samedi 10 janvier 2009

Rubin quitte Citigroup

Rubin part de Citigroup. Atrios commente ironiquement cette news bloom:

Saturday, January 10, 2009
Nice Work

Such a shame it all went bad. Hoocoodanode?
Jan. 10 (Bloomberg) -- Robert Rubin, the former Treasury secretary who advised Citigroup Inc. as it lost $20 billion in the subprime mortgage crisis, resigned his position as senior counselor and won’t stand for re-election to the board.
...
Rubin, who served at the Treasury’s helm from 1995 to 1999 under President Bill Clinton, was criticized by investors for collecting more than $150 million in pay in a decade while failing to steer Citigroup away from subprime securities. The investments led to four straight quarterly losses and prompted the bank to turn to the government for a rescue package.

“His reputation has very much been damaged by what has happened at Citi,” Bert Ely, chief executive officer of Ely & Co., a bank consulting firm in Alexandria, Virginia, said in a Bloomberg TV interview. “Fair or not, Citi’s problems do reflect negatively on him.”
It's all so unfair.
Comme déjà signalé ici, si vous regardez la fiche Wikipedia du nouveau Secretary of Treasury, Tim Geithner, vous constatez qu'il est présenté par certains comme un "Rubin protégé" (en anglais dans le texte). On est donc bien dans la sempiternelle farce dénoncée par le blogo: en dépit de la faillite la plus spectaculaire de l'histoire pour les américains, l'équipe dirigeante reste inchangée.
Pour mémoire, Geithner n'est pas seulement compromis par ses affinités avec des gens comme Rubin et Summers qui ont été des "cheerleaders" (pom pom girls) de la "debt economy" des 20 dernières années, il a pris une part active à la mise au point et à l'implémentation du bailout plan qui se révèle avoir été à l'économie américaine ce que la guerre en Irak a été à la politique étrangère US: le moment de vérité où, sous la menace, la corruption d'un pan entier de la politique de la nation éclate au grand jour.

El Globo Blogo

J'ai commencé à poster (en anglais) sur El Globo Blogo. Chaque post (ou groupe de posts) apparaissant sur El Globo Blogo sera référencé avec un lien sur El Blogo.

vendredi 9 janvier 2009

Dernier scandale pour Bush?

Bush a tout raté. C'est un imbécile meurtrier sans conscience. La question est: peut-il encore nuire alors qu'il ne lui reste que 10 jours comme président?

La réponse est oui. Un des pouvoirs du président qu'il exerce avant son départ est la grâce présidentielle. Bill Clinton avait grâcié des personnages peu savoureux sans qu'on en comprenne vraiment la raison si ce n'est la corruption pure et dure (ce gars vient à l'esprit par exemple). Le problème de Bush est qu'un certain nombre d'individus ont commis des exactions en servant le président ce qui n'était pas forcément le cas avec Clinton (cet homme, dont la peine a déjà été commuée, est un exemple). S'il les gracie, il crée un précédent: les subordonnés d'un président peuvent faire n'importe quoi car ils seront grâciés subséquemment par le Président.

Bush pourra-t-il résister à faire cette dernière insulte aux institutions (anciennement) démocratiques des Etats-Unis? On ne peut pas compter sur ses aides pour lui éviter cette dernière honte. Ces huit ans auront été un long dîner de con durant lequel on aura fait porter à cet imbécile un nombre de crimes jusqu'au quel il ne sait sans doute pas compter. Pourquoi s'arrêter en si bon chemin? Let's humiliate this idiot one last time.

Qui paye la fête de l'inauguration d'Obama?

Voir cet article du Wall Street Journal. Barack a empêché que les agappes ne soient payées par des entreprises directement (contrairement à W). Résultat ce sont des fundraisers: des individus membres d'une société (le plus souvent) côtisent et l'argent est donné au nom de la société (limite individuelle à $50000, limite des agrégats à $30000). Pas très différent. Sur les $27 mln collectés, $6 mln viennent de Wall Street constituant la plus grosse contribution. 378 individus ont fourni 70% des fonds collectés. Ploutocratie disions-nous?

Le système est le même (à une autre échelle) pendant les élections présidentielles: la limite des dons individuels est $2300. Alors des gens d'une banque rassemblent de l'argent et donnent au nom de la société (ou des cabinets d'avocats, ou des lobbyists). Bien sûr, les broker dealers de Wall Street sont les sociétés qui comptent le plus d'individus capables de donner le maximum.

Dans le cas d'Obama il y a eu une nouveauté: il a obtenu énormément de fonds par le biais de petites donations et via internet. Mais les banquiers ont fini par abonder massivement dans le sens du vainqueur des primaires démocrates. Cela a eu deux conséquences: Obama est de loin le candidat qui a levé le plus d'argent dans l'histoire et il n'est que marginalement plus libre de ses mouvements que les présidents précédents.

Swinging London

La banque d'Angleterre a mis ses taux hier au niveau le plus bas depuis sa fondation (1694). Tout va bien. L'idée que la solution à cette crise est de faire disparaître la monnaie est complètement hallucinante. A noter que cette idée nous vient précisément de ceux qui nous ont apporté cette crise. On peut leur faire confiance. Espérons que la BCE ne se laisse pas entraîner sur cette pente. C'est là qu'il va falloir compter sur la corde de rappel allemande.

En gros, il est communément admis que cette crise est venue de la baisse des taux américains à 1% autour de la fin 2003. On a alors fait marcher la planche à billets à plein pour éviter une récession substantielle aux Etats-Unis. Et pourtant, la FED juge raisonnable de baisser les taux, non pas à 1% mais à 0.25%. Les fous ont les clés de l'asile.

Non Farm Payrolls -524K

Les "Non Farm Payrolls" sont les chiffres de l'emploi reportés chaque mois par le Bureau of Labor Statistics. Le chiffre du mois de décembre est -524000 (pertes d'emplois). Comme maintes fois dénoncés sur le blogo (ici et ici par exemple), ces chiffres sont sujets à caution: chaque mois, le chiffre annoncé est minimisé et se voit corrigé les mois suivants à la hausse. Ainsi on nous annonce pour novembre et octobre une correction de -154000 sur un total de -853000 d'abord estimé pour la période (18% en + sachant que le mois de novembre sera encore révisé une fois et on sait déjà dans quel sens...).

Cela fait deux ans que je suis ces chiffres avec attention et ça a été une constante. En gros, si on prenait toutes les corrections vers le bas sur l'année et qu'on les annonce d'un coup un mois donné en les intégrant dans le "headline number" (chiffre mis en avant dans les medias), la bourse ferait -5% ce jour là.

Cela ne peut pas être par hasard. Je maintiens donc qu'en dépit des nouvelles gravissimes qu'on nous annonce, tout est fait pour limiter l'impact de cette crise sur les esprits, y compris la manipulation des chiffres même si cela va devenir de plus en plus dérisoire. Je suis persuadé que ce n'est pas la seule statistique qui fait les frais de ce "massaging" (voir les chiffres de la croissance ici). Quand on voit les énergumènes aux commandes, on ne peut pas s'attendre à autre chose.

Friday Plane Blogging

jeudi 8 janvier 2009

La croyance mystique du jour

Le monde financier va de croyance mystique en croyance mystique et se voit à chaque fois complètement démenti par les faits. D'abord, l'essentiel de la dette subprime était AAA, après Fannie et Freddie étaient solides, puis les broker dealers de Wall Street avaient les reins solides...

Aujourd'hui, ces mystiques se sont réfugiés dans la dernière place forte: les Etats sont des emprunteurs fiables et leur capacité d'emprunt est sans limite (d'où l'entourloupe: nous nous sortirons de la crise en endettant le contribuable, alors qu'il a déjà fait défaut à titre privé... tout cela est développé ici).

Les petits Etats ont déjà des difficultés importantes (Islande, Equateur, certains pays de l'est) mais les ventes aux enchères de dette des grands pays commencent à être accueilli avec circonspection: UK et de l'Allemagne.

Aussi pour la première fois (selon moi), des voix sceptiques commencent à se faire entendre sur l'énormité de l'endettement américain prévisible à moyen terme. Extrait:

“CBO’s deficit projections are jaw-dropping,” said Senate Budget Committee Chairman Kent Conrad, a North Dakota Democrat. “This is one of the worst budget forecasts I have seen in my lifetime. President-elect Obama is being handed an absolute fiscal disaster.”

Madoff toujours libre...

Ca pourrait se terminer ceci dit car il a envoyé à sa famille et ses amis pour plus d'un million de dollars de bijoux. Il ne pensait pas que cela allait contre le gel de ses actifs car lui et sa femme ne voyaient dans ces bijoux qu'une valeur sentimentale (dixit son avocat).

Et de l'or? Et du cash? Tout a-t-il été intercepté? Ce maintien en liberté de Madoff est un scandale. Il est clair qu'il a dû tout faire, en coordination avec des membres de son entourage plus mobiles (il est quand même assigné à résidence), pour sauver ce qui peut l'être et brouiller les pistes. Comment les juges ont-ils pu imaginer qu'il puisse en être autrement?

mercredi 7 janvier 2009

Le blackberry d'Obama

L'exercice de la fonction présidentielle change-t-il avec l'avènement de l'internet? Le président a-t-il une adresse email?

