retire you request of the partners their permission to go limited. If they assent, you get to withdraw your money over five years, all the while continuing to expose the balance to the risks of the enterprise.

The new pay system post-Donald Lufkin Jenrette’s original I.P.O.: you’re a young 29-year-old punk playing with OPM (Other People’s Money), taking huge risks for which you get huge bonuses, while the outsiders shoulder the losses on your bets. You make all the money you’ll ever need in three years, stay around 15 years to pile up five times as much as you need, and then you retire with your cash hoard, buy a winery in Napa/Sonoma or a huge farm in Connecticut, living above the fray for the rest of your life.

Which system, do you think, makes people consider the downside of their actions?”

Note once again the impact of partnership liability — a negative incentive towards speculation — on banker behavior.

samedi 3 juillet 2010

Quand l'establishment défend le vol de vieilles dames

J'ai des questions pour Claire Chazal: son interview de Liliane Bettencourt a-t-elle été éditée? Si oui pourquoi ne pas l'avoir précisé? Combien de temps a duré l'interview et quelle proportion en a été diffusée? Les questions ont-elles été transmises à l'avance? Combien de prises y a-t-il eu? Quelles étaient les conditions posées par Liliane Bettencourt et ses conseils pour la réalisation de cet entretien?

L'intérêt essentiel d'une apparition publique de Liliane Bettencourt dans le contexte actuel est de permettre aux citoyens de se faire une idée précise sur son agilité intellectuelle et son autonomie. Mission accomplie. Lors de cette "confrontation" très convenue entre une grande bourgeoise et une bourgeoise plus grande encore (on imagine que le thé était de qualité), tout semble fonctionner à merveille: au milieu d'un vocabulaire surranné et d'un éloge de la jalousie qui fait froid dans le dos (tout en noyant le poisson) les réponses de Mme Bettencourt sont claires et parfois tranchantes.

On peut se demander dès lors pourquoi, en lançant l'interview, Claire Chazal nous met en garde contre la surdité de cette femme de quatre-vingt sept ans. Au visionnage, les difficultés que Chazal prétend avoir rencontrées dans son interview en raison de ce handicap sont presque imperceptibles. Encore une fois, la vidéo a-t-elle été éditée?

La Liliane Bettencourt des cassettes de Médiapart semble n'être qu'une cousine éloignée...

Il n'y avait qu'un moyen pour Chazal d'interviewer Liliane Bettencourt sans donner prise à des accusations de complaisance et de manipulation, c'était en direct. La manière dont les membres de l'exécutif et le média qui en est le plus proche semblent se ranger du côté dont leur tartine est beurrée (publicités pour TF1, habitudes installées de financement politique pour nos dirigeants) dans une affaire grotesque d'abus de faiblesse est tout à leur déshonneur.

La bonne nouvelle est que cela veut sans doute dire que Mme Bettencourt est en bonne santé physique (au moins). Il est certain que cette meute regarderait la fille Bettencourt avec les yeux de Chimène si sa mère donnait des signes de faiblesse. TF1 et l'UMP (y a-t-il une différence?*) misent sur une Liliane centenaire! Et en attendant, c'est à ceux qui arriveront à lui voler le plus de sacs à main. Il semble qu'elle les renouvelle assez souvent pour ne pas être menacée de mise sous tutelle dans un avenir prévisible. Tout sera donc mis en oeuvre pour faire croire à sa force intellectuelle comme si elle était un dirigeant soviétique finissant. Pour les aspirants "François-Marie Banier" de la terre, la chasse est ouverte et l'a été depuis un moment déjà. Ca n'a pas échappé à Chazal, Sarkozy ou Woerth.

* Y a-t-il une différence entre TF1 et l'UMP? La question se pose notamment quand on voit à quel point Chazal se fait peu insistante sur les relations entre Woerth et Bettencourt dans son "interview".

vendredi 2 juillet 2010

Friday Plane Blogging

Cliquez pour agrandir.(Il ne s'agit que de dégivrage avec le rotating "on" ce qui explique les reflets rouges)

samedi 26 juin 2010

jeudi 24 juin 2010

El Blogo: toujours un coup d'avance

El Blogo appelait Obama à virer le général McChrystal dès septembre 2009. Pourquoi Obama ne lit-il toujours pas le blogo? (McChrystal a été viré hier)

A noter que quand on doit virer un général commandant le principal théatre d'opérations américain pour une interview dans "Rolling Stone Magazine", il y a, selon la formule consacrée, "something rotten in the state of Denmark". Ce "chef de guerre" est clairement passé à côté d'une carrière dans l'équipe de France de foot. Très pitoyable.

lundi 21 juin 2010

"C'est pas cher!"

Médiapart via 20 minutes.

Excel 2010 64 bits

Un post qui n'intéressera que les fans d'Excel. Voici une capture d'écran du coin "en bas à droite" de la feuille de calcul standard dans la nouvelle version de Microsoft Office 2010 pour ordinateur 64 bits (désolé pour les non-geeks but be warned: "Geeks shall inherit the Earth.").(Cliquer pour agrandir)

La feuille mesurait avant 65536 x IV. Maintenant, c'est 1048576 x XFD. (en vérité c'était déjà le cas avec les versions 64 bits de XP et de Vista mais ça surprendra quand même les afficionados)

samedi 19 juin 2010

Friday Plane Blogging


(cliquez pour agrandir)

jeudi 17 juin 2010

Les reniements d'Obama par Jon Stewart

Suivre ce lien si le player ci-dessous ne fonctionne pas.


The Daily Show With Jon StewartMon - Thurs 11p / 10c
Respect My Authoritah
www.thedailyshow.com
Daily Show Full EpisodesPolitical HumorTea Party

Iran: l'arnaque. Again.

L'Iran est aujourd'hui traité dans les médias avec le même mépris pour l'objectivité qui régnait au sujet de l'Irak en 2003. Démonstration de Hillary et Flynt Leverett.

L'élection de 2009 n'aurait ainsi pas fait l'objet de fraude. Ce serait une pure création des médias occidentaux selon les Leverett, similaire dans son ampleur au mensonge sur les armes de destruction massive irakiennes.

mardi 15 juin 2010

La musique américaine

Je ne sais pas ce qu'il prenait mais j'espère que quelqu'un, quelque part, a gardé la recette...

samedi 12 juin 2010

Friday Plane Blogging


Deuxième fois en autant de semaines que le Friday Plane Blogging paraît le samedi...

vendredi 11 juin 2010

Corrosif

La réponse des gouvernements à la crise est un poison qui va les discréditer durant toute la période à venir au moment précis où nous aurions eu besoin de gouvernements forts car respectés. En ne sanctionnant pas les banques suite à la crise et en leur accordant tout ce dont elles pouvaient rêver (et plus encore!), les gouvernements se sont discrédités.

C'est à cet aune qu'il faut écouter ce commentaire édifiant d'un patron d'assurance anglais sur Obama et BP (via ZH):

"Please forgive this open letter but your comments towards BP and its CEO as reported here are coming across as somewhat prejudicial and personal. There is no doubt that BP, as a UK PLC, is totally committed to do everything possible to contain the oil leak and meet all its obligations in the USA. There is a sense here that these attacks are being made because BP is British. If you compare the damage inflicted on the economies of the western world by polluted securities from the irresponsible, unchecked greed and avarice of leading USA international banks, there has not been the same personalised response in or from countries beyond the US. Perhaps a case of double standards?"

mercredi 9 juin 2010

No comment

Du "Center for responsive politics":

WASHINGTON -- Organizations in the financial services sector have deployed at least 1,447 former federal employees to lobby Congress and federal agencies since the beginning of 2009, according to a joint analysis of federal disclosure records and other data released today by Public Citizen and the Center for Responsive Politics. (Download the full report here: FinancialRevolvingDoors.pdf )

This small army of registered financial services sector lobbyists includes at least 73 former members of Congress, of whom 17 served on the banking committees of either the U.S. House of Representatives or the Senate. At least 66 industry lobbyists worked for these committees as staffers, while 82 additional lobbyists once worked for congressional members who currently serve on these key committees.

Further, at least 42 financial services lobbyists formerly served in some capacity in the U.S. Treasury Department. At least seven served in the Office of the Comptroller of the Currency, including two former comptrollers.

“Wall Street hires former members of Congress and their staff for a reason," said David Arkush, director of Public Citizen’s Congress Watch division. "These people are influential because they have personal relationships with current members and staff. It’s hard to say no to your friends, but that’s what Congress needs to do. Listening to them would result in a bill that would fail to get the job done and would disappoint the American people."


La suite ici. (via TBP)

mardi 8 juin 2010

Chine: "Please assume crash position"

(désolé, post en anglais)
De "Calculated Risk":

Thursday, June 03, 2010

WSJ: China's Property Market Freezes Up

by CalculatedRisk on 6/03/2010 11:59:00 PM

The WSJ has an article tonight about the Chinese real estate market and the recent government actions: China's Property Market Freezes Up

Beijing in mid-April announced a package of policies intended to blow the froth out of the market by restricting speculative purchases. ... The housing market in many—though not all—Chinese cities seems to have nearly ground to a halt after the government moves. On average, the number of residential property transactions in the four weeks after the restrictions were announced is down 40% compared with the four weeks before the measures
This slowdown is showing up in commodity prices. A key question is how the Chinese government will react.

Professor Michael Pettis, of the Peking University’s Guanghua School of Management, expects the Chinese government to take action to cushion the slow down, see Beijing’s stop-and-go measures: As
I have said many times before, I suspect we will see a lot of discontinuity in policymaking this year – amid lots of panicking – and recent events show just how. In the past few months Beijing seems to have become so worried about signs of overheating that, after trying unsuccessfully many times to pare growth carefully, it has given up the scalpel and has brought out the sledgehammer.
...
Given the bad global environment, China’s huge domestic imbalances, and its out-of-control monetary condition, there are precious few tools Beijing has for fine-tuning growth. Instead policymakers are going to switch back and forth throughout the year between stomping on the accelerator and stomping on the brakes.
It could be a wild ride.

lundi 7 juin 2010

NCAR

Vous vous seriez bien passés de connaître cet acronyme mais BP en a décidé autrement. Il s'agit du "National Center for Atmospheric Research" qui a mis cette vidéo sur youtube:

dimanche 6 juin 2010

Corrompu jusqu'à la moëlle

Le sous-titre du Blogo pourrait (devrait?) être "Chronique de la chute de l'Empire", voire au risque d'être indigeste "Chronique de la chute de l'Empire sous le poids de sa propre corruption".

Les exemples du contrôle par des intérêts corporatistes des institutions de l'Etat qui intéressent leurs activités sont légions. Le Blogo s'est fait un devoir de l'éclairer le plus souvent possible. Système de santé, complexe militaro-industriel, finance (!), telcos: l'Etat américain n'est là que pour entériner les réformes (ou leur absence...) souhaitées par les lobbies de tout poil.