Il paraît qu'un ajustement difficile pour Obama dans son nouvel habit de président a été de renoncer à son blackberry. Comme à l'Elysée au début de la présidence Sarkozy, le blackberry ne semble pas avoir les faveurs des services de sécurité des Etats.

Cela pose la question du rapport des dirigeants avec les nouvelles technologies. Je soupçonne que nous n'avons pas fait un grand pas en avant en cette matière en passant du "mulot" de Chirac (inoffensif) à la charge méthodique de Sarkozy contre les échanges de fichiers sur internet. L'un comme l'autre doivent être incompétents en matière informatique.

L'attachement d'Obama à son blackberry montre un niveau de familiarité différent avec l'internet. Obama est trop vieux pour avoir eu un ordinateur portable pendant ses études. Il est possible qu'il ait eu en revanche un ordinateur fixe comme étudiant à Harvard entre 1987 et 1990. Qui peut dire qu'en 1999, alors qu'il n'avait que 38 ans, il n'ait pas téléchargé de musiques sur Napster?

Il est très probablement comme un poisson dans l'eau sur internet. Il a sûrement ses habitudes, des blogueurs en qui il a confiance. Son engagement politique est très récent, il ne vit "dans une bulle" que depuis qu'il est sénateur (2004). Il a vraiment un côté "sorti des rangs" de la société civile. Peut-on envisager un président partiellement autonome en matière d'information? Un président qui participe à un forum sous un pseudo (il y a un épisode de West Wing où un conseiller du président se prend au jeu de défendre ses mesures directement sur un forum)? Un président qui laisse un commentaire sur un blog?

Sort-on d'une période où le président se contentait des revues de presse compilées par des aides et du "journal de référence" local pour rentrer dans un monde où, s'il y a un débat sur la torture par exemple, le président va directement aller sur le site de Glenn Greenwald parce qu'il sait que ça en vaut la peine? Tous les gens qui utilisent l'internet vont régulièrement sur wikipédia pour vérifier telle date ou se remémorer tel évènement. Obama ira-t-il sur Wikipédia? Cela serait-il dangereux? En sera-t-il dissuadé? Etre président est plus susceptible de confronter quelqu'un régulièrement à son ignorance que beaucoup d'autres professions (surtout pour W, certes). A quand un ordinateur portable sur le bureau de l'Oval Office? Sous le bras d'Obama? Exciting times...

Update: Et qui pourra demander au président d'arrêter de zoner sur internet pendant les heures de bureau s'il en était besoin?

Greenwald se réjouit d'une autre nomination

Dès avant la possible nomination de Leon Panetta comme directeur de la CIA, Glenn Greenwald (blogueur très influent à Salon.com) se réjouissait de la nomination d'un autre adversaire intransigeant de Bush au Office of Legal Counsel.

Il semble que les dernières nominations laissent enfin la place autour d'Obama à des gens qui ne se sont compromis en aucune manière pendant les années Bush et qui sont finalement assez rares. Ces gens inquiètent l'establishment de Washington. Espérons que dans deux ans, plus de radicalité dans les nominations apparaîtra naturelle.

Buffett n'échappe pas à la crise

L'oracle d'Omaha qui se proposait quasiment à lui tout seul de "call the bottom" de la crise (déclarer que la crise avait atteint son plancher) en investissant dans Goldman Sachs en octobre 2008 n'est pas épargné par la crise.

Il fait partie de ces américains qui, quoique prescients sur un certain nombre de causes de la crise, n'ont pas pu se résoudre à tirer l'échelle au système. D'autres investisseurs, comme Jim Rogers, n'ont pas eu cette faiblesse nostalgique. Rogers conseille à qui veut l'entendre de se débarasser des actifs en dollar. Il est parti vivre à Singapour avec ses deux jeunes enfants (pour leur avenir dit-il, depuis quelques années déjà). Buffet semble, lui, américain à la vie à la mort ce qui se comprend tout à fait et ce que le Blogo ne lui reprochera pas. Il faut aussi dire que si quelques centaines de millions de dollars ou même quelques milliards se délocalisent assez facilement, Buffett est tellement plus riche et ses actifs tellement imbriqués dans l'économie américaine que le simple "virement" n'est pas une option. Son romantisme supposé n'en est donc pas nécessairement un.

J'ai une faiblesse pour cet homme, notamment parce qu'en dépit de sa situation, il a été capable de déclarer ça. J'ai toujours du respect pour les gens qui arrivent à exprimer des points de vue qui ne sont pas purement et simplement ce qu'on attend d'eux en cartographiant leurs intérêts. (Il est évidemment plus facile d'éblouïr par sa liberté de ton quand on se trouve dans une telle position de force.)

Meredith is back

Meredith Whitney, analyste star depuis l'automne 2007 quand elle avait déclaré que le roi (Citigroup) était nu, chiffre les provisions à passer par les banques en 2009 à $40 milliards. More fun to come.

A noter qu'elle n'est toujours pas tellement concurrencée sur son credo: la description de la dure réalité.

Crise économique ou crise politique?

Lire cet article (en anglais) pour une petite illustration du rôle de l'argent dans la politique américaine. L'élu est en recherche de fonds permanente. Pour en obtenir, il met son influence "en vente" au plus offrant. Pour toutes les causes et tous les business.

Clinton ici a possiblement fait une faveur à un magnat de l'immobilier commercial, apportant sa pierre au dérèglement économique de la nation et du monde (l'immobilier commercial n'est pas aussi connu que le subprime pour l'instant mais les mêmes mécanismes y ont abouti aux mêmes effets et l'effondrement approche). Ce qu' a peut-être fait Clinton en l'espèce n'est ni spectaculaire ni même probablement illégal. Cela donne simplement une idée de la manière dont les choses se passent dans les deux partis et dans tous les secteurs de l'activité économique.

Ce système de mise aux enchères de l'influence des élus est pour une bonne part légal. On peut supposer que cette partie légale met en place des contacts et des relations qui favorisent l'apparition d'une autre couche de corruption souterraine massive également comme on l'entrevoit ici (via Atrios qui vit à Philadelphie). Chaque élu américain est en fait une grosse PME. Une chose qui m'a frappé est le coût finalement assez modique pour lequel on pouvait acheter de l'influence. Le marché est très liquide.

Il y a un moment dans la vie politique d'un pays où les corrupteurs ont tout à coup assez d'influence pour écrire des lois de financement permettant d'accroître leur influence. Ce point de non retour a été atteint il y a bien longtemps aux Etats-Unis. Les politiciens ne deviennent alors que des pantins ridicules, courroies de transmission de la volonté politique non pas de leurs électeurs mais de leurs donateurs. Une fois que ce mécanisme atteint ce point de non-retour, il s'auto-entretient et se renforce sans cesse jusqu'à ce que le système cède sous le poids de sa propre corruption. C'est là où les américains en sont aujourd'hui.

C'est pourquoi ce que tout le monde décrit aujourd'hui comme une crise économique est en réalité une crise politique et que sa réelle solution passe par une réforme du système politique et plus précisément des lois de financement de la vie publique. Tant que la réforme politique est repoussée, les pansements (encore lucratifs pour certains, les payeurs) aposés sur l'économie (bailout plan) ne seront que l'émanation du même système failli et ne seront pas le produit d'une réelle volonté de réforme.

Cela était évoqué dans le blogo ici. J'ai copié le passage correspondant:
Comment évaluer une présidence Obama alors? Le noeud gordien de la politique américaine est la loi de financement des campagnes électorales. C'est ce système vermoulu qui fait qu'aujourd'hui chaque grand secteur économique écrit lui-même ses lois (on a vu ce que ça donnait dans les mortgage) et que l'intérêt général est perdu corps et bien. Obama peut faire beaucoup de bonnes choses en deux mandats mais pour que son action soit durablement transformatrice, il faut qu'il change radicalement le financement de la politique aux USA.

Change we can believe in!

Je m'interrogeais sur la nomination de Leon Panetta (directeur de cabinet de Clinton pendant 2 ans et demi). Je n'arrivais pas trop à me faire une opinion jusqu'à que je tombe sur Daily Kos sur un article écrit pas Panetta il y a un an:

According to the latest polls, two-thirds of the American public believes that torturing suspected terrorists to gain important information is justified in some circumstances. How did we transform from champions of human dignity and individual rights into a nation of armchair torturers? One word: fear.

Fear is blinding, hateful, and vengeful. It makes the end justify the means. And why not? If torture can stop the next terrorist attack, the next suicide bomber, then what's wrong with a little waterboarding or electric shock?

The simple answer is the rule of law....

Those who support torture may believe that we can abuse captives in certain select circumstances and still be true to our values. But that is a false compromise. We either believe in the dignity of the individual, the rule of law, and the prohibition of cruel and unusual punishment, or we don't. There is no middle ground.