Dernier exemple en date, la fuite de pétrole dans le golfe du Mexique qui met à jour les relations absolument nauséabondes (surprise!) entre les politiques et les titans de l'énergie. Glenn Greenwald est sur le coup et démasque à nouveau la continuité de la politique d'Obama avec celle de Bush. Affligeant. L'occasion pour le blogo de rappeler son motto: nous ne vivons pas une crise économique mais une crise politique qui a des conséquences économiques. La démocratie américaine doit être refondée. A l'heure actuelle, elle est tout simplement bonne à mettre à la poubelle. Cela ne l'empêche pas de diriger le monde ce qui est une insulte de chaque instant à notre intelligence en plus d'être extrêmement dangereux. La maladie atteint néanmoins son stade terminal. Tic tac, tic tac...

Back to Greenwald (lire l'intégralité si vous avez le temps ici):

Yet who did Obama choose to head the Interior Department? Ken Salazar, notorious for being beholden to the very industries he would be regulating.
...
Salazar turned out to be exactly what it was obvious he would be when Obama chose him. As Mother Jones' Kate Sheppard reported this week, Salazar hired Sylvia B. Vaca for the position of deputy administrator for land and minerals management. Who is Vaca? She's a former BP Executive who is the classic case of the revolving-door sleaze that runs the Federal Government on behalf of the industries it purportedly regulates.
...
What happened here was obvious: Obama chose one of the most industry-pleasing, industry-subservient Democrats to head the Interior Department despite what everyone knew was the pervasive corruption at that Department and its serving as an industry rubber stamp for years. And Obama got exactly what was obvious he would get by making that choice.
...
In this episode one thus finds virtually every harmful dynamic of the Obama era. Indeed, this story is found in virtually every realm. Ken Salazar and Sylvia Vaca are to the Interior Department what the countless Goldman, Sachs officials are to Treasury and other financial regulatory arms of the Obama administration. The administration has taken some commendable steps to at least create the appearance of limiting lobbying influence, but the corporate ownership of the Federal Government is as strong as ever. Ken Salazar, the BP exemptions, and the very dubious excuses being offered to justify them illustrate that as much as anything.
...
UPDATE II: The Huffington Post's Sam Stein reports that "in the first three months of this year alone, . . . BP has hired at least 27 lobbyists who formerly worked in Congress or the executive branch." BP also hired the Podesta Group, the firm owned by the brother of Obama transition chief and President of Center for American Progress John Podesta, where they received the services of numerous former Democratic and GOP officials, as well as Tony Podesta himself. Writes Stein: "Tony Podesta declined a request for comment, as did the White House."


CQFD* (thanks to Glenn Greenwald once again)
* A la relecture le CQFD peut paraître exagéré car il n'y a que peu d'éléments factuels dans les extraits que j'ai choisis. Le texte de Greenwald en comporte de nombreux, notamment sur le détail des procédures d'aprobation des forages dans le golfe du Mexique qui semblent en plus continuer à se passer comme avant le désastre.

Friday Plane Blogging

samedi 5 juin 2010

Obama amoureux des predator drones?

Le blogo avait déjà parlé de la blague bizarre faite par Obama au sujet de l'usage des predator drones. Il semblait à la fois insensible aux dévastations infligées par ce biais et vaguement macho au sujet de leur utilisation. Il semblait également ne pas mesurer l'image détestable et totalitaire que ces drones donnent de la puissance américaine. C'est bien simple: on croirait ces machines tout droit sorti de "Terminator" où des humains luttent précisément contre des machines...

Gareth Porter nous signale que l'administration Obama est en effet très friande de ces armes mais surtout que de nombreux cadres de la CIA commencent à les trouver inutiles et contre-productives. Au lieu d'entraîner la résignation des masses sous leurs feux, certains disent qu'elles ne font que les radicaliser.

Curieux* de voir Obama s'enticher d'une arme si dévastatrice et si peu économe en victimes collatérales. Est-il difficile de garder la tête froide quand on est à la tête de la première armée du monde? Quoi qu'il en soit, on a le droit d'être déçu une fois de plus par BO.

* Je me rends compte qu'en utilisant "curieux", je tombe dans le paneau classique de tous les commentateurs "de bonne volonté" qui consiste à prêter à Barack Obama de bonnes intentions. Ca n'est plus tellement "curieux" à ce stade.

mardi 1 juin 2010

Not that there is anything wrong with it...

Via Naked Capitalism, une information précieuse sur les relations entre Geithner et Obama dans un article de NY Magazine:

Indeed, the president’s support for his Treasury secretary has been unwavering. (Axelrod would laugh at rumors that Geithner was about to get the boot: “Don’t these people realize they have a man-crush on each other?”

On imagine facilement Geithner fasciné par Obama mais la réciproque est un peu contre-intuitive. Il faut dire que Geithner représente Wall Street. C'est peut-être le secret de son charme. Mais si la vérité est qu'Obama fait la politique de Wall Street car il trouve Geithner sympa, c'est franchement inquiétant.

Epargner totalement les banques ne peut plus durer

Yves Smith signale que le choix de l'Europe de sacrifier les populations des pays du sud (pour l'instant) pour que les banques ne prennent presque aucune perte n'est pas soutenable. Elle pointe à juste titre que les citoyens qui voient leur salaire diminuer n'ont pas pris de risques consciemment alors que les banques sont censées prendre des risques (c'est leur métier en théorie). La crispation des pouvoirs politiques et leur refus total de voir les banques assumer au moins une part du coût de cette crise sont ridicules en plus d'être immorales. Yves Smith met en garde contre un contre-coup politique majeur. Quand on voit nos politiques, on se demande bien qui pourrait l'animer. Pour l'instant. Si le mouvement est puissant, il se trouvera bien des hommes politiques (nouveaux ou déjà aujourd'hui sur la scène) pour l'incarner.