We cannot and we must not use torture under any circumstances.

This is definitely change we can believe in! Go Barack!

Voilà quand même un élément majeur de satisfaction: à un poste qui représentera ses yeux et ses oreilles de président en matière internationale, Obama à placer un outsider (pas un ancien du renseignement) qui n'aura de loyauté qu'envers lui. Qui plus est, un homme qui représente un "clean break" avec les années Bush (contrairement à Clinton et à Geithner). Je vais peut-être apprendre des choses dans les jours qui viennent sur Panetta qui me rendront moins enthousiaste mais cet article a bien été écrit et ça, ça ne changera pas. Champagne!

Les démocrates toujours un peu mous face aux républicains...

Un éditorial de Krugman super déprimant. Vous pensiez que tout allait mal? Et bien c'est pire. Bien pire. Il se base sur la rapidité de la dégradation économique pour catégoriser cette crise dans la classe "possible crise de 29". C'est donc à l'aune de cette dernière qu'on doit essayer d'étudier, de comprendre et de traiter les problèmes actuels. Bonne journée...

Au passage, il est caustique sur le désir des démocrates d'avoir un soutien "bipartisan" pour leur plan de relance:

"News reports say that Democrats hope to pass an economic plan with broad bipartisan support. Good luck with that."

On peut quand même se demander pourquoi après une présidence républicaine désastreuse pour le pays qui se termine dans le chaos le plus total, alors même qu'ils viennent de gagner la présidence et des majorités massives au congrès, les démocrates se comportent comme des enfants qui auraient besoin de la validation de leurs aînés républicains. Non seulement cette validation leur est inutile mais elle va selon toute probabilité leur être refusée quelles que soient les concessions consenties. C'est toujours à sens unique: les républicains n'ont jamais fait de tels efforts de conciliation sous Bush quand ils avaient la majorité (même après 2006, les démocrates devenus majoritaire n'ont jamais vraiment affirmé leur pouvoir...).

Ce complexe démocrate est un mystère de la vie politique américaine évoqué sur le Blogo pendant les élections (surtout vers la fin de ce post). C'est un des résultats de la "révolution conservatrice" entamée sous Reagan qui se termine en ce moment.

lundi 5 janvier 2009

Attali sur les démocraties anglo-saxonnes

Attali sans illusion sur la faible qualité représentative des démocraties US et britannique aujourd'hui (cheval de bataille central du Blogo). Il faut regarder de 13min10s à 15min00s pour voir ce à quoi je fais référence. Ca fait du bien un peu de soutien d’une tête connue car la dysfonctionnalité de la démocratie US semble avoir été démentie (à l’œil non exercé) par l’élection d’Obama. Il n’en est rien (sauf si Obama arrivait à réaliser un exploit personnel à la faveur de la crise comme évoqué souvent dans le Blogo – voir notamment à la fin de ce post).

Je trouve au passage que ce qui paraît évident au Blogo et à Attali (cette faiblesse démocratique) est extrêmement peu débattue dans la presse française. Si vous avez des exemples infirmant ce point, merci de les mettre dans les commentaires ou de m'envoyer des liens à la nouvelle adresse email du blogo: mail.el.blogo@gmail.com

Conseils de visionnage : N’essayez pas de comprendre ce que dit l’irritant Zemmour (un peu piqué et qui part en vrille) ni le débat sous-jacent sur l'immigration: il faudrait remonter un peu avant dans la vidéo et ça n’a aucun intérêt. Zemmour est manifestement très peu informé sur ces questions.
Aussi pour ceux que ça amuse, Attali saoûlé par ces clowns, met fin à l'interview et quitte le plateau à la fin. Moment de télé toujours marrant (tout à la fin).

dimanche 4 janvier 2009

Peter Schiff

Peter Schiff sur Bloomberg News. Selon lui, la crise devrait être moins grave dans le reste du monde qu'aux Etats-Unis. Espérons qu'il ait raison. Ce serait un juste retour des choses car ils en sont responsables et qu'ils ont également beaucoup plus bénéficié que les autres de la croissance par la dette qui a conduit au désastre. Il est encore trop tôt pour voir une telle tendance se dégager. Pour lui, le dollar va à la cave. "We need a recession: America must stop borrowing and spending and start saving and producing". Indeed.

L'opacité illustrée

Je devine que certains lecteurs du Blogo trouve le style un peu geignard. Tout est gravissime. Tout est terrible. Les dirigeants américains sont très très méchants. Les banquiers aiment trop l'argent. Et d'ailleurs, on se demande bien à quoi bon parler de tout ça puisque de toute façon, tout est foutu!

Bon, d'abord le Blogo est plein d'espoir mais vu qu'on ne fait pour l'instant que s'enfoncer dans une crise sans qu'elle soit encore assez grave pour discuter de réelles solutions autres que des chèques en blanc aux banquiers (quoique), il faut bien reconnaître que l'heure est plutôt au constat désabusé et à l'indignation grandiloquente. Le Blogo est un peu à l'économie et à la finance américaine ce que Jean-Pierre Coffe est au jambon sous cellophane ("Mais c'est de la M...!").

Il faut aussi que je rappelle que ce que nous vivons est absolument sans précédent dans l'histoire. Le hold-up de fonds publics afin de sauver le secteur économique responsable de la crise (la finance) est déjà en soi un scandale sans nom (surtout quand les cinq plus grosses banques ont distribué à elles seules $120 milliards de bonus dans les 5 années précédentes). Mais l'opacité totale qui préside à l'attribution de ces fonds la rend encore plus ubuesque et digne de la pire république bananière comme illustré ici (via The Big Picture):
Face à ça, le commentariat économique "mainstream" décrit plus ou moins bien la situation mais s'indigne très peu et ne crie pratiquement jamais au scandale alors qu'il est permanent. Le citoyen américain est maintenu dans une espèce d'acceptation résignée qui laissera bientôt place à un engagement politique beaucoup plus important de chacun. Espérons que nous éviterons de passer par la case émeutes et "social unrest".

Un ami précieux (littéralement)

J'ai un ami qui m'a conseillé à l'été 2007 de vendre mes actions US et d'acheter de l'or. Depuis, l'or a fait +31% et le Dow Jones -33%.

Larry Summers en 2005

Krugman sur son blog du NYT attire l'attention sur un papier exposé devant un aéropage d'économistes et de banquiers centraux par Raguram Rajan intitulé "Has Financial Development made the world riskier?" (via WSJ). Il le qualifie de prophétique.

Extrait: "I will argue in this paper that the changes in the financial sector have altered managerial incentives, which in turn have altered the nature of risks undertaken by the system, with some potential for distorsions."

No shit!

Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a également un verbatim de la réaction des participants. Larry Summers (nouvelle star de l'équipe économique d'Obama), est condescendant et juge le propos "misguided". Une preuve s'il en fallait d'un des thèmes favoris du Blogo à savoir que les gens en charge aujourd'hui dans l'équipe d'Obama sont précisément ceux qui ont été les cheerleaders des excès qui nous ont conduit où nous en sommes.

Citation de Summers: "I was surprised by the tone of the recommendation..."; "But it seems to me that one needs to be very careful about stressing the negative aspects of the evolution, relative to the positive aspects of the evolution."; "The tendendy toward restriction that runs through the tone of the presentation seems to be quite problematic. It seems to me to support a wide variety of misguided policy impulses in many countries."
Way to go, Larry! Let's make you special counsel to the President for economic matters.

samedi 3 janvier 2009

Bailout plan: ça passe ou ça casse

Après avoir constaté que la crise n'a pas encore eu d'impact sur les portefeuilles de tous les américains ("The crisis is still more like a dark thundercloud than a pelting hurricane"), David Ignatius du Wapo examine deux scénarios pour la crise. Le bailout plan marche, ou pas.

S'il fonctionne, par définition, l'économie ira mieux à court terme mais toutes les règles de la vie économique auront été bafouées: on peut s'endetter à l'infini, on peut faire toutes les erreurs de management possibles, on peut surtout frauder sans retenue et arnaquer sans états d'âmes: cela n'est pas grave, à la fin on est bailed out. Ce serait les structures même de l'économie qui seraient menacées à moyen terme. Les dirigeants américains sont-ils prêts à compromettre irrémédiablement le moyen terme pour faire du "window dressing" (habillage) à court terme? Ca ne fait aucun doute: c'est ce qu'ils font depuis des années. Comme Ignatius le dit, citant un investisseur étranger, "In America, loans have gone from 'something to be repaid' to 'something to be refinanced.' "* Le succès du bailout plan ne serait pas autre chose que le plus grand refinancement de tout le temps: transfert de la dette privée américaine (en défaut) en dette d'Etat (as good as gold). Il poserait donc les bases d'une nouvelle structure économique molle (visqueuse vraiment) et qui porterait probablement en germe des dérèglements encore plus importants à moyen terme (exactement comme l'avortement par Greenspan de la récession de 2001 a porté en germe le naufrage actuel).