Yves here. We are not suggesting that there are pretty or painless ways out. But the course of action underway makes shielding Eurobanks from losses one of its top priorities. Yet any program that is going to make average workers take big hits (remember, wage cuts will hit all workers, irrespective of whether they were prudent or reckless) also needs to have at least the patina of shared sacrifice. More costs need to be imposed on banks and bank investors. Equity and bond investors are risk capital, yet they are being shielded again and again from the consequences of their poor decisions. The longer that goes on, the greater the odds of political blowback that will undermine efforts to create greater stability within the eurozone.

Baroin affligeant

When Rating Agencies say: "Jump!", François Baroin asks: "How high?". (Quand les agences de notations demandent de sauter, François Baroin demande: "A quelle hauteur?".)

Non, nous ne sommes pas aidés. Le blogo ne cesse de rappeler que l'influence américaine n'existe plus que dans nos têtes mais avec des têtes comme celles de François Baroin, elle n'a pas de soucis à se faire.

J'ai peur que sa crédibilité comme ministre du bugdget ne repose que sur le ton grave qu'il adopte en toute circonstance. Il a ainsi déclaré hier que conserver la note AAA était pour la France "un objectif tendu". Comment mieux s'inscrire psychologiquement dans une structure de pouvoir qui vous est hostile? Alors, oui, qu'il ne pense qu'à cela jour et nuit est probablement inévitable vu sa position mais qu'il s'en vante est absolument consternant. Les dirigeants européens et mondiaux doivent changer de cadre de pensée. Si après ce qu'il s'est passé ils n'arrivent même pas à s'affranchir dans leurs discours de l'allégeance réflexive aux agences de notation, nous ne sommes vraiment pas rendus (la réalité étant probablement celle-là: nous ne sommes pas rendus!).

Bien sûr, on voit bien la ruse politique "à deux francs" pour un ministre du budget qui consiste à dire: "C'est pas moi qui suis méchant, c'est à cause de l'autre là-bas!" mais il peut tout aussi bien utiliser "les marchés" ou "la nécessité de maintenir notre réputation d'emprunteur" en évitant soigneusement de revalider ces agents de Wall Street discrédités comme arbitre des élégances en matière de solvabilité des Etats.

Est-ce seulement Baroin? Nos dirigeants ont-ils compris que l'économie mondiale était un casino et que le joueur principal était également croupier? Quand va-t-on arrêter de s'étonner d'avoir de mauvaises cartes?

Barry Ritholtz pense que personne n'échappe pas à sa culpabilité

Je veux bien le croire dans le cas de Bob Rubin mais n'est-il pas raisonnable d'imaginer qu'avoir engrangé des centaines de millions de dollar ne rend pas la culpabilité plus facile à supporter? Et pour un individu qui serait rongé de l'intérieur, combien de "millionnaires de base" de Wall Street qui de toute façon n'ont rien compris à rien, trouvent tout cela normal et dorment sur leurs deux oreilles? Le problème c'est que tous ces gens n'ont pas payé le prix de leur forfait et s'en sortent au contraire et incroyablement plutôt mieux que les autres. "There is something rotten in the Kingdom of Denmark".

Barry Ritholtz:

She introduces me to Lurch, but I’m only half listening, and I shake the old guy’s hand before bolting for my flight.

In the cab from the Bellagio to the airport, it dawns on me just what Sandra said: “Barry, this is Robert Rubin.” No bullshit, that’s who it was. He looked terrible; Clinton who just had quadruple bypass, looked much better.

Then again, Slick Willie’s biggest crime was sexual, not economic in nature. Whatever rationales Rubin’s conscious mind may have made about his role in the collapse, his subconscious knows better. And while no one else seems to be doing this, his subconscious is in the process of kicking his own ass. He seems to be slowly dying inside, at the behest of his own brain’s sense of guilt.

Et la liste des 10 capitalistes américains les plus corrompus:

America’s Ten Most Corrupt Capitalists

1. Robert Rubin
2. Alan Greenspan
3. Larry Summers
4. Phil and Wendy Gramm
5. Jamie Dimon
6. Stephen Friedman
7. Robert Steel
8. Henry Paulson
9. Warren Buffett

10. Goldman Sachs:

-Joshua Bolton, chief of staff for George W. Bush, was a Goldman man
-Current New York Fed President William Dudley is a Goldman man
-Current Commodity Futures Trading Commission Chairman Gary Gensler has been a responsible regulator under Obama, but he was a deregulatory hawk during the Clinton years, and worked at Goldman for nearly two decades before that.
-A top aide to Timothy Geithner, Gene Sperling, is a Goldman man
-Current Treasury Undersecretary Robert Hormats is a Goldman man
-Current Treasury Chief of Staff Mark Patterson is a former Goldman lobbyist
-Former SEC Chairman Arthur Levitt is now a Goldman adviser
-Neel Kashkari, Henry Paulson’s deputy on TARP, was a Goldman man
-COO of the SEC Enforcement Division Adam Storch is a Goldman man
-Former Sen. John Corzine, D-N.J., was Goldman’s CEO before Henry Paulson
-Rep. Jim Himes, D-Conn., was a Goldman Vice President before he ran for Congress
-Former House Minority Leader Dick Gephardt, D-Mo., now lobbies for Goldman

Volatilité: nous sommes repartis pour un tour

Via TBP. Il s'agit de la volatilité sur 10 ans (mesure de la volatilité implicite des options sur le S&P 500). Cela équivaut à l' "agitation" sur les marchés.

Pourquoi pas?

Amnésie collective

Une fuite de pétrole similaire a déjà eu lieu dans le Golfe du Mexique en 1979. Les similitudes sont étonnantes. Etonnant également que cela soit présenté comme une "news" sur Talking Points Memo plusieurs semaines après l'évènement.