Si le bailout plan ne fonctionne pas (l'Etat américain perd sa capacité d'endettement infini au vu des difficultés du pays), les conséquences seront tragiques à court terme mais les règles de base de la vie économique auront été respectées. La fraude aura été sanctionnée et les acteurs ne développeront pas de nouvelles habitudes et des stratégies pernicieuses tenant compte des largesses infinies du contribuable (et du pigeon étranger) dans leurs calculs. En gros, le choc serait plus violent mais la réforme plus profonde et le redémarrage plus sain.

Le dilemme aujourd'hui est le suivant: doit-on souhaiter un effondrement américain rapide et spectaculaire qui permette des remises en cause en profondeur d'un système complètement corrompu? Doit-on souhaiter que les dirigeants américains restent en place au prix d'acrobaties financières et monétaires de plus en plus inouïes en espérant que ceux qui ont supervisé cette débacle arrivent à en dompter les effets et à lui donner une seconde vie (précaire)?

Qu'est-ce qui est souhaitable pour la société américaine? Pour le monde? Une des forces des américains et de répandre l'idée que ces intérêts sont alignés. Le sont-ils vraiment? Si les Etats-Unis sont les gardiens de règles universelles dans les relations internationales et de pratiques financières exemplaires, c'est défendable. Ca n'est plus le cas depuis la présidence Bush durant laquelle le droit international est devenu un paillasson et les flux financiers mondiaux ont été orientés de manière à alimenter un Ponzi scheme destiné à épargner une récession (2001) aux américains pour rendre indolore le coût de l'inepte "war on terrorism".

De toute façon, "the train has left the station" (le train à quitter la gare). Quels que soient nos souhaits, notre conservatisme (confort psychologique de rester dans ce que nous connaissons, le leadership américain) ou notre envie de réforme (envie légitime de voir les responsables sanctionnés), il est probable que plus personne ne maîtrise les évènements à l'heure d'aujourd'hui. Dans deux ans, on pourra probablement déterminer si les intrépides qui ont baissé les taux à 1% et encouragé les américains à utiliser leurs maisons comme une tirelire après le 11 septembre ont bien calculé leur coup ou se sont complètement ratés. Le Blogo pense qu'ils se sont plantés. Stay tuned.

* C'est exactement mon expérience quand on m'a appris les rudiments du subprime business: "et là, il fait quoi l'emprunteur au bout de deux ans quand ses intérêts doublent?", Réponse: "Il
refinance". Notons qu'en "refinançant", il engraissait au passage toute une foule d'intermédiaires. C'est très culturel, j'ai lu pendant la campagne qu'en 30 ans, Biden avait refinancé 29 fois ses mortgage.

L'opacité sauvera-t-elle l'économie américaine?

Dans l'opacité la plus totale (pour changer), la FED vient d'attribuer à quatre institutions financières privées la gestion de $500 milliards d'obligations hypothécaires pourries. Il n'y a pas eu d'appel d'offres, la rémunération des institutions n'est pas connue. Rien n'est dit sur de possibles conflits d'intérêt. La capitulation démocratique est totale. On a connu cette capitulation en matière de politique étrangère lors de l'invasion de l'Irak, on la retrouve de manière presque exactement symétrique en matière économique avec la gestion de la crise financière par l'Etat (passage en force avec menace d'apocalypse, pleins pouvoirs donnés à l'exécutif, mépris de tous les garde-fous censés garantir la bonne gouvernance et empêcher la corruption, irresponsabilité généralisée...).

Le ridicule américain est total, l'implosion flagrante. Pourtant, face à cela, le monde reste stoïque. La confiance du monde envers les Etats-Unis est confondante. L'investisseur étranger croyait à fond aux produits "subprimes" jusqu'à la dernière minute. Ce n'est même pas lui qui a découvert le pot aux roses! Il a fallu que les agences de notations disent qu'il y avait un problème en juillet 2007 (downgrade d'obligations par centaines) pour que le doute s'installe. Sinon, pas de problème, le papier américain aurait pu continuer à être placé encore quelques mois ou peut-être même plus. Et c'est toujours cette force des américains à imposer des fictions à la planète qui les maintient à flots aujourd'hui.

Un fonctionnement normal des marchés face à l'ampleur de la déroute américaine et l'opacité consternante des méthodes employées pour la contenir aboutirait à contraindre les Etats-Unis à la rigueur monétaire et fiscale comme le FMI le fait régulièrement avec un pays émergent (au prix de troubles sociaux qui valent au FMI sa popularité dans ces pays). Au lieu de ça, comme pour le subprime, le monde se refuse à voir les choses en face et ne s'y résoudra que contraint et forcé par la réalité de la situation là-bas.

Le monde est incapable de conceptualiser et de tirer les conséquences de la faillite américaine, il ne peut pour l'instant qu'être à sa remorque. Le choix a été fait de créer un magma informe de créances et de dettes sans aucun contrôle démocratique, de l'estampiller "USA" en le faisant garantir par le contribuable, de détruire au passage le dollar pour faire bonne mesure et de prier pour que le tout tienne le coup. Ca ne tiendra pas. You read it here first!

vendredi 2 janvier 2009

jeudi 1 janvier 2009

L'internet devant la presse selon PEW

L'internet passe devant la presse comme source d'informations pour les américains d'après une étude du PEW Research Center (via Big Picture). Alors ça ne veut pas dire que les gens soient d'ores et déjà mieux informés car il y a à boire et à manger sur internet où la force de frappe des "corporate medias" fait encore froid dans le dos. Un internaute sur CNN.com, par exemple, est maintenu dans la même ignorance crasse (war loving, bailout plan adoring...) qu'un téléspectateur de CNN. La différence c'est que l'analyse et le raisonnement critique sont seulement "one click-away".
Cela prépare le terrain pour l'apparition de nouvelles formes médiatiques qui vont révolutionner (et étendre) la démocratie. Pour les moins de 30 ans, l'internet est au niveau de la télévision comme source d'informations. L'internet ne va pas gagner ce combat en dépassant la télévision mais en l'avalant: avez-vous remarqué autour de vous à quelle vitesse l'ordinateur se substitue au téléviseur? Dans 10 ans (peut-être 5), on ne vendra plus de télés qui n'aient pas de microprocesseurs ou de disques durs. That's convergence you can believe in!

Note: El Blogo prend les sondages avec des pincettes et les soumet tous à un "reality check" ce qui est plus souvent utile qu'on ne le croit. Ici, l'augmentation de la consommation déclarée d'internet pour s'informer semble empiriquement très rapide par rapport aux années précédentes... Je ne pense à aucune amélioration technique pour l'expliquer. En revanche, une actualité chargée, avec Obama et la crise a pu générer un surcroît d'intérêt et des changements d'habitude. Enfin, en ce début d'année, je vais faire mon analyste financier et ne pas être trop regardant sur la crédibilité de l'info puisque les nouvelles sont bonnes!

By the way, Bonne année!

mardi 30 décembre 2008

Krugman et le "T word"

On s'oriente tout doucement vers l'adoption d'un plan de relance dont le montant sera compris entre $675 et $775 milliards. Cela vous rappelle quelque chose? Les $700 milliards du bailout plan par exemple? Ca n'est pas un hasard: ces montants, comme on a pu le constater avec l'implémentation du bailout plan, ne sont pas du tout ancrés dans la réalité économique ou le fruit de modèles sophistiqués. Comme les produits qu'on vend à 99,99 euros, il s'agit de marketing. Le pouvoir politique veut les coudées franches mais il reste intimidé à l'idée que le prix affiché de ces différents plans s'arrondissent au trillion. D'où l'unité de compte des mesures de lutte contre la crise: $700 milliards. Krugman ne dit pas autre chose dans cette interview à CBS quand il dit que c'est la peur du T-word (le mot trillion) qui a dicté l'enveloppe du plan de relance préparé par Obama. Il pense que le plan de relance devrait être plus important.

Krugman est pour ouvrir les vannes de la dépense publique (à ce stade, ça veut dire casser le robinet). Il flatte Larry Summers en disant qu'il est d'accord avec son évaluation: "les risques de faire trop sont moins importants que les risques de ne pas faire assez"*.

Krugman n'a pas peur. Il croit au crédit illimité des Etats-Unis. Fort de l'idéalisation du New Deal et du rejet quasi unanime de la discipline fiscale de Hoover, il ne fait aucun doute pour lui que la solution à la crise passe par la dépense publique. Tant qu'à faire dans le "revival" à l'identique, j'entends déjà ceux qui vont dire dans quelques années: il faut faire une troisième guerre mondiale, c'est ça qui nous avait sorti de l'ornière la dernière fois. Car au final, ce en quoi Krugman croit, c'est l'amérique éternelle, qui pourra toujours emprunter, toujours dépenser face à un monde toujours prêt à lui prêter quels que soient l'augmentation de ses risques. Un monde tellement avide d'ordre américain, tellement incapable de se penser en dehors de ce leadership qu'il apportera toujours, comme le serf au seigneur, sa taille à l'empire.

Ou pas.