La fuite avait duré dix mois et elle avait fait diminuer les recettes du tourisme du Texas. 3,5 millions de barrils échappés, similaire à la fuite actuelle. 162 miles de côtes ont été touchés! Différence de taille: la fuite était à 40m sous la mer. Le fait qu'elle n'est pas été comblée avant qu'il y ait des "forages de soulagement" montre que cela sera sans doute similaire pour Deep Horizon car le défi technique à 1500m sous l'eau est encore autre chose. Les méthodes qui avaient été tentées étaient exactement les mêmes.

L'internet va sans doute empêcher ce genre d'amnésie collective (s'il a une mémoire à long terme ce qui reste à démontrer). (largement repris de TPM, essentiellement traduit)

lundi 31 mai 2010

Flotille

C'est Memorial Day. Les blogueurs américains restent cependant étrangement silencieux sur la prise d'assaut par l'armée israélienne d'un navire civil dans les eaux internationales ayant conduit à plusieurs morts. Josh Marshall couvre l'évènement à TPM. ZH est sur le coup. Rien sur Daily Kos ou Atrios.

Glenn Greenwald, le "blogger hero" du blogo, s'insurge et nous rappelle une citation de Dov Weissglass (ancien conseiller d'Ehud Olmert) de 2006: "L'idée est de mettre les palestiniens au régime, pas de les faire mourir de faim".

Pour ce qui est du blogo, j'attire votre attention sur cet éditorial du Financial Times (pour une fois).

dimanche 30 mai 2010

Elles vous tiennent dans leurs mains...

Ou votre monnaie plutôt mais ça n'est pas tellement différent. Il s'agit des agences de notation discréditées par la crise. En 2009, elles ont continué à donné la meilleure note possible (AAA) à des obligations qui sont passées au statut "spéculatif" en 2010. Elles ne s'améliorent pas mais elles font toujours la loi sur les marchés monétaires. (via CR)

Standard & Poor’s cut to junk the ratings on certain securities, backed by U.S. mortgage bonds, that it granted AAA grades when they were created last year ...

The reductions were among downgrades to 308 classes of so- called re-remics, or re-securitizations, created from 2005 through 2009 ...

“The downgrades reflect our assessment of the significant deterioration in performance of the loans backing the underlying certificates,” S&P analysts Cesar Romero and Terry G. Osterweil said in the statement.

La "fake economy" de l'immobilier américain (et du reste d'ailleurs...)

Certains indicateurs dans l'immobilier US repartent doucement vers le haut. Raison de se réjouir? Pas exactement, comme le reste de l'économie américaine, l'immobilier est sous respiration artificielle. It's all smoke and mirrors... On est au final plus tellement loin des Gosplan soviétiques ou des statistiques chinoises. Tout repose sur les épaules de la FED et sur l'illusion (savamment entretenue notamment par le dézingage de l'euro) de la puissance américaine (lire solvabilité). Via CR.

“This is a market purely on life support, sustained by the federal government. Having FHA do this much volume is a sign of a very sick system.”

Federal Housing Commissioner David Stevens at Mortgage Bankers Association Government Housing Conference (see Bloomberg, the FHA was involved in more transactions in Q1 than Fannie and Freddie combined)

Graphes de Calculated Risks:


Sur la réforme financière aux US

Le blogo a été silencieux sur la réforme de la finance aux Etats-Unis. Tout n'est pas encore figé mais j'aime bien ce commentaire de David Kurtz à TPM Media:

Historians will probably conclude that the package of reforms was surprisingly modest given the depth and severity of the 2008-09 financial crisis. A harsher historical judgment might find that the political and economic power wielded by the financial industry in the late 20th and early 21st centuries was so extensive that it could weather a near total collapse of the system without having to yield its power or privilege.

El Blogo pour le "harsher historical judgment", needless to say.

samedi 29 mai 2010

vendredi 28 mai 2010

Krach en direct...

A chaque fois que j'ai du mal à naviguer sur ZH, je jette un coup d'oeil aux marchés. Et voilà, une fois encore, chute très forte en très peu de temps. ZH semble être devenue la valeur refuge de l'information financière.

Voyons quelle news a bien pu provoquer cette chute...

Comment la FED et Wall Street utilise les marchés pour prendre les Etats-Unis et le monde en otage

Pas très fin mais efficace. (via ZH)

Une Sénatrice confie à un administré frustré qu'elle n'a voté pour la reconduction de Bernanke que sous la menace d'un krach boursier:

I was advised that rejecting his nomination would cause markets to nose dive, which would hurt retirees and families saving for their future. I am not enthusiastic in my support.

Un autre sénateur explique en réponse à un autre administré pourquoi cette situation est inacceptable:

While I have heard the concerns of many that the failure to confirm Mr. Bernanke would have damaged the financial markets and jeopardized our economy recovery, I do not believe that anyone, including Mr. Bernanke, is too big to be replaced. We should not hold our economy hostage to the Wall Street threat that total economic collapse is the sure result of not doing everything they want.

mercredi 26 mai 2010

Light Provence Blogging

Pas beaucoup de posts récemment. Il faut dire que je me suis perdu dans les Alpilles ce week-end et que vue de là-bas, la crise semble beaucoup moins inquiétante.

dimanche 23 mai 2010

Jim Rickards Blogo Compliant

Je ne sais pas grand chose sur Jim Rickards mis à part le fait qu'il était chez LTCM et que je suis d'accord avec ses récentes déclarations sur les CDS et Merkel (via ZH):

Also discussed is Germany's ban on naked shorting, which Rickards applauds, not so much as a policy move, but as a symbolic stand by European sovereigns against the bullying power of Wall Street, something we fully agree with is long overdue. "Merkel will definitely be supported by others. I know the French were a little but upset that she did it, but they are not upset because she did it, but that she did it first. Sarkozy will join in."
...
Some critical insight from Rickards in terms of European geopolitics is the following: "People get so hung up on economics, and efficient markets, and all that which has been largely discredited at this point. But these are NATO allies. Greece controls the ceiling of the Eastern Mediterranean and the Aegean, they have a very robust military budget. Same thing with Spain. Spain's been a very important NATO ally throughout the cold war, Italy etc. Can you imagine if during the cold war the Soviet Union had undermined all the countries, it would have been the start of World War III. And yet we are letting investment banks do the same thing. We are letting investment banks undermine the finances, cast doubt on the credibility, create civil unrest, riots, death. It's the kind of thing that in a military frontal assault would be repelled, but somehow we let Wall Street attack the countries and do nothing about it. I am glad that someone is finally standing up, and I expect that Merkel will be joined by others. I am not against speculation. Let speculators put up some money, let them do on an exchange, let the pricing be transparent, let them do variation margin... This no money down shadow credit default swap market is completely destructive."

vendredi 21 mai 2010

Friday Plane Blogging

(A380 - cliquer pour agrandir)

mercredi 19 mai 2010

Merkel refuse l'inacceptable

Le Ministère des Finances allemand a annoncé hier la fin des "CDS nus" sur la dette souveraine européenne. Enfin une réponse musclée d'un politique à un système financier complètement hors de contrôle! La réponse ne s'est d'ailleurs pas faite attendre dans la blogosphère financière américaine: ils sont nombreux à hurler que "Merkel va tout casser" et que "c'est irresponsable" et "techniquement mal implémenté". D'autres, et j'en suis, trouvent que c'est au contraire audacieux et que nous n'avons que trop tardé. D'autres encore pensent que c'est une déclaration de guerre au complexe "Wawa" (Wall Street-Washington). On dit même que ce sont les renoncements répétés d'Obama sur la réforme financière au Congrès qui auraient poussé les allemands à cette extrémité. Et il est vrai que cette mesure est la porte ouverte à la mise sous coupe réglée du marché des CDS par les Etats (espérons que ce "cavalier seul allemand" ne durera pas) qui font enfin face à leurs responsabilités après plus de 18 mois d'une mollesse insigne devant les institutions financières. En effet, quand la supposée martingale des CDS a explosé à la figure des contribuables du monde entier à l'automne 2008, les Etats n'ont rien trouvé de mieux à faire que d'utiliser l'argent public et la création monétaire pour faire perdurer cette incroyable ineptie économique qui venait de faire la preuve de sa toxicité. Il s'agissait en effet d'une véritable poule aux oeufs d'or pour des banquiers sans foi ni loi qu'il fallait semble-t-il à toute force protéger. On se demande bien pourquoi...

Merkel jette donc un pavé dans la mare. Cela va-t-il déclencher une réaction en chaîne qui pourrait mettre le système financier international en difficulté? C'est une possibilité car les banques se doivent de répliquer si elles veulent protéger ce racket ô combien lucratif. L'euro a d'ailleurs déjà souffert pendant la nuit. Le chantage à l'implosion du système est le modus operandi des banques depuis le début de la crise. Si les choses devaient s'envenimer, des commentateurs "avisés" seraient alors nombreux à blâmer la Chancelière allemande pour cette mesure alors qu'elle n'aura été en réalité que la simple réponse à une situation intenable. Merkel ne fait que refuser l'inacceptable. En effet, par le passé, les spéculateurs devait mobiliser des capitaux substantiels pour mener un combat "à la loyale" avec les banques centrales (on pense à Soros en 1992 par exemple). Aujourd'hui, avec des produits dérivés comme les CDS, il n'y a pas de limite aux positions spéculatives que les intervenants de marché peuvent prendre face aux banques centrales. Comble du ridicule, ces positions purement factices qui ne nécessitent pas (ou beaucoup trop peu) de collatéral ne peuvent exister que parce que les banques sont soutenues à bout de bras par les Etats, les banques centrales et finalement tout le corps social!!! La vérité est qu'il est grand temps qu'un politique, quelque part, finisse par avoir le cran de remettre les banquiers à leur place.

J'entendais Jacques Généreux ce week-end déclarer que l'attitude des politiques face aux banques dans la crise relevait jusqu'à maintenant de l' "esprit de Munich". David Abiker le mettait en garde aussitôt en lui rappelant la règle de Godwin (selon laquelle les gens qui n'ont plus rien à dire dans un débat finisse d'une manière ou d'une autre par invoquer l'Allemagne nazie). Je crois cependant que l'analogie a un peu de mérite. Depuis l'automne 2008, les politiques n'ont fait que se coucher devant les institutions financières sous l'impulsion des Etats-Unis où les banques font la pluie et le beau temps (Goldman Sachs a été le second contributeur de la campagne d'Obama, le Sénateur Dick Durbin a déclaré que les banques "possédaient franchement le Congrès" etc...). Pourtant, et c'est là que l'analogie avec Munich se justifie: plus on leur donne, et plus elles sont en appétit. Il faut donc que quelqu'un dise "stop!" car les banques ne se calmeront pas d'elles-mêmes. Pourquoi? La raison en est simple: elles sont elles-mêmes abasourdies par le volume de soutien qu'elles reçoivent et elles savent bien que cela ne peut pas durer. En conséquence de quoi, plus que jamais, la seule chose qui compte est le prochain bonus car tout le monde sait que c'est très probablement le dernier. Le système de bonus combiné à l'afflux quasi illimité de liquidité rend donc impossible la modération et "l'atterrissage contrôlé" du système bancaire. Les banquiers ne peuvent être apaisés! Nous ne pourrons que les mettre au pas. Et il ne faut cependant pas se tromper: cela va nous coûter dans un premier temps. Comme à Munich, faire face à nos responsabilités n'a rien de réjouissant mais en différer le moment ne fera qu'aggraver les choses.