* : Il est un peu triste au passage de voir Krugman (économiste critique) flatter une des chevilles ouvrières du désastre actuel (Larry Summers) avec probablement en tête l'idée de se ménager un futur possible dans l'administration Obama. Ca montre bien qu'en dépit de la crise et de l'élection d'Obama, la structure de pouvoir reste complètement inchangée et qu'avoir été critique des errements passés comme Krugman ne dispense pas "d'embrasser les bagues" des dérégulateurs compulsifs des deux dernières décennies si on veut arriver quelque part. Le phénomène est similaire en matière de politique étrangère: s'être opposé à la guerre devrait être un facteur d'ascension rapide dans les cercles de politique étrangère Washingtoniens. Pas du tout. L''establishment a été tellement uniformément pro-guerre qu'il continue à considérer les gens qui s'y sont opposés comme des outsiders farfelus (cf Clinton aux affaires étrangères). Une fois encore, "Il vaut mieux avoir tort avec tout le monde que raison tout seul". La conséquence naturelle de l'inamovibilé d'élites faillies par le processus démocratique devrait être une situation pré-insurectionnelle. Le sourire d'Obama suffira-t-il à empécher ce genre de développement? Il a clairement donné aux élites américaines "a new lease on life", mais vu la violence des évènements qui se préparent, cela risque d'être de courte durée.

lundi 29 décembre 2008

Gaza burning

Le discours change aux Etats-Unis. L'attaque du Liban en 2006 n'avait suscité de critiques que chez les "usual suspects" de la blogosphère. Cette fois-ci, avec l'attaque d'une bande de Gaza déjà maintenue à la limite de la famine, des voix qui se faisaient discrètes sur le sujet (Matt Yglesias, Spencer Ackerman ou Ezra Klein) commencent à hausser le ton contre la politique extrémiste des israéliens. Glenn Greenwald se montre aussi agressif. Pour certains, la coupe est pleine.

Les sites de gauche qui ont pignon sur rue continuent cependant à être extrêmement prudents (Atrios, TPM ou Daily Kos).

Ce changement dans le discours d'une partie de la blogosphère est un produit de l'élection d'Obama. Rien ne laisse cependant penser qu'Obama et ses supporters vont se départir de la ligne "Israel is always right" (Israël a toujours raison) qui a marqué les présidences Clinton et Bush 2. Pour l'instant. Cela pourrait changer si ces premières critiques ouvraient la voie à un véritable mouvement de contestation de la politique israélienne aux Etats-Unis.

samedi 27 décembre 2008

La course contre la montre de Julien D.

Existe-t-il en politique un comportement plus minable que celui de Julien Dray ? Et non, je ne vais pas prendre le temps d'en faire la démonstration avec des liens choisis, il n'en vaut pas la peine.

Et non, la présomption d'innocence n'a rien à voir avec ce sujet: c'est un principe juridique qui fait qu'il n'est pas en prison au jour d'aujourd'hui. Invoquer la présomption d'innocence dans un débat médiatique est une ineptie. Elle ne vaut que dans le cadre de la procédure judiciaire. On n'invoque pas la présomption d'innocence pour quelqu'un pris la main dans le sac. C'est exactement ce qui vient d'arriver à Dray. Honte à ceux qui émettent le moindre signe de soutien à son égard. Honte à ceux qui connaissent son niveau de corruption depuis des années et qui le tolèrent (ça fait sans doute beaucoup de monde).

vendredi 26 décembre 2008

dimanche 21 décembre 2008

Petite réflexion sur Madoff

Les derniers mois nous ont montré qu'il était difficile de séparer l'investisseur "intelligent" de l'idiot. Après les faits, on attribue de l'intelligence à ceux qui gagnent et de l'idiotie à ceux qui perdent mais c'est évidemment un peu facile. Un autre moyen de voir ça et que tout le monde a été très intelligent depuis 5 ans sauf dans la dernière année où tout le monde est devenu subitement stupide. Pourquoi vous ennuyer avec ces platitudes sur la proverbiale "random walk" de Wall Street?

Pour signaler que s'il est difficile de gagner de l'argent, il est presque également (si on ne tient pas compte des frais de transaction) difficile d'en perdre. Ainsi, pour "perdre" $50 milliards, il faut manquer de chance de manière répétée tellement de fois que l'évènement devient extrêmement improbable.

Evidemment, l'arnaque Madoff reposait sur le principe de garantir 13% par an (ou dans ces eaux là) à l'investisseur ce qui crée d'emblée une érosion forte du capital disponible par rapport au capital déclaré (s'il ne rapporte rien voir perd en réalité). Et il n'est pas surprenant qu'une crise comme celle que nous traversons ait révélée l'arnaque. Il n'en reste pas moins qu'une des tâches primordiales des enquêteurs va être de déterminer si l'argent a été "perdu de bonne foi" ou s'il a été détourné. Plus exactement, ils devront déterminer quelle part a été détournée (autrement que pour le financement du style de vie de Madoff ou ses bonnes oeuvres - il en avait) et quelle part a été perdu de bonne foi.

vendredi 19 décembre 2008

Krugman est d'accord avec El Blogo

Krugman est d'accord avec El Blogo. Le pic de lectorat du début de semaine s'explique enfin. Il est quand même gonflé de ne même pas citer le Blogo.

Atrios se lâche...

Atrios, "blogger extraordinaire" (en anglais dans le texte), s'indigne d'un mensonge de plus d'Alberto Gonzales. On croirait lire El Blogo. Le discours de la blogosphère américaine évolue sensiblement vers plus de radicalité depuis l'élection d'Obama (ou la crise économique, au choix). It's about time.

"Villagers" fait référence au gens qui vivent à Washington DC, "inside the Beltway".

Liars

They lied. Hundreds of thousands of people died. Then they lied about lying.

How they live with themselves I do not know. How the Villagers get more upset about, say, John Edwards' big house than this stuff I do not know.

Friday Plane Blogging

Que faire?

Dans les cinq ans qui ont précédé la crise, entre les 5 (seulement) plus grosses firmes de Wall Street, $120 milliards de bonus ont été distribués. Depuis le début de la crise, les banques américaines ont dans leur ensemble annoncé 630 milliards de dollars de provisions. Les Profits s'en vont (spectaculairement) mais les bonus restent. Cette période aura créé une nouvelle classe d'américains: richissime et responsable de la faillite du reste de la population. C'est tout simplement révoltant. Les années 2000 resteront très certainement comme celles du plus grand transfert de richesses de l'histoire. A noter qu'au travers des Bush tax cuts (réduction d'impôts de l'ère Bush), les riches ont connu les impôts les plus bas depuis les années 20, ce qui a conduit Warren Buffett à déclarer ça.

Aujourd'hui encore, un article du NYT sur les bonus de Merrill Lynch. 7 milliards de dollars en 2007. Merrill a perdu trois fois ce montant depuis (et sans doute beaucoup plus puisque je vous rappelle qu'ils ont été rachetés par Bank of America et aussi qu'on ne sait rien sur les interventions de Benny (Bernanke) et l'impact qu'elles ont et qu'elles ont eu sur la santé des banques).

Que faire si vous êtes citoyen américain? Si vous avez été trahi aussi complètement par vos dirigeants qui en rajoutent une louche en vous endettant pour deux générations pour sauver leur pouvoir?

Note: Merrill Lynch a disparu. C'est évidemment pour ça que cet article se concentre sur eux. Moins de risque de poursuites, pas de réprimande d'actionnaires en colère, les langues des employés se délient... La presse mainstream, avec le courage et l'indépendance qui la caractérise, s'attaque à l'animal blessé du troupeau. Pardon, à l'animal mort. Vivement que ces "héros" de l'information disparaissent.

Le NYT veut (un peu...) un procureur spécial pour la torture

Et je peux vous garantir que Glenn Greenwald y est pour quelque chose.

Courageux pour les éditorialistes du NYT de réclamer que les crimes auxquels ils n'ont pas participé (la torture) soient poursuivis. Le crime initial est la guerre et ils en ont été complices. Ces "liberals" n'ont pas réalisé que la guerre pouvait mal tourner? Que des gens prêts à mentir éhontément pour l'obtenir n'avait sans doute pas un compas moral très fiable?

Vu l'influence qu'a encore ce journal, c'est une avancée majeure pour tous ceux qui souhaitent que ces crimes soient sanctionnés (même si le NYT ajoute qu'Obama ne le fera sans doute pas et semble déjà l'exonérer préemptivement de ce manque de courage politique qui n'est qu'un aveu de la puissance du courant pro-guerre, complètement décorrélée de la volonté populaire). On espère juste que le NYT va être doublé sur sa gauche (il y a beaucoup d'espace) et que son comité de rédaction et sa journaliste star, Judith Miller, se retrouveront un jour dans le box des accusés (elle a déjà fait trois mois de prison mais ça n'est évidemment pas assez).

Il y a clairement un effet Obama et cette prise de position du NYT en témoigne. Essaiera-t-il de le dompter ou de le chevaucher? C'est toute la question. A ce stade, il semble essayer de le dompter mais au fur et à mesure que les verrous de l'ère Bush tomberont, va-t-il entrevoir une opportunité politique et s'y engouffrer? Est-ce son plan depuis le début? Attendre que les racines de son pouvoir s'enfoncent un peu dans le sol grâce à son cabinet de hiérarques centristes avant de mettre en avant un agenda plus radical? Ce serait génial mais il faut bien reconnaître que ça sonne comme un rève de "liberal blogger".

mercredi 17 décembre 2008

The money hole

Via un lecteur New Yorkais.

In The Know: Should The Government Stop Dumping Money Into A Giant Hole?

L'amnésie sélective, refuge de la classe dirigeante américaine

Hubris Kills, un commentateur régulier (ou LE commentateur régulier d'El Blogo?) me dit que Time magazine a désigné Sarko comme n°3 dans leur classement des "hommes de l'année" 2008 (Obama est premier et Hank Paulson second).

Extrait de l'article: "He (Sarkozy) put France back on the map" (Sarkozy a remis la France sur la carte). Sous-entendu: elle n'y était plus depuis que Chirac avait défié la puissance américaine.

Pas étonnant que ce journaliste fasse semblant d'ignorer que c'est en réalité Chirac en 2003 qui a mis la France "back on the map" comme nouveau porte-drapeau des idéaux démocratiques et du droit international face à une amérique dénaturée par l'opportunisme de dirigeants sans scrupule suite au 11 septembre. Sarko n'aura sans doute pas l'occasion de le faire de manière aussi spectaculaire (espérons-le en tout cas). Ca fait parti des synapses qui n'arrivent pas à se connecter dans le cerveau des commentateurs US: la population a changé d'avis sur la guerre mais la propagande continue à prêter à la résistance française de 2003 des motivations suspectes (lien entre Chirac et Saddam etc...). Donner raison a posteriori aux français leur est complètement insupportable. Je n'ai entendu qu'un seul commentateur en six ans dans les médias US qui disait spécifiquement que la France avait eu raison: c'était un anglais dans un panel de "Charlie Rose" et la phrase de l'intervenant commençait par "Hard as it is to take," (Aussi dur que cela soit à admettre,).

La raison pour laquelle la France continue à être "short changed" (maltraitée) est que la position française d'alors représente un angle mort de leur réflexion collective sur la guerre. L'histoire officielle raconte encore que le gouvernement américain s'est trompé de bonne foi. Leur phrase préférée est de dire "every nation, every intelligence in the world thought Saddam Hussein had WMDs". Dès lors, les français apparaîssent dans toute leur duplicité: ces salauds de froggies étaient persuadés que l'Irak avait des WMDs mais ils n'ont pas voulu y aller quand même! Le caractère rationnel de l'invasion est toujours défendu. L'histoire officielle est que la CIA a induit le gouvernement en erreur. Sans rire. La pertinence et la bonne foi de l'opposition française (pourtant spectaculairement soulignées par l'absence d'armes de destruction massive en Irak d'une part et par les massacres contre lesquels la France avait mis en garde d'autre part) est niée.

Que des éléments disséminés au sein de l'administration avec des relais puissants dans les médias aient participé à une opération de propagande sans précédent (que j'ai vécu sur place) pour faire croire à la menace irakienne est complètement passé sous silence. Les politiques et les journalistes américains évitent le sujet car l'affronter les conduirait directement en prison, ou pire.

Voilà la question que je poserais à tous ceux qui ont défendu ou qui défendent encore l'intervention, ou certains de ces aspects: "Vous défendez l'intervention mais cette intervention n'a été possible que par un mensonge d'Etat. Défendez-vous le mensonge d'Etat qui l'a rendue possible?"

Le problème alors est qu'une réponse affirmative est incompatible avec les exigences d'un régime démocratique. Notons au passage que l'instauration de la "démocratie" en Irak est présentée comme l'objectif de la guerre... Une tartufferie (parmi tant d'autres) des soutiens de cette guerre qui, au plus haut niveau, ont démontré par leurs mensonges qu'ils étaient des opposants aux principes de base de la démocratie. Ils ne défendent pas la démocratie comme un système politique mais comme un buzzword désignant en réalité un régime favorable aux intérêts américains (en témoigne le peu d'insistance américaine pour que des pays comme l'Egypte, l'Arabie Saoudite ou la Jordanie deviennent démocratiques - ils ne gènent pas).

Madoff, de l'eau au moulin d'El Blogo

S'il en était besoin... Un des buts du blogo est de sensibiliser les lecteurs à la corruption endémique du système politique américain. La crise que nous traversons ne relève pas de la FPC (Faute à Pas de Chance), elle est le produit d'un système dévoyé. Les médias financiers et les recherches des banques qui ont menti depuis 10 ans en nous racontant que tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes vont maintenant essayer de nous faire croire à une fatalité économique, au fait que tout est affaire de cycle, qu'après le beau temps vient la pluie etc... C'est une imposture dont le but est de préserver, en la disculpant, une structure de pouvoir faillie.

Les problèmes auxquels font face l'économie mondiale sont la conséquence d'une mécanique inexorable et relativement simple qui a fait du gouvernement américain un outil d'enrichissement à la disposition des plus offrants. La perversion de ce système et qu'il est le plus souvent légal et toléré culturellement (pour l'instant). Les dominants, comme d'habitude, ont donné à leur système de domination l'apparence de la normalité, ils l'ont légitimé dans le discours et lui ont conféré un caractère d'inévitabilité. Sans surprise, la politique menée l'a été dans le mépris total de l'intérêt général.

L'affaire Madoff nous donne aujourd'hui un petit aperçu sur la manière dont on achète de l'influence politique et de la respectabilité en Amérique:

But lobbying is just a piece of Madoff's influence in Washington. His family has contributed nearly $400,000 to political committees.

Voir également ça.

On a parlé de la crise du subprime, puis de la crise immobilière, puis de la crise économique. La réalité est que les Etats-Unis traversent une crise po-li-ti-que. La seule solution durable est la réforme des lois de financement de campagne à tous les échelons de la politique américaine (comme l'avait proposé trop tôt John Edwards lors des primaires démocrates (voir vers la fin du post où il est question d'Edwards)). Tant que cela ne sera pas fait, des systèmes de régulation pervertis produiront les résultats désastreux que nous observons en ce moment.

Tant qu'à faire...

Goldman décide de ne plus payer d'impôts. A quoi bon faire semblant de redouter un redressement?

Ben baisse les taux à 0.25%

Téléphone enfin entendu...


mardi 16 décembre 2008

En attendant la FED

La Fed annonce sa décision à 20H15. C'est un peu désespérant de penser que nous en sommes arrivés là parce que la Fed avait mis les taux à leur plus bas de l'histoire récente, 1%, et que la décision de ce soir va être de les abaisser à 0.5% voire 0.25%. Quelles seront les conséquences à moyen terme de cette politique? Veulent-ils vraiment essayer de regonfler le bibendum américain? Dans quel but? Démontrer que prêter n'importe quoi à n'importe qui peut être un modèle de croissance désirable? La seule chose qu'ils sont sûrs de faire c'est de démontrer à toute la planète que le dollar ne vaut plus rien. En était-il besoin?

C'est en fait la manière américaine de faire discrètement défaut sur leur dette: nous remboursons toujours mais notre monnaie ne vaut plus rien.

La "démocratie" irakienne

De la BBC:

Muntadar al-Zaidi has suffered a broken hand, broken ribs and internal bleeding, as well as an eye injury, his older brother, Dargham, told the BBC.

(Selon son frère, Muntadar al-Zaidi a eu une main cassée, des côtes cassées et une hémorragie interne ainsi qu'une blessure à l'oeil en détention.)

L'abjection Bushiste continue son petit bonhomme de chemin.

Le dollar à 1.37

On n'a pas le temps de s'ennuyer.

Encore Greenwald

Les lecteurs assidus savent que Glenn Greenwald est un avocat constitutionaliste devenu blogger qui se bat pour que les responsables de l'administration Bush qui ont commis des exactions au regard de la constitution soient jugées et condamnés. Un rapport du sénat vient de déclarer Rumsfeld et d'autres hauts dignitaires du bushisme responsables des tortures à Abu Ghraib et à Guantanamo. Rien de très surprenant pour ceux qui faisaient attention. Comme évoqué ici, les complicités démocrates à l'époque ont été telles que ces crimes ne seront jamais sanctionnés.

Greenwald nous rappelle cependant fort à propos qu'après le scandale d'Abu Ghraib, on a jugé et condamné des personnages répugants (ici, ici et ici), certes, mais qui se sont avérés avoir agi sur ordres. Pour tenter d'apaiser une opinion publique outragée, les dirigeants qui avaient commandité les tortures ont donc encouragé les poursuites contre les fidèles soldats qui avaient exécuté leurs ordres.

S'il s'agissait alors de crimes, on se demande bien pourquoi on en exonère aujourd'hui les vrais coupables désormais identifiés. La réponse est peut-être à trouver dans le titre d'un des bouquins de Greenwald: "Great American Hypocrites".