Depuis que la prise d'otage des citoyens par les banques a commencé à l'automne 2008, nos hommes politiques ont connu un véritable syndrome de Stockholm. Nous avons en gros suivi l'exemple américain sans réaliser qu'il nous condamnait à appliquer chez nous les mesures que Wall Street ordonnait à Washington et qui aboutissait sans surprise à engraisser prodigieusement une seconde fois les banques qui avaient déjà fait "jackpot" en causant la crise. Le conservatisme, le manque d'indépendance d'esprit et le confort psychologique que nous procure l'ordre américain nous ont conduit à une position de soutien illimité à des banquiers faillis et à un système financier international également failli. C'est un peu l'histoire de la femme battue qui ne veut pas envoyer son conjoint en prison pour préserver son mode de vie mais qui fait l'objet de plus en plus de violence.

Merkel en a donc eu assez de tendre l'autre joue et nous lui en sommes redevables. Quelles que soient les difficultés à venir (et elles seront pires que celles que nous avons connues jusqu'à aujourd'hui), il fallait bien que quelqu'un se décide à prendre le mors aux dents. Le status quo actuel qui permet aux banques de s'abreuver directement de cash à la fontaine des banques centrales ne peut pas et ne doit pas durer. Cette situation grotesque sape les fondements de notre système économique. Il est tragique que pendant 18 mois, la faillite économique des banques aient été suivie par une faillite morale qui a ridiculisé les politiques du monde entier. Cette faillite morale n'était pas nécessaire et elle a corrompu les fondations des principales économies mondiales (création monétaire débridée au profit quasi exclusif de la sphère financière, abrogation pure et simple de règles comptables gênantes dans la finance, généralisation de l'aléas moral, collusion entre pouvoir politique et financier, récompense de l'échec, destruction du pacte social et de la confiance des citoyens dans leurs élites, concentration accrue des banques surtout aux Etats-Unis...). L'infection de dettes pourries qui aurait dû être traitée alors qu'elle était encore circonscrite à la sphère financière a maintenant atteint les finances publiques et ronge tout le corps social. Il est grand temps qu'on essaye sérieusement d'arrêter le massacre.

Elections partielles, primaires, la vieille garde massacrée

Arlen Specter a perdu son siège (il avait déserté le parti républicain il y a quelques mois car il pensait avoir plus de chances de gagner comme démocrate...). Blanche Lincoln est en difficulté dans une primaire (corporate tool en dépit de son amendement un peu dur sur les produits dérivés qui n'avait aucune chance de passer et qui était surtout une posture électorale). Rand Paul, le fils de Ron Paul a gagné une primaire pour les sénatoriales dans le Kentucky.

Dure soirée pour les caciques.

Le privilège exorbitant a la vie dure

Barry Ritholtz remarque une étude de l'ISI qui montre que depuis 2007, la taille du bilan de la FED a augmenté de 165% contre seulement 70% pour la BCE. Cela lui fait conclure que la BCE a "de la marge de manoeuvre. Malheureusement, comme nous le constatons amèrement en ce moment, le postulat selon lequel les mêmes règles s'appliquent au dollar et à l'euro ne semble pas très réaliste.

En théorie effectivement, le dollar aurait dû dévisser par rapport à l'euro et beaucoup de gens pensaient quand l'euro était à $1,60 qu'il irait à $2. Malheureusement, les faiblesses structurelles de l'euro et le monopole apparent des américains sur les croyances qui structurent nos perceptions de l'économie font que le dollar reste étonnamment haut. Mieux encore, c'est toujours une valeur refuge!

Goldman, toujours plus fort...

La firme n'a pas fait une journé de perte de trading au trimestre dernier. Mieux, il n'y a pas eu un jour où elle a gagné moins de $25 millions.

En revanche, cette news Bloomberg indique que 7 des 9 "trades" conseillés par Goldman pour 2010 se sont révélés perdants. Believe it or not.

C'est un des dadas de Zero Hedge: il faut toujours faire l'inverse de ce que recommande Goldman: s'ils recommandent l'or, c'est qu'ils en vendent. S'ils suggèrent l'euro c'est qu'ils investissent dans le dollar etc... Une fois de plus ces chiffres bizarres (perdants sur les recos, gagnants avec leur blé) confirment les suspicions que soulève ZH.

Il va finir par falloir envoyer l'armée au 85, Broad Street. Cette plaisanterie n'a que trop duré.

mardi 18 mai 2010

L'Allemagne interdit les naked shorts financières + CDS souverains

Décision prise ce soir qui plombe l'Euro. C'était déjà le cas aux Etats-Unis après l'automne 2008 pour les financières. Par contre l'Allemagne rajoute une nouveauté: interdiction des naked CDS sur les obligations souveraines.

C'est, je l'espère, le début de la fin pour les naked CDS souverains (et les autres!!!). Espérons également que la France va emboîter le pas rapidement pour ne pas laisser aux marchés la possiblité de "punir" l'Allemagne (ils punissent déjà de toute façon l'Euro). Etonnant que cela n'ait pas fait l'objet d'une annonce européenne.

C'est l'occasion pour moi de revenir sur deux posts de ZH de la semaine dernière que je voulais linker et qui ont trait à ce sujet:

1) Dans ce post, un "ancien dirigeant d'un grande banque" explique pourquoi ce sont les banquiers européens qui ont le plus intérêt à jouer contre l'euro. C'est du Zero Hedge basé sur un témoignage anonyme donc il faut rester circonspect mais le mécanisme semble possible même si j'aurais aimé qu'une de ses articulations soient expliquée plus clairement A garder à l'esprit en tout cas...