The bipartisan Senate Armed Services Committee report issued on Thursday -- which documents that "former Defense Secretary Donald Rumsfeld and other senior U.S. officials share much of the blame for detainee abuse at Abu Ghraib prison in Iraq, and Guantanamo Bay, Cuba" and "that Rumsfeld's actions were 'a direct cause of detainee abuse' at Guantanamo and 'influenced and contributed to the use of abusive techniques ... in Afghanistan and Iraq'" -- raises an obvious and glaring question: how can it possibly be justified that the low-level Army personnel carrying out these policies at Abu Ghraib have been charged, convicted and imprisoned, while the high-level political officials and lawyers who directed and authorized these same policies remain free of any risk of prosecution?

Note: je conseille à ceux qui parlent anglais la lecture en entier du post dont cet extrait est tiré. Ca confirme mon précept selon lequel l'opposition viscérale à l'Amérique de George Bush n'est pas affaire de conviction mais d'éducation (âmes sensibles s'abstenir sur ces deux derniers liens).

lundi 15 décembre 2008

Premiers éléments sur le shoe-terrorist

Extrait du blog de Juan Cole (plus bas). Juan est un professeur d'histoire à l'université du Michigan. Il a démarré son blog Informed comments en 2002 et a été une des rares sources d'information sur l'Irak qui ne soit pas complètement alignée sur la ligne gouvernementale*. J'ai l'impression qu'il ne voyage pas beaucoup et qu'il obtient la plupart de ses informations sur internet. Sa maîtrise des langues locales (et son bon sens) lui donnent un avantage certain sur d'autres commentateurs, même sur ceux situés sur place.

Juan a donc des révélations sur le terroriste aux chaussures qui s'en est pris à Bush. Il aurait été victime de raids aériens américains. L'occasion en tout cas de nous rappeler que la plupart de nos perceptions sur l'Irak (ou leur absence) sont très fortement influencées par la propagande américaine et que si les américains arrivent finalement à imposer temporairement un nouvel ordre colonial desespérément anachronique, cela aura été au prix de centaines de milliers de morts et de millions de déplacés. Combien de Guernicas pour cette ratonnade new age?

* ça me fait toujours rire quand les médias US qualifient avec mépris la presse russe ou d'autres pays de "state controlled", se souviennent-ils du premier trimestre de 2003 et de toute la couverture médiatique sur l'Irak depuis??? Peuvent-ils expliquer pourquoi on prête à des gens insolvables aux US depuis 10 ans et que la presse se tait??? Despicable...

Extrait du blog de Juan Cole:

Shoe-Thrower had been Traumatized by US Aerial Bombings

Iraqi journalist Muntazir al-Zaidi, who threw the shoes at Bush in Baghdad, shouted "Killer of Iraqis, killer of children." while security guards piled on him.

McClatchy reports that he had covered the US bombing of Sadr City last spring, in support of PM Nuri al-Maliki's incursion into this stronghold of the Sadr Movement and its Mahdi Army, and is said to have been emotionally affected by the sight of that destruction.


Courtesy of Newsweek

Les Robber Robber Robber Barrons

Via Atrios:
(résumé en français: Au dernier moment, les concepteurs du bailout plan ont ajouté une provision à la loi limitant les rémunérations des dirigeants de banques ayant recours au plan: ces rémunérations ne seraient cappées que si les banques avaient recours à des enchères. Résultat: aucune somme n'a été allouée par le biais d'enchères, aucune rémunération n'est cappée. Trop fort.)
But at the last minute, the Bush administration insisted on a one-sentence change to the provision, congressional aides said. The change stipulated that the penalty would apply only to firms that received bailout funds by selling troubled assets to the government in an auction, which was the way the Treasury Department had said it planned to use the money.

Now, however, the small change looks more like a giant loophole, according to lawmakers and legal experts. In a reversal, the Bush administration has not used auctions for any of the $335 billion committed so far from the rescue package, nor does it plan to use them in the future. Lawmakers and legal experts say the change has effectively repealed the only enforcement mechanism in the law dealing with lavish pay for top executives.

Le ponzi scheme américain

La définition de wikipédia d'un "Ponzi scheme" colle parfaitement à ce qui est arrivé à Bernard Maddof ou plutôt à ses clients (moins clair dans le wikipédia français):
A Ponzi scheme is a fraudulent investment operation that involves paying abnormally high returns ("profits") to investors out of the money paid in by subsequent investors, rather than from net revenues generated by any real business.

Cela s'applique également aux Etats-Unis (même si le parallèle est moins immédiat): le pays a attiré de plus en plus de capitaux en offrant les meilleurs rendements du monde jusqu'à dépasser et aller bien au-delà de la quantité de capital que l'économie américaine était réellement capable de faire prospérer. L'afflux de capitaux a permis de faire croire longtemps à la réalité de ces rendements alors qu'il ne finançait pas des investissements qui auraient pu un jour payer mais seulement une consommation compulsive qui ne rapporterait jamais rien. Tout cela initié et démultiplié par un prestige américain à son zénith après l'effondrement du rival soviétique.

Le problème c'est que si Bernard Madoff ne semble pas prêt de remonter sur son cheval, les investisseurs continuent plus que jamais à placer leurs capitaux aux Etats-Unis. C'est un peu comme si les investisseurs de Madoff s'étaient rassemblés ce week-end et avaient décidé de réinvestir chez Maddof pour qu'on puisse prétendre six mois encore que tout allait très bien. A très court terme, tout le monde est plus à l'aise mais combien de temps cela peut-il réellement durer?

La bataille finale

L'Etat américain n'a jamais pu s'endetter à des taux aussi bas qu'en ce moment. Cette dépêche Bloomberg nous dit que les bons du trésor américain se sont appréciés de 12,4% en moyenne en 2008 ce qui serait la meilleure année depuis l'an 2000 (+13,4%). Il y a six mois, c'est le pétrole qui battait des records, aujourd'hui s'il y a des excès quelque part sur les marchés, un secteur dans lequel on voit des choses jamais vues, des niveaux jamais atteints, c'est bien dans le marché de la dette d'Etat américaine.

Dans le chaos financier absolu qui règne et devant les perspectives désastreuses de l'économie mondiale, les investisseurs affirment que l'Etat américain est encore, sur cette planète, le meilleur risque de crédit. On dit qu'en dernier ressort, la monnaie la plus forte est celle qui s'appuie sur l'armée la plus puissante et on peut se demander dans quelle mesure l'analyse financière ne se rapproche pas tous les jours un peu plus de ce degré zéro de sophistication (après avoir atteint des sommets de complexité il y a 18 mois, la chute est rude pour les jeunes financiers qui pensaient avoir fortune faite en quelques années grâce à leur maîtrise de deux ou trois formules mathématiques - et d'Excel).

Les marchés ont d'abord vécu dans l'illusion de la solvabilité des emprunteurs subprime et prime, puis dans l'illusion de la solvabilité des réhausseurs de crédit, puis dans l'illusion de la solvabilité des institutions financières américaines. Ils se cramponnent désormais à la seule illusion qu'il leur reste: la solvabilité de l'Etat américain. Comme les petits cochons finalement réfugiés dans la maison de brique (last AAA standing ), ils se disent que cette fois-ci, le loup (la réalité économique) sera découragé. J'ai peur que leur destin ne soit plus tragique que celui des petits cochons de l'histoire.

Les investisseurs semblent pour l'heure satisfaits de n'obtenir que le taux d'intérêt minimum payé par l'Etat (3% à 10 ans) alors qu'ils savent que l'argent prêté va servir à renflouer les particuliers ou les institutions auxquels ils n'auraient prêté qu'à des taux de 10 ou 15% en ligne directe (ou plus probablement pas du tout). Il est pourtant clair que l'addition d'un intermédiaire (l'Etat) et la conservation en aval de celui-ci d'un système d'allocation des crédits privés qui ne fonctionnaient déjà pas avant la crise (les fonds n'étaient pas dirigés vers des entités capables de rembourser) ne vont pas améliorer la situation. Après des années de dérives et en conservant les mêmes systèmes d'incitation, on voudrait nous faire croire que les acteurs faillis vont se mettre à remplir leur mission correctement?

Le choix de l'Etat de prendre sous son aile et de continuer à alimenter en liquidité tous les acteurs malades de l'économie américaine n'est pas un choix rationnel ni stratégique: c'est un pis aller pour repousser le plus longtemps possible le moment de vérité. Transférer la dette privée au bilan de l'Etat ne permettra pas une relance de l'économie, au contraire elle permet la survie d'acteurs malades et repousse leur réforme (les banques par exemple ou AIG continuent à distribuer des bonus). On postule que le citoyen américain, devenu insolvable avec sa casquette de consommateur, redeviendra solvable dès lors qu'il mettra sa casquette de contribuable. Autant essayer de vous envoler en tirant sur votre ceinture. Il ne s'agit que de gagner du temps.

Le gouvernement américain est donc devenu le dernier des réhausseurs de crédit. Je pense qu'il est appelé au même sort que ses prédecesseurs et qu'il fera finalement défaut. Alors le FMI renégociera-t-il la dette avec les américains? Ce serait pratique puisque les deux sont basés à Washington mais ce n'est pas le scénario que j'envisage. Je pensais plutôt à une politique inflationniste (tendance hyper), une forme de défaut light. Alors bien sûr, le thème du moment est la déflation (magnifié par la chute du pétrole) et il semble saugrenu à tout lecteur du FT/WSJ/The Economist d'envisager une forte inflation mais la réalité de la politique monétaire américaine est précisément celle-là: sacrifier le dollar sur l'autel de la dette.

La première bataille de la crise s'est terminée par un match nul: le consommateur et beaucoup d'autres acteurs économiques ont fait défaut mais l'Etat s'est porté garant de l'essentiel de leur dette. Le consommateur est donc revenu avec sa casquette de contribuable et l'investisseur a pour l'instant décidé de lui refaire confiance comme au premier jour (en réalité encore plus qu'au premier jour ce qui montre qu'on atteint la fin du "ponzi scheme" - de l'arnaque). Tout est donc en place pour la bataille finale: l'investisseur international contre le contribuable américain. Combien de temps faudra-t-il au premier pour identifier le subterfuge du changement de casquette? Combien de tax breaks et de plans de relance avant que le dernier ne comprenne qu'il doit vivre plus modestement et qu'il fasse les douloureux ajustements nécessaires? Je parie sur un dénouement en 2009 car les choses vont très vite désormais.

dimanche 14 décembre 2008

Glenn goes mainstream

Glenn Greenwald (déjà évoqué ici) attaque frontalement l'administration Bush dans l'interview ci-dessous. Cela fait partie des contre-coups de l'élection d'Obama: on n'aurait pas vu sur PBS un avocat constitutionaliste expliquer qu'il faut envoyer un gros pan de l'administration Bush en prison (et des démocrates également pour faire bonne mesure en raison de leur complicité). Les temps changent. Ne comptez pas pour autant sur l'establishment US pour affréter les charters qui les enverront tous à Guantanamo. Obama va adopter une posture magnanime vis à vis des pratiques illégales de l'ère Bush qui arrangera tout le monde (not "divisive"). Il n'empêche qu'on entend Glenn Greenwald dans le mainstream ce qui est quand même un progrès.

Pour tous ceux qui s'intéressent à une perspective juridique sur les crimes des politiciens américains depuis 6 ans (à l'aune de leur propre constitution), Greenwald est le "one stop shop". Durant les 22 minutes de cette interview en 3 parties, il s'avère aussi clair, précis et implacable à l'oral qu'à l'écrit (pour ceux qui n'ont pas le temps, vous pouvez regarder seulement la partie 2). Vous pouvez avoir ses impressions d'interviewé ici. Il a fait également cette même semaine une première interview pour la nouvelle passionaria de la gauche américaine, Rachel Maddow sur MSNBC.

Enfin, j'imagine que certains se demandent comment, dans un bel ensemble, les élites dirigeantes américaines peuvent s'exonérer de leurs turpitudes et qui doutent du coup que les crimes soient véritablement constitués. Ma réponse est que cela s'appelle le pouvoir et qu'il est de la responsabilité du citoyen de s'y opposer quand il est dévoyé. L'argument essentiel de Greenwald étant que si on ne juge pas les responsables qui ont enfreint la loi aujourd'hui, on donne de fait un pouvoir illimité à l'exécutif dans le futur et il est difficile de lui donner tort.
Part 1

Part 2

Part 3

J'aime bien

Je viens de tomber sur cette citation de John K. Galbraith qui est complètement dans l'air du temps:
"Recessions catch what the auditors miss."
Traduction du blogo: "Les récessions mettent à jour ce que les auditeurs ont raté."

Dommage que cette récession ait été si longue à venir car les auditeurs ne servent à rien depuis longtemps déjà.

samedi 13 décembre 2008

Madoff

Le problème "Madoff" (dirigeant de Hedge Fund qui a fait perdre $50 milliards à ses investisseurs) a déjà été traité dans son principe sur El Blogo (ici).

Juste pour le souvenir, j'aime bien cette phrase de la dépêche Bloomberg qui explique la réalité économique masquée de nombreux hedge funds:
"He had paid investors for years out of principal from other investors."

La seule manière d'empêcher cela serait de forcer les hedge funds à liquider toutes leur poses périodiquement et à rembourser tous leurs investisseurs d'un coup en les laissant réinvestir ensuite. Là, on serait sûr que l'argent est bien là et que les performances annoncées ne sont pas du flan. Evidemment, ça n'est pas vraiment réalisable en pratique et c'est pour ça que cette industrie est DOA (dead on arrival - morte). Sinon, tant qu'on attire des capitaux, on peut pipauter n'importe quoi et rembourser les quelques investisseurs qui ont besoin de cash ou qui doutent.

D'une certaine manière, les gens qui ont confié l'argent au hedge fund sont complices: ils ont intérêt à croire à la réalité des gains car cela rejaillit sur eux de manière positive (bonus pour tous les ronds de cuir de la finance qui investissaient l'argent de leurs institutions et illusion de richesse pour ceux qui investissent leur propre argent )...

Non, la finance n'a vraiment rien de compliqué.

vendredi 12 décembre 2008

Judgment day is coming

Pour ceux qui parlent anglais et qui ont le coeur bien accroché, une bonne compilation du barrage de propagande "bullish" qui a planté les Etats-Unis. Il y a plus corrompu que le système politique US, c'est le commentariat économique (c'est pas mieux chez nous sauf que chez nous c'est provincial et donc "inconsequential", plus imbécile que malicieux). Via Papy G.

Friday Plane Blogging

mercredi 10 décembre 2008

Le Blogo sur Blago

J'ai été enjoint de commenter les facéties de Blago sur le Blogo par un lecteur qui m'a également suggéré le titre du post (difficile de résister).

C'est la deuxième fois que l'Attorney General Patrick Fitzgerald (fils d'un doorman à Manhattan qui a réussi à faire Harvard Law) fait parler de lui en dehors des frontières des Etats-Unis. La dernière fois, c'est quand il a mis en prison un de ces personnages peu savoureux de l'administration Bush, ami personnel de Judith Miller (journaliste du NYT également envoyée en prison par ses soins), Lewis "Scooter" Libby.

Vous pouvez lire le communiqué de presse de Fitzgerald ici. Il semble que Blago ait le pouvoir, en tant que gouverneur de l'Illinois, de nommer le sénateur qui remplace Barack Obama et qu'il ait voulu monnayer cette nomination contre de l'argent/de l'influence. Ca n'est qu'une des deux charges que je trouve un peu faible car en politique, il est assez courant de rendre des services en échange d'autres services.

Obama voulait nommer une aide de campagne (Valérie Jarett) mais ne proposait rien en échange au grand désespoir de Blago qui se vengeait avec une énorme densité de "fuck" ou "fucking" à l'endroit d'Obama dans ses discussions avec ses conseillers (il a été écouté et Fitzgerald a publié les transcripts dans l'inculpation).

Il semble donc qu'Obama soit relativement protégé dans cette affaire. Rahm Emanuel (l'homme au 18 millions de dollar en deux ans de banking) semble possiblement en difficulté car il avait remplacé Blago à la chambre des représentants et il est donc familier du personnage. D'ailleurs, il semble que le bruit ait d'abord couru que Rahm avait vendu Blago en participant à l'enquète ce qui semblait une tentative de prise de distance. Les conseillers de Rahm qui avaient probablement initié cette rumeur se sont ensuite inscrits en faux. Ont-ils eu peur de représailles de Blago?

On dit que la politique à Chicago est très corrompue... Le problème ne se limite malheureusement pas aux rives du lac Michigan mais on voit au passage qu'Obama n'a pas fait ses armes dans un monastère. Blago a d'ailleurs des liens avec Tony Rezko, personnage sulfureux qui a lui-même des liens de longue date avec Obama...

lundi 8 décembre 2008

Faillites dans la presse aux US

La "Tribune Company", maison mère du Chicago Tribune et du Los Angeles Times, vient de faire faillite. Je ne savais pas que ces deux publications avaient le même actionnaire. Un élément de plus pour témoigner du caractère oligopolistique des médias aux Etats-Unis. La crise va sûrement accélérer le processus de modernisation des médias.

C'est d'ailleurs à ça que servent les crises: quand elles ne sont pas trop violentes, elles permettent de purger de l'économie les structures devenues trop faibles. Dans une certaine mesure, on peut regretter que Greenspan ait interrompu la récession de 2001 en descendant les taux à 1% car une récession "normale" aurait sans doute mis à jour les faiblesses structurelles de certains produits financiers comme les prêts "subprime". Au lieu de ça, on a versé de l'engrais sur de la mauvaise herbe.

Réflexion

Perdre son emploi aux Etats-Unis signifie également perdre sa couverture maladie.