2) Ici, Jim Rickards, un ancien de LTCM (hedge fund qui a implosé spectaculairement en 1998), explique ici que si Soros était contraint par la disponibilité de cash quand il spéculait contre la livre en 1992 rentrant dans un affrontement "à la loyale" avec les banques centrales (BOE en l'occurrence), les dérivés permettent aujourd'hui de prendre des positions d'une taille illimitée contre les Etats. Les dérivés décuplent les moyens des banques dans ces nouveaux bras de fer et change donc le rapport de force en défaveur des Etats.
Jim Rickards: "Goldman Can Create Shorts Faster Than Europe Can Print Money"

Red pill or blue pill?

Bien avant "Matrix":

God offers to every mind its choice between truth and repose. Take which you please, — you can never have both.

Ralph Waldo Emerson, écrivain US du 19ème siècle.

lundi 17 mai 2010

Angela Merkel sur ligne Zero Hedge...

Angela Merkel déclare que la zone euro n'a fait que "gagner du temps" avec le plan de sauvetage. C'est vrai mais je ne pensais pas que la candeur faisait partie de la "job description" d'une chancelière. En tout cas pas en matière monétaire.

dimanche 16 mai 2010

Le frère de Jon Stewart, COO du New York Stock Exchange

On se souvient de Jon Stewart erreintant Jim Cramer. Globalement, la couverture de la crise par le Daily Show a été drôle, comme il est normal, mais également très incisive et informée par rapport aux vieux médias ce qui était peut-être moins évident. Et bien j'ai appris hier que le frère de Jon Stewart était COO du New York Stock Exchange! Voilà un canal d'information informel qui a dû être utile à de nombreuses reprises pour le "Daily Show". Jon Stewart a-t-il un autre frère qui bosse sur une plateforme pétrolière pour couvrir la marée noire? Toujours pratique...

Quand j'étais aux Etats-Unis j'ai connu un couple dont le mari était star trader dans un hedge fund spécialisé dans le subprime. Sa femme entrait au New York Times comme journaliste débutante dans la "business section". Elle a depuis écrit ou co-écrit l'essentiel des articles techniques sur la crise. Je suis sûr qu'elle a eu un relecteur attentif... Sa carrière a en tout cas explosé.

Cela permet sans doute au lecteur d'être mieux informé mais cela pose également un problème de conflit d'intérêts. Cette journaliste du NYT habite une belle maison qui a été payée par des bonus réalisés dans le subprime (incidemment en fourguant nombre de ces bombes à retardement à des européens). Elle n'a clairement pas intérêt à commenter dans un sens qui favoriserait une "criminalisation" de la crise. Ce qu'elle écrit peut aussi influencer les perspectives d'emploi de son conjoint (tout le monde connaissant le lien dans le milieu). Pareillement, que dirait Jon Stewart si un scandale se développait mettant en cause le New York Stock Exchange directement? (on en est pas loin: son frère a été entendu au Congrès pendant trois heures cette semaine sur le krach de 9,7% de la semaine passée.) Serait-il aussi incisif? Cela pose un problème qu'on pourrait qualifier de "journalisme de classe". Je pense que des "disclosures" devraient être de mise dans ces cas particuliers.

Cela peut-être ponctuellement important mais c'est un phénomène sans doute limité par rapport au caractère massif des intérêts économiques qui corrompent en permanence les vieux médias surtout quand ceux-ci parlent... d'économie (mais aussi un nombre croissant de blogs, ne rêvons pas).

Photo du frère de Jon Stewart (air de famille?):

Aussi je l'ai déjà posté mais voici le Daily Show après le krach de 700 points du Dow Jones. A revoir en sachant que son frère est COO du NYSE. Je ne pense pas qu'on puisse parler de complaisance pour l'instant... Et si la responsabilité du NYSE était mise en cause?
The Daily Show With Jon StewartMon - Thurs 11p / 10c
A Nightmare on Wall Street
www.thedailyshow.com
Daily Show Full EpisodesPolitical HumorTea Party

samedi 15 mai 2010

Dorgan contre une pseudo réforme

Ce post de Daily Kos est intéresssant. Il comprend la vidéo du Sénateur Byron Dorgan qui demande à ce que la réforme financière soit substantielle: casser les banques "too big to fail" et interdire les "naked" credit default swaps (tant qu'ils existeront, même des établissements financiers relativement petits seront "too big to fail" car les CDS créent un "web" d'obligations gigangtesque par rapport à la taille des institutions qui les souscrivent).

Il fait aussi référence à l'échec de l'amendement Kaufman/Brown le jeudi du crash. Le blogo avait émis l'hypothèse que le passage de cet amendement était à l'origine du crash de 9,70% (proposé avant, rejeté après!). Barry Ritholtz accrédite cette thèse en trouvant l'argumentaire de Max Keiser sur le même point séduisant. Wall Street aurait alors fonctionné comme une doomsday machine: "vous menacez notre noyau? Nous faisons chuter les marchés". C'est leur modus operandi depuis le début de la crise d'une manière ou d'une autre. Le problème de cette thèse est la rapidité de la séquence d'évènement. Elément qui plaide pour cette thèse: le pourcentage de la chute. En effet, au-delà de 10%, le New York Stock Exchange aurait dû fermer. 9,70% permet de faire peur sans créer trop de disruptions...

Addendum: A noter cette critique du traitement par les médias du rejet de l'amendement Brown/Kaufman par la Columbia Journalism Review (CJR - wordtag).